mardi 18 juillet 2017

Le pigeon du 11

Au 11 de la rue Berthe-Bonnaventure, il y a un pigeon agonisant. Il y était lorsque je suis passé par cette rue, l'autre jour. Il serait presque étonnant qu'il y soit encore et encore plus curieux qu'il n'ait pas mis un terme à son agonie. Je ne l'ai pas aperçu tout de suite. Je cherchais des photos à prendre, j'ai été attiré par cette porte du 11 de la rue Berthe-Bonnaventure. Au début, je ne savais pas que j'étais dans cette rue. En fait, j'ignorais qu'elle existât.
J'ai vu le pigeon, recroquevillé, la tête baissée tournée vers la porte, tout pelotonné, frissonnant. Je me suis demandé ce qu'il lui arrivait, ce qu'il lui était arrivé, si je pouvais le secourir. Arbitrairement, j'ai décidé qu'il lui arrivait ce qui devait lui arriver et que je n'étais pas en mesure de lui apporter quelque aide qui soit. Aussitôt, je me traitai de salaud mais dans l'instant qui suivit je me confortai dans l'idée que, réellement, ce pigeon était mourant, qu'il était peut-être vieux, sans doute malade et que je n'y pourrais rien changer.
Après, je suis allé à la terrasse d'un bistro et j'ai commandé une bière.

Le pigeon agonisant

lundi 17 juillet 2017

En mode Commando

Pas forcément simple d'organiser une exposition de véhicules anciens. Pendant quelques années, à Fossemagne, les voitures et motos anciennes répondaient présent. Alors, certes, d'une année sur l'autre on avait un peu trop tendance à revoir les mêmes véhicules.
L'année dernière, pas d'exposition de véhicules anciens. On pouvait penser l'opération terminée à tout jamais. Eh non ! Pour 2017, des panneaux sont apparus sur le bord de la route et dans les villages pour annoncer la reprise.
Donc, hier, je suis allé à Fossemagne. Il n'y avait pas grand chose à enregistrer sur la carte-mémoire et, en plus, les quelques véhicules présents n'étaient pas particulièrement mis en valeur. Mis à part une R5 bien restaurée, une AMI 8, une 2cv, une Traction Avant, une R15 et une Jeep (à l'heure où je suis passé) qui trônaient devant ou à proximité de l'église, il fallait aller tout au bout du village, après le vide-grenier, pour voir une Renault 12 dans son jus, une Estafette, une 203, une R8 et quelques autres voitures dont une Cobra déjà vue lors d'une édition précédente.

Norton 850 Commando 1977
D'après ce que j'ai compris, l'équipe organisatrice a changé et la nouvelle ne doit pas encore pouvoir compter sur un réseau bien structuré. Si le plateau des automobiles était un peu maigre, c'était encore bien pire pour les motos. Quelques "custom" japonais sans grand intérêt, quelques autres motos de la même origine géographique qui ne méritaient pas forcément d'être exposées et, tout de même, une Norton Commando. Une Norton qui, d'ailleurs, n'est pas restée. J'en faisais quelques images après avoir visité l'exposition de photos installée dans la salle des fêtes lorsque son propriétaire et sa compagne sont arrivés et se sont préparés pour reprendre la route. Il n'était pas encore midi. Nous avons échangé quelques mots à propos de cette machine et voilà.

Norton 850 Commando 1977

dimanche 16 juillet 2017

Une 2cv Citroën vue à Périgueux

2cv Type A

samedi 15 juillet 2017

Parce qu'il faut un titre

militaire-GAV.jpg

vendredi 14 juillet 2017

Passage du tour

ça file !

Dans l'attente qu'il se passe enfin quelque chose, après que la caravane du Tour était passée et alors que quelques véhicules devançaient le peloton, j'ai eu l'idée de visser un filtre gris ND 1000[1] sur l'objectif pour réaliser quelques filés. Pour cette photo, il me semble me souvenir que c'étaient deux motos de la gendarmerie qui passaient.

Note

[1] filtre à densité neutre (ND)

jeudi 13 juillet 2017

Hey ! On est intelligents ou pas ?

La nuit a été courte et n'ayant rien de mieux à faire, je me suis laissé aller à réfléchir pour passer le temps. Ce n'est pas venu tout seul, je vous rassure. Il a fallu une sollicitation extérieure, en l'occurence une réflexion entendue à la radio, pour que la machine se mette en branle. En substance, il était question d'une personne qui détourne des choses récupérées pour créer d'autres choses avec un minimum d'outils et, dans l'idéal, sans recours à une source d'énergie autre que la sienne propre, de la 100% musculaire garantie sans OGM[1].
Ce type a l'air de s'amuser comme un petit fou avec ses bouts de palettes, ses vieux chauffe-eau, l'argile récupérée sur son terrain et les trésors récupérés dans les déchetteries. Bien sûr, il s'éclate encore plus avec son jardin, son verger, ses poules. Dans l'idée, il cherche à tendre vers une certaine autonomie alimentaire et énergétique. A tous les coups, il doit avoir une certaine appétence pour la cause écologique. Il vit à la campagne, est propriétaire de sa maison et de son terrain et, apparemment, a un emploi dans la vraie vie. Il a une automobile, ne refuse pas le "progrès"[2]. Bref, rien ne permet de le soupçonner d'être un illuminé, un jeune drogué inadapté, un punk à chien, un rastaquouère.
La récupération de ce qui est jeté, de ce qui est réputé ne plus avoir la moindre valeur, et l'utilisation de tout ce qui n'a a priori aucune chance de pouvoir être monnayé est devenu un jeu obsessionnel. Et le plus rigolo, c'est que ça marche ! Notre bonhomme ne se ment pas, il ne cache pas qu'il faut parfois se tuer un peu (mais pas trop) à la tâche pour parvenir à ses fins. Mieux, il reconnaît avoir parfois la flemme ou un désir d'efficacité et préférer la perceuse électrique ou la tronçonneuse au vilebrequin et la hache. C'est un pragmatique plus qu'un idéologue et c'est à mettre à son crédit.

Il faut cultiver notre jardin

Il y a deux conditions impératives qui s'imposent à qui veut entreprendre un potager. D'abord, bien entendu, avoir un bout de terrain à disposition. Ensuite, et c'est encore plus important, avoir l'envie et accepter de se fatiguer. En gros, faut qu'ça plaise. Sans plaisir, c'est peine perdue, c'est même pas la peine d'entreprendre. Si jamais vous vous décidez à faire pousser des trucs et des machins dans une terre qui est basse et qui colle aux bottes, si jamais vous y allez en vous disant que vous seriez mieux à boire une bière en regardant Derrick sur l'écran de votre téléviseur 4K, il vaux mieux que vous oubliiez. Vous avez beau cultiver des belles idées écologistes, il faut voir la réalité en face, vous êtes plus un théoricien qu'un praticien. Et puis en plus il pleut et vous avez mal au dos alors…
Par contre, si vous réussissez à prendre tout ça comme un jeu, là c'est autre chose ! Tous les jardiniers en herbe vous le diront, une tomate mûrie au soleil naturel sur un pied planté dans de la vraie terre, ça a un peu plus le goût de tomate que de la boule rouge boosté au substrat hydroponique. D'ailleurs, ce jardinier, en toute honnêteté, reconnaît humblement produire les meilleures tomates du monde connu.
Faire son jardin, c'est apprendre, écouter les conseils, connaître des doutes et des déceptions mais aussi des joies et des bonnes surprises. On commence à faire son compost, on trace ses sillons en estimant ce que l'on pourra récolter. On ajuste d'une année sur l'autre, on teste des légumes ou des tubercules exotiques, pour voir. En ce moment, plusieurs personnes m'en ont parlé, la mode est à la cacahuète qui, je ne l'aurais pas cru, pousse très bien sous nos latitudes.
Si on a suffisamment la main verte et assez de terrain, on peut envisager les conserves, le séchage. Et puis, peut-être, commencerez-vous à produire par vous-même les graines et les plants de l'année suivante. Alors là, c'est quasi le nirvana. Avec une légitime fierté, vous faites un beau bras d'honneur au système et à tous les Monsanto et autres Bayer du monde ! Bravo !
Le top, c'est — nul besoin de le préciser[3] — de produire des pommes de terre, de l'ail et du persil. Les pommes de terre à la sarladaise n'en seront qu'encore plus succulentes, c'est du garanti sur facture. Et puis, si vous êtes assez fou, pourquoi ne pas faire pousser du blé que vous récolterez à la main et que vous moudrez avec un moulin à pierre à manivelle pour produire une farine qui vous donnera le pain à cuire dans un four construit de vos mains alimenté au bois coupé par vous ? Je n'ai aucune idée de la surface nécessaire à la production de blé suffisante pour une année. Ça doit pouvoir se calculer.

Récupérer, construire et bâtir

Pour bien réussir, il faut être imaginatif, avoir une âme d'inventeur. Ce n'est pas donné à tous. Moi, pour ne citer que la personne la plus intelligente connue de moi, je n'ai pas la chance d'être assez imaginatif pour voir comment détourner un machin pour faire une machine. Heureusement, il y en a pour venir en aide aux handicapés tels que moi. Par exemple, j'ai vu ça sur Internet, un type[4] explique comment bricoler un "poêle dragon" à partir d'une bouteille de gaz, d'une vieille cocotte et de bouts de ferraille récupérés. Et le truc, c'est que ça marche. Alors bon, d'accord, il convient de relativiser. C'est un peu moins beau qu'un Godin ou un Jøtul, c'est visiblement du "fait maison" avec tout ce que cela implique comme concessions en termes d'esthétique très personnelle et de finitions encore à finir. Mais bon, ça marche, ça produit de la chaleur, ça permet de cuisiner et de chauffer une pièce. En plus, ça fonctionne avec des bouts de bois glanés dans les bois, des petites branches et même des feuilles mortes. La limite, mais on doit pouvoir améliorer le système, c'est qu'il faut recharger le poêle tous les quart d'heure. C'est un peu contraignant, ça oblige à rester à moins de quinze minutes de la pièce où est placé le dispositif et à faire des quarts pour la nuit. On a rien sans rien.
Construire plus grand comme une "habitation" ? Il y en a qui font. Je vous avais montré une cabane en branches et en torchis perdue dans les bois il y a quelque temps. Les moins aventureux choisiront une vieille caravane ou une carcasse de fourgon, les plus riches acquerront une yourte et les plus créatifs feront avec ce qu'ils trouveront et quelques outils sommaires. On pourra pousser l'idée jusqu'à vouloir produire de l'électricité avec des panneaux solaires ou une éolienne. On réfléchira à avoir une réserve d'eau et on rendra son petit chez-soi agréable et confortable sans se préoccuper des réglementations diverses et variées. On tutoiera gentiment l'illégalité et ça n'en sera que plus savoureux.
Ceci dit, rien ne vous empêche de bâtir encore plus grand et en toute légalité avec un vrai permis de construire et un raccordement aux réseaux d'adduction d'eau et d'électricité. Une maison en bois ou en terre voire en pierres. En fait, ça dépendra beaucoup de vos compétences et de votre détermination.

À la recherche de l'intelligence perdue

Je ne suis tout de même pas si bête que ça ! Je sais faire des trucs. Je sais lire, écrire, un peu compter. Je ne suis tout de même pas idiot ? Si ? C'est pas impossible, finalement.
Comme pas mal de mes semblables d'aujourd'hui, je suis un utilisateur, pas un constructeur. Je sais utiliser une machine à café, un ordinateur, une automobile, un appareil photo, un ouvre-boîte, un robinet d'eau chaude et froide, un téléphone, une chaîne Hi-Fi. La plupart du temps, je ne comprends même pas comment tout cela fonctionne. J'ai une vague idée des techniques mises en œuvre dans la production électrique et me contente de brancher une prise dans une autre, mâle dans femelle, en respectant ce que d'autres personnes ont conçu pour les idiots de mon genre afin qu'ils ne s'électrocutent pas trop. Du coup, on ne cherche même plus à comprendre tellement on nous mâche le boulot. On nous débarrasse du besoin de réfléchir. On devient bête par confort et fainéantise. C'est pile-poil ce que je me suis dit ce matin après avoir bu mon café à l'issue d'une courte nuit.
Le confort moderne nous propose un marché de dupe auquel nous adhérons tous ou presque. Tenez, rien que pour dire, à quoi bon apprendre à écrire ? A quoi bon acquérir quelques notions d'orthographe ? Aujourd'hui, on peut parler à son téléphone pour écrire un courrier électronique. Si on est encore adepte du clavier, on fait confiance au correcteur orthographique. Quant à écrire avec un stylo sur du papier, pfiou ! C'est un truc de vieux chnoque, plus personne fait ça de nos jours !
Il paraît qu'il y a des personnes qui reconnaissent ne plus savoir écrire. Ça ne m'étonne pas tant que ça. Parmi toutes les critiques que l'on peut faire à l'encontre de la photo numérique, il y a sans doute celle de la trop grande facilité d'exécution apportée par les dispositifs à notre disposition. D'un côté, c'est un réel progrès de ne plus rater ses photos, c'est certain. Mais d'un autre côté, il y a ce petit truc qui faisait qu'il fallait être un peu initié pour comprendre comment faire une photo bien exposée. Je ne parle pas ici du cadrage ou de la qualité "artistique" d'une image, je ne vous entretient que de l'aspect technique. Certains appareils photo réfléchissent à ce qu'ils ont devant leur "œil". Ils comprennent s'il s'agit d'une personne ou d'un paysage et adaptent les réglages en fonction. A quoi bon apprendre le rapport qu'il existe entre la sensibilité, l'ouverture du diaphragme et la vitesse d'obturation ? Moi qui suis déjà vieux, je peux vous dire qu'il valait mieux comprendre ça avec un Zenit E !
On ne peut pas tout savoir sur tout. Ce n'est pas nouveau. Peut-être, mais c'est pas sûr, fut un temps où l'érudition était de ce monde. Peut-être a-t-il été possible d'embrasser la totalité des savoirs disponibles et connus dans une même cervelle. Aujourd'hui, ce n'est pas envisageable. Nous sommes entrés dans l'ère des experts. Il n'y a pas si longtemps, peut-être un siècle en arrière, une personne pouvait sans doute posséder le savoir nécessaire à sa survie. Le monde était majoritairement à la campagne et mangeait ce qu'il produisait grâce à son travail. On savait couper son bois et coudre ses habits, équeuter les haricots et tuer le poulet. Pour pas mal de personnes de notre monde gagné à la cause moderniste, les légumes connus sont les frites surgelées, les brocolis surgelés, les salades sous atmosphère contrôlé et les tomates en flacon. Donnez-leur des salsifis, des épinards ou des poireaux et vous verrez leur attitude se changer pour celle d'une poule découvrant un couteau.
Autrefois, quand on savait pas on consultait son dictionnaire. Aujourd'hui, on cherche sur Internet. Je suis un vrai défenseur du projet wikipedia qui, malgré tout ce que l'on peut raconter, est un projet ambitieux et généreux. Il y a une vraie belle idée derrière, je vous l'assure ! Un contenu toujours à jour, toujours (ou presque) corrigé, globalement fiable et disponible partout et à tous. Enfin pourvu que l'on ait un ordinateur et l'électricité en plus d'Internet, bien sûr. Avec Internet, plus besoin de savoir, il est préférable de savoir chercher, de savoir questionner. La date de la naissance de Erik Satie ? A quoi bon mémoriser ça quand on a la réponse à portée de quelques tapotements de touches ?
Le problème, c'est que la culture, ce n'est pas que le savoir. wikipedia ou plus généralement Internet et l'ordinateur, fait l'impasse sur le contexte général. On a accès à l'œuvre de Verlaine mais on ne sait rien du mouvement dans lequel il s'inscrit, son époque, sa vie. On peut profiter d'une visite virtuelle du Louvre mais ne rien connaître de l'histoire des lieux, de Paris, de l'architecture du bâtiment. On trouve la recette de cuisine que l'on veut mais l'on a pas celle qui est transmise de génération en génération dans une famille.
Quelque part, l'intelligence est liée à la culture et la culture à la civilisation. Une civilisation, c'est avant toute chose une histoire collective. Pour prétendre à la civilisation, il faut au minimum être deux. Ça, j'en ai la certitude. A partir de trois, ça commence à merder mais il faut faire avec. Si nous sommes ce que nous sommes, c'est dû à l'amoncellement de strates superposées les unes sur les autres depuis l'apparition de l'Homme d'une part mais aussi depuis l'apparition du premier mammifère et de la première amibe avant lui. La civilisation, c'est un long cheminement.
Les choses vont trop vite. Si l'on ne veut pas être largué, on est obligé de suivre le mouvement. Tant pis pour les fondamentaux, on fait du passé table rase. On se dirige vers ce que l'on appelle le trans-humanisme. Est en train de naître un état de symbiose entre l'organique et la machine. L'idée de l'Homme augmenté fait son chemin. L'Homme équipé n'est pas nouveau, les prothèses ont déjà une longue histoire. Les jambes de bois, les crochets, les lunettes, les hanches en titane ou le cœur artificiel sont déjà des visions du passé. On nous parle de rétine connectée permettant de recevoir des informations de ce que nos yeux voient, on parle d'implants neuronaux permettant de générer des sensations à la demande. L'ordinateur gagnera peut-être dans un futur proche sa place en chacun d'entre-nous pour notre plus grand bonheur.
Franchement, si un jour on arrive à concevoir un dispositif qui permet la transmission de pensée et l'accès à toutes les ressources du monde entier, un dispositif qui nous permettrait de voir un film directement "dans notre tête", à converser avec n'importe qui à l'autre bout de la planète[5] sans nous préoccuper d'une langue différente ou d'un accent à couper au couteau, à transférer des images captées par notre œil bionique à la vitesse de la lumière, hein ? Franchement, ça fait rêver, non ? Tiens, faire l'amour avec son fantasme de la perfection absolue quand bon me semble ou créer la sensation de déguster le plus grand vin du monde ou le plus délicieux de tous les plats juste en imaginant la chose mais en ressentant "pour de vrai" ces sensations, hein ? Ça donne pas un peu envie, ça ? Et peu importe de savoir si la personne avec qui vous discutez de la dernière coupe du monde de football existe en chair et en os ou en puces et connexions. Rien à foutre ! L'important c'est l'échange et la sensation retirée de cela, non ?

Faut vivre avec son temps

On peut regretter le passé. On peut idéaliser ce passé et cultiver un penchant certain pour la nostalgie. Il y a encore quelques années, pour peu que l'on ne soit pas manchot on pouvait réparer plein de trucs soi-même. La bagnole qui refusait de démarrer était rendue à la raison d'un bon coup de clé à molette bien placé. On savait gratter les platinées, nettoyer les bougies, régler son ralenti, faire sa vidange, corriger une bielle défaillante avec un bout de fil de fer, détordre un piston fondu avec sa bite et son couteau. Maintenant que les temps ont changé, si on sait lever le capot de sa voiture on s'empresse de le refermer tellement rien ne semble accessible. Réparer le pneu crevé de sa motocyclette sur un bord de route n'est plus à la portée de tout un chacun. D'abord, il n'y a plus d'outillage de bord. Et puis, avec une bécane de 350 kg, si on a pas une grue d'atelier dans sa sacoche, on n'arrive à rien.
Autrefois, le mécanicien vous escroquait avec le mégot rivé au coin des lèvres mais il réparait. Aujourd'hui, il ne fume plus mais ne répare plus non plus. Il change, il remplace. Il branche la valise, il dit que c'est "ça" qui déconne et qu'il faut changer tout "ça" avec et que ça va coûter chérot. On le voit, il escroque toujours mais d'une manière plus électronique, plus sophistiquée, plus moderne, quoi !
Nous, pauvres cons qu'on est, on nous a pas trop demandé notre avis. On nous a pas demandé si on préférait du réparable ou du jetable. On aurait pu résister, certains l'ont fait, mais il est un fait immuable dans la nature humaine, c'est que c'est toujours la modernité qui gagne à la fin. Le bronze a gagné face à la pierre polie, le fer face au bronze. C'est comme ça. Il y avait un truc qui marchait super bien, jamais en panne. Un jour, un mec arrive avec un nouveau truc plus moderne qui fait la même chose mais en mieux, en plus rapide ou en plus fort ou en moins fatiguant, peu importe. Par contre, ce nouveau truc peut tomber en panne. Bon, braves cons que nous sommes, on accepte le risque pour pas passer pour des vieux cons.
Un exemple qui vaut ce qu'il vaut. La machine à écrire. On prend une bonne vieille Underwood. Ça tombe jamais en panne ce truc. Même pas la peine de la graisser, rien. Paf ! La machine à écrire électrique débarque. Moins besoin de se muscler digitalement, frappe plus rapide. Oui, mais le jour de panne de secteur, le troupeau de dactylo est à l'arrêt. Et voilà que l'ordinateur débarque avec son logiciel de traitement de texte. Oh ! On peut même enregistrer son courrier pour plus tard. Ouais mais pas d'électricité, pas d'ordinateur. Et en plus, les bugs incompréhensibles, les mises à niveau du système qui fait que le logiciel ne marche plus, l'imprimante qui n'est plus compatible avec le nouveau système ou qui a les buses qui se bouchent ou qui chie du toner partout. Du coup, on vire tout et on rachète du plus récent en faisant mine de ne pas savoir qu'il faudra tout refaire dans deux ou trois ans. Le truc, c'est que le stylo Bic©, lui, il est toujours là prêt à reprendre le service.
Collectivement, l'humanité est capable de beaucoup plus aujourd'hui qu'hier. Pour le meilleur comme pour le pire. Individuellement, c'est autre chose. Vivre indépendamment des autres en visant une certaine autarcie est de plus en plus difficile. Chacun de nous, un peu plus certains que d'autres toutefois, détenons une partie du savoir global et on comprend donc pourquoi les techniques de communications sont devenues si importantes que l'on ne peut plus s'en passer. Ce que l'on appelle le "Big Data" et l'intrication serrée de la globalité colossale de données fait que rien n'est plus et ne sera jamais plus arrêté. Le savoir de l'humanité qui a pu avoir l'apparence d'un bloc monolithique est devenu changeant, polymorphe, mouvant. Dans tous les domaines, les croyances explosent et sont remises en question au profit des dernières découvertes. L'esprit humain à lui même n'est plus en mesure de suivre le rythme effréné auquel il est soumis et doit se replier vers la machine, déléguer son intelligence aux robots.
Avec morgue et suffisance, on peut penser que le savoir de l'Homme de la Préhistoire se limitait à la taille de bouts de pierre, à la fabrication de pointes et d'épieux, à quelques techniques de chasse, à quelques remèdes bricolés avec de la bave de mammouth et des champignons hallucinogènes et à l'art de dégueulasser des parois avec des dessins. Il ne connaissait rien au moteur à combustion interne, ne savait pas faire fonctionner un bistouri électrique, était bien incapable de faire fonctionner Windows©[6] et n'avait même pas de conscience écologique véritable. Il n'empêche que celles et ceux qui, parmi eux, ont réussi à procréer sont nos ancêtres. Et nous comme eux avons sans doute les mêmes besoins vitaux. Je ne pense pas que l'on puisse sérieusement prétendre qu'il était moins intelligent que nous le sommes. Notre intelligence s'est enrichie de la sienne et le problème d'aujourd'hui est de se demander quelle intelligence nous transmettrons aux générations futures si nous la confions aux machines. Est-ce que les machines auront assez d'imagination pour imaginer la suite ? Il semble qu'elles ne seront jamais dans le besoin de quoi que ce soit. Les machines ne rêvent pas. Peut-être que l'Homme se singularise par la grandeur de ses rêves. Les petits rêves c'est bien pour passer le temps mais ce n'est pas très utile, il vaut mieux faire de grands rêves !

Bon allez, un dessin sans rapport avec quoi que ce soit pour finir...
Food Truck

Notes

[1] au passage, je n'ai rien contre les OGM

[2] téléphone mobile, ordinateur, Internet...

[3] mais on ne sait jamais

[4] et ce ne doit pas être le seul

[5] voire de l'univers

[6] mauvais exemple

mercredi 12 juillet 2017

Et pendant ce temps les chiens aboient

mardi 11 juillet 2017

Il est passé

Les vélos passent dans Thenon

Tour de rien

Le tour en Dordogne

lundi 10 juillet 2017

Malencontreuse erreur d'aiguillage

Erreur d'aiguillage

dimanche 9 juillet 2017

Le changement, c'est maintenant

Ce matin, j'ai eu une idée que je n'hésite pas à définir comme tout à fait géniale. Je vais arrêter ce blog pour aller disperser mes photos et dessins sur les rézoçossiaux. Et j'ai aussi eu une autre idée géniale du coup, je vais arrêter de dessiner. Il va y avoir du changement parce qu'il faut que ça change. Je n'ai pas encore statué sur la question de la photo. Est-ce que j'arrête aussi ? Je ne sais pas. Pour le moment, ça continue à m'amuser un peu.
Mais attention, le changement, il ne faut pas que ça s'installe dans la durée. Je suis pour le changement permanent. Aussitôt après que je suis sur les rézoçossiaux, hop, je reviens au blog avant d'en repartir pour aller aux rézoçossiaux. Ça va être compliqué, épuisant, lassant, mais le changement, le vrai changement je veux dire, est à ce prix.
Mais, me demanderez-vous, pourquoi vouloir changer ? Pour le changement, vous réponds-je sans plus attendre que vous posiez réellement la question. Cela nous fait gagner du temps et le temps est précieux et compté. Paf ! Encore du changement. Maintenant, les réponses avant les questions. On gagne du temps, on évite les débats stériles et inutiles. On perd peut-être un peu en démocratie, c'est vrai, mais plus personne ne s'intéresse à ça de nos jours. Aujourd'hui, on veut de la bienveillance et de l'ordonnance.
Changer, c'est éviter de faire du surplace, changer c'est le mouvement. Changer, c'est être en marche. Et n'y voyez rien de politique. La marche n'appartient pas plus à Macron que la République à Wauquiez. Il reste la question de savoir si le changement est préférable à l'immobilisme réactionnaire, au conservatisme, à la tradition et au repli sur soi. j'ai bien un avis sur le sujet, un avis peu ancré, appelé à changer.
Je ne suis pas sûr que le changement appelle à du meilleur. On peut changer pour le pire de tout. L'important, c'est de changer perpétuellement. Jamais deux fois pareil, toujours insaisissable. Je pense que c'est la voie vers le bonheur. C'est une intuition pas du tout étayée par quoi que ce soit. C'est une intuition, ce n'est pas de la science, faut pas déconner.
Maintenant, va falloir que je me choisisse un bon rézoçossiaux. Pas trop envie d'aller sur les classiques. Il y en a de nouveaux qui sont apparus. Je vais chercher et peut-être trouver au bout du compte. Je sens déjà que ça va m'emmerder. Je suis à deux doigts de changer d'avis. Faudrait que je réfléchisse à tout ça à tête reposée. Même pas sûr que ça vaille le coup de me faire chier à vouloir changer, finalement.
Bref, pour dire que vous n'êtes pas venu pour rien, une photo de clous.

Des clous

samedi 8 juillet 2017

Le recyclage de dessin

C'est un dessin fait sans intention particulière. Il y avait une feuille de papier et un crayon. Il s'agit d'un dessin automatique ou, du moins, d'un dessin improvisé. Il n'y a pas eu d'idée à son origine. Ça a commencé par un trait et ça s'est construit autour de lui. En fait, c'est peut-être le besoin de m'assurer que je suis encore capable de faire un dessin, de me rassurer sur ce point. C'est que j'ai une tendance certaine à douter.
Alors, il y avait ce type avec un air abruti et il me plaisait bien. C'eût été dommage de jeter ça. Qu'est-ce qu'il pouvait bien faire, ce personnage ? Je ne suis pas allé chercher bien loin, je me suis contenté de prendre la première vague idée qui est arrivée. Un écran d'ordinateur. Bon. Et alors ? Ah oui. D'accord. un clavier, une souris. Voilà.
Voilà, oui, mais ça ne disait encore rien. Un dessin vide de sens, ça n'a pas d'intérêt. J'ai fait une bulle et je me suis dit que je trouverai bien quelque chose de brillant à y écrire. Ça ne s'est pas trouvé et le dessin est resté de côté en l'état.

Hier, j'apprends que chaque minute ce sont trois cents heures de vidéo qui sont envoyées sur youtube. Dans le monde, certes, mais tout de même ! Trois cents heures chaque minute ! C'est fou. Alors, c'est entendu, tout ne mérite sans doute pas d'être vu, tout ne peut pas intéressé tout le monde mais ça reste assez vertigineux. C'est dire aussi qu'une vidéo de plus envoyée sur youtube est nécessairement noyée dans une masse considérable d'autres vidéos et que, forcément, il y a peu de chance pour que sa vidéo soit mise en avant par les algorithmes de chez youtube. D'ailleurs, je n'ai aucune idée des règles édictées par google pour cette mise en avant. Disons que je me doute un peu que si vous regardez des vidéos en étant connecté à votre compte il doit bien y avoir un truc qui calcule vos goûts et cherche à vous proposer quelque chose en relation avec ce que vous avez déjà vu. De même, si vous utilisez un navigateur qui conserve des traces de vos visites, le programme informatique peut analyser l'historique et en tirer des conclusions. Mais si, comme j'aime à le faire, vous vous amusez à regarder des vidéos depuis un navigateur qui ne conserve rien et sans jamais vous identifier, vous avez une idée de ce que l'on met en avant d'une manière plus ou moins neutre pour vous inciter à cliquer sur une vidéo. On peut pousser la démarche encore un peu plus loin en masquant la zone géographique de votre connexion et la langue du navigateur.
Et là, forcément, pas de surprise. Dans cette configuration, youtube vous propose en premier choix les vidéos les plus populaires, les plus vues, les plus cliquées. Ce n'est pas étonnant, c'est même assez logique que l'on puisse imaginer que vous n'êtes pas si différent des autres, mais ça contribue aussi à auto-alimenter le principe. En proposant ce qui est le plus vu, on incite à augmenter encore le nombre de vues.
Enfin bon, ce n'est pas bien grave et, franchement, on s'en fout. C'est qu'il arrive que l'on peut se demander pourquoi sa vidéo n'est pas plus vue et comment on peut corriger cela. C'est une discussion récente sur le sujet qui m'a fait m'intéresser à la question. Alors que l'on me suggérait de placer des bons mots clé pour avoir plus de vues, je pensais, dans le vague, par instinct, que cela ne suffisait sans doute pas. Alors, j'ai un peu cherché et j'ai vu que chaque minute, trois cents heures de nouvelles vidéos étaient mises en ligne. Ça m'a semble énorme. Je pense que ça l'est.
Evidemment, la discussion concernait la récente bande-annonce avec Pierre Bellemare. Comment atteindre le plus de monde possible ? Comment faire le buzz ? Alors, déjà, bon, Pierre Bellemare est connu mais je doute que ça parle beaucoup aux plus jeunes. Et puis, ce n'est pas non plus une vedette incontournable. Disons-le simplement. Après, le sujet... Comment dire ? Je doute que l'histoire d'une commune comme Escoire, déjà peu connue en Dordogne, attire les foules. Admettons que les habitants d'Escoire puissent mordre à l'hameçon. Je ne suis pas sûr que celles et ceux des communes limitrophes en fassent de même. Si vous avez regardé cette vidéo depuis ce blog, je ne pense pas que ce soit ni pour Pierre Bellemare ni pour Escoire. Si vous l'avez fait, c'est plus certainement par curiosité, tout simplement.
Ceci dit, je suis surpris de voir les records de vues de certaines vidéos sur youtube. Je suis d'accord qu'il en faille pour tous les goûts mais bon. Dans le même temps, les sites de mise en ligne de vidéos comme youtube, dailymotion et autres permettent une chose qui aurait pu sembler inconcevable il y a quelques années. Aujourd'hui, n'importe qui peut montrer ses vidéos potentiellement au monde entier (du moins à la partie du monde connectée à Internet et pouvant accéder à ces plates-forme). Mieux que la télévision !

Un métier à temps plein

vendredi 7 juillet 2017

La drogue met la pédale douce

Bicyclette motorisée

jeudi 6 juillet 2017

Art Noble du Noble saumon

Il y a quelques semaines, j'ai eu le plaisir et la chance (et l'honneur aussi) de travailler avec Jean-François Noble, artiste de son état. Jean-François Noble, je l'ai rencontré il y a quelques années grâce à Bernard Dupuy, ami photographe aujourd'hui disparu. Ils travaillaient sur un gros projet artistique et ils ont eu besoin de quelqu'un d'assez habile à l'utilisation d'un logiciel de traitement de l'image. C'est ainsi que j'ai fait mon entrée dans l'aventure.
Cette première coopération a débouché sur une œuvre exposée dans l'église de Domme. Cette fois-ci, Jean-François m'a contacté pour un nouveau projet en lien avec la centrale hydro-électrique de Tuilières, à côté de Lalinde. L'idée est partie d'un vénérable saumon becquart long de plus d'un mètre. Des photographies ont été faites et j'allais avoir à travailler et m'amuser avec elles.
Durant deux jours bien remplis, je me suis rendu dans l'atelier de l'artiste avec mon ordinateur et nous avons travaillé ensemble. J'ai eu un rôle d'exécutant, l'œuvre est bien celle de l'artiste, mais, tout de même, j'ai pu proposer, suggérer, soumettre des idées. J'adore travailler ainsi et voir se créer des images à partir de rien ou presque. Travailler à deux sur un projet sans vraie idée de départ et laisser l'imagination faire son boulot, c'est assez magique. Parfois, l'idée est presque accidentelle. Elle survient d'on ne sait où et elle apparaît comme évidente. On est ravi qu'elle soit arrivée mais on est bien un peu embêté de ne pas l'avoir eue intentionnellement.

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En neuf panneaux et quatre bâches, cette œuvre tente de raconter une histoire merveilleuse, onirique, fantastique et, reconnaissons-le, un peu obscure. L'image présentée ci-dessus est la première que nous avons réalisée. Des photos qui avaient été faites, il a d'abord fallu que je les traite pour qu'elles puisses représenter un saumon de quatre mètres de long et que cela puisse être imprimé en assez bonne qualité. J'ai donc reconstitué le saumon à partir de plusieurs morceaux. Ça allait être la base du travail que j'allais utiliser tout du long de cette séance.
Grâce à l'outil informatique, j'ai pu modifier le poisson assez profondément pour qu'il ne saute pas aux yeux qu'il s'agissait toujours du même. Ainsi, j'ai pu le tordre, le couper, le faire changer de couleur, lui ouvrir ou fermer la bouche. Il devenait vivant sous l'action de la tablette graphique. Vraiment ! Les heures passaient, les idées fusaient.

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Parce que j'avais amené mon matériel photo, appareil, objectifs et flashes de studio, nous avons pu faire des images que nous avons intégrées à l'œuvre. Il y a eu un moment un peu bizarre durant lequel plus rien ne comptait vraiment que la réalisation de cette œuvre. Oh ! Bien sûr ! Nous avons aussi mangé et bu (et pas que de l'eau), mais tout de même, il ne fallait pas trop nous pousser pour que nous repartions travailler. Et encore, lorsque nous faisions une pause, nous continuions à en parler, à y réfléchir, à trouver des idées.
Des photos, il y a eu celles des planches de loupe de peuplier ou celles de la sciure de pierre calcaire. Pour celles-ci, il s'est passé un truc un peu magique. Nous avions l'idée de faire les photos. J'étais en hauteur pour prendre cette sciure de pierre, cette poussière jaune, en plongée. Il y avait des traces de semelles mais ce n'était pas génial. Jean-François a eu l'idée de prendre un balai pour égaliser tout ça, effacer ces traces. Ça ne donnait pas un résultat intéressant alors il a balayé en cercle. J'ai fait une première photo. Et là, l'idée forte ! Avec les doigts, il a fait des vagues. Nouvelle photo. Et puis, dans l'autre sens. Nouvelle photo. Je lui suggère alors de prendre de la poussière dans sa main et de la laisser couler. Nouvelle image. Clic-clac !

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Une grosse partie de mon travail a ensuite été de détourer, d'intégrer des éléments. Les images devenaient très lourdes (plus de 7 Go pour l'une d'elles) avec la multiplication des calques. L'ordinateur soufflait mais il a tenu bon. En deux jours, il n'était pas envisageable de trop fignoler. Nous mettions les éléments en place, nous validions les panneaux et bâches. J'allai terminer le travail chez moi dans les jours à venir.
Imprimées, les bâches mesurent un peu plus de quatre mètres de long. Les panneaux, eux, ne font que 1,40 mètre mais sont imprimés plus finement. Ils sont destinés à être vu de plus près. Je n'ai pas encore vu le résultat imprimé mais, de l'avis même de l'imprimeur, c'est splendide.

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Il me semble que ce travail montre que l'outil informatique peut se révéler être un outil de création artistique. N'en déplaise à certains. Alors, certes, il est beaucoup question de bidouillages, de collages, de mise en relation d'éléments disparates. Mais attention, rien n'est vraiment gratuit et les idées de Jean-François Noble suivent ses obsessions, son imaginaire. Sur l'image du dessus, on retrouve les dame-jeanne, le clou. Le fond est constitué de photos de l'une de ses peintures. Un gros plan pour les côtés, un très gros plan, limite macro, pour le centre. Sur les autres images, on peut souvent trouver le symbole de la main, cette main que les hommes anciens dessinaient sur les parois des grottes à l'occasion. La préhistoire comme pour le saumon que l'on trouve à l'abri du poisson à côté des Eyzies, d'ailleurs.

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Pour l'installation dans l'église de Domme, il y a quelques années, une dame rouspétait et proclamait que l'on ne pouvait pas mettre ces "choses" dans une église. Cette fois-ci, sans doute il y aura-t-il des personnes pour dire que ce travail n'a aucun rapport avec l'art. Dans cette affaire, je ne suis pas l'artiste et, de ce fait, ce débat éventuel ne m'intéresse pas. Ce que je sais, c'est que la réalisation a été faite dans l'exaltation, dans une sorte d'état bizarre durant lequel Jean-François et moi semblions avoir réussi à connecter nos cerveaux. Du moins moi au sien. J'ai compris son imaginaire et je me suis comme glissé dedans. Lorsque je dis qu'il y a eu un moment magique, je ne mens pas. Tout a été plié en deux jours. Le deuxième jour, le dimanche, nous avons travaillé jusqu'à très tard dans la nuit. Il fallait finir. La fatigue est apparue sur la fin mais le principal était bien là.
Je n'ai pas d'avis pertinent à partager sur ce qui a été produit. Est-ce de l'art ? Est-ce intéressant ? Est-ce beau ? Je ne sais pas. Ça me plaît, ça plaît à Jean-François. C'est l'essentiel à mes yeux. J'ai été un exécutant, c'est sûr. J'étais là pour la partie technique. Je sais utiliser le logiciel et j'ai su comprendre et entendre les attentes. Il y a certaines de ces images dont je suis assez fier parce qu'elles me "parlent". Je ne vous présente pas tout mais ça vous donne déjà une belle idée de ce qui a été fait.

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Sur cette dernière image, nous avons réutilisé une partie du travail réalisé pour Domme. La photo de Jean-François Noble avec sa guitare est de Bernard Dupuy. Cette image, je l'avais travaillée assez profondément. J'avais remplacé le sol par des blocs de pierre, j'avais réalisé une mise en abyme des palettes que l'on peut voir sur le fond. J'y vois une forme d'hommage pour l'excellent photographe qu'était Bernard.
Je ne suis pas artiste et la participation à la réalisation de cette œuvre me le fait encore un peu plus regretter. Je me suis réellement éclaté à faire ce travail et j'espère bien qu'une collaboration entre nous se présentera de nouveau prochainement. Si vous voulez voir les panneaux et les bâches, elles sont au barrage de Tuilières, à Sainte-Capraise-de-Lalinde, jusqu'au 30 septembre. Il faudra bien que j'aille voir ça, moi...

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