vendredi 24 mars 2017

Les vécés sombres du palais

Ainsi donc, il y aurait un cabinet noir à l'Elysée. C'est le très innocent[1] François Fillon lui-même en personne qui l'affirme. Ce très estimable (et bien habillé) candidat à la présidence de la République française pour le compte de Laids Républicains dévoile la sa vérité et il accuse[2] et on tremble au sommet de l'État. L'autre François, celui en poste actuellement, est nommément mis en cause. Il serait à la tête d'un sombre aréopage de barbouzes évoluant au sein d'un cabinet noir et distillant aux journalistes de la planète entière des rumeurs pestilentielles et des allégations mensongères à son propos. Et il est en colère, le François prétendant, le possible futur hypothétique impétrant Fillon. Et on le comprend et on le serait à moins.
Que l'on accuse son épouse de n'avoir rien foutu et d'avoir été payée pour cela, c'était gros. Que l'on l'accuse lui, comme s'il y était pour quelque chose, de recevoir des cadeaux de ses amis, c'est grotesque ! Que ses enfants soient rémunérés en contrepartie d'une lourde charge de travail, quoi de plus normal ? Que ces enfants se sentent redevables envers leurs parents et qu'ils remboursent les frais de mariage par eux avancés, c'est signe d'une bonne éducation. "Et alors ?" se questionne fort justement le François de l'histoire.

Et alors, et ce n'est pas pour défendre le marigot où se vautrent les journalistes, c'est manquer de respect à ces journalistes, justement, que penser un instant qu'ils sont incapables d'enquêter par eux-mêmes et de dévoiler ce qu'ils ont découvert. Ont-ils besoin d'un cabinet noir ? Je ne le sais pas. Il n'est pas totalement impossible, bien sûr, que des "gentils informateurs" se fassent un malin plaisir en informant la presse. Ce n'est pas impossible mais rien ne dit que ces informateurs soient tous à chercher du côté de l'Élysée, après tout. Il y a quelque temps, le directeur du Canard Enchaîné s'offusquait à l'idée que l'on puisse douter du travail des journalistes.
Très certainement présumé innocent, n'hésitant pas un instant à battre sa coulpe et à reconnaître les erreurs qu'il a pu commettre, François Fillon passe à l'attaque et dénonce les agissements assez moches du président de la République actuel. Que n'apporte-t-il pas les preuves claires qui montreront au peuple la véracité du travail de sa Pénélope d'épouse ? Des fiches de paie (pas des fausses éditées avec un logiciel de traitement de texte à la va-vite), des talons de chèque ou des preuves de virements bancaires, par exemple. Il lui serait alors facile de montrer à la face du monde que l'on cherche à lui nuire. Au lieu de cela, il reconnaît avoir commis une faute en employant son épouse, il s'en excuse... mais ne prouve rien de rien. Il dénonce l'existence d'un cabinet noir, il dévoile l'existence d'un complot mais ne prouve pas grand chose non plus. Par contre, il prétend avoir restitué ses costumes. C'est déjà ça. Pas sûr que ça suffise mais c'est un premier pas vers sa totale rédemption.

Cabinet noir

Notes

[1] jusqu'à nouvel ordre

[2] comme l'Émile avant lui

jeudi 23 mars 2017

On n'a pas tous les jours vingt ans

C'est pas de chance, il pleuvait. Et aussi, il ne faisait pas très chaud. Et puis, il y avait du vent, aussi. Un vent désagréable, froid, qui agissait par bourrasques soudaines et malvenues. C'est dommage parce que la fête promettait d'être belle. On avait bien fait les choses. Il était prévu des spectacles, Alain Baraton était présent, l'entrée était libre et gratuite.
Non vraiment, c'est pas de chance. Le 21 mars, les Jardins de Marqueyssac, à Vézac, dans le sud de la Dordogne, fêtaient leur vingtième anniversaire et tout aurait dû se présenter sous les meilleurs auspices possibles. Alors, oui, évidemment, on notera que malgré les conditions météorologiques, les visiteurs se pressaient en masse. Les parkings étaient pleins à craquer et les véhicules formaient une longue file le long de la route qui descend des jardins jusqu'à la route départementale.

Les buis de Marqueyssac
J'ai déjà dit ici le bien que je pensais de ces jardins, les plus intéressants, à mon avis, de tous ceux que l'on peut visiter en Dordogne. Ce que j'apprécie particulièrement à Marqueyssac, c'est la liberté qui est offerte aux visiteurs. S'il est possible de choisir la visite guidée, tout semble être mis en place pour que vous préfériez partir à la découverte des jardins par vous même. A vous de jouer les explorateurs et de compter sur votre curiosité et votre chance pour trouver le maximum de petits lieux cachés parmi les arbres ou au détour d'un petit chemin discret.

Jardins suspendus de Marqueyssac
L'une des nouvelles attractions des Jardins de Marqueyssac, celle qui va attirer bien des visiteurs, c'est le fossile d'allosaure qui, la presse nous l'a appris, a été acheté un million d'euros. Dans un premier temps, j'ai regretté la présence de ce fossile. Il me semblait que cela faisait trop "piège à touristes", qu'il était un peu trop simple d'utiliser la grosse ficelle de l'animal préhistorique pour attirer le touriste pour qui la Dordogne, le Périgord, est avant tout lié à la préhistoire et donc aux dinosaures. Trop simple et surtout faux. Enfin je veux dire qu'il y a quelques années entre la présence de ces animaux et celle des hommes qui ont peint ou gravé les parois des grottes et abris sous roche.

Allo ? Saurus ?
Je continue à penser cela mais je note tout de même que l'arrivée de l'allosaure ne remet pas en question l'idée selon laquelle le visiteur est invité à découvrir les jardins par lui-même, avec curiosité. Ainsi, placé au bord de la falaise au fond d'un cul-de-sac, le fossile sera vu par celles et ceux qui auront eu l'idée d'aller par là. Parce que la nouvelle a été largement relayée par la presse, beaucoup étaient là aussi pour voir l'animal fossile.
Le problème est bien que la pluie et le froid n'incitaient pas trop à aller baguenauder dans les sous-bois, à prendre les chemins de traverse et à laisser libre cours à son imagination. Les plus prévoyants étaient venus avec leur parapluie. Hélas, certains de ces parapluies n'auront pas résisté à la violence des éléments et on pouvait voir des baleines comme échouées sur un fond de tissu battant au vent. Les autres avaient préféré capuches ou bonnets. Le point commun à tous, c'était d'être chaudement emmitouflés dans de lourds vêtements plus ou moins étanches. Les pieds mouillés et le nez bleui par la froidure, le visiteur restait souvent comme hagard et c'est bien un triste spectacle que de voir le touriste perdu dans les affres de la désolation.

Les buis de Marqueyssac
Le spectacle au demeurant fort poétique qui était donné devant le château couvert de lauzes du début du XIXe siècle avait de la peine à retenir les spectateurs qui parfois préféraient jeter l'éponge et soit regagner leur voiture soit entrer dans le salon de thé pour se mettre un instant à l'abri. De là à dire que les animations prévues tombaient à l'eau, il n'y a qu'un pas. C'est vraiment pas de chance.
Quelques visiteurs, tout de même, jouaient la carte du fatalisme et feignaient de ne pas être affectés par les événements cataclysmaux. Le nez au vent, ils allaient à l'assaut des merveilles de ces jardins suspendus, tentaient d'admirer le panorama depuis le belvédère bien que le paysage ait été noyé derrière un rideau de pluie. Dans les allées, on pouvait croiser Alain Bernard, ci-devant ancien journaliste du journal Sud-Ouest, superbement déguisé pour la circonstance.

Un journaliste en goguette


Mais tout cela n'est que partie remise. Je retournerai visiter ces magnifiques Jardins Suspendus de Marqueyssac et j'espère juste que ce jour, il fera beau... mais pas trop chaud non plus.

mercredi 22 mars 2017

Encore Ulysse

Chut !

mardi 21 mars 2017

Tentative de feuilleton collaboratif du mardi en BD — 30

Feuiileton collaboratif du mardi

lundi 20 mars 2017

La Peste, elle rétablit les contrôles aux frontières

Le général Hiver bloqué par la Peste

dimanche 19 mars 2017

Juste ce qu'il faut, ni plus ni moins

De quoi c'est que je pourrais vous causer ce jour ? Tiens ! Je vais vous causer de ma vie. Ce matin, je me lève juste à l'heure qu'il faut et je file plein d'entrain faire juste la quantité de café nécessaire. Je bois un premier bol juste de la bonne contenance et fume une cigarette avec la quantité de tabac calculée au plus juste. Je la fume de la manière idéale et vais me débarrasser au gramme près de la matière fécale et de l'urine qui m'encombre le bas-ventre. Plus léger, je prends une douche à la température idéale et commence à glander le plus délicieusement du monde, sans la moindre once de culpabilité.
A un moment, il se trouve que j'ai envie de dessiner et parce que la vie est bien faite il me suffit de lancer la bras gauche vers l'arrière pour qu'il atteigne la ramette de feuilles vierges pendant que la main droite est déjà équipée du porte-mine que je préfère. Je n'ai aucune idée de ce que je vais dessiner mais cela ne me préoccupe pas. Quoi qu'il se passe, un dessin naîtra, c'est une certitude. Hop et hop et re-hop, des lignes apparaissent et je vois se créer un camion en mauvaise posture. La trame est là, j'ajoute les détails là où il est séant de les placer et je délaisse le porte-mine de chez Pentel pour le BrushPen de la même boutique. L'encrage va bon train et bientôt, alors que je n'ai été dérangé que par l'arrivée d'un copain qui avait envie de boire du café, le dessin est jugé terminé.
Alors, à partir de là, ça a commencé à merder un peu. D'abord, j'ai eu l'envie d'allumer un feu dans la cheminée parce que j'avais en prévision de me concocter un plat dont j'ai le secret et que je pourrais laisser mijoter au coin du feu. Le problème, c'est que le feu ne voulait pas prendre. Le bon côté, c'est que je me suis débarrassé d'un peu de ces saloperies de pubs que je conserve pour allumer le feu, le mauvais côté, c'est que ça m'a énervé, ces bûches qui refusaient de jouer leur rôle de combustible.
Et puis, comme si un motif à énervement ne suffisait pas, j'ai entrepris de tenter d'extraire des piles qui avaient gonflé dans une lampe torche. J'en ai tenté des astuces ! La pile bloquée a bougé de deux centimètres environ mais elle est toujours là. Finalement, je suis allé chercher la bombe de produit miracle et on verra bien. J'ai laissé la lampe de côté et je suis allé faire cuire mes haricots.
Les haricots, j'aime plutôt bien ça. C'est moins pratique que les pâtes, c'est peut-être un peu moins protéiforme que la pomme de terre qui se plie avec bonheur à tout un tas de préparations différentes et également délicieuses, mais j'aime bien le haricot longuement mijoté qui fond en bouche et prend mieux que personne le goût des autres ingrédients. Le haricot sait se gorger du piquant piment et du gras mouton et du sel et de la tomate. Il aspire tous ces goûts et parfums et ne les dénature jamais. Et puis, le haricot, ça fait cow-boy au bivouac avec la cafetière qui garde le café au chaud sur une pierre plate du foyer.

Arrêtons là ce panégyrique du haricot. Premièrement, je ne suis pas payé par le syndicat des producteurs de haricots et je n'ai pas de cadeau à leur faire. Je ne vais pas m'occuper de faire sa promotion sans contrepartie. Croyez-le, je paie mes haricots au prix fort, je n'ai pas de passe-droit, pas de coupon de réduction, pas de tarif préférentiel. Cela assure ma parfaite indépendance d'esprit et garantit mon impartialité honnête et libre. Ce que je dis au sujet du haricot ne regarde que moi. J'en dis ce que je veux comme je le veux. Je milite pour la liberté d'expression.
Et donc, le dessin de ce matin. Tout à l'heure j'ai démarré l'ordinateur auquel est relié le numériseur. J'ai posé le dessin sur la vitre, baissé le capot et lancé le logiciel d'acquisition. Automatiquement, grâce à un petit script que j'ai bricolé moi-même, le fichier a provoqué le lancement de Photoshop en arrivant dans le dossier où se rangent les numérisations. J'ai juste nettoyé un peu le dessin en enlevant les poussières et l'ai enregistré en jpeg pour une publication sur ce blog. A présent que j'ai jugé l'heure venue de publier un billet pour ce dimanche, je vais l'importer dans le dossier idoine sur l'espace disque loué chez mon hébergeur et vais l'intégrer dans ce billet. Si tout va bien, vous le verrez s'afficher après celle ligne.

Camion au fossé

samedi 18 mars 2017

Chaude bielle

Hot-Rod

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