
Faut-il nourrir la démocratie ?

Un blog qui blogue de temps en temps

1300 manifestants annoncés hier matin pour dénoncer l'extrême droite à Périgueux. J'ai croisé des personnes venues du sud du département, plus loin que Sarlat. 1300 personnes ou même 1500 selon certaines sources, c'est à la fois déjà pas mal de monde mais c'est aussi très peu.
On a défilé sur les boulevards, on a chanté et crié, on a brandi des pancartes, on a rigolé, on s'est offusqué, on a écouté des déclarations et puis on est rentré chez soi. Comme on pouvait s'y attendre, c'était surtout l'occasion pour les gens de gauche de se retrouver, de se compter. Comme attendu, les personnes de droite ou du centre n'étaient pas particulièrement présentes. Bon.
Derrière tout ça, il y a les élections législatives qui approchent, la constitution du Nouveau Front populaire et l'espoir de deux victoires en une. Prendre le pouvoir et battre le RN. Ce n'est pas gagné. Toutes les composantes de la gauche étaient représentées. Les partis politiques, des syndicats (pas tous), des associations. On se réjouissait d'une belle participation des jeunes autant que de la présence des plus vieux.
Mais voilà. On peut espérer, on peut y croire, on peut en rêver mais c'est loin d'être gagné. Je me refuse à être optimiste. L'optimisme, c'est souvent ce qui précède la déception, la désillusion. Je ne suis pas optimiste et j'estime avoir de bonnes raisons pour ne pas l'être dans le cas présent.




Tandis que Macron, ses sbires et sa clique s'acharnent à faire en sorte que l'extrême droite raciste prenne le pouvoir, pendant que les macronistes envahissent les plateaux de télévision et les studios des radios pour dire tout le mal qu'ils pensent de la France insoumise, organisation dangereuse et éloignée des principes élémentaires de la République, pour dire, aussi, comment eux seuls (les macronistes) peuvent représenter la seule voie envisageable pour que tout continue à aller bien dans ce pays, alors que Macron, Attal et les autres crétins clarifient leurs opinions en montrant qu'ils préfèrent le Rassemblement national à une coalition de gauche, il existe des personnes qui bricolent dans leur garage.
Ainsi Jean-Bertrand qui, avec l'idée de faire de substantielles économies, décide de construire sa motocyclette à partir d'éléments disparates puisés çà et là au petit bonheur la chance.
Las ! Jean-Bertrand n'est pas un bon bricoleur et n'a que quelques vagues notions en mécanique. Nous le voyons sur l'illustration ci-après insérée lors du tout premier essai de sa monture motorisée et on constate des soucis de serrage de boulons évidents. Tout fout le camp, rien ne tient, mais ce n'est que partie remise. Quoi qu'il en soit, nous saluons Jean-Bertrand et le félicitons pour son acharnement à rouler en deux roues motorisé.


Collectif de vigilance et de lutte contre les extrêmes droites en Dordogne
C'est aujourd'hui que nous sommes invités à voter. Il y a le choix. On a du raciste d'extrême droite, du racisme d'extrême droite, du racisme d'extrême droite, du racisme d'extrême droite, des cons, des salauds, des crétins et quelques candidats de gauche (en clair, la France insoumise, le NPA révolutionnaire et Force Lutte[1] ouvrière). Ah ! Oui ! On a aussi le PCF qui, lui, a décidé de cumuler. En plus d'être possiblement "de gauche" ils ont pioché dans la liste donnée avant ce qui leur colle le mieux. A vous de trouver ou de décider.
Dans la commune où je réside, il est bien probable que l'on joue une fois encore à montrer combien on est con au point de voter à l'extrême droite. Ça doit être une forme de tradition locale. Il s'en trouvera certains pour ne pas suivre le mouvement et j'en serai. Mais je ne suis pas là pour donner des consignes de vote.
Si je pense savoir quel est le bulletin que je glisserai dans l'urne, si je suis certain de ceux que j'écarte d'office, je ne vais pas raconter que je vais voter avec enthousiasme. Je vote parce que, ma foi, après tout, pour une fois que l'on me demande mon avis, et ceci même si j'ai conscience que je n'ai pas de poids et que cette élection ne changera rien de fondamental dans la politique libérale et capitaliste en œuvre depuis longtemps, je vote parce que je me dis que je dois, à mon humble niveau, contrer l'extrême droite, la droite, la macronie.
Je ne donne pas de consigne de vote et pourtant j'ai presque envie de vous appeler à voter pour qui vous voudrez sauf pour la candidate macroniste. Ne pas voter à droite serait encore mieux à mon avis mais déjà, ne pas voter macroniste, ce n'est pas si mal.
Pour illustrer un peu ce billet, j'ai usé d'une IA génératrice d'images encore gratuite pour quelque temps. D'ici peu, ce sera payant et je ne mettrai pas un centime dans ce truc. Je reviendrai sans doute sur ce sujet bientôt.

[1] quel sot je suis
Sauf à être militant, sauf à avoir un avis, sauf à avoir des idées, il est probable que les prochaines élections européennes, vous n'en avez rien à faire. Parce que l'on vous bourre le mou en vous disant combien ces élections sont importantes et combien il est nécessaire d'aller voter, que c'est là un devoir citoyen, que c'est l'enjeu de la démocratie qui est mis sur la table, vous avez peut-être l'intention, en traînant des pieds, d'aller jusqu'au bureau de vote qui vous est assigné pour faire votre devoir. Seulement, vous avez beau réfléchir, vous ne savez pas pour qui voter. Dans le fond, vous vous dîtes que vous n'avez de préférence pour aucune des listes en présence et vous êtes bien embêté.
Vous pourriez voter blanc mais vous savez que ça ne sert pas à grand chose. Si on prend le temps de réfléchir un peu, à force de nous dire que notre voix est importante, on pourrait se dire que ce qui est important a une valeur et que vous pourriez monnayer votre devoir de citoyen. Si, dans votre entourage, vous connaissez une personne qui compte bien ne pas se déplacer pour aller voter, vous pouvez sans doute prendre une procuration et voter deux fois.
Combien vaut notre voix ? Je suppose que selon ce que disent les sondages, une liste bien placée rechignera à payer quand une liste qui ne parvient pas à décoller sera disposée à gonfler un peu son score pour quelques dizaines d'euros. Il me semble qu'il est correct de partir sur une base d'une bonne centaine d'euros pour un bulletin glissé dans l'urne. A moins, ce n'est pas cher payé.
Si l'on ne sait pas pour qui voter, si on est indécis, on peut avoir un semblant de conscience politique et avoir une mince préférence pour quelques idées. Ainsi, une personne plutôt réceptive aux idées de droite pourra demander plus d'argent pour un vote de gauche et inversement, une personne mollement de gauche ne vendra son vote à un parti d'extrême-droite que contre une belle somme.
L'idée serait de monter une plate-forme internet (c'est à la mode) qui permettrait de mettre en rapport les vendeurs de vote et les acheteurs. Les concepteurs de cette plate-forme prélèveraient une petite somme sur les transactions et ce serait win-win comme on le dit dans les milieux autorisés et branchés.
Les achats de votes ont déjà été expérimentés (par exemple par Serge Dassault à Corbeil-Essones). Cette précision pour faire fermer leur caquet aux personnes qui s'étranglent d'indignation à cette idée. Gagner un peu d'argent, pour les plus pauvres, ce n'est pas anodin. Et puis, une fois encore, si on n'a pas de préférence, autant que sa voix serve à quelque chose.
Je me tiens disposé à étudier toute proposition.

Sauf à vivre dans une fort, fort lointaine galaxie dans un autre espace-temps, ou, pour le moins, loin des petites actualités françaises sans grande importance, vous ne pouvez pas ignorer totalement l'affaire de l'humoriste Guillaume Meurice et de la direction de France Inter, radio du groupe Radio France.
Pour les quelques personnes qui ne sont pas au courant, qui n'écoutent pas cette radio, qui ne lisent pas les journaux, qui refusent l'actualité, Guillaume Meurice a fait une blague, en octobre dernier, à quelques jours de Halloween. Dans cette blague, il assimilait Benyamin Netanyahou à une "sorte de nazi sans prépuce". Soudain, les accusations d'antisémitisme fusèrent de toute part. Par la suite, il a été convoqué par les services de police et il a dû expliquer sa blague. Le procureur saisi de l'affaire l'a classée sans suite. Fin du premier acte.
Deuxième acte. Dans l'émission "Le grand dimanche soir" où il officie en tant qu'humoriste, Guillaume Meurice remet une pièce dans la machine en racontant que la plainte portée contre lui a été officiellement été classée sans suite et que donc, il a le droit de dire que Benyamin Netanyahou est un nazi sans prépuce.
Là, la direction de France Inter convoque Guillaume Meurice qui est mis à pied en attendant de possibles sanctions.
Bon. Nous en sommes là. Guillaume Meurice a écrit un livre qui se vend bien et retrace cette histoire. On peut ne pas apprécier Guillaume Meurice, ne pas goûter son humour, le considérer comme "trop de gauche" ou "pas impartial" ou "pas drôle". On peut juger sa blague comme "mauvaise", "nulle", "à chier". On a surtout le droit de ne pas l'écouter.
Je ne pense pas qu'il soit bon que soit instituée une police de l'humour. Individuellement, nous avons tous le droit d'apprécier l'humour d'autrui à la lumière de ses idées, de sa culture, de son éducation, de son histoire. L'humour n'est pas universel. Lorsque l'on fait de l'humour sa profession, on sait que l'on ne peut pas être bon à chaque fois. Lorsque l'on fait de l'humour en lien avec l'actualité (c'est le cas dans l'affaire présente), on sait qu'il n'est pas toujours simple de trouver matière à rigoler. La question n'est pas de savoir si la blague de Guillaume Meurice est bonne ou mauvaise. C'est à chacun de voir. Même, je comprends que l'on puisse être choqué. Bon. Maintenant, il y a le contexte. Benyamin Netanyahou est le Premier ministre de l'état d'Israël comme Gabriel Attal l'est de la France. La chronique de Guillaume Meurice et sa blague visaient le chef d'état et son action vis-à-vis de la Palestine. Sur ce point, on peut penser ce que l'on veut (on peut même ne pas penser). Guillaume Meurice pense ce qu'il pense et il le fait savoir. Il condamne l'attitude d'Israël. Il est peut-être bon de préciser ici que certaines organisations (Nations unies, Fédération internationale pour les droits humains, Cour internationale de justice ou encore l'Afrique du sud) parlent de génocide contre le peuple palestinien. A ce que j'ai pu entendre, personne ne prend la défense du Hamas (qui a tué plus de mille Israéliens lors de l'attaque du 7 octobre 2023.
Faire le parallèle entre nazi et absence de prépuce, c'est dire que Netanyahou est juif (c'est probable), qu'il est circoncis (ce n'est pas impossible) et qu'il agit comme les nazis l'ont fait en leur temps. Si on simplifie, c'est dire que juif=nazi. Forcément, ça crispe les esprits.
Maintenant, peut-on critiquer Israël sans être antisémite (ou plutôt contre les Juifs) ? Selon moi, oui. Peut-on faire de l'humour contre le Premier ministre de l'état d'Israël ? Pour moi, oui aussi. Peut-on dénoncer Israël pour défendre les Palestiniens ? Pourquoi pas. Peut-on être provocateur dans une émission radiophonique a succès qui est appréciée justement pour son ton ? Bien sûr.
Dans les années 80, dans le sillage de Hara-Kiri, Jean-Marie Gourio et Philippe Vuillemin sortent "Hitler=SS". Les deux auteurs sont accusés de racisme, d'antisémitisme et la bande dessinée est interdite (de vente aux mineurs et d'exposition). Ils sont jugés coupables. Que l'humour de Gourio et Vuillemin soit notoirement de mauvais goût, cela ne fait pas l'ombre d'un doute. Que cette bande-dessinée soit un plaidoyer pour le nazisme et une incitation à la haine contre les Juifs, certainement pas. Je l'ai lue, cette BD. D'abord dans les pages de Hara-Kiri et, plus tard, en album. Bien sûr que c'est crade, bien sûr que c'est outrancier, bien sûr que c'est de l'humour noir ! Evidemment et bien entendu et heureusement. Est-ce que cette BD nie l'holocauste, la Shoah, le génocide et les six millions de Juifs assassinés par les nazis ? Non. Est-ce qu'elle glorifie cela ? Non. Est-ce qu'elle excuse tout ça ? Non.
La vraie question est à présent de décider s'il est bon pour la société d'interdire certaines formes d'humour. On peut soutenir que tout humour qui risque de déplaire à un individu ou à un groupe humain, de stigmatiser, de se moquer est susceptible de créer mécontentement et colère et que cela peut nuire au calme auquel tout un chacun aspire. Une charte de l'humour de bon goût, validée par les instances supérieures, contrôlée par une assemblée constituée de personnes issues de la diversité culturelle, ethnique, confessionnelle, philosophique (…) pourrait être rédigée. Chaque candidat à la profession d'humoriste devrait s'engager à respecter cette charte et la société serait plus sereine. Ce serait bien.

Je ne me suis pas astreint à creuser cette affaire qui, malgré mes efforts pour ne pas suivre l'actualité, est arrivée jusqu'à moi au hasard de quelque écoute radiophonique ou de quelque lecture journalistique de haute volée. Je parle là de ce couple qui a défrayé la chronique avec leur "je ne contracte pas" lancé à des gendarmes qui entendaient effectuer un contrôle d'alcoolémie. C'est du moins ce que j'ai retenu de l'affaire.
Apparemment, ce mouvement en lien avec le complotisme serait né aux États-Unis d'Amérique dans les années 70 et serait appelé par là-bas Sovereign citizen movement. Ce serait arrivé en France à la faveur de la crise de la COVID-19, des confinements, des campagnes de vaccination. L'idée du mouvement serait que ces citoyens éclairés (pour ne pas dire allumés) savent bien qu'ils ont leur libre arbitre et qu'ils n'ont aucun compte à rendre à quelque autorité qui soit, politique, policière ou judiciaire. En fait, ils sont persuadés que l'État (pour faire simple) serait une sorte de société privée et que l'on peut refuser de signer une forme de contrat avec lui. Ainsi, en refusant ce contrat, ils ne sont obligés de rien en terme d'obligation légale.
Comme ça, de prime abord, on peut sourire de ces crétins et considérer qu'il n'y a rien de bien grave. Maintenant que cette histoire est arrivée dans les média avec ce couple refusant de se soumettre à un contrôle, je pense mieux comprendre les propos de certaines personnes que j'ai pu croiser lors de cette crise du COVID-19. Particulièrement, je me souviens d'une personne qui faisait (ou fait toujours ?) partie d'un groupe d'opposants à la vaccination et au confinement, qui tenait des propos assez incohérents et qui m'avait demandé de travailler gratuitement à la mise en pages de documents et à la réalisation d'un site ou d'un blog. J'avais refusé en indiquant que je ne partageais pas ses idées et il m'avait été répondu que je devais reprendre ma liberté face au pouvoir.
De même, lors des manifestations contre la réforme des retraites, à Périgueux, il m'est arrivé à plusieurs reprises de croiser une femme qui portait une pancarte couverte de propos assez obscurs. Je pense aujourd'hui être un peu plus en mesure de comprendre le fond de sa pensée (?). Elle faisait l'amalgame entre tout et n'importe quoi, les retraites et la vaccination, entre autres.
Je ne sais pas ce qu'il en est en France, quelle est l'ampleur de ce mouvement complotiste, mais il paraît qu'aux États-Unis d'Amérique, certains membres de ces Citoyens souverains refuseraient d'assurer leurs véhicules (entre autres choses). Imaginons un instant que je sois victime d'un accrochage avec l'un ou l'une de ces Citoyens souverains là et que ça occasionne quelques tracas administratifs. Et ça, c'est pour le cas le plus banal, le moins grave.
Cela me fait penser à un mouvement dont j'ai oublié le nom qui, dans les années 80 et 90, proposait aux travailleurs indépendants, artisans, commerçants, de refuser de payer leurs cotisations à l'URSSAF et proclamait qu'ils étaient forts et qu'ils allaient faire plier le système. Dans mon souvenir, ça ne s'est pas passé comme souhaité. Je vois là une certaine similitude avec l'affaire du couple refusant de contracter.
Je vois qu'il existe un site Citoyens souverains qui se présente comme "Collectif écosocialiste, féministe, antiraciste pour la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, pour le RIC, et un moratoire sur la dette". Il ne me semble pas évident qu'il y ait un rapport avec le sujet du jour.
en savoir plus
À lire sur le site du Nouvel Obs

Les Français sont amusants. Ils se pensent supérieurs à tous, s'imaginent une gloire sans nulle autre pareille, s'estiment phares de la pensée universelle, se racontent que leur gastronomie est la meilleure, voient leurs paysages, leurs monuments, leurs châteaux, leur histoire comme autant de merveilles que le reste du monde leur envie, persistent malgré les classements internationaux et les chiffres à se croire intelligents, glorifient leur langue pour mieux refuser d'en parler d'autres et ne comprennent pas que, tout autour de leurs frontières, on rit d'eux.
Le Français n'est jamais content. Il conteste, il revendique, il proteste, il se met en grève pour un oui et pour un non, il accuse les autres d'être à la source de ses malheurs et, pendant ce temps, alors que le monde avance, il recule. Le Français est un éternel reliquat du passé. Il ne sait pas vivre dans le présent, est incapable de penser l'avenir et se réfugie dans un passé fantasmé. Il est un peu pitoyable, si vous me permettez l'expression.
Le Français a ses valeurs bien à lui. Le vin, le fromage et le cassoulet. Il n'aime pas la réussite, est presque inquiet lors d'une victoire sportive, vit dans la crainte des mauvais jours, se rue sur les rouleaux de papier toilette à la moindre alerte, vitupère contre ceux qui gagnent, les riches. Le Français vit dans un monde clos. Ce qui est hors de ses limites territoriales n'existe pas. Il vit dans un monde imaginaire forgé de traditions qu'il croit millénaires. Il se dit que la France a su gagner des guerres et que l'ensemble des pays étrangers doivent bien comprendre qu'il ne fait pas bon s'attaquer à un puissant pays comme le sien, le meilleur, le plus beau, le plus fort. Il se persuade avoir encore de l'influence sur le reste du monde et est prompt au cocorico qui fait si bien sourire à l'extérieur. Pour tout dire, le Français est "has been". On ne peut pas être et avoir été et, si jamais la France a été grande un jour, ce n'est aujourd'hui qu'un pays en pleine décrépitude perdu dans une Europe qui patauge.
Et pourtant, il suffirait d'un peu de vision, d'un poil d'optimisme, d'une pincée d'intelligence supplémentaire pour que le Français perçoive la réalité et, surtout, la chance qu'il a. Par exemple, l'inflation. Il ne se passe pas un jour sans que l'on entende l'un ou l'autre de ces Français se plaindre (ça, il sait faire) de l'inflation. Et les prix qui s'envolent, et les fins de mois de plus en plus difficiles, et les repas que l'on doit sauter, et le prix de l'immobilier, la difficulté à trouver où se loger, le prix du carburant. Il accuse ses dirigeants, les dit incapables quand il ne les dit pas à la solde des plus riches, est contre les réformes. Il les a élus, il les a voulus, il les a eus, pourtant, ces dirigeants politiques.
Pour autant que je m'en souvienne, Emmanuel Macron a été choisi, voire plébiscité, sans que les électeurs et électrices soient menacés d'une arme dans l'isoloir. Le programme n'a jamais été caché, ce qu'il a fait, c'est peu ou prou ce qu'il avait dit qu'il allait faire. Le peuple de France n'a pas été pris en traitre et le passage d'Emmanuel Macron lors du quinquennat de François Hollande montrait bien la direction que celui-ci souhaitait pour le pays. Alors, que certains Français soient fâchés et auraient souhaité qu'il en aille autrement, c'est entendable mais, si l'on accepte l'idée de la démocratie et du scrutin majoritaire, il faut accepter.
Soyons sérieux. Voyons, tous ensemble, la chance incroyable, l'opportunité qui se présente à nous et, en particulier, à la France des plus modestes d'entre-nous. L'inflation est une magnifique occasion de faire des profits. Imaginez un peu. Vous achetez un bien de consommation aujourd'hui, vous pouvez doubler voire tripler sa valeur de revente dans quelques mois. C'est un peu plus rémunérateur qu'un livret A à la papa, ça. Je reste stupéfait de constater combien on peut se lamenter alors que la chance de (ou le risque) devenir riche à brève échéance s'ouvre à mes chers compatriotes. Si j'avais un conseil à vous donner, ce serait celui-ci : faites des profits ! Et d'ailleurs, Bruno Le Maire le sait bien. Il comprend, lui, la marche du monde et ce qui est bon pour vous. Alors, cessez de vous plaindre, de pleurer, de vous lamenter. Acceptez les promesses du libéralisme, source de bonheur intarissable, fontaine de réussite garantie par l'État, geyser de gloire. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Les petits profits d'aujourd'hui construisent les milliardaires de demain et, je vous le souhaite ardemment, contribueront à vous rendre plus riches, plus puissants, en un mot plus heureux.



Ayé ! Poutine, il est réélu haut la main, en place pour les six années à venir. Ce n'est que justice, Poutine est aimé par les citoyens russes, c'est quasiment le meilleur dirigeant qui ait jamais existé dans ce beau et noble pays. En plus, il est beau, intelligent et vachement fort en empathie et il n'a pas attendu Macron pour œuvrer en faveur de l'aide à mourir. Le fait est que les jeux n'étaient pas faits. Jusqu'à peu, il restait encore quelques candidats d'opposition mais, et c'est un grand malheur, ils sont tous morts dans de terribles conditions. Du côté du Kremlin, on recherche activement les 13% de personnes qui se sont trompées en choisissant de voter pour quelqu'un d'autre que Vladimir Vladimirovitch. Les médecins russes estiment qu'il convient de proposer toute une gamme de soins très efficaces à ces malades mentaux.
Poutine lui même a été surpris par sa réélection. Selon quelques sources bien informées proches du pouvoir, le guide suprême aurait rechigné à terminer son repas tellement il était anxieux et tendu. C'est avec un grand soulagement qu'il a pris note de la victoire, avec soulagement mais aussi avec beaucoup d'émotion et d'humilité. Il a remercié le peuple russe avant d'aller se laver les dents.

Hier, j'écoutais sur LCP[1] les débats relatifs à l'accord signé avec l'Ukraine pour leur fournir des aides matérielles et autres dans le conflit actuel avec la Russie. C'était assez intéressant, mine de rien. Par exemple, personne parmi les députés·es présents·es n'a pris la défense de Poutine. Tout le monde semble reconnaître le statut d'agresseur pour la Russie et celui de victime pour l'Ukraine. C'est déjà ça.
Bon. Il y a bien eu quelques moments dérangeants comme celui où un député (MoDem me semble-t-il) a martelé combien nous avions des points commun avec le peuple ukrainien et combien l'Ukraine était proche de nous géographiquement. Hormis le fait que l'Ukraine soit un pays chrétien (enfin vous comprenez ce que je veux dire, ce n'est pas une théocratie), je ne vois pas bien. La couleur de peau ? Non parce que de l'histoire commune, on en a beaucoup plus avec pas mal de pays africain, par exemple. Il se trouve même que pour certains, ces pays sont "chrétiens" eux aussi. Des pays où l'on parle français, aussi. Par contre, oui, on ne va pas se le cacher, on n'a pas exactement la même pigmentation.
Que partage-t-on donc avec l'Ukraine ? A mon avis, ce n'est pas cela qui est important. Je suppose qu'il est honorable de défendre ce pays contre la Russie et qu'il est bon de défendre d'une manière générale la démocratie face à la dictature. Maintenant, devrions-nous déployer les mêmes efforts pour défendre la démocratie dans des pays africains ? La question mérite que l'on y réfléchisse. Lorsque l'on refuse l'accueil à des Africains et que, dans le même temps, on ouvre grands nos bras aux Ukrainiens, il y a un petit malaise. Tant mieux pour les quelques Ukrainiens qui ont choisi de partir de leur pays, hein.
Au cours de ce débat, on a insisté sur le fait que nous sommes déjà en guerre contre la Russie. La guerre des années 2020 n'est plus celle d'autrefois. Aujourd'hui, la guerre se fait par exemple avec des cyber-attaques qui perturbent les services de l'État ou par la propagation de fausses informations. Pour contrer cela, la France pourrait se couper d'Internet et revenir au Minitel. On peut en rire mais il fut un temps où la France était en avance sur le reste du monde dans le domaine des télécommunications.

Il y avait un aspect assez anxiogène dans ce débat avec un appel à relancer l'industrie militaire, la production d'explosifs (comme à Bergerac la poudre), d'armements, de véhicules. Bien sûr, ça peut faire penser que nous nous dirigeons vers un conflit ouvert avec la Russie et, comme l'a proposé Macron, un envoi de militaires français sur le terrain.
Il a été dit qu'il ne fallait pas être lâche. Il a été fait mention des accords de Munich de 1938 durant lesquels un accord est signé entre le Royaume-Uni, la France, l'Italie et l'Allemagne pour ce que l'on appelle la crise des Sudètes. On a alors voulu croire que Hitler s'arrêterait là et que, bon, finalement, la Tchécoslovaquie, on s'en bat un peu les couilles. Là, il est fait un parallèle avec Poutine qui ne s'arrêterait pas à l'Ukraine et souhaiterait s'attaquer au reste des pays de l'ancien bloc soviétique. C'est de la spéculation mais nous ne sommes pas dans la tête de Poutine. Poutine qui n'hésite pas à braquer la menace nucléaire, tout de même.
Et puis, peut-être bien que l'Europe doit réfléchir à son réarmement à l'heure où, du côté des USA, on semble ne plus vouloir trop s'occuper de ce qui se passe ailleurs. Gabriel Attal parle d'une économie de guerre et, bien que je ne sois pas un spécialiste (ni de l'économie ni de la guerre), je vois vaguement ce que cela signifie. D'ici à ce que l'on nous dise qu'il y a enfin du travail pour tous…
Hier, on parlait d'énergie et on peut en reparler aujourd'hui. Avec son gaz et son pétrole (en plus de la sidérurgie et de l'industrie), la Russie a des avantages sur les pays européens. Je veux bien que nous soyons en mesure de fabriquer de superbes avions de chasse ou des drones militaires de toute beauté, la question est de savoir comment on équipera tout ça en belle électronique le jour où la Chine refusera de nous vendre les composants nécessaires.
Faites provision de sucre, de pâtes, de conserves. On ne sait jamais.
[1] La Chaîne parlementaire
L'idée n'est pas de dénigrer le projet et pas plus de le promouvoir. Toutefois, pour des non spécialistes comme moi, il est difficile de ne pas douter de la technologie et de la capacité de la France à porter le projet. J'ai conscience que la réalisation d'un réacteur de type EPR ne doit pas être chose aisée et qu'il y a un aspect "expérimental" dans cette affaire. D'un côté, il y a la promesse de réacteurs plus puissants et plus sécurisés, de l'autre, il y a la vraie vie, les aléas et la malchance.
Le nucléaire est un sujet sensible et si on n'y pense vraiment qu'en cas d'accident ou à l'occasion de l'évocation de la bombe atomique, ça reste une question qui partage l'opinion publique. Au quotidien, nous sommes globalement contents d'avoir de l'électricité et on l'utilise sans trop se poser de questions. Cependant, on se sait confronté, aujourd'hui et demain encore plus, à la nécessité de produire toujours plus d'électricité.
L'opinion publique ne veut plus aujourd'hui d'électricité produite en utilisant des carburants fossiles et les "énergies vertes" paraissent bien plus acceptables et propres. Seulement, ces énergies non polluantes, si elles ont des bons côtés, peinent aujourd'hui à fournir toute l'électricité nécessaires. Alors, l'option du nucléaire est une solution. Oui, il y a le risque d'accident que l'on ne peut jamais écarter totalement, oui, il y a les arguments des opposants au nucléaire. Seulement, nous ne sommes pas tous prêts à diminuer notre consommation d'électricité.
Pour le chantier de l'EPR de Flamanville qui devrait entrer en activité vers le milieu de 2024, il y a une accumulation de problèmes et on ne peut pas croire qu'un sort aurait été lancé contre ce nouveau réacteur. Ça commence dès 2007 avec du béton qui se fissure. A l'époque, on nous rassure en disant que ce sont des choses qui arrivent lorsque l'on fait de grandes dalles en béton. Bon, d'accord. On comble les fissures avec de la résine injectée sous pression. Peu de temps après, on remarque que, en fait, il y a aussi un problème de ferraillage de ce béton pour la partie destinée à supporter la partie la plus sensible du réacteur. Ça craint un peu.
En 2008, ce sont des défauts de soudure de l'enveloppe métallique de la cuve de confinement (structure importante en cas d'accident). On radiographie les soudures, on corrige ce qu'il faut et le chantier peut redémarrer. En 2015, il y a le fameux épisodes des défauts de qualité de l'acier du couvercle du réacteur. Mais l'ASN[1] donne son autorisation pour continuer la construction de l'EPR en 2017 en notant que le couvercle sera à changer avant 2024. Nous y sommes, non ?
En 2017, le budget prévisionnel passe de 3,4 milliards d'euros à… 10,9 milliards d'euros. De nouveaux problèmes de soudure apparaissent. On prévoit le lancement de l'EPR pas avant 2022. De son côté, l'ASN déclare : « ne peut plus être considérée comme hautement improbable » en incriminant EDF qui n'aurait pas suffisamment contrôlé les sous-traitants. On intervient sur les soudures de la tuyauterie et on en profite pour faire passer le coût de l'EPR à 13,2 milliards d'euros. Un lancement pour 2024 est toujours d'actualité.
Je vous fais grâce des nouveaux problèmes de soudures qui apparaissent, du report d'opérations importantes et de l'envolée des coûts. La Cour des comptes évalue en 2020 le coût global à 19,1 milliards d'euros.
Et tout ça pour dire que l'on peut comprendre et entendre que la réalisation d'un projet tel que cet EPR a un côté expérimental et que l'on ne peut pas tout prévoir et qu'il est normal de rencontrer des problèmes et qu'il y ait des surcoûts, des surprises. Mais entendre Macron annoncer la construction de plein de petits EPR alors que celui de Flamanville n'est même pas en activité, ça m'agace.

[1] Agence de Sécurité Nucléaire
Peu de temps après la polémique de l'annonce par l'Elysée de l'invitation à un grand débat du mouvement des « soulèvement de la Terre » en plus des syndicats du monde agricole et de la déclaration de l'exécrable Macron selon laquelle jamais (ô grand jamais !) il n'avait eu cette idée (mais en fait, tous les indices semblent bien indiquer que si), voilà que l'exécrable en remet une couche avec des propos relayés par le journal La Marseillaise attribués à, donc, notre exécrable en chef.
Il aurait dit, lors d'une rencontre avec les représentants de nombreux syndicats agricoles, que « les smicards préfèrent des abonnements VOD à une alimentation plus saine ». Aussitôt, il s'est trouvé des gens pour hurler au mépris de classe et il faut bien convenir ici que l'on trouve toujours des gens qui n'ont rien d'autre à faire que de s'émouvoir de bien peu.
Quoi qu'il en soit, une fois de plus, Macron a assuré n'avoir jamais tenu de tels propos. Sauf que, flûte, voilà que plusieurs personnes présentes lors de cette rencontre avec les syndicats agricoles disent avoir entendu cela ou, tout du moins, quelque chose qui allait dans ce sens. Qui ment ?
Alors, on peut évidemment critiquer le journal marseillais pour avoir mis en une et entre guillemets des propos rapportés sans qu'aucun journaliste puisse les tenir pour véridiques. Là, il y a un petit problème. Cependant, il faut tenir compte des témoignages qui disent que l'exécrable Macron a bien dit ce qu'il a dit et que, même si la citation n'est pas clairement authentique, le sens était bien celui rapporté par le journal.
Que Macron mente, ça ne devrait plus étonner grand monde. Cette affaire me fait penser à celle de l'ineffable Jean-Michel Blanquer qui déclarait regretter que l’allocation de rentrée soit parfois utilisée pour acheter « des écrans plats » et non des fournitures scolaires. Le hic, c'est qu'il n'a pas été difficile de vérifier les chiffres de ventes de téléviseurs et que rien ne montre une hausse de celles-ci dans la période suivant le versement de cette allocation de rentrée scolaire. Macron soutenait son ministre néanmoins. Mépris de classe, vous dites ?
Le terme « smicard », s'il est compris et souvent admis n'en est pas moins lourd d'une charge péjorative. Dans la langue française, les mots se terminant avec ce « ard » (politicard, chauffard, tubard, snobinard, soiffard… (mais pas antibrouillard, Léonard ou canard)) ont cette charge. Prétendre que les moins riches préfèrent (parce qu'ils sont idiots) regarder la télévision à manger sainement, c'est dire qu'ils ne méritent pas mieux que leur position au plus bas de l'échelle sociale et qu'en plus, en ne faisant aucun effort pour ne serait-ce que paraître plus intelligents, ils coûtent un pognon de dingue à la société en mangeant n'importe quoi qui, à terme, les rendra malades. Faut bien dire que les pauvres sont cons et nocifs.
Si, par exemple, on prend Netflix et que l'on choisit le plus haut tarif, c'est un peu moins de 20 euros par mois. Si on parle d'un couple avec un enfant, ça fait de la distraction pour pas si cher si l'on compare avec le prix de trois places de cinéma. Si l'on convertit ces 20 euros en nourriture saine, ça ne fait pas bézef dans l'assiette. Et puis, bon, prétendre que les pauvres ne savent pas gérer leur budget, ça a été battu en brèche par des études sociologiques depuis longtemps. Pire, ces études montrent que dans bien des cas, les moins riches gèrent étonnamment mieux leur budget que les plus riches. Juste pour rigoler un peu, il serait amusant de mettre Macron dans des conditions de vie d'un smicard durant trois mois, histoire de voir. Un truc du genre télé réalité. Juste pour rigoler.
Les propos injurieux de Macron, ce n'est pas nouveau, souvenons-nous, pour l'exemple, de cette petite phrase : « Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien. ». Il est assez difficile de croire l'exécrable lorsqu'il affirme n'avoir jamais tenu les propos relayés par la Marseillaise.
Clément Viktorovitch raconte tout ça bien mieux que moi sur sa chaîne YouTube.






Deux informations entendues hier. La première concerne le classement des politiques préférés des Françaises et Français. Alors, le top number one arrivé en premier sur la liste est (roulement de tambour) : Edouard Philippe ! Sous vos applaudissements mesdames et messieurs ! Le deuxième est, je le découvre en même temps que vous… Bruno le Maire ! On l'applaudit bien fort. Et le troisième, quel suspense, est François Bayrou. Incroyable.
L'autre information est moins glamour. Elle concerne ce que l'on appelle les Uber files. Là, une commission d'enquête parlementaire pointe « une relation opaque et privilégiée » entre la société américaine et Emmanuel Macron. Bravo ! Superbe ! Magnifique !
Si l'on extrapole un peu, on note donc que les Françaises et Français apprécient particulièrement les politiques proches de Macron et que, donc, Macron est finalement apprécié. Il faut se faire à l'idée que c'est ainsi et qu'il faut se ranger du côté de cette majorité de personnes qui s'est prononcée pour établir ce palmarès.%%
Bien sûr, on m'aurait demandé mon avis, ce ne sont pas les politiques que j'aurais choisis. On ne me l'a pas demandé. Ça n'aurait rien changé au résultat. Je suis un peu étonné tout de même et c'est parce que je suis un doux rêveur. Mon avis sur la macronie, c'est que c'est un ramassis de dangereux salopards. Il me semblait envisageable que nous soyons plus nombreux à partager ce sentiment mais en fait, non. Globalement, on l'aime bien, notre Macron.
Je vais vous dire. Avec les manifestations contre la réforme des retraites, je pensais, naïf que je suis, que la cote de popularité des composantes de cette macronie allait s'effondrer. Il n'en est rien et j'en suis assez étonné. C'est comme si tout glissait et s'oubliait. Oubliés Benalla, les yeux crevés, les mains arrachées, les premiers mensonges au sujet de la pandémie, les mensonges qui suivirent les premiers, les attestations, les confinements, les interdictions, les scandales (de Rugy, Damanin, Dupond-Moretti, Kohler, Bayrou, Delevoye, Nyssen…). Hop, envolées toutes ces broutilles. Les Français ne sont pas du genre à reprocher. Ils ont le pardon facile.
Pendant ce temps, alors que Macron effectue un rapprochement insistant avec la droite de plus en plus marqué, le jeu consiste à taper de plus en plus sur la gauche. J'essaie de faire des efforts pour comprendre ce qui peut conduire les gens normaux à ne pas aimer les idées de gauche sans y arriver. Mais peu importe. Le message de la macronie est : plutôt trop à droite qu'à gauche pour le prochain quinquennat. D'accord, au moins, il doit être sincère sur ce coup.
On dit que la démocratie est en mauvaise posture. Pour nombre d'entre-nous, elle se limite au rendez-vous avec les urnes de temps à autres. On glisse un bulletin dans la fente et on a la conscience d'avoir fait ce que l'on a à faire. Par contre, on ne va pas militer ou se battre sur le terrain des idées. Ce n'est pas notre métier. Et puis, en plus, on n'est pas payés. Parler politique, c'est mal vu. Mieux vaut se taire, ne pas trop en dire.
Ce qui me démonte, c'est lorsque je me trouve en présence de personnes qui s'affichent "de gauche" qui clament que oui, elles voteront Macron (ou quelqu'un proche de lui) s'il fallait voter. Pour ces personnes, Macron serait tout de même un peu de gauche. J'ai même entendu dire qu'il n'était certainement pas libéral puisque, par exemple, il est assez social lorsqu'il distribue des chèques énérgie ou des aides aux moins riches. Pour ces personnes (de gauche, hein, je le rappelle), c'est déjà presque trop de l'assistanat.
Mais c'est l'été, il ne fait pas froid, on est heureux et tout va bien. J'étais parti pour publier un dessin et voilà que je m'égare.


Les récents propos de Richard Ferrand ont éveillé les craintes d'un tournant vers la dictature dans les esprits. Quoi ? Comment ? Se représenter ? C'est inadmissible, contraire au règlement, anticonstitutionnel, digne d'un dictateur !


Le Fonds Marianne. C'est quoi l'affaire ? Après l'assassinat de Samuel Paty, il y a l'idée de créer un fonds qui irait à des associations en charge de lutter contre le "séparatisme". Bon. Et voilà que Marlène Schiappa, à l'époque ministre déléguée à la Citoyenneté, est soupçonnée d'avoir participé aux choix des associations, d'en avoir écarté certaines. De plus, on accuse certaines associations d'avoir empoché des euros juste pour dézinguer les opposants politiques (de gauche) à Emmanuel Macron.
Pour l'heure, on ne sait pas bien qui sont les coupables ou s'il y a bien un scandale derrière l'affaire mais si vraiment l'affaire existe, on touche le fond de la dégueulasserie cynique. Utiliser l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty pour mener une lutte en faveur de Macron, choisir des associations amies au pouvoir, ne rien contrôler de l'utilisation des sommes reçues, c'est simplement dégueulasse.
Ce qui est chouette avec la macronie, c'est qu'elle est capable H24 (comme on dit dans le milieu des connards), de montrer combien elle est composée de salopards décomplexés, de trous du cul merdeux. Rien ne les arrête. Aucune bassesse, aucune éthique, aucune morale. C'est assez dégoûtant, au fond.

Accessoirement, un dessin.
Un macroniste, ça ose tout. C'est même à ça qu'on le reconnaît. La dernière (en date) connerie de l'un d'eux vient de Denis Masséglia, député macroniste de la cinquième circonscription de Maine-et-Loire, lèche-bottes en chef, lèche cul de première, fayot comme on en fait rarement, qui a pondu un amendement qui oblige l'affichage du portrait de sa Sainte Majesté (ça m'écorche le clavier d'écrire son nom) dans les mairies. Jusque là, c'était une tradition républicaine somme toute plutôt bien respectée.
Cet amendement vient dans le projet de loi instituant l'obligation d'apposer le drapeau européen sur les mairies en plus du drapeau français. Pour ma part, je m'en contrefous. Si je n'aime pas beaucoup les drapeaux, je ne m'offusque pas de la présence du drapeau français en quelque lieu qui soit et ne serai pas gêné de voir celui de l'Europe à ses côtés. Je m'en fous. A mon avis, il n'y a pas de quoi en faire une affaire sauf à être contre l'Europe (ce que je ne suis pas).
L'affaire de l'obligation d'affichage du portrait du président de la République, dans le fond, j'en n'ai rien à battre non plus. Ce n'est pas tous les jours que je vais souiller de mes chaussures crottées le parquet de la mairie. Globalement, je m'y rends les jours d'élection et, depuis le COVID-19, même plus puisque le bureau de vote est transféré à la salle des fêtes.
Mais tout de même. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de faire entrer dans la loi l'obligation d'affichage de la gueule du président ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça veut dire de notre République, de notre démocratie ? L'histoire commence avec le maire divers droite de Cholet qui refuse d'afficher ce portrait officiel. Le député sus-nommé en prend ombrage et propose l'amendement dont on parle. J'imagine qu'il pense pouvoir gagner des galons au sein de la macronie. Peut-être un maroquin de ministre ? Se secrétaire d'état ? De nettoyeur de chiottes présidentielles ? Enfin quelque chose de glorifiant, c'est presque certain.
Sur sa fiche wikipedia, on apprend qu'il est spécialiste des jeux vidéo.
Quand on m'agace, parce que j'ai mauvais fond, je cherche une parade. J'en ai trouvé une qui pourrait servir aux mairesses et aux maires de nos communes qui ne voient pas d'un bon œil cette obligation. Il faudrait vérifier mais je me dis que si le mur chargé de supporter le portrait présidentiel devenait un mur d'exposition d'autres portraits, de photographies de paysage, de tableaux, d'affiches (…), ce serait amusant.

A périgueux comme ailleurs, ce 1er mai avait un air de manifestation contre le projet de réforme des retraites. Combien était-on à parcourir les rues de la ville ? Ce n'est pas si important. Il y avait du monde, il y avait de la bonne ambiance, il y avait des casseroles.

Rendez-vous est donné devant le palais de justice pour 11 heures. Les manifestants arrivent d'un peu partout et parfois d'assez loin. Je retrouve des têtes connues, des discussions déjà entendues.

Il y a ceux qui sont venus avec une casserole ou un dispositif sonore portatif d'un autre type, il y a ceux qui sont venus avec des pancartes. Parfois, le message est humoristique, moqueur, ironique, parfois il est militant, revendicateur ou étrange. Sur la photo de dessus, référence est faite à Kamelott mais il arrive que le message se fasse plus obscur, plus étrange, comme celui de cette dame qui mélangeait un peu tout et n'importe quoi pour dire qu'elle n'était pas contente.

Nous quittons le cours Montaigne et empruntons la rue Victor Hugo. On bifurque pour rejoindre la place Plumancy puis direction la gare SNCF. Là, on prend la direction du rond-point des poissons et on remonte par l'avenue du maréchal Juin.


On file vers la rue Thiers et on tourne dans la rue Gambetta. Là, au restaurant le 66 degrés, on a sorti une casserole pour accompagner le mouvement. Un peu plus tôt, avant d'arriver à la gare, c'était aux balcons et au fenêtres que l'on entendait des casseroles. On ne peut certes pas tirer de cela une conclusion mais, de mémoire de manifestant, il n'est pas si courant d'être encouragé par les habitants et commerçants.

La marche se termine sur la place Yves Guéna avec une chorégraphie des Rosies vivement applaudies. L'ambiance bon enfant de cette manifestation tranche avec ce que l'on nous rapporte des violences vues dans des villes plus importantes. Là, les familles étaient de la sortie comme les jeunes, lycéens et étudiants, les retraités, les encartés et les anonymes. Derrière la bonne humeur de façade, il y a bien une colère contre ce projet de réforme.


Le cerveau délabré de Macron n'a pas accouché que de bonnes idées. S'il ne fallait en conserver qu'une, on pourrait sans aucun doute choisir celle de la start-up nation. Là aussi, les échecs sont nombreux mais, contre toute attente, un nouveau métier est né en France et est en passe de devenir l'un de ces « métiers en tension » tant la demande est chaque jour plus importante. Il s'agit du métier d'accordeur de casseroles.
Pauvre Macron. Il ne peut plus sortir porter la bonne parole libérale et liberticide sans se prendre un concert de casseroles dans les esgourdes. Les échos qui me parviennent de l'étranger sont que Macron passe pour un gros ridicule. On rit de lui, on se moque. Et de plus en plus ouvertement. Paraît même que Poutine se serait laissé aller à un sourire. C'est dire.
Il faut le plaindre, ce petit président détesté par près des trois quarts de la population. Il paraît aussi que plus personne ne veut écouter ce qu'il raconte. Il peut bien bafouiller ce qu'il veut, on s'en fout. Ce doit pas être facile pour lui. Il l'a cherché, c'est vrai mais tout de même, c'est pas gentil.


Ce jeudi, une manifestation était organisée à Périgueux pour dire et redire le refus de la réforme des retraites de Macron et du gouvernement Borne. Partie du palais de justice, la manifestation est passée par les allées Tourny, devant la préfecture, la rue saint-Front, la rue Taillefer, la place Francheville, la place Bugeaud et le cours Montaigne. Il faisait beau et l'ambiance était au beau fixe. La CGT, entre autres, participait à cette bonne ambiance avec une formation musicale de haut vol.
Toujours avec le logiciel Blender, toujours avec ma chaîne, j'ai fait une image d'une chute de chaîne. Ça m'a un temps amusé. Un peu plus tard, j'ai réfléchi à la notion de peuple.

Le peuple, on pourrait le voir comme le fruit du peuplier. Or, que fait-on du peuplier ? Des allumettes. Parfaitement, oui. Et à quoi servent les allumettes ? A faire du feu, exactement. Du feu naissent les incendies. Et voilà pourquoi le non-peuple, les élites, tremblent un peu face à la colère. Il paraît que les élus de Renaissance, le groupe macroniste, ont peur et demandent la protection de la police. Je n'y comprends pas grand chose mais je m'étonne un peu que ces gens qui sont là pour représenter le peuple ont peur de ce même peuple. Y a un truc qui colle pas.


…
Est-ce que les opposants au projet de réforme des retraites vont bloquer le pays ? Est-ce que l'on va vers une grève générale de grande ampleur ? Et si, est-ce que ça suffira à faire plier le gouvernement ? Les questions ne manquent pas.


(sans commentaire…)

















Bien informé auprès des personnes en charge du dossier de la réforme des retraites agissant en relation avec les plus hautes autorités du pays, j'ai eu accès à un rapport qui nous apprend que ce projet de réforme ne sera pas présenté sous la forme annoncée en raison d'un oubli dans les modes de calculs des annuités. Je vous explique cela.
Seize heures et vingt-trois minutes ce dimanche 15 janvier 2023 à Matignon. C'est Élisabeth qui prend l'appel. Au bout du fil, Emmanuel est en pétard. C'est la grande colère des meilleurs jours. Emmanuel est en train de lire le projet de loi des retraites d'un œil et le rapport McKinsey de l'autre. Il vérifie que le travail de transcription des recommandations du cabinet de conseil dans le texte gouvernemental a été bien fait. Emmanuel est un perfectionniste, un pointilleux, une bête de travail. Il planche sur le dossier depuis déjà trois jours et il y a un truc qui le dérange. Il n'arrive pas à mettre le doigt dessus mais il le sent, y a bien un truc qui cloche. Il lit et relit, il s'applique, fait tous les efforts nécessaires et d'un coup, bingo !, ça y est, il sait ce qui ne va pas !
Aussitôt, dring, il appelle Élisabeth à Matignon. Ça va chauffer pour son matricule. Élisabeth ne comprend pas tout de suite le problème. Elle demande à Emmanuel de se calmer, d'arrêter de vociférer et d'expliquer calmement. Elle le rassure, elle lui explique que rien n'est arrêté, que l'on peut ajouter ou enlever des éléments du projet mais le courroux du président est grand. À l'Élysée, dans le bureau présidentiel, on est en train de poser une tasse (de porcelaine de Limoges) de camomille. Il faut de toute urgence calmer le président, c'est Brigitte qui l'a dit. Sourcils froncés et bouche tordue, Emmanuel regarde la tasse et se dit que, oui, il lui faut retrouver la maîtrise de lui. Il suçote un peu du liquide chaud et ressent illico un bien-être intérieur.
Élisabeth demande à Emmanuel de lui expliquer le problème. Emmanuel, à présent calme, se mue en pédagogue. Lentement il explique. A Matignon, Élisabeth comprend et se rend compte de la bourde, de l'oubli énorme, de la bévue extrême. Elle s'excuse, elle demande pardon, elle bat sa coulpe, elle assure qu'elle va consacrer le reste du dimanche et une partie de la nuit si nécessaire à réparer et elle raccroche.
Il faut revenir en arrière et sur le nombre d'annuités nécessaires pour bénéficier d'une retraite à taux plein, sur le nombre de trimestres. Bêtement, les équipes de la première ministre ont calculé sur une base de 90 jours par trimestre. 90 jours de 24 heures. Des jours, quoi. Ce ne sont pas des lumières, à Matignon. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle on fait appel au célèbre cabinet de conseil. Eux, ils calculent correctement. Ils ne se contentent pas d'approximations, d'à-peu-près estimés au doigt mouillé. Ce sont de vrais cracks, des maîtres du calcul précis et définitif. Ce sont des experts chevronnés, de vraies machines vivantes à additionner et soustraire. Des "computers" sur pattes.
Dans son rapport présentant les axes sur lesquels il convient d'agir afin de mettre en place une belle et bonne réforme des retraites acceptable pour les Françaises et Français, il ne suffit pas de se contenter d'un bête calcul des annuités tel que proposé par les cancres de Matignon. Il est impératif de calculer au plus juste et au plus près des réalités en tenant compte des statistiques scientifiques actuelles. Or, ces statistiques sont formelles.
Mais avant tout, rappelons ce qu'est le temps de la retraite. La retraite, c'est cette période qui précède la mort durant lequel des gens sont payés à rien foutre. Ces personnes peuvent se prélasser, regarder la télévision, partager des vidéos humoristique sur facebook, entretenir leur potager, voyager, lire, vaquer au sein d'associations diverses, consommer. Ce sont des personnes assistées, subventionnées, portées par le PIB.
Mais, comme le note très justement le cabinet de conseil américain, il n'y a pas que durant ce temps de la retraite que l'on ne fait rien de bon pour la société. Il y a aussi (et surtout) le temps du sommeil. A raison d'une moyenne de sept heures de sommeil par jour, ce sont un peu plus de 2555 heures perdues sur une année. Près de 106 jours. Plus de trois mois ! Un trimestre, quoi, en quelque sorte. C'est une année tous les quatre ans. Rien de moins.
Ce temps de repos, c'est de la retraite déjà prise au moment où on prétend prendre sa retraite. Il y a un réel problème. Il faut tenir compte de cette retraite anticipée et relever d'autant l'âge légal de départ à la retraite ou, a minima, le nombre d'annuités à prendre en compte. Dans son rapport, l'agence McKinsey suggère donc d'imposer 52 annuités pour pouvoir prétendre à une retraite à taux plein. Et ce n'est que justice sociale, après tout.
