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lundi 16 septembre 2019

Marques belges et d'ailleurs aux Remparts d'Angoulême

Le 11 avril 1492 naissait Marguerite d'Angoulême dans cette même ville. Nous ne sommes pas là pour effeuiller la marguerite mais pour nous ébaubir à la vision d'antiques véhicules à deux, trois ou quatre roues voire, nous le verrons, à une roue et demi. En quelques photographies, nous parcourrons largement plus d'un siècle de réalisations mécaniques au service de la mobilité.
En ces premières années du 20e siècle, nous pouvons encore parler de pionniers. On en est encore alors à se tâter, à tenter des solutions, à rechercher des solutions. Le moteur est à l'avant ou à l'arrière, on hésite encore un peu sur la disposition des commandes, on ne sait pas s'il faut placer le volant à droite ou à gauche, s'il faut le mettre à plat ou dirigé vers le pilote. Un peu avant, on se questionnait même quant à la meilleure solution pour la forme de ce dirigeoir. Volant ou guidon ? Ce qui semble acquis, c'est que le châssis sera placé haut par-dessus les essieux. Pour l'heure, on n'imagine pas bien que l'on puisse descendre tout cela et pour encore longtemps, on monte en voiture.
Cela est aujourd'hui ignoré mais la Belgique a été un grand pays de constructeurs de motocyclettes et d'automobiles. La marque Minerva nous est encore un peu connue à travers ces véhicules construits un temps sous licence Land Rover reconnaissables à leurs ailes à pan coupé mais la marque est bien plus ancienne. Les jardins encerclant l'Hôtel de Ville accueillaient des représentantes de cette industrie belge. Dans l'ordre d'apparition, donc, une Minerva, une La Métallurgique, une Pipe et une Excelsior.

Minerva 1904
Metallurgique belge
Ceci n'est pas une fellation
Vue du poste de contrôle d'une Excelsior belge
Du côté des motocyclettes, la Belgique nous a donné de célèbres marques avec les Saroléa, F-N, Gillet Herstal ou, bien sûr, Flandria. J'ai dit que ces jardins étaient réservés aux marques belges. Aussi, on s'étonnera de la présence de ce charmant petit Mobyscooter attelé bien français. Une erreur ? Une tentative d'invasion ? Je me questionne encore.

Tintin pour le side-car Mobyscooter !
La Fabrique Nationale Herstal fabriquait des armes quand elle a commencé à ajouter des roues et un moteur. On pourra noter que l'anglaise BSA aussi produisait des armes avant de se lancer dans la motocyclette. Chez nous, Peugeot fabriquait des moulins à café ou à poivre avant de s'aventurer dans la locomotion et Terrot brillait dans le domaine des poussettes et landaus.

Motocyclettes belges
Gillet Herstal Super Sport
A restaurer
La dernière image montre certainement une motocyclette belge. J'ai quelque difficulté à l'identifier et je doute même qu'elle soit un jour de nouveau sur ses roues quoique les passionnés ne manquent jamais de m'étonner par leur pugnacité à reconstruire des épaves que l'on n'oserait même pas amener chez le ferrailleur le plus proche de crainte de se faire moquer.
Pour finir sur une note nettement moins belge deux images d'un intérêt discutable. Sur la première, nous voyons que cette année les Harley-Davidson se montrent en noir. Sur la deuxième, nous voyons une BMW nous prouver qu'une japonaise est bien plus belle et intéressante qu'elle.

Noir et chromes
Pas certain que la plus intéressante soit la BMW

mercredi 28 août 2019

Quelques Pétaroux

De passage par Thenon, les Pétaroux font une pause sur la place de la mairie. Ils sont nombreux et il n'est pas toujours simple de les photographier. Pour commencer, un Peugeot sx5 qui n'a pas remporté un grand succès commercial. Il faut reconnaître que ce n'était pas un cyclomoteur très intéressant. Ni très puissant ni très agréable à conduire, il ne faisait pas le poids face au 103 de la même marque qui bénéficiait d'un moteur plus élaboré avec son admission à clapets. Avec l'interdiction des cyclomoteurs à boîte de vitesses du tout début des années 80, sa production s'arrêta.

Peugeot SX5
Très courante en son temps, archétype du cyclomoteur populaire, une Motobécane AV79 dans son jus, comme on dit. La rouille lui va bien et elle semble complète.

Dans son jus
Beaucoup plus rare par chez nous, une Santamaria italienne. Je ne sais rien de ce petit cyclomoteur si ce n'est ce que l'on peut voir sur la photo. On sent la restauration appliquée et on imagine la joie de filer sur les petites routes à son guidon.

Santamaria S

lundi 26 août 2019

Les Pétaroux prennent Thenon d'assaut

Si, pour cette édition, je n'ai pas pu me rendre à la Cassagne, je n'ai pas raté tout à fait cette grande fête du cyclomoteur puisque si je ne suis pas allé à eux, ils sont venus à moi. C'était certain, les mobs allaient débouler dans Thenon. Sur la place de la mairie, des tables avaient été dressées avec des jus de fruit, du café, du pain et du pâté. C'est qu'à mi-parcours de la balade, il convenait de reconstituer ses forces au mieux. Le maire de Thenon était venu assister à l'envahissement fumant et pétaradant et les quelques badauds présents scrutaient avec une certaine anxiété l'arrivée de la horde hilare.


Mais bientôt, les premières pétarades se font entendre. Les Pétaroux arrivent ! Les voilà ! Ils sont là ! Ils sont nombreux ! ils filent à belle allure ! Ils sont déterminés ! J'ai mon appareil photo, la carte mémoire est vide, je vais pouvoir commencer à mitrailler. Voilà quelques images de la déferlante qui emplissait l'air d'une douce odeur d'huile 2 temps.







dimanche 28 octobre 2018

La Motobécane du dimanche du changement d'heure

mercredi 22 août 2018

La Cassagne saison 5

Jacques et Henri Boudet, Gilles et Denis Portal et Marcel Seurat créent en 1973 la société B.P.S.. En 1982, la marque disparaît. Bien connue et forte d'une solide réputation dans le monde de l'enduro, la marque aveyronnaise a produit des petites machines à moteur Minarelli qui faisait des envieux chez les jeunes des années 70-80. La loi scélérate qui interdisait les cyclomoteurs à vitesses sur les routes françaises brisait les rêves de ces jeunes. Du jour au lendemain, les Flandria, Testi, Kreidler et autres cyclos à vitesses devaient être requalifiés en vélomoteurs pour pouvoir encore circuler. Bien sûr, il fallait que le pilote soit titulaire d'un permis de conduire adéquat. Combien sont-ils ces cyclos à avoir été détruits faute de pouvoir être utilisés ? L'exemplaire de cette belle B.P.S. présent à la Cassagne faisait plaisir à voir.

BPS
En ces années de basculement dans une nouvelle décennie, celle des années 80, de la série "Dallas", des mauvais films français et de la mode vestimentaire à chier, on commence à proposer aux jeunes des petites motos qui ressemblent à des grandes. Ce n'est pas toujours très heureux, ce n'est pas souvent convainquant. Chez Honda, on crée la MB 8 pour répondre à la nouvelle législation française. Cette petite moto est basée sur la MB 5 que l'on pouvait voir à la Cassagne. Il me semble bien que c'est la première que je voyais là. Alors, certes, ça n'a pas été une révélation. Ce n'est pas une machine qui me passionne particulièrement mais, du fait de la relative rareté de la machine, j'ai considéré qu'elle méritait que je la prenne en photo.

honda MB5

Une machine qui n'aura pas fait la randonnée, c'est ce trois roues sur base Motobécane. Alors, d'abord, l'engin n'est certainement pas homologué et c'est déjà en soi une raison pour qu'il ne se promène pas sur route ouverte. La réalisation est tout à fait satisfaisante et de bonne facture. Maintenant, qu'est-ce que ça vaut en terme de performances et de comportement routier ? Le mystère reste entier. Il n'empêche que ce véhicule semble retenir l'attention des deux jeunes qui se voient sans doute déjà écumer les petites routes alentours pour rejouer un "Easy Rider" campagnard ou un "Mad Max" agricole, au choix.

trike artisanal
Parce que je ne m'en lasse décidément pas, revoilà la Motobécane la plus intéressante du plateau. J'aime à peu près tout sur cette machine. La question que l'on peut se poser est de savoir quelle peut être la vraie utilité d'un pareil engin. Est-ce que ça marche mieux qu'une Mobylette d'origine ? Est-ce que c'est plus confortable ? Est-ce que c'est plus utilitaire ? Sans doute pas. Pire, on peut avancer sans trop craindre de se tromper que tout cela ne sert strictement à rien sauf à se faire plaisir. Et le plaisir, n'est-ce pas le plus important ?

Motobécane plus belle qu'une Motobécane
Les constructeurs français ont eu du mal à comprendre cela et à accepter d'en tenir compte. En France, le cyclomoteur naît sous Vichy, en 1943. C'est dans l'immédiat après-guerre qu'il connaît son essor alors qu'il est question de motoriser les classes laborieuses au moindre coût. Populaire et rustique, le cyclomoteur avant tout une machine utilitaire simple d'utilisation et d'entretien. Trop radins, trop bêtes, les constructeurs français, Motobécane et Peugeot en tête, rechignent à moderniser leur production pour proposer des cyclomoteurs plus amusants, plus beaux, plus "jeunes". C'est dommage d'avoir raté ceci.

Tenaille motorisée
Celle-ci aussi nous l'avons déjà vue. Le secret n'a plus raison d'être, la mèche a été vendue, on sait que c'est une création du Prof Turbled qui fait les belles heures de ce blog. On applaudit encore une fois l'humour et la qualité de la réalisation !

secours aux victimes
A côté d'une "grosse" 125 Peugeot TA des années 50, une frêle Motobécane était en charge de procurer les premiers soins aux blessés. Ce petit poste hospitalier motorisé équipé des équipements les plus à la pointe — perfusion, scanner à circonvolution inverse, bistouri à plasma modulaire, et moteur à réduire les fractures — était piloté par une infirmière que je vous présenterai sans doute un autre jour…

lundi 20 août 2018

La Cassagne 2018

Cette année, le thème retenu pour cette grande fête de la Mobylette était "La Septième Compagnie". Je ne vais pas revenir sur cette série de trois films de Robert Lamoureux à l'humour bien franchouillard qui a fait rire la France des années 70. Il était donc demandé aux participants de cette fête organisée par "les Pétaroux à la Noix" de venir déguisés selon ce thème. Nous avions donc un étalage de militaires kakis casqués.
L'idée d'intégrer l'esprit militaire à cet événement pouvait faire tordre le nez à tout bon antimilitariste. Heureusement, l'humour permettait de faire passer la pilule. Ce même antimilitariste se réjouissait de ce que tous n'avaient pas souhaité s'associer au thème en choisissant des déguisements bien moins belliqueux. L'humour et le militaire n'ont jamais fait très bon ménage. Que peut-on faire d'autre que de ridiculiser les militaires pour faire rire avec la guerre ? Ceci dit, à la réflexion, il me semble bien que les militaires n'ont besoin de personne pour se ridiculiser.
Donc, du militaire, de l'humour… et de l'imagination. Si certains avaient choisi l'uniforme, d'autres tablaient sur l'accessoire guerrier. Ici nous avions la caisse de munitions, là le fusil accroché au cadre. Quelques participants ont eu l'idée d'ajouter une ou deux roues à leur cyclomoteur pour tracter des armes de destructions massives comme nous le montre cette photo :

Mobylette de guerre
Parfaitement dans le thème, cet engin venait de Corrèze. Bien évidemment, la machine guerrière est factice. L'ingénieux concepteur de la chose que j'ai pu rencontrer affirmait que tout était construit avec des éléments de récupération. Un vélo, quelques morceaux de tube, un bidon en plastique… L'ensemble faisait bien illusion.
Je le disais, tous n'ont pas souhaité jouer le jeu et sont venus avec leur cyclomoteur "de tous les jours" comme TAZ, venu du Lot voisin, avec sa Peugeot 103 de toute beauté. Malheureusement, la fidèle machine est tombée en panne au trentième kilomètre de la randonnée longue de quatre-vingts.
Quelques cyclomoteurs plus rares étaient présents à l'image de cette Cazenave girondine qui n'avaient rien de militaire.

Plus beau cyclomoteur
Cazenave

La fête était belle, le soleil était au rendez-vous, l'ambiance était à la bonne humeur généralisée mais on devait regretter la chute de trois cyclomoteurs survenue on ne sait comment. On supposera que nous avons là un exemple de ce que l'on appelle "l'effet domino". La première machine aura poussé la deuxième qui aura entraîné la troisième. On ne répétera jamais assez combien il est important de s'assurer de la bonne stabilité du cyclomoteur à l'arrêt. Il est vrai qu'il aurait sans doute été prudent de placer une planchette sous la béquille. Heureusement, nul blessé n'est à déplorer. Il ne semble pas que les machines aient été gravement endommagées.

Le drame
Déjà présente l'an dernier, cette Motobécane méritait bien d'être de nouveau photographiée. De toutes les machines présentes, il n'est pas impossible que ce soit celle qui me plaisait le plus.

Motobécane d'exception
Initialement strictement réservée aux cyclomoteurs d'avant 1980, la fête de la Cassagne s'ouvre chaque année un peu plus à d'autres formes de véhicules. Cette année, nous avions droit à des tracteurs anciens, à quelques camions, à des engins militaires, à quelques voitures américaines, à des automobiles plus ou moins "de collection". Parmi ces dernières, une Renault 8 S bien restaurée si ce n'est le crochet d'attelage qui, à mon avis, est en trop. Je me suis demandé si ce n'était pas là la voiture d'un participant qui aurait amené son cyclomoteur en remorque. Ce n'est pas impossible et, en ce cas, cela excuserait la petite faute de goût.

Renault 8 S

lundi 28 mai 2018

Retour à Saint-Julien-de-Lampon

De temps à autres et bien que j'y répugne férocement en temps normal, il convient de faire le ménage, ne serait-ce que dans le disque dur[1] de l'ordinateur. Plus d'une semaine après l'événement qu'a été la tenue du rassemblement annuel du Motobécane Club de France à Saint-Julien-de-Lampon, il est grand temps d'en finir. Pour commencer, une image d'une Motobécane 500 "Superculasse" de la fin des années 30[2].

superculasse.jpg
Une vingtaine d'années plus tard, Motobécane et Motoconfort tentaient d'attirer la jeunesse en proposant une petite machine déclinée en 125cc et 175cc à l'apparence sportive. Couleur pétante, petit saute-vent, réservoir à échancrure, pas sûr que ça soit suffisant pour battre des records de vitesse. Certes, ces petites monocylindres culbutées sont aguicheuses mais, comme on dit, le ramage ne vaut pas le plumage.

175 ZS
Et puisque l'on en est à parler de plumage, que dire de ceci ? Oh ! Une vieille Motobécane ! Est-ce seulement si sûr ? C'est bien tenté, c'est même plaisant.

Motobécane

BFG

Il se trouve que le club BFG était lui aussi de passage par la Dordogne. L'idée d'utiliser un moteur d'automobile pour le placer dans un cadre de motocyclette n'est pas nouveau. On peut noter que l'inverse a également existé. Alors que la MF[3] choisissait le bicylindre de la 2cv (ou VIsa), BFG[4] portait son dévolu sur celui de la GS. Ces deux tentatives de "refaire" une moto française (cocorico) sont des échecs. On reprochera une esthétique spéciale, une finition fantaisiste mais aussi l'origine du moteur. Rouler sur une moto à moteur de bagnole ? Pouah ! Sorties des chaînes en 1982 pour les premières, les suivantes seront produites, à partir de 1983, chez Motobécane. En tout, quelques 600 motos seront fabriquées. Le couple du moteur permet de traîner un side-car dans de bonnes conditions et, de fait, nombreuses sont celles qui seront attelées.

BFG
BFG
BFG

Notes

[1] en fait un SSD

[2] du siècle précédent, bien sûr

[3] pour Moto Française

[4] initiales des concepteurs Louis Boccardo, Dominique Favario et Thierry Grange

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