Badbuzz et shitstorm (j'aime les anglicismes)

Depuis quelques jours, il y a tempête dans les bulles avec la bande dessinées de François Ruffin intitulée « Les aventures de François Ruffin député-reporter — Picardie splendor ».
Au scénario, François Ruffin et Laurent Galandon ; au dessin, Olivier Berlion, Benoît Blary, Damien Cuvillier, A.Dan, Anaïs Depommier, Jul, Malo Kerfriden, Olivier Martin, Dominique Mermoux, Jean-Denis Pendanx et Amandine Puntous. Les couleurs sont réalisées par Makma[1]. Tout cela est édité par Les Arènes et ça coûte 22 euros.

François Ruffin est donc reporter et député en plus d'être cinéaste et écrivain. C'est l'un des personnages connus de la gauche française, un temps allié de LFI, aujourd'hui électron libre candidat à la présidence de la République. On ne peut pas s'empêcher de penser que l'ouverture de la campagne électorale coïncide étrangement avec la parution de cet ouvrage. Hasard ? Je ne pense pas, non.

En quatrième de couverture, Ruffin explique la génèse de ce projet :

« -Tu devrais écrire une œuvre majoure, qui marque l'époque, qui rassemble tes idées... - Mon Capital ? Mais Karl Marx, lui, il n'enchaînait pas les rendez-vous en mairie et les concours de maisons fleuries ! Et puis j'ai une autre lubie. Je voudrais faire une BD, un truc un peu à la American Splendor. Tu connais ? »

Alors, honnêtement, American Splendor, je ne connais pas mais je sais me renseigner. Il s'agit d'une série de bandes dessinées autobiographique de Harvey Pekar dessinée par plusieurs dessinateurs dont Robert Crumb publiée entre 1976 et 2003. Il est question de la description la vie d'un homme ordinaire à Cleveland et de ses problèmes d'argent ou de santé. Rien à voir avec la vie d'un député-reporter de la Somme mais j'imagine que Ruffin veut dire qu'il s'inspire du style.
Ruffin nous raconte qu'il ne peut pas écrire une œuvre comme celle de Karl Marx parce que, lui, il n'a pas la vie facile de oisif qu'avait le philosophe. C'est que Ruffin, il est débordé ! Les concours de maisons fleuries et les rendez-vous en mairie, ça vous remplit une journée et vous n'avez plus le temps de faire quoi que ce soit. On le comprend.

Et donc, conséquemment, Ruffin nous fait une BD plutôt qu'un énième manifeste politico-philosophique un peu chiant à lire. La BD, c'est cool, c'est accessible. Et puis, de toutes façons, le but est de parler de soi à travers d'anecdotes. Marx s'étalait peu sur ces considérations pourtant fondamentales. Pour ma part, je vais me dispenser de critiquer le travail de Ruffin sur la forme. D'une, je n'ai pas lu cette BD, de deux, je ne suis pas qualifié pour juger de la qualité du travail de création de BD. Je n'en fais pas, je ne sais pas faire, je ne suis pas en bonne position pour donner mon avis.
Néanmoins, il se trouve que j'ai pu avoir accès à quelques pages de cet album. Par goût personnel, je peux déjà dire que je n'aime pas ce que j'ai pu voir, graphiquement parlant.

Dans l'ensemble, je suis bien incapable de dire qui a dessiné quoi sauf pour les dessins de Jul qui me sont reconnaissables. Ah si ! Le dessin de la couverture est de Dominique Mermoux. Je ne le connais pas.
L'idée de cette BD est de mettre en images les anecdotes vécues par Ruffin dans son quotidien de député-reporter. C'est à dire que le député-reporter prend le train. C'est un peu tout ce que je retiens d'après ce que j'ai pu voir. Un coup, Ruffin est dans le train et un contrôleur constate qu'une des voyageuses n'a pas le bon titre de transport. Il lui demande de s'acquitter d'un supplément et la dame proteste. La police de la SNCF intervient, ça dégénère un peu, ça se crispe, ça menace. Ruffin n'en peut plus. C'est un homme pressé, il veut que le train parte. A-t-il un concours le maisons fleuries à célébrer de sa présence ? Quoi qu'il en soit, dans un grand élan de générosité, il se propose de régler le supplément de sa poche. 1,20 euro.

Un autre voyageur cherche querelle à la police de la SNCF en demandant pourquoi l'agent tutoie la dame fautive. Ruffin lui ordonne de respecter la police. Pour faire bonne mesure, il demande aussi, poliment, à l'agent de respecter son uniforme. Quant à la dame, une fois le supplément réglé, il lui demande de se calmer.
C'est du vécu qui prend aux tripes. C'est du travail de reporter de qualité. Faut-il ajouter que la dame a des origines africaines et que le monsieur qui critique l'agent de la SNCF est dépeint comme maghrébin ? Oui, il le faut parce que, récemment, il y a eu des suites. Un certain Félix s'est reconnu et il explique que tout ne s'est pas passé comme le raconte le député-reporter. D'abord, ce n'est pas Ruffin qui a payé. Il ne souvenait pas de son code de carte bancaire. C'est Félix qui aurait payé la somme et qui aurait reçu un chèque de la somme versée de Ruffin. Ensuite, selon ce Félix, la dame serait de nationalité anglaise et elle ne se serait pas tant énervée que ça. Juste, elle ne comprenait pas vraiment le problème. Et pour finir, Félix n'est pas plus maghrébin qu'un bon Français de souche (c'est l'expression qu'il emploie par ironie et dérision).
Maintenant, bien sûr, il faut croire Félix. C'est parole contre parole[2].

Pour les soutiens de Ruffin, tout ce cirque est orchestré par LFI. Non, Ruffin n'a pas produit une BD pleine de situations problématiques, de racisme, de paternalisme, de mise en avant de Ruffin, d'égocentrisme débridé. Non ! C'est de la calomnie et de la mauvaise foi. D'accord sauf que les critiques ne viennent pas que de LFI. Elles viennent aussi de chez les écologistes et de citoyens qui ne sont pas plus encartés que ça.
Ruffin aime se mettre en avant et raconter la vie des autres à sa manière. Cela ne mérite pas d'être voué aux gémonies. Depuis des années, Ruffin joue le jeu de grand réconciliateur. C'est son « La France des bourgs et la France des tours ». C'est une belle façon de ne pas prendre parti. En gros, les torts sont partagés, il n'y a ni bons ni méchants et il faut que la population se montre raisonnable. Les maghrébins doivent baisser la tête lorsqu'ils s'adressent aux forces de l'ordre et ces forces de l'ordre doivent se montrer dignes en ne tutoyant pas ces maghrébins. Beau programme. Si j'osais… Chiche que j'ose ? Allez, n'ayons pas peur, allons-y, à fond dans l'outrance. Imaginons, juste pour la caricature grossière et vulgaire. Ruffin est en dans les années 40, la France est sous la coupe nazie. Il assiste à une scène. Des nazis, la Gestapo, des SS, la milice est en train de rafler une famille juive. Ces juifs ne sont pas très contents et protestent. Les nazis, eux, ne sont tout de même pas très polis. Super Ruffin intervient et ordonne aux deux parties qui, à ses yeux, ont chacune ses torts de se calmer. C'est beau ! Si je savais faire une BD, je vous jure…

Dans un entretien récent, Ruffin tente de se dépêtrer de ce bazar en expliquant que, dans une des histoires, sur une case, il ne se reconnaît pas, qu'il n'a jamais bombé le torse comme dans le dessin. C'est un peu fort de café. Ainsi donc, on tente de nous faire croire que personne, pas plus lui que son équipe de campagne n'a vu la BD avant sa parution ? Vraiment ? Il n'empêche que le député-reporter patauge entre excuses et justifications vaseuses. Celui qui déclare qu'il sera candidat même si ont lieu des primaires ne vient-il pas de tirer ses dernières cartouches ? Il essaie aujourd'hui de brandir le drapeau blanc et de réclamer les arrêts de jeu[3].

Notes

[1] qui est un studio qui se charge de créer des BD et qui intervient dans tous les domaines de la BD dont la colorisation

[2] Ceci étant, j'apprends que Ruffin lui même reconnaît ce Félix.

[3] c'est du parler sportif, cherchez pas

Et le sport dans tout ça ?

On ne parle pas suffisamment de sport sur ce blog. Pour ma défense, je n'aime pas le sport. Aucun de tous les sports qui peuvent exister. J'ai beau chercher, je n'en trouve pas l'ombre d'un qui m'intéresse de près ou de loin. Ce n'est pas du snobisme, un désir de me démarquer de la masse, de ne pas faire comme tout le monde. Non, c'est juste un profond désintérêt bien ancré en moi depuis longtemps. Tout gamin déjà, je n'aimais pas ça. C'est comme ça. Il faut reconnaître que mes parents n'ont jamais été très intéressés non plus par cette activité humaine. Petit, nous n'allions pas voir de matches ou de compétitions, nous ne regardions pas les émissions sportives et le sport ne surgissait pas dans les discussions.
Mon arrière grand-mère maternelle aimait beaucoup le catch qu'elle regardait à la télé. Elle rigolait, elle prenait parti pour le gentil, elle poussait des cris de joie ou d'effroi. C'est vrai que le catch, en plus d'être un sport, peut se révéler être un spectacle au même titre que bien des numéros de cirque (que je n'aime pas non plus, au passage).
Le sport n'a jamais réussi à se faire une place dans ma vie hormis sous sa forme contrainte, à l'école. J'étais de ceux que l'on choisissais en dernier lors de la formation des équipes pour les sports de groupe (football, basket-ball, handball, rugby). J'aurais tant aimé que l'on ne me choisisse pas, tout simplement. Je n'aurais pas été moins efficace sur le terrain et j'aurais été heureux.
Cependant, attention, gamin je n'étais pas opposé à une partie de ballon sur un terrain quelconque ou à l'idée de tenter de rattraper une balle de tennis sur un court improvisé sur une route peu passante. Mais, dans mon esprit, cela ne révélait pas de l'activité sportive, ce n'était que du jeu et c'est bien plus amusant.
J'ai bien, je le confesse, vu des matches de tennis avec Borg, Nastase, Connors, McEnroe, Navrátilová et sans doute dont j'ai oublié le nom et l'existence mais je suppose que j'étais sous influence de la fratrie.
Aussi, un temps je ne détestais pas faire des promenades de plusieurs kilomètres, à pied. C'était, dans mon souvenir, assez agréable. Aujourd'hui, je peux, si l'occasion se présente, marcher dans les rues durant assez longtemps. D'ailleurs, je préfère marcher dans les villes que dans la nature. Faire la traversée de Paris la nuit m'a toujours ravi. La nature a tendance à beaucoup m'ennuyer et d'ailleurs je ne sors plus beaucoup de chez moi. L'exercice physique peut se résumer à quelques pas qui me conduisent du lit aux chiottes puis des chiottes à la cafetière électrique, de la cafetière à la chaise et à des allers-retours de l'un de ces trois endroits vers l'un des deux autres.

J'entends et lis que mon attitude est néfaste pour la santé et que je regretterai ma propension à sombrer dans la sédentarité le jour où je serai bien mal en point. C'est possible mais honnêtement, j'ai trop la flemme de songer un instant à pratiquer une activité physique. En fait, ça m'emmerde d'y penser.

Non au football
Notre but n'et pas votre but

Peugeot 304

Peugeot 304
Considérée comme une simple évolution de la 204, la 304 a su trouver sa clientèle. Aujourd'hui, elles sont devenues assez rares.

Ce n'est pas une automobile qui me rappelle des souvenirs particuliers ou qui m'intéresse. C'est une voiture que l'on a vu assez longtemps, qui ne semblait pas très jolie, qui n'était pas laide non plus, qui ne jouissait pas d'une réputation prestigieuse, qui allait bien pour le père de famille en charge de transporter sa petite famille. C'est une de ces populaires de milieu de gamme de ces années 70 au même titre que la Renault 12 ou la Simca 1100, des automobiles banales, courantes, discrètes. De son côté, comme il était d'usage en ces temps anciens, chez Citroën, on propose la GS qui laisse nettement moins insensible et qui, en toute honnêteté était bien meilleure que la concurrence.

Kustom Kulture du Périgord

Simca Chambord Kustom
Ça roule, c'est trop cool !

C'était au parc des expositions de Marsac-sur-l'Isle et il pleuvait. Il y avait une Simca Chambord qui avait été utilisée pour assouvir les envies d'automobile américaine des années 50 passée par la moulinette de la mode Kustom Kulture de l'époque.

On a déchromé ce qui pouvait l'être, on a ajouté des trous d'aération dans les ailes avant, on a mis des pneumatiques avec des flancs blancs et on était prêt pour aller briller sur les plages californiennes et être l'objet de l'admiration de toutes et tous. Et moi, de mon côté, je me suis amusé aussi à passer la photographie de la machine que je vous mets en regard par la moulinette de logiciels de traitement de l'image.


Comme quoi il est encore permis de perdre quelques heures en pure perte dans notre beau pays !

Phelon & Moore

Vous aimez la moto anglaise ? Vous appréciez les gros monocylindres ? Vous kiffez grave les motocyclettes étranges ? Les Phelon & Moore sont pour vous, ne serait-ce que pour leur nom déjà assez amusant. Plus connues par la marque Panther, ces motocyclettes sont célèbres pour leurs moteur à très longue course penché à l'extrême et servant de pièce maîtresse pour le cadre des machines.
De l'avis de personnes qui ont eu l'occasion de piloter ces machines, ce sont de braves pétochons qui marquent surtout pour le couple disponible plutôt que pour puissance développée.
Il n'en reste pas moins que certains modèles semblent miser sur l'esthétique plutôt réussie bien qu'un poil clinquante. Celle présentée aujourd'hui doit dater de la toute fin des années 20 ou du début de la décennie suivante. Elle est équipée pour la compétition. Ceci ne saute pas aux yeux mais le pot réduit à sa plus simple expression est le signe principal de cette préparation.

Panther Phelon & Moore
Anglaise atypique

Retour aux fondamentaux

Hier matin, en pleine crise de désœuvrement, alors que je faisais un méritoire travail d'introspection en consultant des billets de mon ancien blog datant d'une quinzaine d'années, je me sentais plonger dans les affres du désarroi et du désespoir. Je déprimais à qui mieux mieux.
Par quel maléfice pouvais-je écrire et proposer de si bons textes et dessins et par quel sortilège en suis-je aujourd'hui incapable ? Évidemment, j'ai vieilli. Bien sûr, ça joue. Certainement, j'ai changé, ma vie a changé, le monde n'est plus le même, les sujets d'actualité d'hier ne sont pas ceux d'aujourd'hui. Et aussi, mon public n'est plus tout à fait le même. Il reste quelques fidèles qui sont là depuis presque le début mais un certain nombre de lecteurs et visiteurs ne sont plus là. Certains sont morts, d'autres se sont lassés, sont passés à autre chose.
Dans les billets que j'ai lu ou parcouru, je parlais beaucoup plus de moi, de ma vie quotidienne. J'écrivais à propos de ma voiture ou de ce que je mangeais, je faisais des dessins peut-être un poil plus rigolos, j'écrivais des textes qui me semblent plus amusants que ceux d'aujourd'hui. Mais tout cela est très subjectif. Tous ces dessins, tous ces textes qui m'épatent aujourd'hui, je les avais oubliés et je les redécouvre comme s'ils étaient neufs et d'un auteur que je ne connais pas, un autre qui serait le moi d'autrefois qui n'est pas encore le moi d'aujourd'hui.

Et alors, ce qui m'étonne le plus, c'est comment je n'arrêtais pas de parler de moi et de mon quotidien. Ce n'était pas passionnant[1] mais ça m'amuse de lire ces histoires. Je crains que si je revenais à cette habitude de parler de moi et de ma vie, ce serait ennuyeux à mourir et il me semble que, pour le bien de l'humanité, il convient de m'abstenir de le faire. Et puis, surtout, il y a tellement de sujets de grand intérêt dans l'actualité .
D'ailleurs, en parlant d'actualité.

J'en ai marre qu'on nous mente. On nous raconte tellement de mensonge qu'on en arrive à baisser les bras et à ne même plus nous insurger. Je ne sais pas si vous avez remarqué. Moi, si. Tenez, un exemple que l'on ne peut pas plus d'actualité. C'est le jour parfait pour dénoncer un beau et gros mensonge.
Je ne suis pas né de la dernière pluie et j'ai quelques années au compteur. Des années, j'en ai connu des dizaines, des bissextiles et des normales, des palindromiques, des pluvieuses, des fastes, des chiantes. Tout un panel d'années qui se sont toutes suivies les unes les autres à un rythme immuable. Alors certes, à l'échelle de l'Univers, je n'en ai pas connu tant que ça mais, tout de même, on reconnaîtra que j'en ai connu plus qu'un vulgaire morveux qui en est encore à baver en remplissant sa couche et qui ne sait rien de la marche du monde, qui n'a pas de mémoire, pas d'histoire et, allez savoir, si ça se trouve même pas d'avenir. Moi, sans me vanter, je peux dire en levant le menton[2] : J'ai vécu !
Même si je n'ai pas un souvenir précis de cette époque, je suis tout de même né sous de Gaulle. Ça claque. Si je disais ça à un jeune d'aujourd'hui, sûr qu'il me regarderait avec des yeux ronds en se demandant ce qu'il raconte, le vioque[3]. Je peux dire que j'ai connu la guerre du Vietnam, les premiers pas de l'homme sur la Lune, Sacha Distel, le petit Grégory, Jacques Chirac et Léon Zitrone[4]

Je sais qu'il y a plus vieux que moi encore mais je considère que celles et ceux qui sont concernés ne sont plus vraiment en mesure de comprendre quoi que ce soit à ce que je m'efforce à expliquer avec, pourtant, beaucoup de clarté. Je n'ai rien contre les vieux. D'abord, ce n'est pas complètement de leur faute s'il en sont réduits à ce qu'ils et elles sont. Qu'on se le dise, je ne fais pas dans le jeunisme et ne suis pas méprisants envers nos anciens. Je les aime, les ancêtres. Ils savent tellement de choses que celles et ceux de mon âge n'ont jamais connu. Ce sont des puits de savoir. Ce n'est pas de leur faute si ce savoir n'intéresse plus grand monde à part, peut-être, les archéologues.
Je vous disais un peu plus haut que nous sommes le jour idéal pour parler de ce gros mensonge que l'on nous serine chaque année que dieu fait[5]. Ce n'est pas la futile polémique actuelle qui voudrait que l'on travaille un jour férié. Ce n'est pas un mensonge, on le veut vraiment. Enfin pas moi mais si les autres le font, j'avoue que ça me serait bien utile s'il arrivait que je ressente le besoin d'acheter du tabac, du café, du pain ou des pâtes. Je supporte mal qu'en ce jour, on m'empêche d'accéder aux produits de première nécessité. Et aussi, faudrait prendre conscience qu'on a une économie nationale à redresser et que la situation n'est pas brillante. Faut se retrousser les manches et aller au turbin.
Non, ça, ça n'est pas important. Pas plus que la vente du muguet qui fait de la concurrence déloyale pour les vrais fleuristes qui n'ont plus que je jour des chrysanthèmes à se mettre sous la dent avec les yeux pour pleurer. Et pas non plus le défilé des syndicats et leur cortège de gauchistes fauteurs de trouble.

Ce qui me hérisse le poil, qui me rend fou, qui m'irrite au plus haut point, cette affaire qui ne semble pas ennuyer le bas peuple, les gens d'en bas, les sans-dents, trop occupés qu'ils sont à s'aviner devant CNews, c'est tout simplement cette fable du premier mai.


Je l'ai dit tout à l'heure, bien qu'exceptionnellement jeune pour mon âge, j'ai déjà la mémoire de plusieurs années passées. Et chaque année c'est la même chose, on nous raconte que c'est le premier mai ! Mais nom d'une pipe ! Réveillez-vous ! Révoltez-vous ! Ne laissez pas les puissants vous raconter n'importe quoi ! Que diable ! Dans l'histoire, des mois de mai il y en a eu des milliards de milliards dans la galaxie[6]. Ce ne peut donc être le premier à apparaître sur Terre. On nous ment, on nous ment, on nous ment ! J'enrage !

Par la présente, je m'engage à ne pas réitérer ce genre de texte pour les mois et années à venir et je tiens à vous présenter mes excuses. Sur ce, je vais aller acheter du pain.

Notes

[1] mais je n'ai pas de vie passionnante

[2] penser à acheter des citrons

[3] bien que je ne sois pas certain que ce terme soit utilisé par les jeunes actuels

[4] ah oui, les citrons, c'est vrai !

[5] gloire à lui

[6] Hommage discret à ce brave Bayrou

Hollande se prépare !

La rose à la main[1], l'ancien président de la République François Hollande, l'air grave et pénétré, a annoncé qu'il se préparait à proposer au peuple de France de le choisir pour présider de nouveau.
François Hollande a la réputation d'être blagueur et d'user et abuser de l'humour. A un an des élections présidentielles, l'heure est grave et il est légitime de se demander s'il est bien opportun qu'un ancien homme d'état se laisse aller à la rigolade alors que les signes de l'arrivée de l'extrême droite se multiplient.
La préparation de François Hollande semble incongrue et farfelue mais peut-être nous étonnera-t-il en réussissant à rallier à lui une majorité d'électrices et d'électeurs. Sur un malentendu, tout reste possible.

Hollande se prépare
Les marchands de parapluie soutiennent Hollande

Prenons-nous à imaginer. Tandis que Retailleau peine à trouver d'autre promesse de campagne que d'être toujours plus raciste et xénophobe ; tandis que Attal chouine parce qu'il n'a pas eu son bol de Benco© au petit déjeuner ; tandis que Bardella tronche sa princesse au son de chants nazis ; tandis que tous s'élèvent contre l'extrémiste d'ultra gauche antisémite, Hollande avance ses pions en s'assurant le vote des vendeurs de parapluies et de cirés bretons. Après son célèbre mon adversaire c'est la finance qui eut le succès que l'on connaît, il profère qu'avec lui aux manettes, la France ne connaîtra pas de stress hydrique. Dès lors, les éleveurs d'escargots et d'une façon générale le monde paysan apportent leur soutien au candidat corrézien.
Déjà, Valls pose sa candidature pour le poste de premier ministre et on se prépare à déposer une nouvelle Loi travail qui, en plus de rendre obligatoire une journée de travail de solidarité le 1er mai[2] établira la semaine de travail de 50 heures et le démantèlement de la Sécurité sociale au profit des organismes privés d'euthanasie préventive.
Sur la question de la sécurité, les forces de l'ordre auront le droit de frapper tout manifestant pris en flagrance de critique du président de la République, du gouvernement et de ses décisions.

François Hollande fera son coming out en révélant qu'il n'a jamais été de gauche. Alors, oui, peut-être, une majorité votera pour lui. Pour beaucoup, ce sera voter pour un président de transition qui fera passer le temps dans l'attente du retour de Macron.

Maintenant, la question est de savoir ce que je ferais si jamais[3] on me proposait de choisir lors d'un éventuel second tour entre Bardella et Hollande. Je choisirais Hollande très certainement, par dépit.

Notes

[1] pour rappeler qu'il est socialiste

[2] solidarité envers tous sauf pour les travailleurs

[3] c'est assez improbable

Vert moulu

John Deere 1120
Autour de 50 chevaux pour ce trois cylindres

C'est une marque iconique du monde agricole. J'ai connu des agriculteurs qui ne voulaient pas entendre d'une autre marque Jaune Dire (ou Jaune Dère, c'est selon). Bien sûr, d'autres ne jurent que par les Massey Ferguson, d'autres par les IH puis Case IH, moins nombreux par les Fendt mais il me semble que, du moins dans les régions céréalières, le John Deere a la cote.

J'ai conduit et utilisé certains de ces tracteurs. Des déjà bien vieux avec un système de transmission hydraulique et des plus récents avec leur cabine arrondie et assez confortable. Certains étaient dotés de moteur à quatre cylindres et d'autres de bons cylindres au beau son[1]. J'aime assez leur ligne, le long capot fin qui tranchait avec les carrosseries taillées à la serpe (comme à Escoire) de la concurrence.


Sur la page wikipedia consacrée à la marque, j'apprends l'existence d'une controverse datant de 2015 portant sur l'interdiction qui serait faite aux utilisateurs et propriétaires de ces tracteurs de réparer eux-mêmes les machines. J'ignorais cette information et il me semble que, d'un coup, j'apprécie beaucoup moins cette marque.

Note

[1] Ceci dit, j'ai aussi le souvenir d'un Renault 981 et de son moteur MWM six cylindres de 100cv qui faisait une musique plus agréable encore

Bon, cette guerre mondiale, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?

L'autre jour, j'étais chez une copine qui a des enfants[1] âgés d'une vingtaine et quelques années. J'ai profité de leur présence pour leur demander s'ils étaient prêts à rejoindre l'armée française pour défendre le pays, la patrie, ses valeurs et toutes ces sortes de choses. Ils n'y sont pas prêts du tout.
Je leur ai demandé s'ils étaient inquiets de l'éventualité d'une guerre engageant la France et là, ils ont répondu que oui mais qu'ils ne prendraient tout de. même pas les armes pour défendre Macron.
Et pourtant, selon les propos de Raphaël Glucksmann rapportés par l'Obs en 2025, il nous faut nous préparer à une guerre contre la Russie d'ici 2029. Je ne suis pas du genre à prendre la défense de Poutine et à penser qu'il ne nous veut que du bien mais, pour l'heure, il me semble que la personne la plus dangereuse sur notre planète reste Trump. Maintenant, si l'on imagine que Poutine va gagner sa guerre contre l'Ukraine, on peut aussi imaginer qu'il ne s'arrêtera pas là et qu'il cherchera à regagner les pays sortis de l'influence soviétique pour refonder une forme d'URSS. Dans ce cas, l'Europe devra bien défendre la Pologne, les pays baltes, l'Allemagne. Sans doute.
Avec Trump, nous sommes plus proches d'une guerre de tous contre tous et de tous contre les États-Unis d'Amérique. Le monde entier contre Trump.
Moi, je ne suis pas trop chaud pour aller faire la guerre. Et puis, je suis vieux et réformé P4[2]. Et puis, si on me demandait mon avis, je dirais volontiers que la guerre, je n'en ai pas envie, que ça m'ennuie, que ça ne m'arrange pas.

Le pays est prêt pour faire la guerre
Moto de guerre victorieuse

Notes

[1] une fille et un garçon

[2] en gros, je suis fou

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