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Les cons n'existent pas

Mettant à profit le changement d'heure pour me réveiller plus tôt, après avoir bu du café je me décide à résoudre un petit problème informatique, un bug sur un site Internet en construction, un petit problème tout ce qu'il y a de bénin, je vous rassure, n'allez pas vous inquiéter plus que de raison.
Pour accompagner ce début de journée, j'écoutais d'une oreille absolument pas attentive France Inter et j'entendais parler agriculture et agroforesterie. Ensuite, une rediffusion de Secrets d'infos m'informait sur la problématique de la réparation de nos chères centrales nucléaires. Ce fut alors la matinale, le 6/9, et là, je ne le supportai pas très longtemps. J'eus juste le temps d'apprendre un terrible "incident" à Séoul et, estimant en avoir assez entendu, j'éteignais le tuner et l'amplificateur. Je me réjouissais alors de contribuer, modestement, aux efforts d'économie d'énergie prônés par notre président.
Le petit problème informatique était réglé, je n'avais plus de café et je ne réussissais pas à trouver une idée de dessin. De toutes les façons, je n'arrivais pas vraiment à dessiner. J'eus alors l'idée d'aller me distraire en regardant quelques vidéos de la chaîne Le Muséum des ‽ourquois qui est plutôt intéressante dans la mesure où l'on y peut apprendre certaines choses au sujet de plusieurs sujets. Et c'est en visionnant l'une de ces vidéos que je me suis demandé si j'avais eu la chance, dans ma vie qui n'est pas encore tout à fait terminée, de rencontrer pour de vrai de vrais cons.

L'histoire qui a retenu mon attention est celle de McArthur Wheeler et de son acolyte Clifton Earl Johnson. L'action se déroule le 6 janvier 1995 et, puisque cela se passe aux Etats-Unis d'Amérique, je devrais dire On January 6, 1995. Les deux compères entreprennent de s'essayer à l'attaque de banques en bande organisée avec emploi d'armes à feu. Il est des occupations plus sottes que celle-ci. Il est un fait qui n'aura pas échappé aux bandits depuis des temps immémoriaux, c'est que si l'on souhaite obtenir de l'argent d'une manière peu regardante sur la législation en vigueur, le mieux est encore d'aller le chercher là où il est. Quoi de mieux qu'une banque, finalement ? Le raisonnement est plutôt intelligent (sans non plus qu'il faille s'ébaubir outre mesure).
Donc, McArthur et Clifton pénètrent dans une première banque et brandissent leurs armes en disant quelque chose du genre : "les mains en l'air, ceci est un hold-up, on tire sur le premier qui tente quoi que ce soit". On leur remet l'argent et, encouragés par cette première réussite, ils réitèrent leur exploit dans une seconde banque en usant du même dispositif scénique.
La police, alertée rapidement, se rend donc dans les banques braquées et demandent à visionner les bandes vidéos. Là, on voit notre McArthur Wheeler très clairement, absolument pas camouflé derrière une cagoule comme l'aurait fait le premier détrousseur venu. Non. Il est reconnaissable et c'est assez facilement qu'il est reconnu et arrêté.
Ce qui étonne les policiers, c'est l'étonnement de McArthur Wheeler. Comment la police a-t-elle pu le reconnaître et l'appréhender aussi facilement et rapidement ? C'est un mystère. Pour ce McArthur Wheeler, le plan qu'il avait concocté ne souffrait d'aucune faille. On ne pouvait pas le retrouver puisque, selon lui, il était invisible. Invisible et donc impossible à reconnaître. De toute évidence, ça n'avaist pas fonctionneré, le truc de l'invisibilité. Pourtant, il avait réfléchi et était sûr de son coup, McArthur ! C'est à n'y rien comprendre.
Pour monter son coup, McArthur Wheeler avait fait appel à la science (ou presque). Il avait compris que si l'on écrivait quelques lignes sur du papier à l'aide de jus de citron, le texte était invisible tant que l'on n'approchait pas la feuille d'une source de chaleur. Si cela marche pour du texte, ça doit pouvoir avoir d'autres applications super chouettes ! Il presse quelques citrons et se barbouille le visage de jus d'agrume. Ainsi, s'il s'abstient de trop s'approcher d'une radiateur ou d'une lampe à incandescence, ça devrait le faire. Notons l'intelligence d'avoir choisi ce début de mois de janvier pour passer à l'action.
Boum, patatras, ça ne marcha pas. Les bandits furent arrêtés. On peut lire (en anglais) l'affaire sur wikipedia

Cette histoire m'a amusé. C'est méchant de se moquer. Bien sûr, je trouve stupide de croire que du jus de citron peut rendre quoi que ce soit invisible. Du Typex, encore, à la limite, mais du jus de citron ! J'ai ri de la bêtise de ces apprentis pilleurs de banque et je me suis demandé si j'avais déjà eu l'honneur de rencontrer ou croiser d'aussi beaux spécimens de cons. Je ne le pense pas. Des cons, oui, bien sûr, comme nous tous, j'en ai rencontré, j'en ai vu à l'œuvre. Mais jamais de cet acabit. A moins que…
Cela m'a fait penser aux Darwin Awards qui récompensent, souvent à titre posthume, des personnes qui participent activement à l'amélioration du genre humain en faisant en sorte de ne pas transmettre leurs gènes. Je sais que ce n'est pas charitable mais là aussi, ça ne manque pas de me faire rire.
Ces Darwin Awards sont attribués à des personnes qui trouvent la mort ou se blessent sérieusement d'une manière très stupide. Je vous donne un lien pour que vous vous fassiez une idée.
Il n'empêche que, en réfléchissant un peu, je me demande si, tout de même, je n'en ai pas connu quelques unes ou quelques uns qui auraient pu concourir à ce prix. Par exemple, j'ai eu l'honneur de connaître des personnes toxicomanes qui sont passées de vie à trépas alors que, me semble-t-il, on ne cache pas la nocivité de certaines substances. Oui, bon, d'accord, ce n'est sans doute pas un bon exemple. Pas plus que de mourir à rouler trop vite ? Non plus ? Bon, d'accord.
Et là, je me dis que, en fait, pour que ce soit rigolo, il faut que ça fasse dans l'inédit, dans l'inhabituel. On le sait, on nous le dit, à boire de l'alcool, à fumer, à manger gras ou sucré, à manger de la viande, on met sa santé en péril. On sait que ces comportements, sans doute trop encouragés, trop banalisés, coûtent des vies. On sait cela, on ne peut pas dire que nous ne sommes pas prévenus. Et pourtant, nous sommes nombreux à nous penser plus forts que les autres et à passer outre les recommandations des chercheurs. C'est tout de même assez crétin, lorsque l'on y pense. Est-ce que ça fait de nous des cons ? Sans doute, oui. Ce qui nous sauve, c'est le nombre. Lorsqu'il y a trop de cons pour effectuer les mêmes actes, c'est comme si la connerie s'effaçait. C'est une affaire de degré dans la connerie. C'est un peu comme les indices de QI. Il y a la moyenne et si l'on est dans cette moyenne, on n'est pas plus con qu'un autre. Pas moins non plus, soyons honnête. Et puis, il est difficile d'être con à 100%. On peut l'être dans différents domaines, on peut l'être moins ou pas du tout dans d'autres.
Finalement, je ne pense pas avoir déjà rencontré de vrai con. Il y a bien eu certaines rencontres qui pourraient me faire modérer mes propos mais dans l'ensemble, il n'y a pas eu de con sublime. Du moins, je ne le pense pas. Ou bien je ne m'en souviens pas. Ou bien je ne me suis pas suffisamment regardé, allez savoir.

Ça, malheureusement, on ne saura jamais

Je vous disais naguère avoir été amené à farfouiller une pile de dessins abandonnés. Parmi ceux-ci, avec un étonnement qui ne manque pas de me faire me poser des quantités de questions, il y a celui que je vous propose ce jour.

Pourquoi ne suis-je pas allé au bout de ce dessin ? Pourquoi l'ai-je mis sur la pile de ce qui semble être celle des dessins qui ne méritent pas d'être achevés ? Je ne le sais pas et, manque d'une machine à remonter le temps, nous ne le saurons jamais. Je me demande si j'avais une idée. Je ne sais pas vraiment de quand il date mais, grâce à stratigraphie, j'estime que ce doit être quelque part entre 2019 et 2021.
Maintenant que je peux dire que ce dessin m'était sorti de la tête, que je n'ai aucun souvenir de l'avoir fait (mais ce dessin est-il bien de moi ?), je le considère d'un œil tout neuf et avec bienveillance. Il n'est pas si mauvais. Il a même un petit côté satisfaisant.
S'il est bien hasardeux aujourd'hui de prétendre ce que j'avais bien pu vouloir placer comme texte dans la bulle, on peut envisager qu'il y avait un rapport avec la hache et l'ours. Le personnage tend-il la hache à l'ours ? De toute évidence, il ne semble pas le menacer. On ne sait pas ce qui peut bien être dit et j'en arrive à me demander si ce n'est pas là, justement, la raison de la mise au rebut de ce dessin. Il n'est pas impossible qu'il n'y ait jamais eu la moindre idée sous-jacente à l'origine de ce dessin et que je me sois retrouvé dans une impasse. Les personnages étaient là, dans une situation, avec une bulle… et rien.
Ce dessin est sauvable mais il faudrait trouver un texte et là, je n'en trouve pas. Et vous ?

Moto capsule

Il en aura fallu du temps, du travail, de l'abnégation, de l'imagination, de l'inconscience, de l'intelligence aussi, pour parvenir à ce résultat. Lorsque Jacques-Henri décide de se lancer dans ce projet un peu fou, il se donne trois jours pour parvenir au seul but qui, désormais, guide sa vie et monopolise toute son attention. Rassemblant les différents éléments nécessaires à la conception de ce véhicule révolutionnaire par bien des points, il s'acharne à couper et à souder, à dévisser et à boulonner, à régler et peaufiner les moindres détails, Jacques-Henri est enfin prêt à passer à la phase des essais routiers.
S'il reconnaît qu'un certain temps d'adaptation est nécessaire pour comprendre le mode de fonctionnement et, accessoirement, ne pas se casser la gueule au premier virage venu, Jacques-Henri assure que ce véhicule est ce qui se fait de mieux dans le monde du deux roues motorisé. Nous le croyons sans peine.

Idée plus très fraîche

Je suis du genre à faire des piles, à entasser des feuilles. Je fais des dessins ou j'en commence avant de les abandonner et, selon le cas, je les trouve un peu intéressants, pas du tout intéressants ou un tout petit peu intéressants. Si c'est vraiment raté, je roule la feuille en boule et je l'envoie dans la cheminée qui me sert de corbeille à papier. Sinon, ça va sur la pile. Sauf si, vraiment, je considère que le dessin n'est pas si mal.
Le problème des piles de papier, c'est que ça finit toujours par s'effondrer. Les feuilles s'étalent sur le sol et il y a bien un moment où, parce que, par exemple, j'ai le désir d'aller quelque part dans la pièce, il faut ramasser ces feuilles de papier pour reconstituer une pile.
Ce matin, j'ai ainsi pu remettre la main sur un dessin daté de 2019. Aucune idée de si je l'ai déjà mis en ligne ou pas. Je pourrais chercher mais je n'ai pas le cœur à l'ouvrage.



Hier, j'ai fait un dessin avec un personnage qui montre un bouton. Comment vous dire que je n'ai même pas été surpris de constater que vous n'avez même pas eu l'idée de cliquer sur le bouton ? Je suis fier de vous. Vous parvenez à ne pas me décevoir et, pour ça, je vous remercie.
Toutefois, j'ai constaté que le bouton n'était pas toujours fonctionnel, notamment si on consulte ce blog depuis une tablette ou un téléphone intelligent fonctionnant avec iOS de chez Apple. Alors, je vous donne un lien.

Une Velocette dans la photo

Deux jeux en un. Le premier consiste à trouver la moto. Le second est plus retors. Cette image a été trouvée (volée ou empruntée) sur le site Photographies de la Commission du Vieux Paris dont je vous avais déjà parlé il y a quelque temps. Le jeu est de retrouver la photo dans la profusion d'images disponibles. Cela peut vous prendre quelques heures à moins que la chance soit avec vous.

Art, blockchain, NFT, pâtes et survie des artistes

Les NFT ou "jetons non fongibles" sont ce qui fait de mieux en matière de modernité futuriste de demain. Les NFT, donc, s'appuient sur une "blockchain" ou "chaîne de blocs" qui garantit l'unicité de l'objet numérique et assure au propriétaire l'authenticité de la preuve d'achat à travers le temps et l'espace (sauf à trop s'approcher d'un trou noir hyper massif, bien entendu).
Ainsi, aujourd'hui, désireux de faire entrer ce blog dans l'ère du post-modernisme numérique et virtuel et, parce que je me dois d'être le plus honnête avec vous, de garantir ma survie physique en assurant mon approvisionnement en pâtes, je mets en vente un dessin tout neuf et totalement inédit.




Pour acquérir ce dessin aux dimensions originales de 2156 par 2265 pixels au format png (profil colorimétrique Greyscale-D50) de qualité supérieure, je ne demande que la somme de 0,002 bitcoin convertible en monnaie sonnante et trébuchante à me remettre en main propre ou par virement bancaire (me contacter pour recevoir un RIB authentifié).
Evidemment, cela va de soi, seul le premier ou la première à se manifester pourra se prévaloir du titre de propriétaire incontestable de cette œuvre picturale et sera détenteur·rice du certificat d'authenticité approuvé par les plus hautes autorités.
Vous êtes donc dès tout de suite invité à me contacter à l'adresse de courrier électronique bitcoin@michel-loiseau.fr

Économie & écologie

L'heure est grave, la France a peur, la population est inquiète, tout va mal et ça ne va peut-être pas aller en s'arrangeant.

Faut pas qu'on raconte des carabistouilles au peuple de France. L'heure est gravissime, on ne va plus avoir de carburant et on ne va plus pouvoir se déplacer. Le pays va s'arrêter de fonctionner, le PIB va chuter, l'économie va s'arrêter, Bruno Lemaire va se sentir mal, il va défaillir, se morfondre, se lamenter, crier et pleurer, menacer et causer dans le poste. On peut même se demander si ce n'est pas le pire à venir.
Il n'empêche. Si on réfléchit un peu…
Il y a la question écologique et du réchauffement climatique. On le sait, l'un des principaux gaz à effet de serre est le CO2 aussi appelé dioxyde de carbone ou gaz carbonique ou encore anhydride carbonique. Et d'où c'est qu'il vient, ce CO2 ? Hum ? Je vous demande. Et bien, le CO2, il vient de ce que l'on brûle des énergies fossiles qui sont des "pièges à carbone". C'est pour ça qu'on parle de décarboner les activités humaines. Pour libérer ce carbone piégé, on peut brûler du gaz, du charbon ou du pétrole mais aussi du bois ou, plus généralement, un peu tout ce qui brûle. Quand vous craquez une allumette, vous faites du mal à la planète. Faut le savoir pour pas mourir idiot.
Si l'on s'en tient aux actions qu'il nous faudrait entreprendre pour le bien de notre planète, il faudrait déjà arrêter de produire du CO2. Donc, il faudrait que nous cessions de brûler tout ce qui passe à portée de main, à commencer par les cierges, les chandelles (que certains brûlent par les deux bouts) et, bien sûr, le pétrole et tous ses dérivés comme le gasoil, l'essence sans plomb, le GPL, le mazout, le fuel lourd, le kérozène, l'essence à briquet. Bien que je puisse m'avancer un peu ne maîtrisant pas le sujet, il me semble que les ceux qui se chauffent ou se déplacent grâce au charbon ne sont plus légion. On évitera donc de trop les blâmer ici.
À moins d'être un climatosceptique acharné, on ne peut plus aujourd'hui nier les conclusions données par les rapports successifs du GIEC qui est, mais vous le savez très bien, le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat. Depuis le président Chirac qui disait "notre maison brûle" jusqu'au président Macron qui raconte que le climat est l'une de ses principales préoccupations, en notre beau pays, on a une conscience très aiguisée de la problématique et on s'engage à tout mettre en œuvre pour que la vie soit encore possible, dès demain, dans un monde en péril. Moi, je dis qu'on a bien de la chance d'avoir des politiques comme Pannier-Runacher qui sont là pour nous inviter à économiser sur le chauffage et à modérer la vitesse sur routes ouvertes (ça ne concerne pas les courses motorisées) pour le bien de tous.

Et c'est là que je ne comprends pas. Je suis peut-être idiot mais quand même. Si l'écologie est réellement une priorité, on devrait se réjouir du blocage des raffineries et profiter de l'aubaine offerte pour prendre la seule décision qui vaille réellement : arrêter la vente et la distribution de carburants pétroliers. Point.
Plus d'essence, plus de gasoil, plus rien. Les Français se débrouilleront bien pour les déplacements réellement nécessaires. On me racontera que oui mais et pour l'approvisionnement des commerces nécessaires ? Et pour le déplacement de celles et ceux qui doivent se déplacer, aller au domicile de personnes, distribuer du courrier, aller éteindre des incendies, effectuer des soins à domicile ? Comment c'est-i qu'on va faire ? Les pieds ? Le vélocipède ? La traction animale ? Le deltaplane ? Et pourquoi pas d'abord ? Et il reste les transports ferroviaires, aussi. Alors, oui, je sais, le train ne passe pas partout. C'est un souci. Il va y avoir des malheureux, des drames aussi, mais on ne fait pas de révolution écologique sans casser d'œufs.
Face aux jérémiades incessantes des pisse-froid et des réactionnaires, il est nécessaire de voir les opportunités qui s'offrent à nous, les nouvelles voies qui s'ouvrent. Nous allons voir les commerces de proximité refleurir dans les bourgs et les campagnes, nous allons assister à l'éclosion de systèmes d'entraide partout sur le territoire. Les plus vaillants mettront leurs mollets au service de la collectivité, les clubs cyclistes serviront enfin à la société, les haras nationaux seront de nouveau utiles et choyés, les charrons refabriqueront les chariots et charrettes qui seront tirés par de beaux gros bœufs que nos éleveurs élèveront et castreront pour le bien public. Les routes cesseront d'être couvertes de ce sale revêtement bitumeux et retrouveront leur charme d'antan. Les diligences, en complément des trains, permettront toujours les liens entre populations éloignées de quelques lieues, les relais de poste rouvriront et ce sera la bonheur retrouvé.
Mes amies, mes amis, je vous le dis et je vous conjure de m'écouter, les grévistes sont ceux par qui les jours heureux adviendront prochainement dans pas longtemps. Grâce à eux et à leur corps défendant, sans qu'ils en aient bien conscience, nous allons pouvoir respirer à pleins poumons un air purifié et vivifiant. Je suis intimement persuadé que la chance qui nous est aujourd'hui offerte de décarboner réellement et durablement notre économie est une chance qu'il nous faut saisir. Cette économie du carbone n'aura au fond fait que causer plus de problème qu'elle n'aura proposé de solutions durables. Il va falloir se remonter les manches et prendre notre avenir en mains. Il va y avoir besoin de marcheurs et c'est là qu'apparaît la vision de ce président trop souvent raillé. Nous allons enfin prendre conscience de son génie auquel il croit depuis si longtemps contre vents et marées. Nous allons être dans l'obligation de nous rendre à l'évidence. Oui ! Emmanuel Macron est un génie ! Je le clame aujourd'hui. Je fais mon mea culpa. Je me suis trompé sur son compte. Moi qui le pensais crétin, idiot, malfaisant, stupide, nocif, prétentieux, dédaigneux, arrogant, je le considère aujourd'hui tel un bienfaiteur, un guide, un phare guidant l'humanité dans son ensemble vers des jours les meilleurs qui soient. Gloire à Emmanuel Macron !

Massey Ferguson

Quoi de plus beau, au fond, que ces machines conçues pour fournir une force de travail impressionnante ? Regardez ces gros pneumatiques aux crampons chargés de progresser dans les terrains les plus meubles en s'agrippant à la manière d'ancres de terre ou de griffes mécaniques, regardez cette apparence générale qui inspire le respect de la puissance et de la force. Regardez ce pot d'échappement dressé haut qui éructe les gaz brûlés, le dessin des phares qui montrent une certaine agressivité, qui dessinent le combat de l'homme de terrain contre les éléments hostiles, voyez le paysan qui trime à son volant pour nous nourrir. Rien n'est plus beau et plus suggestif qu'un beau tracteur agricole.

Les Français pris en otage

Les journalistes ont mouillé la chemise et sont allés à la rencontre des Français désemparés face à la pénurie de carburants. Bravant le vent, la pluie et les postillons, ils ont tendu leur micro aux automobilistes en colère. Ce journalisme de terrain là, c'est ce que l'on appelle du micro-trottoir. Ce journalisme là n'est pas loin de ce que l'on peut produire de moins pertinent en terme de journalisme.

Il est bien entendu que la "pénurie" de carburant touche en priorité celles et ceux qui cherchent à se déplacer avec un véhicule à moteur thermique. Les possesseurs de véhicule électrique, les usagers du train ou du métro, les citadins qui se déplacent à vélo ou à pied ne sont pas directement concernés ou ennuyés par les mouvements de grève. Ou du moins pourraient-ils l'être d'une manière indirecte si l'approvisionnement des magasins venait à ne plus être possible.
De même, il est évident que celles et ceux qui sont interrogés dans les queues formées aux pompes à carburant sont celles et ceux qui possèdent et utilisent des véhicules utilisant les carburants qui ne sortent plus des raffineries. Il faudrait être vilainement tordu pour faire la queue alors que l'on n'a nul besoin de ces carburants.
Le journaliste qui cherche à enrichir son reportage de témoignages pertinents va donc, pour peu qu'il ait bien circonscrit son domaine de chasse, trouver sans mal des personnes heureuses d'avoir la chance de donner leur opinion à la face du monde. Pour peu, ce serait étonnant, qu'une de ces personnes en vienne à déclarer qu'elle adore faire la queue aux pompes à carburant et que, pour elle, c'est un vrai bonheur que de trouver une station service avec une si belle queue (il est des perversions qui m'épatent), le journaliste n'aura qu'à écarter ce témoignage.
Parce que l'un des problème du micro-trottoir, c'est bien la sélection des témoignages les plus outrés, les plus en accord avec ce que l'on cherche à faire dire à la population. C'est du journalisme dirigé. Une fois le témoignage diffusé, c'est l'effet boule de neige. Le bon peuple peut légitimement qu'il penser tout comme ce qui a été dit à la radio, à la télé, dans les journaux ou sur Internet et que, effectivement, y en a marre, ras-le-bol, plein le cul, d'être continuellement pris en otage par les syndicats qui ne se rendent pas compte qu'ils bloquent le pays et son économie.
Le micro-trottoir, c'est du populisme. Pour cette affaire de grève dans les raffineries, la place laissée à l'explication de ces mouvements de grève est maigre. Je me demande s'il est vraiment utile d'avoir l'avis des automobilistes qui chouinent de ne pas trouver de carburant pour savoir que mon automobile ne fonctionnera plus très bien sans ce carburant. Par contre, je ne me questionne absolument pas quant à l'inutilité de savoir que le gouvernement menace d'avoir recours à la réquisition du personnel des raffineries bloquées. Ce gouvernement d'exception pousse à montrer les méchants grévistes comme de dangereux irresponsables qu'il convient d'haïr toute affaire cessante. Seul le gouvernement peut permettre aux automobilistes de rouler et d'aller au travail, faire ses courses ou se promener. Il faut que ça se sache.