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samedi 16 novembre 2019

Vertige

Je n'avais pas conscience de ça. A dire vrai, je n'y avais jamais pensé. Je savais que nous tournons autour de notre soleil et que celui-ci se promène dans notre galaxie, je l'avais appris, on me l'avait expliqué, mais je ne me faisais pas d'image de cela. Dans mon esprit, tout tournait donc et puis, bon, hein…
Il a fallu qu'une scientifique de la NASA, Jessie Christiansen, produise une courte vidéo pour que je sois pris de vertige. Cette vidéo nous explique pour commencer que notre soleil effectue sa rotation autour de la voie lactée en 250 millions d'années. Il y a 250 millions d'années, nous pouvons donc imaginer que nous étions au même endroit au sein de la galaxie. C'était le Trias, les poissons et les insectes étaient là et les dinosaures allaient commencer à pointer le bout de leur nez d'ici quelques millions d'années. Au moment où notre soleil était à l'opposé dans la voie lactée, l'extinction du Trias-Jurassique avait eu lieu et nous étions donc en plein Jurassique… Vous, je ne sais pas mais moi, ça me donne une sensation de vertige.
La place que notre planète occupe dans cette petite parcelle de l'Univers octroyée à notre galaxie aujourd'hui, nous n'y avons jamais été depuis ces 250 millions d'années. Si l'on admet que notre planète est âgée de 4,5 milliards d'années, cela veut dire que nous ne sommes passés là où nous sommes que dix-huit fois. Vertige, je vous dis !

jeudi 8 août 2019

Le maître de l'Univers a une sale gueule

jeudi 11 juillet 2019

C'est l'homéopathie qu'on assassine !


dimanche 23 juin 2019

La science n'a pas dit son dernier mot

La science n'est jamais à court d'idées nouvelles. Elle vient de faire un pas de plus vers le progrès, un bond en avant spectaculaire qui va changer la marche du monde et la vie de plein de gens à travers le vaste monde. En effet, grâce à un ensemble complexe de techniques élaborées et de calculs savants, des chercheurs expérimentés sont parvenus, au sein d'un regroupement de laboratoires de recherche disséminés sur tout le territoire, à mettre au point un procédé révolutionnaire qui remet ni plus ni moins la question même du vivant en cause. Tout ce que l'on croyait savoir à ce sujet est remis en question et les découvertes faites ces temps derniers rebattent les cartes tout en ouvrant des perspectives insoupçonnées auxquelles nous n'aurions pas osé croire si l'on nous les avait raconté encore récemment.
A l'aide de formules compliquées écrites à même le tableau noir, les scientifiques vêtus de leur blouse blanche réglementaire ont convoqué l'ensemble de leur savoir et ont mis leurs meilleurs neurones à contribution pour découvrir et inventer ce que l'on peut légitimement qualifier de particulièrement novateur. Sur des paillasses encombrées de pipettes et autres éprouvettes, ces cerveaux de l'impossible, tous issus des plus brillantes écoles de l'hexagone, fruits des meilleures filières d'excellence de notre pays, ont imaginé l'impossible et l'on concrétisé.
S'il est encore un peu tôt pour voir des applications dans nos vies quotidiennes de tous les jours, il est à parier que nous ne serons bientôt plus ce que nous avons été réduits à être depuis la nuit des temps, depuis que nous étions couverts de peaux de bêtes mortes et que nous chassions âprement avec des bâtons de bois et des outils de pierre. Ce temps est bien fini et nous pouvons aujourd'hui proclamer tout de go que nous sommes entrés de plain-pied dans la modernité du futur dès aujourd'hui.
La gloire et les plus importantes distinctions, le Nobel et la consécration, attendent certainement ces chercheurs victorieux qui permettent une fois encore à notre patrie de briller à l'échelle mondiale et à se hisser une fois de plus au firmament de la pensée universelle. Ce n'est pas être cocardier que d'appuyer sur le caractère foncièrement français de cette avancée majeure de la science fondamentale. Loin d'un chauvinisme mal venu tant la science se doit d'être partagée avec tous et même les étrangers à notre nation, il convient néanmoins de se permettre de se réjouir sans retenue. Ce n'est tout de même pas tous les jours que la Connaissance avec un grand « C » se précipite aussi loin en avant en repoussant loin ce qu'il convient désormais de nommer obscurantisme.
Bien sûr, et vous le comprendrez aisément, nous ne pouvons pas dévoiler l'intégralité des résultats stupéfiants des découvertes fantastiques dont nous parlons à mots couverts dans ces lignes. Tout cela est bien trop important et confidentiel pour que ça puisse être divulgué sans un minimum de précautions. Et puis, il serait dommageable que des puissances étrangères s'approprient tous ces travaux et s'en prévalent pour briller dans des congrès scientifiques avec une flûte de champagne à la main et en se goinfrant indûment de petits fours. Pour ces mêmes raisons, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer d'illustration.

samedi 9 mars 2019

Pour rester en bonne santé, gardons-nous bien de tomber malade

Alors que notre collaborateur fait les gros titres du journal Ouest-France, premier quotidien français en termes de diffusion, avec l'annonce de sa séance de dédicaces à la médiathèque de Changé (Mayenne), il me vient à l'idée de faire un dessin plaisant pour promouvoir l'homéopathie.
L'idée n'est pas venue d'elle même, il m'a fallu l'aller chercher avec les dents. Pour être honnête avec vous, ce n'est pas l'idée que j'espérais trouver. J'en souhaitais une meilleure, une géniale, je n'aurais pas eu l'heur de la dénicher et il vous faudra vous satisfaire de celle là sans trop vous lamenter tellement elle aurait pu être pire encore. Par exemple, alors que je me creusais la tête pour trouver une idée, j'ai eu un instant la tentation de vous expliquer les courses faites récemment dans un supermarché dont je ne donnerai pas le nom afin de ne pas lui faire de publicité.
Si j'avais cédé à cette tentation simpliste, cela aurait donné quelque chose de bien lamentable de ce genre :

Parce que je n'ai plus rien à manger ou presque, et pire encore, que je vais arriver à bout de mes réserves de café, je me résous à prendre l'automobile pour aller à la ville faire des courses au supermarché. Pour une fois, j'ai décidé de changer de ville et de supermarché. Ni les villes ni les supermarchés sont rares autour de chez moi dans un rayon de quarante kilomètres. Je peux aller dans l'agglomération de Périgueux, dans celle de Brive-la-Gaillarde, mais aussi à Saint-Yrieix-la-Perche ou Sarlat-la-Canéda, plus proche, j'ai le choix entre Thenon, Montignac et Terrasson-Lavilledieu. J'ai choisi une ville et un supermarché en fonction de l'enseigne que l'on y peut trouver. On ne trouve pas de Leclerc à Montignac, par exemple. C'eût été un mauvais choix de vouloir aller au Carrefour du Grand Périgueux, il n'y en a, à ma connaissance, pas. Par contre, j'y aurais trouvé un Hyper U que j'aurais eu du mal à trouver à Terrasson-Lavilledieu. Je vous dis tout ça pour vous expliquer que la vie n'est pas simple et qu'il faut bien réfléchir avant d'agir.
Bref, j'ai choisi une commune, un magasin et je suis parti dans la bonne direction au volant de l'automobile en écoutant la radio. Parce que la destination retenue n'est pas si éloignée, je ne mets pas beaucoup de temps pour arriver à bon port. Je trouve une place de stationnement, je descends de mon véhicule, ferme les portes et vais prendre un chariot. J'entre dans le commerce avec une liste de courses bien en tête. Je sais qu'il me faut du café et des filtres à café, c'est l'essentiel. Le reste, je verrai à l'improviste, à l'inspiration du moment. Tout de même, je sais que je veux des pâtes, du beurre, de la moutarde et des oignons.
Si je ne rencontre pas de problème notable pour trouver le café que je prends d'habitude parce que je lui trouve un rapport qualité/prix satisfaisant, je butte sur les filtres à café. Je m'attends, c'est logique, à les trouver dans les linéaires où se trouvent les différents cafés moulus ou en grains, en capsules ou en dosettes, lyophilisé ou décaféiné. Je ne les vois pas. Je vais voir du côté du sucre, ils ne s'y trouvent pas non plus. Peut-être avec les ustensiles ménagers ? Non. Avec les confitures ? Pas plus. Je sens que ça commence à m'agacer.
Dans le rayon de la charcuterie sous vide, j'avise une jeune personne occupée à garnir les étalages. Je m'approche subrepticement et lui adresse la parole. Elle sursaute malgré mon application à ne pas parler trop fort et à jouer de politesse empressée et, peut-être même, empesée. Je lui explique donc l'objet de ma quête et elle m'assure que les filtres se trouvent avec le café. Je lui réponds que c'était ma première idée mais que, à mon grand désarroi, je ne les y ai pas trouvés là. Elle semble étonnée, me dit son étonnement, et me propose de la suivre pour qu'elle me montre bien où sont ces filtres. Ils y sont. Je me sens bête et lui demande pardon. Elle m'assure que ce n'est pas grave mais je sens bien qu'elle doit penser que la vieillesse est un naufrage qui commence tôt pour certains.
Je prends donc les filtres au format qui sied le mieux à ma cafetière et continue mes courses. Je trouve les pâtes et la moutarde, le beurre et les œufs (je me suis rappelé que je n'en avais bientôt plus). Les oignons sont trouvés avec les fruits et légumes, je regarde les autres végétaux proposés à la vente. J'avise des endives et me dis que les endives, ce n'est pas mauvais, que ça peut se manger en salade comme cuit et accepte d'en prendre. Des pommes de terre me font de l'œil. Parce que j'aime bien les pommes de terre, j'en prends un filet. Ça peut toujours servir.
Je ne suis pas encore un très bon végan et je vais, la conscience alourdie, voir s'il n'y aurait pas de la chair animale à manger. Rien ne me tente particulièrement et je n'ai pas envie de faire la queue à la boucherie "traditionnelle". Je choisis quelques bouts de viande sous plastique. Je ne vous dis pas quoi parce que je sens la honte m'envahir. Je ne sais pas si vous pouvez avoir l'idée de combien ça me coûte de ne pas contribuer mieux au bien-être animal ! Je bats ma coulpe à chaque fois que je porte un morceau d'animal mort à la bouche. C'est horrible.
Avec ce que j'ai pris là, je considère qu'un peu de crème fraîche ne serait pas si mal. Et là, j'ai l'idée de prendre aussi du chocolat, du chocolat noir. Le chocolat, ça n'a rien à voir avec les morceaux d'animal mort, je vous rassure. Quoique l'on puisse ajouter un peu de chocolat à quelques recettes, à l'occasion. Je n'ai jamais été un chaud partisan de cette pratique mais je ne m'y oppose pas autant qu'à l'entrée des troupes américaines au Nicaragua en 1912 à l'occasion de la guerre des bananes. D'ailleurs, je n'ai pas acheté de bananes mais ceci n'a rien de rare. De manière générale, je n'achète jamais ces fruits là qui ne sont pas produits localement autour d'Azerat. D'ailleurs, la guerre des bananes n'a pas de grand rapport avec les bananes. Et là, en écrivant ça, il revient à ma mémoire une recette basée sur la banane et le chocolat noir. Comme quoi, mine de rien, je ne perds pas le fil de mon récit.
Arrivé à cet instant, alors que tout pouvait laisser à penser que j'allais me diriger vers les caisses pour payer mes achats, l'idée venue d'on ne sait où d'acheter une bouteille de vin rouge me traverse l'esprit. Allez donc ! On ne se refuse rien ! En plus, quand on sait combien l'alcool est délétère ! Mais une envie irrépressible est une envie dont on ne peut se défaire sans mal. Je pousse le chariot jusqu'à l'endroit où sont proposées ces bouteilles de poison et je reste plein de minutes à établir un choix parmi tout ce qui est à disposition. J'inspecte les étiquettes, écarte les bouteilles les plus chères et les plus modestes, ignore des appellations, hésite entre ceci et cela, me hisse sur la pointe des pieds et me mets à croupetons pour déchiffrer mieux et finis par porter mon dévolu sur une bouteille prometteuse mais pas prétentieuse.
Cette fois, je peux aller alléger mon compte en banque de quelques dizaines d'euros. Je n'ai pas de chance. Je tombe sur la caisse où un client a fait exprès de choisir une marchandise débarrassée de son code-barres. Appel au central pour lancer l'alerte, à l'autre bout du fil, on veut savoir comment se présente exactement ce produit, et la couleur de l'étiquette et le poids net. Pendant ce temps, il faut prendre son mal en patience. J'aurais dû aller à une autre caisse, c'est sûr. Le temps me semble bien long mais finalement je peux enfin glisser ma carte bancaire dans l'appareil mis à ma disposition à cette fin. Je retourne à mon automobile et glisse mes achats dans des sacs prévus à cet usage. Je peux rentrer chez moi après avoir remis le chariot à sa place et avoir récupéré le jeton indispensable à son emprunt. Après, je rentre chez moi.

Imaginez que je vous aie raconteré tout ça ! Quelle plaie cela aurait été, hein ? Heureusement pour vous, je voulais vous entretenir de tout autre chose. De l'homéopathie qui est un sujet que je trouve savoureux autant qu'inépuisable. C'est qu'il est plus simple de taper sur l'homéopathie que sur une molécule qui a des effets réels. Pour cela, il faudrait avoir des connaissances, du savoir. Pour médire sur l'homéopathie, il suffit d'avoir un peu de bon sens et l'envie de se foutre de la gueule des charlatans et de leurs clients.
L'autre jour, j'ai entendu que le groupe Südzucker allait fermer, en France, des sucreries Saint-Louis et supprimer pas mal d'emplois pour faire bonne mesure. La raison évoquée, c'est l'ouverture à la concurrence du marché du sucre. Alors, oui, il va y avoir des emplois perdus au sein même de ces sucreries mais il y a aussi les agriculteurs producteurs de betteraves sucrières. Ils sont 2500 paysans pour 36000 hectares de terres cultivées. Mine de rien, c'est 10% de la production française de betterave à sucre. Ce n'est pas rien.
Et là, je me suis dit que, heureusement pour ces agriculteurs, il reste les laboratoires qui produisent les granules homéopathiques ! J'espère juste que le patriotisme est en marche chez eux et qu'ils privilégient le bon sucre d'origine nationale qui est le plus souverain pour soigner les maux les plus rébarbatifs. Supportez la filière sucrière française ! Soignez-vous à l'homéopathie !

dimanche 16 septembre 2018

Des colibris pour les gogos

Vous connaissez cette petite histoire, j'en suis certain.

L'incendie se propage dans la forêt. Tous les animaux sont en lisière, comme interdits, consternés. Un colibri fait des allers et des retours entre la rivière et le cœur de la forêt, puisant et recrachant quelques petites gouttes d'eau au-dessus des flammes. Un des animaux qui assistent à ce manège interpelle le petit oiseau et lui dit : « Ô petit colibri ! N'es-tu pas un peu dérangé ? As-tu vraiment la prétention d'éteindre cet impétueux incendie de tes quelques gouttes d'eau malpropre ? ». Le colibri se met en vol stationnaire comme il sait si bien le faire et, après avoir craché l'eau qui l'empêche de s'exprimer, répond : « Té ! Peut-être pas, peuchère, mais je fais ma part ! »

Je suis certain que vous connaissiez cette petite histoire amusante parce que celui qui la raconte si souvent, qui en a fait son fond de commerce, Pierre Rabhi, le penseur-paysan médiatique, plus que José Bové, est souvent l'invité des médias. Il est difficile de n'avoir pas un jour entendu parler de cet homme. Or, il se trouve que je n'aime pas Pierre Rabhi. Depuis pas mal de temps, je nourris un bon gros sentiment de suspicion à son égard. Je ne suis pas loin de considérer son action et son mouvement comme une forme de secte. Je n'aime pas les mouvements sectaires.
Et il se trouve que le journaliste Jean-Baptiste Malet du Monde Diplomatique vient apporter de l'eau (à la manière d'un colibri, tout à fait, oui) à mon moulin. Dans un article très intéressant disponible sur le site Internet du Monde Diplomatique intitulé "Le système Pierre Rabhi" le journaliste nous propose un portrait bien éloigné de celui colporté habituellement d'abord par lui-même, ensuite pas ses zélés zélateurs, certains médias et des cohortes d'adeptes.
Des petits yeux vifs posés sur un visage émacié où pousse une barbichette de sage, une chemise et un pantalon de velours, des sandales. N'a-t-il pas quelque chose de Gandhi, du vieux sage qui sait, de l'homme d'expérience ? C'en est presque une caricature. Mais ça marche. Les gens aiment les caricatures, elles sont simples à comprendre, à cerner. La caricature, c'est le prototype, l'archétype. Le gendarme est un peu bête, le chef de gare est cocu, le curé pédophile, le coiffeur homosexuel et le petit homme âgé au doux sourire sage. Pierre Rabhi se présente avec gourmandise comme un paysan savourant la pauvreté, le peu, le "Ça m'suffit". En fait, le paysan ne paysanne pas des masses lui-même. Et là, je ne dis pas qu'il ne le fait pas ou ne l'a jamais fait, hein ! Ce que je dis, c'est qu'il ne vit pas (et n'a peut-être jamais vécu) de son lopin de terre aride cultivé à la force des bras.
Ses revenus, il les tire sans doute des centaines de milliers de bouquins qu'il a vendus. Tant mieux pour lui. Mais aussi des stages qu'il organise et fait payer. Et puis, sans doute, de toutes ces conférences qu'il donne partout et tout le temps. Il a l'oreille attentive d'un Nicolas Hulot et d'un Emmanuel Macron (Tiens ?) mais aussi d'une Françoise Nyssen (Tiens, tiens ?) qui est (Tiens, tiens, tiens ?) son éditrice. Fichtre. Il a de l'entregent, le petit paysan de l'Ardèche. Tant mieux pour lui.
Là où ça devient encore plus gênant, c'est que l'on apprend (et je m'en doutais quelque peu) que le Monsieur est un fervent disciple de Rudolf Steiner, de l'anthroposophie et de la biodynamie. Et ça, je connais un peu. J'ai cotoyé un temps un copain qui était tombé dans ces mouvements. Pour moi, aucun doute, il y a bien de la dérive sectaire dans ces choses. Déjà, faut souvent payer. Payer pour acheter les livres et le savoir, payer pour assister à des conférences et des colloques, payer pour suivre des cours dans une école Steiner, payer pour obtenir des préparats biodynamiques. L'important est de lire toute l'œuvre de Rudolf Steiner et de ne surtout plus rien lire d'autre. D'une part, tout est dans l'œuvre de Rudolf Steiner, d'une autre part tout ce que vous pourrez lire ailleurs n'est que mensonge ou désinformation.


Certainement, tout n'est pas à jeter dans les propos de Pierre Rabhi. Nous avons tous en tête des exemples de conseils de bon sens. La petite histoire du colibri ne nous enseigne rien d'autre que l'évidence. Face à un problème, on peut trouver plus d'efficacité en s'y mettant à plusieurs qu'en attendant qu'une solution arrive d'ailleurs. Aussi une question de bonne volonté, d'implication dans la vie de la société, des trucs de ce genre. Cette histoire veut nous placer dans la position du petit colibri. Petit, pas très efficace mais impliqué, déterminé, responsable. C'est nous mettre dans la position du modeste qui semble tant plaire à M. Rabhi. Gloire aux petits qui font et haro sur les grands qui défont ou ne font pas. Sauf que, et l'article de Jean-Baptiste Malet nous le dit, M. Rabhi n'est pas ou n'est plus un petit et qu'il ne fait plus beaucoup. D'accord, il a son âge. C'est un donneur de leçon, un enseignant, un sage penseur. C'est un gourou. Tout ce qu'il dit doit être considéré comme vrai et bon. Malheur à qui le critiquera. Les adeptes veillent au grain et défendent leur héros.

Le Monde Diplomatique, Jean-Baptiste Malet, Le système Pierre Rabhi

dimanche 6 mai 2018

Compteur intelligent

Tiens, ami·e lect·rice·eur, puisque l'on en est à causer compteur, je me permets de revenir sur la Fête à Macron organisée par François Ruffin rejoint par la France Insoumise, le mouvement de Benoît Hamon, le PCF, des écolos et tous ceux qui souhaitaient participer à la chose. Alors, je sais, Cédric Villani n'est pas du côté de ces mouvements de gauche, il a rejoint LREM, j'ai conscience que ceci peut expliquer cela mais tout de même, faut-il un médaillé Fields pour compter le nombre de participants à une manifestation ? Je m'interroge. Quoi qu'il en soit, voilà que l'on annonçait 160000 manifestants d'un côté quand on n'en distinguait qu'un peu moins de 40000 des autres. Quatre fois moins ou plus selon que l'on se place d'un bord ou de l'autre, ce n'est pas rien.
Est-ce important ? Non parce que l'on sait bien que ça fait partie du jeu de ne pas avoir d'accord sur ces chiffres entre organisateurs et forces de l'ordre (à noter que des compteurs indépendants atteignent le même compte que la préfecture). Je me demande juste à quoi ça sert de gonfler le nombre de participants à ce point. Il est possible qu'il soit important pour les organisateurs de se donner l'impression d'avoir réussi au-delà de ses prétentions mais honnêtement, il ne me semble pas qu'il ait été nécessaire de compter chaque participant quatre fois pour pouvoir prétendre que l'opération a été une réussite.
Bref, donc, il y aurait eu une quarantaine de milliers de personnes venues à Paris pour manifester contre Macron. Il y a eu des manifestations en province aussi. C'est peut-être pour cela que l'on atteint le total de 160000 participants après tout. Il est prévu de manifester de nouveau le 26 mai et Jean-Luc Mélenchon dit pouvoir espérer le million de personnes. On verra.

Compteur Linky

Si la grogne gronde contre Macron, elle se fait aussi entendre contre le compteur intelligent que Enedis veut mettre en place dans chaque foyer. Ce matin sur France Inter, une dame expliquait comment elle dormait mal chez sa fille depuis qu'un tel compteur y avait été installé. Elle est "électro-sensible". Moi qui ai la chance de ne pas l'être, je ne peux pas trop savoir ce que ressent la dame. Dans mon for intérieur, ces histoires de sensibilité extrême aux ondes magnétiques est du pipeau complet mais je ne suis ni médecin ni scientifique ni électricien. Par contre, j'ai eu à rencontrer une personne qui ne m'a pas paru bien nette au niveau de l'agencement des neurones du cerveau. C'est une femme versée dans les croyances bouddhistes qui vous oblige à laisser votre téléphone portable (si vous en possédez un) dans votre véhicule avant de l'approcher. En plus de cela, elle est victime de tout un tas d'allergies — alimentaires ou pas — qui la conduisent à éloigner le gluten, à refuser les excitants (café, thé, chocolat, sucre), à bannir la laine mais aussi le coton trop "traité". Elle et son compagnon (un astrologue) mangent et boivent bio, ça va de soi. Bon.
J'avais rencontré cette personne pour un projet professionnel. Il s'agissait de concevoir un catalogue présentant ses productions artistiques. Elle m'explique tous ses problèmes et précise bien comment elle ne peut pas approcher d'une prise électrique ou utiliser un appareil électrique. Bien sûr, elle redoute les ondes pire que tout. A un moment, elle veut m'expliquer un truc — je ne sais plus quoi — et, n'y parvenant pas avec ses mots, elle demande à son compagnon de me faire voir. Il va dans la pièce d'à-côté et revient avec un iPad. Je suis étonné. Je le suis encore plus lorsque je le vois aller chercher des photos sur Internet. Quoi ? Comment ? Mais alors !
Bah oui, l'iPad est bien connecté au réseau de réseaux via le Wi-Fi et, probablement une "box" Internet dissimulée quelque part dans la maison. Diable ! Ce doit être un rare cas de sensibilité aux ondes électro-magnétiques de caractère aléatoire et discriminant. J'en reste baba comme un Ali devant un bol de graines de sésame mais préfère fermer ma gueule. Après tout, peut-être Apple aurait développé une technologie avancée filtrant efficacement les ondes qui restent prisonnières dedans l'appareil ? Peut-être la connexion à Internet se fait-elle pas imposition des mains ou par des ondes homéopathiques encapsulées dans une gangue protectrice. Allez savoir, toi !

Mais bref

Alors, le sujet, c'est le compteur Linky© de Enedis®. Faut que j'arrête de digresser à tort et à travers. De quoi c'est qu'on l'accuse-t-il ? De balancer des ondes délétères voire mortelles, de faire exploser ses appareils ménagers et, surtout, de récolter de la donnée pour nourrir le Big Data qui est le petit nom de Big Brother. Avec ces compteurs intelligents, on va connaître quelle quantité d'électricité vous consommez à la minute près et ces données seront transmises à de mystérieux centres d'analyse, quelque part dans l'Univers par courant porteur en ligne avant d'être revendues à des firmes obscures pour vous nuire, vous pourrir la vie, faire de l'argent sur votre dos.
Moi, de tout ça, je ne sais rien de plus que ce que je peux en entendre à la radio ou lire dans des périodiques. Ai-je un avis sur la question ? Pas vraiment en fait. La seule chose qui me fait tiquer, c'est bien que l'on m'oblige à payer ce compteur. J'entends la promesse qui m'est faite de pouvoir suivre ma consommation électrique et de pouvoir faire la chasse aux équipements trop gourmands afin de faire baisser le montant de ma facture mais, sois-en sûr, je n'en ai cure. Je consomme de l'électricité indument, je suis au courant du fait. Je suis un mauvais consommateur. Je laisse la Freebox allumée même lorsque je vais me coucher, je laisse l'ordinateur branché, j'ai un gros chauffe-eau, j'utilise un vieux réfrigétateur. C'est mal. J'en ai conscience. Mais, dans le fond, je m'en contrefous. Au moins, je suis honnête, je reconnais ma nuisance.
Il y a la CNIL qui a donné son rapport à propos de ce qui la concerne, la collecte de données. Elle a mis en garde Enedis® sur ses devoirs. Il n'est certes pas réjouissant de penser que Enedis® peut te suivre à la trace, connaître ta vie jusque dans ton intimité. Pour dire vrai, je ne sais pas bien comment ils pourraient savoir que j'utilise l'électricité pour alimenter un sex-toy ou pour éclairer l'endroit ousque c'est que je suis pour lire l'autobiographie de sainte Thérèse d'Avila en bandes dessinées. Je ne pense pas que l'on puisse savoir si l'engin consommateur est la cafetière électrique ou un sèche-cheveux, par exemple.

Cohérence

Il y a des personnes qui, presque par jeu, par défi, cherchent à se passer le plus possible de l'électricité du réseau. Avec des panneaux solaires, un régulateur et des ampoules adéquates, ils vous éclairent une pièce entière en toute indépendance. Le jeu est d'arriver à l'autonomie énergétique. Je respecte ça. Aucun souci. Les idées d'habitations à énergie positive — production énergétique supérieure à la consommation — me semblent enthousiasmantes.
Là où j'ai beaucoup plus de mal, c'est avec ces gens qui gueulent après Linky© sur les réseaux sociaux comme facebook, qui s'expriment avec des vidéos diffusées sur youtube, qui utilisent des ordinateurs tournant avec un système d'exploitation comme Windows ou OSX et des applications qui sont des usines shadokiennes à pomper ces données auxquelles elles semblent tant tenir. Utiliser un téléphone portable est sans doute plus discutable que le compteur Linky©. Avoir une carte de fidélité dans un super ou hypermarché en dit long sur vous, sur vos habitudes, sur votre vie, sur vos goûts. Si vous êtes abonné à une revue, il y a beaucoup de chances pour que vous soyez dans des fichiers diffusés partout. Faut être logique. Si vous craignez autant pour vos données, va vous falloir être un peu moins négligents, un peu plus sérieux.
Et puis, franchement, c'est pas un peu présomptueux de penser que votre vie de merde est tant différente de celle de vos voisins ? Je ne vous connais pas forcément mais j'ai tout de même le sentiment que si vous avez du temps à consacrer à ce blog c'est que vous ne faites pas partie de l'élite, hein. Vous aussi êtes de simples médiocres qui formez la masse. Vous pouvez bien vous donner des airs en osant acheter une petite boîte de caviar pour les fêtes, une bouteille de vin à plusieurs dizaines d'euros à l'occasion, vous payer une bagnole neuve ou d'occasion récente avec quelques options de merde, ça n'enlève rien au fait que vous avez une petite vie de merde bien éloignée de celle des puissants. Faut savoir être modeste. C'est pas parce que vous êtes plus riche que le clodo que vous avez croisé en tordant le nez la dernière fois que vous êtes allé à la ville que vous leur êtes tant tellement supérieur. Je gage que vous avez pas une myriade de domestiques à votre disposition, pas même de chauffeur ou de boniche. Vous êtes pas loin d'être misérable à la tête d'une vie misérable et d'une fadeur affolante. Votre misérable vie vous conduit à utiliser un minable taille-haie électrique qui fait votre fierté. La consommation de ce taille-haie sera enregistrée par Enedis® qui revendra ces données à quelqu'un. La belle affaire ! A la fin, vous allez crever et vos données n'intéresseront plus personne ! Vous serez enfin libéré de ce joug odieux. Joie !

Faisons crever le système

Que le système soit méprisable et haïssable, je n'en disconviens pas. Juste, je ne suis pas sûr que la lutte passe par celle contre ces compteurs intelligents. S'il est juste question de mettre du sable dans les rouages pour faire gripper la machine, j'applaudis de toutes mes mains disponibles. Oui, il faut faire pourrir ce système de l'intérieur, faire la grève du zèle, faire preuve de mauvais esprit, renâcler dès que possible, être mauvais citoyen, ne plus jamais se prêter au jeu faussé du vote démocratique, refuser par principe, saboter à chaque occasion.
Si un jour on vient me proposer ce nouveau compteur, je le refuserai dans un premier temps en affirmant que celui déjà en place fonctionne encore assez bien à mon goût. Je ne sais pas bien ce que l'on peut entreprendre comme actions intelligentes pour aller contre cette installation mais je promets que je n'aiderai pas à sa mise en place. Par contre, faudra pas compter sur moi pour accuser les ondes ou la collecte de données. Faut pas non plus me prendre pour plus con que je le suis. Merde !

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