mercredi 21 mars 2018

Il en faut peu pour être heureux

dimanche 18 mars 2018

Le retour de l'horreur

Vieille bagnole insignifiante

vendredi 16 mars 2018

Moto de fin de semaine

Peugeot, Terrot, Dé-Dé, Koehler Escoffier, la France n'a pas été en manque de marques de motocyclettes et a longtemps été une patrie importante sur l'échiquier de la production mondiale de deux roues motorisés. Parmi tous ces constructeurs, nous nous arrêtons aujourd'hui sur le cas de l'un d'eux qui n'a, malheureusement, pas eu le succès commercial qu'il méritait. Vous l'aurez reconnue, nous parlons ici de la marque «Régine» qui avait ses usines à Louvois sur Guidonne (Seine & Loire).
Une mécanique complexe au service de la simplicité

Des solutions techniques à la pointe

Le credo d'Albert Trébla, le créateur de la marque, était de construire "compliqué" pour une utilisation simple à la portée de tout un chacun. Rapidement, il opte pour la solution du moteur multicylindre et, particulièrement, du quatre cylindres calé à 90° à distribution culbutée et soupapes à longueur variable. Ce choix impose, on le comprend sans peine, la nécessité d'un refroidissement sans faille et c'est un classique système à thermosiphon qui sera retenu. Après quelques errements, le radiateur sera placé à l'avant et servira de support à la colonne de direction. Un choix audacieux et intelligent s'il en est.
L'allumage est confié à un classique système batterie-bobine adjoint à un allumeur à rotation planétaire orbitale breveté dès 1923. On l'aura compris, le principal intérêt du système est de pouvoir s'affranchir de la présence de bougies d'allumage à l'époque trop souvent à l'origine de pannes diverses et ennuyeuses. Ici, les étincelles sont quasi permanentes et constantes. Elles garantissent une bonne inflammation du mélange gazeux dans toutes les circonstances quelle que soit la pression barométrique !

La santé du motocycliste

Trébla connaît, pour en souffrir lui-même, les ennuis de santé les plus répandus en ces années d'après-guerre chez les motocyclistes. Hypertension artérielle et hémorroïdes. C'est pourquoi il fait le choix de l'abandon de la selle. Que n'aurons-nous pas entendu de la part des détracteurs ! On accusa Trébla de vouloir faire des économies de bouts de chandelle, de chercher à porter un coup fatal à l'industrie de la selle de moto française, de sacrifier le confort au bénéfice d'une poignée d'inconséquents maladifs.
Les critiques pleuvent tant et plus qu'elles parviennent à fragiliser l'industriel qui finit, fin 1943, par proposer en option une selle monoplace à la clientèle. Hélas, l'époque n'est pas propice au commerce, l'approvisionnement en matières premières est soumis aux forces d'occupations allemandes et le carburant ne se trouve pas sous le sabot d'un cheval.
Albert Trébla ira jusqu'à s'entretenir avec le Maréchal qui lui prêtera une oreille attentive plutôt que la somme d'argent nécessaire à l'achat de ces matières premières au marché noir. Amer, déçu par la politique, devenu acariâtre sur le tard, Trébla liquidera son affaire dans l'attente de jours meilleurs.
Ces jours n'arrivèrent pas. En 1945, c'est la purge et Albert Trébla est suspecté d'avoir collaboré avec l'ennemi et le régime de Vichy. Cela lui sera longtemps reproché et on peut aujourd'hui regretter que la France libérée n'ait pas jugé bon de soutenir cet industriel visionnaire à rebondir au moment de l'établissement de la Nouvelle Société des Motocyclettes Régine. Pourtant les archives parlent et ce ne sont pas les idées ingénieuses qui manquaient dans les cartons de ce génie de la mécanique ! Ne parlons, pour l'exemple, que du système de suspension en fibre de noix de coco qui ne demandait plus qu'à être expérimenté ou de la très intéressante injection de carburant à air pulsé à commande numérique qui n'attendait que l'apparition du PC de chez IBM pour voir le jour.

La fin des haricots

1953. Albert Trébla a 84 ans et entretient seul la flamme des motos Régine dans son petit atelier au fond de la cour à droite de son modeste pavillon de banlieue. Il sait que l'époque des mécaniques d'exception est passé. Le peuple rêve de 4cv et de 203. Les confrères de Trébla, Bugatti, Delahaye ou Talbot vont mal, l'heure n'est plus au luxe et au raffinement mécanique. Dans un dernier élan, Albert Trébla encourage son gendre à s'engager pour le rallye Vesoul-Besançon dans la catégorie des plus de 500cc. Trébla pense que la victoire attendue nourrira la promotion de la marque et la relancera sûrement. Cette victoire est a priori acquise dans la mesure ou la "Régine" est la seule motocyclette engagée dans la catégorie. Mais quand ça veut pas, ça veut pas. A la veille du départ, Noël Léon, le gendre, ne sent pas trop cette course. Il n'est jamais monté sur la machine préparée pour l'événement — il n'a même pas de permis de conduire — et il n'est pas certain d'avoir compris comment au juste elle fonctionnait. Dans la salle de restaurant de l'hôtel modeste mais bien tenu, on tente de lui donner du courage en le faisant boire et bien manger. Le matin du départ, il est barbouillé. Quelque chose qui ne sera pas passé, sans doute. Un coup bas des concurrents ? Certainement pas puisque concurrence, en l'occurrence, il n'y a pas. Harnaché comme il le faut, bottes aux pieds et casque en tête, Noël approche de la grille de départ en poussant la Régine de course. Il a mal au bide, ça tambourine dans la tête, il la sent pas, cette course. On l'aide à démarrer la machine, on lui fait les dernières recommandations, la commissaire brandit le drapeau du départ, le drapeau s'abaisse… et rien ne bouge. Noël Léon est comme tétanisé, incapable. On diagnostiquera à l'hôpital de Vesoul où il est conduit en toute hâte un rare cas de liquéfaction partielle du cerveau avec épanchement auriculaire. Irrémédiable et incurable. Le malheureux n'aura d'autre solution que de rejoindre le corps de la Gendarmerie Nationale et d'attendre la retraite.
Albert Trébla est abattu. C'en est trop pour le vieil homme. Dans un dernier sursaut d'énergie désespérée, il empoigne une masse pour détruire la moto de course sous les yeux effarés du public. Après quoi, posément, il meurt d'un arrêt cardiaque sous les applaudissements nourris de la population vésulienne.

L'héritage

La fille d'Albert Trébla, effondrée par la perte du père et la décrépitude de l'époux va à l'atelier, au fond de la cour à droite. Elle se saisit de la clé, ferme la porte et se dirige vers le vieux puits en pneus usagés. Elle se penche au-dessus de la margelle et laisse tomber cette clé au fond du puits. On pourrait croire l'histoire de cette marque française terminée avec cette ultime action. Que nenni !

2018. A Louvois sur Guidonne, en ce mois de mars, M. Nathanaël Dubosquet, amateur et collectionneur de motocyclettes anciennes voit une roue dépasser du bric-à-brac d'un brocanteur ayant déballé quelques saloperies et rossignols pour le vide-greniers organisé par l'Association des Anciens de la commune. D'un doigt prudent, il écarte la théière ébréchée et le slip imprimé imitation panthère pour mieux découvrir ce qui est rattaché à cette roue. Il entrevoit d'abord une fourche puis un radiateur en laiton et enfin un moteur, un semblant de cadre, un réservoir à carburant. Son cœur fait trois tours et demi sur lui-même.
— Combien ?
— Beuh ? Trois-cents ?
— Tope là !
On finit par mettre la motocyclette à jour, c'est bien elle, celle que l'on pensait perdue à tout jamais, la dernière des dernières, la Régine dernière version. Elle semble complète, rien ne manque, la selle est bien absente. Pour trois cent mille euros, il a fait l'affaire du siècle. Un petit coup de chiffon, un peu d'air dans les chambres à air, peut-être du lubrifiant par ci par là et du carburant et ce sera reparti ! M. Dubosquet exulte !
Bien sûr, il se fait copieusement engueuler par Mme Dubosquet à son retour. Il a oublié le pain. Le ouiquinde est occupé à la remise en route. Les réglages, faute de documentation fiable, sont délicats mais en fin de journée, ce dimanche, la bécane démarre ! Elle cafouille encore légèrement, les montées en régime ne sont pas d'une franchise rassurante, mais elle tourne dans une pétarade réjouissante.
La Régine Grand Luxe sera le joyau de l'exposition du club de motos anciennes de Louvois sur Guidonne qui se tiendra début avril.

Lutte contre l'hypertension artérielle

jeudi 15 mars 2018

Dessin douteux

Moto improbable

mercredi 14 mars 2018

Scoot toujours

Allure et distinction

samedi 10 mars 2018

Encore un dessin très dispensable

vendredi 9 mars 2018

Une sorte de bug

On m'a demandé un dessin. Il doit représenter une coccinelle. Ça me pose un sacré problème. Comment peut-on désormais dessiner une coccinelle ? La coccinelle ultime existe, elle est la création de Gotlib et j'ai beau faire, au mieux je tombe sur un hommage à elle. Impossible de dessiner une coccinelle crédible après celle de Gotlib, du moins pour moi.
Je dessine une coccinelle. Elle ressemble beaucoup à celle de Gotlib mais j'essaie de ne pas la faire trop ressemblante. Je me vautre lamentablement, c'est un ratage de haut niveau. Je dessine une coccinelle et sitôt que je la montrerai, on me dira que j'ai copié sur celle de Gotlib. De fait, elle est bien installée au fond de ma mémoire et je n'en peux pas la déloger si facilement.
Faut reconnaître que la marge de manœuvre est mince et que Gotlib l'avait bien compris en créant ce personnage. Qu'est-ce qu'une coccinelle ? Assurément un coléoptère ! C'est une bestiole toute ronde, rouge avec des points noirs. Pas moyen de la faire étique ou verte à carreaux bleus. Il faut bien respecter les standards ou s'attendre aux pires lazzi d'une foule rigolarde.
La vie n'est pas simple.


jeudi 8 mars 2018

Ouvrons l'œil

2cv-panneau.jpg

mercredi 7 mars 2018

La décroissance dans l'industrie automobile


Petits tracas de la vie ordinaire

Je reviens de Périgueux. J'avais rendez-vous avec un client. Le 7 mars à 10 heures. J'arrive chez lui, je sonne, il ne vient pas m'ouvrir. Sa voiture est bien là, il doit être présent. Je l'appelle sur son téléphone, il ne répond pas. Bon. Je lui laisse un message et je m'en retourne à Azerat.
Ce qui est agaçant, c'est que ce n'est pas la première fois qu'il me fait le coup. Il aura sans doute une fois de plus fait la fête durant une bonne partie de la nuit et sera allé se coucher en se bourrant les oreilles de bouchons anti-bruit. Tout à l'heure, en début d'après-midi, il m'enverra un courrier électronique pour s'excuser.
Moi, j'ai perdu une partie de ma matinée, j'ai dépensé quelques litres de carburant et j'en suis agacé. Je suis revenu chez moi et je vais me préparer du café avant de me consacrer à d'autres boulots en cours.

lundi 5 mars 2018

Ça frise l'Excellence

Facel Vega Excellence


Le dessin n'est pas terminé, ça prend du temps, c't'affaire. Il y a l'idée et c'est déjà pas si mal pour ce blog qui ne mérite aucunement l'excellence.
Pour le grincheux de service, tout est fait à l'ordinateur, le dessin, la mise en couleurs et le bois.

dimanche 4 mars 2018

Les gonflés sont gonflants

Ce n'est pas la première fois que ça arrive mais là, je ne suis pas content. On a utilisé un de mes dessins, on l'a modifié, on a pris soin d'enlever ma signature, on l'a badigeonné et cela sans me contacter, sans chercher à le faire. Je suis, disons-le, mécontent. J'ai, pour ma part, contacté les organisateurs en leur disant bien ma colère. Nous verrons leur réaction mais s'il n'y en a pas, je pense que je n'en resterai pas là parce que, cette fois-ci, ça m'agace.

P.S. Le dessin original a été fait en septembre 2014, c'était une commande. Je vous mets le lien vers le dessin.

mardi 27 février 2018

Le dessinateur ne dessine plus

jeudi 22 février 2018

Fidèle à moi-même

Ce que j'ai fait hier, puis-je encore le faire aujourd'hui ? Fréquemment, j'en viens à douter. Il m'arrive de regarder un dessin un peu ancien et de le trouver bien et de me dire alors que le temps qui passe est une belle saloperie sans nom. Pourquoi arrivais-je donc à faire un dessin les doigts dans le nez[1] et qu'il me semble à présent fort improbable de pouvoir le réaliser ? Au fil des ans, le style a un peu changé, a évolué, plutôt[2], s'est tantôt amélioré et tantôt étiolé. Je vois un dessin et je me demande comment j'ai pu le réussir avec aisance. Alors, je me morfonds, accuse l'âge et la vieillesse galopante. C'est pas la joie.
Mais, il n'est pas impossible que ce dessin d'hier m'ait demandé bien plus d'efforts que ce que son souvenir embrumé m'en laisse penser. Peut-être ai-je tiré la langue et sué à grosses gouttes, peut-être ai-je jeté plusieurs essais. Je ne m'en souviens pas toujours, je me contente de voir ce dessin et de me dire que, putain, il était bon, ce dessinateur, dans ses plus jeunes années.
Ce qui arrive aussi et encore plus couramment, c'est que je ne peux plus voir un vieux dessin. Je le trouve moche et je le répudie. Ce n'est pas moi qui ai commis cette saleté ! C'est avec honte que je vois ces dessins, ces erreurs de jeunesse. Je les cache, ne les montre qu'à contre cœur, prétends que j'avais la scarlatine doublée d'une atteinte infectieuse des méninges, que j'avais perdu la vue et l'usage de mes mains. J'ai honte, je renie, je deviens un vrai révisionniste.
Je ne suis pas le dernier à me moquer des premiers Tintin, Astérix ou Gaston Lagaffe. Qu'est-ce qu'ils dessinaient mal, ces Hergé, Uderzo ou Franquin ! Le talent en moins, je suis un peu comme ces maîtres. Il y a nécessairement un temps durant lequel il faut inventer son personnage. On ne le tient pas du premier coup. D'abord, il faut poser les grandes lignes. On sait qu'il sera comme ci et comme ça, qu'il bougera de telle ou telle manière. Ce n'est qu'après coup que l'on parvient à le maîtriser et à en faire ce que l'on veut.
Un temps, j'ai eu à faire vivre un personnage décliné dans une multitude de situations. J'ai dû le dessiner près d'un millier de fois. Les derniers dessins étaient, à mes yeux, indéniablement meilleurs que les premiers. Je n'ai jamais réussi à comprendre comment des collègues pouvaient ne pas voir de différence entre ces premiers dessins et les derniers. C'était pour des cartes postales et il arrivait que l'on recycle les dessins, par exemple pour faire des "cartes doubles", un dessin sur la première page, un autre sur la troisième d'un "carnet" de quatre pages. Ces collègues n'hésitaient pas à piquer un dessin ancien et de le mettre avec un dessin récent. Ça me mettait hors de moi. J'aurais souhaité que l'on brûlât les vieux dessins, que l'on ne les utilisât plus jamais. J'avais proposé, sans succès, de refaire les plus anciens hors heures de travail. On m'a refusé cette grâce. Plusieurs fois, j'ai failli mourir de honte.

Hier, j'avais du temps à perdre. Je réparais un ordinateur[3] et devais rester à ses côtés durant la réinstallation du système et restauration des données. A un moment, je suis retombé sur le dessin du motard pirate que j'avais fait il y a peut-être quatre ans de cela. Je me suis demandé si je serais capable de le refaire aujourd'hui. J'ai essayé. J'ai voulu lui rester fidèle, conserver l'esprit, ne pas le reproduire exactement, plutôt l'améliorer. C'est un exercice auquel je ne me prête pas souvent.

Pirate de la route


première version

Notes

[1] oui, les vingt

[2] si tant est que style il y a, bien sûr

[3] qui fonctionne puisque c'est depuis lui que je rédige ce billet

mercredi 21 février 2018

Avis de grand froid

La radio et la presse écrite nous avertissent. C'est encore l'hiver et il va faire frisquet dans les jours à venir ! Attention ! Sortez les doudounes, les édredons, les pulls épais, les chaussettes de laine, les tricots de peau, les caleçons molletonnés, les gants et les moufles, les chaussures fourrées, les cache-nez et les cache-col, les bonnets et les chapeaux, les protège-oreilles et les chaufferettes, ça va cailler grave.
Dans les poêles, les bûches, dans les chaudières, le fuel, dans les prises, les radiateurs électriques. Les couvertures chauffantes seront de rigueur et les bouillottes vont être de sortie, il va faire froid à pierre fendre.
Mais, nom de nom ! Nous sommes encore en hiver. C'est de saison. L'hiver est réservé au froid comme l'été l'est à la canicule. C'est dans l'ordre des choses et ça prouve bien que le réchauffement climatique c'est rien que pipeauterie et attrape-couillon. On ne sait pas combien d'entre-nous seront encore vivants après cette froidure d'anthologie. Nous aurons la décence de verser une larme stactitique en mémoire des gelés de février et si jamais je dois passer de vie à trépas durant cette période difficile, sachez que je vous autorise à attendre des jours meilleurs pour creuser le trou qui constituera ma dernière demeure. Si, par égard pour moi, dans un élan de générosité, dans l'espoir que ça me dégèlera et me réchauffera, vous préférez me transformer en combustible, vous pourrez sniffer mes cendres après vous les être partagées. N'abusez pas, n'allez pas risquer l'overdose.
Mais, au moins, nous annonce-t-on des froids sibériens, des -30°, des -40° ? Que nenni ! Au pire, nous devons nous attendre à un misérable -8°. Ne serions-nous donc que de délicates babioles que nous risquerions l'inexpugnable gangue de glace pour des températures qui feraient rire le moindre Québécois venu ? Ah malheur ! Montrons au monde de quel bois le Français sait se chauffer et bravons bravement le petit passage de froidure.
La neige devrait aussi faire son apparition et, peut-être, créer de jolis paysages à immortaliser photographiquement parlant.

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