L'incinération, la vraie solution

L'idée d'installer un incinérateur en Dordogne est de nouveau dans l'actualité au sein du SMD3[1]. La dernière fois où il a été question d'installer un incinérateur à ordures dans le département a provoqué une levée de bouclier des opposants non pas tant à l'idée de l'incinération qu'à l'installation de cet incinérateur à proximité de chez eux. Il me semble que cette dernière fois, il était question d'une installation à Thenon. Alors, dans le coin, on disait que l'incinérateur, on n'en voulait pas. Une installation ailleurs, ça, du côté de Thenon (et Azerat), on n'était pas contre.
Pour le président du SMD3, il s'agirait cette fois-ci d'une installation proche d'une agglomération afin que l'on puisse utiliser la chaleur produite pour du chauffage collectif et de la production d'électricité. Ainsi, plutôt que de parler d'incinérateur à déchets, le projet serait une unité de valorisation énergétique. Cette euphémisation tient du foutage de gueule. Cependant, ne me faites pas dire ce que je ne dis pas. L'incinérateur, je suis plutôt pour. D'abord, l'enfouissement n'est pas une bonne solution. C'est comme mettre la poussière sous le tapis. On produit des déchets et on ne veut surtout pas les voir, on les met sous terre. Selon le président du SMD3 interrogé par Sud-Ouest, l'autorisation d'enfouir les déchets court jusqu'en 2033. Il faut réfléchir à l'après et cet après pourrait être un incinérateur.

Et là, je me dis que on joue "petit bras". Cet incinérateur pourrait être une unité de valorisation des déchets encore plus efficace si seulement on acceptait de l'utiliser aussi pour la crémation des morts du département. Les morts seraient utiles à la collectivité et, pour celles et ceux qui vivent une vie de parasite de la société, qui n'ont jamais rien fait de leur vivant, ce serait l'occasion d'être enfin utile à quelque chose. Si je prends mon exemple, je me dis que l'idée de servir la société une fois la mort venue n'est pas pour me déplaire. Enfin être utile ! Après tout, si l'on y réfléchit une minute, une dépouille mortelle n'est pas grand chose de plus qu'un déchet. On ne valorise pas suffisamment les morts. Bien sûr, ils font marcher le commerce de la mort. Il faut fabriquer des cercueils, des couronnes mortuaires, des pierres tombales, des plaques, des fleurs en plastique. Le chiffre d'affaire du secteur du funéraire pour 2015 est de 2,7 milliards d'euros pour la France. On a enregistré 627500 décès en 2024. Tous ces morts convertis en énergie aiderait bien à la transition énergétique.
Le SMD3 pourrait organiser une collecte des morts commune par commune[2]. Il y aurait des bornes de dépôt volontaire des cercueils et les familles seraient invitées à rendre un dernier hommage à leurs défunts dans un hall aménagé au sein de l'incinérateur. Enfin moi je lance des idées, il faut réfléchir à l'ensemble des solutions à imaginer pour rendre la chose acceptable par le plus grand nombre. Par exemple, il existe encore des personnes très attachées à l'idée de l'enterrement dans le cimetière communal, dans un caveau, avec d'autres membres de la famille. Pour celles-ci, il est important que l'on puisse, une fois l'an, penser à fleurir les tombes dans les frimas d'automne. Il convient d'éduquer, d'expliquer, de convaincre. Rien n'est impossible.
Il est simplement dommage, de mon point de vue, que l'on écarte du projet les plus petites communes. Il m'aurait été agréable de savoir un incinérateur à Azerat. J'aurais pu, le jour fatidique, m'y rendre à pied. Je suis favorable au commerce de proximité.

Notes

[1] Syndicat Mixte Départemental des Déchets de la Dordogne

[2] peut-être faudra-t-il renommer l'organisme en SMD4 pour Syndicat Mixte Départemental des Déchets et Décédés de la Dordogne.

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