Moins ça va, plus c'est bon

Il y a des jours où j'en arriverais presque à me demander s'il n'y aurait pas quelque chose qui ne tourne pas rond, dans mon ciboulot.

Aujourd'hui, l'informatique a décidé de me mettre à l'épreuve. Rien de moins que trois redémarrages de serveur dans la journée. Rien n'allait. Des personnes qui ne parvenaient pas à s'authentifier, des logiciels qui ne voulaient pas se lancer, des courriers électroniques qui ne se relevaient pas plus qu'ils n'étaient envoyés. J'ai descendu et monté des escaliers, j'ai inspecté des logs, j'ai tenté des trucs et des machins. Finalement, je m'en suis sorti à peu près convenablement dans tous les cas. Et j'en viens à me demander si je n'aime pas un peu quand l'informatique me joue des tours.
Les gens sont bizarres. Lorsque le système informatique tombe en panne, ils ne sont pas loin de m'accuser de l'origine des maux. Ils ne semblent pas réaliser que la plupart du temps, tout fonctionne plus ou moins bien. Lorsque j'ai réussi à résoudre un problème, le temps d'un instant on en arriverait presque à me féliciter. Pas trop longtemps parce que je ne fais rien pour attirer la sympathie de mes collègues. Je me demande si ce comportement est normal. Je suppose qu'il l'est au moins autant que le mien. Pas plus.
Un problème informatique qui survient, ça me donne de l'occupation. Il y a un petit coup de stress pas désagréable. C'est un peu comme un jeu, une sorte d'énigme à résoudre. J'aime bien, en fait. C'est moi contre la machine, moi contre le système, moi contre le logiciel. Je me sens peut-être plus à l'aise dans les rapports avec le matériel et l'interface informatiques qu'avec les personnes vraies et vivantes. C'est un peu louche, non ?
Ceci dit, je connais des mécaniciens qui aiment prendre le pari qu'ils referont tourner cette saloperie de moteur, des bouchers qui semblent heureux de couper de la viande, des peintres qui ne sont heureux qu'avec leurs brosses et couleurs. L'homme n'est peut-être pas un animal social tant que l'on peut le prétendre. D'où la question qui me taraude depuis bien longtemps : l'homme est-il ce qu'il est physiquement et mentalement ou est-il ce qu'il est à travers ce qu'il produit, fabrique, imagine ou fait ? Hein ?

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