Tentative de feuilleton collaboratif du mardi (19)

Alice, la rousse infirmière, Robert et Roland roulent vers Gaëlle. Coup de théâtre, ils sont interceptés. Coup de théâtre encore, ils se libèrent. Le téléphone sonne à la fin du précédent épisode et c'est Liaan qui nous dévoile la suite.

Alice répondit.

- Mmh.

- Colette ?

- ...

- Vous n'êtes pas Colette ! Qui que vous soyez, ne faites pas les malins.

Cloc !

Alice se tourna vers les présents et demanda à Colette :

- Je sais que c'était votre Organisation, peut-être même votre Patron !

Colette, tenta de cracher sur les chaussures d'Alice mais le gong tenu par Gaëlle mit fin à la tentative.

- Et je parie qu'il y avait un code de reconnaissance, une phrase à répondre...

Colette ne confirma pas, elle était repartie dans le cirage.

Roland, blessé rappelons-le, commençait a trouver le temps long et regrettait son lit d'hôpital où il était bien au chaud, avec vers six heures, la prise de tension et celle de la température, son voisin bien calme, sans doute bourré de sédatifs... Mais au fait, ce voisin ? Il était arrivé peu de temps après qu'il eut émergé du coltar où l'avait plongé cet "accident". Qui était-il d'ailleurs ? Roland essaya de se le remémorer ce voisin... Son aspect physique : un visage poupin sous des cheveux en brosse, jeune, 25 à 26 ans, Il venait visiblement du bloc opératoire et était endormi lors de l'arrivée de son lit dans la chambre, poussé par deux robustes infirmiers qui dirent à Roland :

-Voilà un compagnon de douleurs, qui ne vous embêtera pas pour le moment...

Un goutte-à-goutte dans son bras gauche, le patient n'avait aucune réaction. Lorsque la décision de partir de l'hôpital avec Robert, et l'infirmière rousse... comment s'appelle-t-elle ? Claire, Sophie ? Impossible de m'en souvenir... Roland commençait à rêvasser, les yeux mi-clos et Alice s'en inquiéta.

- Roland Verne ? Vous m'entendez Roland Verne ? Ouh, ouh ?...

Alice prit sa main et la tapota doucement :

- Alice vous parle, Roland !

Sorti de sa torpeur, Roland s'écria presque :

- oui ! Alice, voilà, c'est Alice !

- À la bonne heure ! Roland revient parmi nous !

- Écartez vous, vous-autres, demanda doucement Alice à cousine Gaëlle et Robert :

- Roland nous a fait un petit malaise, ce n'est rien mais il faudrait l'allonger et veiller à ce qu'il ne prenne pas trop froid.

Roland ne protesta pas et se retrouva allongé dans un lit douillet. Sa cousine, son infirmière et son copain se retrouvèrent dans la salle à moitié effondrée...

- Bon, ce téléphone ? On peut le faire parler ou pas ?

Cousine Gaëlle répondit que non, qu'elle était plus à même de ne se servir que d'un poste émetteur-récepteur radio...

- Moi, les nouvelles technologies...

- en plus, cette Colette a dû sécuriser son contenu, ...et sans code...lança Alice.

- L'émetteur-récepteur ! Mais voilà le moyen, non pas de faire causer ce téléphone, mais de pouvoir joindre le Q.G. Le Q.G., c'est ainsi que vous l'avez nommé tantôt, Madame Gaëlle ? demanda Robert.

- Oui, c'est ainsi qu'il se nomme, toujours, c'est étrange d'ailleurs, après tant d'années : la voix d'un Q.G. demandait à toutes les unités...

- Ce qui peut vouloir dire que nos trois lascars défunctés ne peuvent être qu'une unité, ou pas. Combien de personnes sont ainsi à nos basques ? Demanda Robert. Et il ajouta :

- au fait, ces macchabs ? On en fait quoi, et la famille Tartemolle, j'veux dire les Moyeux ? Bon, en attendant, allons voir cet émetteur-récepteur qui voyage dans le temps...

Alice et Robert suivirent Gaëlle vers la remise. Éclairée d'une pauvre lumière, Alice remarqua dans la pénombre une Jeep, une vraie fit remarquer Robert, en connaisseur...

- Pas une type M201 produite sous licence après guerre par Hotchkiss, une vraie ! C'est même une Ford.

Alice fut étonnée par les connaissances de Robert, le passionné de véhicules anciens.

- Comment se fait-il que cette Jeep, qui a participé au débarquement soit là, Madame Gaëlle ?

Gaëlle jeta un œil distrait sur l'auto et répondit évasivement :

- Un souvenir de plus... Ah, voici le poste de radio !

Et elle l'allume... Le récepteur-émetteur se mit doucement à chauffer, et émit quelque crachotement, et le trio entendit une voix qui venait de l'extérieur :

- Madame Labornez Gaëlle, vous êtes là ?

- Dans le hangar, j'arrive !

Gaëlle sortit et trouva deux gendarmes dont le plus grand demanda :

- Nous nous inquiétions, vous n'avez pas d'ennuis ? Rapport à un témoin qui...

- Le boulanger ! coupa sèchement Gaëlle.

- Je ne peux rien vous cacher, Labornez. Bref, il nous a appelés pour nous dire qu'il y avait eu comme un gros "Boum !" par chez vous, enfin de votre côté. Et en arrivant à votre domicile, nous trouvâmes deux véhicules automobiles civils, dont une ambulance... Pour quelqu'un qui n'a pas son permis de conduire, avouez que cela est suspicieux, on a du flair, nous autres !

- Ce n'est rien, le "Boum", c'était une porte claquée. Les voitures, c'est la famille qui est venue me rendre une petite visite...

À ce moment, Alice et Robert, vêtus de leurs effets d'infirmier apparurent.

- Voici l'ambulance, désignant les nouveaux arrivés, et la voiture noire est celle de mon cousin Roland Verne, qui se repose, car il a fait une longue route.

- Madame, Monsieur. Saluèrent les deux gendarme en rectifiant leur position.

- Si vous me dîtes qu'il n'y a rien d'extraordinaire à votre domicile, nous vous laissons, Madame Labornez !

- Je suis désolée de ne pas vous offrir un café, je suis tombée en panne de gaz...

- Merci, mais nous avons à faire par ailleurs, merci et au revoir Madame Labornez...

Les gendarmes repartis dans leur Renault 4, Robert demanda à Gaëlle :

- Votre nom de famille, c"est Labornez ? J'ai déjà entendu, ou lu ce nom là quelque part...

- Cherchez pas trop, c'est le nom de famille de Bécassine, qu'est-ce que j'ai pu l'entendre ce prénom dans ma chienne de vie, surtout à l'école, les enfants sont méchants... Ça me mettait dans une colère noire et c'est peut-être pour ça que je suis rentré dans les FTP...

Au moment où le trio rentrait dans la remise, la radio se fit entendre :

- Q.G. à toutes les unités... Q.G. à toutes les unités...

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