politique

Si ça vous dit d'en prendre un coup au moral

Avant hier se tenait au Collège de France une conférence de presse à l'occasion de Stand Up For Science visant à dresser un état des lieux des attaques contre les sciences et l’Université aux Etats-Unis et en France, La situation est inquiétante et alarmante et pas que du côté des États-unis de Trump. En France, les moyens donnés à la recherche scientifique pour travailler fondent depuis 2021 de plus en plus férocement.
Ces moyens sont redistribués pour une grande part au secteur privé, sans que le moindre contrôle soit réclamé en contrepartie. L'avenir est sombre et on prophétise un abandon radical de la recherche scientifique en Europe et en France et une délégation sinon une soumission aux USA. Avec la baisse de la natalité et le sentiment pour les jeunes qu'il ne sert à rien d'embrasser une carrière scientifique tant les budgets disparaissent, les universités vont devoir revoir à la baisse leurs ambitions.

Vous pouvez voir la captation de la conférence sur YouTube (3 heures et des poussières).


Tribune publiée dans Libération le 3 mars 2026

Si j'étais au pouvoir…

Si j'étais au pouvoir, je serais un gentil dictateur. Je serais un doux tyran qui régirait tout au profit du plus grand monde et, en particulier, selon les intérêts des milieux artistiques ou créatifs, littéraires, musicaux et toutes ces sortes de choses.
Par exemple, et c'est un exemple qui me vient à l'esprit alors que j'ai passé commande d'encre de chine et de pinceau (près de trente euros le pinceau, tout de même !), je ferais en sorte que les instruments de musique, les stylos, les ordinateurs, les tablettes graphiques, les toiles et chevalets, les aquarelles et les tubes de peinture, les crayons, les pinceaux, les feutres, les gommes, les encres, les papiers, tout ça et j'en oublie, serait gratuit. Voilà ce que je ferais.


Le bon despote que je serais aurait conscience que toute cette générosité aurait un coût pour le royaume (oui, je serais roi et j'habiterais dans un beau château que je ferais bâtir à Azerat après que j'aurais fait raser tout ce qui ne m'y plaît pas ou me dérange) et j'aurais une autre idée pour rétablir les finances.
Je taxerais très très fortement tout ce qui a trait au sport. Les ballons de foutebale coûteraient au moins 30000 euros l'unité, les chaussures sportives seraient vendues à un prix largement prohibitif, les raquettes de tennis et les clubs de golf se monnaieraient fort cher. Cependant, les boules de pétanque, pour peu qu'elles soient utilisées dans un but récréatif après l'absorption d'une belle quantité de pastis, seraient épargnées.
De même, les produits de beauté, les vêtements "à la mode", les bijoux et fanfreluches seraient irrémédiablement taxés à plusieurs milliers de pour cent. En gros tout ce que je n'utiliserais pas, tout ce qui m'ennuierait, tout ce que je considérerais comme stupide, idiot, ridicule, inutile, serait soumis à des hausses de tarif incommensurables.

La chasse aux voix est ouverte

C'est le corollaire de la démocratie. À la faveur de l'approche des élections, nous sommes appelés à choisir entre les candidat·e·s, les listes proposées. L'année prochaine, nous aurons les élections municipales, dans deux ans, l'élection présidentielle. Entre temps, on ne peut pas écarter l'éventualité de législatives anticipées.
Pour les municipales, il y a un changement pour les petites communes. Il ne sera plus possible de jouer au panachage des listes et il faudra que les listes se tiennent à la parité. D'après ce que mes informateurs m'ont rapporté, à Azerat l'actuelle maire ne repartira pas pour un nouveau mandat. Il paraît qu'elle sera remplacée en tête de liste par mon grand-frère. Selon les mêmes informateurs, il semblerait qu'une deuxième liste serait constituée. Pour cette liste alternative, on me dit que le programme serait articulé autour de deux idées fortes : premièrement, préserver et sauvegarder le petit patrimoine, deuxièmement mettre en place le programme "Voisins vigilants". Dans un premier temps, d'autres informateurs faisaient état de deux autres idées : ouvrir l'église plus souvent (dans l'idée que l'on puisse y pratiquer le culte catholique) et de créer une police municipale.

Si l'idée de préserver et protéger le petit patrimoine (quoi que cela veuille dire) ne me choque pas outre mesure, celle de cette affaire de "Voisins vigilants" me fait hausser un sourcil réprobateur. Déjà, il faut avoir en tête que cette chose est gérée par une société privée qui propose à celles et ceux qui souhaitent rejoindre le programme de télécharger une application (pour dénoncer et avertir) et que cette entreprise privée se réserve le droit de faire ce qu'elle souhaite des données personnelles de ces voisins vigilants. Hormis le fait que ce procédé est réalisé en dehors de toute déclaration à la CNIL et que l'entreprise fait payer une cotisation à la commune qui y adhère, il me semble que tout cela fait un peu trop de droite pour moi.
Je n'aime pas du tout l'idée de donner le pouvoir à des citoyens de laisser libre cours à leurs pulsions de délateur en herbe. Et puis, si l'on admet qu'il peut être bon de procéder à une certaine forme de surveillance, il me semble qu'il serait préférable à tout prendre de confier cette tâche aux gendarmes et policiers.

Pour l'autre liste qui serait une émanation remaniée de l'actuelle, je n'ai pas l'intention de lui donner ma voix non plus. Pour l'heure, je ne sais rien d'officiel quant à la composition de cette liste. Ce que je me dis, c'est que je me dirige vers une petite abstention.

Prime à la médiocrité
Les campagnes électorales sont lancées

Se révolter, s'indigner

Avec mon pote non genré Farid et sa copine lesbienne Adélaïde, on sortait d'un très bon resto associatif où nous avions dîné de pizzas sans gluten aux fruits de saison bio-sourcés et de cardamome éco-responsable. Nous avions bu avec modération une excellente bière "craft" au houblon "hipster".
Sur le trottoir, nous poursuivîmes la conversation entreprise à l'intérieur. Si nous étions tous d'accord avec le fait que Macron, Bayrou et leur cliques, il y en a marre, nous divergions sur les modalités permettant un changement drastique de régime. Farid envisageait s'investir pleinement dans le mouvement du 10 septembre sensé immobiliser le pays afin d'impulser un mouvement menant à l'avénement d'une vraie démocratie populaire, inclusive et écologiste. Adélaïde, elle, sans doute la plus rebelle de nous trois, prétendait qu'elle avait approché un groupuscule d'ultra-gauche proche des Black blocs altermondialiste et pacifiste du plateau de Millevaches chez qui elle était allé se ressourcer. Selon elle, une forme de lutte armée non-violente était possible et nécessaire. Pour ce qui me concerne, si je partageais un sentiment de détestation pour tout ce que représentait la Macronie dans son ensemble, je restais sur un pessimisme prudent et envisageais une solution de repli au fond de mon lit pour mieux exprimer mes colères et protestations. J'avais conscience du peu d'impact qu'aurait mon action révolutionnaire.
Nous en avions déjà parlé, il me semblait que nous avions fait le tour de la question, mais Farid remit sur le tapis la question des vidéos de Bayrou (qu'aucun de nous trois avaient regardées) et sur l'échec réjouissant de son entreprise ridicule et risible. C'est à cette occasion que j'appris que Bayrou avait annoncé que l'on pouvait utiliser une plateforme gouvernementale mise en place en 2023 par Véran pour questionner le premier ministre et que, encore mieux, il était proposé de soumettre ses interrogations par courriel.
Nous faisions le serment de ne jamais utiliser ces moyens pour entrer en contact avec le chef du gouvernement (illégitime). Adélaïde soupçonnait que l'on ait pu utiliser ce stratagème pour tracer les IP des personnes voire pour géolocaliser les smartphones utilisés. Selon elle, il valait mieux tout faire pour éviter d'être fiché. Nous en convenions, Farid et moi. On n'est jamais trop prudent.

Le mouvement du 10 septembre, en plus d'appeler au blocage du pays, allait sans nul doute s'accompagner d'appels à manifester. Nous trois, nous n'étions pas très chauds à l'idée de sortir dans la rue et de nous mêler à une foule d'inconnus. Il faut dire que nous avions été diagnostiqués ochlophobes et que nous nous étions rencontrés à l'occasion d'un colloque organisé en visio-conférence sur le sujet. Dès que nous étions dans une foule d'une dizaine de personnes, nous ne nous sentions pas très à l'aise. Nous étions trois, ça allait, nous gérions.
Ce qui nous dérangeait dans l'idée du blocage, c'était le risque de grève. Si jamais nous étions privés d'électricité, si jamais des actions étaient menées contre les antennes relais de téléphonie, nous étions finis. On pouvait très bien se passer des trains, se passer de carburant, se passer de l'ensemble des commerces non essentiels, mais se passer d'Internet, non. Pour manifester notre opposition (de gauche) au pouvoir néolibéral proche du fascisme, nous avions fait le choix d'invectiver les dirigeants sur le web. Adélaïde, la graphiste de notre groupe, avaient quelques idées en tête. Il fallait que ça murisse. Farid avait déjà créé quelques slogans bien sentis. Moi, bon, je dois avouer que je n'avais pas fait grand chose à part proposer de me filmer en continu couché dans mon lit, à dormir ou à lire, pour bien montrer combien je participais au combat. Adélaïde et Farid avaient beau arguer du fait qu'eux pouvaient travailler sur leur ordinateur dans leur lit et que mon idée était un peu mince, je n'en démordais pas. Le blocage, c'est le blocage. Et puis, il y avait dans mon idée un petit quelque chose qui rappelait les bed-in de Lennon et Ono, qui me rapprochait, en solitaire, de leur lutte contre la guerre du Viêt-Nam, toute proportion gardée, évidemment.

Si jamais vous avez l'idée de laisser un commentaire, pensez à répondre à la question. Nous sommes en ce moment victime d'une attaque massive de spammeurs d'origine coréenne (apparemment). Merci

Bayrou veut causer
Bayrou et la fracture avec les Français

Déjà plus de six mille abonnés !

François Bayrou en passe de devenir le plus gros YouTubeur du monde ! Incroyable ! Fabuleux ! Merveilleux ! Gloire à Lui ! Cette fois, c'est sûr, il va éponger la dette de la France, remettre le pays en ordre de marche, guérir les écrouelles et faire revenir l'amour ! François Bayrou, futur président du monde libre !
bayrou-youtube

L'incinération, la vraie solution

L'idée d'installer un incinérateur en Dordogne est de nouveau dans l'actualité au sein du SMD3[1]. La dernière fois où il a été question d'installer un incinérateur à ordures dans le département a provoqué une levée de bouclier des opposants non pas tant à l'idée de l'incinération qu'à l'installation de cet incinérateur à proximité de chez eux. Il me semble que cette dernière fois, il était question d'une installation à Thenon. Alors, dans le coin, on disait que l'incinérateur, on n'en voulait pas. Une installation ailleurs, ça, du côté de Thenon (et Azerat), on n'était pas contre.
Pour le président du SMD3, il s'agirait cette fois-ci d'une installation proche d'une agglomération afin que l'on puisse utiliser la chaleur produite pour du chauffage collectif et de la production d'électricité. Ainsi, plutôt que de parler d'incinérateur à déchets, le projet serait une unité de valorisation énergétique. Cette euphémisation tient du foutage de gueule. Cependant, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. L'incinérateur, je suis plutôt pour. D'abord, l'enfouissement n'est pas une bonne solution. C'est comme mettre la poussière sous le tapis. On produit des déchets et on ne veut surtout pas les voir, on les met sous terre. Selon le président du SMD3 interrogé par Sud-Ouest, l'autorisation d'enfouir les déchets court jusqu'en 2033. Il faut réfléchir à l'après et cet après pourrait être un incinérateur.

Et là, je me dis que on joue "petit bras". Cet incinérateur pourrait être une unité de valorisation des déchets encore plus efficace si seulement on acceptait de l'utiliser aussi pour la crémation des morts du département. Les morts seraient utiles à la collectivité et, pour celles et ceux qui vivent une vie de parasite de la société, qui n'ont jamais rien fait de leur vivant, ce serait l'occasion d'être enfin utile à quelque chose. Si je prends mon exemple, je me dis que l'idée de servir la société une fois la mort venue n'est pas pour me déplaire. Enfin être utile ! Après tout, si l'on y réfléchit une minute, une dépouille mortelle n'est pas grand chose de plus qu'un déchet. On ne valorise pas suffisamment les morts. Bien sûr, ils font marcher le commerce de la mort. Il faut fabriquer des cercueils, des couronnes mortuaires, des pierres tombales, des plaques, des fleurs en plastique. Le chiffre d'affaire du secteur du funéraire pour 2015 est de 2,7 milliards d'euros pour la France. On a enregistré 627500 décès en 2024. Tous ces morts convertis en énergie aiderait bien à la transition énergétique.
Le SMD3 pourrait organiser une collecte des morts commune par commune[2]. Il y aurait des bornes de dépôt volontaire des cercueils et les familles seraient invitées à rendre un dernier hommage à leurs défunts dans un hall aménagé au sein de l'incinérateur. Enfin moi je lance des idées, il faut réfléchir à l'ensemble des solutions à imaginer pour rendre la chose acceptable par le plus grand nombre. Par exemple, il existe encore des personnes très attachées à l'idée de l'enterrement dans le cimetière communal, dans un caveau, avec d'autres membres de la famille. Pour celles-ci, il est important que l'on puisse, une fois l'an, penser à fleurir les tombes dans les frimas d'automne. Il convient d'éduquer, d'expliquer, de convaincre. Rien n'est impossible.
Il est simplement dommage, de mon point de vue, que l'on écarte du projet les plus petites communes. Il m'aurait été agréable de savoir un incinérateur à Azerat. J'aurais pu, le jour fatidique, m'y rendre à pied. Je suis favorable au commerce de proximité.

Notes

[1] Syndicat Mixte Départemental des Déchets de la Dordogne

[2] peut-être faudra-t-il renommer l'organisme en SMD4 pour Syndicat Mixte Départemental des Déchets et Décédés de la Dordogne.

La gauche peut-elle nous sortir de la panade ?

C'est désormais une évidence, la fable du ruissellement ne fonctionne pas. En vérité, je n'y ai jamais cru, à cette histoire. Après, il faut comprendre les riches. Le serais-je que je verrais d'un mauvais œil l'idée un peu sotte de m'appauvrir. L'idée de Macron – mais il s'agissait certainement plus de nous faire prendre des vessies pour des lanternes qu'une idée – était qu'en aidant les riches à outrance, ceux-ci auraient un accès de générosité charitable incontrôlable et qu'ils se sentiraient d'assez humeur badine pour saupoudrer le bas peuple de quelque menue monnaie. Ils auraient pu imaginer un instant de créer des emplois en France, d'embaucher à des conditions très favorables et de faire le bonheur des bons et honnêtes travailleurs de notre beau pays. Jamais on aurait pu se douter que les cadeaux distribués iraient directement dans les poches des gentils actionnaires sous la forme de gras dividendes.
Il y a plus d'une décennie, pourtant, on aurait été en mesure de comprendre que le riche ne cherche qu'à devenir plus riche et qu'il n'a rien de l'idiot et généreux philanthrope. On l'a vu, par exemple, avec le Crédit Lyonnais qui a été sauvé de la faillite par le contribuable. On estime que le plan de sauvegarde aurait coûté à l'État la bagatelle de 14,7 milliards d'euros (812 euros par contribuable). Chose éminemment amusante, l'année qui a suivi ce sauvetage, la banque reversait presque au centime près la même somme à ses actionnaires.
Il y a une idée tenace dans la tête de nombreuses personnes, c'est celle qui prétend que nous aurions besoin des riches au motif qu'ils créeraient de la richesse et des emplois. Dans la vraie vie, les riches ne créent rien d'autre que de la spéculation. Lorsque le cours d'une action augmente, l'argent potentiel que l'action représente ne va pas à l'entreprise, il ne sert en rien à l'investissement ou à l'embauche de personnel. Je l'ai déjà dit, c'est une idée que l'on peut combattre, le riche ne pense à rien d'autre qu'à s'enrichir encore.

Et est-ce qu'il pourrait y avoir une solution pour sortir de cette idéologie libérale qui se donne pour mission de paupériser le plus grand nombre de personnes à travers le monde, de créer une oligarchie ? Alors, il y a la simplicité qui consiste à écouter la voix de celles et ceux qui ont (ou pas) d'ambitions politiques à gauche. Déjà, il faudrait définir ce qu'est la gauche. On a un peu de mal à continuer à voir le PS dans le camp de la gauche. Une gauche molle et compatible avec le libéralisme, oui, sans aucun doute, mais à gauche dans le modèle anti-capitaliste, certainement pas. Je n'ai pas trop de doute pour le (les) NPA et LO. Après, il y a LFI mais sans grande conviction de ma part et les écolos accompagnés des communistes. Ils ont un bon fond sur certains points.
Il y a une envie de faire l'union des gauches. Ça a été fait avec le NFP. Le souci, c'est que pour faire une union, il faut accepter le compromis. Je n'ai aucune oreille, aucun pouvoir. Pour ma part, je suis prêt à concéder certains points. Par exemple, je ne suis pas contre l'idée d'une certaine liberté d'entreprendre, que l'on puisse créer son entreprise et travailler dans le cadre du capitalisme. Un boulanger qui fait du profit, un artisan ou un commerçant qui gagne sa vie en faisant payer son savoir-faire ou le service qu'il rend, je suis d'accord. Par contre, je suis opposé à la spéculation boursière.
Ce que je pense sincèrement, c'est qu'un jour, et ça ne se fera pas sans heurts, le système se cassera la gueule, s'effondrera. Ça peut être dans très longtemps comme dans quelques années. L'heure semble être plus à la montée des dictatures, du ré-armement, à la préparation d'une nouvelle grande guerre bien mondialisée. Le capitalisme et la guerre, ça a toujours été une grande histoire d'amour. En France, on n'a même plus besoin de l'épouvantail du R-Haine pour craindre la survenue d'un état totalitaire. Dans moins de deux ans, nous serons peut-être bien les deux pieds dedans.
Mais peut-on miser sur l'éventualité d'une victoire d'un groupe de gauche unie pour nous sortir de tous les problèmes alors que ceux-ci sont liés à l'économie mondialisée ? À moins que la France se coupe du reste du monde un peu à la manière de la Corée du Nord, à moins que la France sorte de l'Europe (et ce serait très étonnant que ça arrange quoi que ce soit), notre pays est trop dépendant de cette économie mondialisée. Je doute que l'idée des gauches françaises soit de procéder à une rupture brutale avec tout ça.

Il n'y a pas trente-six solutions

Si le problème peut sembler insoluble, il ne l'est pas pour les décideurs les plus affûtés. Quel est le problème ? Il s'agit d'un problème d'injonctions contradictoires tout bête. D'un côté, on appelle la population à consommer moins et mieux, de privilégier le durable, le réparable, le local, le propre, l'écologique, le renouvelable. De l'autre, on croit en la politique de l'offre (contre celle de la demande) et on pense donc qu'il est nécessaire de faire consommer toujours plus. Afin de soutenir les entreprises, les emplois, l'économie et la croissance, il faut que l'on achète toujours plus et il faut donc que les entreprises produisent toujours plus pour satisfaire l'envie de consommer.
Ainsi, on incite à changer de véhicule pour un nouveau qui pollue moins, qui garantit une meilleure sécurité passive, qui est plus high tech, qui embarque de plus en plus d'électronique. On pousse à la transition numérique qui implique d'avoir des smartphones récents, des ordinateurs puissants. On oblige presque à faire installer des moyens de chauffage "écolos" comme les pompes à chaleur. On nous persuade qu'il est indispensable de se moderniser.
Et puis, il y a la question du budget de l'État. L'État, c'est nous, c'est l'ensemble des personnes rattachées d'une manière ou d'une autre à ce pays. L'État est censé gérer, prévoir, défendre, assurer le droit et la sécurité, l'éducation et la santé, organiser les infrastructures, la fourniture en énergie, les moyens de transport et les réseaux routiers, les communications, l'égalité entre tous dans tous les domaines. Bref, assurer le commun que l'on soit à Quimper ou à Mulhouse, à Toulon ou à Roubaix. Pour toutes les tâches qui incombent à l'État, il faut des finances. Pour ce faire, il y a l'impôt. Et il y a aussi les taxes dont la TVA.
Actuellement, l'idée est qu'il n'est pas question d'augmenter les impôts. C'est une question idéologique. L'impôt, c'est le mal. L'idée aussi, est qu'il faut faire des économies. L'État est fortement endetté et ça ne va pas. Il faut réduire les budgets, couper dans les dépenses. Pour autant, on prétend que l'on va continuer à faire (presque) autant avec moins. Tous, nous savons que nous ne ne sommes pas capables de faire autant avec dix euros qu'avec cent euros. C'est une chose que l'on comprend dès l'enfance.
Dès lors, puisqu'il est exclu de lever de nouveaux impôts ou d'augmenter l'assiette de ceux-ci, comment l'État peut-il s'y prendre pour construire un budget qui lui permette de voir venir ? Il y a des pistes. Moins d'impôts et plus de taxes, par exemple. C'est simple. On reparle d'une déjà vieille idée comme celle de la TVA sociale. L'État peut aussi choisir de se débarrasser de tout ce qui coûte trop en le confiant au privé. On récolte un peu de sous en vendant ces choses là et on en récolte encore en encaissant la TVA. Ainsi, on peut confier tout le secteur de la santé, des retraites, de la sécurité (encourager les polices municipales ou les sociétés de sécurité privées) aux acteurs du privé pour que des économies soient effectives. Détruire les services publics pour les remplacer par des entreprises privées qui seront libres d'appliquer les tarifs qu'elles souhaitent pour satisfaire l'appétit des actionnaires est une belle idée.
Une fois que cela est mis en place, les gens sont bien obligés de continuer à consommer leur électricité, de se faire soigner, de cotiser pour une hypothétique retraite. Les prix risquent bien de s'envoler mais il est des dépenses qui sont contraintes. On doit bien continuer à boire de l'eau, à consommer de l'électricité. Les gens ne consomment pas plus mais ils doivent dépenser plus et cela a pour principal intérêt qu'ils doivent faire le moins possible de bas de laine. Il faut faire cracher leur argent aux gens ! Après tout, l'économie n'est rien d'autre que la circulation des richesses, c'est un système un peu circulaire.
Je dis "un peu circulaire" parce qu'il y en a tout de même qui ne sont pas trop d'accord pour que l'argent tourne. Il y a les très très riches qui s'amusent juste à amasser. Leur argent est bloqué, ne sert à rien, ne sert à personne, ne sert pas à l'économie. Il est là juste question d'avoir de l'argent pour l'argent. C'est nul. Alors oui, j'en entends qui avancent que, tout de même, les ultra-riches achètent un yacht ou/et un jet privé, qu'ils se font bâtir des résidences incroyables, qu'ils boivent et mangent des vins exceptionnels et des mets rares et que tout ça mis bout à bout, ça génère bien des rentrées d'argent pour l'État via la TVA. Ce n'est pas faux mais reconnaissons que ces riches très riches arrivent nécessairement à un moment ou à un autre à un manque d'idées ou d'envies pour réussir à dépenser encore un peu plus pour le bien commun. Ces personnes manquent d'imagination. Par exemple, ils pourraient dépenser pour créer de nouveaux hôpitaux et payer les salaires de tout le personnel nécessaire à leur bon fonctionnement. Mais non, l'idée ne leur sied pas. Pour leur gueule, ils ont déjà assez d'actions dans les meilleures cliniques pour garantir les meilleurs soins de santé dont ils peuvent rêver. Les riches très riches ne sont pas altruistes et on ne peut pas les blâmer. S'ils l'avaient été, jamais ils ne seraient parvenus à devenir des riches très riches.
Il y a une certaine démesure que l'on a du mal à appréhender. Par exemple, le temps qu'une personne au SMIC gagne dix centimes d'euro, Bernard Arnault a empoché dix-sept mille euros[1]. C'est beaucoup plus. Et oui, ce très très riche a financé une partie de la reconstruction de la cathédrale que l'on sait. Je ne sais pas s'il était vraiment indispensable de la reconstruire, c'est un autre débat mais force est de reconnaître que ça n'entre pas directement dans le financement de l'État qui, normalement, devrait redistribuer une partie de son budget[2].
Puisqu'il n'est pas question de lever de nouveaux impôts ou d'en augmenter le taux ou l'assiette d'imposition, puisqu'il il exclu de prendre un peu d'argent à celles et ceux qui en ont plus qu'ils et elles savent en faire, il faut bien, à contrecœur bien sûr, piquer ce qui reste à grappiller aux plus pauvres et aux moins riches. Et parce que l'économie d'un pays est tout de même fort acoquiné avec les politiques qui ont le pouvoir à un moment donné, on comprend que, puisqu'il est tout de même avant tout question de préserver son électorat, de ne pas trop bousculer celui-ci. On se fout de déplaire à celles et ceux qui, quoi qu'on fasse, ne votera pas pour nous. Alors, faisons les poches de ceux qui n'idolâtrent pas les très très riches, qui peinent déjà un peu à boucler les fins de mois et qui peuvent survivre en se restreignant un peu plus.

Notes

[1] la Fortune de Bernard Arnault comparée

[2] sauf, bien sûr, dans un système libertarien qui implique que seules quelques questions vraiment régaliennes doivent être financées par l'État, État qui a pour vocation de disparaître totalement

Macron reste populaire

Selon ce que l'on m'a reporté, avec 21% de satisfaits Macron atteint là son plus beau record d'impopularité depuis 2017 parvenant même à dépasser celui enregistré lors de l'épisode des Gilets jaunes. Nous ne pouvons que l'encourager à continuer sur cette voie et lui souhaitons de bientôt découvrir les abysses insondables. Bravo Manu !

Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste

Le 27 janvier 1945, l'Armée rouge libère les camps de Auschwitz I et Auschwitz II-Birkenau. Plus d'un million de personnes sont mortes dans ces camps et il n'en reste qu'environ sept mille lorsque le camp est libéré. C'était il y a quatre-vingts ans.
Samedi soir, j'ai revu "La liste de Schindler", le film de Steven Spielberg. Il y a cette phrase tirée du Talmud, vers la fin du film, prononcée par Itzhak Stern interprété par Ben Kingsley : « Quiconque sauve une vie, sauve le monde entier » qui, à chaque fois, me fait monter les larmes aux yeux. Ce n'est pas que la phrase, c'est le contexte, c'est la musique, c'est la mise en scène, c'est Spielberg, c'est le cinéma. Un grand film.
Ce film a un peu plus de trente ans. A l'époque, pas d'Internet, pas de réseaux sociaux. Aujourd'hui, le nazisme (ou du moins ses idées) reviennent et on ne s'en offusque même plus. C'est du passé, c'est vieux. Aujourd'hui, il y a l'homme le plus riche du monde, allié de l'homme le plus puissant du monde à la tête du pays le plus puissant du monde qui fait un salut nazi en public, que l'on peut voir à la télé, sur Internet, au sujet duquel on écrit dans les journaux et qui n'émeut pas grand monde. On excuse presque le geste au motif que, ah ! oui mais… Non, faut voir. Non, bien sûr que non il n'est pas nazi. C'est un geste malheureux, peut-être bien un salut romain. Et puis, vous savez, il est "sans filtre", il est comme ça. En plus, il est autiste.
On voit la tentation d'établir des gouvernements autoritaires un peu partout à la surface du globe. On voit les partis d'extrême droite monter, se banaliser. Et bon, c'est la vie, ça passera. On entend un ministre d'un gouvernement soi-disant "centriste" proférer des paroles qui fleurent bon l'extrême droite et qui ne dérangent plus grand monde. On constate la dérive autoritaire d'un président de la République, on note qu'il n'est plus nécessaire d'aller exprimer son opinion dans les urnes lorsque l'on nous le propose gentiment. On sait qu'il est désormais risqué de manifester pacifiquement, on a conscience que la majorité des organes de presse sont aux mains de personnes qui défendent les idées néo-libérales et que les lignes éditoriales vont dans le sens de ces patrons de presse. Mais ça va, faut pas s'en faire, faut pas exagérer.

Le quarante-septième président des États-Unis d'Amérique est élu sur un programme ouvertement fasciste et tout ou presque de ce qui compte dans les grands entrepreneurs des industries technologiques vient sagement se ranger à ses côtés. Il convient d'assurer ses arrières et de serrer les fesses. Le patron d'Apple donne des gages en assurant qu'il allait produire sur le territoire américain et en refilant personnellement un million de dollars au président. Tout va bien on vous dit. Il n'y a pas le moindre signe d'une montée du fascisme dans ce grand pays.
A la cérémonie d'investiture de ce président américain, on pouvait voir un riche français, grand ami de notre président. Voir dans cela une preuve de l'allégeance de ce riche français aux idées quasi nazis de l'équipe présidentielle des USA est sans doute exagéré. Ou peut-être pas, après tout. Oui parce que, après tout, il n'est pas impossible qu'au-delà des idées bassement politiques et idéologiques, il n'y ait que l'idée du pognon. Le fric, c'est un truc hyper important dans nos sociétés. Je ne connais pas un pauvre qui refuserait plus de flouze.
Un autre point qui me crispe un peu, c'est le traitement médiatique du procès de cet ancien président de la République française suspecté d'avoir bénéficié d'argent libyen pour financer sa campagne. Certainement que ce n'est pas un sujet qui intéresse le peuple. Tout de même. Il m'arrive de parcourir le site du journal bordelais et d'y découvrir ce qui mérite, à leur sens, d'être relayé en priorité. Du fait divers, beaucoup, un peu de politique d'actualité, pas mal de sport, quelques bricoles sur la culture régionale (patrimoine, gastronomie, vins…), de l'actu locale et rien ou presque sur cette affaire de financement de campagne. Mais bon. Ça n'a rien à voir avec le sujet du jour.

Ce qui monte en puissance, ce n'est pas le nazisme ou le fascisme des années trente du siècle précédent. On ne va pas avoir de moustachu énervé, pas de camps d'extermination. Par contre, les déportations ou déplacements de populations, ça, c'est bien envisageable. Déjà, il est proposé, pour régler la question du conflit entre l'état d'Israël et les palestiniens, d'envoyer ces derniers vers l'Égypte. De notre côté, on accepte que la mer Méditerranée engloutisse des masses de personnes. Et puis, on paie pour que les migrants n'atteignent pas nos côtes. On a le racisme facile.
Petit à petit, les démocraties et les libertés tombent partout de par le vaste monde. On sent depuis des années monter l'envie d'un nouveau conflit d'ampleur mondiale. Avec le désengagement des USA, on sent naître le besoin de réarmement en Europe. On imagine qu'il sera compliqué d'empêcher la Russie de faire ce qu'elle veut. Au moins pire, il y aura un repli sur soi, ne pas regarder ce qui se passe hors de nos frontières.

Il y a quatre-vingts ans, les camps d'extermination d'Auschwitz étaient libérés. Il ne reste plus beaucoup de survivants et il est à craindre que la mémoire s'éteindra.

Tous les culs ne se valent pas

J'étais bien parti pour ne pas commettre de billet aujourd'hui. Il a fallu qu'une précision de Gérard Larcher, président du Sénat, à propos de "l'affaire" du fauteuil survienne pour que je change d'avis.
Il y a quelques jours de cela, le Canard enchaîné révèle que Gérard Larcher aurait choisi un nouveau fauteuil pour son illustre postérieur, l'ancien étant par trop détérioré. Ne trouvant rien à son goût dans ce qui lui est proposé par le Mobilier national, il demande que l'on lui en conçoive un à même de le satisfaire. Jusque là, pas grand chose à redire.
L'hebdomadaire satirique prétend que ce fauteuil aurait coûter coûté 40000 euros. Pour moi comme pour d'autres, la somme paraît bien importante. Je n'ai pas de fauteuil et je pense, bien que je ne me sois jamais posé la question, n'avoir pas l'idée d'acquérir un tel siège à ce prix. Si j'avais la place et l'envie, je choisirais peut-être un bon gros fauteuil bien confortable du genre "club" mais jamais je n'y investirais plus de quelques centaines d'euros.
Ce matin, Gérard Larcher tient à préciser que, en fait, le fauteuil n'aurait coûter coûté "que" 32000 euros. Il me semble étonnant qu'en faisant cette précision on puisse imaginer éteindre l'aspect démesuré du prix du fauteuil. Après, bien sûr, j'ai conscience d'avoir un cul très banal qui ne mérite pas beaucoup mieux qu'un contact avec le bois un peu rude d'une chaise tout aussi banale. J'ai plusieurs chaises et je m'aperçois que j'ai choisi la plus banale d'entre-elles. C'est une sale chaise achetée il y a une trentaine d'années dans une brocante à vil prix. Je suis un petit, un sans grade, un vulgaire quidam sans responsabilité. Je le sais et m'en accommode. Pour une personne du bas peuple comme je le suis, il peut apparaître dispendieux et ridicule d'avoir besoin d'un siège aussi cher. Cependant, il faut se mettre à la place de ces êtres d'exception qui passent des milliers d'heures avec nulle autre solution que d'avoir à poser son cul quelque part. Il doit être nécessaire de le choyer, son postérieur, de lui offrir le meilleur. Qui suis-je pour juger ce qui m'est trop étranger, trop éloigné ? Il se trouverait que j'aurais un poste à responsabilité que je comprendrais sans doute le besoin de prendre soin de mon fondement. Jusque là, je ferais bien de me taire.

Jour d'allégresse

Il arrive parfois que l'actualité soit source de joie. Aujourd'hui, j'apprends la mort de le Pen et je sens que je ne vais pas le pleurer. Je regrette qu'elle ne soit pas survenue beaucoup plus tôt et j'ai bien conscience que ça ne va pas beaucoup influer sur la vie politique de la France.

Démocratie représentative

Est-on vraiment représenté par l'Assemblée nationale ? Les députés·es et leur suppléant ou suppléante composent-ils un échantillon représentatif de la population ?
Pour 2023, l'INSEE présente un panorama des catégories socioprofessionnelles selon le sexe ou l'âge (source). On peut voir que sur 1000 personnes (pour supprimer les virgules), on trouve 15 agriculteurs, 67 artisans, commerçants et chefs d'entreprises, 224 cadres, 251 professions intermédiaires, 252 employés, 186 ouvriers et 5 "non déterminés". Dans ces catégories, on ne compte pas les personnes qui ne sont pas en emploi (retraités, chômeurs, personnes en situation de handicap et autres)
Pour les sondages, on s'appuie sur un échantillon représentatif de la population d'environ 1000 personnes. On ne se base pas uniquement sur les catégories socioprofessionnelles, on tient compte d'autres facteurs absents ici mais on va dire qu'on s'en fout. La représentation de la population à l'Assemblée nationale n'est pas en accord avec la réalité de la population française, c'est à ça que je veux en venir.

Sur le site de l'Assemblée nationale, on trouve une liste des députés par catégorie socioprofessionnelle (source). J'ignore si celle-ci est à jour.
Il en ressort que les catégories les plus présentes sont les cadres de la fonction publique, professions intellectuelles et artistiques avec 188 personnes, les cadres d'entreprise avec 120 personnes et les professions libérales et assimilés avec 80 personnes. Rien que ces trois catégories engrangent 388 personnes. On ne trouve qu'un technicien, un ouvrier agricole, un ouvrier non qualifié, inactif divers et un ancien employé et/ou ouvrier.
Il n'est certes pas impossible que l'on puisse être sensible aux questions qui intéressent le peuple tout en étant membre d'une certaine élite mais il ne me semble pas normal que l'on ne donne pas la parole aux intéressés·es d'une manière plus directe.
De plus, il est à mon avis un autre problème, c'est que beaucoup de ces députés·es sont en fait de vrais professionnels·les de la politique qui, c'est humain, pensent en premier lieu à assurer leur poste.
“La démocratie est le plus mauvais système de gouvernement - à l’exception de tous les autres qui ont pu être expérimentés dans l’histoire.”, a dit Churchill. Il prononce cette phrase alors qu'il n'est plus au commandes du pays. Il a été battu par le travailliste Clement Attlee en 1945. Il est donc dans l'opposition.
Cette phrase est tirée d'un discours à la Chambre des Lords dans lequel il dit également :

«Comment l'honorable gentleman conçoit-il la démocratie? Laissez-moi la lui expliquer, M. le président, ou au moins certain de ses éléments les plus basiques. La démocratie n'est pas un lieu où ou obtient un mandat déterminé sur des promesses, puis où on en fait ce qu'on veut. Nous estimons qu'il devrait y avoir une relation constante entre les dirigeants et le peuple. "Le gouvernement du peuple, par le peuple, pour le peuple": voilà qui reste la définition souveraine de la démocratie. ... Démocratie, dois-je expliquer au ministre, ne signifie pas "Nous avons notre majorité, peu importe comment, et nous avons notre bail pour cinq ans, qu'allons-nous donc en faire?". Cela n'est pas la démocratie, c'est seulement du petit baratin partisan, qui ne va pas jusqu'à la masse des habitants de ce pays. et, plus loin :

Ce n'est pas le Parlement qui doit régner; c'est le peuple qui doit régner à travers le Parlement. avant le passage d'où est tirée la phrase restée célèbre :

Beaucoup de formes de gouvernement ont été testées, et seront testées dans ce monde de péché et de malheur. Personne ne prétend que la démocratie est parfaite ou omnisciente. En effet, on a pu dire qu'elle était la pire forme de gouvernement à l'exception de toutes celles qui ont été essayées au fil du temps ; mais il existe le sentiment, largement partagé dans notre pays, que le peuple doit être souverain, souverain de façon continue, et que l'opinion publique, exprimée par tous les moyens constitutionnels, devrait façonner, guider et contrôler les actions de ministres qui en sont les serviteurs et non les maîtres.

Aujourd'hui en France, nous avons eu des élections législatives et nous avons eu les résultats que nous connaissons. La situation est apparemment inextricable et Macron n'a pas l'intention d'aider le parlement à faire ce pour quoi il a été élu. Le seul "plan" qu'il semble avoir encore en main, c'est de laisser pourrir la situation pour dissoudre l'Assemblée dans un an et, peut-être, dans cette attente, de tenter de faire des accords avec la droite voire l'extrême droite.

Alors, oui, peut-être bien que la démocratie est la moins pire des formes de gouvernement mais il me semble qu'il serait bon qu'elle soit au moins réellement représentative de la population française dans sa composition.

On vote et on attend

Quels que soient les résultats, il est possible que nous ayons à revoter pour les députés l'an prochain. J'écarte le cas où la macronie parviendrait à obtenir une majorité. Depuis quelques jours, je me dis que le plus probable, finalement, c'est que de nouvelles élections législatives soient prévues pour 2025.
De ce fait, si jamais un gouvernement est formé dans les jours à venir il n'aura pas le temps de faire grand chose. D'autant moins que les motions de censure pleuvront. On peut même imaginer une fin de quinquennat avec de nouvelles législatives annuelles.
Cela ne m'empêche pas de voter pour le candidat Nouveau Front populaire et de croiser les doigts pour qu'il conserve son siège.


Soyons francs

Dans quelques jours, il est possible que la France soit gouvernée par l'extrême droite raciste et xénophobe et que nous ayons à accepter les décisions de ce gouvernement. Dans quelques jours, il est possible que certaines personnes soient bien avisées de faire profil bas, de ne pas faire trop de bruit, de marcher à l'ombre, de se garder des matraques et des contrôles inopinés. Dans quelques jours, il est possible que nous sentions le goût amer de la dictature envahir notre bouche, que nous ayons à choisir entre la collaboration et la résistance. Dans quelques jours, il est possible qu'il soit bien venu de montrer son allégeance aux idées d'extrême droite et à son histoire.
C'est pour ces raisons que je me réjouis d'avoir conservé une pièce qui va avoir une valeur insoupçonnée jusque-là. Il me suffira peut-être de la sortir pour que l'on accepte l'idée que je suis un brave patriote. La petite image représentant le Maréchal doit pouvoir fonctionner aussi.

Passer à côté des choses simples

Depuis quelques jours, nous sommes informés des estimations des organismes de sondage pour les proches élections législatives. Le journal Sud-Ouest relaye un sondage Elabe pour BFMTV et la Tribune Dimanche..
Je suppose que Elabe connaît son travail et que celui-ci est bien fait. On peut télécharger le rapport sur leur site et, mais je ne suis pas spécialiste et je ne l'ai pas lu dans son entièreté, il me semble sérieux et correct.

De quoi nous parle-t-on au juste ?

( Il est porté à l'attention des éventuels lecteurs que tout ce qui concerne l'analyse du graphique paru dans Sud-Ouest est du grand n'importe quoi. Je me suis gourré, trompé, emmêlé les pinceaux. )

Dans ce rapport, il est fait mention de l'intention pour les Français d'aller voter, des principales préoccupations ou attentes de ces Français, de leur idée quant aux résultats de ces élections, et de tout un tas d'autres points.
Dans le journal Sud-Ouest, mais aussi ailleurs, il me semble qu'il y a une interprétation quelque peu étrange de ce sondage. Dans Sud-Ouest, donc, nous avons droit à un beau graphique en couleurs qui représente le nombre de sièges estimés pour chaque groupe parlementaire en tenant compte grosso modo des marges d'erreur. Ainsi, on voit que le RN et alliés pourraient obtenir entre 250 et 280 sièges à l'Assemblée nationale quand Ensemble en récolterait entre 90 et 100 et que le Nouveau Front populaire en enlèverait entre 150 et 170. On nous présente cela de la sorte :

Sud-Ouest legislatives 2024
hémicycle et projection


Je vois tout de suite un premier souci. C'est flagrant pour le cas du RN et alliés. S'il est bien indiqué une marge d'erreur, on a choisi l'hypothèse d'un nombre de sièges significativement plus proche des 280 que des 250 sièges. Si l'on estime que le milieu de cet hémicycle est à 288,5 sièges et qu'il est difficile de couper un ou une élu·e en deux (ou de faire asseoir la personne le cul entre deux moitiés de siège), je pense que l'on voit bien cette proximité avec le point central. Du coup, pour que le graphique tienne un peu la route, on est bien obligé de grignoter ailleurs dans les proportions de sièges attribués à chacun des groupes.

Mais tout de même, cependant et néanmoins

Dans ce qui est dit sans être dit, c'est que cette étude indique une projection en sièges à l'issue de ces élections. Ce qui n'est pas dit et est tu, c'est que cette étude de Elabe ne concerne que le premier tour de ces élections législatives et ne tient pas compte de ce qu'il peut arriver au terme du deuxième tour. Or, s'il est possible qu'il n'y ait pas de second tour dans des circonscriptions, ce ne sera sans doute pas le cas partout et, dans de nombreux cas, il y aura une confrontation entre le Nouveau Front populaire et le RN. Que ce passera-t-il ? Quels seront les reports de voix ? Ce n'est pas dit dans le rapport.

A quoi joue-t-on ?

Deux cas. Soit on monte le RN pour qu'un sursaut gagne les électeurs et qu'ils aillent massivement voter contre ce parti raciste et xénophobe, soit on se range du côté des vainqueurs que l'on espère dans certains organes de presse. Dans un cas comme dans l'autre, c'est de la manipulation voire de la désinformation. Et ce n'est pas très bien.

Refusons l'optimisme

1300 manifestants annoncés hier matin pour dénoncer l'extrême droite à Périgueux. J'ai croisé des personnes venues du sud du département, plus loin que Sarlat. 1300 personnes ou même 1500 selon certaines sources, c'est à la fois déjà pas mal de monde mais c'est aussi très peu.
On a défilé sur les boulevards, on a chanté et crié, on a brandi des pancartes, on a rigolé, on s'est offusqué, on a écouté des déclarations et puis on est rentré chez soi. Comme on pouvait s'y attendre, c'était surtout l'occasion pour les gens de gauche de se retrouver, de se compter. Comme attendu, les personnes de droite ou du centre n'étaient pas particulièrement présentes. Bon.
Derrière tout ça, il y a les élections législatives qui approchent, la constitution du Nouveau Front populaire et l'espoir de deux victoires en une. Prendre le pouvoir et battre le RN. Ce n'est pas gagné. Toutes les composantes de la gauche étaient représentées. Les partis politiques, des syndicats (pas tous), des associations. On se réjouissait d'une belle participation des jeunes autant que de la présence des plus vieux.
Mais voilà. On peut espérer, on peut y croire, on peut en rêver mais c'est loin d'être gagné. Je me refuse à être optimiste. L'optimisme, c'est souvent ce qui précède la déception, la désillusion. Je ne suis pas optimiste et j'estime avoir de bonnes raisons pour ne pas l'être dans le cas présent.

Des références
La jeunesse s'exprime


Contre le RN
Contre le racisme, la fascisme et même la nazisme


Raciste un jour, raciste toujours
bonne humeur chez les jeunes


Les Bérus étaient souvent cités
Après, l'orthographe n'était pas le sujet


C'est aujourd'hui dimaaaaancheu…

C'est aujourd'hui que nous sommes invités à voter. Il y a le choix. On a du raciste d'extrême droite, du racisme d'extrême droite, du racisme d'extrême droite, du racisme d'extrême droite, des cons, des salauds, des crétins et quelques candidats de gauche (en clair, la France insoumise, le NPA révolutionnaire et Force Lutte[1] ouvrière). Ah ! Oui ! On a aussi le PCF qui, lui, a décidé de cumuler. En plus d'être possiblement "de gauche" ils ont pioché dans la liste donnée avant ce qui leur colle le mieux. A vous de trouver ou de décider.

Dans la commune où je réside, il est bien probable que l'on joue une fois encore à montrer combien on est con au point de voter à l'extrême droite. Ça doit être une forme de tradition locale. Il s'en trouvera certains pour ne pas suivre le mouvement et j'en serai. Mais je ne suis pas là pour donner des consignes de vote.
Si je pense savoir quel est le bulletin que je glisserai dans l'urne, si je suis certain de ceux que j'écarte d'office, je ne vais pas raconter que je vais voter avec enthousiasme. Je vote parce que, ma foi, après tout, pour une fois que l'on me demande mon avis, et ceci même si j'ai conscience que je n'ai pas de poids et que cette élection ne changera rien de fondamental dans la politique libérale et capitaliste en œuvre depuis longtemps, je vote parce que je me dis que je dois, à mon humble niveau, contrer l'extrême droite, la droite, la macronie.
Je ne donne pas de consigne de vote et pourtant j'ai presque envie de vous appeler à voter pour qui vous voudrez sauf pour la candidate macroniste. Ne pas voter à droite serait encore mieux à mon avis mais déjà, ne pas voter macroniste, ce n'est pas si mal.

Pour illustrer un peu ce billet, j'ai usé d'une IA génératrice d'images encore gratuite pour quelque temps. D'ici peu, ce sera payant et je ne mettrai pas un centime dans ce truc. Je reviendrai sans doute sur ce sujet bientôt.

Note

[1] quel sot je suis

Votre voix a un prix

Sauf à être militant, sauf à avoir un avis, sauf à avoir des idées, il est probable que les prochaines élections européennes, vous n'en avez rien à faire. Parce que l'on vous bourre le mou en vous disant combien ces élections sont importantes et combien il est nécessaire d'aller voter, que c'est là un devoir citoyen, que c'est l'enjeu de la démocratie qui est mis sur la table, vous avez peut-être l'intention, en traînant des pieds, d'aller jusqu'au bureau de vote qui vous est assigné pour faire votre devoir. Seulement, vous avez beau réfléchir, vous ne savez pas pour qui voter. Dans le fond, vous vous dîtes que vous n'avez de préférence pour aucune des listes en présence et vous êtes bien embêté.
Vous pourriez voter blanc mais vous savez que ça ne sert pas à grand chose. Si on prend le temps de réfléchir un peu, à force de nous dire que notre voix est importante, on pourrait se dire que ce qui est important a une valeur et que vous pourriez monnayer votre devoir de citoyen. Si, dans votre entourage, vous connaissez une personne qui compte bien ne pas se déplacer pour aller voter, vous pouvez sans doute prendre une procuration et voter deux fois.
Combien vaut notre voix ? Je suppose que selon ce que disent les sondages, une liste bien placée rechignera à payer quand une liste qui ne parvient pas à décoller sera disposée à gonfler un peu son score pour quelques dizaines d'euros. Il me semble qu'il est correct de partir sur une base d'une bonne centaine d'euros pour un bulletin glissé dans l'urne. A moins, ce n'est pas cher payé.
Si l'on ne sait pas pour qui voter, si on est indécis, on peut avoir un semblant de conscience politique et avoir une mince préférence pour quelques idées. Ainsi, une personne plutôt réceptive aux idées de droite pourra demander plus d'argent pour un vote de gauche et inversement, une personne mollement de gauche ne vendra son vote à un parti d'extrême-droite que contre une belle somme.

L'idée serait de monter une plate-forme internet (c'est à la mode) qui permettrait de mettre en rapport les vendeurs de vote et les acheteurs. Les concepteurs de cette plate-forme prélèveraient une petite somme sur les transactions et ce serait win-win comme on le dit dans les milieux autorisés et branchés.
Les achats de votes ont déjà été expérimentés (par exemple par Serge Dassault à Corbeil-Essones). Cette précision pour faire fermer leur caquet aux personnes qui s'étranglent d'indignation à cette idée. Gagner un peu d'argent, pour les plus pauvres, ce n'est pas anodin. Et puis, une fois encore, si on n'a pas de préférence, autant que sa voix serve à quelque chose.

Je me tiens disposé à étudier toute proposition.

Mauvais esprit

Je n'aime pas le sport. Je le déteste, je hais l'idée même du sport. Je n'aime pas la compétition, je n'aime pas la performance. Je n'aime pas les jeux olympiques.
Cette année, ce sera donc à Paris, en France, que vont se tenir les jeux olympiques. La bonne attitude serait de s'en foutre. Puisque déjà je ne me tiens pas au courant de l'actualité, que je n'écoute plus la radio, que je ne lis presque plus rien en rapport avec les nouvelles du monde, il me serait simple d'ignorer l'événement. Parce que je n'habite pas Paris, qu'il ne se passera rien à Azerat et dans ses environs proches, je ne suis pas concerné. Plutôt que de cracher sur ces jeux olympiques, je serais sans doute mieux avisé de n'en point causer.
Seulement, il faut faire entrer Macron dans l'équation et là, ça change tout. Je déteste et hais Macron encore plus que les jeux olympiques et le sport réunis. Pour ces dernières années, je pense même que ce que je déteste le plus au monde, c'est Macron et son entourage. Si je n'aime pas le sport, il faut reconnaître qu'il ne m'oblige en rien et qu'il n'a pas d'action sur ma vie quotidienne. Ce n'est pas le cas pour Macron qui m'emmerde chaque jour qu'il persiste à rester en vie. Savoir qu'il est toujours là m'emmerde et me contrarie.
Alors, par simple mauvais esprit, par pure méchanceté, j'espère, je souhaite, que ces jeux olympiques soient un fiasco total. Je rêve que la France de Macron soit la risée du monde entier, je me réjouis par avance que Paris devienne le symbole des pires jeux olympiques de l'histoire, que la ville soit entachée de honte. Comme ça, juste pour faire chier Macron. Ce n'est pas intelligent.
Je tente de ne me tenir au courant de rien de ce qui se passe dans le monde mais je ne peux pas empêcher que des nouvelles parviennent malgré tout à mes sens. J'ai ainsi entendu parler de ces jeux olympiques, de la pantalonnade d'épreuves de natation dans la Seine, de l'expulsion de personnes de la capitale, des restrictions de circulation pour les Parisiens, de la flambée des prix pour les logements, de la réquisition des logements étudiants. J'ai lu des critiques sur l'organisation de ces jeux, sur le fonctionnement du comité des jeux olympiques, sur les magouilles financières. Ces jeux ne sont qu'une vaste opération commerciale et financière répugnante.
Je ne vais pas aller jusqu'à espérer qu'il se passe quelque chose de trop grave durant ces jeux mais si déjà rien ne se passe comme prévu, si l'organisation se révèle catastrophique et, surtout, si la France se révèle minable dans les compétitions, ça m'ira bien. Comme ça, par pure méchanceté bête.

Ne pas (dé)contracter

Je ne me suis pas astreint à creuser cette affaire qui, malgré mes efforts pour ne pas suivre l'actualité, est arrivée jusqu'à moi au hasard de quelque écoute radiophonique ou de quelque lecture journalistique de haute volée. Je parle là de ce couple qui a défrayé la chronique avec leur "je ne contracte pas" lancé à des gendarmes qui entendaient effectuer un contrôle d'alcoolémie. C'est du moins ce que j'ai retenu de l'affaire.
Apparemment, ce mouvement en lien avec le complotisme serait né aux États-Unis d'Amérique dans les années 70 et serait appelé par là-bas Sovereign citizen movement. Ce serait arrivé en France à la faveur de la crise de la COVID-19, des confinements, des campagnes de vaccination. L'idée du mouvement serait que ces citoyens éclairés (pour ne pas dire allumés) savent bien qu'ils ont leur libre arbitre et qu'ils n'ont aucun compte à rendre à quelque autorité qui soit, politique, policière ou judiciaire. En fait, ils sont persuadés que l'État (pour faire simple) serait une sorte de société privée et que l'on peut refuser de signer une forme de contrat avec lui. Ainsi, en refusant ce contrat, ils ne sont obligés de rien en terme d'obligation légale.

Comme ça, de prime abord, on peut sourire de ces crétins et considérer qu'il n'y a rien de bien grave. Maintenant que cette histoire est arrivée dans les média avec ce couple refusant de se soumettre à un contrôle, je pense mieux comprendre les propos de certaines personnes que j'ai pu croiser lors de cette crise du COVID-19. Particulièrement, je me souviens d'une personne qui faisait (ou fait toujours ?) partie d'un groupe d'opposants à la vaccination et au confinement, qui tenait des propos assez incohérents et qui m'avait demandé de travailler gratuitement à la mise en pages de documents et à la réalisation d'un site ou d'un blog. J'avais refusé en indiquant que je ne partageais pas ses idées et il m'avait été répondu que je devais reprendre ma liberté face au pouvoir.
De même, lors des manifestations contre la réforme des retraites, à Périgueux, il m'est arrivé à plusieurs reprises de croiser une femme qui portait une pancarte couverte de propos assez obscurs. Je pense aujourd'hui être un peu plus en mesure de comprendre le fond de sa pensée (?). Elle faisait l'amalgame entre tout et n'importe quoi, les retraites et la vaccination, entre autres.
Je ne sais pas ce qu'il en est en France, quelle est l'ampleur de ce mouvement complotiste, mais il paraît qu'aux États-Unis d'Amérique, certains membres de ces Citoyens souverains refuseraient d'assurer leurs véhicules (entre autres choses). Imaginons un instant que je sois victime d'un accrochage avec l'un ou l'une de ces Citoyens souverains là et que ça occasionne quelques tracas administratifs. Et ça, c'est pour le cas le plus banal, le moins grave.
Cela me fait penser à un mouvement dont j'ai oublié le nom qui, dans les années 80 et 90, proposait aux travailleurs indépendants, artisans, commerçants, de refuser de payer leurs cotisations à l'URSSAF et proclamait qu'ils étaient forts et qu'ils allaient faire plier le système. Dans mon souvenir, ça ne s'est pas passé comme souhaité. Je vois là une certaine similitude avec l'affaire du couple refusant de contracter.

Je vois qu'il existe un site Citoyens souverains qui se présente comme "Collectif écosocialiste, féministe, antiraciste pour la sortie de l’UE, de l’euro et de l’OTAN, pour le RIC, et un moratoire sur la dette". Il ne me semble pas évident qu'il y ait un rapport avec le sujet du jour.


en savoir plus
À lire sur le site du Nouvel Obs

Magazine
modélisation magazine ouvert

L'inflation est une opportunité pour les foyers les plus modestes

Les Français sont amusants. Ils se pensent supérieurs à tous, s'imaginent une gloire sans nulle autre pareille, s'estiment phares de la pensée universelle, se racontent que leur gastronomie est la meilleure, voient leurs paysages, leurs monuments, leurs châteaux, leur histoire comme autant de merveilles que le reste du monde leur envie, persistent malgré les classements internationaux et les chiffres à se croire intelligents, glorifient leur langue pour mieux refuser d'en parler d'autres et ne comprennent pas que, tout autour de leurs frontières, on rit d'eux.
Le Français n'est jamais content. Il conteste, il revendique, il proteste, il se met en grève pour un oui et pour un non, il accuse les autres d'être à la source de ses malheurs et, pendant ce temps, alors que le monde avance, il recule. Le Français est un éternel reliquat du passé. Il ne sait pas vivre dans le présent, est incapable de penser l'avenir et se réfugie dans un passé fantasmé. Il est un peu pitoyable, si vous me permettez l'expression.
Le Français a ses valeurs bien à lui. Le vin, le fromage et le cassoulet. Il n'aime pas la réussite, est presque inquiet lors d'une victoire sportive, vit dans la crainte des mauvais jours, se rue sur les rouleaux de papier toilette à la moindre alerte, vitupère contre ceux qui gagnent, les riches. Le Français vit dans un monde clos. Ce qui est hors de ses limites territoriales n'existe pas. Il vit dans un monde imaginaire forgé de traditions qu'il croit millénaires. Il se dit que la France a su gagner des guerres et que l'ensemble des pays étrangers doivent bien comprendre qu'il ne fait pas bon s'attaquer à un puissant pays comme le sien, le meilleur, le plus beau, le plus fort. Il se persuade avoir encore de l'influence sur le reste du monde et est prompt au cocorico qui fait si bien sourire à l'extérieur. Pour tout dire, le Français est "has been". On ne peut pas être et avoir été et, si jamais la France a été grande un jour, ce n'est aujourd'hui qu'un pays en pleine décrépitude perdu dans une Europe qui patauge.

Et pourtant, il suffirait d'un peu de vision, d'un poil d'optimisme, d'une pincée d'intelligence supplémentaire pour que le Français perçoive la réalité et, surtout, la chance qu'il a. Par exemple, l'inflation. Il ne se passe pas un jour sans que l'on entende l'un ou l'autre de ces Français se plaindre (ça, il sait faire) de l'inflation. Et les prix qui s'envolent, et les fins de mois de plus en plus difficiles, et les repas que l'on doit sauter, et le prix de l'immobilier, la difficulté à trouver où se loger, le prix du carburant. Il accuse ses dirigeants, les dit incapables quand il ne les dit pas à la solde des plus riches, est contre les réformes. Il les a élus, il les a voulus, il les a eus, pourtant, ces dirigeants politiques.
Pour autant que je m'en souvienne, Emmanuel Macron a été choisi, voire plébiscité, sans que les électeurs et électrices soient menacés d'une arme dans l'isoloir. Le programme n'a jamais été caché, ce qu'il a fait, c'est peu ou prou ce qu'il avait dit qu'il allait faire. Le peuple de France n'a pas été pris en traitre et le passage d'Emmanuel Macron lors du quinquennat de François Hollande montrait bien la direction que celui-ci souhaitait pour le pays. Alors, que certains Français soient fâchés et auraient souhaité qu'il en aille autrement, c'est entendable mais, si l'on accepte l'idée de la démocratie et du scrutin majoritaire, il faut accepter.

Soyons sérieux. Voyons, tous ensemble, la chance incroyable, l'opportunité qui se présente à nous et, en particulier, à la France des plus modestes d'entre-nous. L'inflation est une magnifique occasion de faire des profits. Imaginez un peu. Vous achetez un bien de consommation aujourd'hui, vous pouvez doubler voire tripler sa valeur de revente dans quelques mois. C'est un peu plus rémunérateur qu'un livret A à la papa, ça. Je reste stupéfait de constater combien on peut se lamenter alors que la chance de (ou le risque) devenir riche à brève échéance s'ouvre à mes chers compatriotes. Si j'avais un conseil à vous donner, ce serait celui-ci : faites des profits ! Et d'ailleurs, Bruno Le Maire le sait bien. Il comprend, lui, la marche du monde et ce qui est bon pour vous. Alors, cessez de vous plaindre, de pleurer, de vous lamenter. Acceptez les promesses du libéralisme, source de bonheur intarissable, fontaine de réussite garantie par l'État, geyser de gloire. Les petits ruisseaux font les grandes rivières. Les petits profits d'aujourd'hui construisent les milliardaires de demain et, je vous le souhaite ardemment, contribueront à vous rendre plus riches, plus puissants, en un mot plus heureux.

l'inflation est une chance pour les personnes les plus modestes
Faites des profits grâce à l'inflation

Quatre-vingt sept pour sang

Ayé ! Poutine, il est réélu haut la main, en place pour les six années à venir. Ce n'est que justice, Poutine est aimé par les citoyens russes, c'est quasiment le meilleur dirigeant qui ait jamais existé dans ce beau et noble pays. En plus, il est beau, intelligent et vachement fort en empathie et il n'a pas attendu Macron pour œuvrer en faveur de l'aide à mourir. Le fait est que les jeux n'étaient pas faits. Jusqu'à peu, il restait encore quelques candidats d'opposition mais, et c'est un grand malheur, ils sont tous morts dans de terribles conditions. Du côté du Kremlin, on recherche activement les 13% de personnes qui se sont trompées en choisissant de voter pour quelqu'un d'autre que Vladimir Vladimirovitch. Les médecins russes estiment qu'il convient de proposer toute une gamme de soins très efficaces à ces malades mentaux.
Poutine lui même a été surpris par sa réélection. Selon quelques sources bien informées proches du pouvoir, le guide suprême aurait rechigné à terminer son repas tellement il était anxieux et tendu. C'est avec un grand soulagement qu'il a pris note de la victoire, avec soulagement mais aussi avec beaucoup d'émotion et d'humilité. Il a remercié le peuple russe avant d'aller se laver les dents.

Cyber-attaques russes

Hier, j'écoutais sur LCP[1] les débats relatifs à l'accord signé avec l'Ukraine pour leur fournir des aides matérielles et autres dans le conflit actuel avec la Russie. C'était assez intéressant, mine de rien. Par exemple, personne parmi les députés·es présents·es n'a pris la défense de Poutine. Tout le monde semble reconnaître le statut d'agresseur pour la Russie et celui de victime pour l'Ukraine. C'est déjà ça.
Bon. Il y a bien eu quelques moments dérangeants comme celui où un député (MoDem me semble-t-il) a martelé combien nous avions des points commun avec le peuple ukrainien et combien l'Ukraine était proche de nous géographiquement. Hormis le fait que l'Ukraine soit un pays chrétien (enfin vous comprenez ce que je veux dire, ce n'est pas une théocratie), je ne vois pas bien. La couleur de peau ? Non parce que de l'histoire commune, on en a beaucoup plus avec pas mal de pays africain, par exemple. Il se trouve même que pour certains, ces pays sont "chrétiens" eux aussi. Des pays où l'on parle français, aussi. Par contre, oui, on ne va pas se le cacher, on n'a pas exactement la même pigmentation.
Que partage-t-on donc avec l'Ukraine ? A mon avis, ce n'est pas cela qui est important. Je suppose qu'il est honorable de défendre ce pays contre la Russie et qu'il est bon de défendre d'une manière générale la démocratie face à la dictature. Maintenant, devrions-nous déployer les mêmes efforts pour défendre la démocratie dans des pays africains ? La question mérite que l'on y réfléchisse. Lorsque l'on refuse l'accueil à des Africains et que, dans le même temps, on ouvre grands nos bras aux Ukrainiens, il y a un petit malaise. Tant mieux pour les quelques Ukrainiens qui ont choisi de partir de leur pays, hein.

Au cours de ce débat, on a insisté sur le fait que nous sommes déjà en guerre contre la Russie. La guerre des années 2020 n'est plus celle d'autrefois. Aujourd'hui, la guerre se fait par exemple avec des cyber-attaques qui perturbent les services de l'État ou par la propagation de fausses informations. Pour contrer cela, la France pourrait se couper d'Internet et revenir au Minitel. On peut en rire mais il fut un temps où la France était en avance sur le reste du monde dans le domaine des télécommunications.

Cyber-attaques russes
Sortez vos minitels !

Il y avait un aspect assez anxiogène dans ce débat avec un appel à relancer l'industrie militaire, la production d'explosifs (comme à Bergerac la poudre), d'armements, de véhicules. Bien sûr, ça peut faire penser que nous nous dirigeons vers un conflit ouvert avec la Russie et, comme l'a proposé Macron, un envoi de militaires français sur le terrain.
Il a été dit qu'il ne fallait pas être lâche. Il a été fait mention des accords de Munich de 1938 durant lesquels un accord est signé entre le Royaume-Uni, la France, l'Italie et l'Allemagne pour ce que l'on appelle la crise des Sudètes. On a alors voulu croire que Hitler s'arrêterait là et que, bon, finalement, la Tchécoslovaquie, on s'en bat un peu les couilles. Là, il est fait un parallèle avec Poutine qui ne s'arrêterait pas à l'Ukraine et souhaiterait s'attaquer au reste des pays de l'ancien bloc soviétique. C'est de la spéculation mais nous ne sommes pas dans la tête de Poutine. Poutine qui n'hésite pas à braquer la menace nucléaire, tout de même.
Et puis, peut-être bien que l'Europe doit réfléchir à son réarmement à l'heure où, du côté des USA, on semble ne plus vouloir trop s'occuper de ce qui se passe ailleurs. Gabriel Attal parle d'une économie de guerre et, bien que je ne sois pas un spécialiste (ni de l'économie ni de la guerre), je vois vaguement ce que cela signifie. D'ici à ce que l'on nous dise qu'il y a enfin du travail pour tous…
Hier, on parlait d'énergie et on peut en reparler aujourd'hui. Avec son gaz et son pétrole (en plus de la sidérurgie et de l'industrie), la Russie a des avantages sur les pays européens. Je veux bien que nous soyons en mesure de fabriquer de superbes avions de chasse ou des drones militaires de toute beauté, la question est de savoir comment on équipera tout ça en belle électronique le jour où la Chine refusera de nous vendre les composants nécessaires.
Faites provision de sucre, de pâtes, de conserves. On ne sait jamais.

Note

[1] La Chaîne parlementaire

Heureusement qu'il reste des pauvres

Aujourd'hui, c'est le "Jour du dépassement", le jour de l'année où l'on a consommé toutes les ressources que la planète est capable de générer sur un an.

A ce que l'on dit, il faudrait 1,7 planète pour satisfaire la consommation tout en garantissant le renouvellement des ressources. Ceci à l'échelle mondiale. Si toute la planète vivait comme les pays riches, dont nous sommes, il faudrait probablement plutôt entre 2,5 et 3 planètes.
Les pays riches consomment plus (beaucoup plus) que les pays pauvres. En 2021, 10% des personnes les plus riches détenaient 75% des richesses mondiales. Si l'on prend un gâteau, il y a une personne qui engloutit les trois quarts de la pâtisserie et les neuf personnes restantes se battent pour se partager le quart restant.
Une fois que cela est dit, on se sent un peu coupable de consommer tant et plus tandis que d'autres crèvent de faim et que la planète ne sera peut-être pas en mesure d'assurer la vie de tous dans quelques décennies ou siècles. Si l'on a un tantinet de conscience écologique, on se promet de faire attention, de moins consommer, de moins gaspiller, d'être économe, sobre, frugal. Si l'on a décidé que l'on en a rien à foutre des autres, que l'on mérite de consommer toujours plus, que l'on a droit à son petit confort, que l'on refuse de restreindre ses envies, que l'on a bien mérité tout ce que l'on peut consommer, que c'est un droit et, qu'en plus, vu son âge, de toutes les façons, sa vie tire sur la fin, alors, on ferme les oreilles et on rigole de cette histoire de "Jour du dépassement" en se remplissant la panse et en riant gras.

Mais, il y en a qui consomment peu non pas parce qu'ils sont sensibles aux causes écologiques mais simplement parce qu'ils ne le peuvent pas. C'est le cas des pauvres, qu'ils soient d'ici ou d'ailleurs. Il conviendrait que les riches sachent remercier les pauvres pour leur dévouement.
Je suppose que pour bon nombre de personnes aisées, tout est question de mérite. Si ça va plutôt pas mal pour elles, c'est qu'elles le méritent. C'est plus glorifiant et plus déculpabilisant que de se dire que la plupart du temps, c'est surtout un sacré gros coup de chance. La chance d'être né là plutôt qu'ailleurs, d'avoir eu accès à des systèmes éducatifs et de santé, de ne pas être né handicapé ou dans un pays en guerre, d'avoir eu de la chance.
Les pauvres, les improductifs, les parasites du système, les laissés pour compte, les étrangers d'ailleurs qui fuient la misère, la guerre, la famine, les états totalitaires, ils n'ont que ce qu'ils méritent eux aussi. Quand on veut, on peut. Il suffit de traverser la rue et puis, il faut se donner les moyens, il faut de la volonté, du courage, de la hargne, de l'allant. Si ça reste pauvre, c'est bien parce que ça les arrange.
Lorsque l'on entend, à la radio, sans doute à la télévision, que l'on lit dans les journaux l'annonce de ce "Jour du dépassement", on se dit donc qu'il nous faut faire quelque chose et l'on se fait la promesse de faire un peu plus attention. Et pas un moment, on se dit que, finalement, nous autres, les gens des basses et moyennes classes de la société, nous ne jouons que pour une part infime dans ce problème et que, comble de malchance, ce sera nous qui subirons les premiers les effets de cela.
Normalement, nous devrions nous révolter contre les plus riches, contre les plus gourmands. Mais non, ce doit être dans la nature humaine de croire que ces riches, ces puissants, sont des objectifs à atteindre, des modèles, et qu'il faut tenter de les rejoindre tout en haut, d'avoir accès aux délices de la vie de riche.
Si le pauvre sait qu'il est pauvre, celui qui est juste sorti de la pauvreté ou celui qui a les moyens de se faire une petite vie confortable pense qu'il a gravi une marche vers la cime, qu'il va bientôt rejoindre l'élite, qu'il va jouer dans la cour des grands de ce monde. C'est fou de réussir à se bercer de pareilles illusions.
Ce que l'on nous dit, ce que l'on lit ou entend, ce n'est pas qu'il faut se révolter contre ceux qui bouffent les 3/4 du gâteau, c'est qu'il nous faut nous sentir coupables et responsables de la catastrophe à venir. Si l'on était honnête et cynique, on souhaiterait la disparition des pauvres, des milliards de personnes qui ne servent à rien. Parce que le problème est bien là. S'il n'y avait que des riches et même s'ils consommaient jusqu'à l'éclatement, tout irait très bien.

La macronie, c'est tout de même chouette

Le Fonds Marianne. C'est quoi l'affaire ? Après l'assassinat de Samuel Paty, il y a l'idée de créer un fonds qui irait à des associations en charge de lutter contre le "séparatisme". Bon. Et voilà que Marlène Schiappa, à l'époque ministre déléguée à la Citoyenneté, est soupçonnée d'avoir participé aux choix des associations, d'en avoir écarté certaines. De plus, on accuse certaines associations d'avoir empoché des euros juste pour dézinguer les opposants politiques (de gauche) à Emmanuel Macron.

Pour l'heure, on ne sait pas bien qui sont les coupables ou s'il y a bien un scandale derrière l'affaire mais si vraiment l'affaire existe, on touche le fond de la dégueulasserie cynique. Utiliser l'assassinat de l'enseignant Samuel Paty pour mener une lutte en faveur de Macron, choisir des associations amies au pouvoir, ne rien contrôler de l'utilisation des sommes reçues, c'est simplement dégueulasse.
Ce qui est chouette avec la macronie, c'est qu'elle est capable H24 (comme on dit dans le milieu des connards), de montrer combien elle est composée de salopards décomplexés, de trous du cul merdeux. Rien ne les arrête. Aucune bassesse, aucune éthique, aucune morale. C'est assez dégoûtant, au fond.


Accessoirement, un dessin.

La dernière ?

Ce matin, pour la quatorzième fois, les manifestants défilaient dans les rues de Périgueux pour dire leur rejet de la réforme des retraites de Macron. Ils étaient entre 1300 et 1400 et c'est beaucoup moins que les fois précédentes. On peut se demander si la résignation explique cette petite mobilisation.

La main au culte de la personnalité

Un macroniste, ça ose tout. C'est même à ça qu'on le reconnaît. La dernière (en date) connerie de l'un d'eux vient de Denis Masséglia, député macroniste de la cinquième circonscription de Maine-et-Loire, lèche-bottes en chef, lèche cul de première, fayot comme on en fait rarement, qui a pondu un amendement qui oblige l'affichage du portrait de sa Sainte Majesté (ça m'écorche le clavier d'écrire son nom) dans les mairies. Jusque là, c'était une tradition républicaine somme toute plutôt bien respectée.

Cet amendement vient dans le projet de loi instituant l'obligation d'apposer le drapeau européen sur les mairies en plus du drapeau français. Pour ma part, je m'en contrefous. Si je n'aime pas beaucoup les drapeaux, je ne m'offusque pas de la présence du drapeau français en quelque lieu qui soit et ne serai pas gêné de voir celui de l'Europe à ses côtés. Je m'en fous. A mon avis, il n'y a pas de quoi en faire une affaire sauf à être contre l'Europe (ce que je ne suis pas).
L'affaire de l'obligation d'affichage du portrait du président de la République, dans le fond, j'en n'ai rien à battre non plus. Ce n'est pas tous les jours que je vais souiller de mes chaussures crottées le parquet de la mairie. Globalement, je m'y rends les jours d'élection et, depuis le COVID-19, même plus puisque le bureau de vote est transféré à la salle des fêtes.
Mais tout de même. Qu'est-ce que c'est que cette histoire de faire entrer dans la loi l'obligation d'affichage de la gueule du président ? Qu'est-ce que ça veut dire ? Qu'est-ce que ça veut dire de notre République, de notre démocratie ? L'histoire commence avec le maire divers droite de Cholet qui refuse d'afficher ce portrait officiel. Le député sus-nommé en prend ombrage et propose l'amendement dont on parle. J'imagine qu'il pense pouvoir gagner des galons au sein de la macronie. Peut-être un maroquin de ministre ? Se secrétaire d'état ? De nettoyeur de chiottes présidentielles ? Enfin quelque chose de glorifiant, c'est presque certain.
Sur sa fiche wikipedia, on apprend qu'il est spécialiste des jeux vidéo.

Quand on m'agace, parce que j'ai mauvais fond, je cherche une parade. J'en ai trouvé une qui pourrait servir aux mairesses et aux maires de nos communes qui ne voient pas d'un bon œil cette obligation. Il faudrait vérifier mais je me dis que si le mur chargé de supporter le portrait présidentiel devenait un mur d'exposition d'autres portraits, de photographies de paysage, de tableaux, d'affiches (…), ce serait amusant.

1er mai à Périgueux

A périgueux comme ailleurs, ce 1er mai avait un air de manifestation contre le projet de réforme des retraites. Combien était-on à parcourir les rues de la ville ? Ce n'est pas si important. Il y avait du monde, il y avait de la bonne ambiance, il y avait des casseroles.


Rendez-vous est donné devant le palais de justice pour 11 heures. Les manifestants arrivent d'un peu partout et parfois d'assez loin. Je retrouve des têtes connues, des discussions déjà entendues.


Il y a ceux qui sont venus avec une casserole ou un dispositif sonore portatif d'un autre type, il y a ceux qui sont venus avec des pancartes. Parfois, le message est humoristique, moqueur, ironique, parfois il est militant, revendicateur ou étrange. Sur la photo de dessus, référence est faite à Kamelott mais il arrive que le message se fasse plus obscur, plus étrange, comme celui de cette dame qui mélangeait un peu tout et n'importe quoi pour dire qu'elle n'était pas contente.


Nous quittons le cours Montaigne et empruntons la rue Victor Hugo. On bifurque pour rejoindre la place Plumancy puis direction la gare SNCF. Là, on prend la direction du rond-point des poissons et on remonte par l'avenue du maréchal Juin.



On file vers la rue Thiers et on tourne dans la rue Gambetta. Là, au restaurant le 66 degrés, on a sorti une casserole pour accompagner le mouvement. Un peu plus tôt, avant d'arriver à la gare, c'était aux balcons et au fenêtres que l'on entendait des casseroles. On ne peut certes pas tirer de cela une conclusion mais, de mémoire de manifestant, il n'est pas si courant d'être encouragé par les habitants et commerçants.


La marche se termine sur la place Yves Guéna avec une chorégraphie des Rosies vivement applaudies. L'ambiance bon enfant de cette manifestation tranche avec ce que l'on nous rapporte des violences vues dans des villes plus importantes. Là, les familles étaient de la sortie comme les jeunes, lycéens et étudiants, les retraités, les encartés et les anonymes. Derrière la bonne humeur de façade, il y a bien une colère contre ce projet de réforme.

Haut de page