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jeudi 11 octobre 2018

Trouver chaussure à son pied

En 2008, l'ignoble Sarkozy a traversé la rue pour aller de la place Beauvau au Palais de l'Elysée. Pendant ce temps, à l'ouest de Périgueux, en Dordogne, une entreprise est en train de vivre ses derniers jours. Cette manufacture de chaussures date du 19e siècle. En 1939, elle entre dans le groupe Bata. Cette fabrique de chaussures s'appelle Marbot-Bata et elle va équiper l'armée, les pompiers, la police et quelques autres administrations durant plus d'un demi siècle. Alors que le gesticulant président affirme la nécessité de préserver l'industrie française, il va permettre la mort de Marbot-Bata pour des raisons économiques.
En ces premières années des années 2000, Marbot-Bata produit quelque chose comme 300000 paires de chaussures par an et donne du travail à une petite centaine d'ouvriers. Un nouvel appel d'offre de notre armée française va permettre au principal concurrent français de Marbot-Bata d'avancer un pion et de faire un coup bas. Cette entreprise délocalise depuis quelque temps une partie de sa production en Tunisie et cela lui permet, on l'aura compris, de répondre à l'appel d'offre en proposant des prix plus avantageux.
Chez Marbot-Bata, dans la vallée de l'Isle, on se prépare au dépôt de bilan[1]. Les politiques, le préfet de l'époque sont alertés mais ça n'y fera rien, le couperet tombe, l'entreprise fermera ses portes en 2010, laissant quelque 73 personnes sans emploi. Oh ! Bien sûr ! L'État est là pour s'occuper d'elles ! Il va y avoir des propositions de formation, de reformation, de déformation. Et puis, finalement, peu ont pu se reclasser, beaucoup ont découvert les joies immenses des discussions constructives avec un conseiller Pôle Emploi débordé.

Que je vous dise. Longtemps, j'ai été chaussé aux frais de l'armée française. J'avais une combine simple. Lorsque je rencontrais un appelé du contingent sympathique, je lui proposais de remplacer une vieille paire de "rangers" contre une neuve. Ça marchait bien, ça ne me coûtait pas beaucoup. Et puis, ça a été la fin de la conscription et mon plan tombait à l'eau.
Or, j'ai rencontré une personne qui travaillait en relation avec Marbot-Bata. Là, il n'était plus question d'être chaussé gratuitement mais, au moins, pouvais-je profiter d'un tarif préférentiel. C'est à cette époque que j'ai découvert qu'il existait deux gammes de brodequins de marche[2] au sein de l'armée française. Pour les appelés et sans doute quelques autres, de la croûte de cuir bien rude, pour les gradés, du cuir pleine fleur bien plus facile à assouplir.
Dans les années qui ont suivi, j'ai usé quelques paires de chaussures. Peu avant la fin de Marbot-Bata, alors que déjà des échos noirs se faisaient entendre, j'ai acheté une ultime paire de chaussures. Je les ai toujours, neuves, dans leur emballage.
Cette paire, je n'ai pas osé l'user. Je sais, c'est parfaitement stupide. J'ai cherché à faire ressemeler la paire précédente. Je n'ai pas trouvé de cordonnier très enthousiaste. Aussi, il faut dire que je l'avais usée en profondeur, cette paire de chaussures. Un jour, tout de même, il me faudra me remettre à chercher un moyen de faire placer une nouvelle semelle sur ces fidèles rangers.
A alors commencé une longue période de disette. J'ai dû me résoudre à me chausser avec n'importe quoi, allant jusqu'à porter des chaussures de sport[3]. Je n'y croyais plus, je n'avais plus la foi. J'avais chassé de mon esprit l'idée de reporter un jours ces chaussures fantastiques, confortables comme nulles autres, solides et élégantes mieux que les mocassins à gland. C'était la misère et la tristesse.
Et puis, voilà que je vois apparaître une annonce sur "leboncoin.fr". A deux pas[4], quelqu'un vend une paire de chaussures de chez Marbot ! Ah ! Ce n'est pas le modèle que j'affectionne, c'est un modèle plus évolué, avec un habillage en Gore-Tex©, le fleuron de la gamme ! Je n'ai pas remis la main sur le tarif de l'époque mais il me semble qu'il en coûtait quelque chose comme 200 euros. Celles-ci sont vendues 20 euros. Ça sent soit la bonne affaire soit la petite arnaque. J'entre en contact avec le vendeur, nous nous donnons rendez-vous. J'arrive avec mon billet de vingt euros en poche au domicile du vendeur. Celui-ci me présente les chaussures. Il me dit ne les avoir portées qu'une fois, ça ne lui convient pas. Pour le coup, hormis un cuir un peu râpé sur l'un des deux brodequins, ils semblent effectivement absolument neufs. Le cuir est encore bien rigide, il n'y a pas trace de plis. J'achète !

Il ne faut pas se mentir. Au départ, le port de ces chaussures est plutôt douloureux. Pour tout vous dire, j'ai eu l'idée idiote de les mettre pour une sortie à la Rochelle. J'ai eu très mal, j'ai eu les mollets en sang. J'ai serré les dents. Je suis resté quelques jours sans les porter, le temps que ça cicatrise. Et puis, je les ai remises pour quelques heures et pour quelques heures supplémentaires. A présent, ça commence à devenir vraiment confortable. Il va sans doute falloir encore quelque semaines de port régulier.

Notes

[1] Ce qui revient à dire que c'est le contribuable français qui paiera le coût de la délocalisation, en somme

[2] c'est le vrai nom

[3] la honte !

[4] ou plutôt quelques tours de roues

dimanche 23 septembre 2018

Bulles d'air chaud

Jolival

Décollage

Châtellerault en tête

Montgolfière

Trois montgolfières

Montgolfières au-dessus de Rouffignac

Et ça continue ce dimanche à Rouffignac.

vendredi 21 septembre 2018

Tout là-haut au plus près des étoiles

Moi qui ai tendance à ne croire que ce qui est vrai, j'accorde le plus haut crédit aux textes bibliques parce qu'ils sont la pensée de dieu. Et dieu, c'est pas rien. Venez pas me dire le contraire. J'ai beau me dire athée, j'ai le plus grand respect pour lui. Ou pour elle, l'affaire n'a pas été nettement tranchée. D'ailleurs, ne devrions-nous pas écrire "dieu·e" pour ne pas risquer d'erreur ? Je lance l'idée, vous la rattrapez si vous voulez. Elle est libre de droit, je la donne à l'humanité (journal compris).
La science, la vérité scientifique, c'est bien beau, ça fait des avancées et ça peut nous aider à la compréhension de toutes choses, mais il faut reconnaître qu'elle a bien du mal à trouver une preuve de l'existence ou de l'inexistence de dieu. Peut-être bien que l'idée de dieu est hors de portée de la science, hors de son domaine de compétence. Peut-être aussi que les scientifiques considèrent qu'ils ont mieux à faire que de perdre du temps à suer sur cette question pourtant fondamentale.
Enfin ! On ne me dira pas que tant d'hommes, tant de civilisations, auraient inventé cette idée de dieu juste pour passer le temps et pour avoir quelque chose à raconter le soir au coin du feu (à partir du moment où il a été "inventé"). On peut être athée et respecter l'idée de dieu et s'émerveiller de toutes ses réalisations comme, par exemple, l'univers et tout le reste. Le reste englobe tout un tas de trucs que l'on sait même pas si ça existe comme les trous de ver, les failles spatio-temporelles, les spaghettis creux et les planètes cubiques. C'est pas parce que l'on n'a pas trouvé, que l'on n'a pas vu, que ça n'existe pas. Mais moi, je ne suis pas scientifique. Je peux pas trop me prononcer en leur nom.
Bref, tout ça c'est pour vous dire que j'ai trouvé une photo d'avion qui n'a pas été publiée sur ce blog et que je saute sur l'occasion qui m'est offerte pour le faire. Ce que je me dis, c'est que jamais je ne monterai dans un appareil de ce genre. Si vraiment dieu avait voulu que je vole, il m'aurait pourvu d'ailes. Et puis, peut-être bien qu'un jour j'irai beaucoup plus haut que ce coucou peut m'amener, tout là-haut aux côtés de ce dieu qui, on le dit, est dans le ciel.

Boeing-Stearman

jeudi 20 septembre 2018

Quand on reparle des infirmières

Non, je n'ai pas oublié. C'est juste que je suis un peu lent, un peu dispersé. Souvenez-vous, c'était à propos des Pétaroux à la Noix, je vous avais parlé d'infirmière et j'avais promis de montrer des images.
Ce matin, je me demande si, finalement, il ne serait pas grand temps de vous les montrer, ces infirmières croisées lors de cette fête du cyclomoteur. Je vous avoue que j'aurais pu me poser une autre question et qu'il vous aurait alors fallu attendre encore pour les voir. Si cela se trouve, vous aviez déjà tout oublié, vous, de ces infirmières dont il avait été question ici. Alors, peut-être même allez-vous vous demander ce qu'elles viennent faire ici. Il ne fait pas bon vieillir.

La Cassagne en bonne santé
Bien soignés à la Cassagne


Et aussi, si vous le souhaitez, vous pouvez visualiser/télécharger l'image du port d'hier en haute définition (zip-5.8 Mo).

mercredi 12 septembre 2018

Dernière salve des Vintage Days

Il reste encore pas mal de photographies mais je vais arrêter là. C'est un camion Berliet, un GBU. C'est un gros camion, un très gros camion. Dans l'après-guerre, mission est donnée à Berliet [1] de plancher sur un tracteur d'artillerie. Naîtront les impressionnant T6 et T12. Ces deux camions ne sont pour autant pas de vrais Berliet. A la vérité, ce sont des Rochet-Schneider, marque lyonnaise elle aussi, qui fusionnera avec Berliet. Les T6 et T12 sont des 6 et 8 roues motrices à (gros) moteurs essence (très) gourmands. L'idée est, pour l'armée française, de remplacer les Pacific "Dragon Wagon" autant monstrueux qu'américains. Et donc, les T6 et T12 sont présentés aux autorités militaires qui acceptent d'en essayer quelques modèles. Dans les faits, ces camions seront produits à peu d'exemplaires et ne donneront pas vraiment satisfaction.
Mais cette expérience permettra de travailler à un nouveau camion, ce sera le TBU dans la version "tracteur" et le GBU dans la version "porteur". C'est un gros camion aux éléments assez surdimensionnés. Lui aura une carrière assez longue au sein de l'armée française et servira souvent de camion lourd de dépannage. Celui présent aux Vintage Days tractait un canon de 105mm et faisait la fierté de son propriétaire.

Berliet GBU
Toujours dans cet après-guerre mais de l'autre côté du channel, chez Jaguar on conçoit un modèle qui va devenir légendaire et qui n'est absolument pas destiné à l'armée de la couronne d'Angleterre. En 1948 apparaît l'une des plus belles automobiles du monde, la Jaguar XK 120. Françoise Sagan ne s'y trompera pas et adoptera, un temps, ce beau roadster anglais. Il est à noter que cette année seront fêtés les 70 ans de la XK 120. J'ai entendu dire qu'une exposition de ces voitures sera organisée à Périgueux durant le mois d'octobre.

Jaguar XK 120
Après guerre aussi, mais celle d'avant, celle de 14-18, chez Renault on veut contrer l'insolent succès de Citroën. Alors, on sort le modèle NN de 6cv. Fidèle à une certaine tradition, on conserve le capot "crocodile" caractéristique de l'époque avec le radiateur renvoyé derrière le moteur. Celle présentée ici est, me semble-t-il un modèle d'après 1925. Je peux me tromper. Il s'agissait possiblement de la plus ancienne des automobiles présentes à ces Vintage Days.

Renault NN1 ou NN2
Dans les années 50, aux États-Unis d'Amérique, c'est la gloire de l'automobile. Les marques redoublent d'imagination pour proposer de nouvelles carrosseries et attirer l'automobiliste avide de dépenser ses dollars pour montrer qu'il a les moyens de rouler dans un nouveau modèle. Chez Chevrolet, on sort une nouvelle Deluxe Sedan comme celle qui était présente à Périgueux. Ces voitures américaines représenteront durant encore quelques années une certaine idée du luxe et de la modernité sur le vieux continent. Que ce soit chez Peugeot, Renault ou SIMCA, on tentera de copier ce style américain. Par exemple, je ne peux pas m'empêcher de voir les ailes arrières de cette Chevrolet sur une Frégate Renault.

Chevrolet Deluxe
En Grande-Bretagne, on a épuisé l'idée de la XK. Il y a eu la 120, la 140 et enfin la 150[2]. Place à un nouveau modèle qui va faire date et nourrira bien des rêves et phantasmes motorisés, la e-Type. Celle-ci date de 1969, c'est écrit dessus. Elle a un moteur à six cylindres de 4,2 litres. C'est une voiture sportive pleine de qualités et de défauts. Je me souviens avoir lu le long récit de la restauration d'une e-Type et les surprises et difficultés rencontrées, les frais imprévus, les périodes d'abattements et, finalement, la résignation. Posséder une e-Type n'est pas donné à tout le monde. D'abord, ce n'est pas donné mais question entretien, pardon ! Mieux vaut avoir les moyens. Il n'en reste pas moins que nous sommes là en présence d'une légende automobile.

Jaguar e-type

Notes

[1] alors que Marius Berliet a dans un premier temps été accusé de collaboration avec l'occupant

[2] sans doute la moins belle de la série

lundi 10 septembre 2018

Toujours des voitures des VIntage Days

Si vous en avez marre, si vous êtes lassé, il faut me le dire. On ne peut pas tout connaître mais l'ignorance n'est jamais une bonne excuse. Le dimanche matin, je vois cette petite auto. Je fais confiance à son propriétaire qui doit savoir ce qu'il a dans son garage et, de ce fait, j'accepte l'idée qu'il s'agit d'une Ford Y de 1932. Seulement, je n'ai jamais vu ce modèle et je suis étonné. J'ai attendu un peu avec l'espoir de voir le propriétaire qui aurait pu m'en dire plus. L'espoir fut déçu. Peut-être quelqu'un saura m'en dire plus ?

Ford Y
On ne peut pas tout connaître et il y a des cas où, si on le connaissait, on y perdrait son latin. J'avise une automobile qui ressemble fort à une Matford. Je m'approche, je vais la photographier. Elle me semble avoir été modifiée, ça ne me dérange pas. Ce qui m'étonne, c'est de trouver un écusson SIMCA sur la calandre. Je n'ai jamais entendu dire que SIMCA avait produit des Matford. Ça n'a rien d'impossible puisque SIMCA reprend l'usine Ford (qui produit les Matford) de Poissy et continue à produire des automobiles conçues par Ford mais…

Matford
On ne peut pas tout connaître mais on peut en savoir suffisamment pour avancer que les trois photos suivantes représentent des automobiles populaires dans trois pays différents, la France, l'Allemagne de l'ouest et l'Allemagne de l'est.

2cv type A pré 1953
Volkswagen
Trabant
Populaire et même laborieuse, voilà une pompière Peugeot 203 break photographiée lors de la parade du dimanche matin. Elle a une ligne plutôt réussie, la 203. D'accord, elle est très inspirée par certaines automobiles américaines des années 40 mais ça n'enlève rien au fait qu'elle est, à mon avis, plutôt agréable.

Peugeot 203
Petite et joyeuse, voilà une Autobianchi Eden Roc. Avec sa mécanique de FIAT 500, elle est idéale pour parader dans Rome, les cheveux au vent. C'est clairement une petite voiture "inutile", juste destinée au plaisir et à la bonne humeur. Donc, pas inutile du tout, finalement.

Autobianchi Eden Roc
Plus grande, plus ancienne et tout aussi inutile, une Citroën Traction Avant cabriolet. Là, nous sommes en présence d'une automobile luxueuse qui agit à la façon d'un marqueur social, comme on dit aujourd'hui. Et ça marche toujours ! C'est une très belle automobile.

Traction Avant cabriolet
Tenez, puisqu'il est question de luxe. Voilà une marque qui s'y connaît un peu dans le genre. Celle-ci est, il me semble, une Hotchkiss 411 des années 30. Ce n'est pas une sportive mais une auto de tourisme de luxe.

Hotchkiss
Pour avoir le sourire, rien de plus simple. Il suffit d'avoir une Triumph TR3 à conduire. L'image présentée ici le prouve. N'a-t-elle pas l'air rayonnant, sa propriétaire et conductrice attitrée ? Bien sûr que si ! Et il est quasi certain que je serais dans le même état d'âme si j'avais la chance d'avoir une automobile pareille pour me véhiculer de par les petites routes du Périgord.

Triumph TR3 et sa propriétaire

dimanche 9 septembre 2018

Question de genre aux Vintage Days

La polémique a failli exploser. Quel est le genre de ces Vintage Days, au juste ? Sont-ce des journées ou des jours ? Féminines ou masculins ? Je ne m'étais pas posé la question. Pour moi, les Vintage Days sont féminines et je n'expliquerai pas pourquoi, j'en suis bien incapable. C'est perturbant. Et cela me fait penser aux difficultés que l'on peut rencontrer dès lors que l'on cause des véhicules.
Par exemple, si je vous montre l'automobile suivante, vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il s'agit d'une Renault 4cv. Féminine, donc, la 4cv. Et pourquoi donc ? Ce ne sont pas quatre juments. Parce qu'il est question d'une voiture, d'une automobile, d'une Renault ?

Renault 4cv découvrable
Donc, d'accord, si l'on parle d'une automobile, tout ce qui se rapprochera d'elle sera au féminin. Ces Peugeot sont donc des dames. La 201 et la 504. La 201, ça colle, c'est une berline. Mais la 504, c'est un coupé. Un coupé avec un V6. Ce n'est pas si simple qu'il y paraît.

Peugeot 201
Peugeot 504 coupé V6
Peugeot 504 coupé V6
Deux américaines. Américaines ou américains ? Admettons que l'on parle ici d'un "pick up" Chevrolet et d'un "hot rod" Ford. Masculins, donc, ces véhicules. Oui, peut-être. Ce n'est tout de même pas si certain. Déjà, cette question de genre pour des termes en langue anglaise… Ce sont une Chevrolet et une Ford. En français, on pourrait parler d'une Chevrolet "plateau" ou "utilitaire". Mélange de genre. Pour la Ford, c'est plus simple. C'est une automobile ou une voiture modifiée.

Chevrolet 1937 et Ford 1930
Pas modifié mais bien restauré, un utilitaire Citroën, un HY. Là, on sent que c'est couillu, que ça transpire la testostérone. Le HY, c'est un mâle (pour un bien ?). C'est un fourgon et non une fourgonnette. Pas de confusion possible à propos du genre. On dira que c'est un Citroën.

Citroën HY
Si je ne me trompe pas, nous sommes maintenant en présence d'une Chenard et Walcker à traction avant. Dame ! C'est qu'il ne faut pas croire que, avant guerre, la traction avant est une exclusivité Citroën ! Chenard et Walcker ne passera pas la guerre. Déjà, la marque était tombée dans l'escarcelle de Chausson en 1936. Après guerre, Peugeot reprend les petits utilitaires Chenard et Walcker à traction avant et lance les D3 et D4 avec ses moteurs en lieu et place du petit moteur bicylindre deux temps d'origine. Donc, nous sommes en présence d'un cas de marque transgenre passée des automobiles (féminin) aux utilitaires (masculin). Ah ! C'est pas simple !

Chenard et Walcker T24C
Pour en finir avec ce sujet qui me donne mal à la tête, un dernier cas encore plus étrange. Ici, le genre change en fonction du nombre de roues. Si ça a quatre roues, c'est une Morgan, si ça n'en a que trois, c'est un cyclecar. Quoi que l'on en puisse penser, le cyclecar est dans la tradition. Bien sûr, le moteur S&S est un peu trop gros, trop rutilant, pas assez anglais. Mais ça doit être sacrément amusant de jouer avec les radars aux commandes d'un semblable engin sur les routes du Périgord !

cyclecar Morgan

samedi 8 septembre 2018

Un peu de tout en différé des Vintage Days

En observant les photos faites lors de ces Vintage Days périgourdines, je ne peux pas m'empêcher de m'émerveiller face à la diversité de l'automobile. Elle peut être petite ou grande, sportive ou pépère, familiale ou exclusive, jaune ou rouge ou bleue ou verte, sérieuse ou amusante. Je suis bien incapable d'imaginer le nombre de modèles différents créés depuis les origines de l'automobile à travers le monde mais j'ai tout de même le sentiment qu'ils sont nombreux et diversifiés.
En fonction des époques et des modes, on peut noter des caractéristiques permettant de dater avec plus ou moins d'exactitude le véhicule présent. Par exemple, parmi les plus anciennes, nous avons cette automobile Unic que l'on peut supposer des années 20.

Unic
Sans doute un peu plus récente, cette De Soto est probablement des années 30. Dans le fond, peu de différences. Une ligne de caisse légèrement plus basse, plus d'arrondis, de galbes. Les éléments de carrosserie sont dessinés avec plus de souci dans l'harmonie des lignes. Sur l'Unic, le capot semble s'attacher à être au plus près du moteur quand, sur la De Soto, on cherche à créer une ligne. A mon avis, que ce soit dans l'automobile ou la motocyclette, c'est dans ces années 30 que les véhicules commencent à chercher à avoir un style, à être réellement dessinées.

De Soto
Dans ces années là, ces années d'entre deux guerres, malgré la crise économique, on produit des automobiles luxueuses ou sportives qui ne sont pas à destination du peuple. Il me semble que l'idée du roadster anglais naît dans ces années 30. On sait les Anglais friands de tradition. La Riley ici présente est un mélange de classicisme et d'une certaine modernité. La voiture est basse mais la calandre et les gros phares font anciens. Aussi, il est difficile de dire si elle date d'avant ou d'après ces années trente.

Riley
Des années trente, la ligne de la Traction Avant. Avec quelques modifications, elle sera présente dans les concessions Citroën jusqu'au milieu des années 50. Certes, elle fera figure d'antiquité à la sortie de la DS mais il faut reconnaître qu'elle devait être le comble du modernisme au début des années trente.

Traction Avant très décorée
Quasi contemporaines à la Traction, les Peugeot de l'époque de la ligne fuseau, d'abord avec la 402, étaient représentées par une 202. Celle-ci semble vouloir saluer la libération avec ses drapeaux français et américain.

Amitié franco-américaine en 202 Peugeot

Dans l'après-guerre, certains constructeurs poursuivent ou reprennent la production des modèles d'avant 1939 tout en réfléchissant à la suite. Chez Panhard, on ne fait plus les automobiles de grand luxe d'avant le conflit mondial. Le nouveau modèle sera plus petit, le moteur sera un bicylindre à plat, ce sera la Dyna X. On notera que le dessinateur de cette automobile ne sera pas allé vers la simplicité et la sobriété des lignes. Est-elle belle ? Est-elle laide ? Les avis sont partagés. Aujourd'hui, c'est assurément une curiosité.

Dyna Panhard
Jolie ou moche, on peut aussi se le demander en voyant cette petite Austin-Healey Sprite. Au moins, a-t-elle une allure comique avec ses gros phares qui lui valurent le surnom de "frogeye". C'est une petite automobile sportive, de construction assez rustique et légère. Dans l'absolu, elle ne bénéficie pas d'une puissance folle mais elle sait utiliser les chevaux en présence avec efficacité.

Austin-Healey Frogeye
Si l'on veut plus de puissance, dans la même marque on peut choisir une automobile qui respecte à peu près les mêmes codes mais avec un moteur et un niveau de finition bien supérieurs. Ça reste une automobile sportive "à l'anglaise" avec ce qu'il faut de conservatisme "à l'anglaise". Tout de même, ça s'embourgeoise bien.

Austin-Healey mkII
Et du côté des Français ? Ah ! Lorsqu'un constructeur important décide de s'intéresser à l'automobile "sportive", elle sort un cabriolet sur une base de berline. Enfin… au moins pour l'appellation commerciale. Parce que, disons-le, entre la 504 cabriolet ou coupé et les 504 berline, break ou plateau, il n'y a qu'une vague ressemblance. Née sous le crayon du carrossier italien Pininfarina, elle est plutôt agréable à l'œil.

Peugeot 504 cabriolet

mercredi 5 septembre 2018

Les Vintage Days prennent l'air

Pour la première année, les Vintage Days s'associent au monde de l'aviation de collection. Et alors là, autant vous prévenir tout de suite, je n'y connais rien. Ce n'est pas moi qui vais vous raconter que cet aéroplane date de telle date et qu'il est de telle marque. Je me contente de vous montrer les images, à vous de chercher les renseignements (et de nous renseigner dans les commentaires).

Vintage Days
Pollution en rase-motte
looping enfumé
Diagonale volante
Dos de pilote
Place de l'étoile
Il me semble que ce biplan est un Boeing-Stearman.

biplan ne signifie pas plan-plan
Celui-ci, j'ai retenu la marque et l'année de construction. C'est un Globe Swift de 1941 et c'est américain.

carlingue


looping

lundi 3 septembre 2018

Vintage Days 2018

Il y a une dizaine d'années, avant que j'aie mon premier appareil photo reflex numérique, il m'aurait fallu dix-huit pellicules 36 poses — et de plusieurs sensibilités — pour ramener autant d'images. Il m'aurait fallu les faire développer et je les aurais peut-être eues d'ici quelques jours. Plus de six-cents photos à trier. J'en ai déjà écartées pas mal, certaines sont mal exposées, certaines mal cadrées ou floues, d'autres victimes d'un passant surgissant. Les deux tiers de ces photos ne méritent pas d'être conservées et sur le tiers restant, il y a encore du tri à faire. Les images complètement ratées sont simples à jeter. Pour les autres, il faut parfois choisir entre deux ou trois. A la fin, si j'obtiens un dixième de photos satisfaisantes, je m'estimerai content. Il y a du déchet.
La bonne pratique consisterait à ne conserver que les images dont je suis réellement content. Combien y en aurait-il ? Une dizaine ? Guère plus je pense. Seulement, dans le cas présent, il s'agit aussi, pour moi, de montrer ici des photos correctes et aussi de montrer le maximum des véhicules présents qui m'auront intéressés. Ça m'oblige à être un peu moins sévère. Des photos retenues, je choisis de ne pas les montrer toutes d'un seul coup. Mais dans quel ordre les présenter ? Je peux choisir la chronologie ou un thème. Pour aujourd'hui, je décide d'épuiser le thème de l'une de mes voitures préférées, la 2cv Citroën.

Samedi, je trouve assez facilement où stationner ma voiture. Il est encore tôt, tout n'est pas encore en place. Les véhicules arrivent d'un peu partout et les organisateurs dirigent les conducteurs vers les lieux de rassemblement. Les automobiles anciennes vers le parking de la place Tourny, les militaires vers la place Bugeaud, les motos plutôt vers l'esplanade Badinter ou un peu où elles veulent… Il y quelques couacs, des demi-tours, des hésitations mais ça se met en place. Je file vers la place Tourny.

Vintage Days
Vintage Days
Je déclenche pour quelques Porsche, Peugeot ou même Renault mais je traque les 2cv anciennes. J'en déniche deux. Elles sont dans la boîte. Une superbe Jaguar XK120 arrive, je ne peux pas faire l'impasse. Bon, il y a d'autres choses à voir, je redescend vers le centre-ville.
L'attribution des places a été changée par rapport aux éditions précédentes. Pour cause de travaux, la place Montaigne n'est pas disponible. Dans la rue Limogeanne, je ne trouve pas encore grand chose à donner à manger à mon appareil. Je bifurque et reviens sur la place Bugeaud. Des camions militaires pour une reconstitution d'un camp américain. A côté, les véhicules de pompiers et les tracteurs agricoles. J'engrange quelques images supplémentaires en discutant avec quelques propriétaires. L'ambiance est sympathique, les sourires sont partout et il fait beau. Tout va bien.
La parade va commencer. Je cherche un endroit où je ne serai pas trop gêné par les spectateurs et qui me donnera un bon point de vue. Les premiers véhicules arrivent. Parmi eux, des 2cv. J'essaie de n'en louper aucune.

Vintage Days
Vintage Days
Vintage Days
Ah ! Elle, je l'aime ! J'espérais bien la revoir. C'est la fourgonnette Salers, toujours aussi belle, toujours aussi désirable. Je la photographie, je la mitraille. J'aurai sans doute au moins une image convenable.

Vintage Days


Le lendemain, je suis de retour à Périgueux. Rue de la République, deux 2cv "custom" au look d'anciennes. On aime ou pas le style et les ailes grossies couvrant les jantes larges mais le travail est soigné. J'aurais aimé en savoir plus à leur propos.

Vintage Days
Vintage Days

jeudi 23 août 2018

Pas que des pétaroux à la Cassagne !

Où en étions-nous ? Ah oui. Les cyclomoteurs. Vous en avez pas un peu marre, vous, de ces indigents pétaroux ? Oui, moi aussi. Heureusement, il n'y avait pas que ça à la Cassagne. Il y avait aussi la présence de l'association "Passeurs de mémoire"[1] qui avait dressé deux tentes pour une exposition hétéroclite d'objets présents lors des deux derniers conflits mondiaux et quelques véhicules, plusieurs Jeep et un half-track M3 possiblement de marque White. La présence de ces véhicules et de l'association s'explique par la collaboration au film promotionnel de cette édition de la fête.
J'ai beaucoup de mal, en raison de mauvaises lectures de jeunesse sans doute, avec la chose militaire. Je n'aime pas les militaires, je les trouve cons et bêtes. C'est comme ça. J'ai beaucoup de mal aussi avec les amateurs de "militaria", ces nostalgiques probables des guerres d'antan. Que l'on ait le souhait d'honorer les victimes de ces conflits, admettons. Que l'on s'arrête aux victimes de quelques guerres passées sans soutenir les victimes présentes, ça me dérange un peu plus. Disons-le, je ne comprends pas la démarche ou je n'ose pas entendre la petite voix sournoise qui me chuchote quelque chose à l'oreille. Est-il besoin de se déguiser en militaire pour dénoncer la guerre ? Je m'interroge.
Restent les véhicules. C'est une autre question que celle des véhicules. Je n'ai pas de goût particulier pour les engins trop guerriers, les chars d'assaut ou les auto-mitrailleuses. Par contre, et je ne l'ai jamais nié, j'aime beaucoup les petits camions Dodge, les plus gros camions GMC ou Ward et les jeep de l'armée américaine de cette deuxième[2] guerre mondiale. D'abord, parce que ces véhicules ont été utilisés civilement après réforme. Une fois débarrassée de son étoile, de ses marquages et de sa laide couleur, une jeep redevient un engin tout à fait acceptable.
Notons que, dans le cadre d'un souci de conservation de cette mémoire dont il est question là, j'admets que l'on ait le souci de préserver quelques véhicules recouverts de leur couleur et marques distinctives "authentiques". Par contre, ce que je n'admets pas un instant, c'est de voir une Jeep Hotchkiss française bariolée avec une étoile ricaine. Faut pas pousser. Bref, une photo d'un half-track.

White M3 Half Track
Moins guerrier, le tracteur Société Française Vierzon HV2. Ça j'aime bien ! Que dire à propos de ce tracteur ? C'est, comme de bien entendu, un monocylindre semi-Diesel. Avec un peu plus de cinq litres de cylindrée, ça vibre pas mal, merci. Cette recette du tracteur monocylindre de forte cylindrée a été utilisée durant de nombreuses années avant de disparaître totalement. Si, aujourd'hui, on s'amuse à les voir démarrer et à les entendre pousser leurs explosions au rythme d'un marteau pilon, on comprend que le monde paysan ait pu choisir d'autres tracteurs moins contraignants et plus reposants à utiliser. Ce que l'on peut se demander, c'est comment et pourquoi ces gros monocylindres plein de défauts ont existé durant toutes ces années, en gros des années 20 à la fin des années 50. Les tracteurs multicylindres à essence ou à moteur Diesel existent alors que ces Lanz, SFV et autres ancêtres perdurent. On met en avant la solidité et l'entretien réduit. On a aussi, un temps, prétendu que ces tracteurs à boule chaude pouvaient brûler presque tout, de l'huile de vidange au pétrole lampant en passant par la graisse de canard ou l'huile de palme. A l'annonce des années 60, Lanz était racheté par l'américain John Deere et Société Française Vierzon par le toujours américain Case. C'en était fini de ces antiquités agricoles qui font aujourd'hui la joie des fêtes "à l'ancienne".

Société Française Vierzon HV2
Société Française Vierzon HV2
Français lui aussi, militaire jusqu'au bout du dernier boulon, le Berliet GBC8KT. Parce qu'il est militaire, il est laid. Pour plaire au commandement militaire, le constructeur se doit de faire dans le moche voire le hideux. Mission parfaitement remplie par M.Charbonneaux, styliste de son état. Toutefois, cette laideur se veut fonctionnelle. On se dit que de la tôle plate est plus facile à retaper que de la carrosserie toute en rondeur d'un Saoutchik ou d'un Figoni & Falaschi. Les militaires savent pondre du cahier des charges. On veut du camion de tel tonnage, transportable par train, capable de consommer toutes sortes de carburants. Berliet répond avec ce camion issu du GBC 8 6x6 bien plus beau. Il ne s'agit plus que de l'enlaidir pour qu'il soit à l'image du militaire de tradition française.
Avec ses surfaces planes mises bout à bout, ce Berliet ne concède rien à l'esthétique. Pour autant, on l'a tellement vu qu'il est devenu presque "normal" et que l'on ne fait plus trop attention à lui. Par contre, ce camion ne manque pas de qualités. Légèrement sous-motorisé, il a de vraies capacités de franchissement et est d'une solidité remarquable. Il a connu une très longue carrière dans l'armée française, a été remotorisé, a été même recarrossé sur la fin. Aujourd'hui, il continue à satisfaire aux exigences militaires.

Berliet, Peugeot et Motobécane
Avec sa gueule de voiture des années 30, le petit camion Citroën U23 a connu une longue carrière. Bien plus beau dans sa livrée "à ailes plates" qui affiche un avant rappelant les Rosalie de la marque que dans la nouvelle mouture du début des années 50, cet utilitaire n'est pas, c'est le moins que l'on puisse dire, un foudre de guerre. Peinardement, il navigue sans jamais trop dépasser les 70 km/h. L'aménagement intérieur est des plus rustiques. Disons-le tout net, il n'y a pratiquement rien d'autre qu'un volant, quelques pédales et leviers et un pitoyable compteur de vitesse. Le moteur qui entraîne tout ça est celui de la Traction Avant retourné pour pouvoir entraîner le pont arrière. Son sens de rotation est inversé. Au tout début des années 50, on lui préférait déjà le HY[3] ou la production de chez Renault. Les 1000kg ou 1400kg Renault n'étaient pas non plus des véhicules modernes, puissants et rapides mais, malgré tout, ils l'étaient un peu plus.

Citroën U23

Notes

[1] Objet de l'association : promouvoir le devoir de mémoire pour les victimes civiles et militaires de la première et deuxième guerre mondiale

[2] soyons prudents

[3] bien que ce dernier ne le remplace pas complètement

mercredi 22 août 2018

La Cassagne saison 5

Jacques et Henri Boudet, Gilles et Denis Portal et Marcel Seurat créent en 1973 la société B.P.S.. En 1982, la marque disparaît. Bien connue et forte d'une solide réputation dans le monde de l'enduro, la marque aveyronnaise a produit des petites machines à moteur Minarelli qui faisait des envieux chez les jeunes des années 70-80. La loi scélérate qui interdisait les cyclomoteurs à vitesses sur les routes françaises brisait les rêves de ces jeunes. Du jour au lendemain, les Flandria, Testi, Kreidler et autres cyclos à vitesses devaient être requalifiés en vélomoteurs pour pouvoir encore circuler. Bien sûr, il fallait que le pilote soit titulaire d'un permis de conduire adéquat. Combien sont-ils ces cyclos à avoir été détruits faute de pouvoir être utilisés ? L'exemplaire de cette belle B.P.S. présent à la Cassagne faisait plaisir à voir.

BPS
En ces années de basculement dans une nouvelle décennie, celle des années 80, de la série "Dallas", des mauvais films français et de la mode vestimentaire à chier, on commence à proposer aux jeunes des petites motos qui ressemblent à des grandes. Ce n'est pas toujours très heureux, ce n'est pas souvent convainquant. Chez Honda, on crée la MB 8 pour répondre à la nouvelle législation française. Cette petite moto est basée sur la MB 5 que l'on pouvait voir à la Cassagne. Il me semble bien que c'est la première que je voyais là. Alors, certes, ça n'a pas été une révélation. Ce n'est pas une machine qui me passionne particulièrement mais, du fait de la relative rareté de la machine, j'ai considéré qu'elle méritait que je la prenne en photo.

honda MB5

Une machine qui n'aura pas fait la randonnée, c'est ce trois roues sur base Motobécane. Alors, d'abord, l'engin n'est certainement pas homologué et c'est déjà en soi une raison pour qu'il ne se promène pas sur route ouverte. La réalisation est tout à fait satisfaisante et de bonne facture. Maintenant, qu'est-ce que ça vaut en terme de performances et de comportement routier ? Le mystère reste entier. Il n'empêche que ce véhicule semble retenir l'attention des deux jeunes qui se voient sans doute déjà écumer les petites routes alentours pour rejouer un "Easy Rider" campagnard ou un "Mad Max" agricole, au choix.

trike artisanal
Parce que je ne m'en lasse décidément pas, revoilà la Motobécane la plus intéressante du plateau. J'aime à peu près tout sur cette machine. La question que l'on peut se poser est de savoir quelle peut être la vraie utilité d'un pareil engin. Est-ce que ça marche mieux qu'une Mobylette d'origine ? Est-ce que c'est plus confortable ? Est-ce que c'est plus utilitaire ? Sans doute pas. Pire, on peut avancer sans trop craindre de se tromper que tout cela ne sert strictement à rien sauf à se faire plaisir. Et le plaisir, n'est-ce pas le plus important ?

Motobécane plus belle qu'une Motobécane
Les constructeurs français ont eu du mal à comprendre cela et à accepter d'en tenir compte. En France, le cyclomoteur naît sous Vichy, en 1943. C'est dans l'immédiat après-guerre qu'il connaît son essor alors qu'il est question de motoriser les classes laborieuses au moindre coût. Populaire et rustique, le cyclomoteur avant tout une machine utilitaire simple d'utilisation et d'entretien. Trop radins, trop bêtes, les constructeurs français, Motobécane et Peugeot en tête, rechignent à moderniser leur production pour proposer des cyclomoteurs plus amusants, plus beaux, plus "jeunes". C'est dommage d'avoir raté ceci.

Tenaille motorisée
Celle-ci aussi nous l'avons déjà vue. Le secret n'a plus raison d'être, la mèche a été vendue, on sait que c'est une création du Prof Turbled qui fait les belles heures de ce blog. On applaudit encore une fois l'humour et la qualité de la réalisation !

secours aux victimes
A côté d'une "grosse" 125 Peugeot TA des années 50, une frêle Motobécane était en charge de procurer les premiers soins aux blessés. Ce petit poste hospitalier motorisé équipé des équipements les plus à la pointe — perfusion, scanner à circonvolution inverse, bistouri à plasma modulaire, et moteur à réduire les fractures — était piloté par une infirmière que je vous présenterai sans doute un autre jour…

lundi 20 août 2018

La Cassagne 2018

Cette année, le thème retenu pour cette grande fête de la Mobylette était "La Septième Compagnie". Je ne vais pas revenir sur cette série de trois films de Robert Lamoureux à l'humour bien franchouillard qui a fait rire la France des années 70. Il était donc demandé aux participants de cette fête organisée par "les Pétaroux à la Noix" de venir déguisés selon ce thème. Nous avions donc un étalage de militaires kakis casqués.
L'idée d'intégrer l'esprit militaire à cet événement pouvait faire tordre le nez à tout bon antimilitariste. Heureusement, l'humour permettait de faire passer la pilule. Ce même antimilitariste se réjouissait de ce que tous n'avaient pas souhaité s'associer au thème en choisissant des déguisements bien moins belliqueux. L'humour et le militaire n'ont jamais fait très bon ménage. Que peut-on faire d'autre que de ridiculiser les militaires pour faire rire avec la guerre ? Ceci dit, à la réflexion, il me semble bien que les militaires n'ont besoin de personne pour se ridiculiser.
Donc, du militaire, de l'humour… et de l'imagination. Si certains avaient choisi l'uniforme, d'autres tablaient sur l'accessoire guerrier. Ici nous avions la caisse de munitions, là le fusil accroché au cadre. Quelques participants ont eu l'idée d'ajouter une ou deux roues à leur cyclomoteur pour tracter des armes de destructions massives comme nous le montre cette photo :

Mobylette de guerre
Parfaitement dans le thème, cet engin venait de Corrèze. Bien évidemment, la machine guerrière est factice. L'ingénieux concepteur de la chose que j'ai pu rencontrer affirmait que tout était construit avec des éléments de récupération. Un vélo, quelques morceaux de tube, un bidon en plastique… L'ensemble faisait bien illusion.
Je le disais, tous n'ont pas souhaité jouer le jeu et sont venus avec leur cyclomoteur "de tous les jours" comme TAZ, venu du Lot voisin, avec sa Peugeot 103 de toute beauté. Malheureusement, la fidèle machine est tombée en panne au trentième kilomètre de la randonnée longue de quatre-vingts.
Quelques cyclomoteurs plus rares étaient présents à l'image de cette Cazenave girondine qui n'avaient rien de militaire.

Plus beau cyclomoteur
Cazenave

La fête était belle, le soleil était au rendez-vous, l'ambiance était à la bonne humeur généralisée mais on devait regretter la chute de trois cyclomoteurs survenue on ne sait comment. On supposera que nous avons là un exemple de ce que l'on appelle "l'effet domino". La première machine aura poussé la deuxième qui aura entraîné la troisième. On ne répétera jamais assez combien il est important de s'assurer de la bonne stabilité du cyclomoteur à l'arrêt. Il est vrai qu'il aurait sans doute été prudent de placer une planchette sous la béquille. Heureusement, nul blessé n'est à déplorer. Il ne semble pas que les machines aient été gravement endommagées.

Le drame
Déjà présente l'an dernier, cette Motobécane méritait bien d'être de nouveau photographiée. De toutes les machines présentes, il n'est pas impossible que ce soit celle qui me plaisait le plus.

Motobécane d'exception
Initialement strictement réservée aux cyclomoteurs d'avant 1980, la fête de la Cassagne s'ouvre chaque année un peu plus à d'autres formes de véhicules. Cette année, nous avions droit à des tracteurs anciens, à quelques camions, à des engins militaires, à quelques voitures américaines, à des automobiles plus ou moins "de collection". Parmi ces dernières, une Renault 8 S bien restaurée si ce n'est le crochet d'attelage qui, à mon avis, est en trop. Je me suis demandé si ce n'était pas là la voiture d'un participant qui aurait amené son cyclomoteur en remorque. Ce n'est pas impossible et, en ce cas, cela excuserait la petite faute de goût.

Renault 8 S

lundi 6 août 2018

Course de caisses à savon

Ce dimanche après-midi, c'était jour de course au village. La rue de la République et les voies adjacentes, sécurisées par des bottes de paille, étaient coupées à la circulation et, sous un soleil écrasant, la population se massait le long de la descente. Une vingtaine de caisses à savon étaient en compétition. On trouvait un peu de tout, de la tondeuse autoportée débarrassée de son moteur au prototype savamment conçu. Quatre ou trois roues, carrosserie en contreplaqué ou en tôle formée à la massue, petites ou grandes roues, avec un guidon, un volant ou juste des leviers placés de part et d'autre de l'engin, toutes les solutions étaient représentées. Certaines avaient plus de succès que d'autres, bien sûr, mais il était un point qui était bien présent dans tous les cas, c'était l'humour.

  • caisses à savon la Bachellerie
  • caisses à savon la Bachellerie
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  • caisses à savon la Bachellerie
  • caisses à savon la Bachellerie
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  • caisses à savon la Bachellerie
  • caisses à savon la Bachellerie
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  • caisses à savon la Bachellerie
  • Azerat était en force !
  • caisses à savon la Bachellerie
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  • caisses à savon la Bachellerie
  • caisses à savon la Bachellerie
  • caisses à savon la Bachellerie
  • caisses à savon la Bachellerie
  • caisses à savon la Bachellerie

Le départ était donné au haut du village depuis un pan incliné constituée par une remorque. Dès que le départ était donné, les candidats lâchaient les freins et alors débutait la descente infernale. Les meilleurs pilotes choisissaient la meilleure trajectoire quand d'autres se contentaient de faire ce qu'ils pouvaient pour maîtriser leur machine et contenir les écarts et louvoiements intempestifs préjudiciables à la réalisation d'un chrono de légende.
Cette première édition de cette course de caisses à savon faisait écho à la course de côte de la Bachellerie d'autrefois sauf que là, c'était bien sûr une course de descente bien moins rapide mais aussi bien plus respectueuse de l'environnement. Parce que pardon mais niveau pollution, il n'y a pas mieux que la caisse à savon ! Bien sûr, il était fait appel à de puissants tracteurs à quatre roues motrices pour remonter les caisses à savon pour la prochaine manche. De tout petits tracteurs auraient sans doute été bien suffisants, s'ils avaient été un peu anciens, ils auraient pu ajouter un petit quelque chose à l'événement. Mais bon, hein…

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