Et s'il n'existait pas de solution acceptable ?

À neuf mois de l'élection présidentielle, le sujet semble être celui de la dette. Pour les fascistes/racistes, on s'y attendait, il y a aussi celui de l'immigration. Mais le sujet principal sur lequel on s'écharpe, c'est celui de la dette et, par effet rebond, celui du budget et de l'économie française. Cela ouvre sur un sujet qui n'est pas beaucoup abordé à droite (du PS à l'extrême droite), celui de l'échec des politiques menées depuis Mitterrand et avec encore plus de force sous Sarkozy et Hollande avec une accélération durant les dix années macroniennes (Pouah et berk !).
Mais la dette, c'est quoi ? On peut présenter un nombre. C'est un nombre qui ne signifie plus rien et que l'on a du mal à dire ou à écrire : 3 591 170 000 000 €[1]. En lettres, ça nous donne trois mille cinq-cent quatre-vingt onze milliards et cent soixante-dix millions d'euros[2]. Moi, je n'ai aucune idée de ce que ce nombre représente bien que j'aie un vague sentiment qu'il n'a aucune commune mesure avec mon budget. J'ai le sentiment que c'est beaucoup d'argent. Ce qui est vertigineux, c'est que la charge de la dette ne cesse d'augmenter.

Trop compliqué pour ma pauvre vieille tête

Lorsque je dis que je ne comprends pas ce que représente cette dette, c'est réellement que je ne l'imagine pas, je n'ai pas les moyens intellectuels de me faire une idée de la chose. C'est abstrait. Un peu comme notre distance au soleil et la taille du soleil. Je ne comprends pas et en plus je ne suis pas économiste. C'est à dire que j'ai les bases de l'économie, l'offre et la demande et ces sortes de choses. J'ai une idée floue des différentes visions de l'économie, celles que l'on dit de gauche, celles que l'on dit de droite ; le capitalisme, le communisme, le keynésianisme, le libéralisme, Adam Smith, Marx… Une vague idée de tout ça et ça ne m'aide pas à comprendre et, surtout, à imaginer une solution au problème que l'on nous propose et même si ce problème existe, s'il y a réellement un problème.
Bon. Ce que je comprends de tout ça, c'est que pour se financer la France emprunte de l'argent sur les marchés financiers et qu'elle doit rembourser ces emprunts. Le truc, c'est qu'avec les taux d'intérêts qui augmentent, la France n'arrive même pas à payer les intérêts et, dans le même temps, est obligée d'emprunter encore davantage ce qui entraîne des intérêts encore plus importants et c'est le serpent qui se mord la queue. C'est un cercle infernal.

Et là arrivent les politiques qui arrivent avec leurs idées et leurs solutions. Pour certains·es, il faut couper dans les finances publiques et chasser ce qui coûte. Pour d'autres, il faut mettre le maximum de fric pour les services publics et pour sauver le régime social, les indemnités chômage et toutes ces sortes de choses.
Comme ça, sans rien y connaître et à la lumière de mon maigre budget d'inactif, par pur bon sens, je dirais bien que, effectivement, lorsque l'on n'a pas beaucoup d'argent, le mieux à faire est encore de ne pas dépenser trop, pas plus que possible et encore un peu moins si possible. C'est du bon sens, de la gestion raisonnable. Même si je préfère de bons produits bien savoureux et de noble extraction, je sais qu'ils sont hors de portée pour ma bourse plate et que je vais me contenter de peu et de pas cher. Et ainsi, je me range, par pur bon sens, du côté des gens de droite. Il y a de la logique derrière tout ça.

Il n'y a pas d'argent magique

Pour dépenser moins, l'État doit pouvoir faire des économies et parmi celles-ci, bien sûr, couper dans les budgets de la Sécurité sociale, de l'Éducation nationale, des aides sociales de toutes sortes. C'est simple, c'est facile à comprendre, à la portée des esprits les moins éveillés.
Mais, bien sûr, ça renâcle du côté de celles et ceux qui tiennent à tout ça, qui en profitent, qui vivent ou survivent grâce à tout ça. Ceci dit, il se trouve tout de même des gens de peu qui acceptent tout à fait l'idée dans la mesure où, selon ces personnes, ce sont les immigrés qui profitent le plus de ces mannes et qu'ils n'ont rien à faire dans notre pays. Vous connaissez tout ça.
Il y aurait comme un dilemme que ça ne m'étonnerait pas. Par exemple (juste pour exemple histoire de donner un exemple), le sujet des retraites. On nous dit[3] que l'on vit plus longtemps d'un côté et qu'il y a moins de cotisations qui rentrent pour payer les retraites. L'idée simple et logique est bien sûr de dire qu'il faut, au choix, donner moins aux retraités ou faire payer plus les cotisants ou travailler plus longtemps pour que l'on cotise plus longtemps. Les retraités voient d'un mauvais œil la promesse d'une baisse de leur pension. Les cotisants ne sont pas tout à fait d'accord pour payer plus qu'ils soient salariée/travailleurs ou employeurs. Quant à travailler plus longtemps…

Une bande de fainéants, c'est tout

Donc, repousser l'âge de départ à la retraite. S'il est vrai qu'on en trouve pour pérorer sur les plateaux télé, sur les antennes radiophoniques, dans la presse papier et sur Internet et annoncer le front haut et le menton volontaire qu'ils et elles sont prêts·es à travailler vachement plus longtemps et même jusqu'à ce que mort s'ensuive, il faut bien reconnaître que, pour certains·es, il est difficile d'envisager travailler encore passé un âge certain dans certains domaines.
En vieillissant[4], il paraît que l'on est moins efficace. C'est certain que la vue baisse, les articulations se coincent, les neurones font de la colle, les jambes flageolent, les oreilles déconnent, les artères font des nœuds, les doigts se raidissent, les mains tremblottent. Allez me mettre un petit vieux, une brave vieille, placer des composants électroniques sur une circuit imprimé, vous. Il va y avoir du déchet. Sans compter que côté rendement, pardon mais ça va pas être compétitif par rapport à de jeunes asiatiques votre affaire.
Et puis, il faut aussi prendre en compte qu'après soixante ans, si on a perdu son boulot, il ne va pas être simple de convaincre un employeur de la pertinence de vous employer. Et aussi, que pour se reconvertir pour exercer un nouvel emploi, ce n'est pas toujours bien simple. Avec l'âge, la cervelle est moins enjouée à l'idée de devoir apprendre de nouvelles techniques. Allez expliquer à quelqu'un qui a passé sa vie professionnelle à faire bien ce qu'il savait faire qu'il va devoir apprendre à coder en Rust dans une start-up et dans un open space trop cool emplit de jeunes boutonneux et boutonneuses à peine sortis de l'adolescence qui seront plein de condescendance envers l'ancêtre qui pige rien à rien, lol[5].
Mais il pourrait y avoir une solution qui pourrait s'envisager pour certains et certaines parmi les candidats·es à la retraite bien méritée afin de leur faire accepter de travailler encore quelques années. Il suffirait de les payer plus.
Évidemment, c'est à prévoir, les chargés·es des ressources humaines aidés des comptables ne manqueront pas de faire remarquer que ça accroîtra le coût de la masse salariale et que l'on serait bien mieux avisé d'embaucher du stagiaire pas cher que l'on serait capable de faire travailler plus et plus en faisant miroiter le rêve d'un contrat de travail hypothétique.
Mieux encore, on pourrait faire appel à la horde des pouilleux de travailleurs indépendants qui tirent la langue et sont prêts à faire n'importe quoi contre quelques piécettes.
Il n'empêche que l'idée de donner de l'argent contre des années de travail supplémentaires pourrait être étudiée. Gageons que ça ne marchera pas.

Supprimer la maladie

Pour faire des économies, on peut jouer sur la branche maladie de la Sécurité sociale. L'idée est déjà exploitée mais il me semble que l'on pourrait faire mieux et plus fort. Prenons deux personnes. L'une est riche ou, du moins, dans une situation financière aisée. L'autre est pauvre. Il est laid, déglingué, fourbu, foutu, cacochyme, torve. Si le premier ne sert pas forcément à grand chose pour la société, le second, lui, est à coup sûr parfaitement inutile ou aisément remplaçable par un autre "autre" en un peu meilleur état.
Alors voilà ce que l'on pourrait faire. Le riche aurait accès à une offre de soins valables en payant ce que ces soins valent ou coûtent. Pour cette élite, il y aurait des cliniques équipées du matériel à la pointe de la technologie et bien pourvues en personnel médical d'exception. Pour le pauvre, on proposerait un hôpital public composé de médecins de seconde zone ou de presque médecins voire de rebouteux. On saupoudrait ça d'une loi qui permettrait de proposer un droit à mourir et on insisterait, l'air de rien, sur le fait que ce serait la solution la plus rentable et la plus rapide et la plus radicale pour faire cesser les souffrances.
Finalement, ce serait séparer le bon grain de l'ivraie. Un malade qui peut payer, qui fait marcher l'économie, sert à la société. Un malade qui ne peut pas payer coûte et ne rapporte rien que des ennuis à n'en pas finir. L'effet corrélaire qui n'est pas à négliger, c'est que l'État serait libéré d'une belle partie des frais relatifs à la branche maladie. Il ferait même d'une pierre deux coups puisque, c'est de notoriété publique, les vieilles et vieux sont plus souvent malades et, de surcroît, plus souvent retraités. Un malade en moins c'est aussi un retraité en moins.

En finir avec les services publics et faire payer ce qui reste de pauvres

Je ne me fais pas d'illusion. Mes propositions ne suffiront pas à elles seules à épurer la dette du pays. Au moins auront-elles le mérite d'enrichir les plus riches et de faire chier les plus modestes. Pour commencer, on va augmenter les taux de TVA sur les produits de consommation courante. On va les faire travailler plus et plus longtemps s'ils ont un travail. On va exacerber l'idée selon laquelle tous les problèmes viennent des autres. Tout de même, on va les inciter à dépenser le peu qu'ils ont dans des produits ou des services dont ils n'ont pas besoin. On va les faire cracher au bassinet, on va les essorer. Et puis, à la fin, on va dire qu'il faut faire la guerre et on les enverra défendre la patrie la fleur au fusil.

Notes

[1] source : https://horloge-de-la-dette-publique.com/

[2] au moment où j'écris ces lignes

[3] et ce n'est pas tout à fait faux

[4] c'est ce que l'on m'a raconté

[5] que les jeunes ne disent plus du tout, ça fait ringard

Dérive sécuritaire. Vraiment ?

Après l'ANTS[1], l'Assurance maladie, les impôts (DGFiP), l'Éducation nationale, Bloctel, l'URSSAF, les ministères de l'intérieur ou des sports, toute une liste d'universités, d'hôpitaux, de mairies et sans parler des entreprises privées, la France montre qu'elle est une cible de choix pour les cyberattaques. Ailleurs, ce n'est pas qu'il y a moins de piratage mais je fais ici preuve de chauvinisme tant il faut reconnaître que, tout de même, notre beau pays intéresse beaucoup les pirates informatiques.
Cela fait des années que la décision a été prise de favoriser la dématérialisation des données au sein des organismes et services officiels et il est bien possible que ce soit une bonne décision et qu'il n'aurait pas été possible de faire autrement. Les bons côtés de la numérisation des administrations, c'est que ça facilite le traitement des données, que ça doit rendre les démarches plus accessibles et rapides, que ça permet des échanges entre les services et que, dans un certain sens, ça peut faciliter la vie de tous[2].
Alors moi, je ne suis pas contre ce passage au tout numérique. Je paie mes factures d'eau et d'électricité par voie informatique, je déclare mes (maigres) revenus de même, j'ai immatriculé quelques véhicules, j'ai demandé une carte Vitale (je ne sais pas où elle est vraiment mais j'en ai une), j'ai fait quelques démarches pour ma maman et pour quelques autres personnes depuis mon ordinateur. Globalement, ça fonctionne.
Je ne regrette pas le temps où il fallait faire la queue pendant des heures à la Préfecture pour un certificat d'immatriculation. Je ne regrette pas non plus de ne pas avoir à faire la queue à la Poste pour envoyer un courrier. D'ailleurs, je ne regrette pas de ne plus acheter de timbres postaux. Je le dis, je ne suis pas contre le tout numérique.
Toutefois, je pense qu'en tant qu'usager de ces modes de communication avec les organismes officiels, je suis en droit de demander que tout cela soit protégé. Je n'ai pas forcément envie que mes données personnelles se retrouvent dans la nature. Pour être franc, je ne crains pas trop pour mes données de santé ou pour mes déclarations de revenus. Les pirates n'en tireront pas grand chose. De plus, et c'est sans doute très prétentieux, j'estime ne pas être une cible facile pour les attaques émanant de courriels frauduleux. De manière générale, j'utilise des mots de passe assez robustes ou l'authentification à double facteur.
Les services de l'État savent trouver des financements pour traquer les fraudeurs (sauf pour les riches bizarrement). La CAF, France travail, l'Assurance maladie[3] ont les moyens pour traquer ces fraudeurs. On sait trouver les moyens financiers pour fliquer les citoyens français. Par exemple, aujourd'hui, lors d'un contrôle routier les forces de l'ordre savent si votre véhicule est assuré, s'il bénéficie d'un contrôle technique valide, si vous avez encore des points sur votre permis, où vous habitez et tout un tas d'autres renseignements. On trouve de l'argent pour la vidéo surveillance, pour le traçage des téléphones mobiles, pour traquer les jeunes qui vont faire la fête dans des free parties.
Le problème selon moi est en partie une question de formation et de sensibilisation à la sécurité informatique. Il n'est pas normal en 2026 que l'on n'ait pas généralisé les systèmes d'authentification sécurisés et que l'on ait pas pris la peine de former et sensibiliser le personnel. Après, il y a aussi les questions d'externalisation des systèmes de gestion de données au privé.
Et plus que tout, il y a cette attitude de la macronie qui consiste à nier toute responsabilité. Il faut vraiment en finir avec cette saloperie.

Notes

[1] Agence nationale des titres sécurisés. Retenez le mot "sécurisés"

[2] à la condition de savoir utiliser un ordinateur, que l'on a une connexion Internet et toutes ces sortes de choses, évidemment

[3] je sais que ce ne sont pas des services de l'État à proprement parler

François contre François

François Ruffin trace sa route et dans le dernier épisode publié, il part de la région de Narbonne pour rejoindre l'Ardèche. Armé de sa pancarte, il tente de se faire prendre en auto-stop par des Français et Françaises. L'idée est de se confronter au peuple et de le mettre à contribution pour se constituer un programme, pour recueillir des idées et des revendications.
Ça fait un peu de la peine de suivre Ruffin dans cette aventure et j'en arrive à me demander s'il n'est pas un moment où il vaut mieux arrêter les dégâts. Si l'on pouvait douter de la pertinence de ce road-trip, on peut, après cinq épisodes, se dire que l'idée ne fonctionne pas. Les personnes qui acceptent de s'arrêter ne sont pas nombreuses à avoir une réelle envie de parler politique ou de croire au succès de Ruffin dans son entreprise.
Sur Internet, certains avancent l'idée selon laquelle Ruffin ferait appel à son réseau de soutiens pour jouer les automobilistes. Je ne pense pas que ce soit le cas. Je pense que Ruffin est sincère et c'est presque encore pire.
Je ne peux pas m'empêcher de penser à un autre François qui a fait dans le catastrophique sur YouTube. Je pense à Bayrou. Si l'on compare, le Béarnais parvient tout de même à faire mieux en nombre de visionnage de ses vidéos. Il a beau faire, le Picard debout, ça ne décolle pas, ça plafonne, ça s'écroule. Et puis, franchement, il n'y a pas de contenu, pas d'idée, pas de message. C'est dommage, il est sympathique, Ruffin. Il est aussi agaçant mais il est sympathique dans son rôle de candide de la politique. Bon, d'accord, il parle beaucoup trop de sport pour moi.

François Ruffin en route
Un futur président au plus proche des automobilistes

La macronie a la solution contre les incendies

En 2024, Gabriel Attal, alors premier ministre de Macron, a baissé le budget initialement prévu pour l’acquisition de quatre appareils Canadair pour n’en prévoir que deux. Ces avions devraient être livrés en 2027.
La macronie se défend en mettant en avant un plan européen de lutte contre les incendies et la mise en commun de l’achat de nombreux appareils aériens.
Ce qui, à mon avis, constitue une grave faute, c’est que nous constatons depuis des années des canicules à répétition et des incendies chaque années plus difficiles à combattre. Ils ne peuvent pas dire qu’ils n’ont pas été mis au courant. Mais « qui aurait pu prévoir ? »

La macronie contre les flammes
Attal, premier ministre de Macron avait annulé le financement de Canadair. Heureusement, ils ont un plan b

Un candidat au bord de la route

François Ruffin est candidat à la présidence de la République pour les élections 2027. Pour aller à la rencontre des gens, il a eu l'idée de parcourir le territoire en auto-stop et cela donne l'occasion d'une série de vidéogrammes diffusées sur la plate-forme YouTube.
Ce que l'on peut d'ores et déjà dire, c'est que c'est nettement mieux et plus amusant que ce qu'avait pu produire l'abruti des Pyrénées, ancien premier ministre de triste mémoire. D'ailleurs, je ne suis jamais allé voir s'il continuait à polluer l'Internet avec ses productions. Je ne le pense pas, j'espère vraiment qu'il s'est enfoncé bien profond la tête dans le cul pour aller y trouver la lumière mais sait-on jamais, un malheur est si vite arrivé.

Nous retrouvons François Ruffin dans ce premier épisode le 10 juillet sur la route qui passe par Cadillac (Gironde) tentant de rejoindre Périgueux en passant par Libourne. Le soir même, il organisait une rencontre dans la ville préfecture de la Dordogne. Je n'y étais pas, je ne sais pas si Ruffin a réussi à rejoindre la ville, je ne sais pas si le public était présent.
Je vais suivre ce feuilleton estival qui, en plus d'être un peu rigolo se révèle assez intéressant.
lien vers la vidéo

François Ruffin candidat à la présidence de la République française
Aller à la rencontre du peuple grâce à l'auto-stop

Réjouissons-nous du présent, l'avenir sera encore plus pire

Avec ce qui se profile à l'horizon, il va falloir apprendre à résister. Résister, c'est bien mais encore faut-il savoir contre quoi résister. Et à mon avis, il est grand temps de résister dès à présent afin de ne pas être pris à l'improviste le moment venu et de ne pas avoir les rudiments de la bonne résistance, celle qui va vous garantir la sérénité désirée par toutes et tous.

Pour commencer, il me paraît essentiel de résister activement contre les idées stupides que sont, pêle-mêle, celles en lien avec les Droits de lHomme, le respect de la nature, faune sauvage et végétaux mais aussi cours d'eau et qualité de l'air. Tout ça, vous le mettez de côté et vous n'en parlez plus. Les "idées" de gauche sont tellement simplistes et ridicules qu'il va sans dire qu'elles sont bonnes pour finir dans les oubliettes de l'Histoire. D'ailleurs, en parlant d'Histoire, il va nous falloir nous habituer à redorer le blason des grands hommes de France, à commencer par le Maréchal et Henriot, Brasillach et tant de fiers patriotes.
Afin de résister convenablement, il sera bon de déposer le bon bulletin dans l'urne pour faire élire au plus vite la grande innocente outragée, brisée, martyrisée, mais libérée ! Dès à présent, nous ne pouvons que vous inviter à faire la promotion de cette belle Française qui aime la patrie plus que personne et à clamer votre amour pour cette femme courageuse face à l'adversité.

L'acquisition des portraits de Nuñez, Darmanin, Ciotti, Retailleau, Bardella, Alloncle, le Pen et de personnes de la société civile telles que Bolloré, Praud et j'en passe sera bien vue surtout si vous les mettez bien en vue dans votre salon.
Si par malheur (ou par obligation) vous cotoyez des personnes étrangères ni assez blanches ni assez riches, agissez, coupez les ponts. Si vous êtes issu d'une minorité ethnique ou de l'immigration, faites profil bas et croisez les doigts pour que vous ne soyez pas expulsé, emprisonné, bastonné ou victime de la loi macroniste qui permet aux forces de l'ordre de vous tuer pour x et y raison à leur discrétion.
Si vous êtes riches, si vous êtes acquis aux bonnes idées, il est possible que tout aille bien pour vous. Nous vous félicitons et encourageons la population à suivre votre exemple. Si vous n'êtes pas riche mais que vous avez fait vôtres ces mêmes bonnes idées, vous allez en chier.

Divine Dictature Démocratique

Je réfléchissais à un truc à propos des problèmes de la politique à la française. On a pris l'habitude de classer les partis sur une ligne qui va de la gauche à la droite avec, à chaque bout son extrême.
Moi, je pense que ça pose un problème important. Il y a des politiques qui affirment n'être ni de gauche ni de droite ; il y a des partis qui refusent d'être classés aux extrêmes ; il y a des partis qui tentent de se placer au centre, indécis, dans le doute, dans l'expectative, attendant sans doute qu'il se passe quelque chose pour choisir la bonne direction à prendre.

Et alors, j'ai réfléchi et je suis arrivé à la conclusion que tout ça serait rapidement réglé si on voyait la politique non plus sur un seul axe mais sur les trois axes qui nous sont donnés à considérer dans la vie de tous les jours. Je suis étonné qu'il n'y ait pas eu d'autres esprits brillants pour penser à cela. Parfois, je me dis que vous avez de la chance d'avoir un inactif comme moi pour penser.
Donc, nous aurions la possibilité de classer les politiques sur l'axe gauche-droite mais aussi sur celui haut-bas et sur celui avant-arrière. Ça changerait tout.
Par exemple, le RN pourrait être considéré comme un parti qui plonge toujours plus bas, toujours plus à droite et toujours plus en arrière. La macronie serait un peu sur la même tendance mais un peu plus en avant sur certains points. Les socialistes seraient légèrement en arrière, légèrement à droite et déjà dans les profondeurs.
Bien sûr, tout cela serait à affiner et il y aura débat. Toutes et tous ne seront sans doute pas d'accord pour reconnaître au NPA une position spatiale élevée, avancée et à gauche. Il faudra faire appel aux mathématiciens, historiens, statisticiens et scientifiques s'occupant de tout ça pour faire la lumière sur un point d'origine à partir duquel on distribuera les politiques.

Déjà, cela me donne une idée. Je vais créer un parti politique dont je serai le guide suprême et qui affichera clairement son positionnement en relation avec cette brillante idée issue d'un cerveau de qualité supérieure. Ce parti s'appellera "Divine Dictature Démocratique" et aura l'ambition de réunir toutes les personnes qui pourront se reconnaître dans nos valeurs qui sont encore à définir. Le 3D se place au-dessus des partis, en avance sur eux et à équidistance de la gauche et de la droite. Toujours plus haut, toujours plus en avance, toujours en position centrale !

Badbuzz et shitstorm (j'aime les anglicismes)

Depuis quelques jours, il y a tempête dans les bulles avec la bande dessinées de François Ruffin intitulée « Les aventures de François Ruffin député-reporter — Picardie splendor ».
Au scénario, François Ruffin et Laurent Galandon ; au dessin, Olivier Berlion, Benoît Blary, Damien Cuvillier, A.Dan, Anaïs Depommier, Jul, Malo Kerfriden, Olivier Martin, Dominique Mermoux, Jean-Denis Pendanx et Amandine Puntous. Les couleurs sont réalisées par Makma[1]. Tout cela est édité par Les Arènes et ça coûte 22 euros.

François Ruffin est donc reporter et député en plus d'être cinéaste et écrivain. C'est l'un des personnages connus de la gauche française, un temps allié de LFI, aujourd'hui électron libre candidat à la présidence de la République. On ne peut pas s'empêcher de penser que l'ouverture de la campagne électorale coïncide étrangement avec la parution de cet ouvrage. Hasard ? Je ne pense pas, non.

En quatrième de couverture, Ruffin explique la génèse de ce projet :

« -Tu devrais écrire une œuvre majoure, qui marque l'époque, qui rassemble tes idées... - Mon Capital ? Mais Karl Marx, lui, il n'enchaînait pas les rendez-vous en mairie et les concours de maisons fleuries ! Et puis j'ai une autre lubie. Je voudrais faire une BD, un truc un peu à la American Splendor. Tu connais ? »

Alors, honnêtement, American Splendor, je ne connais pas mais je sais me renseigner. Il s'agit d'une série de bandes dessinées autobiographique de Harvey Pekar dessinée par plusieurs dessinateurs dont Robert Crumb publiée entre 1976 et 2003. Il est question de la description la vie d'un homme ordinaire à Cleveland et de ses problèmes d'argent ou de santé. Rien à voir avec la vie d'un député-reporter de la Somme mais j'imagine que Ruffin veut dire qu'il s'inspire du style.
Ruffin nous raconte qu'il ne peut pas écrire une œuvre comme celle de Karl Marx parce que, lui, il n'a pas la vie facile de oisif qu'avait le philosophe. C'est que Ruffin, il est débordé ! Les concours de maisons fleuries et les rendez-vous en mairie, ça vous remplit une journée et vous n'avez plus le temps de faire quoi que ce soit. On le comprend.

Et donc, conséquemment, Ruffin nous fait une BD plutôt qu'un énième manifeste politico-philosophique un peu chiant à lire. La BD, c'est cool, c'est accessible. Et puis, de toutes façons, le but est de parler de soi à travers d'anecdotes. Marx s'étalait peu sur ces considérations pourtant fondamentales. Pour ma part, je vais me dispenser de critiquer le travail de Ruffin sur la forme. D'une, je n'ai pas lu cette BD, de deux, je ne suis pas qualifié pour juger de la qualité du travail de création de BD. Je n'en fais pas, je ne sais pas faire, je ne suis pas en bonne position pour donner mon avis.
Néanmoins, il se trouve que j'ai pu avoir accès à quelques pages de cet album. Par goût personnel, je peux déjà dire que je n'aime pas ce que j'ai pu voir, graphiquement parlant.

Dans l'ensemble, je suis bien incapable de dire qui a dessiné quoi sauf pour les dessins de Jul qui me sont reconnaissables. Ah si ! Le dessin de la couverture est de Dominique Mermoux. Je ne le connais pas.
L'idée de cette BD est de mettre en images les anecdotes vécues par Ruffin dans son quotidien de député-reporter. C'est à dire que le député-reporter prend le train. C'est un peu tout ce que je retiens d'après ce que j'ai pu voir. Un coup, Ruffin est dans le train et un contrôleur constate qu'une des voyageuses n'a pas le bon titre de transport. Il lui demande de s'acquitter d'un supplément et la dame proteste. La police de la SNCF intervient, ça dégénère un peu, ça se crispe, ça menace. Ruffin n'en peut plus. C'est un homme pressé, il veut que le train parte. A-t-il un concours le maisons fleuries à célébrer de sa présence ? Quoi qu'il en soit, dans un grand élan de générosité, il se propose de régler le supplément de sa poche. 1,20 euro.

Un autre voyageur cherche querelle à la police de la SNCF en demandant pourquoi l'agent tutoie la dame fautive. Ruffin lui ordonne de respecter la police. Pour faire bonne mesure, il demande aussi, poliment, à l'agent de respecter son uniforme. Quant à la dame, une fois le supplément réglé, il lui demande de se calmer.
C'est du vécu qui prend aux tripes. C'est du travail de reporter de qualité. Faut-il ajouter que la dame a des origines africaines et que le monsieur qui critique l'agent de la SNCF est dépeint comme maghrébin ? Oui, il le faut parce que, récemment, il y a eu des suites. Un certain Félix s'est reconnu et il explique que tout ne s'est pas passé comme le raconte le député-reporter. D'abord, ce n'est pas Ruffin qui a payé. Il ne souvenait pas de son code de carte bancaire. C'est Félix qui aurait payé la somme et qui aurait reçu un chèque de la somme versée de Ruffin. Ensuite, selon ce Félix, la dame serait de nationalité anglaise et elle ne se serait pas tant énervée que ça. Juste, elle ne comprenait pas vraiment le problème. Et pour finir, Félix n'est pas plus maghrébin qu'un bon Français de souche (c'est l'expression qu'il emploie par ironie et dérision).
Maintenant, bien sûr, il faut croire Félix. C'est parole contre parole[2].

Pour les soutiens de Ruffin, tout ce cirque est orchestré par LFI. Non, Ruffin n'a pas produit une BD pleine de situations problématiques, de racisme, de paternalisme, de mise en avant de Ruffin, d'égocentrisme débridé. Non ! C'est de la calomnie et de la mauvaise foi. D'accord sauf que les critiques ne viennent pas que de LFI. Elles viennent aussi de chez les écologistes et de citoyens qui ne sont pas plus encartés que ça.
Ruffin aime se mettre en avant et raconter la vie des autres à sa manière. Cela ne mérite pas d'être voué aux gémonies. Depuis des années, Ruffin joue le jeu de grand réconciliateur. C'est son « La France des bourgs et la France des tours ». C'est une belle façon de ne pas prendre parti. En gros, les torts sont partagés, il n'y a ni bons ni méchants et il faut que la population se montre raisonnable. Les maghrébins doivent baisser la tête lorsqu'ils s'adressent aux forces de l'ordre et ces forces de l'ordre doivent se montrer dignes en ne tutoyant pas ces maghrébins. Beau programme. Si j'osais… Chiche que j'ose ? Allez, n'ayons pas peur, allons-y, à fond dans l'outrance. Imaginons, juste pour la caricature grossière et vulgaire. Ruffin est en dans les années 40, la France est sous la coupe nazie. Il assiste à une scène. Des nazis, la Gestapo, des SS, la milice est en train de rafler une famille juive. Ces juifs ne sont pas très contents et protestent. Les nazis, eux, ne sont tout de même pas très polis. Super Ruffin intervient et ordonne aux deux parties qui, à ses yeux, ont chacune ses torts de se calmer. C'est beau ! Si je savais faire une BD, je vous jure…

Dans un entretien récent, Ruffin tente de se dépêtrer de ce bazar en expliquant que, dans une des histoires, sur une case, il ne se reconnaît pas, qu'il n'a jamais bombé le torse comme dans le dessin. C'est un peu fort de café. Ainsi donc, on tente de nous faire croire que personne, pas plus lui que son équipe de campagne n'a vu la BD avant sa parution ? Vraiment ? Il n'empêche que le député-reporter patauge entre excuses et justifications vaseuses. Celui qui déclare qu'il sera candidat même si ont lieu des primaires ne vient-il pas de tirer ses dernières cartouches ? Il essaie aujourd'hui de brandir le drapeau blanc et de réclamer les arrêts de jeu[3].

Notes

[1] qui est un studio qui se charge de créer des BD et qui intervient dans tous les domaines de la BD dont la colorisation

[2] Ceci étant, j'apprends que Ruffin lui même reconnaît ce Félix.

[3] c'est du parler sportif, cherchez pas

Hollande se prépare !

La rose à la main[1], l'ancien président de la République François Hollande, l'air grave et pénétré, a annoncé qu'il se préparait à proposer au peuple de France de le choisir pour présider de nouveau.
François Hollande a la réputation d'être blagueur et d'user et abuser de l'humour. A un an des élections présidentielles, l'heure est grave et il est légitime de se demander s'il est bien opportun qu'un ancien homme d'état se laisse aller à la rigolade alors que les signes de l'arrivée de l'extrême droite se multiplient.
La préparation de François Hollande semble incongrue et farfelue mais peut-être nous étonnera-t-il en réussissant à rallier à lui une majorité d'électrices et d'électeurs. Sur un malentendu, tout reste possible.

Hollande se prépare
Les marchands de parapluie soutiennent Hollande

Prenons-nous à imaginer. Tandis que Retailleau peine à trouver d'autre promesse de campagne que d'être toujours plus raciste et xénophobe ; tandis que Attal chouine parce qu'il n'a pas eu son bol de Benco© au petit déjeuner ; tandis que Bardella tronche sa princesse au son de chants nazis ; tandis que tous s'élèvent contre l'extrémiste d'ultra gauche antisémite, Hollande avance ses pions en s'assurant le vote des vendeurs de parapluies et de cirés bretons. Après son célèbre mon adversaire c'est la finance qui eut le succès que l'on connaît, il profère qu'avec lui aux manettes, la France ne connaîtra pas de stress hydrique. Dès lors, les éleveurs d'escargots et d'une façon générale le monde paysan apportent leur soutien au candidat corrézien.
Déjà, Valls pose sa candidature pour le poste de premier ministre et on se prépare à déposer une nouvelle Loi travail qui, en plus de rendre obligatoire une journée de travail de solidarité le 1er mai[2] établira la semaine de travail de 50 heures et le démantèlement de la Sécurité sociale au profit des organismes privés d'euthanasie préventive.
Sur la question de la sécurité, les forces de l'ordre auront le droit de frapper tout manifestant pris en flagrance de critique du président de la République, du gouvernement et de ses décisions.

François Hollande fera son coming out en révélant qu'il n'a jamais été de gauche. Alors, oui, peut-être, une majorité votera pour lui. Pour beaucoup, ce sera voter pour un président de transition qui fera passer le temps dans l'attente du retour de Macron.

Maintenant, la question est de savoir ce que je ferais si jamais[3] on me proposait de choisir lors d'un éventuel second tour entre Bardella et Hollande. Je choisirais Hollande très certainement, par dépit.

Notes

[1] pour rappeler qu'il est socialiste

[2] solidarité envers tous sauf pour les travailleurs

[3] c'est assez improbable

Si ça vous dit d'en prendre un coup au moral

Avant hier se tenait au Collège de France une conférence de presse à l'occasion de Stand Up For Science visant à dresser un état des lieux des attaques contre les sciences et l’Université aux Etats-Unis et en France, La situation est inquiétante et alarmante et pas que du côté des États-unis de Trump. En France, les moyens donnés à la recherche scientifique pour travailler fondent depuis 2021 de plus en plus férocement.
Ces moyens sont redistribués pour une grande part au secteur privé, sans que le moindre contrôle soit réclamé en contrepartie. L'avenir est sombre et on prophétise un abandon radical de la recherche scientifique en Europe et en France et une délégation sinon une soumission aux USA. Avec la baisse de la natalité et le sentiment pour les jeunes qu'il ne sert à rien d'embrasser une carrière scientifique tant les budgets disparaissent, les universités vont devoir revoir à la baisse leurs ambitions.

Vous pouvez voir la captation de la conférence sur YouTube (3 heures et des poussières).


Tribune publiée dans Libération le 3 mars 2026

Si j'étais au pouvoir…

Si j'étais au pouvoir, je serais un gentil dictateur. Je serais un doux tyran qui régirait tout au profit du plus grand monde et, en particulier, selon les intérêts des milieux artistiques ou créatifs, littéraires, musicaux et toutes ces sortes de choses.
Par exemple, et c'est un exemple qui me vient à l'esprit alors que j'ai passé commande d'encre de chine et de pinceau (près de trente euros le pinceau, tout de même !), je ferais en sorte que les instruments de musique, les stylos, les ordinateurs, les tablettes graphiques, les toiles et chevalets, les aquarelles et les tubes de peinture, les crayons, les pinceaux, les feutres, les gommes, les encres, les papiers, tout ça et j'en oublie, serait gratuit. Voilà ce que je ferais.


Le bon despote que je serais aurait conscience que toute cette générosité aurait un coût pour le royaume (oui, je serais roi et j'habiterais dans un beau château que je ferais bâtir à Azerat après que j'aurais fait raser tout ce qui ne m'y plaît pas ou me dérange) et j'aurais une autre idée pour rétablir les finances.
Je taxerais très très fortement tout ce qui a trait au sport. Les ballons de foutebale coûteraient au moins 30000 euros l'unité, les chaussures sportives seraient vendues à un prix largement prohibitif, les raquettes de tennis et les clubs de golf se monnaieraient fort cher. Cependant, les boules de pétanque, pour peu qu'elles soient utilisées dans un but récréatif après l'absorption d'une belle quantité de pastis, seraient épargnées.
De même, les produits de beauté, les vêtements "à la mode", les bijoux et fanfreluches seraient irrémédiablement taxés à plusieurs milliers de pour cent. En gros tout ce que je n'utiliserais pas, tout ce qui m'ennuierait, tout ce que je considérerais comme stupide, idiot, ridicule, inutile, serait soumis à des hausses de tarif incommensurables.

La fin des papeteries de Condat

C'était prévisible depuis de nombreuses années mais tout de même, ça fait quelque chose. Au plus fort de son histoire, ce site industriel, le premier employeur privé du département de la Dordogne, fournissait du travail à plus de 1000 personnes sans compter les sous-traitants et intervenants extérieurs. Et sans plus parler des commerces et artisans alentours. C'était un bassin d'emploi (et plus encore un bassin de vie) important pour le Terrassonnais. Dans les derniers temps et après plusieurs vagues de plans de "sauvegarde de l'emploi"[1], ils n'étaient plus qu'un peu moins de 200 à travailler là. On savait que ça allait mal, on sentait que ça n'allait pas durer. Les papeteries de Condat ont été placées en procédure de redressement judiciaire, trois repreneurs se sont faits connaître et le seul qui est resté et qui a été accepté par le tribunal de commerce de Bordeaux est SPB (Société de participation de la Braye).
Le projet de la SPB, après le licenciement des 195 salariés, c'est d'abandonner la production de papier[2] et de créer une unité de production d'alumine pour l'industrie, une autre de nanacellulose, un pôle de production d'énergie à partir d'hydrogène et, en parallèle, un data-center pour l'IA. Il est dit par la SPB que l'on envisagerait de recréer 300 emplois dans les années à venir. On verra ce qu'il en sera d'ici quelques années mais il est d'ores et déjà plus qu'évident que ce ne sont pas celles et ceux qui perdent leur emploi aujourd'hui qui seront de nouveau employés.

Notes

[1] comprendre : de licenciements

[2] de fait elle l'est déjà

La chasse aux voix est ouverte

C'est le corollaire de la démocratie. À la faveur de l'approche des élections, nous sommes appelés à choisir entre les candidat·e·s, les listes proposées. L'année prochaine, nous aurons les élections municipales, dans deux ans, l'élection présidentielle. Entre temps, on ne peut pas écarter l'éventualité de législatives anticipées.
Pour les municipales, il y a un changement pour les petites communes. Il ne sera plus possible de jouer au panachage des listes et il faudra que les listes se tiennent à la parité. D'après ce que mes informateurs m'ont rapporté, à Azerat l'actuelle maire ne repartira pas pour un nouveau mandat. Il paraît qu'elle sera remplacée en tête de liste par mon grand-frère. Selon les mêmes informateurs, il semblerait qu'une deuxième liste serait constituée. Pour cette liste alternative, on me dit que le programme serait articulé autour de deux idées fortes : premièrement, préserver et sauvegarder le petit patrimoine, deuxièmement mettre en place le programme "Voisins vigilants". Dans un premier temps, d'autres informateurs faisaient état de deux autres idées : ouvrir l'église plus souvent (dans l'idée que l'on puisse y pratiquer le culte catholique) et de créer une police municipale.

Si l'idée de préserver et protéger le petit patrimoine (quoi que cela veuille dire) ne me choque pas outre mesure, celle de cette affaire de "Voisins vigilants" me fait hausser un sourcil réprobateur. Déjà, il faut avoir en tête que cette chose est gérée par une société privée qui propose à celles et ceux qui souhaitent rejoindre le programme de télécharger une application (pour dénoncer et avertir) et que cette entreprise privée se réserve le droit de faire ce qu'elle souhaite des données personnelles de ces voisins vigilants. Hormis le fait que ce procédé est réalisé en dehors de toute déclaration à la CNIL et que l'entreprise fait payer une cotisation à la commune qui y adhère, il me semble que tout cela fait un peu trop de droite pour moi.
Je n'aime pas du tout l'idée de donner le pouvoir à des citoyens de laisser libre cours à leurs pulsions de délateur en herbe. Et puis, si l'on admet qu'il peut être bon de procéder à une certaine forme de surveillance, il me semble qu'il serait préférable à tout prendre de confier cette tâche aux gendarmes et policiers.

Pour l'autre liste qui serait une émanation remaniée de l'actuelle, je n'ai pas l'intention de lui donner ma voix non plus. Pour l'heure, je ne sais rien d'officiel quant à la composition de cette liste. Ce que je me dis, c'est que je me dirige vers une petite abstention.

Prime à la médiocrité
Les campagnes électorales sont lancées

Changement de régime

Ne faut-il retenir de tout cela que le régime alimentaire ? La presse[1] n'a parlé que des yaourts et du thon à l'huile dont l'ancien président se nourrissait à l'exclusion de tout autre aliment alors que, disons-le, ce n'est sans doute pas l'information la plus importante de toute l'affaire. Qu'un ancien président de la République soit envoyé en prison, ce n'est pas rien.
Sarkozy a été remis en liberté en attente de son jugement en appel. Cela prouve que l'état de droit a encore un sens en France. Cette remise en liberté est assujettie à certaines conditions et elle n'est pas la preuve de l'innocence de Sarkozy.

Les produits laitiers sont vos amis pour la vie
Le yaourt, c'est la santé

Note

[1] du moins une grosse partie

Pot de départ (ou pas)

Selon une étude sérieuse menée auprès d'un échantillon restreint représentatif des occupants de mon logement, 98,7% des personnes interrogées déclarent considérer les politiques "bêtes à manger du foin", surtout s'ils sont de droite, surtout s'il ne sont pas à la gauche de la gauche la plus vindicative.
Or, toujours selon cette étude, 99,9% des personnes sollicitées admettent qu'elles ne souhaitent pas prendre la place de ces politiques, ne se sentant pas compétentes pour le faire.
Il ressort donc de cette étude que les personnes de l'étude se pensent encore plus bêtes que les politiques en place.

C'est quelque part
Porte

Se révolter, s'indigner

Avec mon pote non genré Farid et sa copine lesbienne Adélaïde, on sortait d'un très bon resto associatif où nous avions dîné de pizzas sans gluten aux fruits de saison bio-sourcés et de cardamome éco-responsable. Nous avions bu avec modération une excellente bière "craft" au houblon "hipster".
Sur le trottoir, nous poursuivîmes la conversation entreprise à l'intérieur. Si nous étions tous d'accord avec le fait que Macron, Bayrou et leur cliques, il y en a marre, nous divergions sur les modalités permettant un changement drastique de régime. Farid envisageait s'investir pleinement dans le mouvement du 10 septembre sensé immobiliser le pays afin d'impulser un mouvement menant à l'avénement d'une vraie démocratie populaire, inclusive et écologiste. Adélaïde, elle, sans doute la plus rebelle de nous trois, prétendait qu'elle avait approché un groupuscule d'ultra-gauche proche des Black blocs altermondialiste et pacifiste du plateau de Millevaches chez qui elle était allé se ressourcer. Selon elle, une forme de lutte armée non-violente était possible et nécessaire. Pour ce qui me concerne, si je partageais un sentiment de détestation pour tout ce que représentait la Macronie dans son ensemble, je restais sur un pessimisme prudent et envisageais une solution de repli au fond de mon lit pour mieux exprimer mes colères et protestations. J'avais conscience du peu d'impact qu'aurait mon action révolutionnaire.
Nous en avions déjà parlé, il me semblait que nous avions fait le tour de la question, mais Farid remit sur le tapis la question des vidéos de Bayrou (qu'aucun de nous trois avaient regardées) et sur l'échec réjouissant de son entreprise ridicule et risible. C'est à cette occasion que j'appris que Bayrou avait annoncé que l'on pouvait utiliser une plateforme gouvernementale mise en place en 2023 par Véran pour questionner le premier ministre et que, encore mieux, il était proposé de soumettre ses interrogations par courriel.
Nous faisions le serment de ne jamais utiliser ces moyens pour entrer en contact avec le chef du gouvernement (illégitime). Adélaïde soupçonnait que l'on ait pu utiliser ce stratagème pour tracer les IP des personnes voire pour géolocaliser les smartphones utilisés. Selon elle, il valait mieux tout faire pour éviter d'être fiché. Nous en convenions, Farid et moi. On n'est jamais trop prudent.

Le mouvement du 10 septembre, en plus d'appeler au blocage du pays, allait sans nul doute s'accompagner d'appels à manifester. Nous trois, nous n'étions pas très chauds à l'idée de sortir dans la rue et de nous mêler à une foule d'inconnus. Il faut dire que nous avions été diagnostiqués ochlophobes et que nous nous étions rencontrés à l'occasion d'un colloque organisé en visio-conférence sur le sujet. Dès que nous étions dans une foule d'une dizaine de personnes, nous ne nous sentions pas très à l'aise. Nous étions trois, ça allait, nous gérions.
Ce qui nous dérangeait dans l'idée du blocage, c'était le risque de grève. Si jamais nous étions privés d'électricité, si jamais des actions étaient menées contre les antennes relais de téléphonie, nous étions finis. On pouvait très bien se passer des trains, se passer de carburant, se passer de l'ensemble des commerces non essentiels, mais se passer d'Internet, non. Pour manifester notre opposition (de gauche) au pouvoir néolibéral proche du fascisme, nous avions fait le choix d'invectiver les dirigeants sur le web. Adélaïde, la graphiste de notre groupe, avaient quelques idées en tête. Il fallait que ça murisse. Farid avait déjà créé quelques slogans bien sentis. Moi, bon, je dois avouer que je n'avais pas fait grand chose à part proposer de me filmer en continu couché dans mon lit, à dormir ou à lire, pour bien montrer combien je participais au combat. Adélaïde et Farid avaient beau arguer du fait qu'eux pouvaient travailler sur leur ordinateur dans leur lit et que mon idée était un peu mince, je n'en démordais pas. Le blocage, c'est le blocage. Et puis, il y avait dans mon idée un petit quelque chose qui rappelait les bed-in de Lennon et Ono, qui me rapprochait, en solitaire, de leur lutte contre la guerre du Viêt-Nam, toute proportion gardée, évidemment.

Si jamais vous avez l'idée de laisser un commentaire, pensez à répondre à la question. Nous sommes en ce moment victime d'une attaque massive de spammeurs d'origine coréenne (apparemment). Merci

Bayrou veut causer
Bayrou et la fracture avec les Français

Des nouilles encore ?

Le feuilleton de l'été, c'est bien évidemment la chaîne YouTube de notre premier ministre d'exception.
Où en sommes-nous de cette aventure ? François va-t-il réussir le pari de devenir un influenceur célèbre ? Rien n'est moins sûr, les chiffres parlent d'eux-mêmes.
Nous avons donc, à ce jour, 8 vidéos publiées. Il me semble qu'il avait été annoncé que ce serait une par jour. Le nombre d'abonnés qui était monté à plus de 9000 est redescendu à 8430. La première vidéo du feuilleton estival est celle à établir le meilleur score en nombre de vues avec 129000. Elle est suivie sur le podium par la deuxième et ses seuls 38000 visionnages. La sixième et ses 27000 vues devance la quatrième (20000) et la septième (19000). Cependant, il n'est que six épisodes entrant directement dans le cadre du feuilleton pédagogique promis. Les deux vidéos hors cadre proposent une visite sur le terrain des incendies pour l'une et une visite en Charente-Maritime pour l'autre. Je ne peux rien vous dire du contenu de l'ensemble des vidéos.

J'ai lu que dans la sixième et dernière vidéo en date, le béarnais annonçait qu'il allait répondre aux commentaires (très nombreux et très amusants) laissés sur YouTube mais qu'il ne fera pas sur cette plateforme. D'autre part, il a prévenu qu'il ne répondra pas aux commentaires injurieux. Tient-il pour injurieux l'ensemble de ces commentaires qui l'incitent à la démission ? On ne le sait pas. Il est vrai que les personnes qui laissent des commentaires se défoulent et redoublent d'ingéniosité pour moquer ce pauvre homme un peu ridicule.

Les anciens étaient cons
Les nouilles cuisent

Déjà plus de six mille abonnés !

François Bayrou en passe de devenir le plus gros YouTubeur du monde ! Incroyable ! Fabuleux ! Merveilleux ! Gloire à Lui ! Cette fois, c'est sûr, il va éponger la dette de la France, remettre le pays en ordre de marche, guérir les écrouelles et faire revenir l'amour ! François Bayrou, futur président du monde libre !
bayrou-youtube

La gauche peut-elle nous sortir de la panade ?

C'est désormais une évidence, la fable du ruissellement ne fonctionne pas. En vérité, je n'y ai jamais cru, à cette histoire. Après, il faut comprendre les riches. Le serais-je que je verrais d'un mauvais œil l'idée un peu sotte de m'appauvrir. L'idée de Macron – mais il s'agissait certainement plus de nous faire prendre des vessies pour des lanternes qu'une idée – était qu'en aidant les riches à outrance, ceux-ci auraient un accès de générosité charitable incontrôlable et qu'ils se sentiraient d'assez humeur badine pour saupoudrer le bas peuple de quelque menue monnaie. Ils auraient pu imaginer un instant de créer des emplois en France, d'embaucher à des conditions très favorables et de faire le bonheur des bons et honnêtes travailleurs de notre beau pays. Jamais on aurait pu se douter que les cadeaux distribués iraient directement dans les poches des gentils actionnaires sous la forme de gras dividendes.
Il y a plus d'une décennie, pourtant, on aurait été en mesure de comprendre que le riche ne cherche qu'à devenir plus riche et qu'il n'a rien de l'idiot et généreux philanthrope. On l'a vu, par exemple, avec le Crédit Lyonnais qui a été sauvé de la faillite par le contribuable. On estime que le plan de sauvegarde aurait coûté à l'État la bagatelle de 14,7 milliards d'euros (812 euros par contribuable). Chose éminemment amusante, l'année qui a suivi ce sauvetage, la banque reversait presque au centime près la même somme à ses actionnaires.
Il y a une idée tenace dans la tête de nombreuses personnes, c'est celle qui prétend que nous aurions besoin des riches au motif qu'ils créeraient de la richesse et des emplois. Dans la vraie vie, les riches ne créent rien d'autre que de la spéculation. Lorsque le cours d'une action augmente, l'argent potentiel que l'action représente ne va pas à l'entreprise, il ne sert en rien à l'investissement ou à l'embauche de personnel. Je l'ai déjà dit, c'est une idée que l'on peut combattre, le riche ne pense à rien d'autre qu'à s'enrichir encore.

Et est-ce qu'il pourrait y avoir une solution pour sortir de cette idéologie libérale qui se donne pour mission de paupériser le plus grand nombre de personnes à travers le monde, de créer une oligarchie ? Alors, il y a la simplicité qui consiste à écouter la voix de celles et ceux qui ont (ou pas) d'ambitions politiques à gauche. Déjà, il faudrait définir ce qu'est la gauche. On a un peu de mal à continuer à voir le PS dans le camp de la gauche. Une gauche molle et compatible avec le libéralisme, oui, sans aucun doute, mais à gauche dans le modèle anti-capitaliste, certainement pas. Je n'ai pas trop de doute pour le (les) NPA et LO. Après, il y a LFI mais sans grande conviction de ma part et les écolos accompagnés des communistes. Ils ont un bon fond sur certains points.
Il y a une envie de faire l'union des gauches. Ça a été fait avec le NFP. Le souci, c'est que pour faire une union, il faut accepter le compromis. Je n'ai aucune oreille, aucun pouvoir. Pour ma part, je suis prêt à concéder certains points. Par exemple, je ne suis pas contre l'idée d'une certaine liberté d'entreprendre, que l'on puisse créer son entreprise et travailler dans le cadre du capitalisme. Un boulanger qui fait du profit, un artisan ou un commerçant qui gagne sa vie en faisant payer son savoir-faire ou le service qu'il rend, je suis d'accord. Par contre, je suis opposé à la spéculation boursière.
Ce que je pense sincèrement, c'est qu'un jour, et ça ne se fera pas sans heurts, le système se cassera la gueule, s'effondrera. Ça peut être dans très longtemps comme dans quelques années. L'heure semble être plus à la montée des dictatures, du ré-armement, à la préparation d'une nouvelle grande guerre bien mondialisée. Le capitalisme et la guerre, ça a toujours été une grande histoire d'amour. En France, on n'a même plus besoin de l'épouvantail du R-Haine pour craindre la survenue d'un état totalitaire. Dans moins de deux ans, nous serons peut-être bien les deux pieds dedans.
Mais peut-on miser sur l'éventualité d'une victoire d'un groupe de gauche unie pour nous sortir de tous les problèmes alors que ceux-ci sont liés à l'économie mondialisée ? À moins que la France se coupe du reste du monde un peu à la manière de la Corée du Nord, à moins que la France sorte de l'Europe (et ce serait très étonnant que ça arrange quoi que ce soit), notre pays est trop dépendant de cette économie mondialisée. Je doute que l'idée des gauches françaises soit de procéder à une rupture brutale avec tout ça.

Il n'y a pas trente-six solutions

Si le problème peut sembler insoluble, il ne l'est pas pour les décideurs les plus affûtés. Quel est le problème ? Il s'agit d'un problème d'injonctions contradictoires tout bête. D'un côté, on appelle la population à consommer moins et mieux, de privilégier le durable, le réparable, le local, le propre, l'écologique, le renouvelable. De l'autre, on croit en la politique de l'offre (contre celle de la demande) et on pense donc qu'il est nécessaire de faire consommer toujours plus. Afin de soutenir les entreprises, les emplois, l'économie et la croissance, il faut que l'on achète toujours plus et il faut donc que les entreprises produisent toujours plus pour satisfaire l'envie de consommer.
Ainsi, on incite à changer de véhicule pour un nouveau qui pollue moins, qui garantit une meilleure sécurité passive, qui est plus high tech, qui embarque de plus en plus d'électronique. On pousse à la transition numérique qui implique d'avoir des smartphones récents, des ordinateurs puissants. On oblige presque à faire installer des moyens de chauffage "écolos" comme les pompes à chaleur. On nous persuade qu'il est indispensable de se moderniser.
Et puis, il y a la question du budget de l'État. L'État, c'est nous, c'est l'ensemble des personnes rattachées d'une manière ou d'une autre à ce pays. L'État est censé gérer, prévoir, défendre, assurer le droit et la sécurité, l'éducation et la santé, organiser les infrastructures, la fourniture en énergie, les moyens de transport et les réseaux routiers, les communications, l'égalité entre tous dans tous les domaines. Bref, assurer le commun que l'on soit à Quimper ou à Mulhouse, à Toulon ou à Roubaix. Pour toutes les tâches qui incombent à l'État, il faut des finances. Pour ce faire, il y a l'impôt. Et il y a aussi les taxes dont la TVA.
Actuellement, l'idée est qu'il n'est pas question d'augmenter les impôts. C'est une question idéologique. L'impôt, c'est le mal. L'idée aussi, est qu'il faut faire des économies. L'État est fortement endetté et ça ne va pas. Il faut réduire les budgets, couper dans les dépenses. Pour autant, on prétend que l'on va continuer à faire (presque) autant avec moins. Tous, nous savons que nous ne ne sommes pas capables de faire autant avec dix euros qu'avec cent euros. C'est une chose que l'on comprend dès l'enfance.
Dès lors, puisqu'il est exclu de lever de nouveaux impôts ou d'augmenter l'assiette de ceux-ci, comment l'État peut-il s'y prendre pour construire un budget qui lui permette de voir venir ? Il y a des pistes. Moins d'impôts et plus de taxes, par exemple. C'est simple. On reparle d'une déjà vieille idée comme celle de la TVA sociale. L'État peut aussi choisir de se débarrasser de tout ce qui coûte trop en le confiant au privé. On récolte un peu de sous en vendant ces choses là et on en récolte encore en encaissant la TVA. Ainsi, on peut confier tout le secteur de la santé, des retraites, de la sécurité (encourager les polices municipales ou les sociétés de sécurité privées) aux acteurs du privé pour que des économies soient effectives. Détruire les services publics pour les remplacer par des entreprises privées qui seront libres d'appliquer les tarifs qu'elles souhaitent pour satisfaire l'appétit des actionnaires est une belle idée.
Une fois que cela est mis en place, les gens sont bien obligés de continuer à consommer leur électricité, de se faire soigner, de cotiser pour une hypothétique retraite. Les prix risquent bien de s'envoler mais il est des dépenses qui sont contraintes. On doit bien continuer à boire de l'eau, à consommer de l'électricité. Les gens ne consomment pas plus mais ils doivent dépenser plus et cela a pour principal intérêt qu'ils doivent faire le moins possible de bas de laine. Il faut faire cracher leur argent aux gens ! Après tout, l'économie n'est rien d'autre que la circulation des richesses, c'est un système un peu circulaire.
Je dis "un peu circulaire" parce qu'il y en a tout de même qui ne sont pas trop d'accord pour que l'argent tourne. Il y a les très très riches qui s'amusent juste à amasser. Leur argent est bloqué, ne sert à rien, ne sert à personne, ne sert pas à l'économie. Il est là juste question d'avoir de l'argent pour l'argent. C'est nul. Alors oui, j'en entends qui avancent que, tout de même, les ultra-riches achètent un yacht ou/et un jet privé, qu'ils se font bâtir des résidences incroyables, qu'ils boivent et mangent des vins exceptionnels et des mets rares et que tout ça mis bout à bout, ça génère bien des rentrées d'argent pour l'État via la TVA. Ce n'est pas faux mais reconnaissons que ces riches très riches arrivent nécessairement à un moment ou à un autre à un manque d'idées ou d'envies pour réussir à dépenser encore un peu plus pour le bien commun. Ces personnes manquent d'imagination. Par exemple, ils pourraient dépenser pour créer de nouveaux hôpitaux et payer les salaires de tout le personnel nécessaire à leur bon fonctionnement. Mais non, l'idée ne leur sied pas. Pour leur gueule, ils ont déjà assez d'actions dans les meilleures cliniques pour garantir les meilleurs soins de santé dont ils peuvent rêver. Les riches très riches ne sont pas altruistes et on ne peut pas les blâmer. S'ils l'avaient été, jamais ils ne seraient parvenus à devenir des riches très riches.
Il y a une certaine démesure que l'on a du mal à appréhender. Par exemple, le temps qu'une personne au SMIC gagne dix centimes d'euro, Bernard Arnault a empoché dix-sept mille euros[1]. C'est beaucoup plus. Et oui, ce très très riche a financé une partie de la reconstruction de la cathédrale que l'on sait. Je ne sais pas s'il était vraiment indispensable de la reconstruire, c'est un autre débat mais force est de reconnaître que ça n'entre pas directement dans le financement de l'État qui, normalement, devrait redistribuer une partie de son budget[2].
Puisqu'il n'est pas question de lever de nouveaux impôts ou d'en augmenter le taux ou l'assiette d'imposition, puisqu'il il exclu de prendre un peu d'argent à celles et ceux qui en ont plus qu'ils et elles savent en faire, il faut bien, à contrecœur bien sûr, piquer ce qui reste à grappiller aux plus pauvres et aux moins riches. Et parce que l'économie d'un pays est tout de même fort acoquiné avec les politiques qui ont le pouvoir à un moment donné, on comprend que, puisqu'il est tout de même avant tout question de préserver son électorat, de ne pas trop bousculer celui-ci. On se fout de déplaire à celles et ceux qui, quoi qu'on fasse, ne votera pas pour nous. Alors, faisons les poches de ceux qui n'idolâtrent pas les très très riches, qui peinent déjà un peu à boucler les fins de mois et qui peuvent survivre en se restreignant un peu plus.

Notes

[1] la Fortune de Bernard Arnault comparée

[2] sauf, bien sûr, dans un système libertarien qui implique que seules quelques questions vraiment régaliennes doivent être financées par l'État, État qui a pour vocation de disparaître totalement

Combattons la crise de la presse

De l’audace, toujours de l’audace, encore de l’audace !

Danton avait raison. Soyons audacieux et luttons contre la morosité ambiante qui plombe l'esprit d'entreprise. Ne faut-il pas être d'une folle audace pour lancer un nouveau titre de presse quand on entend que la presse va mal ? Bien sûr qui si et nous pouvons nous vanter d'être audacieux.
Nous, c'est l'équipe de HA! HA! HA! Éditions épaulée par celle du Périlgourdin. Rien que de vrais professionnels, rien que des passionnés de l'information sourcée et vérifiée, rien que des amoureux de la chose écrite.
Nous n'avons pas la chance d'avoir un milliardaire pour nous soutenir mais nous avons la liberté de nous exprimer sans avoir à rendre de compte à la phynance. Le premier numéro de La Feuille du Coing est paru le 1er avril parce qu'il n'est pas de meilleure date pour faire paraître un journal sérieux. Du moins, c'est ce que nous nous sommes dits lors de la tenue de la réunion de rédaction.
Ce numéro a connu une large diffusion partout dans le département (mais tout de même plutôt dans les limites de la commune de Thenon). Pour celles et ceux qui n'auraient pas eu la possibilité de se procurer ce premier numéro, nous proposons de le télécharger ici (sans supplément de prix).

Contre l'archéologie préventive

A Thenon, avant la bifurcation vers Ajat, existe un projet qui devrait permettre à une ou plusieurs entreprises de s'implanter sur un terrain de quelques milliers de mètres carrés. Ce projet est soutenu par la communauté de communes.
La France a ratifié la convention européenne pour la protection du patrimoine archéologique et s'engage à mettre en œuvre les moyens nécessaires à cette protection. Cela implique qu'il y ait un diagnostic établi avant tout travaux. Que vous soyez un particulier, un service public, une entreprise privée ou un établissement public, vous devez respecter la loi. C'est comme ça.

La communauté de commune dont fait partie Thenon est présidée par M. Dominique Bousquet, conseiller départemental. Francine Bourra est élue avec M. Bousquet comme conseillère départementale. Ces deux élus clament leur détestation de l'obligation qui est faite aux initiateurs de ce projet d'implantation de se plier à la loi. Francine Bourra a écrit au ministre de l'industrie Marc Ferracci afin qu'il intercède en sa faveur et qu'il permette que l'on passe outre la loi.
L'argument est que le canton a été durement touché par le dernier plan social des Papeteries de Condat et que le projet d'implantation de Thenon pourrait permettre de procurer des emplois.
Ça, c'est le contexte brossé rapidement avec sans doute quelques approximations vu que l'on n'en sait pas beaucoup plus ni sur le projet ni sur ce qu'a pu donner le diagnostic archéologique.

La colère de ces élus est alimentée par le coût que pourrait avoir un programme de fouille préventive et le retard que cela pourrait engendrer. Pour faire pencher l'opinion populaire de leur côté, on met en avant les emplois potentiels. Combien ? Quels emplois ? Pour qui ? Mystère. Des emplois. Il en va de la "dynamisation des territoires". Bien.
On peut comprendre la frustration des élus. La vie n'est que frustrations. Tenez, là, à l'instant, j'aurais bien envie d'un gros gâteau à la crème. Je n'en ai pas, je suis frustré. Je n'écris pas au ministre pour autant. On comprend moins que ces élus veuillent enfreindre la loi et encore-encore moins qu'ils se laissent aller au populisme.
S'il y a des chômeurs, s'il n'y a pas de boulot, c'est la faute à l'archéologie, à l'Europe, à l'État. Pas à nous, élus locaux, qui avons tout fait pour que une ou des (on ne sait pas) entreprise(s) s'implantent à Thenon. C'est du populisme. De ce beau populisme qui vous fait monter la grogne contre la science, les institutions, les lois et le vote pour l'extrême-droite au passage.

Alors oui, ça va prendre un peu de temps et coûter un peu d'argent. Mais, tout de même, soyons sérieux, ce n'est pas comme si la Dordogne vivait sur son tourisme, sur sa préhistoire, sur son histoire. Imaginons un instant une fiction qui ferait que des salopards d'archéologues mettent à jour une cavité ornée plus belle que Lascaux ou Chauvet. Ah là… Évidemment, ce serait une autre affaire. Thenon attirerait enfin les touristes, il. y aurait des hôtels, des restaurants, des boutiques de souvenir.
Il est probable, puisque l'on aperçoit déjà des tranchées de diagnostic comblées, que l'on a trouvé des signes d'occupation. En Dordogne, ce n'est pas rare. Possible que l'on aille un peu plus loin, que l'on fouille, que l'on recense et préserve des traces du passé. Peut-être que le projet sera repoussé. Peut-être qu'il sera même abandonné. Je me dis que ce projet rencontrera les mêmes obstacles ailleurs et que toute cette histoire n'est rien de plus qu'un coup politique chargé de se faire mousser par la population. Voyez bien qu'on fait des trucs mais qu'on nous met des bâtons dans les roues !

Ben moi, ça m'agace.

Vivre sans Coca Cola ?

Donc, les États-Unis d'Amérique ne sont plus nos amis. C'était annoncé, c'était attendu, le trumpisme est bien une forme de fascisme qui lorgne ouvertement vers le nazisme. Il a fallu attendre que Trump humilie Zelensky pour que l'on se rende compte du fait. Il ne faut plus rien attendre des États-Unis d'Amérique.
Alors, il faut résister et combattre. Déjà, les ventes de Tesla chutent. On ne veut plus cautionner Musk en lui achetant ses voitures. C'est bien mais peut-on faire mieux ? Ne plus aller chez Mc Donald, ne plus acheter de Coca Cola, ça ne va pas m'être difficile. Ne pas acheter de Harley-Davidson ou de grosse voiture américaine, je dois pouvoir le faire sans trop de souci. Je regarde autour de moi et je vois que j'ai un briquet Zippo, un ordinateur Apple, un iPhone de la même marque, une bouteille de Jack Daniels (vide), un vieil appareil photo Kodak. Bien sûr, j'ai aussi des romans écrits par des auteurs et autrices américains, de la musique américaine, des films américains. Évidemment, j'ai un "style" vestimentaire légèrement marqué par le soft power américain. Je ne porte pratiquement que des jeans, mes lunettes sont des Ray-Ban[1]. Disons que je suis plus influencé par les États-Unis d'Amérique que par les autres pays. C'est insidieux, ça se cache dans des petits détails dont je n'ai même pas conscience. C'est un habitus légèrement inconscient.

Là où je pourrais faire des efforts si je voulais boycotter les produits américains, ce serait de me passer de Apple. Je n'utilise plus les produits de chez Adobe depuis plusieurs années, je fuis tout ce qui est de près ou de loin lié à Microsoft.
La solution serait un PC sur lequel j'installerais un Linux. J'utilise déjà plusieurs logiciels libres. Il faudrait alors me passer de la suite Affinity qui remplace les logiciels Adobe chez moi. GIMP, Inkscape, Krita et Scribus sont sensés le permettre. A l'avenir, je me dirigerai peut-être vers cette solution. Ce n'est pas pour tout de suite.

Cela ne permettra pas à l'Ukraine de remporter la guerre contre Poutine. Ça n'évitera pas la montée des idées d'extrême droite en France, en Europe. Pour Azerat, c'est perdu. Pour mémoire, au deuxième tour des législatives de 2024, la candidate RN a obtenu 50,39% des voix. Je me console en notant qu'à Thenon, la même candidate a été choisie à 56,51% des voix. Bon.
De nombreux titres de presse ont choisi la voie du libéralisme et de son acolyte le fascisme. Par exemple, je vois dans la version en ligne de Sud-Ouest que sans les USA, l'Europe devrait mobiliser 300000 personnes pour défendre l'Ukraine. Il faut décortiquer un peu pour comprendre que ces centaines de milliers de personnes ne seraient pas mobilisées que pour l'Ukraine mais pour la défense de l'Europe face aux risques de conflit en général. Le journal fait état des armes et les infrastructures fournies par les USA. Par exemple le système Starlink de Musk. Ce journal parle du désaccord apparu entre Zelensky et Trump mais n'analyse pas beaucoup l'objectif soutien de ce Trump vers Poutine dans ce conflit. Bien plus qu'un simple désengagement des USA dans ce conflit, c'est bien un revirement en faveur des Russes qu'opère Trump.

Trump l'a affirmé, en l'élisant le peuple américain n'aura plus jamais besoin de voter. L'Histoire n'est pas écrite mais on peut entrevoir la naissance d'un état fédéral fasciste au goût nazi de l'autre côté de l'océan Atlantique. De notre côté de l'océan, les extrêmes droites montent aussi et on peut prétendre que c'est une source d'inquiétude. On peut se demander ce qui se passera dans les quelques années à venir. A n'en pas douter, si les partis d'extrême-droite arrivent au pouvoir, il y aura un rapprochement avec les USA et avec la Russie.
L'idéologie libérale de Trump, de Musk, de Macron, ce n'est pas de faire de la politique mais de faire du fric, du commerce. Alors, consommons et taisons-nous. Be quiet, comme on dit.

Note

[1] mais la marque a été rachetée par les Luxottica, une entreprise italienne

Macron reste populaire

Selon ce que l'on m'a reporté, avec 21% de satisfaits Macron atteint là son plus beau record d'impopularité depuis 2017 parvenant même à dépasser celui enregistré lors de l'épisode des Gilets jaunes. Nous ne pouvons que l'encourager à continuer sur cette voie et lui souhaitons de bientôt découvrir les abysses insondables. Bravo Manu !

Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste

Le 27 janvier 1945, l'Armée rouge libère les camps de Auschwitz I et Auschwitz II-Birkenau. Plus d'un million de personnes sont mortes dans ces camps et il n'en reste qu'environ sept mille lorsque le camp est libéré. C'était il y a quatre-vingts ans.
Samedi soir, j'ai revu "La liste de Schindler", le film de Steven Spielberg. Il y a cette phrase tirée du Talmud, vers la fin du film, prononcée par Itzhak Stern interprété par Ben Kingsley : « Quiconque sauve une vie, sauve le monde entier » qui, à chaque fois, me fait monter les larmes aux yeux. Ce n'est pas que la phrase, c'est le contexte, c'est la musique, c'est la mise en scène, c'est Spielberg, c'est le cinéma. Un grand film.
Ce film a un peu plus de trente ans. A l'époque, pas d'Internet, pas de réseaux sociaux. Aujourd'hui, le nazisme (ou du moins ses idées) reviennent et on ne s'en offusque même plus. C'est du passé, c'est vieux. Aujourd'hui, il y a l'homme le plus riche du monde, allié de l'homme le plus puissant du monde à la tête du pays le plus puissant du monde qui fait un salut nazi en public, que l'on peut voir à la télé, sur Internet, au sujet duquel on écrit dans les journaux et qui n'émeut pas grand monde. On excuse presque le geste au motif que, ah ! oui mais… Non, faut voir. Non, bien sûr que non il n'est pas nazi. C'est un geste malheureux, peut-être bien un salut romain. Et puis, vous savez, il est "sans filtre", il est comme ça. En plus, il est autiste.
On voit la tentation d'établir des gouvernements autoritaires un peu partout à la surface du globe. On voit les partis d'extrême droite monter, se banaliser. Et bon, c'est la vie, ça passera. On entend un ministre d'un gouvernement soi-disant "centriste" proférer des paroles qui fleurent bon l'extrême droite et qui ne dérangent plus grand monde. On constate la dérive autoritaire d'un président de la République, on note qu'il n'est plus nécessaire d'aller exprimer son opinion dans les urnes lorsque l'on nous le propose gentiment. On sait qu'il est désormais risqué de manifester pacifiquement, on a conscience que la majorité des organes de presse sont aux mains de personnes qui défendent les idées néo-libérales et que les lignes éditoriales vont dans le sens de ces patrons de presse. Mais ça va, faut pas s'en faire, faut pas exagérer.

Le quarante-septième président des États-Unis d'Amérique est élu sur un programme ouvertement fasciste et tout ou presque de ce qui compte dans les grands entrepreneurs des industries technologiques vient sagement se ranger à ses côtés. Il convient d'assurer ses arrières et de serrer les fesses. Le patron d'Apple donne des gages en assurant qu'il allait produire sur le territoire américain et en refilant personnellement un million de dollars au président. Tout va bien on vous dit. Il n'y a pas le moindre signe d'une montée du fascisme dans ce grand pays.
A la cérémonie d'investiture de ce président américain, on pouvait voir un riche français, grand ami de notre président. Voir dans cela une preuve de l'allégeance de ce riche français aux idées quasi nazis de l'équipe présidentielle des USA est sans doute exagéré. Ou peut-être pas, après tout. Oui parce que, après tout, il n'est pas impossible qu'au-delà des idées bassement politiques et idéologiques, il n'y ait que l'idée du pognon. Le fric, c'est un truc hyper important dans nos sociétés. Je ne connais pas un pauvre qui refuserait plus de flouze.
Un autre point qui me crispe un peu, c'est le traitement médiatique du procès de cet ancien président de la République française suspecté d'avoir bénéficié d'argent libyen pour financer sa campagne. Certainement que ce n'est pas un sujet qui intéresse le peuple. Tout de même. Il m'arrive de parcourir le site du journal bordelais et d'y découvrir ce qui mérite, à leur sens, d'être relayé en priorité. Du fait divers, beaucoup, un peu de politique d'actualité, pas mal de sport, quelques bricoles sur la culture régionale (patrimoine, gastronomie, vins…), de l'actu locale et rien ou presque sur cette affaire de financement de campagne. Mais bon. Ça n'a rien à voir avec le sujet du jour.

Ce qui monte en puissance, ce n'est pas le nazisme ou le fascisme des années trente du siècle précédent. On ne va pas avoir de moustachu énervé, pas de camps d'extermination. Par contre, les déportations ou déplacements de populations, ça, c'est bien envisageable. Déjà, il est proposé, pour régler la question du conflit entre l'état d'Israël et les palestiniens, d'envoyer ces derniers vers l'Égypte. De notre côté, on accepte que la mer Méditerranée engloutisse des masses de personnes. Et puis, on paie pour que les migrants n'atteignent pas nos côtes. On a le racisme facile.
Petit à petit, les démocraties et les libertés tombent partout de par le vaste monde. On sent depuis des années monter l'envie d'un nouveau conflit d'ampleur mondiale. Avec le désengagement des USA, on sent naître le besoin de réarmement en Europe. On imagine qu'il sera compliqué d'empêcher la Russie de faire ce qu'elle veut. Au moins pire, il y aura un repli sur soi, ne pas regarder ce qui se passe hors de nos frontières.

Il y a quatre-vingts ans, les camps d'extermination d'Auschwitz étaient libérés. Il ne reste plus beaucoup de survivants et il est à craindre que la mémoire s'éteindra.

Tous les culs ne se valent pas

J'étais bien parti pour ne pas commettre de billet aujourd'hui. Il a fallu qu'une précision de Gérard Larcher, président du Sénat, à propos de "l'affaire" du fauteuil survienne pour que je change d'avis.
Il y a quelques jours de cela, le Canard enchaîné révèle que Gérard Larcher aurait choisi un nouveau fauteuil pour son illustre postérieur, l'ancien étant par trop détérioré. Ne trouvant rien à son goût dans ce qui lui est proposé par le Mobilier national, il demande que l'on lui en conçoive un à même de le satisfaire. Jusque là, pas grand chose à redire.
L'hebdomadaire satirique prétend que ce fauteuil aurait coûter coûté 40000 euros. Pour moi comme pour d'autres, la somme paraît bien importante. Je n'ai pas de fauteuil et je pense, bien que je ne me sois jamais posé la question, n'avoir pas l'idée d'acquérir un tel siège à ce prix. Si j'avais la place et l'envie, je choisirais peut-être un bon gros fauteuil bien confortable du genre "club" mais jamais je n'y investirais plus de quelques centaines d'euros.
Ce matin, Gérard Larcher tient à préciser que, en fait, le fauteuil n'aurait coûter coûté "que" 32000 euros. Il me semble étonnant qu'en faisant cette précision on puisse imaginer éteindre l'aspect démesuré du prix du fauteuil. Après, bien sûr, j'ai conscience d'avoir un cul très banal qui ne mérite pas beaucoup mieux qu'un contact avec le bois un peu rude d'une chaise tout aussi banale. J'ai plusieurs chaises et je m'aperçois que j'ai choisi la plus banale d'entre-elles. C'est une sale chaise achetée il y a une trentaine d'années dans une brocante à vil prix. Je suis un petit, un sans grade, un vulgaire quidam sans responsabilité. Je le sais et m'en accommode. Pour une personne du bas peuple comme je le suis, il peut apparaître dispendieux et ridicule d'avoir besoin d'un siège aussi cher. Cependant, il faut se mettre à la place de ces êtres d'exception qui passent des milliers d'heures avec nulle autre solution que d'avoir à poser son cul quelque part. Il doit être nécessaire de le choyer, son postérieur, de lui offrir le meilleur. Qui suis-je pour juger ce qui m'est trop étranger, trop éloigné ? Il se trouverait que j'aurais un poste à responsabilité que je comprendrais sans doute le besoin de prendre soin de mon fondement. Jusque là, je ferais bien de me taire.

Jour d'allégresse

Il arrive parfois que l'actualité soit source de joie. Aujourd'hui, j'apprends la mort de le Pen et je sens que je ne vais pas le pleurer. Je regrette qu'elle ne soit pas survenue beaucoup plus tôt et j'ai bien conscience que ça ne va pas beaucoup influer sur la vie politique de la France.

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