Une moto parce que pourquoi pas

En 1492, le 12 octobre (un vendredi), Cristóbal Colón "découvre l'Amérique" (en fait plusieurs îles dont Hispaniola). Son très lointain descendant, Alberto da Côlon-Olé qui (entre parenthèses) n'a jamais entendu parler de son glorieux ancêtre choisit ce jour, le lundi 12 octobre 2026, pour présenter à la presse sa nouvelle motocyclette et, surtout, le moteur de son invention qui réussit l'exploit de ne pas trop polluer tout en ne développant pas de puissance significative. Si la taille de ce moteur peut impressionner sur le moment, il faut reconnaître qu'il est surtout plein de vide et qu'il ne fait, dans le fond, que brasser de l'air légèrement agrémenté d'un peu de carburant.
La motocyclette a été conçue autour de ce moteur. Dans un premier temps, Alberto souhaitait une machine aisée à utiliser. Hélas, suite à une assez regrettable erreur de calcul et à cause d'une totale méconnaissance des logiciels professionnels de conception assistée par ordinateur, il ne s'aperçut qu'un peu tard qu'il avait fabriqué une motocyclette difficile à appréhender sans éclater de rire. La première étape délicate est, on le comprend, de grimper sur la moto sans se casser la gueule. Si l'on y parvient, ce qui n'est pas garanti, si on arrive à la faire démarrer, si l'on arrive à passer une vitesse et à avancer (bon courage), on a toutes les chances pour que l'expérience se termine promptement par ce que l'on appelle dans le jargon une "mise en tas".
Après quelques essais infructueux menés pour tenter de maîtriser la machine (et quelques passages par les urgences de l'hôpital local), c'est le grand jour et Alberto va épater la foule rassemblée sur la place du foirail du chef-lieu de canton pour la foire à l'ustensile de cuisine annuelle. Il porte tous ses espoirs de succès industriel et commercial sur le correspondant local du journal d'information départemental qui, s'il daigne peindre un article laudateur et rigoureux, saura attirer les investisseurs.

Complètement perché
Un motard bien monté

Une moto parce que c'est dimanche et que j'ai ça sous la main

moto du jour
Mon public va bien finir par se lasser de mes motos

Sinon, au hasard de mes lectures de la presse, j'apprends que des membres de l'AfD, le penchant allemand de notre nazional R-Haine, rêvent de réintégrer l'Alsace et la Moselle dans la grande Allemagne. C'est marrant (non) parce que presque à cent ans d'écart, on dirait que l'Histoire s'amuse à un triste remake du passé. On a une Allemagne qui souhaite devenir la plus puissante armée d'Europe, la Russie qui œuvre à la réunification des territoires de l'URSS, la France qui se prépare à mettre l'extrême droite au pouvoir.

L'idée de la motocyclette sous-marine refait surface

Moto qui va sous l'eau
Une motocyclette qui n'a pas peur de l'eau



On pensait le projet tombé à l'eau depuis qu'Omer Baltique s'était mouillé en affirmant permettre une traversée du Pacifique par la voie nord en moins d'une semaine. Il expliquait à l'époque avoir été empêché en raison d'une averse imprévue tombée lors de la première étape qui devait lui permettre de rejoindre Honfleur depuis Deauville par la route. Il fut moqué et raillé, certains plaisantant sur le fait qu'une motocyclette promettant de pouvoir traverser les océans était arrêtée par une simple pluie.
L'ingénieur Omer Baltique en fut fort chagriné et tomba dans une profonde dépression qu'il ne parvenait à calmer qu'avec une forte consommation de nougat de Montélimar. Or, il était allergique à l'amande qui lui causait des ballonnements et flatulences presque aussi insupportables pour lui-même que pour son entourage. À bientôt 37 ans, il mourut dignement, dans son lit, après avoir lâché un dernier pet libérateur.

En 2018, Pedro Céhan, touriste de passage par la Normandie trouva dans un vide-grenier un petit livret manuscrit et dessiné qui l'intrigua. Il s'agissait de l'un des carnets d'étude de Omer Baltique. Pedro, bricoleur émérite et collectionneur de bouchons de Liège (Belgique) trouva l'idée muy impresionante et pris la décision de concevoir cette étonnante machine à deux roues contre les supplications de son épouse qui imaginait déjà la salle à manger encombrée de pièces de métal et d'huiles diverses.
Dans un italien parfait mais autoritaire, Pedro signifia à Fabiola qu'elle n'avait pas son mot à dire et qu'il ferait bien ce qu'il veut chez lui, non mais !
Fabiola quitta Pedro le jour même.
Pedro travailla plusieurs années à la réalisation de l'idée d'Omer et ce mardi, il était prêt à faire une démonstration devant les représentants de la presse locale. On vit Pedro prendre place dans sa machine, on entendit une pétarade, on assista au déplacement de l'engin et à son entrée dans la mer. La moto sous-marine s'enfonça, la fanfare se fit entendre, le maire fit un discours et tout le monde rejoignit la salle des fêtes où les attendait un vin d'honneur.
Nous souhaitons une bonne traversée à Pedro.

Les réponses simples au secours des questions complexes

canicules et responsabilités
C'est la faute à pas de chance

Hier en fin de journée, j'ai appris la mort d'une connaissance. C'était une personne avec qui j'avais coupé les ponts au moment de la crise COVID. Elle m'avait pompé l'air avec ses discours antivax et ses mises en garde. Nous nous étions bien embrouillés au moment où elle avait prophétisé que j'allais mourir des suites du vaccin dans deux ou trois ans. Elle m'avait agacé et je me souviens que j'étais parti de la petite fête en me promettant de ne plus avoir de contact avec elle. J'ai tenu parole et je suis à la fois un peu triste et aussi un peu content de constater que je suis toujours vivant.
Je parle de cette personne au féminin parce que c'est une personne. Rien ne permet d'en déduire le genre de cette personne. Elle n'est pas morte du COVID. On m'a dit qu'elle avait continué sa croisade anti vaccin. Bon. C'est une personne que j'avais appréciée et que je connaissais depuis assez longtemps. J'ai la colère tenace, je ne me déplacerai pas pour son enterrement.

Roger achète une motocyclette sur Internet

Alléché par l'offre explosant la concurrence, Robert passe commande par Internet d'une Moto Rouge, célèbre marque qui a connu son heure de gloire vers la fin des années 50, entre le mardi 20 septembre et le vendredi 3 octobre. La presse spécialisée avait alors loué les mérites du petit industriel qui avait cru bon de se diversifier et de reconvertir une partie de son outillage de confection en bonneterie. Une sélection de membres du personnel avait été formé à la tôlerie, à la mécanique, à l'ingénierie, à la mise en peinture et au gonflage des pneumatiques afin de pouvoir concevoir, fabriquer, assembler et vendre des motocyclettes modernes pour l'époque.

Robert cherchait une de ces motocyclettes depuis déjà plusieurs décennies lorsqu'il apprend que la production est relancée par un industriel de Finlande équatoriale en Tanzanie, à Zanzibar city. Ni une ni deux, il vire le contenu de son plan épargne logement (PEL) sur son compte courant et se connecte par Internet au site marchand de l'entreprise. Là, il ne met pas longtemps à trouver le formulaire de commande et verse les arrhes demandées.
La livraison de la motocyclette est prévue pour le mois suivant et les jours qui viennent sont un supplice pour Robert qui vit dans l'attente de la réception de son nouveau véhicule. Il compte les heures, regarde le calendrier plusieurs fois chaque jour, consulte ses mails, rêve de sa moto, ne parle plus que d'elle, enquiquine tout le monde avec sa moto, ne mange presque plus. Il est impatient.

Et puis, ce matin là, un camion de livraison s'arrête devant chez lui. C'est elle, Robert le sait. Le livreur sonne à la porte, Robert ouvre, confirme qu'il attend bien une livraison et la motocyclette se retrouve sur le trottoir, dans sa belle caisse en bois. Avec un pied de biche, Robert démonte la caisse et il aperçoit sa motocyclette tant attendue. La désillusion ne tarde pas. La Moto Rouge ne l'est pas tellement, rouge. Après réflexion, avec sagesse, Robert se dit que, après tout, même si la moto n'est pas du plus beau rouge, il saura se satisfaire d'une belle motocyclette qui, au moins, n'est pas jaune. Robert déteste le jaune.

Robert avait acheté une moto rouge sur Internet
En plus, elle fait un drôle de bruit et elle fume curieusement

En connaître un rayon en désintégration

Sergueï Novitchok n'aime pas du tout que l'on puisse le précéder sur la route. C'est comme ça, il n'aime pas ça. D'ailleurs, comme il le dit si bien lui même : « Personne n'aime avoir quelqu'un devant soi ! ».

Or, Sergueï a un problème. S'il ne supporte pas d'être devancé, sa motocyclette ne permet pas, en raison de ses maigres performances, de dépasser les véhicules roulant devant lui.
Et c'est là que tout le génie de Sergueï a été mis à contribution pour résoudre ce problème de la meilleure des manières envisageables. Les esprits simples auraient sans doute suggéré de, sinon remplacer la motocyclette, au moins changer le moteur pour un modèle plus puissant. C'eût été la solution de facilité, peut-être aussi celle de la raison. Mais Sergueï n'est pas une personne raisonnable.
Face à toute contrariété la plus minime soit-elle, Sergueï sort l'artillerie lourde. Il n'a aucune mesure. Un moustique sera combattu au minimum au fusil d'assaut quand ce n'est pas au bazooka ; quiconque lui aura mal parlé devra subir les pires représailles et pleurer devant les ruines fumantes de son domicile. Sergueï est un brave garçon dès lors que l'on ne le contrarie pas trop.

Dans le secret de son atelier, il a mis au point le rayon désintégrateur qui pulvérise, atomise, tout véhicule ayant l'impudence de rouler devant lui. La seule solution pour celui ou celle qui se trouve sur son chemin : accélérer pour disparaître à la vue de Sergueï. Fort heureusement, nous l'avons évoqué, la motocyclette de Sergueï n'est pas rapide. Elle est même particulièrement lente puisqu'il est possible de la doubler à cloche-pied. Et ça aussi, ça énerve Sergueï.

Plus jamais derrière
Plus tranquille sur les routes françaises.

C'était attendu et réclamé, c'est là aujourd'hui

La traditionnelle motocyclette du 18 août
Une exeptionnelle motocyclette qui vaut son pesant de cacahuètes

N'empêche qu'on rigole mais il faut bien reconnaître qu'il a une sacrée prestance, Roger, sur sa motocyclette imaginée, conçue et manufacturée en République Démocratique du Bayasabhad. Avec son échappement relevé et son moteur à cylindre unique, elle est l'assurance d'une vitalité et d'une force inédites dans toute l'histoire de production de motocyclettes.
La vitesse, si elle est bien au rendez-vous, n'est pas la seule raison qui a conduit Roger à choisir cette machine spécifiquement. Comme beaucoup de ses amis, il aurait pu jouer la carte de la facilité et acheter une moto venue de l'Asie lointaine, du continent américain ou encore de la péninsule italienne ou de l'Allemagne. Mais attention ! Roger aime l'originalité et il n'est pas homme à faire comme tout le monde.
Il a opté pour le modèle "luxe" celui avec une selle biplace, et il se rend au bal du village voisin avec la ferme intention de lever une gisquette et de l'emmener faire le tour de patelin. Bien sûr, pour mener à bien son plan, il faudra que sa motocyclette parvienne à parcourir la dizaine de kilomètres sans tomber en panne.

Souvent imité, jamais égalé

Un fieffé faussaire néanmoins talentueux a tenté de gruger les experts en histoire de l'art de dessiner des motocyclettes farfelues. Et vous, réussirez-vous à ne pas vous laisser duper en trouvant les erreurs qui se sont glissées dans la contrefaçon ? Et saurez-vous déterminer quelle est l'œuvre réelle et authentique ?

Une vraie moto de compétition
Tout ce qu'il faut pour la victoire
Une vraie moto pour découvrir nos belles régions
Le bonheur sur deux roues

Comment gagner un milliard de dollars grâce à un jeu facile ?

Pour gagner le milliard de dollars, il suffit de trouver la profession de notre motocycliste. Toute personne qui aura trouvé sera suspectée d'avoir triché et, au regard des règlements de ce jeu, n'empochera donc pas le gain.

La fabuleuse motocyclette moderne
Rien n'est plus beau et agréable qu'une motocyclette de qualité supérieure.

Pour celles et ceux que ça pourrait intéresser, le troisième épisode des aventures de Ruffin sur la route de l'Elysée est en ligne.

Pour les motards qui en ont marre de se casser la gueule

Jean-Régis a la moto dans la peau à l'instar du macadam qui recouvre la chaussée avec son cortège de petits cailloux pointus qui aiment à se glisser dans la peau et qui font si mal au corps et à l'ego du brave motocycliste. Disons-le sans ambages, Jean-Régis est ce que l'on appelle dans le jargon un poireau, un bien piètre pilote de véhicule à deux roues motorisé. Souvent, trop souvent, ses escapades se terminent par une chute douloureuse et malvenue.
Jean-Régis tient néanmoins et contre tout à circuler sur une motocyclette parce que, en vrai rebelle, il refuse de faire comme tout le monde. Il aime le rock, il veut faire jeune, il veut épater les filles, il fait de la moto. Or, on l'a dit, il est très mauvais pilote. Si, en son temps, il a réussi à se procurer un permis de conduire les motocyclettes dans d'obscures circonstances et en échange d'une somme d'argent assez conséquente, force est de constater que le carton rose[1] n'est pas la garantie d'une maîtrise adéquate d'un véhicule conçu pour ne pas tenir sur ses roues sans intervention humaine. Il faut un certain sens de l'équilibre et, surtout, un minimum d'intelligence pour avoir conscience de ses limites et ne pas chercher à tutoyer des angles qui, les lois de la physique l'affirment, ne manqueront pas d'assurer la gamelle superbe et manifeste. Jean-Régis n'a que trop expérimenté la théorie, il l'a mise en pratique, il peut en témoigner, passé une certaine limite, on se râpe le cuir immanquablement.

Alors, Jean-Régis est passé à l'action avec son marteau, sa scie à métaux, son poste à souder et beaucoup de détermination. Il allait dans le secret de son garage construire de ses mains une machine à même de lui donner satisfaction. Après presque autant d'heures passées à s'acharner sur son projet que de canettes de mauvaise bière, il lui était enfin offert de faire les premiers tours de roue autour de chez lui. Sur l'illustration que nous avons été en mesure de nous procurer auprès de témoins de la scène, la "moto" de Jean-Régis a bel et bien roulé. Certes, pas très longtemps, certes pas très loin, certes pas très bien mais elle s'est déplacée. L'image nous montre Jean-Régis qui affiche une tête montrant le mécontentement ressenti au moment où il se rend compte que les espoirs fous ne sont pas au rendez-vous et que la machine ne donne pas entière satisfaction. Quelques secondes après ce moment de vie pris sur le vif, Jean-Régis va percuter le mur de la boucherie Lebœuf et perdre la majorité de ses dents.
Nous nous associons aux proches de Jean-Régis en ces moments difficiles et souhaitons qu'il puisse à l'horizon des mois à venir se remettre à l'ouvrage pour une fois encore bien nous faire rire avec ses bricolages. Longue vie à lui !

Pour deux roues de plus
Plus tout à fait une moto pas encore une auto

Note

[1] c'est là le nom que l'on utilisait pour désigner le permis de conduire en une lointaine époque

Phelon & Moore

Vous aimez la moto anglaise ? Vous appréciez les gros monocylindres ? Vous kiffez grave les motocyclettes étranges ? Les Phelon & Moore sont pour vous, ne serait-ce que pour leur nom déjà assez amusant. Plus connues par la marque Panther, ces motocyclettes sont célèbres pour leurs moteur à très longue course penché à l'extrême et servant de pièce maîtresse pour le cadre des machines.
De l'avis de personnes qui ont eu l'occasion de piloter ces machines, ce sont de braves pétochons qui marquent surtout pour le couple disponible plutôt que pour puissance développée.
Il n'en reste pas moins que certains modèles semblent miser sur l'esthétique plutôt réussie bien qu'un poil clinquante. Celle présentée aujourd'hui doit dater de la toute fin des années 20 ou du début de la décennie suivante. Elle est équipée pour la compétition. Ceci ne saute pas aux yeux mais le pot réduit à sa plus simple expression est le signe principal de cette préparation.

Panther Phelon & Moore
Anglaise atypique

Bon, cette guerre mondiale, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?

L'autre jour, j'étais chez une copine qui a des enfants[1] âgés d'une vingtaine et quelques années. J'ai profité de leur présence pour leur demander s'ils étaient prêts à rejoindre l'armée française pour défendre le pays, la patrie, ses valeurs et toutes ces sortes de choses. Ils n'y sont pas prêts du tout.
Je leur ai demandé s'ils étaient inquiets de l'éventualité d'une guerre engageant la France et là, ils ont répondu que oui mais qu'ils ne prendraient tout de. même pas les armes pour défendre Macron.
Et pourtant, selon les propos de Raphaël Glucksmann rapportés par l'Obs en 2025, il nous faut nous préparer à une guerre contre la Russie d'ici 2029. Je ne suis pas du genre à prendre la défense de Poutine et à penser qu'il ne nous veut que du bien mais, pour l'heure, il me semble que la personne la plus dangereuse sur notre planète reste Trump. Maintenant, si l'on imagine que Poutine va gagner sa guerre contre l'Ukraine, on peut aussi imaginer qu'il ne s'arrêtera pas là et qu'il cherchera à regagner les pays sortis de l'influence soviétique pour refonder une forme d'URSS. Dans ce cas, l'Europe devra bien défendre la Pologne, les pays baltes, l'Allemagne. Sans doute.
Avec Trump, nous sommes plus proches d'une guerre de tous contre tous et de tous contre les États-Unis d'Amérique. Le monde entier contre Trump.
Moi, je ne suis pas trop chaud pour aller faire la guerre. Et puis, je suis vieux et réformé P4[2]. Et puis, si on me demandait mon avis, je dirais volontiers que la guerre, je n'en ai pas envie, que ça m'ennuie, que ça ne m'arrange pas.

Le pays est prêt pour faire la guerre
Moto de guerre victorieuse

Notes

[1] une fille et un garçon

[2] en gros, je suis fou

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