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Bradypus

Que peut nous apprendre wikipedia sur ce sujet ?

Le bradypus mange majoritairement des feuilles. Comme ce régime alimentaire n'est pas très riche en nutriments, son corps s'est habitué a économiser de l'énergie. Il peut ainsi grimper des arbres sans effort, et sa chaleur corporelle est très basse. Lorsqu'il mange, il mâche très lentement, puisque son système digestif met du temps à tout digérer. Il peut ne déféquer qu'une seule fois par semaine et ne pas manger pendant un mois. Il ne possède pas une vue très précise. Ses yeux sont d'ailleurs très petits. Il n'émet aucun son excepté lorsqu'il se reproduit. Cela lui donne un caractère très silencieux et discret. Il peut dormir quelque 18 heures par jour.

Le bradypus, ou paresseux, vit en Amérique centrale et du sud. C'est un animal lent, d'apparence placide. S'il ne semble pas bien méchant ou dangereux, il convient de noter que sa conversation est ennuyeuse et qu'il n'a pas grand chose à dire à propos de la coupe du monde de football. Moi non plus. C'est un animal qui vit dans les arbres où il trouve aisément les feuilles dont il se nourrit.
Autrefois, il y a tout de même quelques millions d'années (un peu plus ou un peu moins), le continent américain était constitué de deux parties bien dissociées. Entre ces deux parties, il y avait de l'eau. Alors, s'il était possible que les oiseaux passent d'une terre à l'autre, les animaux terrestres, eux, étaient cantonnés qui au nord, qui au sud. Et cela causait beaucoup de tristesse chez les animaux avides de voyage et de découvertes de paysages inconnus.
Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'à une époque, ce que l'on nomme aujourd'hui Amérique du Sud s'est retrouvée séparée de l'Amérique du Nord après que ces deux territoires s'étaient détachés de l'Afrique. Sur ces territoires, au départ (qui a dû durer un peu), la faune de ces Amériques étaient celle que l'on trouvait en Afrique. C'est logique, finalement. Et alors, bon, voilà que, profitant des caprices de la croûte terrestre, les terres prennent leur indépendances les unes des autres. Bye, bye, on file plus à l'ouest !
Le voyage prend son temps mais toujours est-il qu'à partir du largage des amarres, les animaux sont bien obligés d'évoluer à leur manière d'un côté et de l'autre de ce qu'il convient bien d'appeler désormais océan Atlantique. Il faut noter qu'en ces temps lointains, les moyens de communication, téléphones satellitaires, Internet, ou même câble télégraphique trans-océanique, n'étaient encore que de vagues idées mal définies. Enfin bref, chacun vit sa vie comme il l'entend et personne ne trouve à y redire pendant pas mal d'années.
Et puis, un matin, voilà que les deux sous-continents américains se rapprochent et qu'un passage s'ouvre entre le sud et le nord. Pour pas mal d'animaux, c'est une aubaine ! Enfin, on va pouvoir voir du pays, retrouver les cousins perdus de vue, faire du tourisme. Du côté de Panama et de son isthme, c'est le grand chassé-croisé, il y en a qui montent, d'autres qui descendent. On peut supposer qu'il y a dû y avoir un peu comme des embouteillages mais les chroniques de l'époque ne nous sont pas parvenues. Cet événement a un nom, c'est le "Grand échange faunique interaméricain" (ou Great American Interchange) et on en apprendra plus ici que sur ce blog.
Et alors, c'est là que ce qui semblait être l'ouverture sur une nouvelle ère pleine de promesses réjouissantes tourne au cauchemar. C'est que, du sud comme du nord, à force de diverger n'importe comment, l'équilibre qui avait été, bon an mal an, trouvé entre prédateurs et proies est bouleversé et que ça dégénère. Certains qui se pensaient peinards se font croquer par des méchants débarqués d'on ne sait où, de vils étrangers, des "pas comme nous". Si je n'ai pas tout à fait tout compris des tenants et aboutissants de toute cette affaire, il me semble qu'il y a eu du chambard et d'âpres luttes de part et d'autre.

Mais revenons à notre sujet

Alors que les ancêtres de nos paresseux pouvaient être vraiment plus gros et qu'ils ont eu l'idée d'aller en Amérique du Nord pour voir si les feuilles y étaient meilleures (au passage, je ne peux pas passer sous silence qu'un paresseux actuel se déplace à la vitesse de dix mètres à l'heure et que le voyage à dû prendre plusieurs générations), on se prépare à donner un nom un peu moins péjoratif. Il faut reconnaître que personne n'aime se faire traiter de paresseux ou de fainéant. Et donc, on s'arrête sur aï. Personnellement, je pense que l'on aurait pu trouver mieux et, toujours à mon avis, je me dis que si l'on avait vraiment voulu se débarrasser de ce qualificatif peu reluisant de "paresseux", on aurait pu ou dû faire un peu plus d'efforts. Finalement, il aura fallu attendre 1842 et Owen pour qu'un nom correct soit trouvé avec "Phyllophaga".

Mais revenons à notre sujet une fois de plus

Au départ, il y a eu une connaissance qui m'a envoyé un lien vers un site émanant du département du Loiret (France) et qui n'est pas sans rapport avec le aï pour peu que l'on soit anglophone plutôt que francophone. Je m'explique. Cette connaissance, graphiste, me communique un lien vers un site Internet se proposant de créer des illustrations à l'aide de l'Intelligence Artificielle (IA en français mais bien AI en langue anglaise). Alors, me suis un peu amusé avec la chose et cela a donné deux images que je vous montre ci-après.




Chacun se fera son idée sur la question et, au choix, sera émerveillé ou effondré. Sur le principe, c'est simple. Vous entrez des mots-clés et le système vous sort une image. Ce n'est vraiment pas le meilleur générateur d'image existant et il en est qui vous font de l'imagerie de haute volée. Pour mon correspondant, cette AI est une vraie menace pour les illustrateurs, photographes, peintres et autres. Et il est vrai que, bientôt peut-être, il sera facile de produire des illustrations tout à fait convaincantes de quelques clics de souris. C'est le progrès, c'est de la haute ingénierie, c'est fabuleux. Je ne suis pas contre.


Vous pouvez expérimenter la chose en allant sur cette page.

La science nous dit tout

En l'an 1022, le royaume de Francie est dirigé par Robert II le Pieux (wikipedia). Autrement dit, Robert II le Pieux régnait il y a pile-poil 1000 ans. Si je vous raconte ça, ce n'est pas pour étaler mon savoir. J'ignorais jusqu'à peu l'existence de ce Robert II et n'en vivais pas moins heureux. Il faut dire que ce roi est moins célèbre que d'autres.
Si je pense aujourd'hui à Robert II, c'est à cause du journal Sud-Ouest et d'un article publié par lui dans la rubrique « science et technologie ».

Ce que l'on nous dit aujourd'hui de nous, c'est que notre espèce aurait dans les 300000 ans ( homme de Djebel Irhoud, aujourd'hui au Maroc ). L'homme de Cro-Magnon, lui, est beaucoup plus proche de nous avec ses 28000 ans. A priori, de ce que j'en ai compris, il n'y a pas grand chose qui nous distingue de cet ancêtre. Il me semble donc permis de penser qu'il n'y a pas de raison pour que nous puissions nous croire très différents des hommes et femmes de l'époque de Robert II le Pieux, il y a mille ans.
Et c'est là que le journal Sud-Ouest, relayant un papier de "Ça m'intéresse" jette un pavé dans la mare en nous apprenant ce que notre espèce sera dans 1000 ans. Nous ne serons pas là pour le voir mais je suppose que nous pouvons faire confiance à ce qui est écrit. Selon ces articles, à cause de l'utilisation du téléphone portable, nous allons être profondément modifiés. Et moi, je dis que ça fait du bien d'approfondir son savoir en lisant des choses pareilles. Même si ça fait un peu peur, tout de même, pour dire la vérité. Une entreprise sérieuse et au-dessus de tout soupçon a planché sur cette question éminemment importante de savoir à quoi donc que l'être humain il ressemblera dans 1000 ans et ça fout la trouille. Je vous mets une image avec des légendes en langue anglaise.


Ces recherches scientifiques de haut vol ont conduit à la modélisation d'un être humain de 3022 et, ne me demandez pas pourquoi, c'est une femme, Mindy, qui est sortie de la boîte à réfléchir. Un cerveau rétréci, un cou massif, un dos courbé, des doigts crochus et un coude plié à 90°. Pouah ! Qu'elle est laide ! On ne veut pas devenir comme ça, quelle horreur ! Cessons d'utiliser nos smartphones et autres ordinateurs portables. Disons le tout net, c'est de la connerie monumentale. Lorsque j'ai découvert ce "papier" de merde, publié dans une rubrique « science et technologie », j'ai rigolé. Si jamais j'avais eu à écrire quelque chose à propos de cette prétendue étude, je l'aurais sans doute fait sur le ton de l'ironie, de la moquerie, de la dénonciation de la connerie en action.
Le problème, c'est que même si ça m'a amusé de lire ces conneries, ces mensonges, ces absurdités, ça m'a aussi beaucoup agacé. Je ne me fais plus aucune illusion sur le fait qu'un journal tel que Sud-Ouest ne cherche plus depuis longtemps à viser la qualité de l'information mais là, tout de même, ils y vont fort. Il faut reconnaître à la décharge du journal que l'article n'est qu'une resucée de celui de Ça m'intéresse qui n'est lui-même qu'une resucée de celui du Daily Mail.

Les cons, ça ose tout

Prétendre que d'ici 1000 ans nous utiliserons toujours les smartphones, et même à une échéance de dix ans, c'est osé. Prétendre que l'usage de ce smartphone va aussi radicalement modifier notre anatomie qu'il conduira à la soudure des os du coude, c'est du grand art. Supposer que, à cause des écrans une nouvelle paupière va faire son apparition pour protéger la rétine de la lumière bleue, c'est d'une part oublier que le ciel est globalement plutôt bleu depuis, disons, un certain temps et que, me semble-t-il, l'évolution ne se fait pas exactement de cette manière. Ce n'est pas parce que l'homme a un jour découvert qu'il était bien d'utiliser une cuillère pour manger son potage qu'une cuillère est apparu au bout de la main. Ce n'est pas parce que nous tenons quelque chose dans la main que nos doigts deviennent crochus pour tenir des objets. Je suppose que l'Homme comme toute la lignée qui l'a précédé depuis que la main est apparue, s'est servi de cet outil pour tenir des choses. Une branche par ci, un caillou par là, une banane ou un navet… La main n'a pas attendu l'apparition du smartphone pour devenir utile et être utilisée. Faut pas forcément prendre nos ancêtres pour des cons finis.
Pour Sud-Ouest, cette histoire est une opportunité de remplir ses pages avec de la matière qui ne coûte rien ou pas grand chose. Je peux comprendre la logique économique. Il doit y avoir quelqu'un ou quelqu'une au sein de la rédaction qui passe son temps sur twitter à l'affût de nouvelles sensationnelles susceptibles de faire le buzz et qui, en quelques minutes, pond un papier (de merde) pour pas cher.
D'accord, hier, à la date de parution de la chose, nous étions un jour férié. Le grouillot de service se devait de nourrir les pages du journal et il n'avait pas trop le cœur à ça. Le problème, c'est que récemment, sur France Inter, j'entendais une autre information scientifique à mon avis un poil plus intéressante qui causait de la possibilité de refaire marcher des paraplégiques. Ça n'aurait sans doute pas coûté des masses de pognons de faire un papier sur cette information qui, en plus, aurait eu le mérite de ne pas être de la merde en barre. Après, d'accord, on peut préférer la désinformation à l'information. C'est un choix, une ligne rédactionnelle comme une autre.


Je vous donne un lien pour la copie d'écran de l'article de Sud-Ouest (au cas où celui-ci ne serait plus accessible un jour prochain). Et surtout, n'oubliez pas de jeter votre portable le plus vite possible, avant qu'il soit trop tard !

Annonce importante

Ce matin, à 8 heures et 40 minutes, à vingt minutes de neuf heures, sur l'ancien blog dont vous trouverez le lien sur cette page, un nouvel épisode du feuilleton en bandes dessinées !