Le destin pathétique de l'idiot qui n'a de cesse de dessiner et dessiner encore des motocyclettes ridicules

Et il est vrai qu'il pourrait[1] passer à autre chose. Ce ne sont pas les occupations possibles qui manquent. Par exemple, c'est une suggestion, il pourrait s'adonner aux savoureuses tâches ménagères. Faire la vaisselle, par exemple. De même, il est presque certain qu'il serait en mesure de faire un peu de ménage, de ranger son fouillis, d'enlever la poussière, de faire briller les meubles à la cire, de classer les dizaines de kilogrammes de feuilles de papier griffonnées.
Une autre possibilité serait de faire des crêpes. C'est bon, les crêpes. Et en plus, ce n'est pas si difficile que cela à réaliser. Tenez, je vous donne une recette approuvée par la Confrérie des maîtres crêpier du Baden-Württemberg.


Les proportions sont à adapter selon le nombre de crêpes souhaité. Là,, je vous donne celles pour une dizaine de crêpes.
200 g de farine
2 œufs
50g de sucre
Une belle pincée de sel
du lait
de l'huile ou du beurre fondu
du rhum (falcutatif)


Dans un saladier ou un contenant de la sorte, verser le sel, la farine et le sucre. Mélanger un peu[2] et casser les œufs sur ces ingrédients. Avec un fouet[3], commencer à mélanger sans chercher à récupérer l'ensemble du mélange farine-sel-sucre. Verser l'huile ou le beurre fondu et mélanger un peu sans insister. On peut ajouter le rhum ou l'ajouter plus tard. Ajouter un peu de lait et mélanger jusqu'à l'obtention d'une pâte épaisse mais pas sèche. Ajouter autant de lait que nécessaire pour cette étape puis, une fois que le mélange est intimement homogène, ajouter du lait jusqu'à ce que la pâte soit fluide sans être trop liquide.
Pour savoir si la pâte est bien comme il faut, plonger une louche dans la pâte et la reverser dans le saladier. Il faut que la pâte coule en formant deux coulées, l'une collant presque au long de la louche.
Laisser reposer quelque temps puis faire chauffer une bonne crêpière qui sera beurrée ou huilée avant de verser la pâte.


La motocyclette de trop
Le responsable de ce "dessin" se rendra-t-il compte un jour qu'il emmerde tout le monde avec ses obsessions ?

Notes

[1] et même devrait

[2] je ne pense pas que ça serve à quoi que ce soit

[3] ou à la cuillère en bois

La moto la plus rapide du monde…

… entre deux pompes à essence. C'est ainsi que l'on appelait cette moto très rapide pour l'époque et pour sa cylindrée aux États-Unis d'Amérique. Rapide et très gourmand en bonne essence et en bonne huile, ce trois cylindres 2 temps produisait un feulement rageur bien reconnaissable. En raison de sa consommation, du premier choc pétrolier et des normes antipollution, la production s'arrêta au milieu des années 70 après près de 50000 exemplaires.

Kawasaki 750 H2
Elle a fait fantasmer de nombreuses personnes dans les années 70

Tubercules livrés à la maison

Notre brillante équipe de journalistes est parvenue à photographier M. Raymond Cussé-Dupoulet alors qu'il chevauchait , non loin de Beure, sa motocyclette bisontine de marque "La Solide" du modèle bicylindre 237cc de 1958. Cette motocyclette dont il ne resterait plus que trois exemplaires, l'un en Inde, un autre à Chicago et le dernier, donc, dans le Doubs, en France, était réputée pour sa robustesse à toute épreuve.

Raymond a adopté cette machine pour faire prospérer son petit commerce de vente de pommes de terre à domicile. Adepte des toutes dernières technologies de pointe et féru d'informatique, il a créé un site Internet sur lequel on peut passer commande. Grâce à un ingénieux dispositif de traçage GPS, les clients peuvent, s'ils le souhaitent, suivre le cheminement de la livraison en temps réel. Il est à noter que Raymond livre partout sur le territoire métropolitain et qu'il a déjà une clientèle de fervents amateurs de ce système de livraison à domicile tant dans la région lilloise que dans celle de Pézenas (Héraut, Héraut, petit patapo). S'il reconnaît que les bénéfices suffisent encore à peine à couvrir les frais et notamment de carburant, Raymond est confiant en l'avenir et envisage déjà l'acquisition d'une seconde motocyclette. Cependant, nous a-t-il confié, il ne sait pas trop comment il pourra faire pour piloter les deux véhicules de concert. Il réfléchit à la question.

Si vous souhaitez vous aussi vous faire livrer de la pomme de terre à domicile, visitez le site patatadomicil.pdt.

transport de pommes de terre
On va faire des frites

Beau beurre

A l'origine, le bobber désigne une motocyclette modifiée avec l'ambition de la rendre plus performante. Il s'agit déjà de l'alléger, de la débarrasser de tout ce qui n'est pas utile. Adieu garde-boue, au-revoir selle biplace, divers caches latéraux et accessoires trop lourds. On choisit des éléments légers qui feront gagner quelques mètres/heure.
La mode est passée par les oreilles des constructeurs qui se sont emparés du "phénomène" et proposent des bobbers clé en main. Cette pratique va à l'encontre de l'idée originale.

Bobber
Triumph Bonneville

C'est marqué dessus

Motard de longue date, Raymond pestait de n'avoir jamais trouvé la motocyclette idéale, la monture répondant à toutes ses attentes. Au fil des années, après avoir épuisé la presque totalité des productions mondiales de l'industrie motocycliste de tous les continents, Raymond se retrousse les manches et se met au travail. Il va s'agir de concevoir la moto parfaite. S'il pioche dans des éléments existants pour les pneumatiques, le cuvelage de phare et les ampoules, tout sera de la fabrication artisanale. Malgré les apparences, sa motocyclette regorge de solutions techniques innovantes comme, pour n'en citer que quelques unes, le moteur à six cylindres de forte cylindrée contenu dans un seul et unique cylindre multiplexé ou le réservoir hyperbare de compression intense qui permet, dans un volume réduit, de contenir plus de deux cents litres de carburant. Grâce à l'utilisation de matériaux novateurs, Raymond propose une machine n'excédant pas les quatre-vingts kilogrammes (hors pilote) qui peut rouler à plus de trois cents kilomètres dans l'heure (sur circuit). Une attention particulière a été portée à l'étude du système d'échappement garantissant une émission négative de gaz à effet de serre ainsi qu'un panache parfumé des plus agréables. Ni le confort ni la tenue de route n'ont été ignorés et c'est, selon les essayeurs, un réel plaisir de rouler durant des dizaines d'heures sans ressentir ni fatigue ni mal au fessier. Une prouesse s'il en est !


A quelques jours de la mise sur le marché, Raymond réfléchissait encore à l'appellation qu'il allait choisir pour sa motocyclette révolutionnaire. Finalement, il choisit de faire simple et, puisque sa moto est super, ce sera "Super" qui sera choisi. Une bonne idée de plus au crédit de Raymond qui n'a pas fini de nous étonner puisque, déjà, une nouvelle idée a germé dans son esprit fécond. Nous avons promis de garder le secret mais soyez-en certain, vous allez être surpris !

La moto Super, c'est super !
chez les meilleurs concessionnaires !

Trahi par la science !

Reginald n'a pas encore treize ans[1] lorsque l'idée qui va le hanter durant toute sa vie lui saute au visage, en pleine poire. Cette nuit là, le rêve vient lui donner un sens à sa vie. Il devra concevoir et réaliser la motocyclette ultime, la machine la plus moderne de tous les temps, un monstre de technologie. Depuis, il n'aura de cesse de travailler à ce projet un peu fou. Il en perdra presque le sommeil.
Des décennies passées la clé plate à la main naîtra la machine qu'il présentait aujourd'hui au salon de la motocyclette de Perzidon-la-Santay, petit village de l'Allier, à la limite des Pyrénées-Orientales, près de Beauvais (Oise). Le public se massait autour de Reginald, personnage bien connu dans les environs pour les crises de rire que sa survenue suscite à coup sûr. Il faut reconnaître que de son projet, on n'a pas tout compris, au village. Il s'agirait, selon certains, d'un véhicule à deux roues équipé d'un moteur à liaison covalente contrôlée par dissipation enthalpique. Personne n'a jamais précisément pu expliquer de quoi il en retournait mais les citoyens les plus instruits, l'instituteur en tête, pensent qu'il pourrait y avoir là un rapport, peut-être légèrement lointain, avec la physique quantique. Quoi qu'il en soit et après enquête, force est de constater que nous n'y comprenons rien et les événements qui suivirent la présentation de la machine, en première mondiale, allait montrer que nous n'étions pas éloignés de la vérité.

Reginald arriva sur le coup des 9 heures avec sa drôle de machine qu'il fit descendre de sa remorque. Il attendit que la foule arrivât avant de procéder à la démonstration proprement dite. Il manipula tout un ensemble de manettes et de leviers, pris des mesures d'hygrométrie et de température et récita des formules d'apparence scientifique puis, avec un grand sourire, il appuya d'un index décidé sur le bouton chargé de mettre le feu aux poudres.
Et là, ce fut la déception. Il ne se passa rien. Mais alors, vraiment rien. Un rien de très grande ampleur. Un rien qui, de mémoire d'homme, n'a jamais existé auparavant. Un rien magnifique dans sa vacuité. Pas le moindre sifflement, le moindre pet, le plus petit soubresaut ou tressaillement. Un vide cosmique. La catastrophe.

Reginald remisa sa machine sur la remorque et repartit à son atelier en donnant rendez-vous pour l'année prochaine. Aura-t-il résolu le problème ? Nous le saurons dans un an.

covalente

Note

[1] En vrai, il n'est âgé que de douze ans et treize mois

La maniabilité avant tout

Günther a longtemps et attentivement observé les motocyclettes sportives puis il a brièvement étudié les motocyclettes dites « chaud-père » garées devant le café mal famé de la ville. Il est retourné chez lui et il a réfléchi. Assez vite, il a compris que les motos les plus rapides étaient celles qui sont ramassées et agiles tandis que celles projetant la roue avant à des distances hasardeuses du cadre ne valent pas un clou en matière de rapidité.
Alors, puisque sa volonté est de produire une motocyclette vive et imbattable au 400 mètres haies, Günther a ramassé tous les éléments nécessaires à la réalisation de la meilleure moto du monde, une moto à l'empattement réduit, aux suspensions finement conçues et au moteur fiable sinon le plus puissant. On peut le voir là lors des premiers essais. Quelques peaufinages sont à envisager, Günther est, dans l'ensemble, satisfait de sa réalisation.

pas-chaud-pere

Je dis vraiment n'importe quoi et ne tiens pas mes engagements

On ne peut pas me faire confiance. J'ai eu une envie de dessiner une motocyclette. C'est arrivé sans que je m'y attende. A l'improviste, à l'insu de mon plein gré. J'avais dit, et ce n'est pas vieux, que j'en avais marre de dessiner des motocyclettes insensées et j'ai replongé dans mes pires travers. Et le pire, c'est que j'y ai pris du plaisir. Ça m'a amusé. Et le pire du pire, c'est qu'il est possible qu'il y en ait encore d'autres des motocyclettes stupides.

Première moto après toutes les dernières
Moto nouvelle

La presque dernière moto

Dernière moto à la mode
Moto du dimanche


J'en étais à me dire qu'il fallait que j'arrête de dessiner des motocyclettes et j'ai attrapé une feuille de papier et mon porte-mine préféré[1].
Bon. J'en étais à me dire qu'il fallait que j'arrête de dessiner des motocyclettes et j'en ai dessiné une nouvelle. Je n'ai aucune volonté.

Note

[1] un Pentel P205

La motocyclette qui bat tous les records et encore plus

L'ambition première de Joseph a toujours été de battre des records du monde depuis sa Picardie natale. Après avoir pulvérisé le record du nombre d'escargots avalés en trente minutes (53) dès l'âge de douze ans puis, à treize ans, celui de la distance parcourue à cloche-pied autour de l'église de Bertricourt-la-Vieille (843 mètres) et avoir égalé celui de saut en arrière à la kermesse paroissiale de Montezy, il connut une traversée du désert qui dura une vingtaine d'années. À ce propos, il est bon de préciser qu'il échoua à faire valider son record détenu par Andreï Vassilekovitch et son épique traversée du désert de Gobi en solitaire et en tongs et que ce refus de validation provoqua une profonde dépression chez Joseph.
Cette année, remis sur pied grâce aux remèdes miraculeux du rebouteux local, il se prépare à battre le record du 100 mètres haies à moto. Toutes les chances de réussite sont réunies et Joseph se montre confiant, d'autant plus que jamais personne n'a tenté ce défi particulièrement stupide. L'illustration de cet article nous présente Joseph se préparant à affronter la première haie. Souhaitons-lui bonne chance dans son entreprise !

Moto de tous les records
La motocyclette de tous les records du monde de France

Être heureux à moto ?

La commémoration de la capitulation de l'Allemagne nazie est-elle pour quelque chose dans l'idée de proposer une réflexion sur un sujet aussi trivial que le choix de la motocyclette comme moyen de transport ? Certainement pas et je me demande bien comment certains auraient pu le penser un instant. Ceci étant posé en préambule, il reste la question qui ne manque pas d'interroger et de questionner les esprits les plus clairs.
Disons-le tout net et sans ambages, la motocyclette, c'est trop nul. Quand il pleut, on se mouille, quand il y a du verglas, on se casse la gueule, quand on a trop picolé, on se casse la gueule aussi. C'est nul. Alors qu'en bagnole[1], on s'en fout pas mal qu'il pleuve ou qu'il neige ou qu'on ait fêté en faisant fi de la modération toute occasion de fêter quelque chose et, par exemple parce que justement, la capitulation de l'Allemagne nazie. A ce sujet, saviez-vous que cette journée n'a pas toujours été fériée et que c'est les socialistes (avec les communistes) qui l'ont rendu férié en 1981 ? Il y avait eu auparavant des périodes où ce jour était férié. Giscard, au nom de la réconciliation avec l'Allemagne (enfin la République Fédérale d'Allemagne parce que l'autre Allemagne, la bonne, elle, on ne cherchait pas à se réconcilier avec vu qu'elle était trop proche des Soviétiques aux yeux de ce bouffon de droite) supprima ce jour férié[2]. D'ailleurs, ce même Giscard est né à Coblence. Après, on dit qu'il ne faut pas dire du mal des morts.
Enfin bref. La motocyclette, c'est qu'un véhicule bien pour les flics. A-t-on jamais vu des pompiers à moto ? Non. A-t-on jamais vu des gens bien à moto ? Certainement pas. D'ailleurs, je suis prêt à parier que vous croisez ou connaissez plus de personnes qui font le choix sage de rouler en automobile qu'à moto. La moto, c'est pour celles et ceux qui cherchent à se faire remarquer, qui ne veulent pas faire comme tout le monde, qui s'obstinent à aller contre le bon sens et la réalité. La moto, c'est dangereux en plus de ne pas être pratique. Allez embarquer toute une famille sur une moto en plus des bagages, du casse-croûte et de la caisse du chat, vous.

La moto, c'est pas la joie
Avoir le sourire avec une moto pourrie ?

Notes

[1] pas des bagnoles de m'as-tu-vu décapotables, hein !

[2] il convient de terminer ses phrases, parfois, pour les personnes limitées qui, sinon, ne comprennent pas l'idée du propos amorcé

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