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dimanche 19 novembre 2017

AC/décès


C'est avec beaucoup de tristesse que nous apprenons le départ trop tôt survenu de Malcolm Young, co-fondateur du groupe rock AC/DC. Atteint de "démence", il avait dû être écarté du groupe en 2014. Des trois frères Young ayant participé à l'aventure du groupe, il ne reste donc plus que le plus jeune, Angus, le guitariste au costume d'écolier bourré d'énergie et au style si caractéristique.
Or donc, une fois de plus et alors que notre Johnny national est mal en point, alors aussi — et c'est peut-être pire encore — que Dick Rivers semble ne pas se porter trop mal, c'est le monde du rock qui est en deuil avec la disparition de ce plus si jeune Young là. AC/DC, ça a d'abord été un groupe que j'ai aimé détester. Faut vous dire que c'est un groupe que j'ai découvert au sortir des années 70 alors que mon cœur battait bien plus pour le punk et le reggae que je découvrais alors avec Bob Marley. Curieusement, moi qui ai eu une amorce de "culture musicale" basée autour de groupes de rock et hard-rock comme Deep Purple, Pink Floyd, Led Zeppelin ou Johnny Hallyday, je rejetais un peu tout ça (sauf Pink Floyd tout de même) pour aller à la rencontre de musiques que je considérais alors comme plus "authentiques". Et non moins curieusement, c'est ainsi que je suis revenu vers ce que je cherchais à m'éloigner. Le punk et le reggae m'ont conduit vers d'un côté le blues (le vrai, celui des origines) et vers des groupes comme les Pogues ou ceux de ce que l'on a appelé la scène "rock alternatif" française, les Bérurier Noirs puis la Mano Negra et bien d'autres. C'est alors que je me suis intéressé à ces groupes que j'avais injustement écartés et que je suis revenu écouter un peu ce qu'avaient fait AC/DC ou les Ramones durant tout ce temps.
Parce que quoi qu'on puisse dire, il me semble indéniable que, pour le moins, AC/DC est un groupe que l'on peut qualifier d'efficace. S'il n'y a pas l'aspect revendicatif voire politique que j'aime toujours dans des musiques comme le punk, le reggae, le ska, le blues ou tout ce que je m'autorise à mettre dans le même sac, il y a cette énergie simple et efficace qui est bien là.
Mes goûts musicaux sont assez éclectiques. Je peux apprécier le Jazz comme Barbara, Brel comme Goran Bregovic, Pink Floyd comme ZZ Top, Higelin comme Coltrane, Thiéfaine comme Bach ou Beethoven. Dans le même temps, et je le reconnais, quelque part je n'ai que faire de la musique. Je n'en fais pas une affaire. Ce n'est pas essentiel dans ma vie. Je peux très bien durant une assez longue période me contenter d'écouter ce qui passe sur France Inter. J'accepte de subir des musiques ou des artistes que je n'aime pas juste parce que je sais qu'une chanson ne va durer que quelques minutes. Bien sûr, j'ai aussi quelques véritables aversions pour certaines musiques ou artistes qui me font baisser le son mais, d'une manière générale, je suis assez "bon public". Cependant, il y a aussi des groupes, des artistes que j'aime vraiment et que j'ai toujours plaisir à réécouter.
Mais je m'égare. Le sujet est bien la mort de Malcolm Young et AC/DC. Ce matin, j'ai écouté du AC/DC. Pas les récents que je ne trouve pas spécialement intéressants mais les bons vieux albums, ceux de quand j'étais jeune, ceux qui agissent directement sur le centre des souvenirs de dedans ma boîte crânienne. Faut le reconnaître, ça peut tout de même être étrangement bon, AC/DC. Possible que ce soit justement le fait que je sois en territoire connu qui fait que j'apprécie ça. Je n'ai pas d'effort à faire. Je n'ai pas à découvrir. Je n'ai pas à écouter réellement, au fond. Je connais, il n'y a pas de surprise, je peux me contenter de me laisser porter par la musique.


Parfois, il m'arrive de me demander quel intérêt je peux encore trouver à écouter des albums archi connus. Hormis la facilité, je me demande. Je ne dois pas être assez curieux. Heureusement, dans un certain sens, j'ai un frangin qui, lui, l'est, curieux. Alors, il arrive qu'il me fasse découvrir des trucs. Je n'aime pas tout mais il peut arriver que je me dise qu'un morceau, un artiste, soit intéressant et que je ne suis pas mécontent de l'avoir écouté. Il arrive qu'il me faille faire un véritable effort pour apprendre à apprécier un disque. Il faut apprendre à sortir de sa zone de confort, comme on dit. Ce qui est pratique avec AC/DC ou ce genre de groupes à la musique "efficace", c'est bien que ça ne demande pas à ce que l'on réfléchisse trop. Si on aime le rock, c'est bon. Ça suffit.
Je disais que j'avais des goûts éclectiques. C'est vrai mais ça n'empêche pas que j'ai tout de même des préférences parmi tous les styles musicaux. Le rock fait partie de ces préférences. Et ces préférences font que si je devais constituer une petite discothèque, il y aurait très probablement un ou deux disques de AC/DC dedans.

vendredi 9 décembre 2016

Let's Punk Again


Il faut tout de même qu'il n'y ait pas grand chose de notable à se mettre sous la dent, dans l'actualité, pour que des journalistes se résolvent à fêter son quarantième anniversaire au mouvement punk. Evidemment, il ne se passe rien de bien important de par le vaste monde et il faut bien que les bulletins d'informations aient une petite raison d'être. Alors, finalement, pourquoi ne pas célébrer le mouvement punk ? Aujourd'hui, on m'a appris que Kirk Douglas fêtait ses cent ans. Je lui présente toutes mes excuses, je le pensais mort depuis lulure.
Donc, le punk aurait quarante ans. Ah ? Bon. Si on le dit. Je n'ai pas compris ce qui aura été retenu comme date de naissance de ce mouvement, aussi ferai-je confiance aux journalistes qui, eux, souvent savent. J'ai l'âge d'avoir été jeune au moment où le punk anglais, les Sex Pistols et les Clash, sont arrivés dans l'actualité française. Mine de rien, ça m'a marqué. J'aimais bien ce bazar baroque et anar qui ne respectait pas grand chose, rotait et buvait de la bière en proférant des insultes et des grossièretés pires qu'un vieux cacochyme atteint du syndrome de Gilles de la Tourette. Oh qu'ils étaient vilains et malpolis, ces jeunes mal habillés ! On les a dit nazis, on les a dit drogués, on les a dit dangereux pour la jeunesse et on aurait mieux fait de ne rien en dire du tout et d'écouter leur musique !

Quarante ans de jeunesse

mercredi 4 mai 2016

Concert pour le temps présent


C'était hier soir et à l'Agora de Boulazac. Thierry Balasse et la compagnie Inouïe étaient déjà venus pour une ré-interprétation de morceaux musicaux de Pink Floyd. Cette fois, c'est Pierre Henry qui était à l'honneur. Trois pièces étaient présentées. Deux de Pierre Henry dont une écrite spécialement pour le spectacle et une écrite par Thierry Balasse. Mais bien entendu, ce que tout le monde attendait, l'œuvre qui était déjà connue, celle qui existe dans notre mémoire collective, celle que l'on connaît, que l'on a déjà entendue mais dont on ne sait souvent rien, c'était la Messe pour le Temps Présent.
Pierre Henry, c'est l'un des fondateurs de la musique concrète et de la musique électroacoustique. Il est né en 1927 et longtemps il a donné des concerts chez lui, dans sa maison, à raison de deux concerts par jour que l'on pouvait écouter dans la cuisine ou dans la chambre dans un bureau ou un autre. J'envie les personnes qui ont pu goûter l'expérience. Il continue à composer, à chercher, à expérimenter. Un grand Monsieur de la musique, c'est chose certaine !
Je ne vais pas dire tout le bien que je pense du spectacle donné par Thierry Balasse et la compagnie Inouïe. Je vous conseille juste de vous renseigner et d'aller voir et écouter dès que ça passera à portée d'oreilles. Vous trouverez des renseignements sur ce spectacle à cette adresse. Si je ne vais rien en dire, je vais vous donner à voir un peu avec une sélection de photos.
À noter : Thierry Balasse nous apprenait à l'issu du spectacle que la représentation prévue à Argenteuil, commune dirigée par le "les républicains" Georges Mothron, avait été annulée sans raison autre que celle qui laisse supposer que ce Mothron n'aime ni Pierre Henry ni la Compagnie Inouïe et malgré un contrat signé. La connerie existe bien à Argenteuil, donc.

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

Concert pour le temps présent

dimanche 4 octobre 2015

Un violon extirpé des entrailles du disque dur


Des fois, il arrive que l'on fasse des photos et qu'on les oublie. Hier, en faisant du ménage dans un disque dur, je tombe sur une image que j'avais écartée, sans y prêter attention. Elle date de l'an dernier. Je visitais une exposition et la journée se terminait avec une sorte de pot de l'amitié assez quelconque. Je me souviens qu'il y avait des mauvaises chips et du mauvais vin de Bergerac. Mais il y avait deux musiciens qui avaient en charge de proposer une animation sonore. C'est très ingrat, comme exercice, je pense. J'avais remarqué que peu de personnes faisaient attention à ces deux musiciens. Elles préféraient se battre pour avoir un verre plein.
J'écoutais la musique et j'avais envie de partir. J'étais venu avec un couple d'amis, il me fallait attendre qu'ils décident de s'en aller. J'étais venu avec mon appareil photo. Pourquoi avais-je écarté cette photo ? Je n'en sais trop rien. Peut-être ne l'ai-je pas trouvé suffisamment bonne. Elle n'est pas extraordinaire, c'est une chose entendue. Elle est presque trop facile, il y a ce regard insistant, presque suppliant. Là, il n'est pas possible de penser à une photo volée. Le sujet est tout à fait conscient du fait que je vais déclencher. Il voit le gros objectif pointé vers lui. Je me souviens que j'avais été fainéant. Il aurait fallu que je me place plus loin pour avoir un meilleur cadrage. C'était la fin de journée et je m'ennuyais un peu. Ce n'est pas une bonne photo en partie aussi parce que le violoniste est placé trop près du mur mais ça, je n'y pouvais rien. On avait dû leur dire de se placer là. Je n'ai aucun souvenir du style de musique qui était joué et je ne sais pas qui est ce violoniste. Et je me rends compte qu'en fait cette image ne raconte rien, n'évoque pas grand chose. Je pense comprendre pourquoi elle est restée durant plus d'un an sur ce disque dur sans en sortir. Je comprends aussi pourquoi elle n'a pas été jetée. Elle a quelque chose d'indéfinissable, peut-être quelque chose d'un peu dérangeant. Je continue à ne pas trop aimer cette image mais voilà que je suis retombée dessus et que, une fois encore, je n'ai pas pu me résoudre à la jeter. Bon. Elle me permet de faire un billet facile, c'est déjà ça.

violon