mardi 26 juillet 2016

Un lion pour tester un truc

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mardi 4 août 2015

Si j'avais un marteau

Si j'avais un marteau, si j'avais le goût à cela aussi, je passerais volontiers mon temps à faire éclater la boîte crânienne de mes congénères, sans distinction de sexe, d'origine sociale ou géographique ou d'âge. Il y en aurait pour tout le monde. J'essaierais de faire cela proprement, de casser l'os d'un bon coup bien précis et j'éviterais de faire trop souffrir. Je m'arrangerais à ce que les dégâts ne soient pas trop importants, toutefois, histoire que les familles puissent se recueillir sans trop de pleurs sur le corps sans vie de la dépouille. Dans la mesure du possible, je travaillerais gracieusement, juste pour le plaisir et pour passer le temps. J'accepterais certainement les travaux sur commande. On pourrait m'amener les personnes sur qui opérer mes talents d'éclateur d'os pariétal. J'agirais avec professionnalisme dans les règles de l'art. J'aurais la satisfaction du travail bien fait et celle de la reconnaissance de mon savoir-faire.
En fait, le marteau, je l'ai. J'en ai plusieurs, des petits et des déjà assez gros. J'ai même une masse qui est une sorte de gros marteau mais avec un manche plus long qui pèse trois kilogrammes, il me semble. C'est un outil très efficace mais qui manque de précision. Par exemple, on n'utilise pas une masse pour enfoncer un petit clou ou une fine pointe dans un matériaux délicat. Ce n'est pas que ce soit vraiment impossible de le faire. En s'appliquant, je suis même certain que j'arriverais à enfoncer une aiguille dans un œuf cru avec une telle masse sans briser la coquille. Il faudrait que je tente l'expérience, pour vérifier.
Des marteaux, j'en ai au moins cinq. Si je voulais me lancer dans le métier d'éclateur de boîte crânienne, je ne sais pas lequel j'utiliserais. Il me semble qu'il en faudrait un suffisamment lourd. Je n'ai jamais eu l'occasion de m'essayer à cet exercice et la chose semble être assez mal documentée sur Internet. Je n'ose pas aller dans un magasin de bricolage pour demander son avis à un vendeur. Je pressens qu'il y aurait incompréhension et sourire gêné. Et même, si j'insistais un peu trop pour obtenir ce renseignement qu'il me semble légitime de rechercher dès lors que l'on veut épouser ce métier, il est à craindre que l'on m'inviterait à m'expliquer longuement et péniblement dans un bureau aux murs lépreux dans un commissariat ou une gendarmerie.
C'est que, de la même manière que je ne sais quel marteau conviendrait au mieux, je ne suis pas certain que ce métier qu'il me plairait d'épouser existe vraiment et soit répertorié en tant que tel dans une classification officielle des métiers d'arts ou, plus simplement, artisanaux. Estourbisseur de bovin, d'ovin ou de porcin au sein d'un abattoir dûment enregistré, ça oui, ça existe mais éclateur de crâne appartenant à un être humain vivant, c'est moins certain. Pourtant, je suis sûr qu'il y a une demande pour cela et qu'il existe de vrais débouchés pour qui voudrait se lancer dans cette activité qui, en plus de ne pas demander d'investissements trop lourds, ne nécessitent a priori pas de compétences particulières. C'est tout juste s'il convient de reconnaître une tête d'un autre organe ou élément du corps humain. Pas besoin d'avoir fait sa médecine pour ça !
Non, le seul point délicat que j'entrevois, c'est qu'il ne doit pas être gagné par avance de trouver des clients volontairement volontaires pour se faire casser le gros os de la tête. En fait, ça revient un peu à trouver des personnes qui acceptent de se faire tuer, si on y réfléchit bien. C'est bizarre combien les gens semblent attachés à leur vie. Pourtant, hein, souvent, ces gens ont une vraie vie de merde. Qu'est-ce qu'ils peuvent encore espérer ? Quel que soit leur âge, il est prévisible qu'il continueront encore à vieillir durant quelque temps et que ça finira par s'arrêter, d'une façon plus ou moins désagréable. Je reconnais que certaines personnes peuvent s'illusionner et penser que leur vie vaut le coup d'être vécue. Je ne peux rien pour elles.
Je suppose parce que la mort est la dernière grande inconnue de toute vie qui se respecte, la toute dernière aventure à vivre, celle qui viendra mettre un terme à tout ce qui nous est connu, qu'elle nous fait peur ou nous inquiète ou nous fascine ou nous questionne. L'autre jour, sur Internet, je suis tombé sur une vidéo que je n'ai pas pu regarder jusqu'au bout tellement je l'ai trouvée bête et agaçante. C'est une vidéo faite par un jeune homme, d'une vingtaine d'années, je dirais, qui disais combien il croyait à l'histoire de la vie après la vie. Et ça m'a rappelé un bouquin que j'ai lu il y a longtemps, d'un certain docteur Raymond Moody, dans lequel l'auteur raconte des expériences de, comme on dit, mort imminente. Ce bouquin a dû bien se vendre. Ça raconte des témoignages de personnes qui disent presque toujours la même chose. Vous savez, la lumière blanche au bout du tunnel, l'impression de voler au-dessus de son corps, de voir les médecins ou les soignants, d'entendre leurs conversations et toutes ces sortes de choses. J'étais jeune adolescent lorsque j'ai lu ça et, je l'avoue, ça m'avait bien plu. Je trouvais cela assez fantastique. Pour autant, ça ne m'a pas fait croire à une forme de vie qui surviendrait après la mort. Du moins, je ne me souviens pas de cela. J'avais lu cela un peu comme on lit un bouquin de science-fiction, un roman.
Que l'on croit à un retour dans un autre monde, dans un univers parallèle ou que l'on croit à une réincarnation sous une autre forme et dans un avenir plus ou moins proche dans notre monde connu, ce que je trouve très amusant c'est bien qu'il y a la certitude qu'il y a une réelle promesse pour que la vie suivante soit meilleure, follement plus passionnante et exaltante. Jamais personne ne va penser qu'il pourrait revenir dans une vraie vie de merde encore pire que celle qu'il a quittée. Et puis, il y a un biais auquel ne semble pas avoir réfléchi les gens qui croient à une réincarnation dans notre monde, sur notre planète. C'est que l'on sait que ni notre planète ni notre soleil ne sont éternels. Il arrivera forcément un moment où ces personnes reviendront dans une immensité vide de vie. Enfin bon, c'est leur problème.
Pour d'autres, la solution est de croire en l'existence d'un dieu et d'un paradis qui va avec. Et aussi d'un enfer, oui, mais que pour les très méchants, bien sûr. Là, la promesse n'est pas de revenir vivant mais de "vivre" comme un esprit sain et passablement désincarné, sous la forme d'un "esprit". Pour faire quoi ? Mystère. Pour longtemps, par contre. Jamais je n'ai entendu dire que ces esprits envoyés au paradis disparaissaient. C'est assez plaisant de se dire que l'on pourrait rencontrer l'esprit de ses ancêtres et des ancêtres de ses ancêtres. Si l'esprit des animaux n'est pas accepté et si tant est que les animaux ont bien un esprit, je me demande bien quels seront les plus lointains ancêtres que l'on pourra rencontrer. Peut-être bien que ce seront Adam et Eve ! Là, ça niquerait bien les Darwin et autres rigolos !
Après, penser qu'il n'y a rien après la mort, que ça serait comme un interrupteur qui bascule, c'est sûr que ce n'est pas très séduisant. On peut légitimement se demander à quoi ça peut bien servir que les générations se succèdent, comme ça, sans réel but, sans que l'on puisse connaître la suite du feuilleton, sans aucun chance d'avoir le fin mot de l'histoire. Sans doute faut-il juste accepter qu'il n'y a justement aucun but. Si l'on admet que l'apparition de la vie sur la Terre et l'évolution qui a conduit à ce que nous connaissons actuellement, le long cheminement qui fait que nous sommes en 2015 de notre calendrier avec la vie actuellement en cours sur la planète, n'est qu'un heureux hasard sans but spécial, on pourrait justement s'en réjouir. Ça nous indique bien que rien n'a d'importance pour nous que l'instant présent et que c'est tant mieux si l'on peut y trouver de l'intérêt et du plaisir. Vivre le moment présent sans s'occuper de demain et de la fin, tant que c'est possible, je pense que c'est la bonne attitude à choisir. Il est sûr que dès lors que la vie n'apporte rien en terme de plaisir, c'est plus difficile à avaler.
Hum. Je me suis encore égaré. Qu'est-ce que je racontais, déjà ? Ah oui. Le marteau. Je ne sais pas pourquoi je me suis mis à parler de ça. Je vous assure que je n'ai pas écouté de Claude François. Je n'ai pas non plus utilisé de marteau dans la journée. En fait, j'étais en train d'essayer de dessiner et je me rendais compte que je n'arrivais à rien et que c'était foutu. Alors, j'ai eu comme un accès de dépression. Je me suis dit que plus jamais je n'arriverai à dessiner, que je ne suis qu'un gros nul et que, dans le fond, autant l'accepter, bien baisser les bras et passer à autre chose, changer d'orientation professionnelle, devenir éclateur de tête, par exemple.

dimanche 17 mai 2015

Qui a bu rébus

Pour passer le temps et parce que je n'ai rien d'autre à vous offrir aujourd'hui, une petite histoire inspirée par des propos entendus aujourd'hui qui m'ont bien amusé.

Louis avait poussé la grille rouillée restée trop longtemps fermée. Elle avait grincé sur ses gonds et il s'inquiétait du fait qu'un voisin aurait pu l'entendre. Il n'était pas venu ici depuis plusieurs années, depuis la mort de son père, en fait. S'il avait pris la précaution de se munir d'une lampe torche, il n'en avait pas encore besoin. Dans sa main droite fermée, il tenait la grosse clé qu'il avait précieusement conservée dans le tiroir de sa table de chevet. Sans jeter le moindre regard au petit pavillon aux volets clos, Louis se dirigea jusqu'au petit atelier planté au fond du jardin. Il se retourna pour s'assurer d'être seul et il fit jouer la serrure. Il pesa sur le bec de cane et pénétra dans le local poussiéreux. Les odeurs de sciure et de vieille huile mêlées réveillèrent des souvenirs qu'il aurait préféré restés endormis. Il voyait son père occupé à couper ou à poncer du bois, à assembler des pièces taillées et polies mais, par dessus tout, il se voyait lui, pleurant, le pantalon baissé sur les chevilles, il entendait le râle de son père et il attendait déjà la gifle qui n'allait pas tarder à arriver.

Il avait tu tout cela par crainte, par honte et par amour pour sa mère. Ce n'est qu'au décès de celle-ci qu'il avait parlé. Il était déjà adulte, sa vie avait déjà pris le chemin de l'échec total. Son père l'avait détruit et il avait décidé de parler après avoir regardé une émission à la télévision. L'histoire avait intéressé les policiers puis les juges. Son père était parti en prison et il était mort. Louis avait hérité de la maison et il n'avait pu se résoudre ni à l'habiter ni à la vendre. Elle était là, présente, avec ses souvenirs.

S'il venait ici à la manière d'un mauvais cambrioleur, c'est qu'il ne voulait pas croiser les voisins qu'il suspectait d'avoir toujours tout su de son histoire et qui avaient témoignés en faveur du père au procès. Il savait ce qu'il venait chercher. Il contourna la dégauchisseuse et se dirigea vers ce que son père appelait "la malle des vis". Une caisse en bois pourvu de puissantes ferrures qui abritait une collection disparate de vis de toutes tailles et aussi quelques clous, quelques pointes et autres crochets. Il souleva la lourde caisse par les poignées latérales et ressortit de l'atelier. Il ferma la porte, rangea la clé dans la poche de son pantalon et agrippa de nouveau la malle. Il rejoignit sa voiture garée plus bas dans la rue.

S'il était là, assis derrière son volant à attendre d'avoir repris souffle, c'était à cause de Jean-Pierre, son collègue aux services techniques communaux. A eux deux, ils réparaient tout ce qui méritait de l'être dans la commune. Ils remplaçaient les plateaux des pupitres de l'école, ils changeaient les clapets de robinetterie de la mairie, ils bricolaient l'électricité du programmateur des cloches de l'église. Un petit boulot tranquille qui ne demandait que des rudiments d'aptitude à bricoler un peu tout et n'importe quoi. Ça laissait pas mal de temps pour ne rien faire ou pour discuter. Et discuter, ils aimaient ça autant l'un que l'autre, Louis et Jean-Pierre. Il faut cependant reconnaître que c'était plutôt Jean-Pierre qui avait de la discussion. Louis aimait l'écouter, il avait l'impression d'apprendre, de s'instruire. S'il était là, assis derrière son volant à conduire pour rejoindre son appartement, c'était la faute à Jean-Pierre et à ce qu'il lui avait raconté la veille.

Plus tôt dans la journée, Louis était allé acheter une laisse et un collier pour chien. Il avait aussi mis une bouteille de pastis dans son caddie. Et puis des cacahuètes, en plus des courses habituelles. De quoi manger, du liquide vaisselle, du dentifrice, du PQ. Rien que du bien banal. Sauf le collier et la laisse, bien sûr ! Demain soir, Jean-Pierre viendrait prendre l'apéritif et il verrait ce qu'il verrait. Jean-Pierre habitait à l'autre bout du village sur la même route, la route qui traverse le village de bout en bout, de la ferme des Colas jusqu'au cimetière à tout le monde. Louis habitait juste à côté du cimetière.

Jean-Pierre était un bon copain pour Louis. Le seul copain, en fait. C'était son bon copain mais tout de même, des fois, il l'emmerdait avec son air un peu supérieur et condescendant. Le gros défaut de Jean-Pierre, aux yeux de Louis, c'était qu'il ne pouvait pas s'empêcher de se croire plus intelligent, plus instruit, que les autres. Louis ne se pensait pas plus intelligent que Jean-Pierre mais il ne pensait pas pour autant que Jean-Pierre, lui, fut plus intelligent que lui. Jean-Pierre aimait, c'est vrai, étaler son savoir acquis la veille à la télé et, avec quelques approximations, sur un ton péremptoire, tenter d'épater Louis. Ce que l'on ne pouvait pas enlever à Jean-Pierre, c'est bien qu'il avait la parole facile. Un vrai moulin à parole. Il était capable de parler toute la journée de tout et de n'importe quoi. De la chasse au canard comme du programme commun de la gauche uni. Il était intarissable sur le problème du cours du pétrole et savait tout ce qu'il fallait savoir sur la géo-politique au proche-orient. Un érudit, en quelque sorte. S'il lui arrivait de se mélanger les pinceaux, il refusait de le reconnaître et, si on lui faisait remarquer une erreur, il était habile à faire bifurquer la conversation vers d'autres horizons. Mais là, cette fois, Louis allait lui clouer le bec. Il avait bien tout calculé et Jean-Pierre allait être bien attrapé. Louis en riait déjà.

Il ouvrit la porte d'entrée du petit immeuble et la bloqua avec une cale de bois laissée là à cet usage le temps d'aller chercher la malle et les courses qu'il déposa sur le palier. Il laissa la porte se fermer et il gravit les marches jusqu'à sa porte. Il l'ouvrit, bascula l'interrupteur et alla poser ses sacs et la malle dans la cuisine. Il rangea les courses dans le buffet et dans le réfrigérateur sauf le collier et la laisse qu'il posa sur la table. Il jeta un regard amusé vers le chauffe-eau à gaz qui trônait au-dessus de l'évier. Demain soir, il rirait bien !

Après un rapide repas léger pris en regardant le journal télévisé, il alla faire une petite vaisselle. Il régla la puissance du chauffe-eau et fila prendre une douche. Il revint dans le séjour et commença à regarder un téléfilm policier qui l'ennuya vite. Il éteignit la télé avant la fin et alla se coucher. Il lut quelques pages du roman qu'il avait entrepris quelques jours auparavant et s'endormit rapidement sitôt la lumière coupée. Il passa une nuit épatante peuplée de rêves joyeux. Au matin, en pleine forme, il lui sembla s'être réveillé plusieurs fois pris d'un fou rire. Ça allait être une super journée !

Il se fit chauffer de l'eau pour préparer le café, se coupa quelques tartines et sortit la confiture du réfrigérateur. Après un bon petit-déjeuner, il alla se préparer et s'habilla pour aller au boulot. Il y allait à pieds sauf s'il pleuvait trop fort. Le soleil était au rendez-vous.

Il arriva avant Jean-Pierre et l'attendit avec impatience. Lorsque celui-ci entra dans l'atelier, il eut droit à un joyeux accueil. Ça allait être une belle journée. Il y avait juste assez de travail pour ne pas s'ennuyer. On commença par faire couler du café et Jean-Pierre commença à parler en tentant d'expliquer la tectonique des plaques et la genèse du système solaire. Louis affichait un sourire ravi. Tout au long de la journée, il rappela son invitation à venir prendre l'apéritif le soir même. Il dit et redit qu'il avait acheté de l'apéritif et des cacahuètes et que l'on allait passer une bonne soirée. Il laissa aussi entendre qu'il y aurait une surprise.

Une super journée très agréable. Le cantonnier était passé en fin de matinée pour une affaire de manche de pioche cassé. On discuta de choses et d'autres jusqu'à la pause de midi. A partir de 16 heures, Louis insista pour que Jean-Pierre n'oublie pas l'apéritif. Il lui rappela qu'il pouvait venir à partir de 18h30. Jean-Pierre lui répliqua qu'il le lui avait déjà donné les consignes à plusieurs reprises.

Louis accrocha sa veste de travail à la patère et ne put s'empêcher de rappeler l'invitation à Jean-Pierre qui se contenta de hausser les épaules. Sans se presser outre mesure, Louis rentra chez lui. Il avait largement le temps pour préparer sa surprise. Il prit une douche et commença gentiment à mettre en place les éléments de sa petite mise en scène.

Il vérifia que les bacs à glaçons étaient pleins, il posa les verres et la bouteille de pastis sur la table basse, il rangea les deux ou trois bricoles qui traînaient, il était satisfait et commençait déjà à se faire le film de son petit effet dans sa tête. Tout allait se passer à merveille. Il retourna dans la cuisine pour terminer. Jean-Pierre devait arriver d'ici une demi-heure. Il installa la malle sur l'évier et accrocha la laisse au collier lui-même fixé au chauffe-eau. Tout était fin prêt et Louis n'était pas peu fier de lui.

A 18h30 très précises, Jean-Pierre toqua à la porte. Louis inspecta rapidement une dernière fois son installation, ferma la porte de la cuisine et ouvrit celle d'entrée. Jean-Pierre avait pensé à amener deux pizzas achetées au camion qui était là tous les vendredis. Il expliqua qu'il avait pensé que ça serait peut-être bien de manger quelque chose en buvant, pour éponger. Louis le félicita pour son initiative bien venue. Il invita Jean-Pierre à s'installer dans le canapé et alla déposer les boîtes en carton contenant les pizzas dans la cuisine.

Il revint avec un bol emplit de cacahuètes salées et le posa sur la table basse. Il proposa un premier apéritif qui fut accepté de bon cœur. Jean-Pierre commença à parler et à tenter des notions compliquées en lien avec la thermodynamique à moins que ce ne fut en rapport avec la physique nucléaire. Il en était à expliquer que Einstein s'était peut-être trompé dans sa théorie générale de la relativité lorsque Louis servit un deuxième pastis bien tassé. Lui l'aimait frais avec des glaçons quand Jean-Pierre le préférait sans trop d'eau et à température ambiante.

Vers 19h30, après déjà pas mal de verres, Louis proposa que l'on commence à manger. L'idée fut accueillie avec enthousiasme. Jean-Pierre proposa de réchauffer les pizzas dans le four. Louis acquiesça et se leva pour aller dans la cuisine. Jean-Pierre allait se lever pour l'accompagner mais Louis l'en dissuada en lui expliquant qu'il n'y en aurait pas pour longtemps avec le four à micro ondes et que Louis pouvait se servir un nouveau verre sans oublier le sien.

La première pizza, coupée en huit, fut servie à même le fond du carton. Jean-Pierre pensa qu'il était opportun d'expliquer les origines de la pizza et comment ce plat est devenu mondialement connu et partagé. On but encore quelques verres et les têtes commençaient à tourner un peu. Louis décida qu'il était temps de présenter sa surprise maintenant. Il avait peur de ne plus en être capable d'ici quelques minutes.

Avec un grand sourire, il demanda à Jean-Pierre de le suivre dans la cuisine. Jean-Pierre se leva en titubant un peu et le suivit d'un pas mal assuré. Dans la cuisine, Louis se mit un peu à l'écart pour laisser Jean-Pierre découvrir l'installation. Ce dernier n'eut d'autre réaction que d'afficher un air étonné d'incompréhension. Pour une fois, il ne trouvait rien à dire.

— Je te mets sur la voie, annonça Louis.

— Hum ?

— Tu vois quoi ?

— Bah... une caisse pleine de clous et de vis sur un évier ?

— Oui mais c'est une malle, pas une caisse. Et quoi d'autre ?

— Euh ? Une laisse et un collier pour chien ?

— Oui ! Et alors ?

— Alors quoi ?

— Et alors ? Par rapport à ce que tu me disais hier après-midi ?

— Je disais quoi ?

— A propos d'un film que tu as vu et que tu m'expliquais ?

— Je vois pas bien ?

— Mais si voyons !

— Non, je vois pas. Désolé.

— Bon. Ça c'est quoi ?

— Une caisse ?

— Une malle !

— D'accord, si tu veux. Une malle. Et ?

— Il y a quoi dedans ?

— Des vis ?

- Oui ! Et alors ?

— Je vois pas...

— Héhéhé ! Louis était au comble du bonheur. Et là, c'est quoi ?

— Je l'ai dit. Un collier et une laisse pour chien.

— Je te le fais pas dire. Et c'est accroché où ?

— Sur le chauffe-eau ?

— Parfaitement ! Oui !

— Et alors ?

— On reprend. Là ?

— Laisse ?

— Et là ?

— Collier ?

— Et là ?

— Chauffe-eau ?

— D'accord. Et ça donne quoi ?

— J'en sais rien, moi !

— Laisse, collier, chauffe-eau...

— Hein ?

— Et là ?

— Une caisse de vis ?

— Une malle !

— Une malle de vis ?

— Oui ! Oui ! Oui ! Et alors ?

— Ah non, franchement, je vois pas.

— Je t'ai coincé, hein ? Avoue !

— Je le reconnais, je sèche, j'y comprends que dalle dans ton truc. C'est un rébus ?

— Vouais ! Une sorte de rébus, c'est ça !

— J'ai dû trop boire, j'arrive pas à recoller les morceaux. Allez. Je donne ma langue au chat. Donne la solution qu'on en finisse et qu'on aille fêter ta victoire avec un bon verre.

Louis savourait sa victoire déjà gagnée. Il fit durer le suspense et, sentencieux, donna l'explication de l'énigme.

— Alors, j'y vais. Bon. Là, on a une laisse, un collier et un chauffe-eau, on est bien d'accord ?

— Ouais, ouais !

— Et là, une malle avec des vis ?

— Ouais, si tu veux.

— Alors, ça nous donne, attention ! Roulement de tambour ! Ta, ta, ta ! Attention, attention ! Laisse - collier - chauffe-eau - malle des vis !

— Hein ? Rien compris !

— Laisse, collier pour le chauffe eau, malle des vis. L'escalier pour l'échaffaud, Miles Davis ! T'as compris maintenant ?

— ...

— Alors ? Hein ? T'en dis quoi, champion ?

— C'est un ascenseur, pas un escalier !

Jean-Pierre fut pris d'un fou rire et Louis se sentit très bête.

dimanche 4 août 2013

Zoom dans la glycine

Zoom dans la glycine

vendredi 2 août 2013

Truc à trois roues

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jeudi 18 juillet 2013

Peinture fraîche

Je me suis amusé à tenter une peinture numérique. Le gros avantage de la peinture numérique sur la peinture à l'huile, c'est qu'elle est propre, qu'elle ne tache pas les doigts, qu'elle est bien plus facile, aussi.
Ce qui serait très amusant, ce serait de tenter de la refaire "pour de la vraie", avec des pinceaux et des brosses sur une toile avec des tubes de belle peinture et les bonnes odeurs de térébenthine et d'huile de lin.

Coquelicot

samedi 23 mars 2013

Relevé de compteur

C'est très bête mais c'est comme ça. Ce billet est le deux-millième billet de ce blog. Ce qui est bête, c'est de le noter, de le fêter. Il n'a rien de plus qu'un autre billet hormis celui de tomber, par hasard, sur ce numéro d'ordre là.

Deux mille. Et après ? Périodiquement, je me dis que je devrais arrêter ce blog. Je me dis qu'il ne sert à rien, que ça me fait perdre du temps, que j'ai dit ce que j'avais à dire. Et puis, il arrive que j'ai un dessin, un texte, une photo, que j'ai envie de partager. Alors, je me dis que c'est bien que ce blog existe. L'erreur a été de tenter de faire un blog quotidien. Il faut admettre que l'on n'a pas nécessairement quelque chose à dire. Il y a des jours où il ne se passe rien, où on ne fait rien de notable. C'est comme ça. Aujourd'hui, par exemple, si je ne m'étais pas aperçu par hasard que j'allais faire le deux-millième billet, j'aurais été bien en peine de trouver un sujet. Alors là, j'ai même fait un dessin pour fêter dignement l'événement.

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Si j'en crois les statistiques données par Google, vous seriez environ 2000 visiteurs uniques à vous connecter mensuellement sur ce blog. Parmi vous, il y a les gens qui publient ou tentent de publier des commentaires publicitaires. Je reste tout de même très étonné et légèrement dubitatif par cette audience. Il est possible que je ne sache pas interpréter les statistiques.
Si celles-ci sont exactes et si je ne me trompe pas dans leur lecture, ça signifie qu'il y a beaucoup de personnes que je ne connais pas et qui ne se font pas connaître qui passent par là. Apparemment, du moins pour ce que l'on peut en savoir, vous êtes assez nombreux à avoir une adresse IP fixe pour que l'on puisse déterminer que vous êtes assez nombreux à venir et revenir avec une belle régularité. Ça me donne à penser qu'il y a une sorte d'intérêt à visiter ce blog.
L'intérêt à tenir ce blog, par contre, m'échappe un peu plus jour après jour. Je sens que je me détache du dessin. J'essaie la photo mais j'ai conscience du fait que je ne suis pas prêt à faire un blog photo. J'aime bien m'amuser à photographier des trucs et des machins, ceci dit. Mais il y a un fait qui me poussera sans doute à arrêter ce blog d'ici quelques mois ou quelques années. C'est le fait que dotclear a annoncé à l'occasion de la sortie officielle de la version 2.5 de ce moteur de blog son désir d'abandonner le support des versions trop vieilles de php. Cela veut dire concrètement que si Free ne passe pas la version de php à une version plus récente pour son service des pages perso, il ne sera plus possible d'utiliser dotclear dans les prochaines versions.
L'idée sera alors de passer par un autre hébergement et par l'achat d'un nom de domaine. J'y pense depuis des années mais je me dis que ça n'a aucun vrai intérêt de dépenser quelques dizaines d'euros pour une affaire de blog perso comme celui-là. Enfin, nous n'en sommes pas encore là.

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