Mot-clé - Périgord

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samedi 27 juillet 2019

#2 Herpétologie

Sous le signe du serpent

jeudi 25 juillet 2019

#1 Herpétologie

Bouton

mercredi 24 juillet 2019

Midget

MG Midget

samedi 20 juillet 2019

Tourisme et traditions locales

samedi 13 juillet 2019

Épis c'est tout

céréales en vrac

dimanche 30 juin 2019

Fontaine nontronnaise

vendredi 28 juin 2019

Angle de champ

mercredi 26 juin 2019

C'est l'été, il fait chaud, le camping d'Azerat est ouvert

dimanche 9 juin 2019

De la nature d'art dans la nature

Un jardin, ce n'est pas la nature. C'est ce que je me dis en tentant de réfléchir à ce que j'ai pu voir de la biennale d'art contemporain qui se propose d'investir des jardins autour de Ligueux avec des œuvres artistiques. Le jardin n'est pas la nature et l'art non plus. Dans un cas comme dans l'autre, c'est l'humain qui façonne, qui transforme, qui arrange à son goût. Le jardinier et l'artiste agissent finalement de pareille façon. Une différence notable, tout de même, c'est que le jardinier travaille le vivant. Son œuvre, si l'on peut parler d'œuvre, n'est jamais finie. Elle est changeante, mouvante, vivante mais aussi mortelle. L'artiste, lui, peut-être pas dans tous les cas mais souvent, produit un travail pérenne. Une sculpture ou une peinture peuvent être considérées comme terminées, prêtes à affronter l'éternité. Ainsi, je me dis que l'idée de confronter l'art et le jardin est peut-être une idée intéressante.


Si l'on peut noter une communauté d'intention entre le jardinier et l'artiste plasticien, une intention de faire du beau, les moyens mis en œuvre sont bien différents. C'est peut-être parce que les deux pratiques sont complémentaires, qu'elles visent le même but, qu'elles peuvent s'allier aussi bien. Parmi les jardins mis à contribution, nous pouvions trouver des jardins d'agrément comme un jardin maraîcher. D'une manière intuitive, on différencie ces deux types de jardins en en jugeant un plus utilitaire que l'autre. De fait, une terre cultivée pour produire des fruits et des légumes laisse moins de place à la poésie et au hasard. Il y a bien là un but pragmatique à atteindre : la récolte. Et alors, on peut considérer que c'est une idée bien étrange que de vouloir placer de l'art parmi des tomates, des radis ou de quelconques plantes potagères.


Je le dis au départ, le jardin n'est pas la nature. Du coup, on ne peut pas voir dans la démarche une simple confrontation entre le jardin qui serait naturel et l'art qui serait artificiel. Ça serait tentant et reposant de voir cela sous cet aspect, notez bien. Le jardin est aussi artificiel que l'art. L'un comme l'autre sont le fruit d'un travail de création. Mais, tout de même, dans le cas du jardin, pas toujours je le concède, on peut chercher à faire croire au naturel. Le mythe de la nature a encore de beaux jours avec toutes ces personnes qui pensent se rapprocher de la nature en mangeant bio. Un fruit ou légume bio est le résultat de patientes sélections qui ont conduit à détacher de plus en plus ces branches du vivant de l'état de nature originel.
Et dès lors, on peut s'amuser à se demander si l'art ne peut pas être au moins aussi naturel que le jardin. Dans ces jardins, on pouvait découvrir de nombreuses céramiques. Des pièces réalisées à partir de terre, d'oxydes métalliques, de silice, d'autant de matériaux inorganiques qui, finalement, sont bien plus naturels que les plantes.


En passant d'un jardin à un autre, en utilisant l'automobile parce que ce n'est tout de même pas la porte à côté, j'ai parfois eu quelque difficulté à décider s'il fallait regarder les jardins ou les œuvres artistiques. Sans doute fallait-il voir l'ensemble comme un tout. Ou peut-être pas. Je ne sais pas. Un jardin comme lieu d'exposition est moins neutre, moins cadré qu'un musée ou une salle d'exposition. Parce que, il faut bien le reconnaître, le jardin est souvent en extérieur, on n'est pas limité par les murs, plancher et plafond d'une salle. La vue s'étend jusqu'au paysage lointain, jusqu'au ciel et ses nuages. L'art peut paraître perdu dans l'immensité environnante.
Ceci dit, je vous raconte tout ça mais la biennale se termine aujourd'hui et je sais bien que la plupart d'entre-vous n'aura pas fait l'effort d'aller voir les expositions quand elles seront rangées. Peut-être aurez-vous l'idée d'aller du côté de Ligueux dans deux ans.

mercredi 5 juin 2019

Art et jardins

Comme je vous sais curieux et désireux de vous remplir la cervelle, je me permets de vous faire part de la tenue d'une biennale d'art contemporain qui se tiendra ces 7, 8 et 9 juin du côté de Ligueux, à deux pas de Sorges, en terres du Périgord.
Il se trouve qu'un ami artiste dont j'ai déjà parlé ici exposera des œuvres réalisées pour l'occasion et il se trouve que je suis intervenu pour la réalisation de ces œuvres avec des outils photographique et informatique. J'irai visiter les expositions situées dans cinq jardins ce samedi après-midi. Le vernissage se déroulera sur la place de Ligueux à partir de 18 heures.

Jean-François Noble, l'artiste plasticien avec qui j'ai collaboré, exposera dans des jardins maraîchers et sur la place de Ligueux avec des œuvres qui puisent dans ses obsessions et son imaginaire. Il y aura des mains, des corbeaux, des appels à l'alchimie et à son histoire paysanne. Ses œuvres investiront les serres du jardin maraîcher et ne manqueront pas, soyons en certain, de susciter émotion, étonnement et émerveillement.
Bien sûr, je comprends que vous ne puissiez pas tous être présents pour cette biennale d'art contemporain. Vous aurez sans doute des occupations diverses et légitimes qui vous tiendront éloignés de l'art. Si tout va bien, je vous ferai un petit compte-rendu.

jeudi 23 mai 2019

Quelque part vers ailleurs

quelque part

dimanche 31 mars 2019

Pissenlits de printemps

Pissenlits et viaduc

mardi 12 février 2019

Une bonne affaire à laquelle il est bien difficile de résister

A ne pas rater

jeudi 11 octobre 2018

Trouver chaussure à son pied

En 2008, l'ignoble Sarkozy a traversé la rue pour aller de la place Beauvau au Palais de l'Elysée. Pendant ce temps, à l'ouest de Périgueux, en Dordogne, une entreprise est en train de vivre ses derniers jours. Cette manufacture de chaussures date du 19e siècle. En 1939, elle entre dans le groupe Bata. Cette fabrique de chaussures s'appelle Marbot-Bata et elle va équiper l'armée, les pompiers, la police et quelques autres administrations durant plus d'un demi siècle. Alors que le gesticulant président affirme la nécessité de préserver l'industrie française, il va permettre la mort de Marbot-Bata pour des raisons économiques.
En ces premières années des années 2000, Marbot-Bata produit quelque chose comme 300000 paires de chaussures par an et donne du travail à une petite centaine d'ouvriers. Un nouvel appel d'offre de notre armée française va permettre au principal concurrent français de Marbot-Bata d'avancer un pion et de faire un coup bas. Cette entreprise délocalise depuis quelque temps une partie de sa production en Tunisie et cela lui permet, on l'aura compris, de répondre à l'appel d'offre en proposant des prix plus avantageux.
Chez Marbot-Bata, dans la vallée de l'Isle, on se prépare au dépôt de bilan[1]. Les politiques, le préfet de l'époque sont alertés mais ça n'y fera rien, le couperet tombe, l'entreprise fermera ses portes en 2010, laissant quelque 73 personnes sans emploi. Oh ! Bien sûr ! L'État est là pour s'occuper d'elles ! Il va y avoir des propositions de formation, de reformation, de déformation. Et puis, finalement, peu ont pu se reclasser, beaucoup ont découvert les joies immenses des discussions constructives avec un conseiller Pôle Emploi débordé.

Que je vous dise. Longtemps, j'ai été chaussé aux frais de l'armée française. J'avais une combine simple. Lorsque je rencontrais un appelé du contingent sympathique, je lui proposais de remplacer une vieille paire de "rangers" contre une neuve. Ça marchait bien, ça ne me coûtait pas beaucoup. Et puis, ça a été la fin de la conscription et mon plan tombait à l'eau.
Or, j'ai rencontré une personne qui travaillait en relation avec Marbot-Bata. Là, il n'était plus question d'être chaussé gratuitement mais, au moins, pouvais-je profiter d'un tarif préférentiel. C'est à cette époque que j'ai découvert qu'il existait deux gammes de brodequins de marche[2] au sein de l'armée française. Pour les appelés et sans doute quelques autres, de la croûte de cuir bien rude, pour les gradés, du cuir pleine fleur bien plus facile à assouplir.
Dans les années qui ont suivi, j'ai usé quelques paires de chaussures. Peu avant la fin de Marbot-Bata, alors que déjà des échos noirs se faisaient entendre, j'ai acheté une ultime paire de chaussures. Je les ai toujours, neuves, dans leur emballage.
Cette paire, je n'ai pas osé l'user. Je sais, c'est parfaitement stupide. J'ai cherché à faire ressemeler la paire précédente. Je n'ai pas trouvé de cordonnier très enthousiaste. Aussi, il faut dire que je l'avais usée en profondeur, cette paire de chaussures. Un jour, tout de même, il me faudra me remettre à chercher un moyen de faire placer une nouvelle semelle sur ces fidèles rangers.
A alors commencé une longue période de disette. J'ai dû me résoudre à me chausser avec n'importe quoi, allant jusqu'à porter des chaussures de sport[3]. Je n'y croyais plus, je n'avais plus la foi. J'avais chassé de mon esprit l'idée de reporter un jours ces chaussures fantastiques, confortables comme nulles autres, solides et élégantes mieux que les mocassins à gland. C'était la misère et la tristesse.
Et puis, voilà que je vois apparaître une annonce sur "leboncoin.fr". A deux pas[4], quelqu'un vend une paire de chaussures de chez Marbot ! Ah ! Ce n'est pas le modèle que j'affectionne, c'est un modèle plus évolué, avec un habillage en Gore-Tex©, le fleuron de la gamme ! Je n'ai pas remis la main sur le tarif de l'époque mais il me semble qu'il en coûtait quelque chose comme 200 euros. Celles-ci sont vendues 20 euros. Ça sent soit la bonne affaire soit la petite arnaque. J'entre en contact avec le vendeur, nous nous donnons rendez-vous. J'arrive avec mon billet de vingt euros en poche au domicile du vendeur. Celui-ci me présente les chaussures. Il me dit ne les avoir portées qu'une fois, ça ne lui convient pas. Pour le coup, hormis un cuir un peu râpé sur l'un des deux brodequins, ils semblent effectivement absolument neufs. Le cuir est encore bien rigide, il n'y a pas trace de plis. J'achète !

Il ne faut pas se mentir. Au départ, le port de ces chaussures est plutôt douloureux. Pour tout vous dire, j'ai eu l'idée idiote de les mettre pour une sortie à la Rochelle. J'ai eu très mal, j'ai eu les mollets en sang. J'ai serré les dents. Je suis resté quelques jours sans les porter, le temps que ça cicatrise. Et puis, je les ai remises pour quelques heures et pour quelques heures supplémentaires. A présent, ça commence à devenir vraiment confortable. Il va sans doute falloir encore quelque semaines de port régulier.

Notes

[1] Ce qui revient à dire que c'est le contribuable français qui paiera le coût de la délocalisation, en somme

[2] c'est le vrai nom

[3] la honte !

[4] ou plutôt quelques tours de roues

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