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La chasse aux voix est ouverte

C'est le corollaire de la démocratie. À la faveur de l'approche des élections, nous sommes appelés à choisir entre les candidat·e·s, les listes proposées. L'année prochaine, nous aurons les élections municipales, dans deux ans, l'élection présidentielle. Entre temps, on ne peut pas écarter l'éventualité de législatives anticipées.
Pour les municipales, il y a un changement pour les petites communes. Il ne sera plus possible de jouer au panachage des listes et il faudra que les listes se tiennent à la parité. D'après ce que mes informateurs m'ont rapporté, à Azerat l'actuelle maire ne repartira pas pour un nouveau mandat. Il paraît qu'elle sera remplacée en tête de liste par mon grand-frère. Selon les mêmes informateurs, il semblerait qu'une deuxième liste serait constituée. Pour cette liste alternative, on me dit que le programme serait articulé autour de deux idées fortes : premièrement, préserver et sauvegarder le petit patrimoine, deuxièmement mettre en place le programme "Voisins vigilants". Dans un premier temps, d'autres informateurs faisaient état de deux autres idées : ouvrir l'église plus souvent (dans l'idée que l'on puisse y pratiquer le culte catholique) et de créer une police municipale.

Si l'idée de préserver et protéger le petit patrimoine (quoi que cela veuille dire) ne me choque pas outre mesure, celle de cette affaire de "Voisins vigilants" me fait hausser un sourcil réprobateur. Déjà, il faut avoir en tête que cette chose est gérée par une société privée qui propose à celles et ceux qui souhaitent rejoindre le programme de télécharger une application (pour dénoncer et avertir) et que cette entreprise privée se réserve le droit de faire ce qu'elle souhaite des données personnelles de ces voisins vigilants. Hormis le fait que ce procédé est réalisé en dehors de toute déclaration à la CNIL et que l'entreprise fait payer une cotisation à la commune qui y adhère, il me semble que tout cela fait un peu trop de droite pour moi.
Je n'aime pas du tout l'idée de donner le pouvoir à des citoyens de laisser libre cours à leurs pulsions de délateur en herbe. Et puis, si l'on admet qu'il peut être bon de procéder à une certaine forme de surveillance, il me semble qu'il serait préférable à tout prendre de confier cette tâche aux gendarmes et policiers.

Pour l'autre liste qui serait une émanation remaniée de l'actuelle, je n'ai pas l'intention de lui donner ma voix non plus. Pour l'heure, je ne sais rien d'officiel quant à la composition de cette liste. Ce que je me dis, c'est que je me dirige vers une petite abstention.

Prime à la médiocrité
Les campagnes électorales sont lancées

Changement de régime

Ne faut-il retenir de tout cela que le régime alimentaire ? La presse[1] n'a parlé que des yaourts et du thon à l'huile dont l'ancien président se nourrissait à l'exclusion de tout autre aliment alors que, disons-le, ce n'est sans doute pas l'information la plus importante de toute l'affaire. Qu'un ancien président de la République soit envoyé en prison, ce n'est pas rien.
Sarkozy a été remis en liberté en attente de son jugement en appel. Cela prouve que l'état de droit a encore un sens en France. Cette remise en liberté est assujettie à certaines conditions et elle n'est pas la preuve de l'innocence de Sarkozy.

Les produits laitiers sont vos amis pour la vie
Le yaourt, c'est la santé

Note

[1] du moins une grosse partie

Pot de départ (ou pas)

Selon une étude sérieuse menée auprès d'un échantillon restreint représentatif des occupants de mon logement, 98,7% des personnes interrogées déclarent considérer les politiques "bêtes à manger du foin", surtout s'ils sont de droite, surtout s'il ne sont pas à la gauche de la gauche la plus vindicative.
Or, toujours selon cette étude, 99,9% des personnes sollicitées admettent qu'elles ne souhaitent pas prendre la place de ces politiques, ne se sentant pas compétentes pour le faire.
Il ressort donc de cette étude que les personnes de l'étude se pensent encore plus bêtes que les politiques en place.

C'est quelque part
Porte

Se révolter, s'indigner

Avec mon pote non genré Farid et sa copine lesbienne Adélaïde, on sortait d'un très bon resto associatif où nous avions dîné de pizzas sans gluten aux fruits de saison bio-sourcés et de cardamome éco-responsable. Nous avions bu avec modération une excellente bière "craft" au houblon "hipster".
Sur le trottoir, nous poursuivîmes la conversation entreprise à l'intérieur. Si nous étions tous d'accord avec le fait que Macron, Bayrou et leur cliques, il y en a marre, nous divergions sur les modalités permettant un changement drastique de régime. Farid envisageait s'investir pleinement dans le mouvement du 10 septembre sensé immobiliser le pays afin d'impulser un mouvement menant à l'avénement d'une vraie démocratie populaire, inclusive et écologiste. Adélaïde, elle, sans doute la plus rebelle de nous trois, prétendait qu'elle avait approché un groupuscule d'ultra-gauche proche des Black blocs altermondialiste et pacifiste du plateau de Millevaches chez qui elle était allé se ressourcer. Selon elle, une forme de lutte armée non-violente était possible et nécessaire. Pour ce qui me concerne, si je partageais un sentiment de détestation pour tout ce que représentait la Macronie dans son ensemble, je restais sur un pessimisme prudent et envisageais une solution de repli au fond de mon lit pour mieux exprimer mes colères et protestations. J'avais conscience du peu d'impact qu'aurait mon action révolutionnaire.
Nous en avions déjà parlé, il me semblait que nous avions fait le tour de la question, mais Farid remit sur le tapis la question des vidéos de Bayrou (qu'aucun de nous trois avaient regardées) et sur l'échec réjouissant de son entreprise ridicule et risible. C'est à cette occasion que j'appris que Bayrou avait annoncé que l'on pouvait utiliser une plateforme gouvernementale mise en place en 2023 par Véran pour questionner le premier ministre et que, encore mieux, il était proposé de soumettre ses interrogations par courriel.
Nous faisions le serment de ne jamais utiliser ces moyens pour entrer en contact avec le chef du gouvernement (illégitime). Adélaïde soupçonnait que l'on ait pu utiliser ce stratagème pour tracer les IP des personnes voire pour géolocaliser les smartphones utilisés. Selon elle, il valait mieux tout faire pour éviter d'être fiché. Nous en convenions, Farid et moi. On n'est jamais trop prudent.

Le mouvement du 10 septembre, en plus d'appeler au blocage du pays, allait sans nul doute s'accompagner d'appels à manifester. Nous trois, nous n'étions pas très chauds à l'idée de sortir dans la rue et de nous mêler à une foule d'inconnus. Il faut dire que nous avions été diagnostiqués ochlophobes et que nous nous étions rencontrés à l'occasion d'un colloque organisé en visio-conférence sur le sujet. Dès que nous étions dans une foule d'une dizaine de personnes, nous ne nous sentions pas très à l'aise. Nous étions trois, ça allait, nous gérions.
Ce qui nous dérangeait dans l'idée du blocage, c'était le risque de grève. Si jamais nous étions privés d'électricité, si jamais des actions étaient menées contre les antennes relais de téléphonie, nous étions finis. On pouvait très bien se passer des trains, se passer de carburant, se passer de l'ensemble des commerces non essentiels, mais se passer d'Internet, non. Pour manifester notre opposition (de gauche) au pouvoir néolibéral proche du fascisme, nous avions fait le choix d'invectiver les dirigeants sur le web. Adélaïde, la graphiste de notre groupe, avaient quelques idées en tête. Il fallait que ça murisse. Farid avait déjà créé quelques slogans bien sentis. Moi, bon, je dois avouer que je n'avais pas fait grand chose à part proposer de me filmer en continu couché dans mon lit, à dormir ou à lire, pour bien montrer combien je participais au combat. Adélaïde et Farid avaient beau arguer du fait qu'eux pouvaient travailler sur leur ordinateur dans leur lit et que mon idée était un peu mince, je n'en démordais pas. Le blocage, c'est le blocage. Et puis, il y avait dans mon idée un petit quelque chose qui rappelait les bed-in de Lennon et Ono, qui me rapprochait, en solitaire, de leur lutte contre la guerre du Viêt-Nam, toute proportion gardée, évidemment.

Si jamais vous avez l'idée de laisser un commentaire, pensez à répondre à la question. Nous sommes en ce moment victime d'une attaque massive de spammeurs d'origine coréenne (apparemment). Merci

Bayrou veut causer
Bayrou et la fracture avec les Français

Des nouilles encore ?

Le feuilleton de l'été, c'est bien évidemment la chaîne YouTube de notre premier ministre d'exception.
Où en sommes-nous de cette aventure ? François va-t-il réussir le pari de devenir un influenceur célèbre ? Rien n'est moins sûr, les chiffres parlent d'eux-mêmes.
Nous avons donc, à ce jour, 8 vidéos publiées. Il me semble qu'il avait été annoncé que ce serait une par jour. Le nombre d'abonnés qui était monté à plus de 9000 est redescendu à 8430. La première vidéo du feuilleton estival est celle à établir le meilleur score en nombre de vues avec 129000. Elle est suivie sur le podium par la deuxième et ses seuls 38000 visionnages. La sixième et ses 27000 vues devance la quatrième (20000) et la septième (19000). Cependant, il n'est que six épisodes entrant directement dans le cadre du feuilleton pédagogique promis. Les deux vidéos hors cadre proposent une visite sur le terrain des incendies pour l'une et une visite en Charente-Maritime pour l'autre. Je ne peux rien vous dire du contenu de l'ensemble des vidéos.

J'ai lu que dans la sixième et dernière vidéo en date, le béarnais annonçait qu'il allait répondre aux commentaires (très nombreux et très amusants) laissés sur YouTube mais qu'il ne fera pas sur cette plateforme. D'autre part, il a prévenu qu'il ne répondra pas aux commentaires injurieux. Tient-il pour injurieux l'ensemble de ces commentaires qui l'incitent à la démission ? On ne le sait pas. Il est vrai que les personnes qui laissent des commentaires se défoulent et redoublent d'ingéniosité pour moquer ce pauvre homme un peu ridicule.

Les anciens étaient cons
Les nouilles cuisent

Déjà plus de six mille abonnés !

François Bayrou en passe de devenir le plus gros YouTubeur du monde ! Incroyable ! Fabuleux ! Merveilleux ! Gloire à Lui ! Cette fois, c'est sûr, il va éponger la dette de la France, remettre le pays en ordre de marche, guérir les écrouelles et faire revenir l'amour ! François Bayrou, futur président du monde libre !
bayrou-youtube

La gauche peut-elle nous sortir de la panade ?

C'est désormais une évidence, la fable du ruissellement ne fonctionne pas. En vérité, je n'y ai jamais cru, à cette histoire. Après, il faut comprendre les riches. Le serais-je que je verrais d'un mauvais œil l'idée un peu sotte de m'appauvrir. L'idée de Macron – mais il s'agissait certainement plus de nous faire prendre des vessies pour des lanternes qu'une idée – était qu'en aidant les riches à outrance, ceux-ci auraient un accès de générosité charitable incontrôlable et qu'ils se sentiraient d'assez humeur badine pour saupoudrer le bas peuple de quelque menue monnaie. Ils auraient pu imaginer un instant de créer des emplois en France, d'embaucher à des conditions très favorables et de faire le bonheur des bons et honnêtes travailleurs de notre beau pays. Jamais on aurait pu se douter que les cadeaux distribués iraient directement dans les poches des gentils actionnaires sous la forme de gras dividendes.
Il y a plus d'une décennie, pourtant, on aurait été en mesure de comprendre que le riche ne cherche qu'à devenir plus riche et qu'il n'a rien de l'idiot et généreux philanthrope. On l'a vu, par exemple, avec le Crédit Lyonnais qui a été sauvé de la faillite par le contribuable. On estime que le plan de sauvegarde aurait coûté à l'État la bagatelle de 14,7 milliards d'euros (812 euros par contribuable). Chose éminemment amusante, l'année qui a suivi ce sauvetage, la banque reversait presque au centime près la même somme à ses actionnaires.
Il y a une idée tenace dans la tête de nombreuses personnes, c'est celle qui prétend que nous aurions besoin des riches au motif qu'ils créeraient de la richesse et des emplois. Dans la vraie vie, les riches ne créent rien d'autre que de la spéculation. Lorsque le cours d'une action augmente, l'argent potentiel que l'action représente ne va pas à l'entreprise, il ne sert en rien à l'investissement ou à l'embauche de personnel. Je l'ai déjà dit, c'est une idée que l'on peut combattre, le riche ne pense à rien d'autre qu'à s'enrichir encore.

Et est-ce qu'il pourrait y avoir une solution pour sortir de cette idéologie libérale qui se donne pour mission de paupériser le plus grand nombre de personnes à travers le monde, de créer une oligarchie ? Alors, il y a la simplicité qui consiste à écouter la voix de celles et ceux qui ont (ou pas) d'ambitions politiques à gauche. Déjà, il faudrait définir ce qu'est la gauche. On a un peu de mal à continuer à voir le PS dans le camp de la gauche. Une gauche molle et compatible avec le libéralisme, oui, sans aucun doute, mais à gauche dans le modèle anti-capitaliste, certainement pas. Je n'ai pas trop de doute pour le (les) NPA et LO. Après, il y a LFI mais sans grande conviction de ma part et les écolos accompagnés des communistes. Ils ont un bon fond sur certains points.
Il y a une envie de faire l'union des gauches. Ça a été fait avec le NFP. Le souci, c'est que pour faire une union, il faut accepter le compromis. Je n'ai aucune oreille, aucun pouvoir. Pour ma part, je suis prêt à concéder certains points. Par exemple, je ne suis pas contre l'idée d'une certaine liberté d'entreprendre, que l'on puisse créer son entreprise et travailler dans le cadre du capitalisme. Un boulanger qui fait du profit, un artisan ou un commerçant qui gagne sa vie en faisant payer son savoir-faire ou le service qu'il rend, je suis d'accord. Par contre, je suis opposé à la spéculation boursière.
Ce que je pense sincèrement, c'est qu'un jour, et ça ne se fera pas sans heurts, le système se cassera la gueule, s'effondrera. Ça peut être dans très longtemps comme dans quelques années. L'heure semble être plus à la montée des dictatures, du ré-armement, à la préparation d'une nouvelle grande guerre bien mondialisée. Le capitalisme et la guerre, ça a toujours été une grande histoire d'amour. En France, on n'a même plus besoin de l'épouvantail du R-Haine pour craindre la survenue d'un état totalitaire. Dans moins de deux ans, nous serons peut-être bien les deux pieds dedans.
Mais peut-on miser sur l'éventualité d'une victoire d'un groupe de gauche unie pour nous sortir de tous les problèmes alors que ceux-ci sont liés à l'économie mondialisée ? À moins que la France se coupe du reste du monde un peu à la manière de la Corée du Nord, à moins que la France sorte de l'Europe (et ce serait très étonnant que ça arrange quoi que ce soit), notre pays est trop dépendant de cette économie mondialisée. Je doute que l'idée des gauches françaises soit de procéder à une rupture brutale avec tout ça.

Il n'y a pas trente-six solutions

Si le problème peut sembler insoluble, il ne l'est pas pour les décideurs les plus affûtés. Quel est le problème ? Il s'agit d'un problème d'injonctions contradictoires tout bête. D'un côté, on appelle la population à consommer moins et mieux, de privilégier le durable, le réparable, le local, le propre, l'écologique, le renouvelable. De l'autre, on croit en la politique de l'offre (contre celle de la demande) et on pense donc qu'il est nécessaire de faire consommer toujours plus. Afin de soutenir les entreprises, les emplois, l'économie et la croissance, il faut que l'on achète toujours plus et il faut donc que les entreprises produisent toujours plus pour satisfaire l'envie de consommer.
Ainsi, on incite à changer de véhicule pour un nouveau qui pollue moins, qui garantit une meilleure sécurité passive, qui est plus high tech, qui embarque de plus en plus d'électronique. On pousse à la transition numérique qui implique d'avoir des smartphones récents, des ordinateurs puissants. On oblige presque à faire installer des moyens de chauffage "écolos" comme les pompes à chaleur. On nous persuade qu'il est indispensable de se moderniser.
Et puis, il y a la question du budget de l'État. L'État, c'est nous, c'est l'ensemble des personnes rattachées d'une manière ou d'une autre à ce pays. L'État est censé gérer, prévoir, défendre, assurer le droit et la sécurité, l'éducation et la santé, organiser les infrastructures, la fourniture en énergie, les moyens de transport et les réseaux routiers, les communications, l'égalité entre tous dans tous les domaines. Bref, assurer le commun que l'on soit à Quimper ou à Mulhouse, à Toulon ou à Roubaix. Pour toutes les tâches qui incombent à l'État, il faut des finances. Pour ce faire, il y a l'impôt. Et il y a aussi les taxes dont la TVA.
Actuellement, l'idée est qu'il n'est pas question d'augmenter les impôts. C'est une question idéologique. L'impôt, c'est le mal. L'idée aussi, est qu'il faut faire des économies. L'État est fortement endetté et ça ne va pas. Il faut réduire les budgets, couper dans les dépenses. Pour autant, on prétend que l'on va continuer à faire (presque) autant avec moins. Tous, nous savons que nous ne ne sommes pas capables de faire autant avec dix euros qu'avec cent euros. C'est une chose que l'on comprend dès l'enfance.
Dès lors, puisqu'il est exclu de lever de nouveaux impôts ou d'augmenter l'assiette de ceux-ci, comment l'État peut-il s'y prendre pour construire un budget qui lui permette de voir venir ? Il y a des pistes. Moins d'impôts et plus de taxes, par exemple. C'est simple. On reparle d'une déjà vieille idée comme celle de la TVA sociale. L'État peut aussi choisir de se débarrasser de tout ce qui coûte trop en le confiant au privé. On récolte un peu de sous en vendant ces choses là et on en récolte encore en encaissant la TVA. Ainsi, on peut confier tout le secteur de la santé, des retraites, de la sécurité (encourager les polices municipales ou les sociétés de sécurité privées) aux acteurs du privé pour que des économies soient effectives. Détruire les services publics pour les remplacer par des entreprises privées qui seront libres d'appliquer les tarifs qu'elles souhaitent pour satisfaire l'appétit des actionnaires est une belle idée.
Une fois que cela est mis en place, les gens sont bien obligés de continuer à consommer leur électricité, de se faire soigner, de cotiser pour une hypothétique retraite. Les prix risquent bien de s'envoler mais il est des dépenses qui sont contraintes. On doit bien continuer à boire de l'eau, à consommer de l'électricité. Les gens ne consomment pas plus mais ils doivent dépenser plus et cela a pour principal intérêt qu'ils doivent faire le moins possible de bas de laine. Il faut faire cracher leur argent aux gens ! Après tout, l'économie n'est rien d'autre que la circulation des richesses, c'est un système un peu circulaire.
Je dis "un peu circulaire" parce qu'il y en a tout de même qui ne sont pas trop d'accord pour que l'argent tourne. Il y a les très très riches qui s'amusent juste à amasser. Leur argent est bloqué, ne sert à rien, ne sert à personne, ne sert pas à l'économie. Il est là juste question d'avoir de l'argent pour l'argent. C'est nul. Alors oui, j'en entends qui avancent que, tout de même, les ultra-riches achètent un yacht ou/et un jet privé, qu'ils se font bâtir des résidences incroyables, qu'ils boivent et mangent des vins exceptionnels et des mets rares et que tout ça mis bout à bout, ça génère bien des rentrées d'argent pour l'État via la TVA. Ce n'est pas faux mais reconnaissons que ces riches très riches arrivent nécessairement à un moment ou à un autre à un manque d'idées ou d'envies pour réussir à dépenser encore un peu plus pour le bien commun. Ces personnes manquent d'imagination. Par exemple, ils pourraient dépenser pour créer de nouveaux hôpitaux et payer les salaires de tout le personnel nécessaire à leur bon fonctionnement. Mais non, l'idée ne leur sied pas. Pour leur gueule, ils ont déjà assez d'actions dans les meilleures cliniques pour garantir les meilleurs soins de santé dont ils peuvent rêver. Les riches très riches ne sont pas altruistes et on ne peut pas les blâmer. S'ils l'avaient été, jamais ils ne seraient parvenus à devenir des riches très riches.
Il y a une certaine démesure que l'on a du mal à appréhender. Par exemple, le temps qu'une personne au SMIC gagne dix centimes d'euro, Bernard Arnault a empoché dix-sept mille euros[1]. C'est beaucoup plus. Et oui, ce très très riche a financé une partie de la reconstruction de la cathédrale que l'on sait. Je ne sais pas s'il était vraiment indispensable de la reconstruire, c'est un autre débat mais force est de reconnaître que ça n'entre pas directement dans le financement de l'État qui, normalement, devrait redistribuer une partie de son budget[2].
Puisqu'il n'est pas question de lever de nouveaux impôts ou d'en augmenter le taux ou l'assiette d'imposition, puisqu'il il exclu de prendre un peu d'argent à celles et ceux qui en ont plus qu'ils et elles savent en faire, il faut bien, à contrecœur bien sûr, piquer ce qui reste à grappiller aux plus pauvres et aux moins riches. Et parce que l'économie d'un pays est tout de même fort acoquiné avec les politiques qui ont le pouvoir à un moment donné, on comprend que, puisqu'il est tout de même avant tout question de préserver son électorat, de ne pas trop bousculer celui-ci. On se fout de déplaire à celles et ceux qui, quoi qu'on fasse, ne votera pas pour nous. Alors, faisons les poches de ceux qui n'idolâtrent pas les très très riches, qui peinent déjà un peu à boucler les fins de mois et qui peuvent survivre en se restreignant un peu plus.

Notes

[1] la Fortune de Bernard Arnault comparée

[2] sauf, bien sûr, dans un système libertarien qui implique que seules quelques questions vraiment régaliennes doivent être financées par l'État, État qui a pour vocation de disparaître totalement

Combattons la crise de la presse

De l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace !

Danton avait raison. Soyons audacieux et luttons contre la morosité ambiante qui plombe l'esprit d'entreprise. Ne faut-il pas être d'une folle audace pour lancer un nouveau titre de presse quand on entend que la presse va mal ? Bien sûr qui si et nous pouvons nous vanter d'être audacieux.
Nous, c'est l'équipe de HA! HA! HA! Éditions épaulée par celle du Périlgourdin. Rien que de vrais professionnels, rien que des passionnés de l'information sourcée et vérifiée, rien que des amoureux de la chose écrite.
Nous n'avons pas la chance d'avoir un milliardaire pour nous soutenir mais nous avons la liberté de nous exprimer sans avoir à rendre de compte à la phynance. Le premier numéro de La Feuille du Coing est paru le 1er avril parce qu'il n'est pas de meilleure date pour faire paraître un journal sérieux. Du moins, c'est ce que nous nous sommes dits lors de la tenue de la réunion de rédaction.
Ce numéro a connu une large diffusion partout dans le département (mais tout de même plutôt dans les limites de la commune de Thenon). Pour celles et ceux qui n'auraient pas eu la possibilité de se procurer ce premier numéro, nous proposons de le télécharger ici (sans supplément de prix).

Contre l'archéologie préventive

A Thenon, avant la bifurcation vers Ajat, existe un projet qui devrait permettre à une ou plusieurs entreprises de s'implanter sur un terrain de quelques milliers de mètres carrés. Ce projet est soutenu par la communauté de communes.
La France a ratifié la convention européenne pour la protection du patrimoine archéologique et s'engage à mettre en œuvre les moyens nécessaires à cette protection. Cela implique qu'il y ait un diagnostic établi avant tout travaux. Que vous soyez un particulier, un service public, une entreprise privée ou un établissement public, vous devez respecter la loi. C'est comme ça.

La communauté de commune dont fait partie Thenon est présidée par M. Dominique Bousquet, conseiller départemental. Francine Bourra est élue avec M. Bousquet comme conseillère départementale. Ces deux élus clament leur détestation de l'obligation qui est faite aux initiateurs de ce projet d'implantation de se plier à la loi. Francine Bourra a écrit au ministre de l'industrie Marc Ferracci afin qu'il intercède en sa faveur et qu'il permette que l'on passe outre la loi.
L'argument est que le canton a été durement touché par le dernier plan social des Papeteries de Condat et que le projet d'implantation de Thenon pourrait permettre de procurer des emplois.
Ça, c'est le contexte brossé rapidement avec sans doute quelques approximations vu que l'on n'en sait pas beaucoup plus ni sur le projet ni sur ce qu'a pu donner le diagnostic archéologique.

La colère de ces élus est alimentée par le coût que pourrait avoir un programme de fouille préventive et le retard que cela pourrait engendrer. Pour faire pencher l'opinion populaire de leur côté, on met en avant les emplois potentiels. Combien ? Quels emplois ? Pour qui ? Mystère. Des emplois. Il en va de la "dynamisation des territoires". Bien.
On peut comprendre la frustration des élus. La vie n'est que frustrations. Tenez, là, à l'instant, j'aurais bien envie d'un gros gâteau à la crème. Je n'en ai pas, je suis frustré. Je n'écris pas au ministre pour autant. On comprend moins que ces élus veuillent enfreindre la loi et encore-encore moins qu'ils se laissent aller au populisme.
S'il y a des chômeurs, s'il n'y a pas de boulot, c'est la faute à l'archéologie, à l'Europe, à l'État. Pas à nous, élus locaux, qui avons tout fait pour que une ou des (on ne sait pas) entreprise(s) s'implantent à Thenon. C'est du populisme. De ce beau populisme qui vous fait monter la grogne contre la science, les institutions, les lois et le vote pour l'extrême-droite au passage.

Alors oui, ça va prendre un peu de temps et coûter un peu d'argent. Mais, tout de même, soyons sérieux, ce n'est pas comme si la Dordogne vivait sur son tourisme, sur sa préhistoire, sur son histoire. Imaginons un instant une fiction qui ferait que des salopards d'archéologues mettent à jour une cavité ornée plus belle que Lascaux ou Chauvet. Ah là… Évidemment, ce serait une autre affaire. Thenon attirerait enfin les touristes, il. y aurait des hôtels, des restaurants, des boutiques de souvenir.
Il est probable, puisque l'on aperçoit déjà des tranchées de diagnostic comblées, que l'on a trouvé des signes d'occupation. En Dordogne, ce n'est pas rare. Possible que l'on aille un peu plus loin, que l'on fouille, que l'on recense et préserve des traces du passé. Peut-être que le projet sera repoussé. Peut-être qu'il sera même abandonné. Je me dis que ce projet rencontrera les mêmes obstacles ailleurs et que toute cette histoire n'est rien de plus qu'un coup politique chargé de se faire mousser par la population. Voyez bien qu'on fait des trucs mais qu'on nous met des bâtons dans les roues !

Ben moi, ça m'agace.

Vivre sans Coca Cola ?

Donc, les États-Unis d'Amérique ne sont plus nos amis. C'était annoncé, c'était attendu, le trumpisme est bien une forme de fascisme qui lorgne ouvertement vers le nazisme. Il a fallu attendre que Trump humilie Zelensky pour que l'on se rende compte du fait. Il ne faut plus rien attendre des États-Unis d'Amérique.
Alors, il faut résister et combattre. Déjà, les ventes de Tesla chutent. On ne veut plus cautionner Musk en lui achetant ses voitures. C'est bien mais peut-on faire mieux ? Ne plus aller chez Mc Donald, ne plus acheter de Coca Cola, ça ne va pas m'être difficile. Ne pas acheter de Harley-Davidson ou de grosse voiture américaine, je dois pouvoir le faire sans trop de souci. Je regarde autour de moi et je vois que j'ai un briquet Zippo, un ordinateur Apple, un iPhone de la même marque, une bouteille de Jack Daniels (vide), un vieil appareil photo Kodak. Bien sûr, j'ai aussi des romans écrits par des auteurs et autrices américains, de la musique américaine, des films américains. Évidemment, j'ai un "style" vestimentaire légèrement marqué par le soft power américain. Je ne porte pratiquement que des jeans, mes lunettes sont des Ray-Ban[1]. Disons que je suis plus influencé par les États-Unis d'Amérique que par les autres pays. C'est insidieux, ça se cache dans des petits détails dont je n'ai même pas conscience. C'est un habitus légèrement inconscient.

Là où je pourrais faire des efforts si je voulais boycotter les produits américains, ce serait de me passer de Apple. Je n'utilise plus les produits de chez Adobe depuis plusieurs années, je fuis tout ce qui est de près ou de loin lié à Microsoft.
La solution serait un PC sur lequel j'installerais un Linux. J'utilise déjà plusieurs logiciels libres. Il faudrait alors me passer de la suite Affinity qui remplace les logiciels Adobe chez moi. GIMP, Inkscape, Krita et Scribus sont sensés le permettre. A l'avenir, je me dirigerai peut-être vers cette solution. Ce n'est pas pour tout de suite.

Cela ne permettra pas à l'Ukraine de remporter la guerre contre Poutine. Ça n'évitera pas la montée des idées d'extrême droite en France, en Europe. Pour Azerat, c'est perdu. Pour mémoire, au deuxième tour des législatives de 2024, la candidate RN a obtenu 50,39% des voix. Je me console en notant qu'à Thenon, la même candidate a été choisie à 56,51% des voix. Bon.
De nombreux titres de presse ont choisi la voie du libéralisme et de son acolyte le fascisme. Par exemple, je vois dans la version en ligne de Sud-Ouest que sans les USA, l'Europe devrait mobiliser 300000 personnes pour défendre l'Ukraine. Il faut décortiquer un peu pour comprendre que ces centaines de milliers de personnes ne seraient pas mobilisées que pour l'Ukraine mais pour la défense de l'Europe face aux risques de conflit en général. Le journal fait état des armes et les infrastructures fournies par les USA. Par exemple le système Starlink de Musk. Ce journal parle du désaccord apparu entre Zelensky et Trump mais n'analyse pas beaucoup l'objectif soutien de ce Trump vers Poutine dans ce conflit. Bien plus qu'un simple désengagement des USA dans ce conflit, c'est bien un revirement en faveur des Russes qu'opère Trump.

Trump l'a affirmé, en l'élisant le peuple américain n'aura plus jamais besoin de voter. L'Histoire n'est pas écrite mais on peut entrevoir la naissance d'un état fédéral fasciste au goût nazi de l'autre côté de l'océan Atlantique. De notre côté de l'océan, les extrêmes droites montent aussi et on peut prétendre que c'est une source d'inquiétude. On peut se demander ce qui se passera dans les quelques années à venir. A n'en pas douter, si les partis d'extrême-droite arrivent au pouvoir, il y aura un rapprochement avec les USA et avec la Russie.
L'idéologie libérale de Trump, de Musk, de Macron, ce n'est pas de faire de la politique mais de faire du fric, du commerce. Alors, consommons et taisons-nous. Be quiet, comme on dit.

Note

[1] mais la marque a été rachetée par les Luxottica, une entreprise italienne

Macron reste populaire

Selon ce que l'on m'a reporté, avec 21% de satisfaits Macron atteint là son plus beau record d'impopularité depuis 2017 parvenant même à dépasser celui enregistré lors de l'épisode des Gilets jaunes. Nous ne pouvons que l'encourager à continuer sur cette voie et lui souhaitons de bientôt découvrir les abysses insondables. Bravo Manu !

Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste

Le 27 janvier 1945, l'Armée rouge libère les camps de Auschwitz I et Auschwitz II-Birkenau. Plus d'un million de personnes sont mortes dans ces camps et il n'en reste qu'environ sept mille lorsque le camp est libéré. C'était il y a quatre-vingts ans.
Samedi soir, j'ai revu "La liste de Schindler", le film de Steven Spielberg. Il y a cette phrase tirée du Talmud, vers la fin du film, prononcée par Itzhak Stern interprété par Ben Kingsley : « Quiconque sauve une vie, sauve le monde entier » qui, à chaque fois, me fait monter les larmes aux yeux. Ce n'est pas que la phrase, c'est le contexte, c'est la musique, c'est la mise en scène, c'est Spielberg, c'est le cinéma. Un grand film.
Ce film a un peu plus de trente ans. A l'époque, pas d'Internet, pas de réseaux sociaux. Aujourd'hui, le nazisme (ou du moins ses idées) reviennent et on ne s'en offusque même plus. C'est du passé, c'est vieux. Aujourd'hui, il y a l'homme le plus riche du monde, allié de l'homme le plus puissant du monde à la tête du pays le plus puissant du monde qui fait un salut nazi en public, que l'on peut voir à la télé, sur Internet, au sujet duquel on écrit dans les journaux et qui n'émeut pas grand monde. On excuse presque le geste au motif que, ah ! oui mais… Non, faut voir. Non, bien sûr que non il n'est pas nazi. C'est un geste malheureux, peut-être bien un salut romain. Et puis, vous savez, il est "sans filtre", il est comme ça. En plus, il est autiste.
On voit la tentation d'établir des gouvernements autoritaires un peu partout à la surface du globe. On voit les partis d'extrême droite monter, se banaliser. Et bon, c'est la vie, ça passera. On entend un ministre d'un gouvernement soi-disant "centriste" proférer des paroles qui fleurent bon l'extrême droite et qui ne dérangent plus grand monde. On constate la dérive autoritaire d'un président de la République, on note qu'il n'est plus nécessaire d'aller exprimer son opinion dans les urnes lorsque l'on nous le propose gentiment. On sait qu'il est désormais risqué de manifester pacifiquement, on a conscience que la majorité des organes de presse sont aux mains de personnes qui défendent les idées néo-libérales et que les lignes éditoriales vont dans le sens de ces patrons de presse. Mais ça va, faut pas s'en faire, faut pas exagérer.

Le quarante-septième président des États-Unis d'Amérique est élu sur un programme ouvertement fasciste et tout ou presque de ce qui compte dans les grands entrepreneurs des industries technologiques vient sagement se ranger à ses côtés. Il convient d'assurer ses arrières et de serrer les fesses. Le patron d'Apple donne des gages en assurant qu'il allait produire sur le territoire américain et en refilant personnellement un million de dollars au président. Tout va bien on vous dit. Il n'y a pas le moindre signe d'une montée du fascisme dans ce grand pays.
A la cérémonie d'investiture de ce président américain, on pouvait voir un riche français, grand ami de notre président. Voir dans cela une preuve de l'allégeance de ce riche français aux idées quasi nazis de l'équipe présidentielle des USA est sans doute exagéré. Ou peut-être pas, après tout. Oui parce que, après tout, il n'est pas impossible qu'au-delà des idées bassement politiques et idéologiques, il n'y ait que l'idée du pognon. Le fric, c'est un truc hyper important dans nos sociétés. Je ne connais pas un pauvre qui refuserait plus de flouze.
Un autre point qui me crispe un peu, c'est le traitement médiatique du procès de cet ancien président de la République française suspecté d'avoir bénéficié d'argent libyen pour financer sa campagne. Certainement que ce n'est pas un sujet qui intéresse le peuple. Tout de même. Il m'arrive de parcourir le site du journal bordelais et d'y découvrir ce qui mérite, à leur sens, d'être relayé en priorité. Du fait divers, beaucoup, un peu de politique d'actualité, pas mal de sport, quelques bricoles sur la culture régionale (patrimoine, gastronomie, vins…), de l'actu locale et rien ou presque sur cette affaire de financement de campagne. Mais bon. Ça n'a rien à voir avec le sujet du jour.

Ce qui monte en puissance, ce n'est pas le nazisme ou le fascisme des années trente du siècle précédent. On ne va pas avoir de moustachu énervé, pas de camps d'extermination. Par contre, les déportations ou déplacements de populations, ça, c'est bien envisageable. Déjà, il est proposé, pour régler la question du conflit entre l'état d'Israël et les palestiniens, d'envoyer ces derniers vers l'Égypte. De notre côté, on accepte que la mer Méditerranée engloutisse des masses de personnes. Et puis, on paie pour que les migrants n'atteignent pas nos côtes. On a le racisme facile.
Petit à petit, les démocraties et les libertés tombent partout de par le vaste monde. On sent depuis des années monter l'envie d'un nouveau conflit d'ampleur mondiale. Avec le désengagement des USA, on sent naître le besoin de réarmement en Europe. On imagine qu'il sera compliqué d'empêcher la Russie de faire ce qu'elle veut. Au moins pire, il y aura un repli sur soi, ne pas regarder ce qui se passe hors de nos frontières.

Il y a quatre-vingts ans, les camps d'extermination d'Auschwitz étaient libérés. Il ne reste plus beaucoup de survivants et il est à craindre que la mémoire s'éteindra.

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