
Mot-clé - Simca
Pas faite pour la jungle, celle-ci
Chambord
Simca, c'est le pied !
Entrisme italien

En ces années trente, les frontières signifiaient encore quelque chose. Et c'est à cause de ces frontières et des droits de douane auxquels étaient soumis les produits produits ailleurs qu'en notre beau pays[1] que les Italiens de chez FIAT, fourbes comme jamais, conçurent un plan machiavélique. Sous une grossière couverture dont on se demande encore comment les autorités n'ont pas entrevu la supercherie, La SIMCA[2] est créée à Nanterre[3] avec pour fondateur (de paille) le comte Henri Amaury de Jacquelot du Boisrouvray[4]. Cette nouvelle entité rachète l'usine Donnet pour produire en loucedé les FIAT 508 et FIAT 518 grossièrement rebadgées SIMCA-FIAT 6cv et SIMCA-FIAT 11cv.
Pendant ce temps, en Trans-Alpinie, on planche sur une petite automobile destinée au peuple comme on le fait outre-Rhin. Coïncidence ? Dans un cas comme dans l'autre, nous avons au pouvoir des personnages peu recommandables. Nous sommes alors en 1935 et il faut attendre deux ans pour que l'idée d'une automobile pour la population rurale et populaire naisse chez Citroën et dans la tête de Pierre Michelin. Mais revenons à notre sujet. Chez FIAT, on dresse les plans d'une petite voiture embarquant deux personnes et mue par un petit moteur à quatre cylindres d'un demi litre de cylindrée développant une douzaine de chevaux. Elle prendra le code de FIAT 500 et le petit nom de Topolino[5]. Chez SIMCA, elle sera proposée sous la dénomination de SIMCA 5. Et l'auto dont il est question aujourd'hui, c'est elle.
Si elle ne brille pas par ses performances, il faut reconnaître qu'elle a une bouille hyper sympathique avec ses gros phares, sa jolie calandre et ses roues qui semblent trop grandes. Celle-ci a bénéficié d'une belle restauration et est présentée par un équipage fort aimable et pas avare de renseignements.
Modèle unique
Simca et Rosengart
Matra et Triumph
Les Vedette s'exposent
Chambord
Bombinette des seventies
Elle a longtemps été comparée à la Renault 8 Gordini et elle n'a jamais eu le palmarès de la Renault mais, en ce début des années 70, la R8 n'était plus au catalogue. Dans la forme générale, il faut reconnaître qu'il y a une grosse ressemblance entre la Renault et la SIMCA. Le modèle de Poissy est sorti avant celui de Billancourt mais rien ne permet sérieusement de prétendre que Renault a copié sur SIMCA. Et quand bien même ? Partir sur l'idée d'une voiture à moteur arrière plus carrée que ce qui existait avec les Dauphine impliquait sans doute ce type de carrosserie. C'est carré.
D'un point de vue esthétique, je suis un peu plus attiré par les Rallye que par les R8. Légèrement. Celle présentée ici bénéficie d'ailes élargies et de jantes plus sportives.

Ranch
Une petite et sympathique mise en scène pour cette Simca Ranch. Une invitation au pique-nique après un passage par, on l'imagine, Menton. Tout à la fois utilitaire et familiale, ce break de chez Simca se place en concurrence de la Manoir de chez Renault mais aussi de la Marly de chez Simca.

Simca Rallye 1
Plein Ciel

Si l'auto est plutôt jolie, c'est peut-être qu'elle a été carrossée par Facel-Metallon. Il s'agit d'une Simca Plein Ciel, la version coupé de l'Aronde. L'Océane sera le cabriolet, le pendant de cette Plein Ciel au sein de la gamme. Si l'auto prend des airs de sportive luxueuse, tout reste dans l'apparence. La mécanique est semblable aux berlines et l'intérieur ne propose pas grand chose de plus sauf une sellerie en cuir[1].
Cette voiture peinera à connaître le succès et sera bientôt en concurrence avec les Renault Caravelle et Floride sur le marché français.
Note
[1] peut-être en option
Fausses vraies américaines

Elles ont beau être nées sous pavillon Ford, c’est sous l’écusson Simca qu’elles ont marqué les esprits. En 1954, Simca rachète Ford SAF et hérite dans la foulée d’un modèle emblématique : une berline directement issue des Vedette Ford, mais adaptée au goût français. Sous le capot, rien de bien moderne : on retrouve le robuste — mais déjà un peu dépassé — V8 à soupapes latérales "Aquilon", qui délivre tout de même quatre-vingts chevaux. Une mécanique généreuse… et une soif à la hauteur de ses ambitions.
À l’image des productions américaines de l’époque, ces Simca affichent des lignes pleines, un confort soigné et une certaine idée du voyage. Elles séduisent par leur charme un peu désuet, entre classicisme et clin d’œil transatlantique.
Sur la photo, deux générations se côtoient. À gauche, une Ariane. Elle porte bien son nom mais, à vrai dire, n’est pas une Vedette à proprement parler. Cette Ariane 4 est construite sur la base de la Trianon, mais troque le V8 contre un modeste quatre-cylindres emprunté à l’Aronde — un choix dicté par la recherche d’économie. À droite, une Beaulieu de seconde génération. Plus statutaire, plus aboutie, c’est un modèle que les fidèles de ce blog connaissent déjà bien, que ce soit ici ou du temps de l’ancien site.
Milieu à l'Aronde
En ces années 50, la SIMCA est encore très dépendante de FIAT. De fait, la nouvelle Aronde utilise le moteur de la SIMCA 8 qui n'est rien d'autre que la FIAT 508C. Dans les grandes lignes, elle ressemble à la FIAT 1400.
Succédant à la SIMCA 9 et précédant la P60, cette Aronde sait attirer de nombreux acheteurs et elle sera un grand classique des routes françaises jusqu'à la fin des années 60. L'une des forces de SIMCA est de savoir proposer de nombreux modèles sur la même base, de la simple berline en passant par le modèle de luxe et sportif ou l'utilitaire avec une petite fourgonnette ou un pick-up.

Simca Aronde P60

Matra-Simca Bagheera
Difficile de dire ce que je pense de cette automobile sans être méchant avec celles et ceux qui l'ont achetée à l'époque ou qui l'ont trouvée et restaurée aujourd'hui. Elle n'est pourtant pas si mal, cette Matra-Simca. La gueule, si elle est un peu datée, est assez convaincante. Elle se veut voiture sportive, elle en a l'apparence. Ses performances sont honnêtes, sans plus. Au mieux, on peut compter sur un 180 km/h en pointe. Un bon dessin aérodynamique, trois places, un look, un nom qui sonne, que demander de plus ?
Équipée du moteur de la Simca 1100 TI d'un poil moins de 1300 cc et de plus de 80 chevaux, la motorisation manque de noblesse mais tire bien son épingle du jeu. C'est un bon moteur à qui il manque une culasse avec un arbre à cames en tête. La cylindrée n'est pas folle mais Simca a fait avec ce qu'ils avaient sous la main. La boîte de vitesses déjà imprécise sur les 1100 ne s'est pas améliorée pour la Bagheera. Pour ce qui est de l'intérieur et de la finition, on se contentera de dire que ça fleure bon les années 70. C'est un peu trop kitsch, trop tape-à-l'œil.
Le gros souci, c'est la typologie de ses propriétaires. Il faut le reconnaître, ce sont souvent ce que l'on appelle des beaufs. C'est à dire, à la vérité, que ce sont souvent des personnes qui souhaitent paraître mais qui n'ont pas les moyens d'une Porsche ou d'une Alpine (sans parler de marques encore plus prestigieuses). Ce sont des gens qui veulent faire vroum-vroum pour épater, pour faire des conquêtes amoureuses mais qui ne se préoccupent pas vraiment de conduite sportive. Bien sûr, il y a des exceptions.
Cette image fera sans aucun doute du tort à cette automobile qui, pour autant, aura une belle carrière et enregistrera de bons chiffres de vente. Elle sera boudée par les vrais amateurs de conduite sportive et sera globalement assez dénigrée, sans raison valable. Sa tenue de route est bonne, ses performances satisfaisantes, il ne lui manque pas grand chose pour avoir tout bon. Peut-être aurait-il fallu éviter le clinquant de cet intérieur pour convaincre les sportifs ? Aujourd'hui encore, s'il me plaît d'en voir comme celle-ci présentée sur le stand de la FFVE, je ne peux pas m'empêcher d'en sourire un peu, le rictus moqueur.

Coursac comme sur un plateau
Si je n'ai pas réussi à photographier toutes les automobiles présentes à Coursac à l'occasion de ces Vintage Racing, c'est que je n'ai pas toujours été présent pour le faire. Et aussi parce qu'il faisait chaud.
Que pouvions-nous apercevoir à Coursac ? Des Alpine Renault, une belle Renault 8 Gordini, des Alfa Romeo, de la Simca 1000 Rallye 2 et bien d'autres choses mais je me réserve pour le prochain billet de blog.




Un peu de tout avant la suite
Parce qu'il ne faut pas oublier que les Vintage Days ne sont pas qu'une grande exposition de véhicules, voilà une image de la parade avec des personnes habillées à la mode de dans le temps.

Pas sûr que ce taxi prenne des clients. Par contre, ce qui est presque certain, c'est qu'il aurait une segmentation à revoir. On aperçoit bien (et on pouvait le sentir) le panache d'huile brûlée s'échapper sous cette belle Traction avant.

Une belle sportive que cette charmante Amilcar.

Cette suédoise (comme nombre de ses sœurs et cousines) me laisse indécis quant à son esthétique. On aime ou pas. Par certains côtés, je suis prêt à dire qu'elle est plutôt jolie mais je lui trouve des lignes un peu trop tarabiscotées par endroit.

Créée pour plus ou moins remplacer la vieillissante 2cv, la Dyane ne parviendra pas à enterrer son aînée.

Pas courante cette Simca 1000 coupé. Si je lui préfère la 1200S, celle-ci n'est pas désagréable.

On reste chez Simca avec une automobile conçue par Ford pour remplacer les Vedette. On retrouve bien l'inspiration américaine jusque dans le poussif V8 à soupapes latérales (assez gourmand en plus).

Une très classique Traction avant et c'est toujours un plaisir d'en croiser une.

Venue d'Allemagne, une BMW 2000ti coursifiée. Le propriétaire a beaucoup travaillé sur cette automobile pour en faire une presque vraie sportive. Pour l'avoir vue en action, le résultat est convaincant.









