vendredi 27 mai 2016

Jolie bouteille, sacrée bouteille

Flacon dans la mousse

jeudi 26 mai 2016

Moi mon colon, cell'que j' préfère, c'est la guerre de quatorz' dix-huit

Ce dimanche, on va commémorer le début de l'effroyable bataille de Verdun. La Grande Guerre, la der des ders, la boucherie, celle que Brassens prétendait préférer entre toutes, ça fait déjà deux ans que l'on devrait tous l'évoquer au nom de la mémoire et du "plus jamais ça". J'ai comme l'impression que ça ne prend pas. Oh ! Il y a eu des livres, des documentaires, des émissions de radio, c'est sûr. Ponctuellement, on y pense à l'occasion, comme dans le cas présent, d'une date particulière. Mais dans l'ensemble, force est de le reconnaître, on s'en fout un peu de ce centenaire. Des poilus, y en a plus. Tous morts, les valeureux soldats. Ne reste plus que le 11 novembre, un jour férié qui n'a déjà plus de signification pour pas mal de gens.
Pour les cent ans du début de cette guerre, peu avant 2014, on nous promettait de grandes initiatives visant tout à la fois à se souvenir des soldats morts et à fêter la paix entre les peuples et nations qui autrefois se faisaient la guerre. Il ne doit pas être simple d'organiser des manifestations qui ne tombent pas dans l'écueil du patriotisme. J'imagine mal que l'on incite les Français à parler de boches ou de fridolins à présent que l'Europe est construite. Aussi, on ne peut pas glorifier les soldats de la Triple Entente et démolir ceux de la Triple Alliance. Ça n'aurait pas de sens aujourd'hui. Le problème, c'est que l'on risque vite de tomber dans les affres du "politiquement correct" et finir par ne plus rien dire du tout que des platitudes pesées et mesurées. La seule position qui pourrait être recevable serait sans doute de se contenter de faire parler les historiens, les historiens des deux bords. Depuis longtemps, je suis contre les cérémonies du 11 novembre. Je veux bien comprendre qu'il y a eu un besoin politique dans un premier temps mais nous savons également que l'armistice de 1918 a ouvert les portes à la seconde guerre mondiale.
De la guerre de 14-18, je retiens surtout ce que j'ai lu et vu. Il y a de magnifiques bouquins sur le sujet, de belles BD et de bons films. D'ailleurs, je ne me souviens pas avoir vu des films comiques sur la guerre de 14-18 comme on en a eu pour la suivante. Sans doute n'y avait-il aucun sujet de rigolade dans tout ça. Je suis d'un âge qui m'a permis de connaître des personnes qui ont fait cette guerre. Dans mon souvenir, ces personnes ne parlaient pas beaucoup de ce qu'elles avaient vécu. Il reste un bouquin que je vous conseille, "Paroles de poilus". Ça en dit long de ce qu'était la vie de ces poilus.

Grande Guerre et mémoire

mercredi 25 mai 2016

Buvez du jus

Je vais peut-être encore m'attirer les foudres des gogos. Tant pis, je m'en fous. J'ai rencontré un type. Il est ce qu'il est et venais me voir pour un problème informatique. Rien de grave. Son problème (l'un de ses problèmes) c'est qu'il est du genre croyant. Il croit à tout ce qui passe à sa portée. Dire qu'il est légèrement influençable relève du doux euphémisme. Et quand il croit en quelque chose, que ce soit en Jésus (qui lui parle) ou au danger des ondes (il craint les ondes wifi mais pas celles de son téléphone portable), que ce soit au vin qui fait pousser les cheveux ou à l'homéopathie, il se met à devenir un peu lourdingue question prosélytisme. Je ne cherche plus à le contredire, je ne suis pas de force à lutter contre ses problèmes.
Son dernier truc, c'est de manger cru et de boire du jus de légumes et de fruits. Dit comme ça, ça ne semble pas bien grave. Manger de la carotte ou des grains de raisins, ça ne peut pas faire de mal. Là où je coince, c'est lorsque l'on me raconte qu'avec ce régime, c'est garanti, aucune chance de développer un cancer ou quelque autre maladie qui soit. Mais après tout, hein ? Pourquoi pas ?
Et il m'explique que le type qui lui apprend tout ça, il a un site et il met des vidéos sur Internet. Il explique combien de jours on peut jeûner tout en se sentant parfaitement en forme. Et pour faire les jus de fruits et légumes, il est conseillé d'utiliser un extracteur spécial que l'on trouve, je vous le donne en mille, sur le site du monsieur. Moi, je sais déjà que ce type que je connais, il a tendance à acheter des conneries et à se mettre en difficulté au niveau financier. Il n'a pas beaucoup de fric. Il s'est acheté l'extracteur de jus. Un peu moins de 300 euros. Il va faire une cure de jus et il va être en pleine forme. Tant mieux. Il va acheter un couteau pour couper ses fruits et légumes parce qu'il faut de l'acier un peu spécial pour ne rien perdre des vertus de ces plantes. Ben voyons.

Et moi, ça m'énerve beaucoup, ces nouveaux gourous connectés. J'ai fait une rapide recherche et il apparaît que les agissements de ce gourou sont surveillés. Il ne fait rien d'illégal, il profite de la crédulité des gens. Moi, ça m'agace.

Médecine alternative et dérive sectaire

mardi 24 mai 2016

C'est à craindre

Il est fort probable qu'il n'y aura rien sur le blog aujourd'hui. A demain !

lundi 23 mai 2016

Commarque

C'est selon moi l'un des châteaux les plus intéressants du département de la Dordogne. Perché sur sa falaise du Périgord Noir à quelques kilomètres des Eyzies-de-Tayac-Sireuil, en surplomb de la vallée de la Beune, l'ensemble que constitue le château avec sa chapelle et ses habitations date du 12e siècle. Le lieu était occupé bien avant et ceci depuis le néolithique au moins. Dire aujourd'hui ce qu'était la vie à Commarque durant le Moyen Âge est difficile pour moi qui n'aie pas les compétences requises. Pour autant, bien des indices laissent à penser que les lieux devaient accueillir une population assez importante. Au pied des falaises, de part et d'autre de la Beune, on trouve des traces d'habitat troglodytique ou d'abris sous roche. Des constructions vraisemblablement en bois qui devaient sans doute abriter un petit monde de paysans, cultivateurs et éleveurs, d'artisans, aussi. Pour qu'un château ait été dressé ici, pour qu'un autre château ait été construit en face, le château de Laussel, il faut que cette vallée de la Grande Beune ait été une route de passage et on imagine que l'on y commerçait, s'y restaurait, s'y arrêtait. De la route qui a pu exister, on ne voit plus grand chose mais l'idée de suivre un cours d'eau n'est sans doute pas idiot dès lors que l'on voyage.
J'ai connu le château de Commarque à l'époque où il était encore à l'état de quasi abandon. A l'époque, je ne sais plus par quelle route, j'y arrivais par le haut et découvrait le donjon et, en contrebas, la chapelle en ruine. Le tout était largement envahi par les ronciers et si l'accès était possible il l'était sous la responsabilité de chacun. Pour s'y rendre aujourd'hui, il faut accepter de laisser sa voiture à plusieurs centaines de mètres et de descendre vers la vallée à pied, sous le couvert des bois, en empruntant un sentier. Et c'est là l'un des points forts de ce site. En laissant les véhicules loin du château, on préserve le site. L'accès aux abords est libre et gratuit. On peut longer les falaises, découvrir les traces des habitations troglodytiques, profiter du calme, des chants d'oiseaux, de l'apaisante course de la Beune, de la végétation fleurie. Contre huit euros, on peut visiter les aménagements de l'ensemble castral et les expositions mises en place dans les salles restaurées des corps de logis.
Cette fois-ci, je n'ai pas fait la visite mais j'y retournerai et j'essaierai d'y revenir lorsqu'il fera beau. J'ai tenté de faire quelques photos mais vraiment, la lumière n'était pas belle. J'ai tout de même essayé de faire un panoramique que je vous propose pour vous donner l'idée d'aller découvrir les lieux par vous-même.

Château de Commarque
Site officiel du château de Commarque

dimanche 22 mai 2016

Les Pétaroux, la noix, le film

Quand la France voulait des motocyclettes pour ses administrations

Fin 1944, la France presque libérée cherche à remettre son administration sur les routes. L'occupation allemande a laissé des ateliers relevant diverses pièces permettant dans un premier temps de monter des BMW et autres machines. Le CMR est créée pour s'occuper de ce stock et reconstruire des motos. Le CMR, c'est le Centre de Montage et de Réparation. Il remonte des R12, des R71 et quelques R75 de chez BMW jusqu'au moment où les pièces viennent à manquer pour monter des motos selon les types officiels de chez BMW. Qu'à cela ne tienne, on adapte et on crée une BMW qui n'a jamais existé, la R73, un bricolage de pièces hétéroclites qui affichera un écusson BMW modifié, respectant l'hélice mais plaçant du bleu et du rouge et sur lequel s'inscrit le nom du CMR en plus de celui de BMW.
Cette moto, j'en avais entendu parler mais ne l'avais jamais vue. C'est désormais chose faite puisqu'il s'en trouvait une à Limoges, au salon de la moto organisé par la FFMC locale.

BMW R73 CMR
Parce que la pénurie de pièces menace, le CMR n'a bientôt plus raison d'être et en 1945 c'est la création du CEMEC, le Centre d'Étude des Moteurs à Explosion et à Combustion. Ses ingénieurs s'inspirent des BMW et autres Zündapp pour imaginer une nouvelle moto mais tout est de l'ordre de la création originale. C'est à dire qu'il n'y a aucune pièce interchangeable avec une moto allemande de l'époque. La première moto sera la L7 pour Latérales et 750cc. Le moteur est donc un 750cc à soupapes latérales délivrant ses bons et loyaux 18cv. C'est peu sur le papier mais ces chevaux sont de braves percherons qui sont endurants. Dans la première version, il n'y a qu'un carburateur réchauffé par deux tubulures conduisant de l'air chaud capté directement en sortie d'échappement. La L7 connaîtra quelques améliorations au long de sa carrière. Celle présente à Limoges n'est pas une CEMEC mais une Ratier. Le réservoir n'est pas le même et cette Ratier est équipée de deux carburateurs.

Ratier L7
Ratier L7 et C6S
En 1954, Ratier rachète les activités de CEMEC, l'entreprise spécialisée dans la production d'hélices pour l'aviation conçoit une version largement améliorée de la L7 en rendant le moteur culbuté, ce sera la C8. Est-ce que cette moto a existé en dehors de quelques modèles de pré-série, je l'ignore. Je n'en ai jamais vu. Mais Ratier a de l'ambition et planche sur un modèle plus moderne. On abandonne le moteur à soupapes latérales et la suspension coulissante pour une distribution culbutée et un bras oscillant. La moto est donnée pour 35cv et 160km/h. Mais il semble qu'il faille attendre le rachat de Ratier par Thomson CSF pour que la production débute réellement en 1960. Ces motos ont équipé les CRS et la garde républicaine qui, paraît-il, étaient satisfaits.

Ratier C6S
Micro Ratier C6S
Pour conclure, on notera que ni les motos du CMR ni celles du CEMEC ou de Ratier n'ont été pensées pour le grand public. Toutes celles qui ont connu une seconde vie dans le "civil" ont été achetées au domaines. C'est dommage que ni CEMEC ni Ratier n'aient fait l'effort de s'intéresser à cette clientèle potentielle. La Ratier C6S avait bien des atouts à faire valoir face à son principal concurrent qu'était BMW à l'époque. Cela aura été une occasion ratée de plus dans l'histoire de la moto française. Avec la disparition des 600cc Ratier en 1962 débutera une très longue période de vaches maigres pour la production de moto française de grosse cylindrée.

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