Une expérience aux limites du raisonnable

Ce que j'ai vécu, personne au monde ne pourrait le vivre. J'ai été le chercheur et le sujet de recherche, un cobaye consentant avec moi-même pour une expérience in vivo qui aurait pu mal se terminer si, dans un dernier sursaut, je n'avais pas pris mon véhicule pour aller acheter du café au supermarché. Durant plus de deux jours, j'ai accepté de me passer de café et je peux vous le dire, ça a été dur.
J'avais prévu d'en acheter vendredi. Je devais aller dans les environs de Périgueux pour travailler sur un site Internet et j'avais l'intention d'acheter du café et quelques bricoles de moindre importance en rentrant. Hélas, cela a pris plus de temps qu'envisagé et on m'a invité à manger et les magasins étaient fermés lorsque j'ai pris la route pour Azerat. Le lendemain, nous étions samedi et j'ai commencé à me rationner. Pas trop de café, il fallait faire durer. Je savais que je n'allais pas aller acheter de café ce jour là parce que, par habitude, je ne fais jamais de courses le samedi. Le dimanche, j'avais encore un peu de café. Je suis allé à Thenon et puis je suis allé voir une copine que je n'avais pas vue depuis quelques années. Faire des courses un dimanche, c'est contraire à mes idées politiques.
Lundi, je n'avais plus en matière de café qu'un fond de paquet absolument insuffisant pour me procurer ma dose matinale d'excitant. Pour je ne sais plus quelle raison, je ne suis pas allé en acheter ce lundi là. Puisqu'il était hors de question que je m'abaisse à en acheter un mardi (on a sa dignité), je m'en suis passé. J'ai essayé de remplacer la fabuleuse boisson par du cacao et du lait. Ça n'a réellement rien à voir ! Déjà, ça n'a pas le même goût. C'est bien le moins que l'on puisse dire.
Ce mercredi, nous étions mercredi. Le mercredi, je peux condescendre à me perdre dans les rayons d'une grande surface. Je me suis encore rabattu sur du cacao pour essayer de me faire lever les paupières de par-dessus les globes oculaires. Je ne sais pas ce qu'il manque au cacao pour que ça puisse me faire émerger au pays des vivants. Peut-être de la caféine ? Certainement. Quoi qu'il en soit, il était désormais exclu que je poursuive l'expérience plus avant. Elle n'avait que trop duré. Alors, j'ai pris l'automobile et je suis allé acheter des paquets de mon café habituel. Je suis rentré et là, je me suis fait du café fort, noir, âcre, puissant et je l'ai bu tout entier. Aussitôt, j'ai eu comme l'impression de me réveiller vraiment. La preuve est faite, le café est la boisson la plus essentielle à l'homme moderne.
Ma vie est palpitante.

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