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samedi 30 juin 2018

Les gens qui posent des questions sont des ignorants


Est-ce que je t'en pose, moi, des questions ? Hein ? Ben non, je ne t'en pose pas. Je sais bien qu'il n'y a rien à attendre de toi. Tes réponses, de toute manière, seraient ineptes, ridicules, infondées. Je ne pose pas de questions et j'entends que l'on ne m'en pose pas. Attention ! Je ne dis pas que je ne ME pose pas de questions. Bien sûr que je m'en pose ! Je n'arrête pas de m'en poser. J'ai juste la décence de ne pas attendre de réponses. Je ne vois pas pourquoi je devrais m'astreindre à me trouver une réponse. Si j'étais en mesure de répondre à mes questions, franchement, tu crois que je perdrais du temps à m'en poser, des questions ? Soyons sérieux. Si j'avais les réponses, je n'aurais pas besoin de m'interroger. Je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de boire un verre d'eau lorsque j'ai soif, je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de pisser lorsque j'ai la vessie qui m'indique qu'elle a envie de se vider.
Il y en a, des cons ou des intellectuels, qui croient que ça fait intelligent de se poser des questions ou, tout du moins, de laisser entendre qu'ils se les posent. Il y en a même qui vous pondent des bouquins plein de leurs questions existentielles dont on n'a rien à faire. Au lieu de travailler, de faire quelque chose d'utile, de faire la vaisselle, de se laver le cul ou d'écrire une histoire intéressante, ils se masturbent la tête à la recherche d'une question intelligente qui collera avec la réponse intelligente qu'ils ont déjà mis de côté tout exprès pour cette question. Le plus dur, c'est de trouver la question pleine de fatuité vaine qui aura l'apparence de l'intelligence pour s'associer bien comme il faut avec la réponse.
Ça fait penser à ces créatifs qui produisent leur œuvre et qui dissertent après coup sur le cheminement intellectuel qui a conduit à la réalisation de ce coup de génie. Ils vont te faire un travail d'introspection, ils vont convoquer leur enfance et le fait que leur maman a couché avec leur papa pour t'expliquer que rien n'est dû au hasard et que leur peinture/sculpture/écrit/photo/film est à voir comme un reflet du passé digéré ou non de leur condition d'homme pensant. Mon cul. Moi, j'en côtoie des artistes. Et ça depuis des années. Il y a pas à tortiller du cul, ça ne fait pas un pli, les meilleurs artistes ce sont ceux qui sont incapables de parler de leur œuvre. Bien sûr que leur travail est intimement lié à leur histoire et à l'histoire de leurs ancêtres. Evidemment ! Mais ils ne cherchent pas à expliquer leur besoin de réaliser des œuvres d'art. S'il le faisait, certainement qu'ils ne pourraient plus produire.
Un truc que l'on entend parfois, c'est que l'artiste ou le créateur ne peut pas faire autrement que de produire ce qui pousse en eux. Ça, j'y crois. Va pas demander à l'artiste ou à l'écrivain ce qui l'a conduit à peindre comme ci, à sculpter comme ça ou à écrire avec ces mots et ce rythme. Ce que l'on voit, lit, touche, c'est la réponse. Point barre.
Si tu es un trou du cul, un pique-assiette et un vide-verres compulsif, tu aimes peut-être aller aux vernissages. Si tu as la chance que ce soit une exposition un peu importante, il y aura peut-être un commissaire d'exposition qui aura en charge de poser la problématique de la scénographie et de l'auteur mis dans le contexte de l'époque. Si tu as la chance de maîtriser l'humour, tu vas te fendre la gueule sous cape en écoutant les gens s'extasier et prendre des mines compliquées et graves en face des œuvres exposées. Laisse tes oreilles en profiter ! Tu vas t'amuser. Laisse-les traîner à l'affût des critiques qui ne vont pas tarder à fuser. Tu vas entendre le confrère artiste qui va remarquer que l'encadrement est perfectible ou qu'il n'aurait pas mis cette photo/peinture/sculpture. Derrière des beaux sourires hypocrites, tu vas goûter à satiété du concentré de méchanceté âcre et fielleuse. Savoure ! Régale-toi ! Vas-y de ton avis à la con. Fais dans le pompeux, fais dans la provocation facile. Tu vas entrer dans le cénacle, tu vas te faire ta place. L'artiste n'est plus celui qui expose, c'est le public.
Franchement, si tu as le désir de voir les œuvres, ne vas pas au vernissage ! Choisis une heure calme un autre jour. Si tu veux bouffer et picoler gratis, oui, bien sûr, vas au vernissage ! L'amateur d'art réussit le tour de force d'être encore plus artiste que l'artiste. Il joue au vampire. Il sur-interprète, il suce l'intime de l'artiste et s'en rassasie. Bon, allez, soyons honnête, il y a aussi de vrais amateurs d'art qui aborde les œuvres avec toute l'humilité nécessaire. On ne peut pas, on ne doit pas violer l'artiste. Ça lui fait déjà assez mal de montrer ce qu'il ne parvient pas à garder pour lui, il ne faut pas le presser comme on le ferait d'un citron. Vous croyez vraiment que van Gogh était heureux de peindre ? Vous croyez que Mozart créait dans une joie perpétuelle ?
C'est pas sûr (et c'est même sûr que non) que l'artiste soit plus intelligent ou plus sensible que le reste du monde. C'est du pipeau. C'est juste qu'il a plus de choses à dire. Ce n'est pas une affaire de question et de réponse. C'est comme ça, rien de plus. L'artiste est impudique. Il est peut-être aussi, à l'occasion, égocentré. Il extériorise la complexité de sa pensée, il s'exprime. Mais non, pas d'explication, pas de réponse, pas de question. Certainement pas ! Des obsessions, de l'intime, du personnel, du profond, du "tu", de l'indicible, oui. Le tout dans un contexte personnel, familial, culturel, politique, social. L'artiste n'est pas quelqu'un de "bien" ou de "mal", de "bon" ou de "mauvais". Il peut être con comme un manche à balai, il peut être vaniteux, imbitable, faible, dément, même. L'œuvre est ce qui est sorti de l'artiste, l'œuvre n'est pas l'artiste. L'œuvre, quelque part, ne lui appartient plus, n'est plus en lui. Elle s'est extirpé de lui, il s'est débarrassé d'elle. Elle doit vivre sa vie après son accouchement.
On peut perdre son temps à chercher les réponses aux questions que l'on peut se poser face à l'art des hommes les plus anciens. C'est vain. Ce qui, éventuellement, signifiait est aujourd'hui perdu à nous. Le symbolisme possible des peintures, gravures, sculptures de ces êtres nous est étranger parce que nous n'avons pas de pierre de Rosette pour le décrypter mais aussi parce qu'il nous manque l'environnement d'alors. Peignait-on au fond des grottes accompagné de musique ? Cette musique ne nous sera pas parvenue. Buvait-on ou avalait-on des substances plus ou moins hallucinogènes ? On n'en a nulle trace. Comment pouvons-nous juste imaginer ce qu'était le quotidien de ces femmes et hommes ? De quoi était composé l'imaginaire commun ? Jamais on ne percera le "mystère". Ce qui reste, c'est l'émotion. Peut-être cette émotion ressentie aujourd'hui ne correspond à rien de celle perçue autrefois. Certainement même. Il manque le référentiel. Toute interprétation est fausse mais ce n'est pas grave. L'important, c'est qu'une émotion soit suggérée par l'œuvre elle-même.
Récemment, un expert a suscité un certain émoi dans quelques milieux en révélant que, selon lui, le "Guernica" de Pablo Picasso ne représenterait absolument pas le bombardement nazi mais une scène de ménage. Quelques années avant, on apprenait que la célèbre photographie de Robert Capa "Mort d'un soldat républicain" est une mise en scène. Auparavant, c'était la photographie de Robert Doisneau "le baiser de l'Hôtel de ville" qui était présentée (par l'auteur) comme une mise en scène. On plaque ce que l'on veut de nous sur l'art. Et c'est pourquoi la seule attitude valable dans une confrontation à l'art est son ressenti personnel. On aime ou pas. L'art n'a aucune raison d'être difficile d'accès et ne demande pas à être compris ou analysé.
Sur une même affaire, j'ai lu "La serpe" de Philippe Jaenada et un bouquin écrit par un journaliste de Sud-Ouest. L'un, le premier, est un artiste quand l'autre est un scribouilleur qui se contente d'écrire dans un style sans âme. Il ne donne rien de lui, ne crée rien. L'artiste-écrivain ne s'oblige ni à la vérité ni à au factuel. Récemment, sur France Inter, Jaenada expliquait qu'il écrit parce qu'il ne peut pas faire autrement. Tout est dit. J'ai eu le bonheur de le rencontrer et de discuter avec lui. Il a son opinion, il la livre, mais il ne se lance pas dans autre chose que ce que son livre (excellent livre) livre.


Qu'est-ce que je voulais vous raconter ? Je ne m'en souviens plus. Je suis parti sur ce sujet, je suis parti en vrille alors que je voulais vous parler, me semble-t-il, de croque-monsieur et de photo de service à café. C'est tout de même bizarre, un cerveau, ça a tendance à n'en faire qu'à sa tête. Notez, je me demande bien ce que je pourrais avoir à écrire à propos des croque-monsieur. Ce n'est pas un sujet dont on peut écrire des lignes et des lignes. Enfin si, sans doute, quelqu'un de talentueux pourrait sans doute le faire. Il faudrait que le besoin se fasse jour et ça, c'est pas gagné.
Moi, je fais les croque-monsieur d'une manière assez simple. Deux tranches de pain de mie, du beurre sur une face puis une fromage râpé, une demi tranche de jambon, de nouveau du fromage que je recouvre avec la deuxième tranche de pain beurrée. Maintenant, je beurre légèrement la face du dessus et hop ! je pose l'ensemble dans l'appareil à croque-monsieur le beurre côté feu. Un peu de beurre sur le dessus et je rabats l'appareil. Je laisse cuire quelques minutes à feu pas trop vif et j'en profite pour m'en faire un second.
Je sais que j'ai dit qu'il ne fallait pas se poser de questions mais je me réserve le droit à l'incohérence et au paradoxe. Donc. Est-ce que c'est bon, le croque-monsieur ? Objectivement, pas vraiment. Ça se mange. C'est dans le domaine du "régressif", je pense. A la limite du junk food. Personnellement, je suis opposé au croque-madame qui est la même chose mais avec un œuf au plat par dessus. Vous n'en avez rien à faire ? Je peux le comprendre. Pas de problème.
Certains font leurs croque-monsieur avec de la sauce béchamel et les font cuire au four sous le grill. Je n'ai jamais compris cette pratique. Je ne critique pas les partisans de cette recette, je tolère que l'on puisse la préférer, c'est juste que je ne la comprends pas.

Comme j'avais des photos à faire et que j'avais retrouvé des tasses et d'autres éléments d'un service à café, je me suis servi de ça pour régler les éclairages. Ça m'a donné l'occasion de faire un peu de vaisselle et de m'exercer à faire de la photo d'objets. Ça casse pas trois pattes à un canard mais j'aime bien mettre de l'image dans les billets du blog et ceci même s'il n'y a aucun rapport avec quoi que ce soit. Je suis chez moi, je fais ce que je veux.

Tasses décor pavot
Cádiz - Villeroy et Boch


Est-ce que je t'en pose, moi, des questions ? Hein ? Ben non, je ne t'en pose pas. Je sais bien qu'il n'y a rien à attendre de toi. Tes réponses, de toute manière, seraient ineptes, ridicules, infondées. Je ne pose pas de questions et j'entends que l'on ne m'en pose pas. Attention ! Je ne dis pas que je ne ME pose pas de questions. Bien sûr que je m'en pose ! Je n'arrête pas de m'en poser. J'ai juste la décence de ne pas attendre de réponses. Je ne vois pas pourquoi je devrais m'astreindre à me trouver une réponse. Si j'étais en mesure de répondre à mes questions, franchement, tu crois que je perdrais du temps à m'en poser, des questions ? Soyons sérieux. Si j'avais les réponses, je n'aurais pas besoin de m'interroger. Je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de boire un verre d'eau lorsque j'ai soif, je n'ai pas besoin de me demander si j'ai envie de pisser lorsque j'ai la vessie qui m'indique qu'elle a envie de se vider.
Il y en a, des cons ou des intellectuels, qui croient que ça fait intelligent de se poser des questions ou, tout du moins, de laisser entendre qu'ils se les posent. Il y en a même qui vous pondent des bouquins plein de leurs questions existentielles dont on n'a rien à faire. Au lieu de travailler, de faire quelque chose d'utile, de faire la vaisselle, de se laver le cul ou d'écrire une histoire intéressante, ils se masturbent la tête à la recherche d'une question intelligente qui collera avec la réponse intelligente qu'ils ont déjà mis de côté tout exprès pour cette question. Le plus dur, c'est de trouver la question pleine de fatuité vaine qui aura l'apparence de l'intelligence pour s'associer bien comme il faut avec la réponse.
Ça fait penser à ces créatifs qui produisent leur œuvre et qui dissertent après coup sur le cheminement intellectuel qui a conduit à la réalisation de ce coup de génie. Ils vont te faire un travail d'introspection, ils vont convoquer leur enfance et le fait que leur maman a couché avec leur papa pour t'expliquer que rien n'est dû au hasard et que leur peinture/sculpture/écrit/photo/film est à voir comme un reflet du passé digéré ou non de leur condition d'homme pensant. Mon cul. Moi, j'en côtoie des artistes. Et ça depuis des années. Il y a pas à tortiller du cul, ça ne fait pas un pli, les meilleurs artistes ce sont ceux qui sont incapables de parler de leur œuvre. Bien sûr que leur travail est intimement lié à leur histoire et à l'histoire de leurs ancêtres. Evidemment ! Mais ils ne cherchent pas à expliquer leur besoin de réaliser des œuvres d'art. S'il le faisait, certainement qu'ils ne pourraient plus produire.
Un truc que l'on entend parfois, c'est que l'artiste ou le créateur ne peut pas faire autrement que de produire ce qui pousse en eux. Ça, j'y crois. Va pas demander à l'artiste ou à l'écrivain ce qui l'a conduit à peindre comme ci, à sculpter comme ça ou à écrire avec ces mots et ce rythme. Ce que l'on voit, lit, touche, c'est la réponse. Point barre.
Si tu es un trou du cul, un pique-assiette et un vide-verres compulsif, tu aimes peut-être aller aux vernissages. Si tu as la chance que ce soit une exposition un peu importante, il y aura peut-être un commissaire d'exposition qui aura en charge de poser la problématique de la scénographie et de l'auteur mis dans le contexte de l'époque. Si tu as la chance de maîtriser l'humour, tu vas te fendre la gueule sous cape en écoutant les gens s'extasier et prendre des mines compliquées et graves en face des œuvres exposées. Laisse tes oreilles en profiter ! Tu vas t'amuser. Laisse-les traîner à l'affût des critiques qui ne vont pas tarder à fuser. Tu vas entendre le confrère artiste qui va remarquer que l'encadrement est perfectible ou qu'il n'aurait pas mis cette photo/peinture/sculpture. Derrière des beaux sourires hypocrites, tu vas goûter à satiété du concentré de méchanceté âcre et fielleuse. Savoure ! Régale-toi ! Vas-y de ton avis à la con. Fais dans le pompeux, fais dans la provocation facile. Tu vas entrer dans le cénacle, tu vas te faire ta place. L'artiste n'est plus celui qui expose, c'est le public.
Franchement, si tu as le désir de voir les œuvres, ne vas pas au vernissage ! Choisis une heure calme un autre jour. Si tu veux bouffer et picoler gratis, oui, bien sûr, vas au vernissage ! L'amateur d'art réussit le tour de force d'être encore plus artiste que l'artiste. Il joue au vampire. Il sur-interprète, il suce l'intime de l'artiste et s'en rassasie. Bon, allez, soyons honnête, il y a aussi de vrais amateurs d'art qui aborde les œuvres avec toute l'humilité nécessaire. On ne peut pas, on ne doit pas violer l'artiste. Ça lui fait déjà assez mal de montrer ce qu'il ne parvient pas à garder pour lui, il ne faut pas le presser comme on le ferait d'un citron. Vous croyez vraiment que van Gogh était heureux de peindre ? Vous croyez que Mozart créait dans une joie perpétuelle ?
C'est pas sûr (et c'est même sûr que non) que l'artiste soit plus intelligent ou plus sensible que le reste du monde. C'est du pipeau. C'est juste qu'il a plus de choses à dire. Ce n'est pas une affaire de question et de réponse. C'est comme ça, rien de plus. L'artiste est impudique. Il est peut-être aussi, à l'occasion, égocentré. Il extériorise la complexité de sa pensée, il s'exprime. Mais non, pas d'explication, pas de réponse, pas de question. Certainement pas ! Des obsessions, de l'intime, du personnel, du profond, du "tu", de l'indicible, oui. Le tout dans un contexte personnel, familial, culturel, politique, social. L'artiste n'est pas quelqu'un de "bien" ou de "mal", de "bon" ou de "mauvais". Il peut être con comme un manche à balai, il peut être vaniteux, imbitable, faible, dément, même. L'œuvre est ce qui est sorti de l'artiste, l'œuvre n'est pas l'artiste. L'œuvre, quelque part, ne lui appartient plus, n'est plus en lui. Elle s'est extirpé de lui, il s'est débarrassé d'elle. Elle doit vivre sa vie après son accouchement.
On peut perdre son temps à chercher les réponses aux questions que l'on peut se poser face à l'art des hommes les plus anciens. C'est vain. Ce qui, éventuellement, signifiait est aujourd'hui perdu à nous. Le symbolisme possible des peintures, gravures, sculptures de ces êtres nous est étranger parce que nous n'avons pas de pierre de Rosette pour le décrypter mais aussi parce qu'il nous manque l'environnement d'alors. Peignait-on au fond des grottes accompagné de musique ? Cette musique ne nous sera pas parvenue. Buvait-on ou avalait-on des substances plus ou moins hallucinogènes ? On n'en a nulle trace. Comment pouvons-nous juste imaginer ce qu'était le quotidien de ces femmes et hommes ? De quoi était composé l'imaginaire commun ? Jamais on ne percera le "mystère". Ce qui reste, c'est l'émotion. Peut-être cette émotion ressentie aujourd'hui ne correspond à rien de celle perçue autrefois. Certainement même. Il manque le référentiel. Toute interprétation est fausse mais ce n'est pas grave. L'important, c'est qu'une émotion soit suggérée par l'œuvre elle-même.
Récemment, un expert a suscité un certain émoi dans quelques milieux en révélant que, selon lui, le "Guernica" de Pablo Picasso ne représenterait absolument pas le bombardement nazi mais une scène de ménage. Quelques années avant, on apprenait que la célèbre photographie de Robert Capa "Mort d'un soldat républicain" est une mise en scène. Auparavant, c'était la photographie de Robert Doisneau "le baiser de l'Hôtel de ville" qui était présentée (par l'auteur) comme une mise en scène. On plaque ce que l'on veut de nous sur l'art. Et c'est pourquoi la seule attitude valable dans une confrontation à l'art est son ressenti personnel. On aime ou pas. L'art n'a aucune raison d'être difficile d'accès et ne demande pas à être compris ou analysé.
Sur une même affaire, j'ai lu "La serpe" de Philippe Jaenada et un bouquin écrit par un journaliste de Sud-Ouest. L'un, le premier, est un artiste quand l'autre est un scribouilleur qui se contente d'écrire dans un style sans âme. Il ne donne rien de lui, ne crée rien. L'artiste-écrivain ne s'oblige ni à la vérité ni à au factuel. Récemment, sur France Inter, Jaenada expliquait qu'il écrit parce qu'il ne peut pas faire autrement. Tout est dit. J'ai eu le bonheur de le rencontrer et de discuter avec lui. Il a son opinion, il la livre, mais il ne se lance pas dans autre chose que ce que son livre (excellent livre) livre.


Qu'est-ce que je voulais vous raconter ? Je ne m'en souviens plus. Je suis parti sur ce sujet, je suis parti en vrille alors que je voulais vous parler, me semble-t-il, de croque-monsieur et de photo de service à café. C'est tout de même bizarre, un cerveau, ça a tendance à n'en faire qu'à sa tête. Notez, je me demande bien ce que je pourrais avoir à écrire à propos des croque-monsieur. Ce n'est pas un sujet dont on peut écrire des lignes et des lignes. Enfin si, sans doute, quelqu'un de talentueux pourrait sans doute le faire. Il faudrait que le besoin se fasse jour et ça, c'est pas gagné.
Moi, je fais les croque-monsieur d'une manière assez simple. Deux tranches de pain de mie, du beurre sur une face puis une fromage râpé, une demi tranche de jambon, de nouveau du fromage que je recouvre avec la deuxième tranche de pain beurrée. Maintenant, je beurre légèrement la face du dessus et hop ! je pose l'ensemble dans l'appareil à croque-monsieur le beurre côté feu. Un peu de beurre sur le dessus et je rabats l'appareil. Je laisse cuire quelques minutes à feu pas trop vif et j'en profite pour m'en faire un second.
Je sais que j'ai dit qu'il ne fallait pas se poser de questions mais je me réserve le droit à l'incohérence et au paradoxe. Donc. Est-ce que c'est bon, le croque-monsieur ? Objectivement, pas vraiment. Ça se mange. C'est dans le domaine du "régressif", je pense. A la limite du junk food. Personnellement, je suis opposé au croque-madame qui est la même chose mais avec un œuf au plat par dessus. Vous n'en avez rien à faire ? Je peux le comprendre. Pas de problème.
Certains font leurs croque-monsieur avec de la sauce béchamel et les font cuire au four sous le grill. Je n'ai jamais compris cette pratique. Je ne critique pas les partisans de cette recette, je tolère que l'on puisse la préférer, c'est juste que je ne la comprends pas.

Comme j'avais des photos à faire et que j'avais retrouvé des tasses et d'autres éléments d'un service à café, je me suis servi de ça pour régler les éclairages. Ça m'a donné l'occasion de faire un peu de vaisselle et de m'exercer à faire de la photo d'objets. Ça casse pas trois pattes à un canard mais j'aime bien mettre de l'image dans les billets du blog et ceci même s'il n'y a aucun rapport avec quoi que ce soit. Je suis chez moi, je fais ce que je veux.

jeudi 28 juin 2018

Droits de douane


Dans le premier épisode, Donald Trump imposait des droits de douane sur l'acier et l'aluminium. Dans le deuxième épisode, l'Union Européenne réplique en augmentant des taxes douanières sur quelques produits comme le beurre de cacahuète, les jeans, les motocyclettes et les alcools. Je me suis demandé ce que j'achète comme marchandises étatsuniennes. Des Harley-Davidson, je m'en passe assez bien. Sur le beurre de cacahuète, je fais l'impasse sans aucun souci. Les jeans, je n'en achète pas bien souvent (il n'est qu'à voir l'état de ceux que je porte) et je ne suis plus d'accord pour acheter les Levi's au prix que l'on nous impose en France. Le bourbon, je n'en achète pas. Le Jack Daniel's, oui, parfois j'en achète.
Si l'on s'en arrête là, on peut se dire qu'il n'y a pas péril en la demeure. On peut librement acheter des motos, des alcools, des fringues et des produits de bouche autres qu'américains des USA. Au sujet des jeans Levi's, j'ai appris il y a maintenant plusieurs années que la marque n'en produisait plus sur le territoire des USA. Elle a découvert qu'elle pouvait les faire fabriquer dans des pays à "bas coût". Un pays à "bas coût". C'est sans doute un euphémisme. En vérité, on devrait les appeler des pays à "haute plus-value". L'idée est de réussir à vendre des produits fabriqués à moindre prix à des tarifs exorbitants. Le bon consommateur met ses œillères pour ne pas voir que ce qu'il achète est potentiellement manufacturé par des quasi esclaves des temps modernes. Il se dit que c'est déjà bien assez cher comme ça et que si ça l'était encore plus ce serait vraiment trop. S'il est plein de compassion pour son semblable qui, faute à pas de chance, est né en Chine ou au Bangladesh ou au Mexique plutôt qu'aux USA ou en France, il est encore bien plus sensible à la question de la bonne santé de son porte-monnaie.
Le Jack Daniel's va augmenter. C'est dramatique mais il faut bien reconnaître aussi que depuis que c'est devenu un poison à la mode, son prix est déjà devenu un peu prohibitif. Le Jack Daniel's, ce n'est tout de même pas un alcool exceptionnel. Et puis, on peut le remplacer aisément par tout un tas d'autres boissons aussi intéressantes. De plus, il me semble que l'on peut aller jusqu'à affirmer que ces alcools forts ne sont même pas nécessaires. La France est un assez grand producteur d'alcool pour que l'on puisse s'enivrer sans avoir recours à ces alcools de grain. Le vin, tout de même, c'est un poil plus noble et intéressant que les whiskies et autres vodka, tequila, gin… Avant les années 50 et l'américanisation des esprits, on buvait de la fine à l'eau et du vin rouge. On savait boire français nom de dieu !

Mais si c'est la guerre économique qui est déclarée entre les USA et l'Europe, alors il y a peut-être du souci à se faire. Mine de rien, les États-Unis d'Amérique sont bien plus puissants que notre Europe. Les Américains sont en mesure de couper Internet, par exemple. Ils peuvent aussi couper le GPS et, ne l'oublions pas, ils ont la monnaie de référence. En gros, ils font la pluie et le beau temps à l'échelle mondiale. Ce n'est pas juste une question d'augmentation du prix des bourbons ou des jeans, ça peut aller bien plus loin. Je suppose que, dans notre économie globalisée, les USA dépendent aussi de l'Europe, ne serait-ce que comme débouché pour leurs productions. L'Europe est un marché important. En nombre d'habitants, l'Europe est devant les USA. L'Europe ce n'est pas tout à fait rien. Mine de rien, nous produisons aussi des marchandises qui intéressent les Américains. Le vin rouge, les Porsche, le tourisme. Pour le reste, je ne sais pas. Il me semble que la dépendance est plus en faveur des USA. Ne serait-ce que dans le domaine du numérique. Les GAFA(M) sont américains, nos ordinateurs et terminaux mobiles fonctionnent presque complètement sur des systèmes d'exploitation développés aux USA.
Pour le moment, la riposte des européens face aux décisions trumpesques sont teintées d'humour. On n'impose des taxes que sur des marchandises "icôniques". On dit à Trump que nous pouvons, nous aussi, jouer au con. A ce jeu, ce n'est pas sûr que nous soyons en mesure de gagner.
Mais il y a un truc que je ne parviens pas bien à comprendre. Je suis plutôt contre le libéralisme, pas trop pour le capitalisme non plus, et il me semble que l'on nous a vendu la libre circulation des marchandises comme la solution à tout. Cela devait permettre d'industrialiser les pays émergents et à les faire gagner un niveau de vie comparable au nôtre. La croissance devait apporter le bonheur partout sur le monde (bon sauf pour l'Afrique dont on se fout). Et là, j'ai l'impression que les pays sont en train de se refermer sur eux, de remettre des couches de protectionnisme un peu partout. Je ne vais pas m'essayer à me lancer d'une manière par trop hasardeuse dans une analyse géo-politique mais tout de même. Je sais que le libre échange ne concerne pas les personnes et que la mondialisation ne signifie pas que tous les hommes sont libres de circuler à la surface de la planète. En Europe comme aux USA (et ailleurs bien sûr), on ferme le frontières et on refuse les pauvres. Ça va forcément péter à un moment ou à un autre. Il ne va pas être possible très longtemps de contenir les mouvements de population générés par les guerres, les problèmes liés au réchauffement climatique, au désir légitime de survie. Il est possible que nous dirigions vers une grave crise mondiale et la chute de tout un système. J'ai du mal à être très optimiste à l'horizon d'une dizaine d'années.
Et le pire du pire, c'est que, si ça se trouve, avec le Brexit on ne pourra même plus acheter du whisky écossais. Et ça, si ça arrive, je ne m'en remettrai pas !