
Tordons le cou aux idées reçues

Un blog qui blogue de temps en temps


C'est le corollaire de la démocratie. À la faveur de l'approche des élections, nous sommes appelés à choisir entre les candidat·e·s, les listes proposées. L'année prochaine, nous aurons les élections municipales, dans deux ans, l'élection présidentielle. Entre temps, on ne peut pas écarter l'éventualité de législatives anticipées.
Pour les municipales, il y a un changement pour les petites communes. Il ne sera plus possible de jouer au panachage des listes et il faudra que les listes se tiennent à la parité. D'après ce que mes informateurs m'ont rapporté, à Azerat l'actuelle maire ne repartira pas pour un nouveau mandat. Il paraît qu'elle sera remplacée en tête de liste par mon grand-frère. Selon les mêmes informateurs, il semblerait qu'une deuxième liste serait constituée. Pour cette liste alternative, on me dit que le programme serait articulé autour de deux idées fortes : premièrement, préserver et sauvegarder le petit patrimoine, deuxièmement mettre en place le programme "Voisins vigilants". Dans un premier temps, d'autres informateurs faisaient état de deux autres idées : ouvrir l'église plus souvent (dans l'idée que l'on puisse y pratiquer le culte catholique) et de créer une police municipale.
Si l'idée de préserver et protéger le petit patrimoine (quoi que cela veuille dire) ne me choque pas outre mesure, celle de cette affaire de "Voisins vigilants" me fait hausser un sourcil réprobateur. Déjà, il faut avoir en tête que cette chose est gérée par une société privée qui propose à celles et ceux qui souhaitent rejoindre le programme de télécharger une application (pour dénoncer et avertir) et que cette entreprise privée se réserve le droit de faire ce qu'elle souhaite des données personnelles de ces voisins vigilants. Hormis le fait que ce procédé est réalisé en dehors de toute déclaration à la CNIL et que l'entreprise fait payer une cotisation à la commune qui y adhère, il me semble que tout cela fait un peu trop de droite pour moi.
Je n'aime pas du tout l'idée de donner le pouvoir à des citoyens de laisser libre cours à leurs pulsions de délateur en herbe. Et puis, si l'on admet qu'il peut être bon de procéder à une certaine forme de surveillance, il me semble qu'il serait préférable à tout prendre de confier cette tâche aux gendarmes et policiers.
Pour l'autre liste qui serait une émanation remaniée de l'actuelle, je n'ai pas l'intention de lui donner ma voix non plus. Pour l'heure, je ne sais rien d'officiel quant à la composition de cette liste. Ce que je me dis, c'est que je me dirige vers une petite abstention.


Motard de longue date, Raymond pestait de n'avoir jamais trouvé la motocyclette idéale, la monture répondant à toutes ses attentes. Au fil des années, après avoir épuisé la presque totalité des productions mondiales de l'industrie motocycliste de tous les continents, Raymond se retrousse les manches et se met au travail. Il va s'agir de concevoir la moto parfaite. S'il pioche dans des éléments existants pour les pneumatiques, le cuvelage de phare et les ampoules, tout sera de la fabrication artisanale. Malgré les apparences, sa motocyclette regorge de solutions techniques innovantes comme, pour n'en citer que quelques unes, le moteur à six cylindres de forte cylindrée contenu dans un seul et unique cylindre multiplexé ou le réservoir hyperbare de compression intense qui permet, dans un volume réduit, de contenir plus de deux cents litres de carburant. Grâce à l'utilisation de matériaux novateurs, Raymond propose une machine n'excédant pas les quatre-vingts kilogrammes (hors pilote) qui peut rouler à plus de trois cents kilomètres dans l'heure (sur circuit). Une attention particulière a été portée à l'étude du système d'échappement garantissant une émission négative de gaz à effet de serre ainsi qu'un panache parfumé des plus agréables. Ni le confort ni la tenue de route n'ont été ignorés et c'est, selon les essayeurs, un réel plaisir de rouler durant des dizaines d'heures sans ressentir ni fatigue ni mal au fessier. Une prouesse s'il en est !
A quelques jours de la mise sur le marché, Raymond réfléchissait encore à l'appellation qu'il allait choisir pour sa motocyclette révolutionnaire. Finalement, il choisit de faire simple et, puisque sa moto est super, ce sera "Super" qui sera choisi. Une bonne idée de plus au crédit de Raymond qui n'a pas fini de nous étonner puisque, déjà, une nouvelle idée a germé dans son esprit fécond. Nous avons promis de garder le secret mais soyez-en certain, vous allez être surpris !

On a beau être du genre à vouloir trouver des excuses aux pires provocateurs, il faut bien reconnaître qu'il en est pour pousser le bouchon un peu trop loin. Pour exemple, la dessinatrice italienne Elena Mistrello. Si je ne suis pas choqué par le fait qu'une femme puisse se permettre de dessiner et si je reconnais que l'Italie est à l'origine de quelques magnifiques choses (les pâtes, le mascarpone, la pizza, le tiramisú…), il faut reconnaître que cette dessinatrice dépasse les bornes. Je vous explique.
Imaginez que cette donzelle a eu le culot de vouloir participer au salon de la bande dessinée de Colomiers, commune de Haute-Garonne comptant 40916 habitants au recensement de 2022. L'outrecuidance est déjà patente. Mais attendez ! Ce n'est pas tout ! Cette jeune personne, une jeune personne qui n'est sans doute en possession de toutes ses facultés intellectuelles, une personne quelque peu diminuée à l'intellect défaillant, se permet de dessiner et d'avoir (ce qui est encore pire) des idées peu compatibles avec les idées fascistes. Elle reconnaît d'ailleurs militer pour la cause des migrants vivant en Italie dans son dernier album intitule « Sindrome Italia ».
De pire en pire, Elena Mistrello avoue ne pas apprécier ce qu'elle nomme « la dérive autoritaire et répressive des États européens à l'encontre des militants et des activistes politiques ». Pour enfoncer le clou, elle s'autorise de parler de « dérive arbitraire croissante de la part des forces de police ». N'en jetez plus ! C'en est trop, c'en est plus que l'on peut supporter. Alors, fort justement, le ministère de l'Intérieur[1] est intervenu pour faire arrêter cette gabegie. Les policiers ont attendu la jeune dessinatrice à l'aéroport de Toulouse pour lui intimer l'ordre de retourner chez elle par le premier avion et au plus vite. Et ce n'est que justice.
Et moi, je me dis que la Macronie est bien une belle et bonne chose. Un temps, il me semble avoir entendu des discours effrayants de Macron qui affirmait vouloir constituer un rempart contre l'extrême droite. Fort heureusement, il a su recouvrer sa raison et combattre comme il se doit la lutte contre l'anti-fascisme. Et dire que certaines personnes prétendent encore que Macron et sa clique ne sont pas d'extrême droite… Delà à dire que nous sommes entrés dans une forme de fascisme en France, il n'y a qu'un pas. Ceci dit, je sais que ça plaît à beaucoup pour qui on ne va pas encore assez loin dans l'abject.
À lire sur le site de Révolution permanente

[1] dirigé par l'exceptionnel Laurent Nuñez, proche de Castaner, de l'infâme préfet Lallement et de Macron, aka "l'éborgneur de Gilets jaunes, le Manchoteur fou". Récemment, a porté plainte contre un humoriste, Pierre-Emmanuel Barré.




Hier matin, parce qu'il ne faisait pas aussi chaud qu'en août et que j'en remettais une couche[1], après que j'avais avalé du café qui peinait à rester chaud bien que j'aie pris soin de lui mettre une écharpe, je me suis dit que l'époque était on ne peut pas plus propice pour tester une plume retrouvée récemment. Je l'ai fichée au bout d'un porte-plume et j'ai ouvert le flacon d'encre de chine. Dans un premier temps, j'ai encré un dessin qui traînait là et j'ai été assez satisfait. J'ai continué par un autre dessin puis un autre déjà plus ambitieux. Tout cela me satisfaisait. Alors, j'ai pris le crayonné du dessin que vous pouvez voir ici et j'ai laissé courir la plume sur le papier.
Si je suis plutôt adepte du pinceau, je trouve au moins un avantage à la plume : il n'y a pas besoin de passer les mains sous l'eau pour la nettoyer et moi, quand il ne fait pas chaud[2], je n'aime pas avoir les mains dans l'eau. La plume est paradoxale ou du moins différente au pinceau. D'un côté, elle peut être plus précise et plus prévisible que le pinceau, de l'autre elle me semble moins à l'aise pour les tracés longs. Elle accroche plus que le pinceau et est plus susceptible de produire des traits indésirables. Cependant, le pinceau est capable du pire lui aussi.
Vous me direz que je pourrais utiliser les deux solutions pour les opérations qui leur conviennent et je vous répondrai que vous avez raison. Nonobstant, parce que je déteste avoir tort, je rétorque que je fais bien comme je veux.





En raison d'un souci technique inconvenant, la sonde spatiale qui devait être envoyée sur l'exoplanète Upsilon Andromedae ne s'est pas décrochée du camion chargé du lancement de ladite sonde. Bonne nouvelle, le camion et le chauffeur vont bien. Mauvaise nouvelle, une solution pour le retour du véhicule et du technicien n'est pas envisagée dans l'immédiat.

On a eu Borne, Attal, Barnier, Bayrou. On a eu Lecornu et nous ne nous en sommes presque pas aperçus. A chaque fois, Macron s'en va puiser dans sa réserve de morts-vivants. Et qu'est-ce qu'il lui reste de fidèles dans son dépotoir ? Le saurons-nous bientôt ?


C'est le cœur plein d'entrain et le sourire aux lèvres que Gustave hissait ce matin là le fruit de son travail attentionné sur le toit de sa 2cv Citroën. C'était jour de foire à Perzidon-de-l'Artiche et, comme chaque année, s'y tenait le grand concours cantonal des plus gros légumes en présence des grosses légumes du canton. Gustave espérait bien remporter le premier prix en présentant sa carotte de compétition de 123 kilogrammes poussée aux engrais de sa composition.
Il filait bon train et n'était plus qu'à une petite dizaine de kilomètres du chef-lieu lorsqu'il fut dépassé par une grosse et puissante Peugeot 504 qui se rabattit en lui faisant une queue de poisson. Gustave freina de toutes ses forces et s'apprêtait à descendre de son véhicule pour protester lorsque deux hommes d'apparence louche s'avançaient vers lui et lui intimaient l'ordre de se taire et de ne pas bouger. Ils détachèrent la corde qui maintenait la carotte et descendirent la lourde racine sans ménagements. Chargés de leur larcin, il rejoignirent leur Peugeot et s'enfuirent sans explication.
Dépité, Gustave décida d'aller illico à la gendarmerie pour déposer plainte.
Quelqu'un pour produire une suite ? Vos propositions par mail !
Reginald n'a pas encore treize ans[1] lorsque l'idée qui va le hanter durant toute sa vie lui saute au visage, en pleine poire. Cette nuit là, le rêve vient lui donner un sens à sa vie. Il devra concevoir et réaliser la motocyclette ultime, la machine la plus moderne de tous les temps, un monstre de technologie. Depuis, il n'aura de cesse de travailler à ce projet un peu fou. Il en perdra presque le sommeil.
Des décennies passées la clé plate à la main naîtra la machine qu'il présentait aujourd'hui au salon de la motocyclette de Perzidon-la-Santay, petit village de l'Allier, à la limite des Pyrénées-Orientales, près de Beauvais (Oise). Le public se massait autour de Reginald, personnage bien connu dans les environs pour les crises de rire que sa survenue suscite à coup sûr. Il faut reconnaître que de son projet, on n'a pas tout compris, au village. Il s'agirait, selon certains, d'un véhicule à deux roues équipé d'un moteur à liaison covalente contrôlée par dissipation enthalpique. Personne n'a jamais précisément pu expliquer de quoi il en retournait mais les citoyens les plus instruits, l'instituteur en tête, pensent qu'il pourrait y avoir là un rapport, peut-être légèrement lointain, avec la physique quantique. Quoi qu'il en soit et après enquête, force est de constater que nous n'y comprenons rien et les événements qui suivirent la présentation de la machine, en première mondiale, allait montrer que nous n'étions pas éloignés de la vérité.
Reginald arriva sur le coup des 9 heures avec sa drôle de machine qu'il fit descendre de sa remorque. Il attendit que la foule arrivât avant de procéder à la démonstration proprement dite. Il manipula tout un ensemble de manettes et de leviers, pris des mesures d'hygrométrie et de température et récita des formules d'apparence scientifique puis, avec un grand sourire, il appuya d'un index décidé sur le bouton chargé de mettre le feu aux poudres.
Et là, ce fut la déception. Il ne se passa rien. Mais alors, vraiment rien. Un rien de très grande ampleur. Un rien qui, de mémoire d'homme, n'a jamais existé auparavant. Un rien magnifique dans sa vacuité. Pas le moindre sifflement, le moindre pet, le plus petit soubresaut ou tressaillement. Un vide cosmique. La catastrophe.
Reginald remisa sa machine sur la remorque et repartit à son atelier en donnant rendez-vous pour l'année prochaine. Aura-t-il résolu le problème ? Nous le saurons dans un an.

[1] En vrai, il n'est âgé que de douze ans et treize mois
Günther a longtemps et attentivement observé les motocyclettes sportives puis il a brièvement étudié les motocyclettes dites « chaud-père » garées devant le café mal famé de la ville. Il est retourné chez lui et il a réfléchi. Assez vite, il a compris que les motos les plus rapides étaient celles qui sont ramassées et agiles tandis que celles projetant la roue avant à des distances hasardeuses du cadre ne valent pas un clou en matière de rapidité.
Alors, puisque sa volonté est de produire une motocyclette vive et imbattable au 400 mètres haies, Günther a ramassé tous les éléments nécessaires à la réalisation de la meilleure moto du monde, une moto à l'empattement réduit, aux suspensions finement conçues et au moteur fiable sinon le plus puissant. On peut le voir là lors des premiers essais. Quelques peaufinages sont à envisager, Günther est, dans l'ensemble, satisfait de sa réalisation.


On ne peut pas me faire confiance. J'ai eu une envie de dessiner une motocyclette. C'est arrivé sans que je m'y attende. A l'improviste, à l'insu de mon plein gré. J'avais dit, et ce n'est pas vieux, que j'en avais marre de dessiner des motocyclettes insensées et j'ai replongé dans mes pires travers. Et le pire, c'est que j'y ai pris du plaisir. Ça m'a amusé. Et le pire du pire, c'est qu'il est possible qu'il y en ait encore d'autres des motocyclettes stupides.


Hier, comme il m'est déjà arrivé à maintes reprises, je me questionnais en mon fors intérieur au sujet de ma capacité à produire des dessins qui puissent avoir l'heur de me satisfaire chouïa. Le fond du questionnement partait de l'hypothèse selon laquelle j'aurais été en mesure de faire de bons dessins en des temps plus ou moins reculés alors que cela ne m'était plus possible aujourd'hui (ou du moins hier).
Pour cultiver mon désarroi, mon désespoir, ma perplexité, la mort dans l'âme, je m'en allais consulter les archives contenues dans l'ancien blog qui nuisait très grave. Avec objectivité, je faisais défiler les pages de ce blog et jugeais les dessins qui s'affichaient. J'ai été pour partie rassuré de devoir constater l'inanité de la plupart des œuvres graphiques exposées là. Cependant, il me fallait admettre que certaines d'entre-elles parvenaient à m'étonner de par leur pertinence. J'approuvais la maîtrise du trait, je m'enthousiasmais de la qualité et de la profondeur qui émanaient d'elles.
Après cette rapide rétrospective introspective, force est de reconnaître que j'en étais au même point. J'étais bien incapable de savoir si j'avais tout perdu de mon talent supposé ou si, au contraire, j'avais progressé. Pour tout dire, l'impression globale de stagnation l'emporte. Je ne suis ni meilleur ni pire. Il existe bien des exemples me portant à penser que je ne serais aujourd'hui plus en capacité de produire de telles merveilles mais, pour compenser, il en existe d'autres pour me persuader d'une nette progression qualitative.
Mais tout cela n'a aucune importance. En parcourant ces anciens dessins, j'ai été amené à lire les commentaires laissés par les visiteurs de ce blog du passé. Et j'avais presque oublié pourquoi j'avais fini par être aussi agacé par les commentaires laissés par Liaan (ou par ses multiples avatars). Entre les critiques (négatives) incessantes, les accès de prétention, les longs monologues dans lesquels il excellait (et dont il devait être le seul à saisir l'intérêt), ses bouderies, il me désespérait.
Je l'aime bien, Liaan, c'est une vieille connaissance. Il a plein de qualité, il n'est pas mauvais dessinateur, il connaît plein de choses à propos des véhicules anciens. Je l'aime bien mais il peut se révéler bien pénible. Ses obsessions contre le dessin vectoriel, par exemple. Je me fous bien qu'il aime ou pas cette technique. Il l'a dit, c'est son droit, il n'était pas obligé de dégoiser à chaque fois que je présentais une illustration faite avec cette technique. Et je passe sur ses avis qui finissaient par être lassants au sujet des motocyclettes nippones, des appareils photographiques numériques, des couleurs faites à l'ordinateur et j'en passe. Liaan a été pour moi un troll, un générateur de lassitude. Au départ, le sujet n'était pas de lire ses commentaires mais de regarder mes anciens dessins. Il a réussi à me faire dévier de mon chemin.
Mais donc, suis-je capable de produire des dessins qui peuvent me satisfaire aujourd'hui ? Je ne le sais pas. Peut-être suis-je devenu trop critique. Ce serait plutôt bon signe. Ce serait le signe que je suis critique avec plus d'acuité, que je ne me satisfais plus de ce qui passait pour acceptable. Ceci dit, la question reste posée sur la table. Je me demande si je régresse ou si je progresse. Ce qui est certain, c'est que j'aimerais réussir à sortir de cette facilité qui me conduit à dessiner encore et encore toujours plus ou moins les mêmes dessins de motocyclettes ou de personnages qui ne veulent rien dire.

L'idée d'installer un incinérateur en Dordogne est de nouveau dans l'actualité au sein du SMD3[1]. La dernière fois où il a été question d'installer un incinérateur à ordures dans le département a provoqué une levée de bouclier des opposants non pas tant à l'idée de l'incinération qu'à l'installation de cet incinérateur à proximité de chez eux. Il me semble que cette dernière fois, il était question d'une installation à Thenon. Alors, dans le coin, on disait que l'incinérateur, on n'en voulait pas. Une installation ailleurs, ça, du côté de Thenon (et Azerat), on n'était pas contre.
Pour le président du SMD3, il s'agirait cette fois-ci d'une installation proche d'une agglomération afin que l'on puisse utiliser la chaleur produite pour du chauffage collectif et de la production d'électricité. Ainsi, plutôt que de parler d'incinérateur à déchets, le projet serait une unité de valorisation énergétique. Cette euphémisation tient du foutage de gueule. Cependant, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. L'incinérateur, je suis plutôt pour. D'abord, l'enfouissement n'est pas une bonne solution. C'est comme mettre la poussière sous le tapis. On produit des déchets et on ne veut surtout pas les voir, on les met sous terre. Selon le président du SMD3 interrogé par Sud-Ouest, l'autorisation d'enfouir les déchets court jusqu'en 2033. Il faut réfléchir à l'après et cet après pourrait être un incinérateur.
Et là, je me dis que on joue "petit bras". Cet incinérateur pourrait être une unité de valorisation des déchets encore plus efficace si seulement on acceptait de l'utiliser aussi pour la crémation des morts du département. Les morts seraient utiles à la collectivité et, pour celles et ceux qui vivent une vie de parasite de la société, qui n'ont jamais rien fait de leur vivant, ce serait l'occasion d'être enfin utile à quelque chose. Si je prends mon exemple, je me dis que l'idée de servir la société une fois la mort venue n'est pas pour me déplaire. Enfin être utile ! Après tout, si l'on y réfléchit une minute, une dépouille mortelle n'est pas grand chose de plus qu'un déchet. On ne valorise pas suffisamment les morts. Bien sûr, ils font marcher le commerce de la mort. Il faut fabriquer des cercueils, des couronnes mortuaires, des pierres tombales, des plaques, des fleurs en plastique. Le chiffre d'affaire du secteur du funéraire pour 2015 est de 2,7 milliards d'euros pour la France. On a enregistré 627500 décès en 2024. Tous ces morts convertis en énergie aiderait bien à la transition énergétique.
Le SMD3 pourrait organiser une collecte des morts commune par commune[2]. Il y aurait des bornes de dépôt volontaire des cercueils et les familles seraient invitées à rendre un dernier hommage à leurs défunts dans un hall aménagé au sein de l'incinérateur. Enfin moi je lance des idées, il faut réfléchir à l'ensemble des solutions à imaginer pour rendre la chose acceptable par le plus grand nombre. Par exemple, il existe encore des personnes très attachées à l'idée de l'enterrement dans le cimetière communal, dans un caveau, avec d'autres membres de la famille. Pour celles-ci, il est important que l'on puisse, une fois l'an, penser à fleurir les tombes dans les frimas d'automne. Il convient d'éduquer, d'expliquer, de convaincre. Rien n'est impossible.
Il est simplement dommage, de mon point de vue, que l'on écarte du projet les plus petites communes. Il m'aurait été agréable de savoir un incinérateur à Azerat. J'aurais pu, le jour fatidique, m'y rendre à pied. Je suis favorable au commerce de proximité.


J'en étais à me dire qu'il fallait que j'arrête de dessiner des motocyclettes et j'ai attrapé une feuille de papier et mon porte-mine préféré[1].
Bon. J'en étais à me dire qu'il fallait que j'arrête de dessiner des motocyclettes et j'en ai dessiné une nouvelle. Je n'ai aucune volonté.
[1] un Pentel P205
C'est désormais une évidence, la fable du ruissellement ne fonctionne pas. En vérité, je n'y ai jamais cru, à cette histoire. Après, il faut comprendre les riches. Le serais-je que je verrais d'un mauvais œil l'idée un peu sotte de m'appauvrir. L'idée de Macron – mais il s'agissait certainement plus de nous faire prendre des vessies pour des lanternes qu'une idée – était qu'en aidant les riches à outrance, ceux-ci auraient un accès de générosité charitable incontrôlable et qu'ils se sentiraient d'assez humeur badine pour saupoudrer le bas peuple de quelque menue monnaie. Ils auraient pu imaginer un instant de créer des emplois en France, d'embaucher à des conditions très favorables et de faire le bonheur des bons et honnêtes travailleurs de notre beau pays. Jamais on aurait pu se douter que les cadeaux distribués iraient directement dans les poches des gentils actionnaires sous la forme de gras dividendes.
Il y a plus d'une décennie, pourtant, on aurait été en mesure de comprendre que le riche ne cherche qu'à devenir plus riche et qu'il n'a rien de l'idiot et généreux philanthrope. On l'a vu, par exemple, avec le Crédit Lyonnais qui a été sauvé de la faillite par le contribuable. On estime que le plan de sauvegarde aurait coûté à l'État la bagatelle de 14,7 milliards d'euros (812 euros par contribuable). Chose éminemment amusante, l'année qui a suivi ce sauvetage, la banque reversait presque au centime près la même somme à ses actionnaires.
Il y a une idée tenace dans la tête de nombreuses personnes, c'est celle qui prétend que nous aurions besoin des riches au motif qu'ils créeraient de la richesse et des emplois. Dans la vraie vie, les riches ne créent rien d'autre que de la spéculation. Lorsque le cours d'une action augmente, l'argent potentiel que l'action représente ne va pas à l'entreprise, il ne sert en rien à l'investissement ou à l'embauche de personnel. Je l'ai déjà dit, c'est une idée que l'on peut combattre, le riche ne pense à rien d'autre qu'à s'enrichir encore.
Et est-ce qu'il pourrait y avoir une solution pour sortir de cette idéologie libérale qui se donne pour mission de paupériser le plus grand nombre de personnes à travers le monde, de créer une oligarchie ? Alors, il y a la simplicité qui consiste à écouter la voix de celles et ceux qui ont (ou pas) d'ambitions politiques à gauche. Déjà, il faudrait définir ce qu'est la gauche. On a un peu de mal à continuer à voir le PS dans le camp de la gauche. Une gauche molle et compatible avec le libéralisme, oui, sans aucun doute, mais à gauche dans le modèle anti-capitaliste, certainement pas. Je n'ai pas trop de doute pour le (les) NPA et LO. Après, il y a LFI mais sans grande conviction de ma part et les écolos accompagnés des communistes. Ils ont un bon fond sur certains points.
Il y a une envie de faire l'union des gauches. Ça a été fait avec le NFP. Le souci, c'est que pour faire une union, il faut accepter le compromis. Je n'ai aucune oreille, aucun pouvoir. Pour ma part, je suis prêt à concéder certains points. Par exemple, je ne suis pas contre l'idée d'une certaine liberté d'entreprendre, que l'on puisse créer son entreprise et travailler dans le cadre du capitalisme. Un boulanger qui fait du profit, un artisan ou un commerçant qui gagne sa vie en faisant payer son savoir-faire ou le service qu'il rend, je suis d'accord. Par contre, je suis opposé à la spéculation boursière.
Ce que je pense sincèrement, c'est qu'un jour, et ça ne se fera pas sans heurts, le système se cassera la gueule, s'effondrera. Ça peut être dans très longtemps comme dans quelques années. L'heure semble être plus à la montée des dictatures, du ré-armement, à la préparation d'une nouvelle grande guerre bien mondialisée. Le capitalisme et la guerre, ça a toujours été une grande histoire d'amour. En France, on n'a même plus besoin de l'épouvantail du R-Haine pour craindre la survenue d'un état totalitaire. Dans moins de deux ans, nous serons peut-être bien les deux pieds dedans.
Mais peut-on miser sur l'éventualité d'une victoire d'un groupe de gauche unie pour nous sortir de tous les problèmes alors que ceux-ci sont liés à l'économie mondialisée ? À moins que la France se coupe du reste du monde un peu à la manière de la Corée du Nord, à moins que la France sorte de l'Europe (et ce serait très étonnant que ça arrange quoi que ce soit), notre pays est trop dépendant de cette économie mondialisée. Je doute que l'idée des gauches françaises soit de procéder à une rupture brutale avec tout ça.
