Série - moto

Une motocyclette qui file droit

Lorsqu'Étienne Toudroat a une idée dans la tête… Toutes les personnes à qui il a présenté son idée de motocyclette sans système de direction particulier ont tenté de le dissuader de poursuivre son entreprise vouée à l'échec. Échec commercial à coup sûr mais échec routier également. Comment diable peut-on imaginer qu'une motocyclette incapable de négocier le moindre virage quelque peu prononcé puisse connaître le succès dans un pays où l'on ne compte plus les tournants et courbes tant vers la gauche que vers la droite ? Pourtant, têtu comme une tasse en porcelaine, Étienne passe tout son temps libre dans son atelier qu'il encombre de morceaux de ferraille récupérés çà et là au petit bonheur la chance. Ça tape, ça visse, ça soude, ça assemble tant et si bien qu'au bout de trois mois, la machine est prête pour les premiers essais routiers.
De l'avis général, c'est là une jolie motocyclette qui a pour principal mérite de sortir de l'ordinaire et de ne pas laisser de marbre celles et ceux qui la voient. Si quelques propos critiques se font encore entendre, tout le monde est impatient de voir Étienne procéder aux premiers essais en situation. On a sorti les appareils photo et on attend que l'engin s'encastre dans le premier mur venu ou qu'il gratifie le public d'une splendide sortie de route comme on en voit malheureusement bien rarement.

Et c'est en cela que l'on voit l'étroitesse d'esprit et la méchanceté humaines.

Moto Toudroat
Motocyclette keywords: moto

Enfin une motocyclette qui sert à quelque chose

Moto utile
Enfin une moto qui sert à quelque chose

Anatole Ondulé a des principes et des cas de conscience. Par exemple, il estime qu'il n'est pas bon pour la planète d'utiliser un véhicule qui ne peut pas accueillir au moins dix passagers ou de l'utiliser dans le but égoïste de prendre du plaisir. Il est contre ce que l'on pourrait appeler l'onanisme des transports. Pour autant, Anatole considère, toujours dans cette idée louable de protéger la planète, qu'en utilisant un deux-roues, on use moins de pneumatiques et que l'on libère moins de particules de matières caoutchoutées dans l'environnement.
Il a beaucoup réfléchi, Anatole. Il s'est creusé la tête, il a pesé le pour et le contre et il a déduit de tout ce travail intellectuel que le meilleur (et peut-être le seul) bon moyen de concilier la circulation à motocyclette et l'utilité de cette pratique, en omettant l'idée stupide d'offrir 9 places assises sur un véhicule peu adapté, est de lui donner une fonction très utilitaire. C'est ainsi qu'il parcourt la région et ses environs plus ou moins lointains au guidon de sa motocyclette de livraison à domicile de produits divers et multiples.
Nous saluons Anatole pour son entreprise qui rend bien des services et l'encourageons dans sa démarche positive.

500 Nuovo Falcone

C'est une motocyclette qui se veut rustique (entendre solide et facile d'entretien). Mue par un monocylindre culbuté d'un demi-litre[1], elle n'est pas conçue pour battre les records de vitesse. Endurante et confortable, elle assure des trajets plus ou moins longs à une vitesse raisonnable. Son moteur à longue course privilégie le couple à la puissance. Ce moteur a été utilisé pour des tricycles utilitaires en Italie, son pays d'origine. Si la conception est ancienne elle est éprouvée.
On n'en voit pas souvent en France et c'est donc tout à fait naturel que je me sois arrêté pour photographier ce bel exemplaire.

Moto Guzzi Nuovo Falcone

Note

[1] mesure équivalent à la moitié d'un litre ou à cinq-cents centimètres cubes. Dans le langage courant, s'emploie généralement dans l'expression je boirai bien un demi-litre de vodka voire deux.

Excelsior Autocycle

La marque Excelsior a été la troisième marque, en importance, des États-Unis d'Amérique derrière Indian et Harley-Davidson. Née à Chicago en 1907, la marque est rachetée en 1912 par Schwinn, célèbre fabricant de vélos. En 1917, alors que le USA entrent en guerre, Excelsior rachète Henderson, autre grand fabricant de motocyclettes. Henderson sera revendue à Indian en 1927 et Excelsior fermera ses portes en 1931 en raison de la crise de 1929.
En France, on connaît bien plus Indian et Harley-Davidson que ces deux grandes marques et il n'est pas courant de croiser une si belle Excelsior des années 1910.

Autocycle Excelsior
V Twin Excelsior

Terrot Peugeot

En 1965, on trouvait au catalogue Peugeot ce cyclomoteur BB des types C, CT et VCT. Peugeot prend le contrôle de Terrot en 1959 qui produit encore des motocyclettes et des vélomoteurs jusqu'en 1962. A partir de cette date, Terrot propose des cyclomoteurs Peugeot siglés sous sa marque.
Parmi les stands de la bourse d'échanges, on pouvait voir cette BB Terrot à restaurer entièrement. Je ne sais pas si elle a trouvé preneur, je ne sais pas s'il est intéressant de restaurer ce cyclomoteur.

Terrot BB

Plus de puissance

Indian a été le plus important fabricant de motocyclettes des États-Unis d'Amérique pendant plusieurs décennies. Son obstination à vouloir conserver des solutions techniques obsolètes ont pu précipiter sa chute. Au début des années 50, la marque est au plus mal. Elle est rachetée, revendue, finit par produire un peu de tout et de n'importe quoi, apposant sa marque sur des cyclomoteurs italiens ou taïwanais (sous licence Honda).
Il faut attendre la fin des années 90 pour qu'une énième tentative de résurrection apparaisse comme un peu sérieuse. Dans un premier temps, on conçoit une motocyclette équipée d'un moteur S&S mais il faut attendre les années 2010 pour que, sous l'égide de Polaris qui détient déjà la marque Victory, Indian renaisse réellement.
Mon point de vue sur ces nouvelles machines est que Indian a beaucoup trop joué sur le côté rétro en allant jusqu'à maquiller son moteur en bon vieux moteur à soupapes latérales. Alors, je comprends que tout cela puisse plaire. L'ensemble qui vise à concurrencer frontalement Harley-Davidson adopte des solutions bien plus modernes. Les performances sont meilleures, la fiabilité peut-être aussi. Cependant, je n'aime pas ces nouvelles Indian. C'est un point de vue personnel.
A Marsac-sur-l'Isle, il y avait une belle machine qui doit dater de quelque part entre la fin des années 10 et le début des années 20 du siècle précédent. Elle était accompagnée d'un side-car et l'ensemble était à vendre 35000 euros. Le moteur est le célèbre Powerplus. Un bel attelage qui doit mériter le prix demandé.

Indian Powerplus
Side car Indian Powerplus

Être heureux à moto ?

La commémoration de la capitulation de l'Allemagne nazie est-elle pour quelque chose dans l'idée de proposer une réflexion sur un sujet aussi trivial que le choix de la motocyclette comme moyen de transport ? Certainement pas et je me demande bien comment certains auraient pu le penser un instant. Ceci étant posé en préambule, il reste la question qui ne manque pas d'interroger et de questionner les esprits les plus clairs.
Disons-le tout net et sans ambages, la motocyclette, c'est trop nul. Quand il pleut, on se mouille, quand il y a du verglas, on se casse la gueule, quand on a trop picolé, on se casse la gueule aussi. C'est nul. Alors qu'en bagnole[1], on s'en fout pas mal qu'il pleuve ou qu'il neige ou qu'on ait fêté en faisant fi de la modération toute occasion de fêter quelque chose et, par exemple parce que justement, la capitulation de l'Allemagne nazie. A ce sujet, saviez-vous que cette journée n'a pas toujours été fériée et que c'est les socialistes (avec les communistes) qui l'ont rendu férié en 1981 ? Il y avait eu auparavant des périodes où ce jour était férié. Giscard, au nom de la réconciliation avec l'Allemagne (enfin la République Fédérale d'Allemagne parce que l'autre Allemagne, la bonne, elle, on ne cherchait pas à se réconcilier avec vu qu'elle était trop proche des Soviétiques aux yeux de ce bouffon de droite) supprima ce jour férié[2]. D'ailleurs, ce même Giscard est né à Coblence. Après, on dit qu'il ne faut pas dire du mal des morts.
Enfin bref. La motocyclette, c'est qu'un véhicule bien pour les flics. A-t-on jamais vu des pompiers à moto ? Non. A-t-on jamais vu des gens bien à moto ? Certainement pas. D'ailleurs, je suis prêt à parier que vous croisez ou connaissez plus de personnes qui font le choix sage de rouler en automobile qu'à moto. La moto, c'est pour celles et ceux qui cherchent à se faire remarquer, qui ne veulent pas faire comme tout le monde, qui s'obstinent à aller contre le bon sens et la réalité. La moto, c'est dangereux en plus de ne pas être pratique. Allez embarquer toute une famille sur une moto en plus des bagages, du casse-croûte et de la caisse du chat, vous.

La moto, c'est pas la joie
Avoir le sourire avec une moto pourrie ?

Notes

[1] pas des bagnoles de m'as-tu-vu décapotables, hein !

[2] il convient de terminer ses phrases, parfois, pour les personnes limitées qui, sinon, ne comprennent pas l'idée du propos amorcé

La motocyclette qui bat tous les records et encore plus

L'ambition première de Joseph a toujours été de battre des records du monde depuis sa Picardie natale. Après avoir pulvérisé le record du nombre d'escargots avalés en trente minutes (53) dès l'âge de douze ans puis, à treize ans, celui de la distance parcourue à cloche-pied autour de l'église de Bertricourt-la-Vieille (843 mètres) et avoir égalé celui de saut en arrière à la kermesse paroissiale de Montezy, il connut une traversée du désert qui dura une vingtaine d'années. À ce propos, il est bon de préciser qu'il échoua à faire valider son record détenu par Andreï Vassilekovitch et son épique traversée du désert de Gobi en solitaire et en tongs et que ce refus de validation provoqua une profonde dépression chez Joseph.
Cette année, remis sur pied grâce aux remèdes miraculeux du rebouteux local, il se prépare à battre le record du 100 mètres haies à moto. Toutes les chances de réussite sont réunies et Joseph se montre confiant, d'autant plus que jamais personne n'a tenté ce défi particulièrement stupide. L'illustration de cet article nous présente Joseph se préparant à affronter la première haie. Souhaitons-lui bonne chance dans son entreprise !

Moto de tous les records
La motocyclette de tous les records du monde de France

La presque dernière moto

Dernière moto à la mode
Moto du dimanche


J'en étais à me dire qu'il fallait que j'arrête de dessiner des motocyclettes et j'ai attrapé une feuille de papier et mon porte-mine préféré[1].
Bon. J'en étais à me dire qu'il fallait que j'arrête de dessiner des motocyclettes et j'en ai dessiné une nouvelle. Je n'ai aucune volonté.

Note

[1] un Pentel P205

Je dis vraiment n'importe quoi et ne tiens pas mes engagements

On ne peut pas me faire confiance. J'ai eu une envie de dessiner une motocyclette. C'est arrivé sans que je m'y attende. A l'improviste, à l'insu de mon plein gré. J'avais dit, et ce n'est pas vieux, que j'en avais marre de dessiner des motocyclettes insensées et j'ai replongé dans mes pires travers. Et le pire, c'est que j'y ai pris du plaisir. Ça m'a amusé. Et le pire du pire, c'est qu'il est possible qu'il y en ait encore d'autres des motocyclettes stupides.

Première moto après toutes les dernières
Moto nouvelle

La maniabilité avant tout

Günther a longtemps et attentivement observé les motocyclettes sportives puis il a brièvement étudié les motocyclettes dites « chaud-père » garées devant le café mal famé de la ville. Il est retourné chez lui et il a réfléchi. Assez vite, il a compris que les motos les plus rapides étaient celles qui sont ramassées et agiles tandis que celles projetant la roue avant à des distances hasardeuses du cadre ne valent pas un clou en matière de rapidité.
Alors, puisque sa volonté est de produire une motocyclette vive et imbattable au 400 mètres haies, Günther a ramassé tous les éléments nécessaires à la réalisation de la meilleure moto du monde, une moto à l'empattement réduit, aux suspensions finement conçues et au moteur fiable sinon le plus puissant. On peut le voir là lors des premiers essais. Quelques peaufinages sont à envisager, Günther est, dans l'ensemble, satisfait de sa réalisation.

pas-chaud-pere

Trahi par la science !

Reginald n'a pas encore treize ans[1] lorsque l'idée qui va le hanter durant toute sa vie lui saute au visage, en pleine poire. Cette nuit là, le rêve vient lui donner un sens à sa vie. Il devra concevoir et réaliser la motocyclette ultime, la machine la plus moderne de tous les temps, un monstre de technologie. Depuis, il n'aura de cesse de travailler à ce projet un peu fou. Il en perdra presque le sommeil.
Des décennies passées la clé plate à la main naîtra la machine qu'il présentait aujourd'hui au salon de la motocyclette de Perzidon-la-Santay, petit village de l'Allier, à la limite des Pyrénées-Orientales, près de Beauvais (Oise). Le public se massait autour de Reginald, personnage bien connu dans les environs pour les crises de rire que sa survenue suscite à coup sûr. Il faut reconnaître que de son projet, on n'a pas tout compris, au village. Il s'agirait, selon certains, d'un véhicule à deux roues équipé d'un moteur à liaison covalente contrôlée par dissipation enthalpique. Personne n'a jamais précisément pu expliquer de quoi il en retournait mais les citoyens les plus instruits, l'instituteur en tête, pensent qu'il pourrait y avoir là un rapport, peut-être légèrement lointain, avec la physique quantique. Quoi qu'il en soit et après enquête, force est de constater que nous n'y comprenons rien et les événements qui suivirent la présentation de la machine, en première mondiale, allait montrer que nous n'étions pas éloignés de la vérité.

Reginald arriva sur le coup des 9 heures avec sa drôle de machine qu'il fit descendre de sa remorque. Il attendit que la foule arrivât avant de procéder à la démonstration proprement dite. Il manipula tout un ensemble de manettes et de leviers, pris des mesures d'hygrométrie et de température et récita des formules d'apparence scientifique puis, avec un grand sourire, il appuya d'un index décidé sur le bouton chargé de mettre le feu aux poudres.
Et là, ce fut la déception. Il ne se passa rien. Mais alors, vraiment rien. Un rien de très grande ampleur. Un rien qui, de mémoire d'homme, n'a jamais existé auparavant. Un rien magnifique dans sa vacuité. Pas le moindre sifflement, le moindre pet, le plus petit soubresaut ou tressaillement. Un vide cosmique. La catastrophe.

Reginald remisa sa machine sur la remorque et repartit à son atelier en donnant rendez-vous pour l'année prochaine. Aura-t-il résolu le problème ? Nous le saurons dans un an.

covalente

Note

[1] En vrai, il n'est âgé que de douze ans et treize mois

C'est marqué dessus

Motard de longue date, Raymond pestait de n'avoir jamais trouvé la motocyclette idéale, la monture répondant à toutes ses attentes. Au fil des années, après avoir épuisé la presque totalité des productions mondiales de l'industrie motocycliste de tous les continents, Raymond se retrousse les manches et se met au travail. Il va s'agir de concevoir la moto parfaite. S'il pioche dans des éléments existants pour les pneumatiques, le cuvelage de phare et les ampoules, tout sera de la fabrication artisanale. Malgré les apparences, sa motocyclette regorge de solutions techniques innovantes comme, pour n'en citer que quelques unes, le moteur à six cylindres de forte cylindrée contenu dans un seul et unique cylindre multiplexé ou le réservoir hyperbare de compression intense qui permet, dans un volume réduit, de contenir plus de deux cents litres de carburant. Grâce à l'utilisation de matériaux novateurs, Raymond propose une machine n'excédant pas les quatre-vingts kilogrammes (hors pilote) qui peut rouler à plus de trois cents kilomètres dans l'heure (sur circuit). Une attention particulière a été portée à l'étude du système d'échappement garantissant une émission négative de gaz à effet de serre ainsi qu'un panache parfumé des plus agréables. Ni le confort ni la tenue de route n'ont été ignorés et c'est, selon les essayeurs, un réel plaisir de rouler durant des dizaines d'heures sans ressentir ni fatigue ni mal au fessier. Une prouesse s'il en est !


A quelques jours de la mise sur le marché, Raymond réfléchissait encore à l'appellation qu'il allait choisir pour sa motocyclette révolutionnaire. Finalement, il choisit de faire simple et, puisque sa moto est super, ce sera "Super" qui sera choisi. Une bonne idée de plus au crédit de Raymond qui n'a pas fini de nous étonner puisque, déjà, une nouvelle idée a germé dans son esprit fécond. Nous avons promis de garder le secret mais soyez-en certain, vous allez être surpris !

La moto Super, c'est super !
chez les meilleurs concessionnaires !

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