
Protestons

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C'est une photographie qui date un peu. Pour tester, j'avais muni l'un des mes appareils d'un objectif ancien qui n'est pas réputé pour sa qualité optique et, afin de corser un peu l'exercice et d'obtenir une image particulièrement peu nette et définie, j'avais réglé le diaphragme à sa plus grande ouverture. Le résultat dépassait de loin mes espérances.
J'aurais pu être satisfait. Hélas, j'avais poussé le bouchon un peu loin et j'étais prêt à expulser le fichier dans les limbes de la corbeille de mon ordinateur.
Que deviennent ses fichiers supprimés ? Je sais bien qu'ils ne disparaissent pas vraiment ou pas tout de suite, qu'ils sont dans un état superposé, inexistants et pourtant quelque part sur un support de stockage mais ce n'est pas le sujet.
Avant de procéder à cette suppression, je me suis tout de même essayé à un sauvetage de la dernière chance en utilisant une fonction d'un logiciel de traitement de l'image que je n'avais jamais utilisée et que je ne comprenais pas. J'ai fait plein de tests et j'ai fini par comprendre un peu. Cette fonction permet de générer un flou en utilisant une brosse et en jouant en symétrie sur les deux axes en partant d'un point central. Ce qui est chouette, c'est que l'on peut appliquer un masque à ce filtre et faire réapparaître de la netteté.

Depuis quelques jours, il y a tempête dans les bulles avec la bande dessinées de François Ruffin intitulée « Les aventures de François Ruffin député-reporter — Picardie splendor ».
Au scénario, François Ruffin et Laurent Galandon ; au dessin, Olivier Berlion, Benoît Blary, Damien Cuvillier, A.Dan, Anaïs Depommier, Jul, Malo Kerfriden, Olivier Martin, Dominique Mermoux, Jean-Denis Pendanx et Amandine Puntous. Les couleurs sont réalisées par Makma[1]. Tout cela est édité par Les Arènes et ça coûte 22 euros.
François Ruffin est donc reporter et député en plus d'être cinéaste et écrivain. C'est l'un des personnages connus de la gauche française, un temps allié de LFI, aujourd'hui électron libre candidat à la présidence de la République. On ne peut pas s'empêcher de penser que l'ouverture de la campagne électorale coïncide étrangement avec la parution de cet ouvrage. Hasard ? Je ne pense pas, non.
En quatrième de couverture, Ruffin explique la génèse de ce projet :
« -Tu devrais écrire une œuvre majoure, qui marque l'époque, qui rassemble tes idées... - Mon Capital ? Mais Karl Marx, lui, il n'enchaînait pas les rendez-vous en mairie et les concours de maisons fleuries ! Et puis j'ai une autre lubie. Je voudrais faire une BD, un truc un peu à la American Splendor. Tu connais ? »
Alors, honnêtement, American Splendor, je ne connais pas mais je sais me renseigner. Il s'agit d'une série de bandes dessinées autobiographique de Harvey Pekar dessinée par plusieurs dessinateurs dont Robert Crumb publiée entre 1976 et 2003. Il est question de la description la vie d'un homme ordinaire à Cleveland et de ses problèmes d'argent ou de santé. Rien à voir avec la vie d'un député-reporter de la Somme mais j'imagine que Ruffin veut dire qu'il s'inspire du style.
Ruffin nous raconte qu'il ne peut pas écrire une œuvre comme celle de Karl Marx parce que, lui, il n'a pas la vie facile de oisif qu'avait le philosophe. C'est que Ruffin, il est débordé ! Les concours de maisons fleuries et les rendez-vous en mairie, ça vous remplit une journée et vous n'avez plus le temps de faire quoi que ce soit. On le comprend.
Et donc, conséquemment, Ruffin nous fait une BD plutôt qu'un énième manifeste politico-philosophique un peu chiant à lire. La BD, c'est cool, c'est accessible. Et puis, de toutes façons, le but est de parler de soi à travers d'anecdotes. Marx s'étalait peu sur ces considérations pourtant fondamentales. Pour ma part, je vais me dispenser de critiquer le travail de Ruffin sur la forme. D'une, je n'ai pas lu cette BD, de deux, je ne suis pas qualifié pour juger de la qualité du travail de création de BD. Je n'en fais pas, je ne sais pas faire, je ne suis pas en bonne position pour donner mon avis.
Néanmoins, il se trouve que j'ai pu avoir accès à quelques pages de cet album. Par goût personnel, je peux déjà dire que je n'aime pas ce que j'ai pu voir, graphiquement parlant.
Dans l'ensemble, je suis bien incapable de dire qui a dessiné quoi sauf pour les dessins de Jul qui me sont reconnaissables. Ah si ! Le dessin de la couverture est de Dominique Mermoux. Je ne le connais pas.
L'idée de cette BD est de mettre en images les anecdotes vécues par Ruffin dans son quotidien de député-reporter. C'est à dire que le député-reporter prend le train. C'est un peu tout ce que je retiens d'après ce que j'ai pu voir. Un coup, Ruffin est dans le train et un contrôleur constate qu'une des voyageuses n'a pas le bon titre de transport. Il lui demande de s'acquitter d'un supplément et la dame proteste. La police de la SNCF intervient, ça dégénère un peu, ça se crispe, ça menace. Ruffin n'en peut plus. C'est un homme pressé, il veut que le train parte. A-t-il un concours le maisons fleuries à célébrer de sa présence ? Quoi qu'il en soit, dans un grand élan de générosité, il se propose de régler le supplément de sa poche. 1,20 euro.
Un autre voyageur cherche querelle à la police de la SNCF en demandant pourquoi l'agent tutoie la dame fautive. Ruffin lui ordonne de respecter la police. Pour faire bonne mesure, il demande aussi, poliment, à l'agent de respecter son uniforme. Quant à la dame, une fois le supplément réglé, il lui demande de se calmer.
C'est du vécu qui prend aux tripes. C'est du travail de reporter de qualité. Faut-il ajouter que la dame a des origines africaines et que le monsieur qui critique l'agent de la SNCF est dépeint comme maghrébin ? Oui, il le faut parce que, récemment, il y a eu des suites. Un certain Félix s'est reconnu et il explique que tout ne s'est pas passé comme le raconte le député-reporter. D'abord, ce n'est pas Ruffin qui a payé. Il ne souvenait pas de son code de carte bancaire. C'est Félix qui aurait payé la somme et qui aurait reçu un chèque de la somme versée de Ruffin. Ensuite, selon ce Félix, la dame serait de nationalité anglaise et elle ne se serait pas tant énervée que ça. Juste, elle ne comprenait pas vraiment le problème. Et pour finir, Félix n'est pas plus maghrébin qu'un bon Français de souche (c'est l'expression qu'il emploie par ironie et dérision).
Maintenant, bien sûr, il faut croire Félix. C'est parole contre parole[2].
Pour les soutiens de Ruffin, tout ce cirque est orchestré par LFI. Non, Ruffin n'a pas produit une BD pleine de situations problématiques, de racisme, de paternalisme, de mise en avant de Ruffin, d'égocentrisme débridé. Non ! C'est de la calomnie et de la mauvaise foi. D'accord sauf que les critiques ne viennent pas que de LFI. Elles viennent aussi de chez les écologistes et de citoyens qui ne sont pas plus encartés que ça.
Ruffin aime se mettre en avant et raconter la vie des autres à sa manière. Cela ne mérite pas d'être voué aux gémonies. Depuis des années, Ruffin joue le jeu de grand réconciliateur. C'est son « La France des bourgs et la France des tours ». C'est une belle façon de ne pas prendre parti. En gros, les torts sont partagés, il n'y a ni bons ni méchants et il faut que la population se montre raisonnable. Les maghrébins doivent baisser la tête lorsqu'ils s'adressent aux forces de l'ordre et ces forces de l'ordre doivent se montrer dignes en ne tutoyant pas ces maghrébins. Beau programme. Si j'osais… Chiche que j'ose ? Allez, n'ayons pas peur, allons-y, à fond dans l'outrance. Imaginons, juste pour la caricature grossière et vulgaire. Ruffin est en dans les années 40, la France est sous la coupe nazie. Il assiste à une scène. Des nazis, la Gestapo, des SS, la milice est en train de rafler une famille juive. Ces juifs ne sont pas très contents et protestent. Les nazis, eux, ne sont tout de même pas très polis. Super Ruffin intervient et ordonne aux deux parties qui, à ses yeux, ont chacune ses torts de se calmer. C'est beau ! Si je savais faire une BD, je vous jure…
Dans un entretien récent, Ruffin tente de se dépêtrer de ce bazar en expliquant que, dans une des histoires, sur une case, il ne se reconnaît pas, qu'il n'a jamais bombé le torse comme dans le dessin. C'est un peu fort de café. Ainsi donc, on tente de nous faire croire que personne, pas plus lui que son équipe de campagne n'a vu la BD avant sa parution ? Vraiment ? Il n'empêche que le député-reporter patauge entre excuses et justifications vaseuses. Celui qui déclare qu'il sera candidat même si ont lieu des primaires ne vient-il pas de tirer ses dernières cartouches ? Il essaie aujourd'hui de brandir le drapeau blanc et de réclamer les arrêts de jeu[3].



On ne parle pas suffisamment de sport sur ce blog. Pour ma défense, je n'aime pas le sport. Aucun de tous les sports qui peuvent exister. J'ai beau chercher, je n'en trouve pas l'ombre d'un qui m'intéresse de près ou de loin. Ce n'est pas du snobisme, un désir de me démarquer de la masse, de ne pas faire comme tout le monde. Non, c'est juste un profond désintérêt bien ancré en moi depuis longtemps. Tout gamin déjà, je n'aimais pas ça. C'est comme ça. Il faut reconnaître que mes parents n'ont jamais été très intéressés non plus par cette activité humaine. Petit, nous n'allions pas voir de matches ou de compétitions, nous ne regardions pas les émissions sportives et le sport ne surgissait pas dans les discussions.
Mon arrière grand-mère maternelle aimait beaucoup le catch qu'elle regardait à la télé. Elle rigolait, elle prenait parti pour le gentil, elle poussait des cris de joie ou d'effroi. C'est vrai que le catch, en plus d'être un sport, peut se révéler être un spectacle au même titre que bien des numéros de cirque (que je n'aime pas non plus, au passage).
Le sport n'a jamais réussi à se faire une place dans ma vie hormis sous sa forme contrainte, à l'école. J'étais de ceux que l'on choisissais en dernier lors de la formation des équipes pour les sports de groupe (football, basket-ball, handball, rugby). J'aurais tant aimé que l'on ne me choisisse pas, tout simplement. Je n'aurais pas été moins efficace sur le terrain et j'aurais été heureux.
Cependant, attention, gamin je n'étais pas opposé à une partie de ballon sur un terrain quelconque ou à l'idée de tenter de rattraper une balle de tennis sur un court improvisé sur une route peu passante. Mais, dans mon esprit, cela ne révélait pas de l'activité sportive, ce n'était que du jeu et c'est bien plus amusant.
J'ai bien, je le confesse, vu des matches de tennis avec Borg, Nastase, Connors, McEnroe, Navrátilová et sans doute dont j'ai oublié le nom et l'existence mais je suppose que j'étais sous influence de la fratrie.
Aussi, un temps je ne détestais pas faire des promenades de plusieurs kilomètres, à pied. C'était, dans mon souvenir, assez agréable. Aujourd'hui, je peux, si l'occasion se présente, marcher dans les rues durant assez longtemps. D'ailleurs, je préfère marcher dans les villes que dans la nature. Faire la traversée de Paris la nuit m'a toujours ravi. La nature a tendance à beaucoup m'ennuyer et d'ailleurs je ne sors plus beaucoup de chez moi. L'exercice physique peut se résumer à quelques pas qui me conduisent du lit aux chiottes puis des chiottes à la cafetière électrique, de la cafetière à la chaise et à des allers-retours de l'un de ces trois endroits vers l'un des deux autres.
J'entends et lis que mon attitude est néfaste pour la santé et que je regretterai ma propension à sombrer dans la sédentarité le jour où je serai bien mal en point. C'est possible mais honnêtement, j'ai trop la flemme de songer un instant à pratiquer une activité physique. En fait, ça m'emmerde d'y penser.



Ce n'est pas une automobile qui me rappelle des souvenirs particuliers ou qui m'intéresse. C'est une voiture que l'on a vu assez longtemps, qui ne semblait pas très jolie, qui n'était pas laide non plus, qui ne jouissait pas d'une réputation prestigieuse, qui allait bien pour le père de famille en charge de transporter sa petite famille. C'est une de ces populaires de milieu de gamme de ces années 70 au même titre que la Renault 12 ou la Simca 1100, des automobiles banales, courantes, discrètes. De son côté, comme il était d'usage en ces temps anciens, chez Citroën, on propose la GS qui laisse nettement moins insensible et qui, en toute honnêteté était bien meilleure que la concurrence.

C'est aussi le jour anniversaire de Keith Jarrett né le 8 mai 1945

C'était au parc des expositions de Marsac-sur-l'Isle et il pleuvait. Il y avait une Simca Chambord qui avait été utilisée pour assouvir les envies d'automobile américaine des années 50 passée par la moulinette de la mode Kustom Kulture de l'époque.
On a déchromé ce qui pouvait l'être, on a ajouté des trous d'aération dans les ailes avant, on a mis des pneumatiques avec des flancs blancs et on était prêt pour aller briller sur les plages californiennes et être l'objet de l'admiration de toutes et tous. Et moi, de mon côté, je me suis amusé aussi à passer la photographie de la machine que je vous mets en regard par la moulinette de logiciels de traitement de l'image.
Comme quoi il est encore permis de perdre quelques heures en pure perte dans notre beau pays !
Vous aimez la moto anglaise ? Vous appréciez les gros monocylindres ? Vous kiffez grave les motocyclettes étranges ? Les Phelon & Moore sont pour vous, ne serait-ce que pour leur nom déjà assez amusant. Plus connues par la marque Panther, ces motocyclettes sont célèbres pour leurs moteur à très longue course penché à l'extrême et servant de pièce maîtresse pour le cadre des machines.
De l'avis de personnes qui ont eu l'occasion de piloter ces machines, ce sont de braves pétochons qui marquent surtout pour le couple disponible plutôt que pour puissance développée.
Il n'en reste pas moins que certains modèles semblent miser sur l'esthétique plutôt réussie bien qu'un poil clinquante. Celle présentée aujourd'hui doit dater de la toute fin des années 20 ou du début de la décennie suivante. Elle est équipée pour la compétition. Ceci ne saute pas aux yeux mais le pot réduit à sa plus simple expression est le signe principal de cette préparation.
