vendredi 11 novembre 2016

On rentre du goulot

Faisons de l'art. Il y a un feu de bois dans la cheminée et une bouteille vide dans la cuisine. L'idée se fait jour et je fous la bouteille de verre dans les braises de bois. Le bois et le verre, ça fait bon ménage. On boit un verre et le ver à bois. Tout se tient, tout est là. Le verre pète, paf. Je récupère ce qui m'intéresse, le haut et le bas. C'est beau. Je place les lumières, j'attrape l'appareil photo, je déclenche. Deux fois. Je ne sais choisir entre ces deux images.

Bouteille
bouteille

mardi 1 novembre 2016

La source de vie en question

Cela ne fait pas de doute pour nombre d'entre-nous, l'eau a été l'élément fondamental de l'apparition de la vie sur notre planète Terre. L'eau est donc désormais considérée comme bénéfique. On en boit et c'est conseillé par la faculté de le faire, on prend les eaux, on s'y baigne, on se lave avec elle. On ne lui trouve des défauts qu'à la condition qu'elle soit polluée. Aujourd'hui, l'eau coule librement au robinet chez tout le monde et il arrive que pour se sentir mieux on aille en acheter des bouteilles. On choisit alors les eaux selon les bénéfices qu'elles sont sensées apporter. Bien.
Et pourtant ? Ne reculant devant rien et acceptant le pire sans rechigner, le Blog qui nuit (très) grave ! a décidé voilà plusieurs années de mettre en place une expérience scientifique au protocole clairement défini afin de comparer d'une manière à la fois honnête et indépendante l'eau et le vin de raisin. À cela une raison simple. Il nous est apparu suspect cet engouement pour la flotte que nos sociétés ont développé au cours des dernières décennies. Ce n'est pas si loin que l'on déconseillait de boire de l'eau. Bien sûr, l'eau était celle du puits, elle n'était pas ou peu contrôlée et elle pouvait le cas échéant provoquer maladies ou désagréments intestinaux divers. Mais tout de même, tout le monde buvait qui du vin qui du cidre ou de la bière et ne s'en portait globalement pas beaucoup plus mal.
Si je ne veux pas faire la promotion de la consommation alcoolique (quoique), je veux mettre en garde les hydropotes de ce que leur déplaisante manie leur peut être délétère. Et parce que je répugne à affirmer quoi que ce soit sans expérimenter et étudier le sujet, j'ai fait appel à la rigueur scientifique et me suis retroussé les manches. Je vous explique tout cela.

D'abord, je suis parti du principe communément admis selon lequel on peut faire vieillir le vin. Récemment, un homme connu affirmait avec sérieux qu'il convenait de laisser vieillir le bon vin de Pécharmant durant cinq longues années avant de le goûter. Si cela me semble sujet à caution, cela va aussi dans le sens de mes propos. Nous avons tous entendu parler de ces divins flacons que l'on laisse se bonifier pendant des dizaines d'années dans le Bordelais ou de ces vins oubliés par des générations d'abstinents qui se sont révélés être de délicieux nectars.
Donc, si le vin peut gagner à vieillir et si le vin est si néfaste à la santé, qu'en est-il donc de l'eau ? Pour cette étude scientifique, j'aurais pu me contenter d'eau du réseau communal mais alors, je le sens bien, on ne se serait pas privé de dénoncer la méthode et de refuser mes conclusions. Ainsi, j'ai choisi deux bouteilles achetées en deux commerces différents d'une eau de prestige, d'une véritable eau minérale de qualité française, d'une eau d'une source parmi les plus réputées des sources, l'eau de Vittel.
Vittel, pour les idiots qui lisent et ne savent rien, est une source coulant à Vittel, commune des Vosges et cité thermale depuis l'époque gallo-romaine. Ce n'est donc pas d'aujourd'hui que l'on empoisonne les gens avec ça. Mais n'anticipons pas sur les conclusions. Bref. Brrmmm... Donc, deux bouteilles d'eau de Vittel que j'ai précieusement conservées sans jamais les toucher afin qu'elles puissent prendre de l'âge sans interaction de quelque sorte avec l'être humain. Aujourd'hui est arrivée l'heure du constat. D'un côté, deux bouteilles de vin. Une de vin de Bordeaux, une de vin de Bergerac. Je débouche la première et la bois.
Glou, glou, glou... Ah ! Pas mal. Je m'attendais à moins pire mais ça reste buvable. Passons à la bonne bouteille. Tire-bouchon vissé, je tire. Plop ! Le bouchon est parfait, comme neuf. C'est bon signe. Je verse le bon vin de Bergerac dans un verre de cristal finement ciselé. Le nez est déjà plein de promesses. Je bois. Magnifique ! Je finis la bouteille et me sens au mieux de ma forme. Mieux même que je n'ai jamais été ! A n'en pas douter, le vin de Bergerac contribue à se constituer une santé de fer ! C'est scientifique, c'est prouvé.

Et maintenant, les bouteilles d'eau. Je ne vais pas vous mentir, je ne me suis pas senti le courage de les goûter. Je vous laisse seuls juges. Seriez-vous assez fous pour boire l'eau contenue dans ces bouteilles présentes sur la photographie suivante :

Bonne eau par la bande
Voyez ces bouteilles déformées par le poison qu'elles contiennent ! Voyez cette poussière qui s'est développée anarchiquement quant elle sait se déposer avec bonheur sur des bouteilles de vin. Nul besoin d'être d'une intelligence particulièrement développée pour comprendre que l'eau n'est peut-être pas si bonne que ça pour notre santé. Alors la question se pose d'elle-même. Quel puissant lobby occulte est derrière toute cette mascarade et à qui profite le crime ? Qui ou quoi ? L'invasion aurait-elle déjà commencé ? Un complot serait-il ourdi dans l'ombre ? Et dans quel but, au juste ? J'ai ma petite idée sur tout cela mais vous comprendrez que je ne puisse rien dévoiler tant que je ne suis pas certain de pouvoir assurer mes arrières. J'ai contacté la presse (celle qui n'est pas aux ordres) et lorsque le scandale éclatera à la face incrédule du monde, on comprendra.

mardi 31 mai 2016

L'attrape-poussière

Les ménagères ne me démentiront pas, l'ennemi, c'est la poussière. Déjà dans les grottes et abris-sous-roche, des peintures pariétales aujourd'hui effacées l'attestent, Madame préhistorique faisait la chasse à la poussière et aux moutons pendant que Monsieur son époux chassait le phoque et le mammouth pour le barbecue organisé à l'occasion de la fête des voisins. Dans son ouvrage traitant de la question, Platon explique combien la poussière était à l'époque un problème insoluble dans le vin en plus de provoquer des allergies dues aux acariens. Plus près de nous, les archives nous enseignent que Louis Padelle avait déjà déposé un brevet d'avaleur à poussières imaginé autour de poumons de bovins actionnés par un puissant ressort que l'on remontait à l'aide d'une manivelle de bois de palissandre. En 1901, et wikipedia vous le confirmera, un ingénieur britannique du nom de Hubert Cecil Booth invente l'aspirateur motorisé. Dès lors, les savants n'ont de cesse de perfectionner l'appareil afin de toujours mieux aider la ménagère à faire place nette et aujourd'hui, après l'aspirateur sans sac, elle peut se reposer sur le robot autonome qui se promène seul à la recherche de la moindre particule poussiéreuse avant de revenir à sa base pour faire le plein de bonne électricité nourricière. La modernité fait rage et on se demande bien où s'arrêtera le progrès.
Je ne sais pas si vous avez déjà entendu parler de la notion de sérendipité. Vous n'êtes pas idiots, je suppose que oui. Enfin on ne sait jamais, il faut être prudent. La sérendipité, c'est la joie du fainéant et de l'incompétent, du fumiste et du traîne-savate. Dans la vie, vous n'avez pas l'intention de vous en faire ? Optez pour la sérendipité ! La sérendipité, c'est découvrir quelque chose d'intéressant sans rien faire d'autre que d'attendre que ça survienne. Vous voulez découvrir un bon antibiotique ? Vous vous abstenez de faire la vaisselle, vous partez en vacances et au retour, vous découvrez la pénicilline[1]. Vous voulez aller à un endroit précis et connu ? Vous partez en sens inverse et vous découvrez l'Amérique. La sérendipité, c'est la chance de l'incapable, du néfaste, du parasite, de l'inutile, de l'ignorant et de l'idiot. Dans la culture populaire, nous pouvons noter le personnage de Gaston Lagaffe qui, bien trop souvent, "trouve" un explosif puissant ou un produit chimique corrosif en cherchant à ouvrir une boîte de sardine ou un endroit où faire la sieste. Gaston Lagaffe est un mauvais exemple pour la jeunesse.
Moi qui ne suis pas la moitié d'un imbécile, j'ai récemment fait appel à la sérendipité pour venir à bout de ce problème insoluble lié à la présence persistante de poussières de toutes natures chez moi. D'où vient-elle ? Qui l'amène ? Pourquoi de préférence chez moi ? Je n'en sais rien. Le fait est qu'il y a beaucoup plus de poussière chez moi que chez les autres. Je l'ai remarqué à maintes reprises lors de mes études sur le sujet. J'estime à 1,5kg de poussière au mètre carré chez moi quand on atteint à peine les 5g pour la même surface chez tant d'autres. Avouez que tout de même, hein !
Le fait que mon logis soit dépourvu de ménagère n'est peut-être pas totalement étranger à cet état de fait. Lorsque, aux débuts des années 2000, j'ai acheté un aspirateur que l'on m'a vendu pour performant, je me suis bien assuré auprès du vendeur femelle auquel j'avais eu à faire que l'appareil fonctionnerait sans ménagère. J'ai été clair et insistant sur cette question. Je me suis fait avoir comme un bleu. Bientôt quinze ans que cet aspirateur est là et la poussière aussi. Cet aspirateur ne vaut rien[2] et refuse d'effectuer le travail pour lequel il a pourtant été conçu. Je suis déçu.
Là où la sérendipité est entrée en jeu, c'est lorsque j'ai voulu boire de l'alcool pour oublier ma misérable condition de célibataire envahi par la poussière envahissante. Je me suis aperçu qu'une bouteille avait attiré la poussière à elle. Là où je ne suis pas qu'un peu fier d'être intelligent[3] c'est que j'ai compris que les bouteilles pouvaient jouer un rôle d'aspirateur à poussière. Je l'ai vérifié sur d'autres flacons disposés ci et là chez moi. Les preuves se suffisent à elles-mêmes et une photo prouve mes dires en image. Je songe à faire une communication scientifique pour une parution dans une revue à comité de lecture d'ici peu. Ma découverte va révolutionner la notion même de ménage. Songez un instant un sol constitué de bouteilles à boire[4]. Vous marchez sur votre cave, vous prélevez une bouteille dont vous buvez le contenu en prenant bien garde de ne pas faire tomber la poussière. Une fois la bouteille vidée, vous allez la porter au conteneur à verre à recycler avec la poussière ! Ainsi, vous avez le bonheur de faire le ménage en vous bourrant la gueule et personne ne pourra plus jamais vous reprocher d'être porté sur la bouteille. Elle est pas belle, la vie ?

Bouteilles aspirateur à poussière

Notes

[1] sorte de moisissure que ressemblerait à un pinceau (pencil)

[2] je l'ai pourtant payé son prix

[3] et ce n'est pas donné à tous !

[4] j'ignore pour l'heure si le principe fonctionne avec des bouteilles vides

dimanche 24 avril 2016

Vespa, urine et Beaujolais

Notre sympathique dessinateur de bédé Liaan et néanmoins ami nous signale justement que nous n'avons pas fêté le soixante-dixième anniversaire de la Vespa survenu il y a de cela quelques jours. S'il est vrai que je n'ai pas pour habitude de fêter quelque anniversaire qui soit, l'occasion m'est néanmoins offerte d'exhumer quelques images réalisées l'été dernier dans le Beaujolais et oubliées au fin fond d'un disque dur depuis.
J'étais dans le Beaujolais à l'occasion du rassemblement du Clan Sanglas France. Beau pays que le Beaujolais ! On aime à y boire et à y manger et les paysages sont fort jolis. La promenade du dimanche matin allait nous conduire à Vaux-en-Beaujolais qui a servi de canevas à Gabriel Chevallier pour son roman burlesque et satirique "Clochemerle".
Comme il se doit, une pissotière a été installée sur la place du village, place décorée, et ce n'est pas pour me déplaire, en hommage à l'univers de Frédéric Dard, enfant du département et auteur de romans truculents et savoureux. Sur ces murs, on retrouve de magnifiques dessins inspirés de ceux que le grand Dubout avait faits pour illustrer certains romans. Le trait est là, respecté et fidèle, avec l'humour et tous les détails qui font le charme de l'œuvre de Dubout.
Et puisque Liaan suggérait que j'aurais pu montrer une vespasienne, il sera satisfait.

Pissotière de Clochemerle
Mur peint à Vaux-en-Beaujolais
Mur peint hommage à San Antonio
Cave de Clochemerle

samedi 5 mars 2016

Le pinard, ça devrait être obligatoire !

Il est beau le Beaujolais

jeudi 3 décembre 2015

Le pinard, ça devrait être obligatoire

Un dessin qui était pourtant mal parti. Hier, alors que j'essayais d'en faire un autre et que je pataugeais péniblement, j'ai eu l'idée de prendre une nouvelle feuille de papier pour conjurer le sort funeste. Parfois, je fais comme cela. Lorsque je ne parviens pas à mes fins, je passe à autre chose et, pas toujours, ça me permet de me vider la tête et de revenir à la première idée et de la mener à bien. Cette fois-ci, j'ai eu l'idée de me changer les idées avec une 2cv. Mais ça n'a pas marché du premier coup. Impossible de dessiner cette putain de bagnole ! Nom de dieu. Ce n'est pourtant pas si difficile de dessiner cette voiture ! J'avais un problème, voilà que je devais faire face à un nouveau. Ce n'est pas bien malin. Je me suis agacé, j'ai gommé, j'ai pesté et râlé. J'ai tout effacé et je suis reparti de zéro. Quelques traits, quelques courbes et la forme générale apparaissait enfin ! Et là, une idée chassant l'autre, un dessin est apparu. Et je me suis pris au jeu et j'ai ajouté ceci et cela, une barrique et une maison, du texte et des détails. Cette fois, le dessin prenait réellement forme et je m'amusais à laisser le crayon le faire apparaître. Alors que ce n'était vraiment pas le but premier, j'ai décidé de le terminer tout à fait et puis je suis allé jusqu'à prendre le pinceau et l'encre de chine et alors que je le terminais je m'apercevais qu'il était déjà l'heure de penser à faire cuire le poulet.
Il n'est sans doute pas nécessaire de préciser que je n'ai pas fait le dessin que je devais faire ?

2cv et vinasse
2cv et vinasse

samedi 13 juin 2015

L'idée géniale du soir

Ce soir, j'ai découvert un côtes de Duras pas dégueu. Je lui ai fait honneur et il m'a donné une superbe idée lumineuse et éclairée. Cette idée est simple. Vous autres qui êtes des arsouilles finies mais qui tenez à boire bien et bon, je vous invite à vous exprimer et à m'aider à découvrir ces nectars qui titillent les sens. Dans l'idée, on évite de parler d'autre chose que de vin et on met de côté tout ce qui est du domaine du grand cru ou de l'inaccessible. Par exemple, on ne parle ni de Neg'ita ni de Montrachet ni de Cheval Blanc. C'est d'accord pour vous ? Si oui, vous pouvez poursuivre la lecture.

En matière de vin, je ne suis pas chauvin. Si je l'étais, je ne jurerais que par le [ginglet|/post/Foire-de-la-saint-Martin, ce vin produit par chez moi, dans les Yvelines et le Val d'Oise. Je ne suis pas chauvin. La preuve, c'est que je nourris une passion pour les vins de Bergerac dans leur ensemble, en englobant les Montravel, les Pécharmant et les Saussignac en plus des Monbazillac. D'ordinaire, je fais un peu l'impasse sur les Bordeaux trop surfaits et sur les vins du Lot-et-Garonne ou du Lot que je trouve trop faciles pour les uns et de qualité médiocre pour les autres. Ceci dit, j'ai une appétence particulière pour les vins du sud ouest d'une manière générale et aime les bon vins de Bourgogne.
Ce vin des Côtes du Duras bu ce soir est un petit vin. Il s'agit d'un Messir Laurent 2011 acheté moins de 4 euros en hypermarché hors promotion particulière. Ça a été une vraie bonne surprise. Sans doute un peu facile pour ceux qui cherchent de la complexité, c'est un vin rouge qui se laisse boire. J'en ai la preuve ! C'est un vin rouge légèrement tannique et globalement rond en bouche qui laisse une petite pointe d'acidité en bouche qui n'a rien de désagréable. Je dirais de lui qu'il est fruité, légèrement sucré, et absolument pas agressif. Un vin sans façon qui ne saurait se faire que des amis. Je le conseillerais bien pour accompagner une cuisine simple et de bon goût. Par exemple, il pourrait être un hôte particulièrement apprécié lors de la dégustation d'un bon poulet rôti. Peut-être que pour un confit de canard servi avec des pommes de terre sarladaises, il ne serait pas de taille. Par contre, je pense qu'avec une entrecôte ou une autre viande pas trop relevée, il serait bien à sa place.
Moins riche et doté de moins de caractère qu'un Pécharmant, il a aussi moins de prestige que lui. C'est un vin que je dis facile parce que l'on peut le boire presque sans s'en rendre compte, presque à l'insu de son plein gré. A chaque gorgée que l'on peut imaginer volumineuse, il ne laisse qu'une sensation de plaisir simple. Sans entrer dans une analyse trop poussée du breuvage, sans chercher à en connaître plus sur les cépages utilisés ou sur la méthode de vinification, je pense que l'on a là affaire à un vin honnête qui mérite d'être découvert.

Alors maintenant, voilà ce que j'attends de vous. Si vous avez un vin en tête ou si vous en découvrez un qui, à votre avis, mérite d'être partagé, vous me faites une rapide présentation et je la mets sur le blog. Et si jamais l'idée vous venait de vouloir me confier quelques bouteilles afin que je les analyse par moi-même, c'est avec un énorme plaisir que je me plierai à la mission que vous m'aurez alors confiée. N'hésitez pas à me contacter pour savoir où faire parvenir vos échantillons (au minimum de 75 cl) !

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