Le bradypus, ou paresseux, vit en Amérique centrale et du sud. C'est un animal lent, d'apparence placide. S'il ne semble pas bien méchant ou dangereux, il convient de noter que sa conversation est ennuyeuse et qu'il n'a pas grand chose à dire à propos de la coupe du monde de football. Moi non plus. C'est un animal qui vit dans les arbres où il trouve aisément les feuilles dont il se nourrit.
Autrefois, il y a tout de même quelques millions d'années (un peu plus ou un peu moins), le continent américain était constitué de deux parties bien dissociées. Entre ces deux parties, il y avait de l'eau. Alors, s'il était possible que les oiseaux passent d'une terre à l'autre, les animaux terrestres, eux, étaient cantonnés qui au nord, qui au sud. Et cela causait beaucoup de tristesse chez les animaux avides de voyage et de découvertes de paysages inconnus.
Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'à une époque, ce que l'on nomme aujourd'hui Amérique du Sud s'est retrouvée séparée de l'Amérique du Nord après que ces deux territoires s'étaient détachés de l'Afrique. Sur ces territoires, au départ (qui a dû durer un peu), la faune de ces Amériques étaient celle que l'on trouvait en Afrique. C'est logique, finalement. Et alors, bon, voilà que, profitant des caprices de la croûte terrestre, les terres prennent leur indépendances les unes des autres. Bye, bye, on file plus à l'ouest !
Le voyage prend son temps mais toujours est-il qu'à partir du largage des amarres, les animaux sont bien obligés d'évoluer à leur manière d'un côté et de l'autre de ce qu'il convient bien d'appeler désormais océan Atlantique. Il faut noter qu'en ces temps lointains, les moyens de communication, téléphones satellitaires, Internet, ou même câble télégraphique trans-océanique, n'étaient encore que de vagues idées mal définies. Enfin bref, chacun vit sa vie comme il l'entend et personne ne trouve à y redire pendant pas mal d'années.
Et puis, un matin, voilà que les deux sous-continents américains se rapprochent et qu'un passage s'ouvre entre le sud et le nord. Pour pas mal d'animaux, c'est une aubaine ! Enfin, on va pouvoir voir du pays, retrouver les cousins perdus de vue, faire du tourisme. Du côté de Panama et de son isthme, c'est le grand chassé-croisé, il y en a qui montent, d'autres qui descendent. On peut supposer qu'il y a dû y avoir un peu comme des embouteillages mais les chroniques de l'époque ne nous sont pas parvenues. Cet événement a un nom, c'est le "Grand échange faunique interaméricain" (ou Great American Interchange) et on en apprendra plus ici que sur ce blog.
Et alors, c'est là que ce qui semblait être l'ouverture sur une nouvelle ère pleine de promesses réjouissantes tourne au cauchemar. C'est que, du sud comme du nord, à force de diverger n'importe comment, l'équilibre qui avait été, bon an mal an, trouvé entre prédateurs et proies est bouleversé et que ça dégénère. Certains qui se pensaient peinards se font croquer par des méchants débarqués d'on ne sait où, de vils étrangers, des "pas comme nous". Si je n'ai pas tout à fait tout compris des tenants et aboutissants de toute cette affaire, il me semble qu'il y a eu du chambard et d'âpres luttes de part et d'autre.

Mais revenons à notre sujet

Alors que les ancêtres de nos paresseux pouvaient être vraiment plus gros et qu'ils ont eu l'idée d'aller en Amérique du Nord pour voir si les feuilles y étaient meilleures (au passage, je ne peux pas passer sous silence qu'un paresseux actuel se déplace à la vitesse de dix mètres à l'heure et que le voyage à dû prendre plusieurs générations), on se prépare à donner un nom un peu moins péjoratif. Il faut reconnaître que personne n'aime se faire traiter de paresseux ou de fainéant. Et donc, on s'arrête sur aï. Personnellement, je pense que l'on aurait pu trouver mieux et, toujours à mon avis, je me dis que si l'on avait vraiment voulu se débarrasser de ce qualificatif peu reluisant de "paresseux", on aurait pu ou dû faire un peu plus d'efforts. Finalement, il aura fallu attendre 1842 et Owen pour qu'un nom correct soit trouvé avec "Phyllophaga".

Mais revenons à notre sujet une fois de plus

Au départ, il y a eu une connaissance qui m'a envoyé un lien vers un site émanant du département du Loiret (France) et qui n'est pas sans rapport avec le aï pour peu que l'on soit anglophone plutôt que francophone. Je m'explique. Cette connaissance, graphiste, me communique un lien vers un site Internet se proposant de créer des illustrations à l'aide de l'Intelligence Artificielle (IA en français mais bien AI en langue anglaise). Alors, me suis un peu amusé avec la chose et cela a donné deux images que je vous montre ci-après.




Chacun se fera son idée sur la question et, au choix, sera émerveillé ou effondré. Sur le principe, c'est simple. Vous entrez des mots-clés et le système vous sort une image. Ce n'est vraiment pas le meilleur générateur d'image existant et il en est qui vous font de l'imagerie de haute volée. Pour mon correspondant, cette AI est une vraie menace pour les illustrateurs, photographes, peintres et autres. Et il est vrai que, bientôt peut-être, il sera facile de produire des illustrations tout à fait convaincantes de quelques clics de souris. C'est le progrès, c'est de la haute ingénierie, c'est fabuleux. Je ne suis pas contre.


Vous pouvez expérimenter la chose en allant sur cette page.