vendredi 11 novembre 2016

On rentre du goulot

Faisons de l'art. Il y a un feu de bois dans la cheminée et une bouteille vide dans la cuisine. L'idée se fait jour et je fous la bouteille de verre dans les braises de bois. Le bois et le verre, ça fait bon ménage. On boit un verre et le ver à bois. Tout se tient, tout est là. Le verre pète, paf. Je récupère ce qui m'intéresse, le haut et le bas. C'est beau. Je place les lumières, j'attrape l'appareil photo, je déclenche. Deux fois. Je ne sais choisir entre ces deux images.

Bouteille
bouteille

mardi 1 novembre 2016

La source de vie en question

Cela ne fait pas de doute pour nombre d'entre-nous, l'eau a été l'élément fondamental de l'apparition de la vie sur notre planète Terre. L'eau est donc désormais considérée comme bénéfique. On en boit et c'est conseillé par la faculté de le faire, on prend les eaux, on s'y baigne, on se lave avec elle. On ne lui trouve des défauts qu'à la condition qu'elle soit polluée. Aujourd'hui, l'eau coule librement au robinet chez tout le monde et il arrive que pour se sentir mieux on aille en acheter des bouteilles. On choisit alors les eaux selon les bénéfices qu'elles sont sensées apporter. Bien.
Et pourtant ? Ne reculant devant rien et acceptant le pire sans rechigner, le Blog qui nuit (très) grave ! a décidé voilà plusieurs années de mettre en place une expérience scientifique au protocole clairement défini afin de comparer d'une manière à la fois honnête et indépendante l'eau et le vin de raisin. À cela une raison simple. Il nous est apparu suspect cet engouement pour la flotte que nos sociétés ont développé au cours des dernières décennies. Ce n'est pas si loin que l'on déconseillait de boire de l'eau. Bien sûr, l'eau était celle du puits, elle n'était pas ou peu contrôlée et elle pouvait le cas échéant provoquer maladies ou désagréments intestinaux divers. Mais tout de même, tout le monde buvait qui du vin qui du cidre ou de la bière et ne s'en portait globalement pas beaucoup plus mal.
Si je ne veux pas faire la promotion de la consommation alcoolique (quoique), je veux mettre en garde les hydropotes de ce que leur déplaisante manie leur peut être délétère. Et parce que je répugne à affirmer quoi que ce soit sans expérimenter et étudier le sujet, j'ai fait appel à la rigueur scientifique et me suis retroussé les manches. Je vous explique tout cela.

D'abord, je suis parti du principe communément admis selon lequel on peut faire vieillir le vin. Récemment, un homme connu affirmait avec sérieux qu'il convenait de laisser vieillir le bon vin de Pécharmant durant cinq longues années avant de le goûter. Si cela me semble sujet à caution, cela va aussi dans le sens de mes propos. Nous avons tous entendu parler de ces divins flacons que l'on laisse se bonifier pendant des dizaines d'années dans le Bordelais ou de ces vins oubliés par des générations d'abstinents qui se sont révélés être de délicieux nectars.
Donc, si le vin peut gagner à vieillir et si le vin est si néfaste à la santé, qu'en est-il donc de l'eau ? Pour cette étude scientifique, j'aurais pu me contenter d'eau du réseau communal mais alors, je le sens bien, on ne se serait pas privé de dénoncer la méthode et de refuser mes conclusions. Ainsi, j'ai choisi deux bouteilles achetées en deux commerces différents d'une eau de prestige, d'une véritable eau minérale de qualité française, d'une eau d'une source parmi les plus réputées des sources, l'eau de Vittel.
Vittel, pour les idiots qui lisent et ne savent rien, est une source coulant à Vittel, commune des Vosges et cité thermale depuis l'époque gallo-romaine. Ce n'est donc pas d'aujourd'hui que l'on empoisonne les gens avec ça. Mais n'anticipons pas sur les conclusions. Bref. Brrmmm... Donc, deux bouteilles d'eau de Vittel que j'ai précieusement conservées sans jamais les toucher afin qu'elles puissent prendre de l'âge sans interaction de quelque sorte avec l'être humain. Aujourd'hui est arrivée l'heure du constat. D'un côté, deux bouteilles de vin. Une de vin de Bordeaux, une de vin de Bergerac. Je débouche la première et la bois.
Glou, glou, glou... Ah ! Pas mal. Je m'attendais à moins pire mais ça reste buvable. Passons à la bonne bouteille. Tire-bouchon vissé, je tire. Plop ! Le bouchon est parfait, comme neuf. C'est bon signe. Je verse le bon vin de Bergerac dans un verre de cristal finement ciselé. Le nez est déjà plein de promesses. Je bois. Magnifique ! Je finis la bouteille et me sens au mieux de ma forme. Mieux même que je n'ai jamais été ! A n'en pas douter, le vin de Bergerac contribue à se constituer une santé de fer ! C'est scientifique, c'est prouvé.

Et maintenant, les bouteilles d'eau. Je ne vais pas vous mentir, je ne me suis pas senti le courage de les goûter. Je vous laisse seuls juges. Seriez-vous assez fous pour boire l'eau contenue dans ces bouteilles présentes sur la photographie suivante :

Bonne eau par la bande
Voyez ces bouteilles déformées par le poison qu'elles contiennent ! Voyez cette poussière qui s'est développée anarchiquement quant elle sait se déposer avec bonheur sur des bouteilles de vin. Nul besoin d'être d'une intelligence particulièrement développée pour comprendre que l'eau n'est peut-être pas si bonne que ça pour notre santé. Alors la question se pose d'elle-même. Quel puissant lobby occulte est derrière toute cette mascarade et à qui profite le crime ? Qui ou quoi ? L'invasion aurait-elle déjà commencé ? Un complot serait-il ourdi dans l'ombre ? Et dans quel but, au juste ? J'ai ma petite idée sur tout cela mais vous comprendrez que je ne puisse rien dévoiler tant que je ne suis pas certain de pouvoir assurer mes arrières. J'ai contacté la presse (celle qui n'est pas aux ordres) et lorsque le scandale éclatera à la face incrédule du monde, on comprendra.

mardi 31 mai 2016

L'attrape-poussière

Les ménagères ne me démentiront pas, l'ennemi, c'est la poussière. Déjà dans les grottes et abris-sous-roche, des peintures pariétales aujourd'hui effacées l'attestent, Madame préhistorique faisait la chasse à la poussière et aux moutons pendant que Monsieur son époux chassait le phoque et le mammouth pour le barbecue organisé à l'occasion de la fête des voisins. Dans son ouvrage traitant de la question, Platon explique combien la poussière était à l'époque un problème insoluble dans le vin en plus de provoquer des allergies dues aux acariens. Plus près de nous, les archives nous enseignent que Louis Padelle avait déjà déposé un brevet d'avaleur à poussières imaginé autour de poumons de bovins actionnés par un puissant ressort que l'on remontait à l'aide d'une manivelle de bois de palissandre. En 1901, et wikipedia vous le confirmera, un ingénieur britannique du nom de Hubert Cecil Booth invente l'aspirateur motorisé. Dès lors, les savants n'ont de cesse de perfectionner l'appareil afin de toujours mieux aider la ménagère à faire place nette et aujourd'hui, après l'aspirateur sans sac, elle peut se reposer sur le robot autonome qui se promène seul à la recherche de la moindre particule poussiéreuse avant de revenir à sa base pour faire le plein de bonne électricité nourricière. La modernité fait rage et on se demande bien où s'arrêtera le progrès.
Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de la notion de sérendipité. Vous n'êtes pas idiots, je suppose que oui. Enfin on ne sait jamais, il faut être prudent. La sérendipité, c'est la joie du fainéant et de l'incompétent, du fumiste et du traîne-savate. Dans la vie, vous n'avez pas l'intention de vous en faire ? Optez pour la sérendipité ! La sérendipité, c'est découvrir quelque chose d'intéressant sans rien faire d'autre que d'attendre que ça survienne. Vous voulez découvrir un bon antibiotique ? Vous vous abstenez de faire la vaisselle, vous partez en vacances et au retour, vous découvrez la pénicilline[1]. Vous voulez aller à un endroit précis et connu ? Vous partez en sens inverse et vous découvrez l'Amérique. La sérendipité, c'est la chance de l'incapable, du néfaste, du parasite, de l'inutile, de l'ignorant et de l'idiot. Dans la culture populaire, nous pouvons noter le personnage de Gaston Lagaffe qui, bien trop souvent, "trouve" un explosif puissant ou un produit chimique corrosif en cherchant à ouvrir une boîte de sardine ou un endroit où faire la sieste. Gaston Lagaffe est un mauvais exemple pour la jeunesse.
Moi qui ne suis pas la moitié d'un imbécile, j'ai récemment fait appel à la sérendipité pour venir à bout de ce problème insoluble lié à la présence persistante de poussières de toutes natures chez moi. D'où vient-elle ? Qui l'amène ? Pourquoi de préférence chez moi ? Je n'en sais rien. Le fait est qu'il y a beaucoup plus de poussière chez moi que chez les autres. Je l'ai remarqué à maintes reprises lors de mes études sur le sujet. J'estime à 1,5kg de poussière au mètre carré chez moi quand on atteint à peine les 5g pour la même surface chez tant d'autres. Avouez que tout de même, hein !
Le fait que mon logis soit dépourvu de ménagère n'est peut-être pas totalement étranger à cet état de fait. Lorsque, aux débuts des années 2000, j'ai acheté un aspirateur que l'on m'a vendu pour performant, je me suis bien assuré auprès du vendeur femelle auquel j'avais eu à faire que l'appareil fonctionnerait sans ménagère. J'ai été clair et insistant sur cette question. Je me suis fait avoir comme un bleu. Bientôt quinze ans que cet aspirateur est là et la poussière aussi. Cet aspirateur ne vaut rien[2] et refuse d'effectuer le travail pour lequel il a pourtant été conçu. Je suis déçu.
Là où la sérendipité est entrée en jeu, c'est lorsque j'ai voulu boire de l'alcool pour oublier ma misérable condition de célibataire envahi par la poussière envahissante. Je me suis aperçu qu'une bouteille avait attiré la poussière à elle. Là où je ne suis pas qu'un peu fier d'être intelligent[3] c'est que j'ai compris que les bouteilles pouvaient jouer un rôle d'aspirateur à poussière. Je l'ai vérifié sur d'autres flacons disposés ci et là chez moi. Les preuves se suffisent à elles-mêmes et une photo prouve mes dires en image. Je songe à faire une communication scientifique pour une parution dans une revue à comité de lecture d'ici peu. Ma découverte va révolutionner la notion même de ménage. Songez un instant un sol constitué de bouteilles à boire[4]. Vous marchez sur votre cave, vous prélevez une bouteille dont vous buvez le contenu en prenant bien garde de ne pas faire tomber la poussière. Une fois la bouteille vidée, vous allez la porter au conteneur à verre à recycler avec la poussière ! Ainsi, vous avez le bonheur de faire le ménage en vous bourrant la gueule et personne ne pourra plus jamais vous reprocher d'être porté sur la bouteille. Elle est pas belle, la vie ?

Bouteilles aspirateur à poussière

Notes

[1] sorte de moisissure que ressemblerait à un pinceau (pencil)

[2] je l'ai pourtant payé son prix

[3] et ce n'est pas donné à tous !

[4] j'ignore pour l'heure si le principe fonctionne avec des bouteilles vides

dimanche 24 avril 2016

Vespa, urine et Beaujolais

Notre sympathique dessinateur de bédé Liaan et néanmoins ami nous signale justement que nous n'avons pas fêté le soixante-dixième anniversaire de la Vespa survenu il y a de cela quelques jours. S'il est vrai que je n'ai pas pour habitude de fêter quelque anniversaire qui soit, l'occasion m'est néanmoins offerte d'exhumer quelques images réalisées l'été dernier dans le Beaujolais et oubliées au fin fond d'un disque dur depuis.
J'étais dans le Beaujolais à l'occasion du rassemblement du Clan Sanglas France. Beau pays que le Beaujolais ! On aime à y boire et à y manger et les paysages sont fort jolis. La promenade du dimanche matin allait nous conduire à Vaux-en-Beaujolais qui a servi de canevas à Gabriel Chevallier pour son roman burlesque et satirique "Clochemerle".
Comme il se doit, une pissotière a été installée sur la place du village, place décorée, et ce n'est pas pour me déplaire, en hommage à l'univers de Frédéric Dard, enfant du département et auteur de romans truculents et savoureux. Sur ces murs, on retrouve de magnifiques dessins inspirés de ceux que le grand Dubout avait faits pour illustrer certains romans. Le trait est là, respecté et fidèle, avec l'humour et tous les détails qui font le charme de l'œuvre de Dubout.
Et puisque Liaan suggérait que j'aurais pu montrer une vespasienne, il sera satisfait.

Pissotière de Clochemerle
Mur peint à Vaux-en-Beaujolais
Mur peint hommage à San Antonio
Cave de Clochemerle

samedi 5 mars 2016

Le pinard, ça devrait être obligatoire !

Il est beau le Beaujolais

jeudi 3 décembre 2015

Le pinard, ça devrait être obligatoire

Un dessin qui était pourtant mal parti. Hier, alors que j'essayais d'en faire un autre et que je pataugeais péniblement, j'ai eu l'idée de prendre une nouvelle feuille de papier pour conjurer le sort funeste. Parfois, je fais comme cela. Lorsque je ne parviens pas à mes fins, je passe à autre chose et, pas toujours, ça me permet de me vider la tête et de revenir à la première idée et de la mener à bien. Cette fois-ci, j'ai eu l'idée de me changer les idées avec une 2cv. Mais ça n'a pas marché du premier coup. Impossible de dessiner cette putain de bagnole ! Nom de dieu. Ce n'est pourtant pas si difficile de dessiner cette voiture ! J'avais un problème, voilà que je devais faire face à un nouveau. Ce n'est pas bien malin. Je me suis agacé, j'ai gommé, j'ai pesté et râlé. J'ai tout effacé et je suis reparti de zéro. Quelques traits, quelques courbes et la forme générale apparaissait enfin ! Et là, une idée chassant l'autre, un dessin est apparu. Et je me suis pris au jeu et j'ai ajouté ceci et cela, une barrique et une maison, du texte et des détails. Cette fois, le dessin prenait réellement forme et je m'amusais à laisser le crayon le faire apparaître. Alors que ce n'était vraiment pas le but premier, j'ai décidé de le terminer tout à fait et puis je suis allé jusqu'à prendre le pinceau et l'encre de chine et alors que je le terminais je m'apercevais qu'il était déjà l'heure de penser à faire cuire le poulet.
Il n'est sans doute pas nécessaire de préciser que je n'ai pas fait le dessin que je devais faire ?

2cv et vinasse
2cv et vinasse

samedi 13 juin 2015

L'idée géniale du soir

Ce soir, j'ai découvert un côtes de Duras pas dégueu. Je lui ai fait honneur et il m'a donné une superbe idée lumineuse et éclairée. Cette idée est simple. Vous autres qui êtes des arsouilles finies mais qui tenez à boire bien et bon, je vous invite à vous exprimer et à m'aider à découvrir ces nectars qui titillent les sens. Dans l'idée, on évite de parler d'autre chose que de vin et on met de côté tout ce qui est du domaine du grand cru ou de l'inaccessible. Par exemple, on ne parle ni de Neg'ita ni de Montrachet ni de Cheval Blanc. C'est d'accord pour vous ? Si oui, vous pouvez poursuivre la lecture.

En matière de vin, je ne suis pas chauvin. Si je l'étais, je ne jurerais que par le [ginglet|/post/Foire-de-la-saint-Martin, ce vin produit par chez moi, dans les Yvelines et le Val d'Oise. Je ne suis pas chauvin. La preuve, c'est que je nourris une passion pour les vins de Bergerac dans leur ensemble, en englobant les Montravel, les Pécharmant et les Saussignac en plus des Monbazillac. D'ordinaire, je fais un peu l'impasse sur les Bordeaux trop surfaits et sur les vins du Lot-et-Garonne ou du Lot que je trouve trop faciles pour les uns et de qualité médiocre pour les autres. Ceci dit, j'ai une appétence particulière pour les vins du sud ouest d'une manière générale et aime les bon vins de Bourgogne.
Ce vin des Côtes du Duras bu ce soir est un petit vin. Il s'agit d'un Messir Laurent 2011 acheté moins de 4 euros en hypermarché hors promotion particulière. Ça a été une vraie bonne surprise. Sans doute un peu facile pour ceux qui cherchent de la complexité, c'est un vin rouge qui se laisse boire. J'en ai la preuve ! C'est un vin rouge légèrement tannique et globalement rond en bouche qui laisse une petite pointe d'acidité en bouche qui n'a rien de désagréable. Je dirais de lui qu'il est fruité, légèrement sucré, et absolument pas agressif. Un vin sans façon qui ne saurait se faire que des amis. Je le conseillerais bien pour accompagner une cuisine simple et de bon goût. Par exemple, il pourrait être un hôte particulièrement apprécié lors de la dégustation d'un bon poulet rôti. Peut-être que pour un confit de canard servi avec des pommes de terre sarladaises, il ne serait pas de taille. Par contre, je pense qu'avec une entrecôte ou une autre viande pas trop relevée, il serait bien à sa place.
Moins riche et doté de moins de caractère qu'un Pécharmant, il a aussi moins de prestige que lui. C'est un vin que je dis facile parce que l'on peut le boire presque sans s'en rendre compte, presque à l'insu de son plein gré. A chaque gorgée que l'on peut imaginer volumineuse, il ne laisse qu'une sensation de plaisir simple. Sans entrer dans une analyse trop poussée du breuvage, sans chercher à en connaître plus sur les cépages utilisés ou sur la méthode de vinification, je pense que l'on a là affaire à un vin honnête qui mérite d'être découvert.

Alors maintenant, voilà ce que j'attends de vous. Si vous avez un vin en tête ou si vous en découvrez un qui, à votre avis, mérite d'être partagé, vous me faites une rapide présentation et je la mets sur le blog. Et si jamais l'idée vous venait de vouloir me confier quelques bouteilles afin que je les analyse par moi-même, c'est avec un énorme plaisir que je me plierai à la mission que vous m'aurez alors confiée. N'hésitez pas à me contacter pour savoir où faire parvenir vos échantillons (au minimum de 75 cl) !

dimanche 1 mars 2015

Trentin-Haut-Adige

Je vous explique un peu. Mon grand-frère est parti, pour son boulot, en Italie, dans le Trentin-Haut-Adige. Il m'en a rapporté du vin, des pâtes et du fromage. Mon petit frère, quant à lui, m'a rapporté du papier de Condat. Je voulais voir s'il pouvait être utilisé en fond pour des photos. J'ai associé les deux, les spécialités italiennes et le papier périgourdin, pour faire un essai.
Si je ne peux pas me prononcer sur l'intérêt supposé des produits étrangers, cela me permet de voir que le papier de Condat n'est pas idéal pour cet usage. Ceci dit, alors que j'étais presque certain de mon fait, il est possible que je me sois trompé de papier. Il y en a deux. Un mat et un plus brillant. Ce matin, j'ai observé les deux papiers et je pensais bien avoir choisi le papier mat. Maintenant, après réflexion, je suis dans le doute. Je ne devais pas avoir les yeux en face des trous. Je vais voir ça et je vous tiendrai au courant. Peut-être.

Ritaleries du Trentin-Haut-Adige

vendredi 19 septembre 2014

Format raisin

Les raisins de la pas colère

vendredi 28 mars 2014

Un bon petit déjeuner

Petit déjeuner périgourdin
Une nouvelle version (la dernière, c'est promis) avec l'étiquette de la bouteille et du pain.

Petit déjeuner périgourdin

mercredi 26 mars 2014

Pour mon dernier repas

Il y a quelque temps de cela, je casse un verre à pied. En fait, je ne le casse pas vraiment. Il se casse tout seul ou presque. Je venais de chercher quelque chose dans le buffet, j'avais déplacé des trucs et voilà que l'un de ces trucs a chu et a poussé le verre qui est parti se fracasser par terre dans un bruit qui a attiré mon attention. Ce verre, après avoir constaté qu'il pouvait encore tenir debout, je l'ai conservé en me disant que c'était amusant et que ça pourrait sans doute être utile.
Avant hier soir, pour vérifier, j'ouvre une bouteille de vin vieille de vingt ans. Je n'y crois pas un instant mais je me dis que c'est sot de conserver une bouteille que l'on présume imbuvable. J'ouvre donc cette bouteille et ne mets pas longtemps à m'assurer que, comme je m'y attendais, il n'est pas digne de mon palais. Tant pis.
Hier matin, j'ai comme une idée de photo. J'avise la bouteille de vin, le verre cassé, et me dis que ça pourrait être amusant d'utiliser ces éléments pour une nature morte. Je cherche des accessoires à ajouter, en trouve quelques uns et installe les flashes. Je prends l'appareil photo, y fixe un objectif et cherche un cadrage. Je n'y arrive pas. Je change d'objectif, essaye de nouveau, ce n'est pas terrible.
Bon. Je modifie la disposition des éléments, en enlève quelques uns, en ajoute d'autres, change encore d'objectif. J'ai beau faire, je ne parviens pas à obtenir l'image que j'ai vaguement en tête. Enfin, tout de même, j'en conserve deux.

Pour mon dernier repas
Pour mon dernier repas
Pour un dernier repas
Une dernière version pour la route avec moins d'éléments parasites.

Pour un dernier repas

jeudi 13 février 2014

Vin en conserve

Lors de mon récent passage par le Lot-et-Garonne, j'ai eu l'occasion de visiter les caves coopératives de Buzet. J'en ai ramené une photo.

Tonneaux de Buzet

mercredi 22 janvier 2014

La Peste, elle a trouvé un truc rigolo à faire avec le raisin

La Peste, elle a trouvé un truc rigolo à faire avec le raisin

samedi 16 novembre 2013

Foire de la saint Martin

Cela fait 843 ans que se tient la foire de la saint Martin de Pontoise. La tradition veut que l'on se restaure de harengs grillés en buvant le ginglet.

Selon la légende et la tradition, tout aurait commencé sous le règne de Louis VII, roi capétien, époux d'Aliénor d'Aquitaine, fils de Louis VI et père de Philippe II. Nous sommes en plein Moyen Âge et la guerre de 100 ans n'a pas eu lieu. Louis VII part pour la deuxième croisade et se sépare de son épouse Aliénor. Du coup, cette dernière reprend les territoires qu'elle a apporté en dot et se marie avec Henri II d'Angleterre. L'Aquitaine devient donc, de fait, anglaise et on peut voir là les prémices de la guerre de 100 ans qui ne commencera qu'en 1337. Ni la légende ni la tradition ne prétendent cependant que le roi Louis VII aurait participé activement à ce qui s'est passé à Pontoise il y a 843 ans, en 1170.
Nous sommes au comptoir de la baraque foraine où l'on vend le ginglet et un bénévole de la commune libre de Saint-Martin nous donne sa vision des faits : " Les mareyeurs arrivaient de Dieppe avec un chargement de harengs qu'ils comptaient vendre à Paris. A l'époque, il fallait payer l'octroi pour passer le pont de l'Oise. L'arrivée à Pontoise était l'occasion de faire la fête et de faire griller des harengs ". D'un point de vue historique ce raccourci est sans doute un peu expéditif. Selon wikipedia, en cette fin du XIe siècle les moines transfèrent leur abbaye sur le plateau Saint-Martin et obtiennent le droit de foire et il semble attesté qu'il est déjà question de harengs et de ginglet. Nous avons donc bien là l'une des plus anciennes foires de France.
Pontoise est une ville importante durant le Moyen Âge. Capitale du Vexin français, la ville est l'un des lieux de séjour préféré des rois capétiens que sont Philippe Auguste ou Saint Louis. C'est une belle ville située à un peu plus de vingt kilomètres au nord de Paris. J'y ai vécu quelques années entre 1969 et 1974 avant de revenir à Conflans-Sainte-Honorine. Je n'étais pas revenu à la foire de la Saint Martin depuis le début des années 70.

Foire de la Saint Martin 2013

Le ginglet

Les harengs, tout le monde voit plus ou moins ce que c'est. Ça vit dans l'eau, ça se pêche, ça se mange. C'est un poisson et c'est bon. Le ginglet, par contre, on ne peut pas connaître si l'on n'est pas né natif de la région où on le trouve. Aussi bizarre et étrange que cela puisse paraître à certains, on ne fait pas de vin que dans le Bordelais. La vigne est montée bien au-dessus de la Loire et a gagné les coteaux de Pontoise. Là, on fait un petit vin sans grande prétention qu'il convient de boire assez rapidement. C'est le ginglet. Un vin tiré majoritairement du gamay, légèrement acide mais tout à fait buvable. Si l'on a le palais trop gâté par les crus trafiqués que l'on boit en Aquitaine, si l'on est trop chauvin, on peut faire la grimace en avalant le premier verre. Le deuxième coule déjà beaucoup plus facilement et il se trouve que si l'on accompagne le troisième d'un bon hareng, celui-ci ne manque pas d'en appeler un quatrième.
Alors certes, on ne dira pas que c'est un vin qui se classe parmi les meilleurs mais il me semble que, tradition pour tradition, celle du ginglet vaut largement celle du Beaujolais nouveau, le goût de banane en moins.

Le ginglet un vin pas prétentieux
Longtemps, au concours du meilleur ginglet tenu chaque année à l'occasion de la foire de la Saint Martin, c'est Eugène Berrurier, maire de Conflans-Sainte-Honorine et cultivateur de son état qui remportait le premier prix. Lorsque j'étais petit, le ginglet était quelque chose qui me remplissait d'effroi. Mon père prétendait qu'en boire un verre relevait de la pire épreuve qu'un homme sain puisse connaître. Il me semble qu'il exagérait beaucoup. Possible aussi qu'il n'ait pas été en mesure de juger de la qualité d'un vin. Quoi qu'il en soit, il m'a fallu attendre longtemps avant d'oser boire mon premier verre de ginglet. Je m'attendais au pire et il n'est pas arrivé. C'est en fait un vin honnête, un vin de copains qui se laisse boire et qui fait claquer la langue de contentement.

Le ginglet, un vin de soif
Le ginglet est un vin de soif. C'est aussi un vin de copains. Pour la foire de la Saint Martin, les producteurs mettent leur vin en commun pour être vendu. Les bénéfices de cette vente sera utilisé pour offrir des présents aux anciens de la ville. On le vend au verre ou à la bouteille et on vient le boire pour la tradition et aussi pour se faire plaisir. Dans et devant la petite baraque foraine qui écoule le vin, c'est l'esprit bon enfant qui prédomine. On est aimable et on rigole en s'envoyant les verres de ginglet dans un grand sourire. On se demande un peu si les jeunes sauront prendre la relève d'ici quelques années. Peut-être se pose-t-on la question depuis le Moyen Âge.

Sur des tréteaux avec les doigts

Les harengs

Il est une question sur laquelle la tradition ne saurait transiger, c'est celle de la manière de manger les harengs. Il est hors de question de faire autrement que de les manger avec les doigts. C'est comme ça. On achète ses harengs d'un côté, son verre de ginglet de l'autre et on cherche un coin libre sur les tréteaux. On déchire le poisson avec les doigts, rien pour les essuyer. Et c'est très bien comme ça.

Harengs grillés
On passe environ 1200 kg de harengs tout au long de la durée de la foire. On les mange sur place mais on peut aussi les ramener chez soi pour les manger en famille. Ils sont grillés sous vos yeux par une équipe qui connaît son métier et se protège les yeux de la fumée sur de grandes grilles.

La vente des harengs
Un petit plateau, une feuille de papier et on vous pose les harengs là-dessus sans façon. Plonger les doigts dans la chair des harengs pour en déchirer des morceaux en se brûlant un peu est déjà un petit plaisir. Les grincheux diront peut-être que les règles d'hygiène ne sont pas exemplaires. Je ne suis pas certain que l'on déplore trop de morts chaque année. Il me semble que si l'on obligeait la foire à passer à l'étal inox et à toutes les fadaises édictées par les pisse-froids d'hygiénistes, celle-ci perdrait beaucoup de son charme.

La bonne humeur est de rigueur
En une petite quarantaine d'années, je ne suis allé que deux fois à la foire de la Saint Martin. On ne peut pas dire que je sois fidèle à la fête. Il est bien probable que je n'y retournerai jamais. Bientôt, je n'aurai plus de raison d'aller à Pontoise et dans toute cette région. Ma vie est maintenant périgourdine et ici, on ne mange pas plus de harengs que l'on ne boit de ginglet. Je souhaite néanmoins une bonne continuation à cette foire et à toute son équipe de bénévoles ainsi qu'à toutes les personnes qui font vivre cette manifestation.

Les harengs, c'est une affaire sérieuse

- page 1 de 2

Haut de page