Vendre son intelligence aux machines

Mon propos n'est pas de donner mon avis sur les intelligences artificielles. Je veux bien accepter l'idée qu'elles peuvent être intéressantes et utiles dans certains cas ou domaines, qu'elles peuvent constituer une aide précieuse, qu'elles peuvent faire gagner du temps, qu'elles peuvent traiter et analyser des masses de données avant de fournir un résumé et d'aider à la prise de décision.
D'accord. Tout ce qui peut nous éviter de nous confronter à des tâches rébarbatives et ennuyeuses est bon à prendre. On a exploité la force animale pour moins nous éreinter, on a inventé des tas de machines pour nous aider, pour nous éviter de la peine, pour faire plus vite et mieux que nous. Au long des siècles et des centaines de millénaires, les outils ont été inventés et on ne se plaindra pas de ne pas avoir à déraciner les arbres avec les dents pour pouvoir se chauffer la couenne à proximité d'un bon feu en sirotant une liqueur les pieds bien au chaud au fond de confortables charentaises. Dans l'ensemble de ce que le progrès nous a apporté, il est possible que nous aurions été bien avisés d'en laisser de côté mais, tout de même, en toute objectivité, nous avons été brillants pour nous doter d'instruments, d'objets, d'outils et d'idées bien pratiques.
Pour nous autres qui vivons en ce début de millénaire, pour nous qui vivons dans ce futur fabuleux et qui assistons les yeux écarquillés aux avancées scientifiques et technologiques qui ne cessent d'accélérer le pas au point que nous peinons à nous en rendre compte, nous ne pouvons pas imaginer comment vivaient nos ancêtres ne serait-ce qu'au 19e siècle d'avant la Révolution industrielle. Avoir de la lumière juste en basculant un interrupteur, pouvoir correspondre avec une personne à distance en temps réel depuis à peu près n'importe quel endroit de la planète, avoir la chance de soigner tout un tas de maladies, de vivre vieux dans un état de santé convenable, ce n'était pas possible il n'y a encore que cinq ou six générations[1]. Le progrès et l'innovation ont des bons côtés et je ne vais pas dire le contraire.

Mais aujourd'hui, il faut faire avec l'intelligence artificielle que l'on nous annonce comme un phénomène à même de bouleverser l'humanité pour toujours et en profondeur. Encore une fois, j'accepte d'envisager les apports bénéfiques de cette technologie. Cependant, pour le peu que j'ai eu l'envie de tester la chose, je reste circonspect. Une fois, j'ai demandé à Chat GPT de me faire le résumé d'un passage d'une œuvre littéraire que je connais bien. Il me faut reconnaître que ce LLM[2] a bien restituer l'idée du passage donné. J'ai aussi demandé de corriger un texte bourré de fautes d'orthographe et de syntaxe et, là aussi, ça a été réussi. Bravo. Je me suis amusé à demander à cette IA d'écrire un texte à la manière de Frédéric Dard et le résultat a été moins convaincant.
J'ai testé quelques IA de génération d'image et je n'ai jamais été satisfait. Au mieux, j'ai été bluffé par les résultats ; au pire j'ai trouvé cela particulièrement mauvais. Parfois, j'ai pu me dire que ce n'était pas mal et que ça pouvait bien être utilisé pour de procurer de l'illustration générique.
Il y a deux ou trois ans, on trouvait des personnes qui affirmaient que l'avenir allait passer par l'IA et ces personnes vendaient des formations pour apprendre à faire du bon prompt. Aujourd'hui, ces IA récréatives sont accessibles (parfois gratuitement) à n'importe qui veut les utiliser sans qu'il soit besoin d'apprendre quoi que ce soit. C'est facile, c'est simple, c'est intuitif et en plus, c'est rapide. C'est magique et merveilleux. Et puis, ça flatte notre propension à se laisser aller à la fainéantise et à la paresse[3].

Le fait est que, aussi intelligents que nous puissions l'être, nous ne pouvons pas exceller dans tous les domaines en lien avec la réalisation d'une œuvre de l'esprit. On peut avoir l'idée d'un texte, par exemple un roman, et ne pas savoir écrire convenablement. On peut avoir envie de mettre en image une idée et ne pas avoir la capacité de réaliser l'idée parce que l'on se dit que l'on ne sait pas dessiner ou que nous ne voyons pas comment réaliser une image "photographique" compliquée. Si des outils nous permettent de créer à notre place selon nos instructions, c'est parfait.

Et là, je dis que oui sauf que non. Je ne suis ni un très bon dessinateur ni un excellent photographe ni un écrivain génial ni un modélisateur 3D d'exception et pourtant, je ne fais pas appel aux IA pour pallier mes manques et lacunes. Est-ce de la perversion que de persister à vouloir me débrouiller malgré tout avec ce que j'ai ? J'utilise encore du papier, de la mine de crayon, du pinceau et de l'encre. Lorsque je passe sur l'ordinateur pour mettre salement des couleurs, j'utilise un outil comme un autre. La machine de met pas les couleurs à ma place. Si j'écris beaucoup moins avec un stylo, si j'utilise plus souvent l'ordinateur, ce que j'écris n'est pas créé par la machine. Pour la photographie, ce n'est pas l'appareil qui cadre et les images numériques enregistrées le sont en RAW de manière à me laisser m'emmerder à les traiter laborieusement par la suite. Pour la 3D, j'essaie de maîtriser un peu le logiciel Blender et je vous assure que je ne le fais pas les doigts dans le nez[4].
Et il me faut reconnaître qu'il m'arrive bien souvent de foirer un dessin ou un texte ou une photographie ou tout un tas d'autres choses. C'est parfois légèrement désespérant mais (c'est de la perversion, c'est certain) je prends du plaisir à lutter contre la malédiction qui me pousse à merder dans tous les domaines. Je n'apprends pas des leçons de la vie et je recommence, j'insiste, je ne baisse pas les bras.
Le plaisir n'arrive pas seulement lorsqu'il y a la satisfaction de ne pas avoir trop raté. Il est là au moment ou je m'amuse à laisser courir le crayon sur la feuille ou à celui où je laisse mes doigts être guidés sur le clavier par les idées qui sortent de mon cerveau[5]. Il y a ce plaisir dont je n'ai pas toujours conscience de constater que mon corps, mes yeux, mes mains, mon cerveau parviennent à se mettre au diapason. Le plaisir d'être une machine biologique hyper performante, intelligente sans artifice.
Pour le peu que je me suis intéressé aux IA, je n'ai jamais ressenti de plaisir à le faire. Je l'ai dit, j'ai pu être estomaqué par un résultat, épaté par la rapidité, satisfait par une restitution. Heureux ou en état de plaisir, non. Jamais. Et je doute fort que cela arrive un jour.

Pour des utilisations très utilitaires des intelligences artificielles, je suis certain qu'elles sont efficaces et pratiques. Une traductrice me disait qu'elle n'avait plus de travail à cause des IA. C'est triste mais la perspective d'avoir une IA dans son téléphone portable qui permette de traduire immédiatement en toute situation est bien tentante. On peut sans peine imaginer que ces IA vont évoluer dans un futur proche et ouvrir de nouveaux horizons insoupçonnés. Nous n'en avons pas fini d'être stupéfaits. L'usage intempestif de ces technologies mènera-t-il à l'abandon de toute forme d'apprentissage ? Où ira-t-on chercher le plaisir de l'apprentissage et, plus encore, celui de tester, d'expérimenter, de risquer, de réfléchir, de penser le monde ?

Selon moi, il existe un monde dans lequel les IA vont se casser la gueule. Elles sont dévoreuses de ressources, d'énergie, elles ne sont pas rentables, elles ne sont pas soutenables en l"état. Il faudra trouver les moyens de les financer et je ne suis pas sûr que le grand public accepte de passer à la caisse pour ces outils. Pour le moment, les quelques acteurs du domaine tentent de se placer en tête de la compétition et il ne fait pas de doute que l'on cherche à atteindre une hégémonie sur la concurrence et, pourquoi pas, le monopole. On rêve que les IA deveiennent indispensables à tout un chacun et que l'on ne puisse plus vivre sans. Tant que nous avons encore un peu de cerveau, utilisons-le et méprisons les machines.

Notes

[1] moins d'une dizaine disons

[2] large language model

[3] j'aime la fainéantise et la paresse et m'y adonne avec délectation autant que possible

[4] ce qui ne me serait d'aucune aide

[5] comme en ce moment

Paysage de saison

hiver janvier 2026
Une bonne alternative à la canicule

Rien à voir mais ça m'amuse

Une information lue ce matin sur le site Ici Périgord nous apprend que les gendarmes mènent l'enquête après qu'ils se sont aperçus que le radar tourelle installé à Saint-Crépin-d'Auberoche au bord de la route départementale 6089 a été sévèrement dégradé au point de ne pas pouvoir remplir sa fonction. Pour l'heure, ils ont relevé la présence de traces de pneumatique agraire à proximité.

Les gendarmes ne savent pas qui est derrière cet acte de vandalisme. Ils ont seulement relevé des traces de pneus de tracteur sur l'herbe entre la chaussée et la glissière de sécurité.

Le destin pathétique de l'idiot qui n'a de cesse de dessiner et dessiner encore des motocyclettes ridicules

Et il est vrai qu'il pourrait[1] passer à autre chose. Ce ne sont pas les occupations possibles qui manquent. Par exemple, c'est une suggestion, il pourrait s'adonner aux savoureuses tâches ménagères. Faire la vaisselle, par exemple. De même, il est presque certain qu'il serait en mesure de faire un peu de ménage, de ranger son fouillis, d'enlever la poussière, de faire briller les meubles à la cire, de classer les dizaines de kilogrammes de feuilles de papier griffonnées.
Une autre possibilité serait de faire des crêpes. C'est bon, les crêpes. Et en plus, ce n'est pas si difficile que cela à réaliser. Tenez, je vous donne une recette approuvée par la Confrérie des maîtres crêpier du Baden-Württemberg.


Les proportions sont à adapter selon le nombre de crêpes souhaité. Là,, je vous donne celles pour une dizaine de crêpes.
200 g de farine
2 œufs
50g de sucre
Une belle pincée de sel
du lait
de l'huile ou du beurre fondu
du rhum (falcutatif)


Dans un saladier ou un contenant de la sorte, verser le sel, la farine et le sucre. Mélanger un peu[2] et casser les œufs sur ces ingrédients. Avec un fouet[3], commencer à mélanger sans chercher à récupérer l'ensemble du mélange farine-sel-sucre. Verser l'huile ou le beurre fondu et mélanger un peu sans insister. On peut ajouter le rhum ou l'ajouter plus tard. Ajouter un peu de lait et mélanger jusqu'à l'obtention d'une pâte épaisse mais pas sèche. Ajouter autant de lait que nécessaire pour cette étape puis, une fois que le mélange est intimement homogène, ajouter du lait jusqu'à ce que la pâte soit fluide sans être trop liquide.
Pour savoir si la pâte est bien comme il faut, plonger une louche dans la pâte et la reverser dans le saladier. Il faut que la pâte coule en formant deux coulées, l'une collant presque au long de la louche.
Laisser reposer quelque temps puis faire chauffer une bonne crêpière qui sera beurrée ou huilée avant de verser la pâte.


La motocyclette de trop
Le responsable de ce "dessin" se rendra-t-il compte un jour qu'il emmerde tout le monde avec ses obsessions ?

Notes

[1] et même devrait

[2] je ne pense pas que ça serve à quoi que ce soit

[3] ou à la cuillère en bois

Les pâtes, la réponse aux vrais problèmes

Imaginez le désarroi du quidam grand amateur de cassoulet qui déteste plus que tout les haricots. Imaginez maintenant le même quidam qui, en plus de détester les haricots considère qu'il lui est insupportable d'imaginer avaler de la chair animale. Admettez dès lors qu'il va lui être difficile de se régaler d'un bon cassoulet de Castelnaudary.
Conseillez-lui de pouvoir se réjouir d'un bon plat de pâtes !

Degrés ou de force

Hier matin, le thermomètre posé sur ma table affichait six petits degrés et pour dire les choses je pense que ce n'est pas beaucoup. Dans la matinée, un copain m'a demandé d'aller vérifier le niveau de fuel dans la cuve d'une maison, à Azerat. Il avait légèrement commencé à neiger et je me suis alors dit que les températures allaient monter un peu. Parce que, cette fois-ci, j'avais bien pris mon appareil photo, il y a une photo à critiquer. Pour les dessins, il faudra attendre une hausse un peu significative des températures.

l'hiver à Azerat

Histoire drôle

Hier je pars pour une commune proche de Périgueux avec l'intention, entre autre, de faire quelques photographies. Après le déjeuner richement truffé qu'accompagnait un saint-estèphe très convenable et admirablement appréciable, j'attrape mon sac photo pour aller crapahuter quelques minutes dans les bois proches afin de découvrir les épaves de deux automobiles anciennes, une Panhard Dyna Z (que je pris d'abord pour une PL17) et une Peugeot 301 que j'eus du mal à identifier (je pus le faire à la faveur de la présence de la plaque constructeur). J'ouvrai le sac photo et m'aperçut que d'appareil photo, il n'y en avait point.
C'est parfaitement idiot mais c'est ainsi que je ne peux pas vous présenter ces épaves. Peut-être une autre fois prendrai-je bien garde de vérifier mon matériel avant de me lancer sur la route.

La moto la plus rapide du monde…

… entre deux pompes à essence. C'est ainsi que l'on appelait cette moto très rapide pour l'époque et pour sa cylindrée aux États-Unis d'Amérique. Rapide et très gourmand en bonne essence et en bonne huile, ce trois cylindres 2 temps produisait un feulement rageur bien reconnaissable. En raison de sa consommation, du premier choc pétrolier et des normes antipollution, la production s'arrêta au milieu des années 70 après près de 50000 exemplaires.

Kawasaki 750 H2
Elle a fait fantasmer de nombreuses personnes dans les années 70

À quoi devons-nous nous attendre pour 2026 ? Révélations étonnantes.

Après beaucoup de consultations d'oracles divers et variés, il apparaît que plusieurs faits marquants surviendront en cette année 2026 qui, notons-le au passage, se terminera comme elle a commencé, un jeudi.
2026 sera une année propice aux plantes halophytes et halophiles comme la frite ou le bambou autrichien à fleur rose. Cependant, il est à noter qu'une possible gelée matinale aux environs du mois de février vienne mettre à mal les efforts des jardiniers et maraîchers désireux de cultiver ces végétaux. Par précaution, nous suggérons qu'il serait ingénieux de tricoter de bonnes chaussettes pour protéger les tendres pousses.
Le 14 avril 2026, à 13h34 précises, Isidore B. de Saint-Pantoufle-lès-Arpions périra dans les flammes de son pavillon. Afin de ne pas l'alarmer plus avant, nous prenons le soin de ne pas divulguer son nom de famille.
Le 3 mai, c'est Marie-Françoise J. qui aura elle aussi une bouffée de chaleur lorsqu'elle recevra, par la Poste, un courrier qu'elle n'attendait pas puisque, traditionnellement, le facteur n'officie pas les dimanches. En y regardant à deux fois, un coup de l'œil gauche et de l'autre œil pour le coup d'après, elle s'apercevra que celui qu'elle avait pris pour un facteur de la Poste n'était autre que son voisin de palier qui venait lui demander du sel. Plus de peur que de mal, donc.
C'est en juillet, le 14 pour être précis, que Jean-Luc L., de Carnivaillon, sera tout émoustillé par la rencontre avec une très jolie demoiselle lors du bal populaire. Fatigué dans la région du cœur, il fera un infarctus heureusement sans gravité qui l'amènera malheureusement à ne pas pouvoir déclarer sa flamme et à fêter son quatre-vingt dix-huitième anniversaire aux urgences de l'hôpital local.
Il faudra attendre le mois de décembre pour que se reproduise un événement somme toute assez rare puisque sera enregistré un mardi 15 que l'on aura déjà rencontré en septembre. Cette succession de 15 devrait réveiller le souvenir de l'an 1515 bien connu de tous.
Le 3 février, à Bonneuil-Mauvézuit, Madame M. déjeunera comme à son habitude dans la petite salle à manger de son petit pavillon à étage typique de cette belle région. Mal triées, les lentilles dont elle se régalera cacheront un tout petit caillou qui manquera de peu de lui briser une molaire déjà fragilisée. Cet événement d'apparence anodine fera néanmoins remonter de sa mémoire le doux souvenir de son enfance et la surprise ravie, au réveil, de constater que la petite souris était passée durant son sommeil et avait glissé une pièce de 5 francs sous son oreiller en échange d'une dent de lait tombée la veille. Elle sourira en faisant glisser le petit caillou inopportun sur le bord de son assiette.

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