Quand ça veut pas, faut pas trop s'enferrer dans l'échec, il faut savoir baisser les bras avec éloquence et se le tenir pour dit, je dis, des fois, quand vraiment, définitivement, ça veut pas

Je ne vais pas vous raconter que j'ai essayé toute la journée. Ce serait un mensonge. Tout de même, j'ai essayé. Comme hier, comme avant hier. J'ai même tenter de changer d'outil en me disant bêtement que le fidèle Pentel utilisé depuis le début des années 80, ce Pentel toujours fidèle au poste qui a bouffé des kilomètres de mine de crayon, ce brave Pentel, donc, puisque c'est de lui dont je parle, aurait pu être le responsable de cette panne. Bien sûr que non ! Il n'y est pour rien et son remplaçant n'a pas été plus efficace.
C'est marrant ces pannes. Elles arrivent sans prévenir. Je vous fais une série de dessins et tout va bien jusqu'au matin suivant où j'ai l'impression d'avoir la tête vide et la main inapte à tracer quoi que ce soit digne d'un peu d'intérêt. Dans ce cas, je ne le sais que trop, il ne faut pas insister trop. Juste un peu histoire d'avoir la conscience en paix mais pas plus. Il faut poser le crayon, jeter le papier au feu et passer à autre chose.
Lorsque j'ai de la chance, je me rabats sur la photo. En ce moment, je n'ai pas trop l'envie d'aller faire des photos en extérieur. C'est bête parce qu'il y a de bien belles images à disposition. Samedi matin, hier pour être précis, entre 9 heures et 10 heures, il y avait une bien belle brume dans la vallée avec juste la cime des arbres qui perçaient dans la purée de pois. Ah les belles photos que ça aurait donné ! J'ai été bête. Je me suis dit que ça pouvait attendre, que la brume serait toujours là après 10 heures. Je t'en fous, oui ! Elle était partie quand j'ai daigné m'intéresser à elle, la bougresse. Volatilisée, la brume matinale. Plus la moindre trace, plus rien, évaporée, la vaporeuse brume. J'en aurais mangé mon béret si j'en avais porté un. Il y a des jours comme ceux là où on comprend combien la photo est faite pour saisir l'instant. Ce n'est pas comme la photo en studio où vous pouvez prendre votre temps, déplacer les éléments. Allez essayer de déplacer une brume matinale dans un autre paysage, vous ! Pas possible. Rien à faire. Elle n'est pas du genre à se laisser embarquer dans un grand sac et à aller enjoliver un autre lieu. Ça ne marche pas comme ça. Elle veut décider de où et quand on la trouvera.
Et donc, pas de brume et pas de dessin. Alors, une photo du coupable, un bête porte-mine de chez Mitsubishi avec des mines de 0,7mm. Ça ne vaut pas le Pentel, je vous le dis pour le cas où vous voudriez vous équiper d'un ustensile de la sorte. Si j'en avais un à conseiller, ce serait le Pentel P205. C'est un outil fiable, bien équilibré, pas trop lourd, fin juste comme il le faut, pas regardant question entretien, pas fragile. Une merveille. Et si vous en trouvez un des toutes premières séries, de celles des années 70 ou du début des années 80, sautez dessus. Vous ne serez pas déçu.

Outil de malheur

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