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Vendre son intelligence aux machines

Mon propos n'est pas de donner mon avis sur les intelligences artificielles. Je veux bien accepter l'idée qu'elles peuvent être intéressantes et utiles dans certains cas ou domaines, qu'elles peuvent constituer une aide précieuse, qu'elles peuvent faire gagner du temps, qu'elles peuvent traiter et analyser des masses de données avant de fournir un résumé et d'aider à la prise de décision.
D'accord. Tout ce qui peut nous éviter de nous confronter à des tâches rébarbatives et ennuyeuses est bon à prendre. On a exploité la force animale pour moins nous éreinter, on a inventé des tas de machines pour nous aider, pour nous éviter de la peine, pour faire plus vite et mieux que nous. Au long des siècles et des centaines de millénaires, les outils ont été inventés et on ne se plaindra pas de ne pas avoir à déraciner les arbres avec les dents pour pouvoir se chauffer la couenne à proximité d'un bon feu en sirotant une liqueur les pieds bien au chaud au fond de confortables charentaises. Dans l'ensemble de ce que le progrès nous a apporté, il est possible que nous aurions été bien avisés d'en laisser de côté mais, tout de même, en toute objectivité, nous avons été brillants pour nous doter d'instruments, d'objets, d'outils et d'idées bien pratiques.
Pour nous autres qui vivons en ce début de millénaire, pour nous qui vivons dans ce futur fabuleux et qui assistons les yeux écarquillés aux avancées scientifiques et technologiques qui ne cessent d'accélérer le pas au point que nous peinons à nous en rendre compte, nous ne pouvons pas imaginer comment vivaient nos ancêtres ne serait-ce qu'au 19e siècle d'avant la Révolution industrielle. Avoir de la lumière juste en basculant un interrupteur, pouvoir correspondre avec une personne à distance en temps réel depuis à peu près n'importe quel endroit de la planète, avoir la chance de soigner tout un tas de maladies, de vivre vieux dans un état de santé convenable, ce n'était pas possible il n'y a encore que cinq ou six générations[1]. Le progrès et l'innovation ont des bons côtés et je ne vais pas dire le contraire.

Mais aujourd'hui, il faut faire avec l'intelligence artificielle que l'on nous annonce comme un phénomène à même de bouleverser l'humanité pour toujours et en profondeur. Encore une fois, j'accepte d'envisager les apports bénéfiques de cette technologie. Cependant, pour le peu que j'ai eu l'envie de tester la chose, je reste circonspect. Une fois, j'ai demandé à Chat GPT de me faire le résumé d'un passage d'une œuvre littéraire que je connais bien. Il me faut reconnaître que ce LLM[2] a bien restituer l'idée du passage donné. J'ai aussi demandé de corriger un texte bourré de fautes d'orthographe et de syntaxe et, là aussi, ça a été réussi. Bravo. Je me suis amusé à demander à cette IA d'écrire un texte à la manière de Frédéric Dard et le résultat a été moins convaincant.
J'ai testé quelques IA de génération d'image et je n'ai jamais été satisfait. Au mieux, j'ai été bluffé par les résultats ; au pire j'ai trouvé cela particulièrement mauvais. Parfois, j'ai pu me dire que ce n'était pas mal et que ça pouvait bien être utilisé pour de procurer de l'illustration générique.
Il y a deux ou trois ans, on trouvait des personnes qui affirmaient que l'avenir allait passer par l'IA et ces personnes vendaient des formations pour apprendre à faire du bon prompt. Aujourd'hui, ces IA récréatives sont accessibles (parfois gratuitement) à n'importe qui veut les utiliser sans qu'il soit besoin d'apprendre quoi que ce soit. C'est facile, c'est simple, c'est intuitif et en plus, c'est rapide. C'est magique et merveilleux. Et puis, ça flatte notre propension à se laisser aller à la fainéantise et à la paresse[3].

Le fait est que, aussi intelligents que nous puissions l'être, nous ne pouvons pas exceller dans tous les domaines en lien avec la réalisation d'une œuvre de l'esprit. On peut avoir l'idée d'un texte, par exemple un roman, et ne pas savoir écrire convenablement. On peut avoir envie de mettre en image une idée et ne pas avoir la capacité de réaliser l'idée parce que l'on se dit que l'on ne sait pas dessiner ou que nous ne voyons pas comment réaliser une image "photographique" compliquée. Si des outils nous permettent de créer à notre place selon nos instructions, c'est parfait.

Et là, je dis que oui sauf que non. Je ne suis ni un très bon dessinateur ni un excellent photographe ni un écrivain génial ni un modélisateur 3D d'exception et pourtant, je ne fais pas appel aux IA pour pallier mes manques et lacunes. Est-ce de la perversion que de persister à vouloir me débrouiller malgré tout avec ce que j'ai ? J'utilise encore du papier, de la mine de crayon, du pinceau et de l'encre. Lorsque je passe sur l'ordinateur pour mettre salement des couleurs, j'utilise un outil comme un autre. La machine de met pas les couleurs à ma place. Si j'écris beaucoup moins avec un stylo, si j'utilise plus souvent l'ordinateur, ce que j'écris n'est pas créé par la machine. Pour la photographie, ce n'est pas l'appareil qui cadre et les images numériques enregistrées le sont en RAW de manière à me laisser m'emmerder à les traiter laborieusement par la suite. Pour la 3D, j'essaie de maîtriser un peu le logiciel Blender et je vous assure que je ne le fais pas les doigts dans le nez[4].
Et il me faut reconnaître qu'il m'arrive bien souvent de foirer un dessin ou un texte ou une photographie ou tout un tas d'autres choses. C'est parfois légèrement désespérant mais (c'est de la perversion, c'est certain) je prends du plaisir à lutter contre la malédiction qui me pousse à merder dans tous les domaines. Je n'apprends pas des leçons de la vie et je recommence, j'insiste, je ne baisse pas les bras.
Le plaisir n'arrive pas seulement lorsqu'il y a la satisfaction de ne pas avoir trop raté. Il est là au moment ou je m'amuse à laisser courir le crayon sur la feuille ou à celui où je laisse mes doigts être guidés sur le clavier par les idées qui sortent de mon cerveau[5]. Il y a ce plaisir dont je n'ai pas toujours conscience de constater que mon corps, mes yeux, mes mains, mon cerveau parviennent à se mettre au diapason. Le plaisir d'être une machine biologique hyper performante, intelligente sans artifice.
Pour le peu que je me suis intéressé aux IA, je n'ai jamais ressenti de plaisir à le faire. Je l'ai dit, j'ai pu être estomaqué par un résultat, épaté par la rapidité, satisfait par une restitution. Heureux ou en état de plaisir, non. Jamais. Et je doute fort que cela arrive un jour.

Pour des utilisations très utilitaires des intelligences artificielles, je suis certain qu'elles sont efficaces et pratiques. Une traductrice me disait qu'elle n'avait plus de travail à cause des IA. C'est triste mais la perspective d'avoir une IA dans son téléphone portable qui permette de traduire immédiatement en toute situation est bien tentante. On peut sans peine imaginer que ces IA vont évoluer dans un futur proche et ouvrir de nouveaux horizons insoupçonnés. Nous n'en avons pas fini d'être stupéfaits. L'usage intempestif de ces technologies mènera-t-il à l'abandon de toute forme d'apprentissage ? Où ira-t-on chercher le plaisir de l'apprentissage et, plus encore, celui de tester, d'expérimenter, de risquer, de réfléchir, de penser le monde ?

Selon moi, il existe un monde dans lequel les IA vont se casser la gueule. Elles sont dévoreuses de ressources, d'énergie, elles ne sont pas rentables, elles ne sont pas soutenables en l"état. Il faudra trouver les moyens de les financer et je ne suis pas sûr que le grand public accepte de passer à la caisse pour ces outils. Pour le moment, les quelques acteurs du domaine tentent de se placer en tête de la compétition et il ne fait pas de doute que l'on cherche à atteindre une hégémonie sur la concurrence et, pourquoi pas, le monopole. On rêve que les IA deveiennent indispensables à tout un chacun et que l'on ne puisse plus vivre sans. Tant que nous avons encore un peu de cerveau, utilisons-le et méprisons les machines.

Notes

[1] moins d'une dizaine disons

[2] large language model

[3] j'aime la fainéantise et la paresse et m'y adonne avec délectation autant que possible

[4] ce qui ne me serait d'aucune aide

[5] comme en ce moment

Machine à générer de l'intelligence

J'ai été informé de la chose hier. J'écoutais David Dufresne qui s'entretenait avec Olivier Ertzscheld, chercheur français en sciences de l'information et de la communication, à propos des IA, des risques qu'elles peuvent engendrer, des défis qu'elles portent pour l'Humanité.

L'entretien était bien intéressant et au détour d'une phrase durant la conversation a été évoquée une bourde de Patricia Miralles, Ministre déléguée chargée de la Mémoire et des Anciens Combattants du gouvernement Bayrou. Pour rendre hommage aux combattants de la guerre de 14-18 et appuyer son propos, elle (ou son équipe) a choisi de faire appel à une IA pour illustrer son intervention sur X. Patatras ! Boulette ! L'IA en question représente une France joliment bordée de petits cœurs trop mignons et riche de deux péninsules bretonnes.

Sobrement, le mot « HOMMAGE » s'affiche en bas de l'illustration accompagné de bleuets. Et là, même si nous savons nous montrer indulgent, compréhensif et bienveillant, ça tique un peu au moment où l'on s'aperçoit que le soldat représenté, la tête tournée vers l'est, est allemand. Un Allemand, si l'on en croit le casque, de la Seconde Guerre mondiale.

Apparemment, ni la ministre ni son équipe n'ont vu les problèmes et c'est comme ça que la Macronie parvient toujours à nous étonner.



Petite douceur artificielle

Dessert artificiel
Miam


Ne me demandez pas quelle intelligence artificielle a inventé cette image. Elle vient de l'une d'entre-elles, chaque jour plus nombreuses. Je n'ai même pas pris la peine de générer l'image, je l'ai prise dans la galerie des réalisations déjà effectuées. C'est donc une image volée et cela m'amène à poser la question de la propriété de ces images générées par des machines.

L'intelligence artificielle au service du bricoleur débutant

Vous souhaitez vous engager activement dans une démarche de prise en mains des opérations de bricolage domestique et, malheureusement, vous ne pouvez que déplorer de n'avoir aucune connaissance de cet art qui fait la fierté de tant de bricoleurs du dimanche qui, le menton haut, peuvent épater leurs connaissances en déclarant, la voix haute et claire : « C'est moi qui l'ai fait! !»

Comme moi, n'hésitez pas à demander les procédures à mettre en œuvre à une intelligence artificielle telle que, pour cet exemple, ChatGPT. Vous serez surpris autant que ravis !

Planter un clou avec un marteau, c'est assez simple, mais il y a quelques astuces pour le faire correctement. Voici les étapes à suivre :

1. Choisir le bon clou et marteau : Assure-toi que le clou est adapté à la tâche (longueur, type, etc.) et que ton marteau est de la bonne taille pour la tâche (généralement un marteau de 300 à 500 g fait l'affaire pour les petits clous).

2. Positionner le clou : Tiens le clou à la base, juste sous la tête. Positionne-le bien perpendiculaire à la surface où tu veux le planter. Sois précis pour éviter qu'il ne dérape.

3. Donner un premier coup léger : Commence par un léger coup pour enfoncer un peu le clou dans le bois (ou autre matériau). Cela va stabiliser le clou et l'empêcher de bouger quand tu commenceras à taper plus fort.

4. Plonger le clou : Une fois que le clou est bien maintenu en place, commence à taper plus fermement pour l'enfoncer. Utilise des coups secs et réguliers, en veillant à garder le marteau droit pour ne pas abîmer la surface.

5. Enfoncer jusqu'à la tête : Continue à taper jusqu'à ce que la tête du clou soit bien enfoncée dans le matériau (sans trop l’enfoncer, sauf si tu veux vraiment que la tête disparaisse sous la surface).

6. Prendre ton temps : Si tu vois que le clou commence à se dévier, ajuste-le et redresse-le avant de continuer à taper.

Et voilà ! Il est important de bien tenir le clou au début pour éviter qu'il ne glisse. Avec un peu de pratique, ça devient vraiment facile ! Tu as un projet de bricolage en tête ou c’est juste une petite réparation ?

Ce qui peut être fait sera fait

Il n'y a pas très longtemps, lors d'une soirée en compagnie d'amis, j'ai eu à discuter avec un type qui disait des tas de choses fausses sur l'intelligence artificielle. Occupé que j'étais à déguster une bière, je me faisais la promesse de ne pas intervenir.
Je sentais l'exaspération monter et il est arrivé que je n'ai pas pu me retenir plus longtemps au moment où ce type s'est mis à confondre l'ordinateur quantique et l'intelligence artificielle. En quelques questions et réflexions, j'ai compris qu'il ne comprenait pas grand chose ni à l'un ni à l'autre de ces domaines. Mais je ne suis pas beaucoup plus savant.

J'ai testé un peu plus les systèmes d'intelligence artificielle que les ordinateurs quantiques. Ce dont je me rends compte, c'est des avancées incroyables que font les intelligences artificielles. Chaque jour, de nouvelles applications leur sont ouvertes et il devient assez difficile de suivre.
Dans les domaines qui m'intéressent un peu, l'intelligence artificielle nous oblige à nous questionner au-delà d'une posture "pour" ou "contre". Quoi que l'on puisse penser de ces systèmes, on ne pourra pas lutter ou empêcher quoi que ce soit. On peut résister et accepter de se faire dépasser. C'est à peu près tout.
A mon avis, la pratique du dessin (par exemple) est vouée à ne plus devenir qu'un agréable passe-temps, un hobby. Peut-être se trouvera-t-il encore dans un avenir proche des personnes pour reconnaître le travail purement humain. Dans l'ensemble, on devra faire avec une majorité de personnes qui ne jugeront que le résultat.
Pour tester, comme ça, pour voir, je me suis un peu amusé avec plusieurs générateurs d'images. Ce n'est pas toujours convainquant mais c'est rapide. Selon les systèmes, c'est plus ou moins bien. Certains sont vraiment nuls et d'autres bluffants mais, toujours, ils vous proposent une illustration en quelques minutes.

Il y a un débat qui a lieu autour d'un logiciel de "digital painting" du nom de Krita. C'est un très bon logiciel né dans le monde du logiciel libre et de Linux. Or, il se trouve que certains développeurs proposent d'intégrer de l'intelligence artificielle à l'intérieur de ce logiciel. Je n'ai pas tout suivi mais ce que je pense avoir compris c'est que si vous voulez placer un ciel ou un paysage en fond d'une illustration que vous êtes en train de réaliser, il suffirait de quelques clics de souris pour que ce soit fait. Tollé de la part de certains artistes qui voient d'un très mauvais œil cette dérive technologique.
Récemment, lors de sa grande conférence Adobe Max, l'éditeur de logiciel a annoncé plusieurs nouveautés qui pourraient arriver dans les logiciels de sa suite et a proposé diverses démonstrations de ce que pourrait être l'avenir. Je n'en ai vu que quelques passages mais le moins que l'on puisse dire, c'est que c'est aussi enthousiasmant qu'inquiétant pour les professionnels. Bientôt, les logiciels seront en mesure d'intégrer une image dans une autre en égalisant et corrigeant la lumière, en corrigeant les ombres, en ajouter ou en enlever, de telle sorte que l'on ne voit pas le montage, par exemple. Dans cette démonstration réalisée en temps réel, on peu applaudir la performance. Les ingénieurs ont bien travaillé et on comprend vite l'intérêt de l'usage de ces fonctions tant elles sont en mesure de faire gagner beaucoup de temps.
Mais on omet de se demander quelles machines sont capables de pareils tours de force. Je doute que l'ordinateur personnel dont on dispose soit assez puissant. Peut-être est-il prévu de déporter le travail sur les centres de calcul d'Adobe. Dans un autre exemple, on peut admirer le talent de l'outil informatique qui, d'après un simple croquis, semble d'une part reconnaître les objets mais aussi l'intention du dessinateur et vous réalise une image en couleurs apparemment exploitable tel que. Et dans ce logiciel de dessin vectoriel, il serait possible à partir d'un dessin en 2D de demander à ce que l'intelligence artificielle construise un modèle en trois dimensions, démonstration à l'appui là encore.

On voit aujourd'hui l'intelligence artificielle mise à contribution pour créer des séquences animées de qualité cinématographique très réalistes. On peut entendre des musiques créées grâce aux algorithmes informatiques. On peut entendre ces musiques accompagnées de chansons elles aussi générées par des ordinateurs. Il est presque certain que ces systèmes informatiques sont déjà en mesure de générer un scénario. Alors, dans pas longtemps, on aura peut-être bien un film complet projeté en salle qui ne sera que du numérique de bout en bout, quasiment sans intervention humaine.
Déjà, il existe des plate-formes sur Internet où il est possible de n'écouter que de la musique générée par les intelligences artificielles en choisissant le style qui vous plaît. Du Jazz inventé, du classique imaginé, du rock ou tout ce que vous voulez ou presque. Le plus dingue, c'est que vous pouvez peaufiner vos désirs d'écoute et qu'ainsi vous serez presque certainement le seul à écouter ce que vous écoutez.

S'émouvoir des éventuels dangers de l'intelligence artificielle ne l'empêchera pas de progresser et de proposer chaque jour des nouveautés. Il est possible, fort possible, que beaucoup de professions disparaissent et ce n'est pas pour réjouir la plupart de ces professionnels. Certains vivent dans l'illusion qu'ils peuvent toujours se spécialiser dans la rédaction de "prompts" pour commander la machine et qu'ils s'en sortiront. Pour moi, la vérité est que chacun va pouvoir faire ce qu'il veut sans avoir recours à quiconque.
Il reste à savoir combien nous serons prêts à payer pour avoir accès à ces systèmes d'intelligence artificielle. Pour l'heure, on peut encore un peu expérimenter gratuitement avec quelques limitations. Demain, ce n'est pas sûr. L'intelligence artificielle accompagne déjà tout un tas de personnes au quotidien, ne serait-ce que dans leur smartphone qui, cela existe, peut répondre à un message, un sms ou un e-mail, à votre place en s'adaptant au destinataire. Ce destinataire laissera à son tour son téléphone vous répondre.

L'usage de l'intelligence artificielle va conduire à un individualisme complet et je ne sais pas quelles seront les conséquences de cela. On voit des publicités vantant les casques de réalité virtuelle utilisés dans une salle d'attente ou dans son salon avec la promesse d'avoir la possibilité de regarder un film en se coupant du monde. De quoi pourra-t-on bien parler lors d'une soirée entre amis lorsque chacun vivra sa propre réalité du moment ?

Dessin créé par une intelligence artificielle
Dessine-moi un enfant en compagnie de dinosaures

C'est aujourd'hui dimaaaaancheu…

C'est aujourd'hui que nous sommes invités à voter. Il y a le choix. On a du raciste d'extrême droite, du racisme d'extrême droite, du racisme d'extrême droite, du racisme d'extrême droite, des cons, des salauds, des crétins et quelques candidats de gauche (en clair, la France insoumise, le NPA révolutionnaire et Force Lutte[1] ouvrière). Ah ! Oui ! On a aussi le PCF qui, lui, a décidé de cumuler. En plus d'être possiblement "de gauche" ils ont pioché dans la liste donnée avant ce qui leur colle le mieux. A vous de trouver ou de décider.

Dans la commune où je réside, il est bien probable que l'on joue une fois encore à montrer combien on est con au point de voter à l'extrême droite. Ça doit être une forme de tradition locale. Il s'en trouvera certains pour ne pas suivre le mouvement et j'en serai. Mais je ne suis pas là pour donner des consignes de vote.
Si je pense savoir quel est le bulletin que je glisserai dans l'urne, si je suis certain de ceux que j'écarte d'office, je ne vais pas raconter que je vais voter avec enthousiasme. Je vote parce que, ma foi, après tout, pour une fois que l'on me demande mon avis, et ceci même si j'ai conscience que je n'ai pas de poids et que cette élection ne changera rien de fondamental dans la politique libérale et capitaliste en œuvre depuis longtemps, je vote parce que je me dis que je dois, à mon humble niveau, contrer l'extrême droite, la droite, la macronie.
Je ne donne pas de consigne de vote et pourtant j'ai presque envie de vous appeler à voter pour qui vous voudrez sauf pour la candidate macroniste. Ne pas voter à droite serait encore mieux à mon avis mais déjà, ne pas voter macroniste, ce n'est pas si mal.

Pour illustrer un peu ce billet, j'ai usé d'une IA génératrice d'images encore gratuite pour quelque temps. D'ici peu, ce sera payant et je ne mettrai pas un centime dans ce truc. Je reviendrai sans doute sur ce sujet bientôt.

Note

[1] quel sot je suis

Ne pas (dé)contracter

Je ne me suis pas astreint à creuser cette affaire qui, malgré mes efforts pour ne pas suivre l'actualité, est arrivée jusqu'à moi au hasard de quelque écoute radiophonique ou de quelque lecture journalistique de haute volée. Je parle là de ce couple qui a défrayé la chronique avec leur "je ne contracte pas" lancé à des gendarmes qui entendaient effectuer un contrôle d'alcoolémie. C'est du moins ce que j'ai retenu de l'affaire.
Apparemment, ce mouvement en lien avec le complotisme serait né aux États-Unis d'Amérique dans les années 70 et serait appelé par là-bas Sovereign citizen movement. Ce serait arrivé en France à la faveur de la crise de la COVID-19, des confinements, des campagnes de vaccination. L'idée du mouvement serait que ces citoyens éclairés (pour ne pas dire allumés) savent bien qu'ils ont leur libre arbitre et qu'ils n'ont aucun compte à rendre à quelque autorité qui soit, politique, policière ou judiciaire. En fait, ils sont persuadés que l'État (pour faire simple) serait une sorte de société privée et que l'on peut refuser de signer une forme de contrat avec lui. Ainsi, en refusant ce contrat, ils ne sont obligés de rien en terme d'obligation légale.

Comme ça, de prime abord, on peut sourire de ces crétins et considérer qu'il n'y a rien de bien grave. Maintenant que cette histoire est arrivée dans les média avec ce couple refusant de se soumettre à un contrôle, je pense mieux comprendre les propos de certaines personnes que j'ai pu croiser lors de cette crise du COVID-19. Particulièrement, je me souviens d'une personne qui faisait (ou fait toujours ?) partie d'un groupe d'opposants à la vaccination et au confinement, qui tenait des propos assez incohérents et qui m'avait demandé de travailler gratuitement à la mise en pages de documents et à la réalisation d'un site ou d'un blog. J'avais refusé en indiquant que je ne partageais pas ses idées et il m'avait été répondu que je devais reprendre ma liberté face au pouvoir.
De même, lors des manifestations contre la réforme des retraites, à Périgueux, il m'est arrivé à plusieurs reprises de croiser une femme qui portait une pancarte couverte de propos assez obscurs. Je pense aujourd'hui être un peu plus en mesure de comprendre le fond de sa pensée (?). Elle faisait l'amalgame entre tout et n'importe quoi, les retraites et la vaccination, entre autres.
Je ne sais pas ce qu'il en est en France, quelle est l'ampleur de ce mouvement complotiste, mais il paraît qu'aux États-Unis d'Amérique, certains membres de ces Citoyens souverains refuseraient d'assurer leurs véhicules (entre autres choses). Imaginons un instant que je sois victime d'un accrochage avec l'un ou l'une de ces Citoyens souverains là et que ça occasionne quelques tracas administratifs. Et ça, c'est pour le cas le plus banal, le moins grave.
Cela me fait penser à un mouvement dont j'ai oublié le nom qui, dans les années 80 et 90, proposait aux travailleurs indépendants, artisans, commerçants, de refuser de payer leurs cotisations à l'URSSAF et proclamait qu'ils étaient forts et qu'ils allaient faire plier le système. Dans mon souvenir, ça ne s'est pas passé comme souhaité. Je vois là une certaine similitude avec l'affaire du couple refusant de contracter.

Je vois qu'il existe un site Citoyens souverains qui se présente comme "Collectif écosocialiste, féministe, antiraciste pour la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, pour le RIC, et un moratoire sur la dette". Il ne me semble pas évident qu'il y ait un rapport avec le sujet du jour.


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Je n'y suis pour rien

ChatGPT Titre : “Sombres Échos”

L’inspecteur Adrian Laroche traînait sa silhouette sombre à travers les couloirs grisonnants du commissariat, ses épaules voûtées par le poids des mystères non résolus. Sa réputation de brillant enquêteur avait depuis longtemps cédé la place à une aura de mélancolie persistante.

Un matin pluvieux, le téléphone sonna, brisant le silence morose de son bureau. Un crime brutal venait d’être commis dans le quartier jadis paisible de Sainte-Claire. Un cadavre sans vie gisait dans une ruelle sombre, et un message énigmatique était laissé à côté du corps.

Laroche se leva, traînant ses pieds fatigués vers la scène du crime. Ses yeux ternes scrutaient les moindres détails, cherchant des réponses dans les coins les plus sombres de la scène. Les indices le menèrent sur la piste d’un tueur en série qui semblait se délecter du jeu macabre qu’il avait entamé.

Au fur et à mesure que l’enquête progressait, Laroche plongeait plus profondément dans les ténèbres de l’âme humaine. Les sombres échos du passé surgissaient, révélant des secrets enterrés et des liens inattendus entre les victimes. Chaque révélation creusait un peu plus le fossé de la dépression de Laroche, le rapprochant dangereusement du précipice de la folie.

Entre les flashbacks déchirants de ses propres démons intérieurs et les messages cryptiques laissés par le tueur, Laroche lutte contre le désespoir qui menace de l’engloutir. Alors que le compte à rebours s’accélère et que le tueur resserre son emprise, l’inspecteur dépressif doit trouver la force de dévoiler la vérité avant que l’obscurité ne le consume entièrement.

“Sombres Échos” est un thriller policier captivant qui explore les recoins les plus sombres de l’âme humaine, tout en mettant en lumière la fragilité d’un homme confronté à la cruauté du monde qui l’entoure.

La France va se doter d'une Intelligence artificielle en accord avec les vraies préoccupations du bon peuple de France

Macron l’a dit[1], la France doit avoir son Intelligence artificielle à elle tout seul. Pour cela, il encourage les meilleurs développeurs en informatique, les fleurons de l’industrie numérique du pays, à plancher sur le sujet de toute urgence.

Note

[1] je ne sais plus quand, je ne sais pas s’il l’a vraiment dit et s’il l’a dit ainsi mais je ne l’écoute pas

Sud-Ouest n'aura pas la médaille Fields

Passons sur l'erreur qui fait débuter l'industrie papetière de l'usine de Condat en 1907. En réalité, en 1907 on s'occupe plutôt de produire des extraits tannants et il faut attendre 1931 pour que du papier sorte du site.

Or donc, pas de médaille Fields pour le journal Sud-Ouest. Dans l'article du mardi 12 septembre, le journaliste Olivier Pech se risque à une savante opération arithmétique, assez difficile il est vrai. Comme il l'indique lui-même, nous sommes en 2023. Comme il l'indique également, selon ses propres recherches, « l'aventure du papier » débuterait en 1907. Comment calculer le nombre d'années séparant ces deux dates ? C'est loin d'être simple ! Il faut poser l'opération, faire des retenues avec ses doigts, tout ça, ça prend du temps. Ou alors, oui on a le droit de le faire, on peut s'aider d'une calculatrice.
Que ce sera-t-il passé ? Une défaillance dans le protocole ? Une faute d'inattention ? Quel dommage ! Olivier Pech était si près du but, il était à deux doigts de la médaille et patatras, il s'effondre en plein élan. Il trouve le résultat (assez peu précis en sus) de « plus de 120 » ans. C'est la faute, c'est l'erreur, c'est la catastrophe ! Ce n'est que partie remise et nous espérons vivement que le journal fera mieux la prochaine fois.

From Outer Space (et de plus loin que l'univers)

Les Envahisseurs : des êtres extra-terrestres provenant d'une planète mourante. Leur destination : la Terre. Leur objectif : en faire leur univers. David Vincent les a vus. Pour lui, tout commença une nuit perdue sur une route de campagne désolée, à la recherche d'un raccourci qu'il ne trouva jamais. Cela commença par un restaurant abandonné et un homme privé de sommeil depuis bien trop longtemps pour continuer son voyage. Cela commença avec l'atterrissage d'un vaisseau d'une autre galaxie. Maintenant, David Vincent sait que les envahisseurs sont là, qu'ils ont pris forme humaine. Tant bien que mal, il doit convaincre un monde incrédule que le cauchemar a déjà commencé…

/imagine

Sauf à vivre très éloigné de toute source d'information, vous avez forcément entendu parler de la notion d'intelligence artificielle. C'est un sujet dont se sont emparés les journalistes et chroniqueurs, pour en dire tantôt du bien, tantôt du mal, pour s'extasier ou pour s'horrifier de cette technologie.

L'intelligence artificielle ne date pas d'aujourd'hui. Ce qui est vrai, c'est que la technologie est entrée dans les oreilles du grand public depuis quelques mois, au hasard des annonces d'acteurs majeurs du domaine tels que, par exemple, OpenAI, entreprise californienne dont l'un des fondateurs est Elon Musk. Selon wikipedia, « l'objectif de cette société est de promouvoir et de développer un raisonnement artificiel à visage humain qui profitera à toute l'humanité ».
Le produit le plus populaire, celui dont on a forcément entendu parler, celui qui fait bien rire jusque dans les cours d'école maternelle, c'est bien sûr GPT et plus particulièrement Chat-GPT. En gros, pour faire simple, c'est un "robot" capable d'écrire du texte à partir de mots-clés que l'on lui donne.
Un autre produit, un peu moins connu, est DALL-E, générateur d'images là aussi à partir de texte entré par l'utilisateur. Il y a d'autres activités touchant la compréhension des réseaux de neurones ou la reconnaissance vocale. On retiendra juste que les activités de OpenAI tournent autour de la création ou du traitement de notions abstraites comme le langage naturel sait en produire.
Je ne me suis pas intéressé jusque là aux travaux et produits de OpenAI et ai préféré, pour avoir lu et entendu parler de Midjourney, me pencher sur cette offre de génération d'images liée à l'intelligence artificielle. En août 2022, une œuvre créée par l'algorithme remportait un concours de beaux-arts et j'avais aussi noté que plusieurs images avaient été créées pour mettre en scène Trump, Macron ou le pape. Ces images avaient été diffusées largement sur Internet et avaient, à l'occasion, nourri l'appétit des amateurs des théories du complot ou, plus simplement, des canulars.

Donc, ce Midjourney, je suis allé le voir d'un peu plus près. Je n'ai pas vraiment les moyens de payer l'abonnement qui permet de jouer avec mais ceci n'interdit pas de s'inscrire et d'observer ce qui se passe dans les salons Discord utilisés pour converser avec l'intelligence artificielle.
C'est assez intéressant parce que l'on voit comment une image est générée, quels sont les commandes que l'on a à sa disposition, ce que l'on peut obtenir selon que l'on demande à ce que l'image soit réaliste ou non, qu'elle soit en couleurs ou bien qu'elle soit dans un style particulier, que ça ressemble aux peintures de tel ou tel peintre ou photographe.
Dans le fil des discussions entre un être humain et le robot, quelqu'un demande la création d'un chat, un dessin simple, en noir et blanc. Le robot travaille durant quelques minutes et propose quatre images. L'humain en choisit une et demande à retravailler sur celle-ci. Le robot se remet au travail et finit par une image satisfaisante. Je la télécharge.


On me dira peut-être que cela n'a rien d'exceptionnel. C'est vrai que c'est là un dessin que je me sens tout à fait capable de réaliser. Sans doute moins rapidement. Cependant, il faut tout de même avoir conscience que ce n'est pas là un bête moteur de recherche qui serait allé chercher une image de chat dans une banque de données d'images. C'est bien une image créée ''ex nihilo" ou presque. Mais peut-on réellement créer sur rien ? C'est une question que je me pose depuis longtemps sans pouvoir apporter de réponse. Peut-on, nous, êtres humains, créer en nous affranchissant de nos connaissances, de notre monde ? Je ne sais pas.
Pour l'exemple de l'illustration du chat, il est facile d'affirmer que l'on peut faire pareil ou mieux. Mais prenons une autre illustration. Dans le cas qui suit, le "prompt" (la commande entrée dans l'interface de communication avec l'algorithme, a été de créer le portrait d'une fille comme s'il s'agissait d'une peinture. Je n'ai pas noté exactement la teneur de ce "prompt" mais pour une autre image, sensiblement dans le même genre et style, ça donne "acrylic paint, high contrast, rough brush, noir style" pour les directives liées au style proprement dit. Et le résultat est cette illustration qui suit.


Là, ils sont un peu moins nombreux à se dire capable de réaliser l'image. Pour le style ou le sujet ou la manière de le traiter, ce n'est simplement pas la question. Je ne demande pas de donner une note. Par contre, il me semble que l'on peut reconnaître que le niveau est très correct. Admettons que je sois capable de réaliser cela. Combien de temps y passerais-je ? Beaucoup plus longtemps que l'intelligence artificielle, c'est certain.
Pour en terminer ce jour, une autre illustration. Encore une fois, on aime ou pas mais ce n'est pas le propos du tout. J'ai sélectionné cette image parce qu'elle est différente, c'est tout. Ce que je trouve assez intéressant, c'est que l'algorithme semble comprendre un peu de l'imagination de la personne qui fait la demande de génération d'image. Sans même me demander si je peux être capable de créer une telle image (je ne le suis pas), combien de temps serait nécessaire pour la réaliser ? Et combien de propositions avant de trouver ce qu'un éventuel client souhaiterait obtenir ?


Aujourd'hui, il me semble clair que les éditeurs, les personnes utilisant des images, peuvent être sacrément tentées de faire appel aux services d'une IA plutôt qu'à ceux d'un graphiste. La rapidité d'exécution d'une commande, le coût aussi, font que l'on doit se tourner vers l'intelligence artificielle. D'ailleurs, Adobe annonce une version beta de son logiciel phare, Photoshop, qui embarque de l'IA. Mais nous y reviendrons plus tard.

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