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jeudi 29 juin 2017

EPR de Flamanville

L'ASN a rendu son rapport et c'est tout bon ou presque. C'est cool parce que vu les milliards déjà engloutis par le projet de ce réacteur de nouvelle génération, ça aurait été dommage de devoir tout arrêter. Bon, il faudra que l'on pense à changer le couvercle d'ici six ou sept ans mais on a le temps de voir venir. Et puis, d'ici là, de l'eau aura coulé sous les ponts et on pourra dire qu'on avait oublié.
L'histoire, elle commence avec Areva, fleuron de notre industrie nationale, qui a la charge de fabriquer la cuve de cet EPR. Hélas, c'est pas de bol, l'acier utilisé n'est pas de la bonne qualité et une menace de devoir tout arrêter pour remplacer la cuve gronde en 2015. C'est que ça n'arrange un peu personne, cette affaire. Déjà, bon, le budget initial pour la construction de cet EPR de Flamanville a été multiplié par trois et dépasse les dix milliards d'euros. Pour remplacer cette cuve défectueuse, il faudrait tout casser et recommencer à zéro. C'est ennuyeux. Alors, EDF et ses partenaires commencent à tergiverser. D'accord, l'acier n'est pas vraiment aux normes mais pas de souci, ça ira très bien ainsi. On sait les difficultés du secteur depuis la catastrophe de Fukushima, les mauvaises affaires d'Areva avec UraMin, les retards pris dans la construction de l'EPR en Finlande et le coût démentiel qu'Areva doit supporter au titre des retards (neuf ans de retard, tout de même). Pour rigoler, il me semble avoir lu que le réacteur aurait été vendu dans les trois milliards d'euros et que Areva doit payer près de quatre milliards de dédommagement. LOL comme disent les jeunes.
L'ASN intervient et examine les documents fournis par EDF et Areva pour établir son rapport. Dans un premier temps, ça m'a un peu choqué que les experts se contentent de ces documents. Je me suis dit que, peut-être, existait-il un risque pour que EDF et Areva ne soient pas totalement honnêtes et osent maquiller un peu la vérité à leur avantage. J'ai l'esprit mal placé. Et puis, je me suis dit qu'il ne fallait pas être parano et qu'il est impossible que l'on joue sur un sujet si sensible. L'ASN a tout lu, ses experts ont tout calculé, et le rapport a été rendu. Tout est bon sauf le couvercle. Il faudra le changer dans quelques années. Alors tout va bien !

Notre sécurité est entre de bonnes mains
Par contre, ne nous voilons pas la face, ce n'est pas aussi simple que de remplacer le couvercle d'une cocotte-minute. Le couvercle, c'est là où se trouvent les tubes contenant les barres de combustible radioactif. Ce n'est pas si anodin que ça. C'est vrai que lorsque l'on entend "couvercle" on pense à sa cuisine, à cette brave casserole inoffensive qui, jour après jour, fait chauffer l'eau des pâtes.
Bien sûr, il serait rageant de se dire qu'après avoir dépensé tant de milliards d'euros on arrêtait tout ou on recommençait tout à zéro. Nous sommes tous comme ça, pas foutus de calculer comme il le faut. Si ça se trouve, il coûtera plus cher de terminer cet EPR de Flamanville que de le laisser tomber. L'argent perdu est perdu et il est illusoire de penser que l'on pourra se refaire d'une manière ou d'une autre.
La question qui agite les opposants au nucléaire est bien sûr celle de la sécurité. On sait que la cuve n'est pas parfaite, on sait que le couvercle est mauvais, peut-on au motif que l'on a investi des sommes considérables continuer sur sa lancée en croisant les doigts ? La preuve que oui !

mercredi 10 février 2016

Finissons-en avec l'euphémisme

Depuis quelques semaines, on nous prépare à la prochaine crise financière. On l'annonce déjà pire que la dernière et on se demande qui s'en sortira et comment. Je trouve cette histoire à se taper le cul par terre. On semble s'étonner de cette prochaine crise financière alors que l'on n'a tiré aucune expérience de la précédente. On laisse faire l'économie libérale. Mieux, on l'encourage, on la nourrit, on la considère comme étant la seule possible. Les signes de cette (très) prochaine (très) grave crise, on les voit déjà. La Chine qui peine, le pétrole au plus bas, les conflits en Syrie et ailleurs, la Russie au bord de la faillite et l'Europe qui se referme sur elle-même avant, peut-être, de s'effondrer dans un beau nuage de poussière. Si cela se trouve, nous n'aurons pas qu'une crise financière. Depuis des années, on nous rappelle que tous les ingrédients sont réunis pour faire éclater une nouvelle grosse guerre mondiale.
Je ne souhaite bien sûr pas connaître ça mais j'en suis à me demander ce que l'on peut faire pour l'éviter si jamais elle doit survenir. Je ne sais même pas s'il est juste possible de rêver à un autre modèle économique pour la planète. Je me demande si ça peut se produire sans qu'il y ait d'abord une énorme crise qui mette à mal toute l'économie, détruise tout ces modèles basés sur les échanges dérégulés et sur la prise de pouvoir par les multi nationales. Pour l'Europe et pour la France, il me semble évident que les politiques ne peuvent plus agir qu'à la marge et qu'ils ne sont pas en mesure de définir des règles du jeu qui irait contre la finance, l'ennemi de qui vous savez.

Les bourses en pleine déconfiture

dimanche 31 mai 2015

Pourquoi la moto est le plus stupide des moyens de locomotion

La moto, c'est bête à manger du foin

mardi 28 avril 2015

Le scandale des médicaments frelatés

Hier, on causait de la contrefaçon des médicaments, dans le poste. Il s'agissait d'une émission globalement assez inutile, à mon avis. On mettait en garde les auditeurs quant aux risques à confier sa santé à de la pharmacopée de bas étage produite dans des laboratoires douteux par des personnes sans scrupules aucun âpres au gain facile. C'était dans l'émission de Nicolas Demorand, "un jour dans le monde".
On nous relatait des faits instructifs et affligeants. Par exemple, le cas de cette personne morte, au Canada, d'avoir voulu se soigner en avalant des médicaments contenant de l'uranium ou celui de ces pilules de Viagra colorées à la peinture pour bâtiment Ou encore, ces médicaments composés de mort au rat. On nous disait combien le phénomène des médicaments contrefaits touchait les pays pauvres et ceux où la protection sociale était défaillante ou trop onéreuse pour les gens pauvres. On dénonçait aussi les médicaments vendus à la sauvette sur Internet.

Médicaments contrefaits
Si, sur le fond, je suis bien d'accord pour dénoncer le scandale de ces personnes qui n'hésitent pas à tuer d'autres personnes juste pour engranger du fric, si je suis d'accord pour dire que ces personnes sont des gros salopards, si je suis d'accord pour pleurer le malheur des populations à qui on vend de la pharmacie frelatée, falsifiée, empoisonnée, je ne peux pas m'empêcher de penser que certaines de ces victimes sont d'une rare bêtise. Comment peut-on raisonnablement penser que l'on peut acheter ses médicaments moins chers sur un site bien douteux qui vend tout et n'importe quoi à des prix exotiques ? Il faut tout de même être un peu con pour croire que l'on peut acheter sa chimio comme ça, en cliquant sur un bouton et en payant avec sa carte bancaire sans que l'on ait à présenter la moindre ordonnance. Non ?

mardi 31 mars 2015

Politique de l'offre ou de la demande

L'offre et la demande
C'est un débat dont la plupart d'entre-nous n'a rien à faire mais qui occupe les médias et les débats à connotation économique. On s'étripe sur ce truc parce que c'est facile. C'est l'effet de formule qui est en marche. Discourir des mérites comparés et éventuels entre une politique de l'offre et une politique de la demande, c'est comme débattre sur la couleur qui siérait le mieux à la chambre à coucher. Rouge ou vert ? Ça occupe, ça ne fait rien bouger, c'est bidon, mais ça fait passer le temps et c'est déjà ça de pris.
Pour faire simple, la politique de l'offre, c'est permettre à l'entreprise d'être compétitive et d'inonder le marché de ses produits. Pour ce faire, il faut baisser le coût du travail. De quoi est composé le coût du travail ? Le coût du travail est composé du salaire et de toutes les lourdes charges qui pèsent sur les frêles épaules de l'employeur. Qui est responsable de ce coût du travail ? Le salarié et les syndicats et les scélérates et liberticides règles du code du travail ainsi que les lois ineptes qui imposent, par exemple, un salaire minimum, une protection sociale, des horaires et l'interdiction de harceler sexuellement ou moralement. Qui souffre du coût du travail ? L'entrepreneur et les actionnaires.
Bien. Et la politique de la demande, alors ? C'est plus compliqué. Il s'agirait de permettre aux citoyens-consommateurs d'avoir plus de pouvoir d'achat pour qu'il achète et bouffe de la bonne marchandise de France. Comment accroître le pouvoir d'achat du citoyen-consommateur ? En augmentant son salaire. Et comment augmenter son salaire ? En le payant plus. Hum ? Sans contrepartie ? Les patrons ne seront pas d'accord ! On peut les faire travailler plus pour gagner plus ? Ça me fait penser à quelque chose, ça. Ou alors, pour augmenter le pouvoir d'achat sans augmenter les salaires, on peut aussi faire baisser les prix, non ? Par exemple, on importerait des produits de pays qui produiraient à bas coût ? Comme ça, on pourrait acheter de la nouille de Chine ou de la chemise du Viêt-Nam ! Oui mais alors le fabricant de nouilles ou de chemises de France ne vendrait plus ? Ah oui, c'est vrai. Et s'il ne vend pas, il ferme, non ? Ben oui, c'est le problème. Qu'est-ce que l'on pourrait trouver d'autre pour favoriser la demande ? On pourrait demander aux entrepreneurs de France de proposer des produits bandants ? Pas sot, ça ! Des jolies marinières fabriquées en Armorique, par exemple ! Ou des moules ? Quand on regarde, on a tout de même des produits que les Français privilégient, en France. On a le pinard, on a l'andouillette, on a les fromages. Oui, bon, on a ce qui se bouffe et une partie de ce qui se boit. Question bagnoles, c'est pas que nous soyons si tellement plus mauvais que les autres mais faut franchement avoir envie de soutenir l'industrie automobile française pour se résoudre à acheter français. Tout ce qui est électronique, sauf sans doute pour quelques produits de luxe ou dans des secteurs bien spécialisés, pas moyen d'acheter du français fabriqué en France. Pas d'informatique française, pas de téléviseur français, pas d'appareil photo français. Dans le même temps, pourquoi irions-nous acheter du français qui serait plus cher sans être meilleur ? Ce n'est pas si simple que ça, tout ça.
Maintenant, on pourrait peut-être réfléchir à sortir de cette formule qui ne mène nulle part. Offre ? Demande ? Pfff. Et si on incitait les entrepreneurs français à faire du solide, du durable, du réparable ? C'est une vision passéiste puisque c'est celle d'autrefois. On achetait du "qui va faire de l'usage". Un falzard devait durer une décennie, un réfrigérateur un bon demi-siècle. Alors, ça pourrait ressembler un peu à de la décroissance sauf que c'est un mot qu'il ne faut pas prononcer parce qu'il paraît que c'est très mal.
Mais dans le fond, cette affaire de relancer la croissance par l'offre ou la demande, c'est de l'enfumage à grande échelle. C'est un débat pour occuper la populace, j'en suis presque certain. A mon avis, personne ne sait ce qu'il faudrait faire ou s'il faudrait faire quelque chose. En économie, j'ai tout de même comme le sentiment que l'on est entre l'analyse de ce qui est passé (et ne reviendra pas) et la prospective digne de madame Soleil et du jugement au doigt mouillé. La vérité, c'est que nous sommes dans un monde massivement globalisé avec des riches qui deviennent de plus en plus riches et veulent le devenir encore plus et des pauvres qui sont de plus en plus nombreux et qui n'intéressent pas grand monde parce qu'ils consomment peu. Ceux qui sont dans une grosse moyenne craignent de devenir pauvres et rêvent de devenir riches. En consommant, ils se donnent l'illusion de tutoyer les riches. Cette grosse catégorie agit comme un bon gros troupeau de moutons dociles et obéissants. Il faut acheter un iPhone ? J'achète un iPhone. Nikon sort un nouveau boîtier ? Il me le faut ! L'écologie est à la mode ? Je bois du vin bio ! La liberté d'expression est malmenée ? Je m'abonne à Charlie Hebdo !
Le gros problème de tout cela, c'est que la politique se fait bouffer par l'économie. Dans le monde mondialisé où l'on est, le politique devrait faire de la politique sans s'occuper de l'économie. Le politique devrait être là pour poser des règles, des limites, pour protéger, pour permettre de s'instruire et de vivre. Le problème est que dans un monde mondialisé, il paraît que le politique n'a plus les coudées franches pour agir. S'il brime l'entreprise, l'entreprise délocalise et les salariés se retrouvent au chômage et ce n'est pas bien. Mais alors, si le politique ne peut plus rien faire, on fait quoi ? L'économie n'a certainement aucun rapport avec la démocratie. Si la démocratie ne signifie plus rien au niveau politique, on est dans la merde, non ?

vendredi 14 mars 2014

Électrons libres

La voiture électrique arrive. Pour preuve, ce que j'ai aperçu aujourd'hui sur le parking du centre commercial "la Feuilleraie" à Trélissac, à côté de Périgueux. Un panneau attire mon regard. Je ne le connaissais pas et m'approche pour mieux le voir. Il s'agit d'un emplacement où les automobiles électriques (toutes ?) peuvent recharger leurs batteries. Chose étonnante et intéressante pour qui roule en voiture électrique, il apparaît que la recharge est gratuite. Voir les conditions en magasin, est-il néanmoins indiqué. Je ne suis pas allé me renseigner plus avant.

Branchitude commerciale
Au moment où je suis passé par ce centre commercial, il y avait deux véhicules branchées. Deux Renault aux armes du centre commercial. En tout, il y a six emplacements.
Je ne sais pas grand chose des automobiles électriques. J'ai cru comprendre vaguement que toutes n'étaient pas équipées du même système de recharge et des mêmes prises. Je me suis demandé s'il fallait nécessairement posséder une Renault pour pouvoir utiliser ces bornes. Je me suis aussi dit que, du coup, l'initiative est plutôt intéressante et qu'elle permet, pour des personnes un peu éloignées de Périgueux, de pouvoir envisager rouler en voiture électrique. J'aimerais bien en essayer une un jour. Une Tesla, par exemple.

Branchitude commerciale

mercredi 30 octobre 2013

Echo taxe ?

ecotaxe.jpg

mercredi 21 août 2013

Renault Trucks relocalise

Renault ? Vous connaissez ? Mais si, vous savez ! La marque française qui fait des voitures à vivre, la marque qui a commis la 4L, la marque qui a fait des camions. La marque qui a un losange pour emblême. Ça y est ? Vous y êtes ? Ce matin, on apprend que Renault Trucks, division de Volvo, allait relocaliser sa production en France.

Au départ, il y a Renault, marque française qui est nationalisée après la seconde guerre mondiale[1]. Renault fabrique des voitures mais aussi des camions et du matériel militaire. Devenue la Régie Nationale des Usines Renault, basée à Billancourt qu'il ne faut pas désespérer, Renault ne tarde pas trop à créer une filiale pour sa production de poids-lourds en s'associant à Latil et à Somua. Ainsi naît la société LRS qui devient vite SAVIEM (Société Anonyme de Véhicules Industriels et d' Equipements Mécaniques). A l'époque, il y a encore plusieurs constructeurs de poids lourds en France. Berliet, Bernard, Willeme pour ne parler que d'eux. En 1975, il ne reste plus que SAVIEM et Berliet. Renault avale Berliet et, en 1978, les deux marques fusionnent au sein d'une nouvelle entité, Renault Véhicules Industriels.
En 2001, Renault cède 100% de RVI au constructeur suédois Volvo et prend 21,6% de participation chez Volvo ce qui en fait l'actionnaire principal. En 2012, Renault se sépare de ses actions chez Volvo. A ce stade, si je comprends bien la situation, il n'y a plus aucun rapport entre la marque Renault que l'on connaît pour ses voitures et la marque Renault des camions et autres véhicules lourds. Ce seraient là deux entreprises indépendantes l'une de l'autre.
On apprend aujourd'hui que Renault Trucks relocaliserait en France la production de véhicules de Turquie. Je ne sais rien des camions fabriqués en Turquie par le constructeur. Ça m'amuse un peu ces histoires de délocalisations et de relocalisations. C'est comme cette informations tombée il y a peu qui nous apprend que la marque H&M (marque suédoise de prêt-à-porter si j'ai bien compris) allait délocaliser sa production chinoise en Ethiopie parce que les salaires chinois deviennent trop lourds. C'est beau l'économie moderne. J'imagine que lorsque Renault Trucks a décidé d'aller faire construire ses camions en Turquie, il y a eu des suppressions d'emplois en France. Aujourd'hui, on va aller rechercher les licenciés d'hier pour retrouver le savoir-faire de cette main-d'œuvre ?

Relacalisation Renault Trucks

Note

[1] Soi disant parce que Louis Renault aurait trop collaboré avec les nazis

lundi 29 juillet 2013

Les économistes sont cons

Ce matin, à la radio, j'ai entendu un chroniqueur économique qui a raconté de belles choses.

En gros, le personnage nous expliquait que la France était malade de ses prélèvements sociaux et que c'était eux qui plombaient l'économie française. "La France est championne du monde des prélèvement sociaux", affirmait-il avec un trémolo d'indignation étranglé dans la voix. Il en pleurait presque, le pauvre homme. Et, bien entendu, il n'a pas longtemps hésité à brandir l'exemple allemand, le bon exemple européen, le modèle qui devrait guider notre politique sociale. Il y aurait moins de prélèvement sociaux outre Rhin.
Moi, je ne suis pas économiste, pas chroniqueur sur France Inter et pas trop fan du modèle allemand. Je vais faire preuve de mauvais esprit une fois de plus. Je vous préviens pour que vous puissiez arrêter de lire ce billet à temps.
Donc, l'Allemagne prélève moins sur les salaires et sur les entreprises. Ça semble être un fait. On a dû comparer, calculer, peser. C'est comme ça. L'Allemagne prélève moins et l'économie allemande se porte mieux que l'économie cocorico de chez nous.
Il y a quelque temps, il me semble avoir entendu qu'il n'y avait pas de notion de salaire minimum en Allemagne. C'est à dire que l'on peut travailler pour quelques centimes d'euro de l'heure et que l'on est tout content parce que l'on sait que l'on nous prélèvera pas trop sur notre salaire. Vu comme ça, évidemment, ça donne à réfléchir.
Mais si l'on réfléchit, justement, on voit quoi ? On voit d'un côté un ouvrier français qui va se faire voler des prélèvements sur un salaire que l'on admettra, nous autres Français, correct. De l'autre côté, on voit l'ouvrier allemand qui n'a pas de quoi s'acheter ses saucisses quotidiennes mais qui a le soulagement d'avoir moins de cotisations sociales à payer. Je me demande si l'on ne se fout pas un peu de notre gueule, dans cette histoire.
Le chroniqueur disait aussi que les socialistes français ont, avec Mitterrand, imposé la retraite à 60 ans à une époque où l'espérance de vie était de l'ordre de 74 ans. Or, argumentait-il, l'espérance de vie actuelle est passée à plus de 80 ans ! Alors que l'on espérait une retraite de 14 ans il y a une trentaine d'années, on peut profiter de sa retraite durant presque le double de temps aujourd'hui. C'est insupportable et j'ai eu peur que le chroniqueur casse sa pipe en direct. Il était positivement offusqué, scandalisé tout à fait.
J'ai senti qu'il avait envie de conseiller que l'on tue les personnes de plus de 74 ans tout en ramenant l'âge de la retraite à 65 ou 70 ans.
Je me suis demandé si l'objet de ce genre de chronique n'était pas tout simplement de nous bourrer le mou en répétant et répétant encore les mêmes propos, les mêmes idées, pour que l'on finisse par ne plus entendre qu'eux et que l'on se persuade que la vérité est là, cruelle mais irréfutable.

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