mercredi 7 novembre 2012

Une illustration

On m'a demandé de faire une illustration pour expliquer comment mettre des trucs dans des machins qui se placeraient idéalement dans un chose. Complexe, non ?

Des quelques logiciels que je peux être amené à utiliser, Illustrator est celui que je connais le moins et avec lequel je suis le moins à l'aise. Pourtant, je le pratique depuis bien longtemps ! Version après version, le logiciel est devenu de plus en plus puissant mais aussi de plus en plus complexe. Tant et si bien que j'en arriverais presque à démarrer un vieux Mac pour utiliser une ancienne version du logiciel. Pour dire les choses telles qu'elles sont, je ne sais pas utiliser Illustrator et me bloque sur des petits problèmes alors qu'il serait si simple de choisir la facilité et de travailler comme un cochon.
Parce que mon blocage vis à vis de ce logiciel remonte à un temps où l'on n'avait pas d'ordinateurs très puissants, que les flasheuses ne supportaient pas trop les embrouilles vectorielles et pouvaient planter au moindre bout de vecteur mal placé. Alors, j'ai pris peur et j'ai fait très attention à produire des fichiers très propres. Je me suis contraint à fournir des fichiers qui s'approchaient de la perfection dans leur structure... mais qui restaient bien pourris dans leur contenu.

Toujours est-il que l'on m'a demandé de faire un document et que j'ai considéré que Illustrator serait le plus à même de m'aider à le réaliser. Et bien mes amis, contre toute attente, j'y suis parvenu sans grande difficulté et en y prenant un certain plaisir. Il faut dire que j'étais en pleine crise de désœuvrement et que cela me tapait un peu sur le moral. J'aime à ne rien faire mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps et je déteste que ce soit une inactivité subie.

conditionnement-displays.png

mercredi 29 août 2012

Pourquoi Hulk ?

De toutes les questions qui taraudent l'homme, il en est une qu'aucun esprit éveillé ne peut laisser passer. Je vais aujourd'hui vous entretenir de ce sujet d'importance s'il en est.

Comment et pourquoi le physicien Bruce Banner devient ce personnage de bandes dessinées imaginé par Stan Lee et Jack Kirby en 1962 n'a aucune importance. On sait que ce physicien mettait au point une bombe G qui explosa et l'irradia alors qu'il tentait de sauver un adolescent qui se trouvait dans les parages lors d'un essai. Si on ne le savait pas, c'est à présent chose faite et si l'on souhaite en apprendre davantage, on peut se reporter à wikipedia qui a plein de choses à dire à ce sujet.
La vraie question que l'on est en droit de se poser dès lors que l'on s'intéresse au cas de ce super-héros[1] c'est de savoir pourquoi il semble avoir si mauvais caractère. C'est vrai, après tout ! Fort comme il est, puissant, presque invulnérable, il pourrait être très heureux ! Rien ne semble pouvoir l'arrêter et il pourrait faire de grandes choses, pour l'humanité ou, s'il n'a pas la fibre philanthropique et altruiste, pour lui-même en personne. Déjà, dans la vie de tous les jours, il pourrait faire fortune en se produisant sur scène ou sous des chapiteaux. Ce ne serait même pas vraiment fatigant. Il pourrait rendre bien des services, aussi. Déplacer des meubles, par exemple. Avec un minimum de publicité, quelques prospectus glissés dans les boîtes aux lettres, il est certain que sa petite entreprise ne connaîtrait pas la crise de sitôt. Au lieu de cela, il se contente de faire la gueule et de tout casser sur son passage. Même pas sûr qu'il soit bien assuré. Je n'ai pas de conseils à lui donner mais je serais lui, je ferais gaffe. D'ici à ce que l'on vienne lui réclamer des dommages et intérêts, il n'y a qu'un pas.
Contrairement à une tripotée d'autres personnages tous aussi fantastiques et parfois sympathiques que lui tels que, par exemple, pour ne citer qu'eux, Superman, Spiderman, le Surfer d'Argent ou le Sergent Garcia, Hulk n'a pas de "s" pour initiale patronymique ou pseudonymique. Dans le petit monde des super-héros, on aime bien le manichéisme, en règle générale. D'un côté les mauvais qui sont méchants ; de l'autre les bons qui sont gentils. Hulk a un peu le cul entre deux chaises. On ne sait jamais bien sur quel pied danser, avec lui. Tantôt, il va aider le genre humain, tantôt il va se révéler être un horrible misanthrope qui cherche à vivre en ermite quelque part au fin fond d'un désert quelconque, sans Internet et sans tout le confort moderne. Je pense que notre Bruce Banner-Hulk est un peu dérangé et qu'une bonne séance de psychanalyse pourrait le remettre d'aplomb en deux coups de cuillères à pot.
Plus jeune, j'ai lu pas mal de bandes dessinées d'origine américaines avec des vrais morceaux de supers[2] dedans. Je n'ai jamais trop accroché au personnage qui m'intéresse aujourd'hui. D'ailleurs, j'en viens à me demander ce qui peut me pousser à écrire sur un personnage fictif qui m'est indifférent. Une autre fois, je vous parlerai de Heidi[3] En attendant ce jour béni, je termine d'écouter le dernier album en date de Dead Can Dance qui vaut largement tous les Hulkeries du monde. Foi de mélomane !

petitpois.png

Notes

[1] Et d'ailleurs, est-il seulement un super-héros ?

[2] héros ou méchants

[3] Bien que je craigne d'en avoir encore moins à dire, à la vérité.

lundi 9 juillet 2012

Etes-vous zombie ?

Un truc auquel il faut vraiment faire gaffe, dans la vie, c'est de ne pas devenir un zombie.

Ce n'était pas la première fois qu'il se réveillait. De mémoire, il ne se souvenait pas s'être souvent réveillé en si petite grande forme. Il y avait un truc. Ça n'allait pas fort. Il n'aurait pas pu dire qu'il avait froid lorsqu'il avait ouvert les yeux, non. Il n'avait pas froid, il était froid. Nuance. Il voyait flou. Trouble. Il n'avait plus une vision très nette des couleurs et de la lumière. C'était comme regarder dans un brouillard épais. Péniblement, il se redressa et il avait faim. Ce n'était pas une sensation de faim habituelle, il n'avait pas faim de pain beurré couvert de confiture et trempé dans un bol de café noir sans sucre, il avait faim de cervelle. Humaine.
Il était mort et était devenu un zombie. Une nouvelle vie commençait pour lui, si l'on peut dire. Traînant les pieds, il avait commencé à déambuler au hasard, guidé par la seule envie de cervelle fraîche qui le pressait de plus en plus. Il s'aperçut qu'il parvenait à distinguer les vivants à la teinte rouge qu'ils prenaient. Plus ils étaient proches et plus le rouge devenait éclatant. Il était attiré par ces vivants qui possédaient forcément une bonne cervelle bien juteuse.
Mort-vivant flambant neuf, il n'avait pas encore tout à fait acquis les réflexes et les techniques de chasse des zombies expérimentés. Il se contentait de répondre à son instinct, à se laisser attirer par les cervelles et à suivre les troupeaux des morts-vivants qui se concentraient en colonnes convergeant vers le rouge des cerveaux à manger. Il ne lui fallut pas très longtemps pour apprendre. La stratégie mise en place était de fait assez sommaire mais aussi relativement efficace. Elle consistait à isoler un vivant et à l'encercler. Les plus chanceux se chargeaient de broyer la boîte crânienne et faisaient un festin. Les autres n'avaient plus qu'à chercher une nouvelle proie. En fin de matinée, il avait pu manger une bonne première ration de cervelle mais cela n'avait en rien calmé sa faim. Il repartit traquer le vivant avec les autres.
Malgré ce que l'on avait pu en écrire, malgré ce que l'on avait dit à la télévision, la vie des zombies n'étaient pas si terrible que cela. Certes, il serait sans doute un peu précipité de prétendre que les morts-vivants étaient heureux. Ils ne l'étaient pas, c'était chose possible, mais peut-être bien que cette notion, l'idée même du bonheur ou du malheur, n'avait plus aucun sens pour eux. Du reste, il était permis de se demander ce qui pouvait avoir sens de leur point de vue. Semble-t-il, ils ne se souciaient pas plus de l'âge de leur pourvoyeur de cervelle que de leur sexe, de l'éventuel lien de parenté qu'ils pouvaient avoir auparavant, de l'apparence physique ou vestimentaire. Ils agissaient simplement comme si plus rien n'avait vraiment d'importance hormis la cervelle. A ce sujet, et je précise cela afin de clarifier ce point, les zombies n'étaient pas gastronomes du tout. Ils mangeaient sans user de beaucoup de raffinement dans la préparation de leurs repas. Ici, pas de petites sauces raffinées, de cuisine élaborée ou d'épices précieuses sélectionnées avec amour. Ça bouffait plus que ça mangeait, avec les doigts, à pleines mains, cru.
On ne savait pas vraiment comment étaient nés ces morts-vivants. Ça avait été comme une rapide épidémie qui avait gagné la planète entière en quelques jours. On n'avait pas trouvé de cause probante. Pas plus de virus que de contamination due à une centrale nucléaire défaillante ; pas l'ombre d'un laboratoire secret qui aurait laissé échapper une néfaste substance ; aucune trace de savant fou ; pas le moindre écho d'un complot ourdi par quelque obscure organisation clandestine. Rien de rien. On n'était même pas en mesure de dire avec exactitude où cela avait commencé. Ça avait été comme si un signal avait été donné et que partout le phénomène avait éclos. On savait que pour devenir mort-vivant, il n'y avait pas besoin de se faire manger la cervelle. Du reste, c'était même le meilleur moyen pour ne pas le devenir. Les morts ne se réveillaient pas pour devenir zombies comme les mauvaises séries Z avaient cherché à nous le faire croire durant des décennies. On devenait zombie sans prévenir ou presque. On ressentait une fatigue, on s'asseyait sur un banc, dans un fauteuil, dans un lit ou dans un pré et on se réveillait transformé. Aucun signe avant coureur, aucune typologie. Si l'on ne savait pas comment naissaient les morts-vivants, on avait rapidement compris comment les tuer. La méthode était bête et brutale mais efficace. Il s'agissait ni plus ni moins que de faire exploser la tête. Tout les moyens étaient bons et se valaient. Du coup de pioche au tir de char d'assaut, le résultat se révélait tout aussi concluant.
Le gros problème résidait dans la détection des morts-vivants nouveaux nés et dans la promiscuité avec les gens "normaux" dont on ne se méfiait pas assez, également dans un cas comme dans l'autre. Les histoires de collègue dévorant la secrétaire devant la machine à café ou de la ministre décapsulant la tête du chef de cabinet n'étaient pas rares. Il n'était raisonnablement plus possible de faire confiance à qui que ce soit et cela contribuait beaucoup au désordre ambiant. On s'était mis à tuer à tort et à travers. On tuait celui qui s'allongeait pour dormir après une dure journée de travail, la grand-mère qui entendait faire une sieste dans son fauteuil, l'enfant qui se laissait aller au sommeil après la tétée. Disons-le, la panique gagnait vite. Etant donné que l'on trouvait autant de zombie chez les policiers que chez les militaires ou le reste de la population, les peuples n'accordaient plus leur confiance à grand monde. La désorganisation totale avait gagné lorsque les chefs d'Etat avaient été atteints par le mal à leur tour et malgré les précautions qui avaient été prises. On avait bien tenté ici ou là de se retourner vers la religion pour éradiquer le mal qui devait forcément être l'œuvre du diable, du malin, d'un dieu en colère. Les curés, les rabbins, les moines bouddhistes n'avaient pas tardé à bouffer leurs ouailles dès que leur cervelle était à portée de mâchoire. Des illuminés crurent un instant qu'il devait exister un lieu préservé quelque part sur Terre. Les navires partirent, les avions décollèrent. Peu arrivèrent à bon port et ceux qui eurent cette chance déchantèrent vite. Ceux qui avaient choisi des terres vierges de vie humaine étaient contaminés, ceux qui avaient cru à l'innocence d'une peuplade éloignée furent bouffés.
Il ne fallut pas plus d'un an pour que le nombre de zombies dépasse celui des vivants. On avait noté depuis longtemps que les animaux avaient été totalement épargnés et certains avaient vu là la preuve de l'existence de l'âme, de l'esprit humain qui faisait de l'homme un être supérieur et éloigné du monde animal. Le plus grand nombre avait vite regretté de ne pas être un peu plus animal. Le nombre grandissant de zombies provoquait une hausse exponentielle de la fuite des cerveaux[1]. Comme ces temps troublés ne s'y prêtaient guère, on ne procréait plus beaucoup. Le spectacle de la mère dévorant le cerveau de son enfant à peine né avait fini par dégoûter les plus solides, il faut dire. Une fois le pic passé, les zombies commencèrent à avoir du mal à trouver pitance. Ils étaient les plus nombreux et ils erraient de plus en plus en se livrant une concurrence de plus en plus acharnée.
Au terme de la deuxième année, nous n'étions plus nombreux sur terre. Je suis bien en mal de pouvoir dire combien nous sommes à l'heure où j'écris ces lignes. Il y a bien longtemps qu'il n'y a plus aucun moyen de savoir ce qu'il se passe à plus ou moins grande distance. J'ai eu la chance de pouvoir faire assez de provisions pour tenir le siège en haut de ma petite montagne. J'ai des munitions pour longtemps encore. Je ne laisse personne approcher. Zombie ou pas, ça m'est égal. Je tire. Je suis replié là depuis près de six mois. Il y a bien quinze jours que je n'ai pas vu qui que ce soit arriver. Je sais que je risque de me réveiller zombie à mon tour un de ces jours mais je n'y pense pas trop. Je ne pense pas beaucoup à l'avenir, je ne pense plus à rien sauf à sauver ma peau le plus longtemps possible. Encore un an ? Un mois ? Une semaine ? Un jour ? Une heure ? Qui sait.

Note

[1] de leur place légitime s'entend.

mercredi 27 juin 2012

Crime de lèse-majesté

Zenit E graphiste dordogne

mardi 22 mai 2012

Professeur Fanta !

Il y a bien des années de cela, j'ai commencé une collection de publicités de charlatans. Aujourd'hui, j'ai eu la chance d'en trouver une placée sous un essuie-glace de ma voiture, en sortant du boulot.

Sans l'ordinateur, je suis presque certain que ces publicités n'existeraient pas. Je peux me tromper et ce ne serait ni la première ni la dernière fois, mais je suis persuadé qu'elles n'existaient pas avant que le logiciel de traitement de texte ou de mise en page apparaisse. Je n'ai aucun souvenir d'en avoir vu simplement tapées à la machine. Maintenant, il est possible qu'il y en ait eu fait en imprimerie. C'est possible. Je ne sais pas de quand datent les plus anciens spécimens en ma possession.
Ce dont je me souviens, c'est que les plus vieux étaient bien plus amusants que ceux d'aujourd'hui. Ils étaient bourrés de fautes d'orthographe et d'approximations syntaxiques. Il y avait aussi une forte et nette propension à faire usage des "wingdings" offerts par Microsoft à l'époque. C'était joli, joyeux, distrayant.
Aujourd'hui, le moindre outil de traitement de texte le plus sommaire est pourvu d'une sorte de correcteur orthographique qui a enlevé beaucoup de poésie à tout cela. Du coup, la collection a moins d'intérêt. Du reste, je ne sais pas où sont passées les publicités les plus anciennes. Sans doute sont-elles au fond d'un carton qui n'a toujours pas été ouvert depuis le dernier déménagement, il y a une dizaine d'années. Je ne pense pas qu'elles soient perdues.
Ce qui reste, ce sont les promesses incroyables de guérison et de résolution de problèmes. Le Professeur Fanta qui nous occupe aujourd'hui promets de résoudre "même les cas désespérés". Je me suis souvent demandé si ces petits papiers ramenaient suffisamment de clients crédules et désespérés pour couvrir les frais d'impression et de distribution. Je suppose que oui même si j'ai remarqué que jamais on ne retrouvait à deux reprises le même mage ou marabout ou autre sorcier. J'adore la mention "IPNS[1]. Ne pas jeter sur la voie publique". On sent le désir d'être dans la plus stricte légalité.
Si jamais vous tombez sur ces petits papiers, ne les jetez pas ! Gardez-les moi.

Professeur Fanta

Note

[1] Imprimé par nos soins

page 2 de 2 -

Haut de page