Série - Angoulême

Préservons l'anonymat

Produite entre 1922 et 1926, la Citroën type C 5HP ressemble beaucoup à la première automobile produite par Citroën, la type A (il y a une certaine logique). La type A était une 10 HP, comme la type B qui lui succèdera. Là, sauf erreur de ma part, nous sommes en présence d’une type C. Capable d’un honnête 60 km/h, le bolide et son moteur de quatre cylindres à soupapes latérales de 12cv n’est pas taillé pour la course mais d’un autre côté, si l’on tient compte de l’absence de dispositif de freinage sur les roues avant, ce n’est peut-être pas plus mal. Pour ralentir, on avait pensé à disposer une pédale, celle de droite, qui agissait sur un frein en sortie de boîte de vitesses. Pour actionner les freins sur les roues arrières, il fallait actionner un levier. Puisque l’on parle du pédalier, si l’embrayage était bien à gauche, l’accélérateur, lui, était au centre.
Pas de freins avant, pas de pompe à eau (un ventilateur arrive à partir de 1925) mais un démarreur électrique et un allumage par magnéto en plus de l’éclairage électrique. La petite type C avait la réputation d’être extrêmement robuste et endurante et on peut le penser vu le nombre d’exemplaires encore présents alors que cette petite automobile affiche à quelques année près ses cent ans.

Citroën 5cv

Une Traction avant moins blanche et moins cabriolet qu'une récente autre montrée sur ce blog récemment

La Traction avant a marqué son temps et elle est aujourd’hui encore considérée avec respect et sympathie. S’il est correct de rappeler qu’elle a connu un désamour de la part du grand public fut un temps, parce qu’elle était trop banale, trop nombreuse, trop vieille, il ne lui a pas fallu longtemps pour attirer les collectionneurs amateurs et à se faire leur place dans les musées et autres salons réservés aux automobiles plus ou moins anciennes.
Dans la période qui couvre la fin des années 1970 et le début de la décennie suivante, si l’on n’en croisait pas à tout bout de champ, elles étaient encore quelques unes à être utilisées au quotidien. Les plus récentes affichaient une bonne vingtaine d’année et une allure qui était déjà bien datée. Oui, la Traction avant faisait vieillotte face aux Citroën CX, aux Renault 20 et 30, aux Simca Chrysler 1307 et 1308, aux 504 et 505 Peugeot. Cependant, elle avait une apparence que l’on pouvait qualifier d’intemporelle tellement sa carrière avait été longue et sa ligne identifiable à coup sûr.
Dans ces années 80 où la France vibrait à la mode des customs, des jantes larges et des ailes élargies, des couleurs vives, des améliorations de toute sorte, la Traction avant a été plutôt épargnée et ce n’est pas le cas des Juvaquatre, Aronde, Rosalie, 203 et 403, Celtaquatre et, pour faire simple, un peu de tout ce qui avait des roues et un moteur. Il y a bien eu des réalisations faites sur la base de la Traction mais, le plus souvent, la ligne générale était préservée.
Tour à tour voiture des catégories aisées puis des miliciens et gestapistes avant d’être celle des malfaiteurs, des taxis, des gens peu fortunés, la Traction avant a su tenir sa place jusqu’à l’arrivée de la DS qui lui donna le coup de grâce. Comment rivaliser face à ce monstre de modernité et de technologie ?
Aujourd’hui, elle parade souvent dans les rallyes automobiles, elle a sa place dans les salons et elle plaît toujours autant à celles et ceux qui l’ont connue comme à ceux qui la découvrent.

Traction avant Citroën

Phelon & Moore

Vous aimez la moto anglaise ? Vous appréciez les gros monocylindres ? Vous kiffez grave les motocyclettes étranges ? Les Phelon & Moore sont pour vous, ne serait-ce que pour leur nom déjà assez amusant. Plus connues par la marque Panther, ces motocyclettes sont célèbres pour leurs moteur à très longue course penché à l'extrême et servant de pièce maîtresse pour le cadre des machines.
De l'avis de personnes qui ont eu l'occasion de piloter ces machines, ce sont de braves pétochons qui marquent surtout pour le couple disponible plutôt que pour puissance développée.
Il n'en reste pas moins que certains modèles semblent miser sur l'esthétique plutôt réussie bien qu'un poil clinquante. Celle présentée aujourd'hui doit dater de la toute fin des années 20 ou du début de la décennie suivante. Elle est équipée pour la compétition. Ceci ne saute pas aux yeux mais le pot réduit à sa plus simple expression est le signe principal de cette préparation.

Panther Phelon & Moore
Anglaise atypique

Vaillante Grand Défi

Je n'ai jamais été grand amateur des bandes dessinées de Jean Graton. Je ne suis pas enthousiasmé par Michel Vaillant et par l'univers de ces BD. Je pense ne pas aimer les courses automobiles. L'an dernier, les Remparts d'Angoulême avait pour thème cet univers créé par Jean Graton. Pour tout dire, j'ai trouvé cette édition 2025 assez décevante. Oui, il y avait quelques Bugatti et j'ai un faible pour cette marque mais dans l'ensemble il me semble qu'il n'y avait pas vraiment grand chose à se mettre sous la dent par rapport aux quelques autres éditions auxquelles j'ai pu être présent en tant que curieux visiteur.
A côté des halles de la ville, il y avait un rassemblement d'automobiles qui m'étaient inconnues. Je ne les ai trouvées ni belles ni très intéressantes mais j'ai tout de même fait une image. C'est plus tard que j'ai appris, grâce à Internet et à wikipedia, que ces automobiles avaient été imaginées par Jean Graton et construites sur une base de Hommel (marque que je ne connaissais pas plus) à 16 exemplaires entre la fin des années 90 et le début des années 2000.
Elles sont équipées d'un moteur Peugeot que l'on peut trouver dans la 306 S16. Les caractéristiques laissent supposer que ces Vaillante doivent être assez efficaces mais elles ne m'occasionnent pas d'émotions particulières.

Vaillante Grand Défi
Hommage à Michel Vaillant dessiné par Jean Graton et construite sur une base de Hommel

Delage D6

Avec les Années folles[1] puis une partie des années 30 jusqu'à la Seconde Guerre mondiale, un peu partout dans les pays industrialisés, il se trouve des personnes suffisamment riches pour former une clientèle capable d'envisager d'acheter des automobiles très luxueuses, très chères et, il faut bien le dire, souvent aussi très belles.
La France a connu de nombreuses marques durant ces années fastueuses et Delage en a fait partie. La D6 croisée en 2025 à Angoulême est un bel exemple de ce que ces marques pouvaient faire. La concurrence était féroce entre constructeurs et c'était à qui en proposait plus. Dans l'écosystème de ces marques de prestige, il existait des carrossiers qui rivalisaient de savoir-faire et d'esthétisme. A ce jeu, bien sûr, peu étaient les marques ou carrossiers en mesure de jouer dans la cour de Bugatti.
Avec sa D6, Delage vise une clientèle de gens aisés qui n'a cependant pas les moyens de se payer la D8 qui est le vrai haut de gamme de la marque. La D6 reste assez sobre dans ses lignes et dans sa mécanique. Presque classique.

Delage D6

Note

[1] stoppées avec la crise de 1929

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