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mercredi 17 mai 2017

De l'électricité dans l'air

L'autre jour, il n'y a pas bien longtemps, j'étais à Périgueux pour une journée de promotion du véhicule électrique initiée par l'association Elecmobiles 24. Si les Renault étaient très largement majoritaires avec plusieurs ZOE et une Twizy, on pouvait également trouver une Hyundai IONIQ, une Nissan Leaf et deux Tesla. Pas de vélo électrique, moto ou scooter, par contre.
Pour cette première série de photos je vais m'attacher à la présentation des Renault présentes. A noter que la concession locale de la marque avait dépêché un commercial et une ZOE affublée de son oriflamme.

ZOE rouge
Marc Louchart, président de l'association périgordine, ne ménageait pas sa peine pour attirer le badaud de passage par l'esplanade Robert Badinter. Par curiosité ou parce que l'idée de "passer à l'électrique" les titille, plusieurs personnes s'arrêtaient pour poser des questions ou profiter d'un essai.

deux générations de ZOE
M. Casado de Bergerac était venu avec sa ZOE. Pour lui, la voiture thermique, c'est fini. Il l'a bannie de son environnement et ne circule plus qu'en ZOE quelque soit la distance. Ce n'est qu'une question d'organisation. Il faut avoir une carte des points où recharger ses batteries et accepter de rouler différemment, de morceler son trajet en optimisant le parcours au gré des bornes. Cette ZOE bleue, c'est la troisième qui entre dans le foyer. Avec plus de 190000 kilomètres au compteur en électrique, il ne faut pas lui raconter que ce mode de locomotion n'est pas adapté ou ne s'adresse qu'aux trajets urbains.

Deux ZOE
L'autonomie est la question qui revient toujours et celle portée en contre par celles et ceux qui se cherchent des raisons de ne pas choisir l'automobile électrique. Les points de recharge se multiplient sur tout le territoire et il est tout à fait possible aujourd'hui d'envisager un voyage de trois cents kilomètres d'une traite voire encore un peu plus.

Renault ZOE
Ceci dit, il faut bien convenir de ce que la voiture électrique n'est pas à la portée de toutes les bourses et qu'elle n'est pas adaptée à tous. Par exemple, il est pratiquement indispensable de posséder un garage où la ranger pour la recharger par exemple pour la nuit. Une personne vivant en appartement ne pourra vraisemblablement pas jeter une rallonge par le balcon pour aller brancher sa voiture sur le parking à plusieurs dizaines de mètres de là.

Bout de ZOE
La voiture électrique n'est pas une lubie des temps modernes. Déjà en 1899, à Achères en Seine-et-Oise (actuellement Yvelines), la Jamais Contente est la première automobile à passer la barre des cent kilomètres à l'heure et il s'agissait bien d'une voiture électrique. Néanmoins, ces dernières années voient les automobiles électriques gagner en autonomie et en sophistication. Les progrès faits sur les batteries et sur les dispositifs de récupération d'énergie lors des freinages ou décélérations font que l'attrait pour ces véhicules est grandissant.

brochette de ZOE
Pour les amateurs de polémique à la petite semaine, il existe une question semble-t-il inventée spécialement pour eux et sur laquelle ils se jettent comme l'escargot sur la feuille tendre d'une laitue inattentive. Cette question, c'est celle du paradoxe entre une automobile "écologique" et la production d'électricité très majoritairement d'origine nucléaire pour nous autres Français de France. Alors d'abord, il y a les faits incontestables. Une voiture électrique ne pollue pas l'air ambiant avec des gaz d'échappement plus ou moins malodorants. Ensuite, il est difficile de prétendre que l'industrie pétrolière ne génère pas de pollution à toutes les étapes depuis l'extraction jusqu'à son utilisation.

ZOE qualité France
Le nucléaire est certainement un problème à long terme. Aujourd'hui, il est possible d'envisager sérieusement ce que l'on appelle la transition énergétique et nous pouvons espérer voir la proportion d'électricité "propre" grimper jusqu'à dépasser voire remplacer la part liée au nucléaire. Il restera le problème du stockage des déchets et celui du démantèlement des centrales mais le mal est fait et il est désormais trop tard pour regretter d'avoir misé sur l'électricité nucléaire.

ZOE sur place
Par contre, on peut se questionner sur ce qu'il se passera si la voiture électrique vient à se développer d'une manière vraiment importante. Là, oui, il faudra accroître la capacité de production électrique dans des mesures qui ont sans doute été calculées.
Alors, peut-être devra-t-on se positionner en fonction des recommandations du scénario Négawatt et adopter une certaine sobriété énergétique, du moins dans nos déplacements, en acceptant de réfléchir à l'importance de tel ou tel trajet. Et puis, on peut aussi imaginer que des progrès sont encore à venir et que l'on pourra compter sur des modes de production électrique dispersées sur tout le territoire à la manière d'une multitude d'unités de production. L'idée d'une consommation moindre, par contre, est assez illusoire sauf à produire des véhicules réellement efficients, moins lourds, générant moins de résistance au roulage. Des véhicules qui rouleraient moins vite sur des pneumatiques plus fins avec un équipement allégé. Une sorte de 2cv Citroën à la mode électrique, en somme.

ZOE cocorico
Le concept de la voiture électrique comme futur du moyen de locomotion personnel est peut-être sinon simpliste du moins illusoire. Ce segment est certainement promis à une progression notable mais ne permettra pas de satisfaire tout le monde. Hormis cela, il est permis de s'interroger sur la place qui sera faite à l'automobile personnelle dans les années futures. Il n'est pas impossible que ce concept soit en fin de vie et qu'il sera prochainement mis à mal par des systèmes de partage de véhicule, de covoiturage ou par un renouveau des transports collectifs. De plus en plus souvent, les agglomérations installent des zones de stationnement à leur périphérie et proposent des navettes pour gagner les centre-ville. Des études prédisent la fin des grands centres commerciaux au profit d'une renaissance des commerces plus traditionnels. Mais il y a aussi des nouveaux modes de consommation qui sont en germe comme Amazon qui veut se lancer dans l'épicerie et livrer à domicile les boîtes de petits-pois ou les paquets de farine. Et cela sans parler des projections qui annoncent une très violente récession pour les décennies à venir. Il n'est pas totalement exclu que cette affaire de voiture électrique soit un peu le chant du coq d'une industrie moribonde.

Renault ZOE
Les agréments apportés par l'automobile sur les 80 dernières années est à poser sur le plateau de la balance en opposition aux désagréments qu'elle a causé. Les paysages ont été revus pour la voiture, les villes ont été changées à cause d'elle, les énormes centres commerciaux sont nés grâce à elle, la pollution, les embouteillages, les heures perdues à rester sur place, les accidents de la route, les morts, les blessés de la route sont à prendre en compte. Il n'est pas si sûr que le bilan soit positif.

Pub sur ZOE

lundi 13 février 2017

Particules fines agricoles

Tracteur des champs

jeudi 26 janvier 2017

Les cons ne déçoivent pas

A la faveur d'un "reportage" sur l'expérimentation d'éoliennes flottantes et maritimes, sur France Inter, un con a eu droit à son temps de parole. Ce con nous a expliqué, à nous autres auditeurs, que la France est le second pays au monde en terme de surface maritime et que, donc, la France a une capacité à installer des éoliennes flottantes et maritimes très importante et patati et patata en plus d'être carrément une première mondiale et française et tralali tralalère. Ce con utilisait de ton de voix propre aux cons excessivement enthousiastes qui cherchent à convaincre vraiment vraiment. Ils croient à ce qu'ils disent et ils veulent partager. Parce que de l'enthousiasme, il n'en manque pas, le con. Il nous a parlé de la masse de plusieurs dizaines de tonnes, de l'exploit que cela représente de faire flotter le bazar et de toutes les promesses en matière de "transition énergétique".
Alors entendons-nous bien. Je ne suis pas contre ces éoliennes maritimes, qu'elles soient flottantes ou pas, qu'elles soient ancrées au socle rocheux des abysses ou maintenues en place grâce à des câbles (en nylon dans le cas présent). D'ailleurs, je ne suis pas contre les éoliennes terrestres non plus. Non, ce qui me permet de traiter de con ce con de "journaliste" entendu sur les ondes de France Inter, c'est son argument à la con utilisé lorsqu'il rappelle que la France est le secont pays au monde en terme de surface maritime. Alors c'est vrai, j'ai vérifié, on peut affirmer cela. Oui mais c'est, vous l'aurez compris, en comptant les départements et territoires d'outre-mer. Ah ! Eh oui. C'est aussi pertinent que si je vous raconte qu'avec ses 672 369 km2 (territoires ultramarins compris) et en se basant sur une production moyenne de blé à 60 quintaux à l'hectare, la France est en mesure de produire 4 034 214 000 quintaux de blé à elle seule. Pour rappel, il faut 10 quintaux pour faire une tonne. Nous aurions donc la capacité à produire 403 421 400 tonnes de blé à nous seuls alors que, pour 2016, la production mondiale de blé a été de 742 millions de tonnes. Plus de la moitié de la production mondiale à nous seuls. C'est qui les meilleurs ? C'est les Français !
Remarquez, je ne suis pas contre les cons. Il serait bien qu'ils n'existent pas mais comme ils existent, il faut faire avec. Ils ont le droit de vivre aussi. Ce que je reproche à France Inter, c'est de ne pas préciser les propos et corriger les approximations lorsque cela serait nécessaire. Je rêve d'un service composé de "surveilleurs" qui auraient ligne ouverte et seraient en mesure d'intervenir dans l'instant pour corriger des propos erronés ou trop cons. Hop, un sonal et l'émission en court laisse la place à une mise au point. Sans polémique, sans débat. Paf ! Une erreur corrigée.
Ça me fait penser à un nanard, je ne me souviens plus de son titre, dans lequel il y avait un détecteur de con ou de menteur ou un truc du genre. Bien sûr, ça n'arrêtait pas de sonner. Bon, là ce serait pareil. Peut-être que ça nuirait un peu à l'écoute des programmes. Mais ce serait salutaire et, rêvons, les journalistes feraient un peu plus attention à leurs propos.
Il faut distinguer la connerie du mensonge, du sophisme ou de la manipulation. Le con est sincère. Il croit à ce qu'il dit. Il ne pense généralement pas à mal. On trouve des cons dans tous les domaines d'activité mais force est de reconnaître que l'on en trouve un beau vivier parmi les experts et autres spécialistes. Ils ont un jour eu une révélation et il s'y accrochent. Du genre un matin, assis en train de chier, paf, l'idée qui explose dans la tête ! Ils vont construire tout un monde autour de ça et ils vont devenir prophètes afin de propager la bonne parole.

Tout ça, c'est du vent

dimanche 25 septembre 2016

Ecolo à la sauce nucléaire

Récemment, j'ai pu voir un peu le panorama de ce qu'il existe en matière de voiture électrique et hybride. C'était à Périgueux et c'était une étape du "Nouvelle-Aquitaine Electrique Tour". Des Renault, Peugeot, Volkswagen, BMW, Tesla, des propriétaires d'automobile électrique, le SDE24, des bornes de recharge partout et même un tapis rouge. Bien, bien, bien.

Renault Twizy
Il y avait aussi deux bicyclettes à aide électrique que l'on pouvait essayer. Je ne l'ai pas fait. Tout cela est très bien et très propre. Très "écolo". Très dans l'air du temps. Très anti Diesel, surtout. Et franchement, c'est bien, la voiture électrique. Ce n'est pas bruyant, c'est nerveux, c'est simple à conduire, ça ne demande pas trop d'entretien. Il n'y a que la question de l'autonomie mais on ne peut pas tout avoir et c'est surtout une question de déploiement de bornes de recharge. On a enlevé tous les parcmètres au profit des horodateurs, ils vont peut-être revenir sous la forme de bornes de recharge. On paiera son stationnement en rechargeant ses batteries. Pourquoi pas ?

Renault ZOE
La question de l'écologie est mise en avant et là on peut se permettre de tiquer un peu. Certes, la voiture électrique ne pollue pas (ou pollue moins). Ça, c'est une certitude. Moins de pollution par les gaz d'échappement, moins de pollution sonore aussi ! Et c'est important. Mais la production de l'électricité et des batteries (ainsi que leur inévitable recyclage) peut faire dire que le bilan écologique n'est pas si positif que ça. On le sait, la France est très dépendante de son parc de réacteurs nucléaires. On peut voir la production électrique par filière sur le site de RTE en temps réel. 76% au moment où j'écris ces lignes. Mon ordinateur est donc alimenté pour les ¾ en électricité nucléaire.
Je ne suis pas contre l'électricité nucléaire parce que je suis bien content d'avoir de l'électricité. Je ne suis pas non plus un défenseur de cette production électrique et pense qu'il est sans doute bon de pousser les énergies renouvelables. Le nucléaire pose tout un tas de problèmes que nous connaissons tous. Les déchets, les coûts cachés, la sécurité. A côté, une éolienne est moins problématique. Elle produit moins aussi. Bref.

ZOE nucléaire
Le problème de la voiture électrique, c'est que ça ne résout rien à la problématique de la voiture. La vraie question, en matière d'environnement, c'est de savoir si l'on peut se passer de nos véhicules, accepter de moins se déplacer, de se déplacer plus intelligemment, plus propre, plus écologique, plus économique, aussi. Ce n'est pas sûr mais on sera sans doute obligés d'y arriver. On nous a poussé à avoir notre véhicule personnel, on a poussé l'industrie automobile et nous nous y sommes bien habitués.
Il se trouve que, aujourd'hui, les automobiles n'ont pas le droit de rouler dans Paris. Sans doute est-ce la voie à suivre. Sans aller dans les extrêmes et parce qu'il y aura toujours des personnes pour soulever des particularités, il faudra éduquer les gens à mieux réfléchir à leurs déplacements. J'aime bien pouvoir prendre la bagnole pour aller où bon me semble lorsque j'en ai envie mais des fois je me demande tout de même si ça pourra durer longtemps.

Peugeot ION Mitsubishi
Parmi les véhicules présents, il y avait beaucoup de "citadines". Ce sont elles que je vous présente aujourd'hui. Il y avait aussi des Tesla, une BMW i8, une Volkswagen XL1. J'aime bien la BMW, je la trouve aguicheuse avec ses airs de voiture sportive bien agressive. J'aime aussi la XL1. Les Tesla sont plus classiques. Quoi qu'il en soit, on ne me fera pas croire que l'on roule avec ces autos pour des raisons de préservations de la bonne santé de la planète. N'empêche que la BMW me plairait bien.

Renault ZOE
Si je ne laisse pas tomber la 405 Diesel que j'aime d'amour pour passer à une voiture électrique, vous me croirez si vous le voulez, c'est pour une question financière et aussi parce que ça serait tout un pataquès pour installer le dispositif de recharge dans mon garage où je ne pourrais de toute manière pas faire entrer la voiture. Avec une ZOE, je pourrais faire l'aller-retour Périgueux. Il serait plus délicat d'aller me promener sur les bords de la Dordogne ou partir à l'aventure sur les petites routes du département. Le truc aussi, c'est le temps de recharge. Je ne sais pas si l'automobile électrique a vraiment un avenir pour les peuplades des campagnes. Je ne pense pas que ce soit très bien adapté.
Il y a quelques années, on parlait de stations-service où l'on pourrait procéder à un remplacement des batteries. Ce serait une bonne idée. Bien sûr, il faudrait passer par une unification des batteries pour toutes les marques. Déjà que j'ai vu que toutes les prises n'étaient pas standardisées (et c'est scandaleux)...
Ou alors, un jour, peut-être, on arrivera à faire de l'électricité liquide et on pourra faire le plein comme avec du vulgaire gazole ?

Electricité liquide

lundi 22 août 2016

Roulez propre

Economisez l'eau

lundi 27 juin 2016

Le Rat au port

Ce matin, dans la matinale de France Inter, une écologiste politique s'exprimait sur le cas de Notre-Dame-des-Landes. Il me semble avoir compris qu'il s'agissait de Cécile Duflot. Pour dire la vérité, je n'ai aucun avis à propos de cet aéroport en particulier. Parce que je ne voyage pas en avion, je suis d'accord pour que l'on supprime tous les aéroports. Je n'ai aucune passion pour le transport aérien. Pour la question de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, ma position est des plus claires : je m'en bats les couilles. Je ne suis ni pour ni contre, bien au contraire !
Du moins, c'était ma position jusqu'à ce matin. Je me suis réveillé de méchante humeur d'une nuit difficile. Ceci peut avoir eu un effet sur ma réaction à l'écoute de cette écolo matinale. Elle ne semblait pas apprécier la manière dont Patrick Cohen menait son émission et son attitude envers elle. D'après ce que j'ai compris, le journaliste demandait à l'ex-ministre ce qu'elle pensait des résultats du referendum qui donnent à penser que les habitants de Loire-Atlantique sont partisans de la création de ce nouvel aéroport. Il était accusé d'être pour cet aéroport et d'avoir une attitude méprisante à son égard. Possible, je n'en sais rien. Et je m'en fous.
Mais là où mon avis a basculé, c'est lorsque Cécile Duflot (c'était bien elle, j'ai vérifié) a déclaré que l'on pourrait donner du pain bio à l'ensemble des habitants de la région parisienne. Je venais de finir de boire un nouveau grand bol de café et je commençais à me réveiller vraiment. Je me suis demandé d'une part quel rapport il peut bien exister entre l'aéroport et le pain bio et, d'autre part, quel pouvait bien être l'intelligence du propos. Pourquoi faudrait-il donner du pain bio aux Franciliens et pas aux autres Français ? Que Cécile Duflot soit mécontente du résultat de ce referendum, je veux bien le comprendre. Qu'elle soit malheureuse du fait que la France n'est pas pris le virage écologique qu'elle appelle de ses vœux, je le comprends. Qu'elle peste contre l'abandon de la taxe poids-lourd ou contre l'abandon du boycott de l'huile de palme, elle est dans son rôle de militante écologiste politique. Il y a juste que la justification de sa présence à la matinale de France Inter était liée au referendum sur l'aéroport.
De ce que j'ai compris de cette affaire, le referendum était réclamé par les écolos. Le referendum n'était peut-être pas bon mais un referendum peut-il seulement l'être ? Demander son avis au peuple n'est peut-être simplement pas une bonne idée, après tout. Le problème, selon moi, c'est que le peuple n'est pas forcément intelligent et honnête. Sans doute existe-t-il autant de personnes qui ne veulent pas de l'aéroport par crainte de nuisances qu'il y en a qui le veulent bien parce qu'il ne sera pas à côté de chez elles. Combien de personnes qui veulent bien prendre l'avion mais ne veulent pas d'aéroport à proximité parmi celles qui ont voté non à cet aéroport ? Combien de personnes qui veulent bien de cet aéroport juste pour faire chier le monde ?
Je suis contre l'avion. Je veux bien reconnaître son utilité pour les longues distances mais je ne vais pas loin. Si j'étais écolo, par souci de cohérence je serais contre l'avion et ne le prendrais pas. J'ai toujours eu de gros problèmes avec ces écolos qui voudraient interdire les véhicules anciens, les cheminées ouvertes, les pesticides et tout un tas de trucs mais qui acceptent de faire des écarts lorsque la cause est bonne à leurs yeux. J'ai l'exemple du (très bon) photographe Yann Arthus-Bertrand qui ose prendre l'avion et donc de polluer mais qui se justifie en nous racontant qu'il le fait pour montrer la beauté de la planète et éveiller les esprits à la problématique de la préservation de cette planète. C'est du foutage de gueule et je n'aime pas ça.
Cécile Duflot est contre l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, elle n'est pas contente des résultats du referendum et elle dit en substance que la lutte continue et que l'on ne tiendra pas compte de ce referendum. On parie combien que si la majorité s'était prononcée contre l'aéroport elle l'aurait tout à fait accepté ? Je m'étais promis de ne pas en parler mais ça me fait penser à cette histoire de referendum au Royaume-Uni et à ces personnes qui l'ont accepté, y ont participé et voudraient que l'on revote.
Que la question écologiste soit d'importance, je n'en disconviens pas. A ma manière, je suis écolo. J'accepte de ne pas avoir assez chaud en hiver, j'évite de créer trop de déchets, je consomme relativement peu, je participe à la collecte de matériaux recyclables. Par contre, c'est vrai, je ne roule pas en Velib et je n'achète pas de pain bio à la boulangerie à la mode. J'ai fréquenté les milieux écolos dans les années 80. J'ai été sensibilisé à l'écologie dans les années 70, dans la vague qui a suivi mai 68. J'ai lu Reiser, j'ai lu des bouquins sur la question. J'ai réfléchi, j'ai compris deux ou trois bricoles. Il m'est même arrivé de voter écolo ! A mon avis, le problème de l'écologie politique française, c'est qu'elle est devenue une caricature outrée de l'écologie. J'ai souvent le sentiment que c'est devenu une idéologie de citadins donneurs de leçons corsetés dans leurs certitudes et dans leurs discours et surtout bien éloignés des réalités de la vie de tous les jours. Alors que je vois dans l'écologie une nécessité de décroissance, ces discours officiels des mouvements écologistes politiques français impliquent la croissance. A mon avis, il y a un réel problème dans la cohérence des propos écolos en France. A partir de là, lorsque le discours est inaudible, il ne faut pas s'étonner des scores obtenus lors des élections par Europe Ecologie Les Verts ou du résultat au referendum pour l'aéroport. Plutôt que de vouloir permettre aux Franciliens de manger du pain bio, il serait sans doute intéressant d'expliquer, d'enseigner, de faire preuve de pédagogie sans accuser, sans interdire. L'exemple de l'interdiction de circulation des véhicules anciens dans certaines villes n'est pas mauvais en soi. Réduire la circulation pour faire baisser la pollution, c'est logique. Préférer interdire la circulation des véhicules "anciens" plutôt que selon des données de consommation de carburant, c'est idiot. Une petite moto qui va pétarader pendant une vingtaine de minutes chaque jour dans la ville sera interdite lorsqu'une grosse voiture qui va peut-être tourner dans les bouchons pendant deux heures sera autorisée.
Mais dans toute cette affaire, c'est bien que le résultat de ce referendum et le mécontentement des "perdants" qui montrent combien il faut haïr et mépriser les tenants de la démocratie participative et les partisans du referendum. Le problème de la démocratie, c'est que l'on se plie à la volonté du plus grand nombre. Dans un sens, ça permet d'éviter le pire. Dans l'autre, ça assure de ne jamais arriver au meilleur. Faites aujourd'hui un referendum pour le retour au franc d'autrefois et je suis presque sûr qu'il se trouvera une majorité de personnes (ou du moins un nombre important) pour le vouloir et pour croire que les prix qui se serait envolés depuis 2002 reviendraient à leur niveau d'avant le passage à l'Euro. Pour la question de l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes, je n'ai pas d'avis clair. Je l'ai déjà dit. Tout de même, d'après ce que j'ai cru comprendre, c'est qu'il s'agit d'un projet datant d'une cinquantaine d'années. Il est possible que l'on ait calculé au début des années 2000 que le trafic aérien allait croître et qu'il fallait construire des aéroports. Je n'ose pas penser qu'il y ait derrière tout cela des raisons moins avouables voire carrément malhonnêtes. Mais qui sait ?

Le Rat est pour l'aéroport

jeudi 16 juin 2016

Vers l'interdiction des véhicules anciens dans Paris

Peinard, je descends de la gare du Nord vers celle d'Austerlitz à pinces. Ça va, j'ai tout mon temps, le train ne partira pas avant tard dans la soirée. Plutôt que de tracer en ligne droite, je flâne en évitant les grands axes. C'est plus calme, il y a moins de circulation. L'appareil photo pendu autour du cou, j'avise une 4cv garée entre deux voitures plus récentes. Parce qu'il n'est plus si courant de voir ces petites voitures populaires autre part que dans des expositions ou manifestations de véhicules anciens, je fais une photo avant de continuer mon chemin.

4cv dans les rues de Paris
Je passe à proximité de Richard Lenoir et bifurque pour gagner Bastille. Je croise des filles et des gars qui courent, en sueur. Je ne comprendrai jamais ce que l'on peut trouver comme plaisir à faire du sport. Au détour d'un jardin public, je fais peur à une dame bien mise, légèrement bourgeoise. Elle me jette un regard craintif, elle accélère son pas et serrant son sac à main. Ça m'amuse et j'accélère un peu aussi. Notre marche à pas forcé s'arrête lorsque la dame décide de virer à droite. Je vais tout droit. Elle n'aura pas été victime d'une agression dont auraient parlé les journaux, elle l'a échappé belle. Bon, d'accord, j'ai un blouson en cuir noir et les cheveux longs mais tout de même ! Depuis quand les voyous avancent-ils avec un appareil photo autour du cou ? Il y a des personnes flippées dans notre monde.
Après la place de la Bastille en allant vers Austerlitz, mon oreille est attirée par le son d'un moteur différent de ceux dont on a désormais l'habitude. Je tourne la tête pour voir une petite Autobianchi Eden Roc arriver. Au volant, une jolie jeune femme. Elle se gare. Je la félicite pour son automobile et lui demande si je peux faire une photo. Il fait presque nuit, à présent. Je monte la sensibilité, me cale au 1/15e de seconde et presse le déclencheur. J'ai encore la main sûre, la photo n'est pas trop floue !

Autobianchi Eden Roc dans Paris

Certaines personnes pestent contre la décision de la Mairie de Paris d'interdire les véhicules anciens de circulation dans la capitale. On parle des automobiles d'avant 1997 et des motocyclettes d'avant 1999. Nier le problème de pollution à Paris, ce n'est pas raisonnable. Interdire à certains véhicules de rouler l'est-il plus ? Déjà, on ne peut pas mettre de côté le fait que certaines personnes qui roulent en voiture ou moto "ancienne" peuvent le faire parce qu'elles n'ont pas les moyens financiers de faire autrement. Ces personnes peuvent avoir un besoin réel de leur véhicule. Certains avancent que cette réglementation institue une inégalité entre citoyens. Certains qui auraient les moyens de disposer d'un véhicule relativement récent et les autres. Bon. Déjà, on peut mettre de côté le cas des personnes qui circulent avec les deux automobiles présentées ici. Nous sommes là en présence de véhicules de collection et même si on peut imaginer qu'elles circulent quotidiennement, je suppose que leur propriétaire n'ont pas choisi de rouler avec faute de moyens financiers. Alors oui, on peut être choquer de ne plus avoir la liberté de rouler comme bon nous semble. Peut-être. La liberté de certains contre la santé de tous ? C'est l'argument premier mis en avant par la Mairie de Paris.
Avec cette interdiction, on s'expose à une amende si l'on s'aventure à l'assaut de la capitale au guidon d'une bécane à laquelle on tient et que l'on entretient avec soin ou au volant d'une voiture que l'on a choisi de faire durer et à laquelle on est attaché. Lorsque l'on sait ce que cela coûte de ranger un véhicule dans un garage privé sur Paris, on se dit qu'il va y avoir affluence de ventes. Mais d'un autre côté, on peut aussi se demander combien de personnes sont vraiment attachées à leur véhicule un peu ancien. La Mairie de Paris parle de compensations et de réductions. Ainsi, on pourrait voyager en transports en commun pour moins cher ou utiliser les véhicules locatifs à moindre coût. Lors des diverses opérations de reprises de voitures anciennes (balladurettes, juppettes...), les casses auto étaient pleines de bagnoles qui auraient fait mon bonheur. Je me souviens ainsi d'un petit fourgon qui m'aurait beaucoup intéressé mais qui n'avait plus ses papiers. On peut penser que certaines de ces personnes verront comme une aubaine le fait de pouvoir acheter un véhicule plus récent que celui qu'elles utilisent à ce jour.
Les véhicules les plus anciens pollueraient plus que les véhicules récents. On peut se dire que quelqu'un qui roulerait actuellement avec une Twingo du début des années 90 ne polluera pas moins en achetant un Hummer flambant neuf. C'est caricatural et marginal mais le cas peut se présenter plus ou moins sous cette forme. Eveiller les consciences n'est sans doute pas facile. Si la maire de Paris avait appelé au bon sens des automobilistes et motocyclettistes, il n'est pas sûr que ça aurait fonctionné. Bientôt, je ne pourrai plus aller à Paris avec ma saloperie de 405 Diesel qui consomme raisonnablement peu alors que je pourrai m'y rendre avec la Ford qui consomme nettement plus. Dans le même temps, je peux me rendre à Paris en train et utiliser mes pieds ou les transports en commun. Circuler dans Paris par plaisir, voilà une idée qui me paraît bien étrange désormais.
Le cas des véhicules de collection est un cas bien à part. Qu'il faille préserver certains véhicules au titre d'un prétendu patrimoine, ça peut déjà se discuter. Je ne dis pas qu'il faudrait conduire à la presse les Bugatti Royale du musée Schlumpf et je ne dis pas plus que ça me ferait plaisir de voir être compressées une Terrot ou une Ducati mais il y a, à mon avis, une marge entre le vrai véhicule de collection et la bagnole ou moto "collectionnée". L'avenir me donnera sans doute tort. Aujourd'hui, je trouve bizarre et étrange de voir une Citroën GS ou BX dans une exposition de véhicule ancien. Ce que je pense, c'est que les véhicules qui méritent à être préservés sont ceux qui ont marqué les esprits. Une Traction Avant est plus intéressante qu'une 203, une 2cv plus intéressante qu'une 4L. C'est très subjectif et très personnel, c'est certain. La vraie question est de savoir si un véhicule "de collection" a pour vocation de servir de véhicule habituel.
La décision de Anne Hidalgo vise à limiter la pollution et donc d'améliorer la condition de vie des Parisiens. Existe-t-il un autre moyen d'agir ? Et ces mesures auront-elles un effet ? Ça, c'est la vrai question. Je suppose que l'on a réfléchit et qu'il ne s'agit pas seulement d'une décision de principe dictée par une haine du véhicule particulier. Je l'espère, du moins. La pollution dans Paris n'est pas une simple vue de l'esprit. La limiter est sans doute indispensable. Quelles solutions peuvent s'offrir aux décisionnaires hormis celles qui peuvent sembler attentatoires à la liberté de certains. Et que proposent celles et ceux qui sont contre l'idée de la maire de Paris ?

samedi 12 mars 2016

Culture permanente

Fin des années 80, quelque part dans l'Univers vers Angoulême (Charente). Je suis avec un copain de l'époque et nous allons assister à une conférence sur la permaculture. Nous ne sommes pas seuls. Il y a ici une faune disparate constituée d'écolos extrémistes, de fous de dieu bouddhistes, de marginaux bien intégrés à la société, des hommes et même des femmes. Dans la salle, un peu à l'écart, une table regorge de gâteaux maison à l'aspect improbable, de bouteilles isothermes pleines de thés étranges et d'autres breuvages du même ordre. Sous l'écran à une table, trône une brochette de colporteurs de bonne nouvelle, d'idéologues avisés, de théoriciens convaincus et de témoins lumineux. Nous sommes là parce que je suis mon copain qui s'intéresse au sujet de la permaculture et que j'ai accepté, faute de mieux à faire, de suivre. Après un petit discours d'accueil et une rapide présentation du programme de la soirée, on nous projette un film.
Je ne me souviens plus très bien de l'intrigue de ce film. Je ne me souviens même plus vraiment si c'était un film drôle, une comédie, ou s'il s'agissait d'un film de science-fiction. Par contre, je me souviens que l'action se déroulait majoritairement en Asie, au Japon principalement. Il était beaucoup question de la culture du riz et des deux récoltes annuelles. Dans les grandes lignes, tout cela nous expliquait qu'il ne fallait pas faire de mal à la terre, qu'il fallait la respecter et la piétiner le moins possible. Ainsi, on disposait des planches pour aller entre les rangs de plantes potagères. Il était question de paillage, il était dit qu'il ne fallait pas labourer ou bêcher, à peine avait-on le droit de ratisser. L'idée, c'est de cultiver en tirant profit des associations de plantes, celle-ci protégeant telle autre, éloignant les parasites néfastes ou, au contraire, attirant les insectes souverains. On nous disait qu'en respectant quelques règles, les récoltes étaient abondantes et que les fruits, légumes et céréales avaient un goût fantastique en plus d'être bons pour la santé. Evidemment, pas d'intrants chimiques dans tout ça ! Pas d'insecticide ou d'herbicide, pas d'engrais, presque pas d'arrosage non plus. Et surtout, pas de mécanisation. Tout à la main, tout avec des outils sommaires.

permaculture pour les pieds
Le film passe et s'ouvre le débat. Je n'ai pas le souvenir qu'il y ait eu la moindre pensée négative. Tout le monde était déjà convaincu par ce mode de culture. Tout de même, la question des deux récoltes annuelles et de l'importance du climat de cette partie de l'Asie par rapport à celui de la Charente européenne avait été soulevée. Dans l'ensemble, toutes les personnes présentes étaient émerveillées par ce film documentaire qui disait ses quatre vérités à l'agriculture extensive qui laisse une grande place aux gros tracteurs, aux produits chimiques et aux gros beaufs en côte de travail verte et au teint couperosé.
Des questions obtiennent des réponses et, souvent, on conseille d'acheter l'un ou l'autre des bouquins proposés à la vente sur place. En plus des conseils visant à mettre en place son potager cultivé en permaculture, il y a aussi un discours qui me dérange un peu. On nous parle beaucoup d'autosuffisance et on nous dit comment et combien il faut abandonner son mode de vie occidental qui ne respecte pas la nature. Bien sûr, on nous conseille vivement d'abandonner le régime "carnivore" et de devenir végétarien. Il ne me semble pas que l'on parlait déjà de végétalisme à l'époque. Le top du top étant toutefois de passer à l'alimentation macrobiotique. Ce dont je me souviens bien, c'est l'insistance avec laquelle on poussait le public à dépenser quelques dizaines de francs pour acheter des bouquins. Invariablement, les réponses étaient réputées s'y trouver. Il me reste surtout un souvenir de discours à la limite du "sectaire" avec des rappels incessants à quelques gourous californiens ou de la lointaine Asie. Ce n'est pas sans me faire penser à l'actuel engouement pour les préceptes et enseignements de Pierre Rabhi et du mouvement des Colibris qui y est attaché.
Ce que je retiens aussi et surtout à propos de la permaculture, c'est qu'il s'agit d'une occupation à temps plein. Je ne dis pas que le principe est mauvais ou qu'il ne fonctionne pas. Je n'en sais rien, à dire vrai. Je dis que si l'on veut caresser le rêve de manger bio en se suffisant à soi-même, il ne faut pas compter ses heures et être prêt à faire quelques concessions au monde moderne. Ce qui a une très nette tendance à m'agacer, c'est d'entendre des discours de personnes qui n'ont jamais posé leurs pieds à la campagne et qui s'émerveillent d'avoir réussi l'exploit de faire pousser des fines herbes sur leur rebord de fenêtre sans engrais, sans produits chimiques et en permaculture. Va-t-en te nourrir que de ciboulette, toi ! Et l'autre discours qui m'énerve, c'est celui qui vient prétendre à mots couverts que la permaculture, c'est juste laisser la nature faire comme elle le sent. Si je suis d'accord pour penser qu'il doit être possible de faire son jardin en se mettant "à l'écoute" des plantes, si je suis presque persuadé que l'idée d'association de plantes est bonne (on met ou mettait des rosiers en bout des rangs de vigne pour cela), je reste aussi certain que faire son jardin potager nécessite d'y travailler réellement. A ce compte, oui, on doit pouvoir atteindre une quasi auto-suffisance alimentaire. J'ai connu un couple de retraités qui y parvenaient presque. Du printemps à l'automne, ils travaillaient facilement cinq ou six heures par jour leur jardin. Et encore, je ne compte pas les heures passées après la récolte pour préparer fruits et légumes avant de faire des confitures ou conserves ! Et ils ne produisaient pas de céréales, n'avaient pas de ruches, pas de vignes.
Je n'ai pratiquement jamais fait de jardin. J'ai essayé quelques années, bien modestement. La réussite n'était pas toujours au rendez-vous et, pourtant, je devais avoir peu ou prou la même terre que le voisin qui, lui, récoltait à plein bras. Il y passait du temps. Je ne suis même pas sûr qu'il cultivait "bio".

jeudi 10 mars 2016

Agriculture et écologie

Écologie agricole

mercredi 9 mars 2016

Sans transition

Ça chie du côté des relations avec nos voisins et néanmoins amis Allemands. Ils ne veulent plus de centrale nucléaire française à proximité de leurs frontières. Notons que les Suisses non plus n'en veulent plus. Et j'apprends qu'il y aurait des soucis avec de vieilles centrales nucléaires en Belgique. Ça doit être la loi des séries, on nous dit aussi que Areva et EDF seraient dans une belle merde à cause des EPR, ces centrales de nouvelle génération qui coûtent bien plus cher à construire que prévu. Alors, on se demande si le nucléaire était une si bonne idée que ça. Il y a le problème lié à la gestion des déchets et celui du démantèlement des unités parvenues en fin de course. C'est que l'on avait peut-être un peu mal calculé le coût, à l'époque. Si ça se trouve, on l'avait calculé en francs sans se douter que l'on allait un jour passer à l'euro. Les comptables doivent se casser les dents sur leurs règles à calcul. Heureusement, les mouvements écologistes sont là pour réveiller l'opinion publique et pousser au passage à des énergies renouvelables, propres, responsables et qui parfument l'air ambiant d'une douce flaveur vanillée.
Moi, je ne suis pas technicien, je ne suis pas ingénieur ou chercheur. Je n'y connais que dalle. Je sais juste payer mes factures EDF et enfoncer une rallonge dans une prise. Faut pas compter sur moi pour avoir des conseils avisés en matière de production d'électricité. Je ne suis pas compétent et je n'ai pas l'intention de m'exprimer sur ce sujet que je ne maîtrise pas du tout. Toutefois, comme pour la bagnole, j'ai pris goût à cette source d'énergie pratique, facile à utiliser, qui ne fait pas de bruit et qui ne sent rien. J'aurais du mal à m'en passer et mes ordinateurs, cafetière électrique, réfrigérateur et chaîne stéréo aussi, je gage.
J'en arrive à me dire que nous sommes tous faciles à pousser dans les affres de l'addiction. Je suis persuadé que la meilleure solution pour lutter contre le tabagisme, l'alcoolisme, les drogues illégales, la bagnole et le nucléaire, c'est de ne pas les proposer du tout, jamais. Une fois que l'on a commencé, c'est trop tard. Il faudra sans doute des générations et des générations pour que l'humanité se débarrasse enfin de cette fringale délétère.
Si l'on se montre optimiste, on peut imaginer que l'on trouvera moyen de produire de l'énergie à bas coût et en plein respect de la planète. On pense à toute cette énergie que l'on pourrait produire à partir du rayonnement solaire. Une entreprise française a développé un système de stockage d'énergie sous la forme d'un gros volant d'inertie en béton (pour simplifier) qui permettrait de restituer l'énergie au moment où le soleil ne brille pas et que l'on a tout de même besoin d'électricité ou d'autre chose. Après tout, on pourrait revenir à la bonne vieille mécanique avec des poulies, des courroies, des engrenages et des embrayages. L'éolien n'est pas sans provoquer son lot de critiques de la part des personnes habitant à leur proximité. Il paraît que ça empêcherait de dormir, que ça produirait des infra-sons capables de perturber l'organisme au point de ressentir des malaises. Nous n'avons probablement jamais eu besoin de tant d'énergie depuis les débuts de l'humanité. On pourrait s'amuser à se faire peur avec ce constat. Nous sommes devenus tellement dépendants de l'électricité, de la voiture, des réseaux qu'il serait amusant d'étudier nos attitudes en cas de colossale panne générale. Et le pire, si nous n'avions plus d'électricité pour une durée importante, c'est bien que nous ne connaîtrions pas la suite du feuilleton en bédé !

Transition énergétique en coup de vent

mercredi 2 mars 2016

Parcours électrique

Voyager en véhicule électrique, j'ai déjà fait. J'ai emprunté plusieurs fois le métropolitain parisien, j'ai souvent pris le train, aussi. Il m'est même arrivé de parcourir les allées d'un camping en voiture de golf ou, une seule fois, de monter dans un trolleybus à Limoges. Mais jamais je n'avais roulé en voiture électrique et c'est désormais chose faite. Je peux mourir avec le sentiment d'avoir fait le tour de tout ce que la vie peut m'apporter.
Pour tout dire, je n'avais pas d'idées bien précises sur les voitures électriques. Je ne savais pas à quoi m'attendre. Je savais que le moteur électrique permet un couple constant, je savais que ça pouvait être nerveux, je savais aussi que l'on n'avait pas à entendre le bruit d'un moteur à combustion interne. La voiture dans laquelle j'ai parcouru une cinquantaine de kilomètres en passager est une Renault ZOE. A priori rien qui ne la démarque d'une automobile "normale" au premier coup d'œil. Ça peut faire penser à une CLIO de la même marque. Ça a des roues, un pare-brise, des portes, un toit. Rien de spécial. Elle n'a pas l'attrait de la Renault Twizy qui est, à mon sens, une belle réussite esthétique. On en pensera bien ce que l'on en voudra mais elle me plaît, la Twizy. Elle est marrante, elle doit être très agréable à utiliser en parcours urbain.
Et donc, je ne savais pas bien à quoi m'attendre et j'étais bien impatient de le découvrir. Je rentre dans la ZOE, je boucle ma ceinture et je ne remarque rien d'autre que le tableau de bord qui affiche tout un tas d'informations sur un écran coloré. Au milieu de la planche de bord, un autre écran, celui du GPS et, me semble-t-il, de l'ordinateur de bord. Mon chauffeur est à son poste et il appuie sur le bouton de mise en route. Bon. J'attends la surprise, j'attends que le moteur se mette en route ou du moins que quelque chose se passe. Et c'est là, alors que j'en suis à ronger mon frein que je comprends que nous sommes déjà en train de rouler. Incroyable ! Il n'y a rien eu pour annoncer que l'on roulait. Pas le moindre à coup, pas le plus petit bruit. Rien. C'est fabuleux. A faible allure, on n'entend réellement rien qui vienne perturber la musique de l'auto-radio réglé à un volume plutôt bas.
La ruelle se termine, on s'arrête au panneau stop. Un coup d'œil à gauche, un autre à droite et c'est parti ! Holà ! C'est que c'est nerveux cet engin ! On gagne rapidement la vitesse de 50 km/h avec les seuls bruits de roulement et un léger zonzonnement proche du sifflement d'un turbo compresseur. Bien sûr, il n'y a pas de boîte de vitesses. Par contre, un peu par ignorance et beaucoup par idiotie, je m'attendais à ressentir l'effet d'une boîte automatique ou d'un variateur. Bah non, il n'y a pas. Je suis d'une bêtise, des fois, moi ! Non, la voiture accélère tout simplement, de plus en plus vite tant que l'on presse la pédale d'accélérateur. Ça semble être d'une facilité étonnante. Tenez, un point qui l'est aussi, étonnant, c'est le frein moteur. Dès que l'on relâche cette pédale, le véhicule ralentit fortement. Il y a un dispositif qui permet de récupérer de l'énergie au ralentissement et ça contribue beaucoup à ce ralentissement.
Pour le reste, on oublie vite que l'on est dans une voiture électrique. On ne fait même plus attention à l'absence du bruit d'un moteur. C'est agréable, souple, vif. Le seul point un peu contraignant, c'est que l'on fait attention à ne pas trop pousser le chauffage. C'est que, dans une voiture électrique comme cette ZOE, tout va de pair. Si l'on monte le son, on consomme de l'électricité qui viendra à manquer pour quelques mètres supplémentaires et c'est pareil pour les phares, les clignotants, les essuie-glaces et... le chauffage. Mais là, nous sommes partis pour une cinquantaine de kilomètres avec des batteries bien chargées, il n'y a pas de souci à se faire. Le silence de fonctionnement permet de discuter sans monter la voix et ça aussi c'est bien agréable. Pour la recharge des batteries, une simple prise suffit. Si l'on a un compteur électrique qui le permet, on peut recharger la nuit à moindre coût. Par contre, il est préférable d'avoir un garage, c'est sûr. C'est plus simple que d'avoir à tirer une rallonge dehors.

Pour le propriétaire de cette automobile, il ne semble pas que le choix de rouler "en électrique" soit guidé par des convictions écologiques. Ce n'est pas sa première voiture électrique. Avant d'habiter en Dordogne, il était Parisien et il avait choisi l'électrique pour la tranquillité d'esprit, pour ne pas avoir à jouer continuellement de la boîte de vitesses et de l'embrayage, pour ne pas avoir à supporter le bruit d'un moteur, aussi. Bien sûr, il y a aussi le fait de moins polluer en n'envoyant pas de gaz d'échappement partout. Et ça, bon, sans être particulièrement gagné à la cause écologiste, ça ne peut pas être totalement mis de côté au moment de choisir de rouler en voiture électrique.
Reste la question de la production électrique. Et là, forcément et dans l'état actuel de la politique de production d'électricité en France, on a toutes les chances pour rouler au nucléaire, du moins pour une partie importante de l'énergie consommée. Soyons honnête, il en va de même pour tout l'équipement de votre habitation si celle-ci est raccordée au réseau et il est fort à parier que cette habitation consomme plus que l'automobile.
Et le dernier point, c'est le coût d'achat. Je ne me suis pas renseigné mais je sais qu'il existe un système de location, quelque chose de l'ordre de moins de 200 euros par mois, chez Renault. Ça peut sembler cher. Il faut voir. Déjà, l'entretien d'un véhicule électrique n'a rien à voir avec celui d'un turbo Diesel. pas de filtre à carburant ou à huile. Probablement pas de filtre à air, pas de vidange, pas de courroie de distribution à changer, moins d'usure des plaquettes et disques de frein grâce à l'efficace frein moteur. Tout cela doit pouvoir se calculer. La location permet aussi de ne pas avoir à se préoccuper du futur remplacement des batteries. Batteries qui, au passage, restent un point noir d'un point de vue écologique. Elles doivent pouvoir être recyclées. Jusqu'à quel point ? Dans quelles conditions ? Et bien sûr, il y a la question de l'autonomie. D'après ce que j'ai compris, on peut tabler sur une centaine de kilomètres. C'est peu pour certains et déjà beaucoup pour d'autres.

Voiture électrique

mercredi 20 janvier 2016

Renault ne triche pas

J'ai abandonné l'idée d'utiliser les récentes mines dont je vous parlais il y a peu. Je les ai remises dans leur petit étui et j'ai cherché dans mes réserves des vraies mines en graphite. C'est nettement mieux. Je retrouve le rendu de la mine HB classique. Du coup, j'ai pu faire un petit dessin.

Fumer tue

dimanche 27 décembre 2015

Hiver fleuri, printemps pourri

Les végétaux sont un peu cons. Pour preuve, les arbres qui bourgeonnent, les fleurs qui éclosent, l'herbe qui perce. Il faudrait leur payer un bon calendrier, les rappeler à l'ordre, leur expliquer que ce n'est pas du tout le bon moment. Ils feront moins les malins, tous ces imbéciles, une fois qu'un bon coup de gel va venir réfréner leurs ardeurs qui ne sont pas de saison !
D'ici quelques jours, on pourra voir fleurir les iris et je ne me souviens pas avoir déjà vu cela. Alors, bien sûr, on va entendre dire que tout cela est à mettre sur le compte de l'activité humaine et des gaz à effet de serre qu'il contribue largement à produire et relâcher dans l'atmosphère. On peut aussi se rassurer en affirmant que ce n'est rien d'autre qu'une péripétie accidentelle due à rien d'humain. Je n'ai ni les compétences ni l'autorité pour dire ce qu'il en est. En attendant, ces températures douces que l'on enregistre dans le sud-ouest de la France depuis quelques semaines me fait font faire des économies de fuel domestique et de bois de chauffage.

Décembre en fleur, printemps en pleurs

jeudi 24 décembre 2015

Ce qu'il y a de chiant, dans les bois, c'est les arbres

Hier, histoire de bien marquer notre attachement à l'idéologie écologiste, mon frère et moi nous sommes allés nous promener avec un beau 4x4 qui consomme facilement ses 17 litres d'essence aux cent kilomètres dans un bois voisin. Alors que nous avions bien progressé, que nous avions franchi la "mare de la mort", que nous avions sans aucun doute écrasé tout un tas d'insectes, que nous avions perturbé le calme de ce lieu de nature, de calme et de verdure, nous nous retrouvâmes face à des arbres qui nous interdisaient d'aller plus loin.
Allions-nous nous résoudre à rebrousser chemin ? Que nenni ! C'est que nous sommes prévoyants. Nous avions pris avec nous une belle tronçonneuse, les réservoirs plein de mélange et d'huile de chaîne. En une petite cinquantaine de minutes, la route était libérée, les arbres découpés en tronçons d'un mètre, rangés sur le bas-côté, dans l'attente que l'on revienne les chercher, que l'on les fende et qu'ils finissent dans la cheminée.
Nous avons remis la tronçonneuse dans la caisse du Land Rover, nous avons démarré et nous avons poursuivi notre promenade.

Là, on ne va pas pouvoir passer

Quelques coups de tronçonneuse après

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