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jeudi 4 juillet 2013

Haïssons les objets

Nous connaissons tous des objets qui ne méritent que haine et mépris. Je vous en présente un.

De la gondole vénitienne qui trônait[1] sur le poste de réception de télévision, au charmant présentoir à huile-vinaigre-sel-poivre-moutarde qui enjolivait si délicatement les tables en passant par l'ignoble service à café de la tata Ginette, on a tous connu des objets maléfiques et ignominieux qui semblaient capable de vous arracher les yeux tellement ils étaient laids, moches et inutiles. Ces objets néfastes qui étaient autant d'atteintes au bon goût. Ces objets que l'on pouvait feindre d'avoir "malencontreusement" cassés pour, qu'enfin, on n'est plus à les subir.
J'en ai quelques uns, de ces objets. Parfois, ils se veulent décoratifs ; d'autres fois, ils prétendent être utiles. Dans tous les cas, ce ne sont pas tant les objets par eux-mêmes que leur(s) concepteur(s) qu'il faudrait vouer aux gémonies et exposer en place publique au pilori où ils seraient livrés aux crachats d'une foule exaspérée et aux quolibets d'une horde d'enfants[2]. Malheureusement, ces personnes nauséabondes se cachent, se terrent en quelque lieu tenu secret. On ne connaît jamais précisément le nom de ces inventeurs de malheur.
Il arrive que l'on sache le nom de celui qui, sinon a conçu le produit délétère, a permis sa diffusion. J'en sais quelque chose ! Je travaille dans une entreprise qui semble mener une guerre sans merci contre tout ce qui peut se rappr ocher de ce que l'on peut appeler le "bon goût". Je n'ose imaginer les malheurs endurés par mon employeur dans son enfance, les traumatismes forcenés auxquels il a dû être confronté, les problèmes psychiatriques qu'il a à combattre jour après jour, les rancœurs tenaces qui le tiraillent et le conduisent à semblables extrémités. Toujours est-il qu'en terme de "mochetés suprêmes", de "mochitude", serais-je tenté d'écrire, il en connaît un rayon. Et le pire, c'est qu'il en est pour acheter ces objets excrémentiels ! En plus des tares partagées avec mon patron s'ajoute une bonne dose de masochisme. C'est vilain et ça ne donne pas envie. Pouah ! Bêrk !

L'objet en question

La chose qui me préoccupe aujourd'hui est intéressante à plus d'un titre. Sous des dehors somme toute assez convenables se cachent la perfidie. De prime abord, on peut ne pas se méfier. A quoi semblons-nous avoir affaire ? A une tasse[3] qui peut servir à contenir quelque boisson comestible. Jusque là, il n'y a pas de quoi fouetter un chat.
chose ignoble
En y regardant de plus près, on s'aperçoit tout de suite que l'ustensile n'est pas imaginé pour les francophones. On se réjouit de ce que, pour les étrangers, la France[4] soit considérée comme impénétrable aux objets de mauvais goût. Mais passons. On remarque que l'engin n'est semble-t-il prévu que pour accueillir du "coffee"[5]. J'ai tenté une expérience. J'ai versé de l'eau dans le machin. Il ne me semble pas que ça l'ait détérioré. J'ai versé du thé dans le bidule. Il ne s'est pas désintégré. J'ai eu l'idée d'y verser de l'urine. Je n'avais pas envie de pisser. Imposture, donc ! Combien pariez-vous que le truc est décliné en plusieurs modèles portant chacun mention de la boisson qui lui est réservé ? Les salopards de marketeux ont plus d'un tour dans leur sac.

chose ignoble


On remarquera que ce que l'on est bien obligé d'appeler "tasse" est accompagnée d'une "cuillère". A sa tasse sa cuillère. Est-ce que l'on ne se fout pas de notre gueule ? Et si l'on perd la cuillère, on jette la tasse ? Non mais je vous le demande ! Jusqu'où ira la perversité de l'homme à l'encontre de l'homme ? De plus, cette "cuillère"[6] n'est pas en métal mais en quelque chose d'autre qui ressemble à la matière dont est constituée la "tasse". C'est très désagréable. Pour moi, un couvert se doit d'être en métal. En bois dans certains cas[7], en matière plastique en cas d'extrême nécessité. Jamais en céramique, en terre cuite, en porcelaine ! Jamais !
Mais je vous ai gardé le meilleur pour la fin. Imaginez qu'il y a eu un service "research and development" qui est à l'origine de l'horribilité présente. Ce service s'est réuni et à cogiter des jours entiers pour élaborer la chose. Et qu'a-t-il trouver ? Je vous le donne en mille : un ingénieux système qui permet de placer la "cuillère" dans l'anse de la "tasse". Si. La preuve que je ne vous mens pas en photo.
chose ignoble
N'est-ce pas là une ignominie savoureuse ? J'en ai la nausée.

Notes

[1] Au passé parce que avec les écrans plats, la mode a cessé.

[2] Qui auraient pourtant leur place au pilori eux aussi

[3] Un mug disent les fâcheux

[4] et ses anciennes colonies

[5] du café, quoi

[6] ou cuiller, je sais

[7] pour servir le caviar, par exemple

dimanche 12 mai 2013

Construction d'une vache

Souvent, on se demande comment commencer un dessin. Je ne sais pas comment font les autres dessinateurs. Il y a sans doute plusieurs méthodes. Chacun fait comme il le veut. Moi, je ne fais jamais de brouillon. Ou, du moins, très rarement. Habituellement, je prends une feuille de papier et je m'interdis de ne pas finir le dessin ou d'en commencer un autre. Je me permets de tout effacer et de recommencer mais pas de changer de feuille. Par contre, je m'autorise l'abandon. Un dessin qui ne vient pas peut partir dans la cheminée, il est bien rare que je le recommence.
Pour ce dessin de la vache Lolita, j'avais fait un brouillon. On me l'avait demandé. Je n'aime pas ça. Je me sens obligé de partir de ce brouillon pour faire le dessin final. Donc, j'avais commencé à encrer ce brouillon retravaillé et ça ne me satisfaisait pas. Je suis allé me préparer du café et en revenant, j'ai attrapé une nouvelle feuille de papier et j'ai tout recommencé. Je me suis amusé à numériser les différentes étapes de la réalisation de ce dessin. Maintenant, je vais essayer de le mettre en couleurs.

lolita vache
lolita vache
lolita vache
lolita vache

Et enfin, la version colorisée. Pas loin de deux heures pour en arriver là. Je comprends mieux pourquoi je déteste mettre mes dessins en couleur.
lolita vache

samedi 11 mai 2013

La vache ne va pas mieux

Bon. J'ai fait deux colorisations. Maintenant, je vais m'attaquer au troisième dessin. Je n'ai pas eu l'envie de dessiner, aujourd'hui. Je n'ai pas eu beaucoup d'envie. Tout de même, je me suis amusé à écrire un truc. Je ne sais pas jusqu'où ça ira et ce que j'en ferai. Il y a un début de quelque chose, ça c'est sûr. Je ne sais pas vers où diriger cette histoire. Je peux l'amener vers le rigolo comme vers le pas marrant du tout. J'hésite.

Donc, deux vaches en couleur.

lolita vache

Lolita vache

vendredi 10 mai 2013

Des nouvelles de la vache

Je n'arrive pas à travailler, ces temps-ci. Sans doute un problème d'organisation. J'ai l'impression de ne jamais réussir à terminer ce que j'entreprends dans des délais convenables. Comme s'il y avait toujours quelqu'un ou quelque chose pour m'arrêter dans mon mouvement. Du coup, le retard commence à s'accumuler et j'imagine que certaines commandes seront annulées. On verra.
En attendant, j'ai tout de même réussi à encrer deux dessins de vache et à commencer la colorisation de l'une d'elles.

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jeudi 2 mai 2013

Encore la vache

Etant donné que deux dessins ont été refusés, j'en ai fait deux autres.

lolita vache champagne

lolita vache statue de la liberté

Je vais continuer à dessiner un peu. En ce moment, il y a des travaux, à Azerat. On est en train de mettre des saloperies de bordures en ciment le long de la route. Peut-être en vue de faire des trottoirs ? Ce qui est chiant, c'est que ces travaux font du bruit. Il y a un engin qui tourne depuis ce matin et qui commence à me taper sur le système. Il faudrait que je trouve de la musique qui parvienne à couvrir ce bruit très désagréable.

samedi 20 avril 2013

La Vache, le retour

On m'a recommandé des vaches. Il y avait bien longtemps que je ne l'avais pas dessinée.

J'ai été obligé de chercher dans mes archives pour me souvenir comment elle était, cette vache. On m'a passé commande de dessins. Au départ, il y en avait pas mal à faire. J'ai donné un tarif et alors, il n'y en avait plus aucune à faire. Pour dire la vérité, je n'avais pas une folle envie de reprendre ce personnage. Alors, j'avais annoncé un prix quelque peu dissuasif.
Je pensais l'affaire enterrée et puis on m'a relancé. Pour moins de dessins mais au tarif réclamé. Finalement, ce n'est pas une mauvaise affaire. Il m'a donc fallu reprendre le crayon et réapprendre à dessiner cette vache. C'est revenu assez vite, finalement. On m'a demandé de faire parvenir des "roughs" des premiers dessins. Ça m'agace beaucoup que l'on soit obligé de me demander cela en anglais et aussi que l'on me demande de faire des croquis. D'autant plus que l'on ne me donne aucune indication sur les dessins à faire hormis les thèmes à explorer. Pour moi, un croquis, c'est un croquis. Il ne faut pas qu'il soit trop travaillé. Alors, je ne les ai pas trop travaillés. On voit l'idée du dessin et ça suffit bien comme ça.

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mercredi 6 mars 2013

Monsieur D.

Monsieur D. est un homme. Je ne peux guère en dire plus à son sujet. On m'a fait promettre de me taire et je ne tiens pas à ce qu'un contrat soit mis sur ma tête.

On m'a demandé un service bizarre. Je ne suis ni coiffeur ni posticheur mais on a pensé à moi pour ajouter des cheveux sur une tête. Bizarre, non ?
La personne qui m'a demandé ce service n'est pas Monsieur D.. Je ne peux pas non plus dévoiler qui est le passeur d'ordre. Du coup, je me retrouve dans la situation de quelqu'un qui doit raconter une histoire en taisant ce qui en fait tout le croustillant. C'est un challenge.

Donc, une personne sait que je tripatouille un peu Photoshop. Comment l'a t-elle appris ? Je ne le sais pas et ne peux donc pas le dire. Il n'empêche qu'elle le sait et qu'elle m'a demandé d'ajouter des cheveux sur la photo de Monsieur D. En raison de son âge et de l'effet de la testostérone, une partie des cheveux de Monsieur D. sont tombés et n'ont pas été remplacés par d'autres. Je tiens ici à rappeler qu'il est normal de perdre ses cheveux. Le cheveu a une vie et une mort. Il croît et puis il tombe. Alors, un autre cheveu pousse. Sauf qu'il arrive qu'un autre cheveu ne prenne pas la place du cheveu chu. Peu à peu, la calvitie gagne d'abord les tempes puis le frontal avant de migrer vers le pariétal et l'occipital. C'est malheureux, ça fait froid à la tête, mais c'est comme ça. Passons.

Ce Monsieur D. a besoin de sa photo et il a été chagrin de voir que les cheveux venaient à lui manquer ici et aussi un peu là. Il a contacter une personne qui m'a appelé au secours. Moi, vous savez, je suis toujours prêt à rendre service. J'ai eu la tentation de mettre une coiffure "afro" ou une belle crête punk mais je me suis dit en mon for intérieur que cela n'allait amuser que moi. Et donc, avec quelques outils informatiques, j'ai procédé à une reconstitution capillaire du mieux que j'ai pu.
Dans un premier temps, j'en avais peut-être un peu trop rajouté et ça n'a pas plu. Une autre fois, j'avais forcé sur la teinture et ça n'allait pas non plus. Une autre fois encore, je n'en avais pas assez mis sur la gauche... J'ai fait un certain nombre de tentatives. Ça n'allait jamais. Et puis, on m'a expliqué ce que Monsieur D. attendait vraiment. Une légère teinture, c'est sûr ; mais aussi plus de chevelure juste là, sur la tempe gauche. Alors, j'ai fait comme ça. J'en ai profité pour lui faire un petit soin de beauté pour la peau, pour lui blanchir les dents et le blanc des yeux et d'enlever quelques marques disgracieuses sur sa peau. Mon contact est assez enthousiaste et me dit qu'il va proposer mon opération esthétique à Monsieur D.

Et là, je me pose deux questions. La première, c'est de savoir si Monsieur D. osera se présenter en personne auprès de celles et ceux à qui est destinée la photo. Parce que Photoshop, en vrai, ça n'a jamais ajouté de cheveux ou nettoyé une peau. Va t-il imprimer la photo et la porter comme un masque sur son visage pour donner le change ? Allez savoir. La deuxième question m'intéresse presque plus. Vais-je être payé pour ce travail ? Rien de moins sûr ! Je me demande si je ne suis pas un peu bête. Enfin moi, des cheveux, j'en ai encore un peu !

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