Mot-clé - saloperie

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 29 juin 2017

EPR de Flamanville

L'ASN a rendu son rapport et c'est tout bon ou presque. C'est cool parce que vu les milliards déjà engloutis par le projet de ce réacteur de nouvelle génération, ça aurait été dommage de devoir tout arrêter. Bon, il faudra que l'on pense à changer le couvercle d'ici six ou sept ans mais on a le temps de voir venir. Et puis, d'ici là, de l'eau aura coulé sous les ponts et on pourra dire qu'on avait oublié.
L'histoire, elle commence avec Areva, fleuron de notre industrie nationale, qui a la charge de fabriquer la cuve de cet EPR. Hélas, c'est pas de bol, l'acier utilisé n'est pas de la bonne qualité et une menace de devoir tout arrêter pour remplacer la cuve gronde en 2015. C'est que ça n'arrange un peu personne, cette affaire. Déjà, bon, le budget initial pour la construction de cet EPR de Flamanville a été multiplié par trois et dépasse les dix milliards d'euros. Pour remplacer cette cuve défectueuse, il faudrait tout casser et recommencer à zéro. C'est ennuyeux. Alors, EDF et ses partenaires commencent à tergiverser. D'accord, l'acier n'est pas vraiment aux normes mais pas de souci, ça ira très bien ainsi. On sait les difficultés du secteur depuis la catastrophe de Fukushima, les mauvaises affaires d'Areva avec UraMin, les retards pris dans la construction de l'EPR en Finlande et le coût démentiel qu'Areva doit supporter au titre des retards (neuf ans de retard, tout de même). Pour rigoler, il me semble avoir lu que le réacteur aurait été vendu dans les trois milliards d'euros et que Areva doit payer près de quatre milliards de dédommagement. LOL comme disent les jeunes.
L'ASN intervient et examine les documents fournis par EDF et Areva pour établir son rapport. Dans un premier temps, ça m'a un peu choqué que les experts se contentent de ces documents. Je me suis dit que, peut-être, existait-il un risque pour que EDF et Areva ne soient pas totalement honnêtes et osent maquiller un peu la vérité à leur avantage. J'ai l'esprit mal placé. Et puis, je me suis dit qu'il ne fallait pas être parano et qu'il est impossible que l'on joue sur un sujet si sensible. L'ASN a tout lu, ses experts ont tout calculé, et le rapport a été rendu. Tout est bon sauf le couvercle. Il faudra le changer dans quelques années. Alors tout va bien !

Notre sécurité est entre de bonnes mains
Par contre, ne nous voilons pas la face, ce n'est pas aussi simple que de remplacer le couvercle d'une cocotte-minute. Le couvercle, c'est là où se trouvent les tubes contenant les barres de combustible radioactif. Ce n'est pas si anodin que ça. C'est vrai que lorsque l'on entend "couvercle" on pense à sa cuisine, à cette brave casserole inoffensive qui, jour après jour, fait chauffer l'eau des pâtes.
Bien sûr, il serait rageant de se dire qu'après avoir dépensé tant de milliards d'euros on arrêtait tout ou on recommençait tout à zéro. Nous sommes tous comme ça, pas foutus de calculer comme il le faut. Si ça se trouve, il coûtera plus cher de terminer cet EPR de Flamanville que de le laisser tomber. L'argent perdu est perdu et il est illusoire de penser que l'on pourra se refaire d'une manière ou d'une autre.
La question qui agite les opposants au nucléaire est bien sûr celle de la sécurité. On sait que la cuve n'est pas parfaite, on sait que le couvercle est mauvais, peut-on au motif que l'on a investi des sommes considérables continuer sur sa lancée en croisant les doigts ? La preuve que oui !

dimanche 28 mai 2017

Nazis from outer space

Point Godwin

dimanche 7 mai 2017

Ni trop pour ni trop contre

Ce soir, dans quelques heures, nous saurons, nous autres citoyens de France, qui présidera notre République. Pour celles et ceux qui n'ont pas suivi le fil des événements, des onze prétendants présents pour le premier tour de ces élections il y a une quinzaine de jours, seuls deux restent en lice et il est aujourd'hui question de les départager... Ou pas.

Je ne vais pas aujourd'hui vous raconter ce que je compte faire, si je vais voter ou pas et, si le cas était, pour qui. De même, je ne vais pas faire de prosélytisme et ne vais donc aucunement vous enjoindre à aller voter ou à vous abstenir ou à glisser un bulletin blanc. Si vous êtes concerné par ces élections, c'est que vous devez être majeur et, je vous le souhaite, assez intelligent pour savoir ce que vous avez à faire en votre âme et conscience.
Toutefois, je me suis interrogé sur l'attitude de celles et ceux qui, parmi vous, m'ont fait part de leur intention de soit voter blanc soit de s'abstenir. Tout d'abord, assez curieusement, vous êtes assez peu à m'avoir informé que vous alliez exprimer un choix entre l'un ou l'autre des deux candidats. Si je fais le décompte de ce que j'ai pu entendre ou lire de vos intentions, seules trois personnes m'ont avoué avoir choisi, par défaut, le vote pour Macron. A ceci il convient de préciser que ma vie publique et sociale est pauvre et ne m'amène pas à cotoyer tant de gens que ça et que je me suis bien gardé de poser des questions. Ainsi, je n'ai pas cherché à connaître la décision de quelques personnes soupçonnées de pouvoir choisir le vote fasciste d'extrême-droite de merde.
Il convient donc de comprendre que cette réflexion ne démontre ou ne prouve rien. Il est juste question de comprendre les arguments de celles et ceux qui ont choisi de ne pas choisir.

Une équation ?

Il est difficile de choisir entre deux candidats que l'on considère comme équivalents en tout ou presque. Pour ces personnes, c'est très clair, la Peine c'est tout comme Macron et vice-versa. Choisir entre la peste et le choléra[1], c'est pas leur genre.
Je n'aimerais pas que l'on puisse me soupçonner de "macronisme" mais je reste assez perplexe face à cette équation. Certes, je suis bien ignorant de la chose mathématique mais, tout de même, de mes années d'école primaire j'ai retenu que l'on ne peut ajouter des pommes et des poires.
Je ne pense sincèrement pas que l'on puisse manquer de discernement au point de ne pas parvenir à discriminer une candidate fasciste, raciste et d'extrême-droite d'un candidat de centre-droite libéral. Je ne peux pas comprendre ce raisonnement et, pour le moment, le moins que je puisse dire c'est que les quelques personnes qui ont usé de cet argument pour s'expliquer n'ont pas réussi à me convaincre en quoi que ce soit. Pire, elles se sont souvent emmêlé les neurones et ont commencé à raconter un peu n'importe quoi n'importe comment.
Ce qui me semble inquiétant, c'est que de facto cela nourrit les efforts de banalisation du F-Haine. Mais bon, pourquoi pas après tout.

L'abstention par principe

Si l'on est intellectuellement et philosophiquement partisan de l'anarchisme, il est tout naturel de ne pas souhaiter participer au vote. Si j'étais honnête, ce devrait être la voie que je devrais choisir. Je ne suis pas honnête et dois vous avouer que, jusqu'à ce jour, je n'ai jamais manqué d'exprimer mon choix depuis que j'ai l'âge de voter. Jamais je n'ai voté blanc, jamais je ne me suis abstenu, du moins pour une élection présidentielle.
Mon idée, c'est que l'abstention ou le vote blanc est recevable s'il est constant et absolu. Je veux bien entendre celles et ceux qui me disent qu'à partir de désormais, plus jamais on ne les y prendra. La tentation de penser que plus jamais rien ne sortira de valable des urnes ne me semble pas illégitime. Je comprends parfaitement que l'on puisse refuser à partir de maintenant de jouer cette farce démocratique. D'accord. On ne peut pas reprocher à quelqu'un d'avoir pris son temps pour réfléchir. On ne naît pas anarchiste[2]. On peut très bien sentir se réveiller une réelle aversion pour la démocratie sur le tard et je ne trouve rien à y redire.
Sauf, tout de même, qu'en ce cas, il me semble pour le moins fondamental de ne plus s'intéresser aux problèmes de la démocratie. On peut s'en laver les mains, ne plus du tout se sentir concerné par la question, choisir un autre domaine de lutte, œuvrer pour que la Révolution survienne ou se retrancher dans une attitude distanciée. Il ne devrait plus être question de défendre quelque politique qui soit dans le registre du jeu démocratique. C'est de l'honnêteté intellectuelle.

Deuxième tour

La posture scientifique

Il apparaît, de ce que j'ai eu à entendre, que de nombreux abstentionnistes sont devenus de brillants analystes mathématiciens experts en expertise, des prévisionnistes hors pair qui sont persuadé d'avoir tout compris.
Parmi eux, on trouve celles et ceux qui affirment qu'il est absolument nécessaire que Macron batte la Peine mais juste du nombre de voix nécessaires. Dans l'idéal, il faudrait que Macron obtienne les 50% et une voix.
Dans leur schéma de pensée, cela amènerait Macron à comprendre qu'il a été "mal élu", qu'il n'est pas le bienvenu, qu'il est président par défaut et que l'on a été amené à l'élire par dépit, plus contre le fascisme que pour ses idées.
J'entends bien les arguments et je les trouve très ridicules. Disons que je ne parviens pas à comprendre ce que cela pourrait changer qu'il soit élu à 100% moins une voix ou à 50% plus une voix. Je suis peut-être trop con pour comprendre mais je ne comprends pas.
L'argument qui suit immédiatement, normalement, c'est le rappel à l'élection de Chirac et ses 82% de voix. Chirac n'avait pas constitué de gouvernement d'ouverture avec le "peuple de gauche". Je ne suis pas vraiment chiraquien et pas plus constitutionaliste mais je n'ai jamais entendu parler d'un texte dans la constitution ou ailleurs qui prétendent qu'un chef de gouvernement, un premier ministre nommé par le président de la République élu, ait une quelconque obligation à constituer son gouvernement en fonction du résultat du scrutin.

L'autre argument rigolo, c'est celui qui explique que, de toutes les façons, Macron sera élu. Celui-ci, que j'aime beaucoup tellement j'aime les histoires drôles, se base sur les sondages. Et là où je trouve une raison supplémentaire de me taper le cul par terre de rire, c'est que les partisans de l'idée lumineuse sont les premiers à dénoncer les sondages et à appeler à les interdire.
Encore une fois, je ne suis pas fort en calcul fût-il politique. Je comprends bien que l'on puisse aimer se faire une petite peur et avoir le désir de vivre quelques instants de folle excitation en contractant bien comme il faut ses sphincters. En mal d'émotions fortes, on peut jouer avec le feu et risquer le tout pour le tout avec ce petit jeu. Le risque, bien entendu, c'est qu'à trop gagner de partisans à la cause, la Peine passe, faisant la nique aux sondages, sondages auxquels, je le rappelle au passage, il convient de ne pas prêter crédit.
"Mais non ! Il n'y a aucun risque !" s'époumonnent-ils. Peut-être bien qu'ils ont raison, après tout. Allez, chiche !

Contre le monde de la finance phynance

Refuser de voter pour la Peine parce que, par principe, on ne vote pas pour une candidate fasciste d'extrême-droite et refuser de voter Macron pour ne pas voter pour le candidat des banques et de la finance, je comprends parfaitement. C'est sûr que, quelque part, c'est dur pour son fondement de se décider à donner sa voix au "moins pire" des deux.
C'est bien un peu douloureux de se faire enculer sans y prendre plaisir quoi que l'on fasse ou ne fasse pas. Parce que le problème est bien là, au fond. On ne choisit pas mais les autres le font pour vous. Perdu pour perdu, autant ne rien faire. A quoi bon ? Nous sommes à l'heure où nous pouvons beaucoup pleurer la funeste issue à laquelle nous sommes réduits. Ah ! Que n'avons-nous pas été plus actifs à l'heure où il aurait encore été possible de convaincre autour de soi à voter pour le bon candidat ! Ah que l'on peut en vouloir à machin et à truc de ne pas s'être entendus pour faire une union ! Ah oui, on pleure la gauche perdue, on geint, on se lamente, on laisse sa colère s'exprimer.
Ma vision de mon "engagement" politique passe presque en priorité par la lutte contre l'extrême-droite et le fascisme et, donc, contre le F-Haine pour la France. Ce qui me troue le cul, c'est bien la magistrale banalisation de l'extrême-droite. Arriver à penser qu'il n'est pas possible de choisir entre Macron et la Peine est significatif mais nous en sommes là. Il est effectivement hors de question de prétendre que l'élection de Macron nous apportera ce que nous pouvons attendre pour l'avenir et j'avoue que le choix me semble bien impossible à faire. Si je refuse de voter pour la Peine, je ne peux pas voter Macron en adhérant à ses idées et propositions.

Il n'est pas à gauche, elle est à l'extrême-droite

Si l'on est foncièrement de gauche, si l'on a choisit de ne jamais voter autrement que pour un candidat de gauche, si l'on est partisan, il n'est pas possible de se réduire à voter Macron même si celui-ci a été membre d'un gouvernement prétendument de gauche. On a bien vu que les actions des gouvernements successifs du quinquennat finissant n'ont pas été à la hauteur des attentes que l'on pouvait nourrir, même a minima.
Nous nous sommes faits bananer par Hollande mais, reconnaissons-le un peu, nous nous y attendions tout de même un peu. Le deal était pour beaucoup de battre Sarkozy. Il a été battu, nous avons eu ce que nous méritions : Hollande.
Ce jour, c'est une certitude avec laquelle il va bien nous falloir vivre[3], le prochain gouvernement, le prochain président, ne seront pas de gauche. C'est comme ça, c'est la vie. On n'a pas toujours ce que l'on appelle de nos vœux. C'est triste mais la perfection n'est pas de ce monde. Personnellement, je rêve d'un temps où les guerres n'existeront plus, où la paix sera la norme, où l'entr'aide[4] sera commune, où la propriété n'apparaîtra plus que dans les livres d'histoire, où la vie sera douce, les gens intelligents, le ciel bleu et les magasins pleins de douces pâtisseries en distribution libre et gratuite. L'utopie est le meilleur des programmes politiques. Ce monde qui saura se passer de l'intermédiaire des dirigeants, patrons, chefs et politiques, tournera bien rond comme il le faut et ce sera merveille et bonheur.

Prout

Ne pas voter Macron, ce n'est pas faire le jeu de la Peine. Absolument ! Mais dans le même temps, ne pas voter la Peine, ce n'est pas forcément ne pas faire le jeu de la Peine si l'on choisit l'abstention. Pour être plus clair dans mon propos, s'agissant d'un vote dont le résultat sera uniquement basé sur le pourcentage de voix obtenu par les candidats, on peut et même sans avoir fait de grandes études comprendre que c'est simplement celui des deux qui aura le plus de bulletins à son nom déposé dans les urnes qui gagnera le pompon.
Pour en revenir à mes amis prévisionnistes experts en expertises qui me font tant rire de ce rire gras et nerveux qui fait tout mon charme, je vais m'essayer à l'exercice pour rigoler. On peut prévoir sans trop craindre de se tromper que les gros cons qui ont voté la Peine au premier tour sont tout à fait disposés à confirmer leur choix en ce deuxième tour. On peut présager qu'une partie de ceux qui ont voté Fillon suivront le mouvement. Il paraît que chez les mélenchonistes, ils sont 19% à avoir le désir de voir la saloperie arriver au pouvoir[5]. On ajoute bien sûr les duponhaignantistes, peut-être aussi quelques asselineautistes et autres cheminadistes. En face, peut-être quelques socialistes proches de l'aile droite du PS auxquels viendront se joindre les démocrates qui à contre-cœur choisiront une mauvaise démocratie à une bonne dictature. Et de cela, on peut extrapoler que l'on trouve plus de convaincus pour la Peine que pour Macron. De celles et ceux qui m'ont avoué choisir de voter Macron pour ce deuxième tour, je note plus de personnes de "gauche" que de droite. Il faut bien sûr relativiser en notant que je fréquente plus de personnes de "gauche" dans toutes les acceptions du terme.
Toute voix non exprimée n'ira certainement pas contre la Peine et son parti fasciste d'extrême-droite et je pense que les votes d'adhésion en faveur de la saloperie sont plus certains que ceux en faveur du programme du candidat Macron. Mais je ne suis pas expert du tout et c'est de l'analyse au doigt mouillé. Ce que je veux exprimer de ma pensée, c'est juste que le succès de Macron n'est pas si gagné d'avance que ça.

Et alors ?

Quel que soit le résultat, je ne serai pas content. Bon, d'accord, je le reconnais, si la Peine de merde est battue ce sera déjà une petite satisfaction. Je le reconnais, je ne l'aime pas. On est encore en démocratie, on a encore le droit de le dire.
Tiens, d'ailleurs, existe-t-il un vrai risque pour que si, par grand malheur, la saloperie l'emporte la démocratie soit en danger ? Oui ? Non ? Ne se prononce pas ?
On a déjà vu, c'est déjà arrivé, qu'une personne élue démocratiquement parvienne à exercer son pouvoir en dehors de la démocratie. Si, si, je vous assure ! Mais tout de même, nous avons des institutions, des pare-feu, des boucliers bien solides pour empêcher pareille déconvenue, non ? Ça, j'en sais foutre rien ! Je ne sais pas, moi. Un coup d'état ? Avec qui derrière ? Traditionnellement, il est bon d'avoir les forces armées derrière soi pour réussir son coup. Les militaires, les flics, quelques milices constituées. Je ne sais pas trop comment pensent les militaires et les flics dans leur majorité. Ce sont des corps que je n'aime pas et ne fréquente pas.
C'est à dire qu'un argument court et qui dit qu'il sera toujours plus simple de combattre et de défendre les droits avec Macron et une démocratie molle qu'avec la Peine et une dictature forte. D'un autre côté, on peut aussi parier qu'une la Peine présidente serait une meilleure étincelle pour la Révolution, la lutte finale et le grand soir réunis.
Aussi, et c'est valable quel que soit le résultat, on peut imaginer qu'il sera quasiment impossible de définir une majorité parlementaire permettant à l'un ou l'autre de gouverner. Si l'on fait abstraction du risque de coup d'état évoqué un peu plus avant, il est en effet difficile de comprendre avec qui la Peine ou Macron gouvernera. Il y aura des législatives et, peut-être, un sursaut qui chamboulera tout ça. Par goût, j'aimerais assez un parlement bien à gauche mais ce peut être un parlement bien à droite qui a la fin l'emporte. On verra mais tout n'est pas perdu. L'espoir fait vivre.

On s'en branle

Ce soir, demain matin plus sûrement, nous saurons. Si je suis globalement assez confiant dans le fait que ce ne sera pas encore pour cette fois que le racisme, la haine, la bêtise et la peur arriveront au pouvoir en France, si je suis dans l'expectative la plus absolue pour ce qui se passera dans cinq ans, je peux penser par excès d'optimisme que rien ne changera vraiment dans ma vie pour les années à venir quelque soit le résultat. Si c'est elle qui à la fin gagne le jackpot, bah, je me couperai les cheveux bien courts, je fermerai ce blog, je collaborerai gentiment et poliment. Si c'est lui, franchement, il est à craindre que nous continuerons sur la lancée de ces dernières années. Au pire, ce sera encore un peu plus une politique d'inspiration libérale mais j'ai une bonne capacité de résignation qui devrait me permettre de continuer à faire ce que je veux quitte à restreindre un peu plus mon train de vie qui n'est pas si catastrophique que ça. Manger plus souvent des nouilles que du foie gras, c'est déjà mon quotidien. Pour mon cas très personnel, je ne vois pas ce que je peux redouter du gourvernement à la botte de Macron. Il ne peut pas vraiment me faire de mal sans à la marge. Peut-être devrais-je me chauffer encore moins en hiver et attendre la mort en courbant l'échine faute de pouvoir me soigner. Pire encore, peut-être m'obligera-t-il à trouver un emploi[6]. Avec une petite dose de fatalisme saupoudrée de nihilisme et de désespoir consenti, je pense que la suite sera parfaitement acceptable.

Mais surtout, il faut que je vous prévienne

Là, je m'adresse en premier à toutes celles et ceux qui vont s'abstenir pour n'importe quelle raison qui leur plaira. Si jamais grâce à vous, à nous, abstentionnistes intelligents, la Peine gagne, sachez bien que je vous déteste, que je vous conchie, que je vous exècre au plus haut point, que je vous méprise, vous réfute le droit même de m'adresser la parole. Amis abstentionnistes, allez vous faire foutre !

Notes

[1] formule qui ressort souvent

[2] ou royaliste ou je ne sais quoi encore

[3] sauf à choisir le suicide ou l'expatriement

[4] j'aime assez cette forme délicieusement désuète

[5] Oui, je sais, merci, les sondages et tout ça...

[6] quoi que sur ce point, je ne coûte pas grand chose à la collectivité. Je ne touche rien de rien de tous les organismes sociaux, n'ai même plus de carte Vitale...

lundi 24 avril 2017

Marine la Grouïk en marche

Marine la Grouïk

mercredi 29 mars 2017

Valls rejoint Macron et Fillon le néant

Voyez-vous, ce matin je me suis réveillé avec une idée stupide en tête. Pour la plupart d'entre vous qui n'avez pas la chance d'en avoir jamais la moindre, une stupide serait déjà comme un don de dieu. Or, il se trouve que dans le cadre de cette mienne démarche par moi entreprise visant à vous élever intellectuellement (et la tâche n'est pas aisée), je me dois de vous instruire sans plus attendre de comment fonctionne une idée.
L'idée naît de la rencontre d'une maman idée et d'un papa idée. Ils se plaisent, apprennent à se connaître, dansent la rumba et finissent par baiser comme des bêtes. La gestation est particulièrement brève et quelques secondes plus tard, dans d'atroces souffrances, la parturiente met au monde un bébé idée tout frais, tout neuf, tout rose. Seuls les bébés idée mâles sont à la source de bonnes idées. Les bébés idée femelles, elles, ne pensent qu'à rencontrer un futur époux idée et à danser la rumba avant de baiser. C'est ainsi.
L'enfant idée suit une scolarité rapide et tombe tout de suite après dans une adolescence ingrate et boutonneuse qui, heureusement ne dure pas. A peine deux minutes après sa naissance, le bébé idée est déjà un solide gaillard et il va consacrer sa vie à deux activités majeures. La première consistera à faire jaillir une seule et unique pensée dans le cerveau hôte où, à la manière d'un virus parasite, il s'est installé confortablement. La seconde sera tout entièrement consacrée à dénicher une madame idée afin de procréer. Une fois tout cela fait et bien fait, il chaussera ses pantoufles et fumera la pipe dans son fauteuil en goûtant les joies de la vie de retraité et d'un bon cognac tout en attendant la mort qui ne saurait tarder.

S'il y a des bonnes et des mauvaises idées, la plupart sont tout simplement "con comme un balai". Celle de ce matin m'enjoignait à m'engager à défendre une cause perdue, quasiment à rejoindre une mission humanitaire. Il me fallait défendre le faible, le persécuté, la victime, l'écouté et qui mieux que François Fillon pour incarner l'opprimé ? J'aurais pu me pencher et m'intéresser sur le cas de Manuel Valls mais en l'espèce on ne peut plus parler de cause perdue. Il s'agirait plutôt et au choix, de trahison, de lâcheté, de saloperie ou de connerie. Il m'aurait pourtant plu de défendre Manuel Valls. Mais hélas, à l'impossible nul n'est tenu. Donc, je me rabats (joie) sur Fillon. Fillon bafoué, Fillon volé, Fillon spolié, Fillon dénoncé mais Fillon en colère, prêt à en découdre, prêt à tout pour défendre son honneur et celui de sa Pénélope et de ses enfants, prêt à se battre avec ses petits poings serrés pour son argent et le droit de porter de beaux costumes offerts par ses amis. L'acharnement dont est victime François Fillon est contraire avec l'idée que l'on peut se faire de la démocratie et du droit aux gens de droite d'avoir leur président à eux par eux élu. Pensons à toutes ces personnes qui ont désigné leur poulain lors des primaires de la droite pour supprimer des centaines de milliers de fonctionnaires, pour obliger les chômeurs à travailler pour rien ou mourir pour pas cher. On (le cabinet noir) leur vole leur rêve de France forte et belle et catholique. C'est honteux et dégueulasse. C'est même contraire à la convention de Genève, si ça se trouve. Peut-être même que c'est anticonstitutionnel, allez savoir.
Et alors moi, avec mon idée instillée à l'insu de mon plein gré, je me suis essayé à l'exercice pour lequel je ne suis pourtant pas réputé, la caricature. C'est un exercice difficile pour moi. C'est peut-être que je ne sais pas observer les gens, peut-être aussi, plus simplement, que je ne suis pas doué pour cela. Mais bon, n'écoutant pas mon habituelle propension à trop vite baisser les bras je pose une feuille de papier devant moi et attrape un crayon. Cette première feuille part vite à la corbeille et est bientôt accompagnée de la deuxième. Mais à la troisième, il me semble "tenir" quelque chose. Finalement, je pense être parvenu à quelque chose de raisonnablement acceptable. Fasse que cela aidera M. Fillon à conquérir le pouvoir pour le plus grand bonheur de la France éternelle et de son rayonnement à travers l'univers.

fillon.gif

Vers la victoire

vendredi 24 mars 2017

Les vécés sombres du palais

Ainsi donc, il y aurait un cabinet noir à l'Elysée. C'est le très innocent[1] François Fillon lui-même en personne qui l'affirme. Ce très estimable (et bien habillé) candidat à la présidence de la République française pour le compte de Laids Républicains dévoile la sa vérité et il accuse[2] et on tremble au sommet de l'État. L'autre François, celui en poste actuellement, est nommément mis en cause. Il serait à la tête d'un sombre aréopage de barbouzes évoluant au sein d'un cabinet noir et distillant aux journalistes de la planète entière des rumeurs pestilentielles et des allégations mensongères à son propos. Et il est en colère, le François prétendant, le possible futur hypothétique impétrant Fillon. Et on le comprend et on le serait à moins.
Que l'on accuse son épouse de n'avoir rien foutu et d'avoir été payée pour cela, c'était gros. Que l'on l'accuse lui, comme s'il y était pour quelque chose, de recevoir des cadeaux de ses amis, c'est grotesque ! Que ses enfants soient rémunérés en contrepartie d'une lourde charge de travail, quoi de plus normal ? Que ces enfants se sentent redevables envers leurs parents et qu'ils remboursent les frais de mariage par eux avancés, c'est signe d'une bonne éducation. "Et alors ?" se questionne fort justement le François de l'histoire.

Et alors, et ce n'est pas pour défendre le marigot où se vautrent les journalistes, c'est manquer de respect à ces journalistes, justement, que penser un instant qu'ils sont incapables d'enquêter par eux-mêmes et de dévoiler ce qu'ils ont découvert. Ont-ils besoin d'un cabinet noir ? Je ne le sais pas. Il n'est pas totalement impossible, bien sûr, que des "gentils informateurs" se fassent un malin plaisir en informant la presse. Ce n'est pas impossible mais rien ne dit que ces informateurs soient tous à chercher du côté de l'Élysée, après tout. Il y a quelque temps, le directeur du Canard Enchaîné s'offusquait à l'idée que l'on puisse douter du travail des journalistes.
Très certainement présumé innocent, n'hésitant pas un instant à battre sa coulpe et à reconnaître les erreurs qu'il a pu commettre, François Fillon passe à l'attaque et dénonce les agissements assez moches du président de la République actuel. Que n'apporte-t-il pas les preuves claires qui montreront au peuple la véracité du travail de sa Pénélope d'épouse ? Des fiches de paie (pas des fausses éditées avec un logiciel de traitement de texte à la va-vite), des talons de chèque ou des preuves de virements bancaires, par exemple. Il lui serait alors facile de montrer à la face du monde que l'on cherche à lui nuire. Au lieu de cela, il reconnaît avoir commis une faute en employant son épouse, il s'en excuse... mais ne prouve rien de rien. Il dénonce l'existence d'un cabinet noir, il dévoile l'existence d'un complot mais ne prouve pas grand chose non plus. Par contre, il prétend avoir restitué ses costumes. C'est déjà ça. Pas sûr que ça suffise mais c'est un premier pas vers sa totale rédemption.

Cabinet noir

Notes

[1] jusqu'à nouvel ordre

[2] comme l'Émile avant lui

mercredi 15 mars 2017

Peut-on penser comme on veut ?

Ma maison est bâtie sur les fondations d'un ancien château et sur un nœud tellurique particulièrement fort qui ouvre sur la porte des enfers. D'ailleurs, cette porte est gardée par des esprits que l'on ne peut pas voir parce qu'ils sont en dehors du spectre lumineux visible par l'homme. Certains animaux comme le poulpe les verraient mais il n'y en a pas dans mon garage et cette absence est bien la preuve qu'ils ne sont pas présents parce qu'ils sont effrayés par ces esprits. En outre, dans les ruines des bases de ce château, si on creuse un peu, on trouve l'entrée d'un souterrain secret qui doit conduire, si j'en crois mes recherches, juste à l'endroit où se dressaient les tours jumelles de New-York. Et c'est assez logique si l'on considère qu'en numérologie, ma maison est strictement égal à "Twin Towers" ! C'est d'ailleurs assez fou, quand on y pense. Déjà, rien que le fait que j'habite exactement là, hein ? D'abord, j'ai pensé, naïvement, que c'était dû au hasard, que j'habitais à Azerat, juste dans cette petite maison, parce que, bon, cette maison était à vendre et qu'elle était dans mes prix. Mais pas du tout ! D'une longue discussion que j'ai pu avoir avec un ancien habitant des lieux, au tournant des XVIe et XVIIe siècle de notre ère, il appert qu'un célèbre alchimiste menait là des expériences assez incroyables et qu'il avait prévu mon arrivée. D'ailleurs, un parchemin que l'on m'a malheureusement dérobé (mais il n'y a pas hasard) annonçait ma venue à Azerat peu après le début du troisième millénaire ! Evidemment, je reçois des pressions du FBI et des états à la botte des puissances supérieures. L'autre jour, on m'a même coupé l'électricité pendant dix minutes. Et ils sont malins ! Pour que je ne puisse pas prétendre être particulièrement visé, ils ont tenté de me faire croire que l'électricité avait été coupée dans tout le village. Les autres habitants d'Azerat, tous de mèche, ont bien joué le jeu en affectant un air étonné. Je sais qu'ils sont tous payés pour me surveiller. L'autre jour, je sors de chez moi et, comme par hasard, la voisine arrivait en voiture. Alors que je ne l'avais pas vue partir !
On m'a enseigné l'art et la technique du voyage astral. Grâce à ce savoir ancestral, j'ai été en mesure de voyager dans le temps et l'espace et de connaître ma vie d'avant mon arrivée dans cette dimension. J'ai alors pu comprendre que l'on m'avait effacé la mémoire à la maternité comme on le fait à tous les nouveaux nés depuis que les Puissants ont pris le pouvoir sur la planète. Je sais de source sûre — parce que je l'ai vu de mes yeux — que nous autres, les vrais hommes, venons d'une autre galaxie d'un univers lointain et que nous sommes les enfants du Vrai Dieu (et pas de celui que l'on essaie de nous imposer). C'est dingue tout ce que l'on cherche à nous incruster dans notre tête pour masquer la vérité. Ces représentations de notre planète qui serait une sorte de boule flottant dans rien et tournant autour d'une autre boule ! Ridicule ! Et tout cela juste pour nous dissuader de reprendre notre voyage dans les univers multiples comme nous l'avons fait durant des milliards d'années auparavant. Nous sommes devenus les serviteurs des Maîtres qui nous ont asservis en nous implantant des fausses idées et en effaçant nos données à la naissance. Et ça, je le sais vrai parce que ça ne peut pas s'inventer.
J'ai réussi après un gros travail sur moi à rétablir la connexion avec mes cellules originelles. Les univers sont à notre image et nos cellules sont comme des galaxies. Et chacune de nos cellule à la taille de chacune des galaxies ! C'est juste une question de point de vue et c'est parce que, mais j'ai conscience que c'est contre-intuitif, les galaxies sont plus proches de nous que le sont nos cellules propres que l'on a l'impression qu'elles sont plus grande. Mais en fait, pas du tout ! C'est juste que nous nous voyons de l'extérieur et de plus loin. D'ailleurs, je ne suis pas le seul à le savoir. Nous sommes même des millions à avoir recouvré le savoir. Mais comme toujours, on nous dénigre et on veut nous faire taire. Cette illusion d'optique est maintenue pour que nous ne rendions pas compte que nous sommes beaucoup plus grands et forts que les Maîtres qui nous ont réduits à l'esclavage. Il y a un champ d'ondes gravitationnelles électro-magnétiques qui nous brouille la vision de qui nous sommes vraiment et sous couvert de techniques de communication on a mis des antennes relais partout. Avant, on utilisait les moulins à vent ou à eau pour perturber nos connexions neuronales mais quand ils se sont aperçus que l'on avait trouvé la parade, ils ont inventé la TSF et les avions à réaction et le téléphone portable en plus des sous-marins et des sonars. Du coup, on n'entend plus la voix de la mer quand on plonge la tête dans l'eau.

complot.jpg
Être trop crédule peut être un défaut qui confine à la bêtise. Certes. Nous nous sommes tous amusés à faire croire des énormités à une personne un peu bête ou à un jeune enfant. Il y a une malice un peu méchante à cela mais bon, on n'a pas une occasion de rire tous les jours. Et puis, ça peut avoir un rôle éducatif. En racontant des bêtises, on enseigne justement qu'il ne faut pas tout prendre pour argent comptant, qu'il faut recouper les informations, qu'il faut réfléchir un peu. Le problème, c'est que certaines personnes poussent cette idée jusqu'à des sommets. Je ne sais pas bien comment ça fonctionne mais il y a des personnes qui pensent qu'elles ne doivent rien croire du tout de tout ce qui peut être avancé par la "parole officielle" et qui préfèrent échafauder des histoires issues de leur imagination et souvent dans une direction qui mène vers la thèse complotiste. Et là, c'est grave. Croire en la présence sur Terre d'extra-terrestres cachés par l'armée, le FBI, une secte étrange ou des gourvenements unis dans un but pas très précis, après tout, bon, ce n'est pas si grave. Il y a des timbrés et il faut faire avec. Ce qui m'étonne, c'est que ces personnes parviennent à s'agréger en des groupes et à partager leurs délires. Comment peut-on en arriver à mettre en commun des délires ? Si je suis persuadé qu'il y a un être jaune à points roses posé sur mon épaule et qu'il me susurre des conseils à l'oreille, c'est peut-être pathologique à un niveau personnel mais je suppose que je vais avoir du mal à faire voir cet être aux autres.
Il y a beaucoup de choses que je ne suis pas en mesure de comprendre au sujet de ces délires de masse. Des histoires extraordinaires, ça doit exister depuis des temps très anciens. Depuis l'invention de l'imagination, si ça se trouve. La naissance de la science-fiction date peut-être de cette époque lointaine où quelqu'un a cherché à expliquer le tonnerre ou le feu ou la mort. Je ne sais pas si l'imagination existe ailleurs dans le monde animal ou végétal. Je ne sais pas si les autres animaux sont capables d'inventer des histoires. Mais le fait est que nous, nous sommes pourvus de ce don. Pas tous au même niveau, c'est sûr, mais dans l'ensemble, je pense que tout le monde est capable d'inventer des histoires et que tout le monde invente des histoires. A commencer par le rêve. Et donc, il y a très longtemps, l'Homme a commencé à raconter des histoires. Il a inventé des cosmogonies, la littérature, le cinéma et est arrivé l'Internet.
Je ne pense pas qu'il y ait eu des personnes pour croire les histoires de Jules Verne. Auparavant, on pouvait croire celles de l'Église mais alors, celle-ci avait une autorité et le peuple était sciemment gardé dans une ignorance des choses. Ceci dit, tous ne croyaient pas les gens d'église. Dans les fictions revendiquées, en littérature, en théâtre, au cinéma ou dans les contes, un marché est passé avec les personnes qui reçoivent l'histoire. Elles doivent être d'accord pour jouer le jeu, pour éteindre leur esprit critique, pour mettre de côté ce qu'elles savent, ce qu'elles ont appris. C'est une convention. Pareil pour la magie. On sait qu'il y a un truc, on sait que l'on est trompé, mais on l'accepte en connaissance de cause. Une fois le spectacle terminé, on reprend sa raison et l'on ne croira pas que l'on pourra être coupé en deux dans la boîte du prestidigitateur.
Avec Internet, il est devenu très aisé de raconter n'importe quoi, de colporter n'importe quelle idée, de prétendre, de partager. Avant Internet, il y a eu un journal qui s'appelait "Infos du Monde". J'ai connu des personnes qui pensaient que l'enfant chauve-souris existait. Elles n'étaient pas dupe de tout mais pensaient sincèrement qu'il y avait des faits avérés dans cette publication à caractère humoristique. Mais là, sur la toile, ce n'est pas de l'humour. On y trouve les "preuves" de tous les complots ourdis par d'obscures organisations aux buts pas très bien définis. Un coup, ce sont les extra-terrestres, un autre ce sont les francs-maçons ou les communistes ou les Juifs ou les riches ou le cartel des industries pharmaceutiques ou l'ordre des médecins ou encore la corporation des charcutiers-zingueurs. A chaque chose pouvant se passer ici ou ailleurs voire plus loin encore, il y a le complot qu'il faut. C'en est presque rassurant, finalement.
Mais voilà, ce que je ne peux pas concevoir, c'est bien que ces conneries complotistes soient virales. Qu'est-ce qui peut bien se passer dans l'esprit de toutes ces personnes pour les conduire à adhérer aux explications alambiquées des abrutis qui fourmillent sur Internet ? Il vient d'où, ce besoin de croire à l'improbable plus qu'à la banalité évidente ? C'est peut-être un besoin de merveilleux ? Possible. Voir un visage ou un animal dans les nuages ou dans les motifs d'un vieux mur, ça s'appelle la paréidolie. C'est normal, il ne faut pas s'en inquiéter. Il paraît même que c'est lié au darwinisme, que ce serait une aptitude conservée à travers les âges. En gros, c'est l'histoire que l'on aurait plus de chance de survivre en se méfiant des signes les plus anodins qu'en faisant une confiance aveugle à sa bonne étoile en toute situation. Penser voir un tigre aux dents de sabre dans un roncier et s'enfuir, c'est mieux pour sa survie que penser à une illusion d'optique sans importance lorsque l'on voit un troupeau de mammouths se diriger au pas de course vers soi.
Le besoin de merveilleux, d'explications magiques, c'est plus excitant que de s'arrêter au plus possible, au plus probable, au plus facilement explicable. Une soucoupe volante, ça a un peu plus de gueule qu'un vulgaire avion ou qu'un phénomène naturel. Penser que si l'on n'a rien vu à tel endroit, c'est juste que les traces ont été effacées, ça vous plonge dans le monde délicieux du merveilleux fantastique ! Cette imagination est un bienfait lorsqu'elle sert la création artistique du peintre, de l'écrivain, du conteur ou du cinéaste. Elle est un vrai problème lorsqu'elle tombe dans la tête d'un détraqué manipulateur paranoïaque. Je pense qu'une légère dose de paranoïa, comme pour la paréidolie, entraîne une certaine dose de méfiance souveraine mais là, c'est autre chose. Je ne suis même pas certain que toutes les affaires colportées sur Internet aient pour origine une personne souffrant d'une pathologie mentale. Je pense qu'il y a des manipulateurs qui agissent pour de troubles raisons. Et du coup, voilà que je suis atteint par l'idée du complot. Mince.
Je ne fréquente pas ces sites Internet. Parfois, je tombe dessus. Il y en a beaucoup. Souvent, pas toujours mais souvent, ces sites sont richement pourvus en annonces publicitaires. Certains de ces sites engrangent vraiment beaucoup de visites et, donc, génèrent pas mal de revenus grâce aux publicités. Le but serait alors de créer le buzz et d'attirer un maximum de gogos en recherche de merveilleux. Je ne fréquente pas ces sites Internet, donc, mais au hasard de mon butinage il m'arrive de tomber sur l'un ou l'autre d'entre eux. Ainsi, j'ai pu apprendre que les pyramides égyptiennes et la plupart des monuments anciens ont des extra-terrestres comme architectes, que l'on peut soigner toutes les maladies (créées en laboratoire d'ailleurs) par le jeûne ou par des thérapies simples à base d'imposition des mains ou de bains de pieds dans une solution à diluer dans dix litres d'eau (en vente sur le site), que notre planète abrite toute une population d'êtres mystérieux dans ses entrailles, que les attentats de Charlie Hebdo ou du Bataclan tout comme la prétendue guerre en Syrie n'ont jamais existé. Et encore, je ne dis rien de ce que j'ai appris à propos de l'histoire montée de toute pièce à propos de la Shoah ou des inepties concernant l'âge de l'Univers et de la falsification de son histoire avec l'invention des divers fossiles (soi-disant trouvés par des archéologues). D'ici à ce que j'apprenne que l'on nous a remplacé notre soleil dans la nuit ou que ce que l'on voit du ciel n'est rien d'autre qu'une grande toile tendue là...
J'ai rencontré diverses personnes gagnées à ces idées. J'ai même tenté de les raisonner un peu, de leur faire prendre conscience de l'absurdité de leurs croyances. Je ne suis pas assez doué pour ça, c'est peine perdue. Il arrive toujours un moment où c'est à moi d'apporter la preuve de la non-existence de l'être de Roswell ou que ce n'est pas le gouvernement qui a tué Cabu... C'est usant.

Heureusement, pour contrer ces idées il existe des personnes compétentes et motivées. La tâche est énorme et sans doute malheureusement vouée à l'échec. Depuis quelque temps par exemple, il y a une communauté de sceptiques et de zététiciens qui tentent de casser toutes ces croyances, de combattre le paranormal, de lutter contre les idées nauséabondes ou contraires à la vérité scientifique. Leur arme, justement, c'est la science. Elle n'est pas sans failles, elle ne peut pas tout expliquer (mais ce n'est pas son but), elle a le caractère de vérité... jusqu'à ce qu'elle soit réfutée. Et alors, bien sûr, c'est là la brèche où s'engagent ceux qui sont contre la science. Si la science peut être réfutée, c'est qu'elle n'est pas vraie. On ne peut pas réfuter l'existence de dieu, par exemple. Donc dieu est vrai. CQFD.
Il y a des gens qui pensent que la Lune a une influence sur les naissances ou sur la croissance des carottes ou sur la pousse des cheveux. La science s'est intéressé à cela, a démontré qu'il n'y avait aucun impact sur rien et pourtant, ces gens persistent dans leurs croyances. D'autres pensent que l'eau a une mémoire et se soignent avec des granules de sucre D'autres encore estiment que les astres influent sur leur destinée. Il en est aussi pour croire qu'une voiture rouge roule plus vite qu'une automobile grise ou jaune, que l'industrie motocyclettiste européenne a été tuée par un complot mené par les francs-maçons juifs et nazis du Japon. Finalement, tout cela n'est pas bien grave. Celui qui a besoin de croire croira. On n'y peut rien. Des fois, je me demande en quoi je crois. Il y a forcément des trucs qui traînent dans mon ciboulot et qui ne sont pas très rationnels. Je crois qu'un Macintosh est mieux qu'un PC-Windows, par exemple. En fait, c'est plus que j'ai une expérience plus grande de l'environnement de chez Apple. Je ne suis pas si con que ça non plus. Je ne crois pas que Canon soit meilleur que Nikon. Il se trouve juste que la vie a fait que j'aie eu des objectifs pour Canon au moment où j'ai eu l'idée d'acheter un appareil photo reflex numérique et que je suis reparti sur cette marque par économie et par confort. En quoi je crois, moi ? Je crois que le vin de Bergerac est assez bon pour moi mais je sais que des vins bien meilleurs sont produits ailleurs. Je crois que la vie ne dure qu'un temps. Je crois que la mort n'est rien d'autre que l'arrêt de la vie et qu'il n'y a rien après. Je crois que l'on est un peu dans la merde et que ce n'est rien par rapport à plus tard mais qu'il va nous rester de bons moments à vivre. Je crois que la vie s'arrêtera sur la Terre et que le soleil s'arrêtera de briller et que notre galaxie finira absorbée par un trou noir (enfin peut-être et sans doute pas tout de suite). Je crois qu'il y a tout un tas de mystères inexpliqués qui le resteront pour moi. Je crois qu'il y a une quantité de choses que je ne pourrai jamais comprendre parce que je ne suis pas assez intelligent ou compétent. Je crois qu'il y aura assez peu de personnes pour lire ce billet jusqu'au bout.

dimanche 5 mars 2017

Fillon, un hommage posthume

La mort d'un héros assassiné par un canard

lundi 27 février 2017

Windows ne nous déçoit pas

C'est l'affaire d'un PC qui fonctionne mal. En fait non, c'est l'histoire d'un PC qui ne fonctionne pas. On m'appelle parce que ça devient insupportable. Je vais et constate. Il faut une bonne demi-heure pour que le système vous donne la main et que vous puissiez tenter de faire quelque chose. Vous sélectionnez un menu et comme par magie ce sont de multiples fenêtres qui apparaissent joyeusement avec un déferlement de propositions toutes plus alléchantes les unes que les autres.
Pourtant, il y a deux antivirus. Le gros problème, c'est que l'on ne peut plus aller sur Internet. Chrome ne se lance pas plus que Firefox, SeaMonkey ne donne pas beaucoup plus de signe de vie et seul Internet Explorer accepte encore de se lancer. Par contre, question d'aller surfer sur la toile, peau de zob. On dit que la machine n'est pas connectée. C'est dommage parce que, pourtant, il semble bien que le wifi soit actif. Je vais chercher le problème.
Alors il y a le pare-feu de Windows qui empêche les connexions entrantes et sortantes. C'est très rigolo parce que du trafic il y en a bien et pas qu'un peu ! Ça commence à faire penser à une machine tombée sous le pouvoir de forces occultes. A force de faire des trucs et des machins, je parviens à remettre Internet en fonctionnement. Je passe deux utilitaires pour traquer les éléments indésirables, il y en a des milliers. Partout.
Là, il faut être honnête. Tout cela n'est pas arrivé par hasard. Ce n'est pas Microsoft qui s'amuse à balancer des saloperies sur les PC. La faute, bien entendu, incombe à l'utilisateur qui semble aimer passer son temps sur des sites pornographiques. Chacun son truc, je ne juge pas, je ne dénonce pas. C'est juste que c'est chiant (et long) de tout nettoyer. A un moment, je conseille à la personne de faire un peu plus attention aux sites qu'il fréquente. Et là, évidemment, elle me répond que ce n'est pas elle qui est allé sur les sites porno, que ça a dû se faire à l'insu de son plein gré et que c'est vraiment à n'y rien comprendre. Vas-y. Prends-moi pour un idiot aussi.
Cette personne ne souhaite pas passer à Linux parce qu'elle utilise aussi des logiciels qui ne fonctionnent que sous Windows. Je propose de mettre en place deux systèmes. Un pour travailler sous Windows et un pour se branler sous Linux. Ça ne convient pas parce que c'est trop compliqué. C'est vrai qu'il est plus simple d'avoir une machine inutilisable. A voir l'état du système, je me demande quand il a été capable de travailler pour la dernière fois. Après bien des heures, j'en arrive aux mises à jour. Il n'y en a pas eu une de faite depuis 2013. C'est costaud, finalement, Windows. C'est parti pour quelques heures de mises à jour. Oui, c'est long.
J'aurais dû effacer le disque dur et réinstaller le système mais le monsieur ne voulait pas perdre ses films et photos coquins. Ce n'est pas simple, la vie. Bien sûr, pas de sauvegarde, pas de clé USB disponible. J'explique qu'un disque dur peut mourir et qu'en ce cas, il perdra tout de ses amours numériques. Il ne veut pas investir une cinquantaine d'euros dans un disque dur. Ce n'est pas qu'il soit particulièrement désargenté, c'est qu'il n'en a pas envie. Chacun fait comme bon lui semble.

Les heures passées m'ont rapporté un petit quelque chose. Je ne vais pas compter en tarif horaire, ça risque de me ruiner le moral. J'ai tout de même eu droit à du café (pas mauvais) et à une bière sur la fin. Mais bon, je me demande bien pourquoi j'ai encore une fois accepté d'aller dans cette galère. Je savais bien que ça n'allait pas être si simple que ça, que ça allait me bouffer la journée et que ça n'allait même pas m'amuser.


Et un dessin qui n'a strictement aucun rapport avec ce qui précède.

Bûcheron qui n'a rien à voir avec Windows

jeudi 23 février 2017

Bien plus cher que le plus cher des iPhone parmi les plus chers

L'information date d'il y a déjà quelques jours. Une personne a payé 243000 US dollars pour le téléphone de Adolf Hitler retrouvé dans les décombres de son dernier bunker berlinois en 1945. Il paraît que ce téléphone serait rouge et serait pourvu de la très règlementaire croix gammée ainsi que du nom du fürher (pour le cas où il ne se seQu'rait pas souvenu quel était son téléphone ?). Bref. Il s'agit d'un appareil en Bakélite© noire peint en rouge de la marque Siemens© et il aurait été utilisé pour donner plein d'ordres très importants mais qui n'a pas empêché l'issue funeste de cette guerre (pour les nazis, bien sûr).
La question est de savoir qui a pu débourser une telle somme pour un tel objet ? Je me demande combien j'aurais été prêt à payer pour un téléphone à la peinture écaillée qui ne fonctionne même plus. La charge historique ? Oui, sans doute. Au même titre que le caleçon de Mussolini ou le godemichet de Staline, oui. Qu'est-ce qu'un objet comme un téléphone, même peint en rouge, même décoré d'une croix gammée, même gravé du nom du dictateur, peut nous apprendre du régime nazi, des crimes nazis ? Rien. Je doute fort qu'il y ait un morceau de la voix de Hitler dans les fils de ce téléphone.
Il y a la charge symbolique. Posséder le téléphone utilisé par un chef d'état et de guerre complètement taré, ça doit faire classe, posé sur son bureau. L'histoire prétend que ce téléphone aurait été trouvé par un militaire britannique qui l'aurait offert à son fils qui s'est décidé à le vendre. Je ne sais pas la valeur que l'on peut donner à ce téléphone si l'on est pas soi-même taré. Il me semble qu'il faut nourrir une sorte de fascination pour le régime nazi. Collectionner des objets nazis, c'est voir dans ces objets des choses qui n'y sont pas. Si l'acheteur est un mec, peut-être qu'il a une petite érection lorsqu'il porte le combiné à son oreille, habillé qu'il est d'un uniforme de la SS.

téléphone nazi

mercredi 11 janvier 2017

Tintin voit rouge

Qu'entends-je ce matin ? Tintin au pays des soviets, cet admirable ouvrage honnête et impartial, est réédité dans une version en couleurs. Alors bien sûr, loin de moi l'idée de penser ne serait-ce qu'un instant qu'il y ait dans cette opération la moindre intention de faire du fric et de repousser de quelques années le moment où Tintin tombera dans le domaine public. Non ! Cette nouvelle édition est indubitablement une continuité légitime de l'œuvre de Hergé, une œuvre d'art véridique, une prouesse artistique, une merveille parmi les merveilles du monde et il faudrait être bien sot pour ne pas se précipiter chez son libraire et acheter ce nouvel album que tout tintinophile qui se respecte se doit de posséder.
Que Hergé n'ait jamais été du côté des rouges puants qui font peur aux petits enfants avec leur sale couteau serré entre les dents, cela n'aura échappé à personne. De là où le grand homme se trouve actuellement, il nous rappelle d'une manière admirable combien il a toujours été du côté du caca-pipi-talisme. Désormais, le doute n'est plus permis. Souhaitons que Tintin finisse par terrasser le communisme pestilentiel partout où il peut encore se terrer, à grands coups de faucille si nécessaire.

Tintin part combattre le communisme

samedi 7 janvier 2017

Solidarité mon cul

Alors que j'apprends sur le site du journal Sud Ouest que deux cents tonnes de canards sont incinérés chaque jour à Agen, des canards, dans une indifférence coupable, s'amusent comme des fous à faire des glissades dans l'eau fraîche de l'Auvézère en se foutant pas mal du sort de leurs frères d'élevage.
C'est choquant. Enfin moi, ça me choque. Oui, certainement, on peut être choqué de voir ces canards s'amuser lorsque d'autres sont massacrés mais ce qui me choque vraiment, c'est de parler de ces canards en terme de tonnes. Imaginons un instant que l'on entende aux informations ou que l'on lise dans la presse que "... tonnes de Syriens morts lors de l'attaque de..." ou, mais je vois bien que vous m'avez vu venir, lire que lors de la seconde guerre mondiale tant de tonnes de juifs sont passés par les fours crématoires des camps d'extermination nazis.
Comment ? Ah oui, des canards tués pour cause de grippe aviaire et des hommes et des femmes tués pour cause de folie idéologique, ce n'est pas la même chose. Ah non, c'est sûr, ce n'est pas comparable. Il n'empêche que je ne peux pas m'empêcher, ce matin, avec beaucoup de mauvais esprit, de faire un parallèle de mauvais goût. Par exemple, il y a ces canards photographiés hier à Cubjac alors que je passais par là et toutes ces personnes qui savaient le sort réservé aux personnes parquées dans ces camps d'extermination qui ne se sont pas révolté outre mesure, qui se sont tues, qui n'ont rien fait. On peut estimer que ces canards croisés hier sur l'Auvézère ne savent rien de ces affaires de grippe aviaire et qu'ils ne savent pas plus que l'homme peut "élever" des canards pour les gaver et manger leur foie gras au moment des fêtes, que l'homme peut aussi choisir de tuer, de massacrer, des "tonnes" de leurs semblables par peur d'un virus grippal.
Parce que la question est de savoir pourquoi on tue ces canards. Oui, pourquoi après tout ? Je lis que le virus H5N8 n'est pas dangereux pour l'homme et même qu'il a peu de chance de se propager à la faune sauvage. Donc, si je comprends bien, on tue les animaux d'élevage pour permettre de continuer l'élevage d'animaux. Le problème vient de l'élevage mais parce que l'on souhaite continuer à élever, on tue tout et on repart sur des bases saines. On ne fait pas dans le détail.
Je comprends bien que pour les éleveurs et toute la filière du canard gras, d'un point de vue économique, il n'est pas question d'arrêter de produire du foie gras et du confit. D'un point de vue économique, question gros sous, ce n'est carrément pas envisageable. A la radio, j'ai entendu quelques éleveurs se plaindre un peu et attendre une bonne indemnisation de la part de l'État pour ce manque à gagner. Ce matin, je lis que "Les dépouilles de canards incinérées pourront être revalorisées sous forme de farines ou de graisses animales utilisées comme combustibles". Je lis aussi : "Un process par traitement thermique à plus de 130 °C, déjà imposé par la réglementation, permet de garantir les mesures de sécurité sanitaire et éliminer tout virus présent ou potentiellement présent". Ainsi, il s'agirait d'incinérer juste ce qu'il faut pour pouvoir gagner tout de même un peu de sous, malgré tout. Au moins que ça rembourse les frais d'incinération, quoi. Un minimum acceptable d'un point de vue économique. On parle de tonnes de canards exécutés, on parle aussi d'environ un million d'individus. A la grosse louche.

Bande de canards
Et cette saloperie de pensée qui ne me lâche pas, ce matin. Faut pas faire le parallèle, c'est mal et malsain. On ne compare pas des hommes et des canards, nom de nom ! N'empêche que les nazis aussi ils voulaient un peu rentabiliser les fours crématoires. C'est que ça coûtait, cette affaire ! Alors, on récupérait les cheveux et la graisse. C'est économique, je vous dis ! Moi, je suis choqué par cette affaire d'élimination de canards. Je ne peux pas vous dire vraiment pourquoi. Hier, lorsque j'ai vu ces canards sauvages heureux de vivre, s'amuser à faire des glissades dans l'eau fraîche de l'Auvézère, j'ai pensé tout de suite aux canards pas sauvages et à la grippe aviaire et à leur extermination. Bien sûr que ces canards heureux n'ont aucune idée du sort réservé aux canards d'élevage. Comme nous autres, humains, ignorons pour la grande majorité le sort de quiconque sur la planète. A l'heure où j'écris ces lignes, il y a des tas de personnes qui naissent, qui meurent, qui apprennent une bonne ou mauvaise nouvelle. Les victimes d'un conflit, d'un attentat (on en reparle ces jours-ci), d'une catastrophe naturelle, dès lors qu'elles sont nombreuses deviennent une quantité. Sauf un peu si elles sont connues. Les victimes de Charlie Hebdo sont des individus, celles récentes de l'attentat en Turquie ou, un peu plus tôt, de Nice, sont une quantité. On n'ose tout de même pas en parler en terme de masse. Douze tonnes de victimes lors du regrettable attentat à...
Je ne suis pas un canard (oui, avec un "a"). Je ne suis pas non plus opposé à la consommation de foie gras ou de confit de canard et je ne dédaigne pas cuisiner à la graisse de canard. Je ne suis pas complètement sot et sais bien qu'il est nécessaire de tuer le canard pour extraire le foie gras, découper les cuisses. Par contre, dans ma tête il y a un petit truc bien confortable qui fait que j'occulte le fait que l'on élève des tonnes de canards de manière industrielle et dans des conditions que je ne veux pas voir. J'ai, par confort, l'image de ce brave paysan du sud-ouest qui élève avec amour ses quelques canards dans sa petite ferme si typique du Sarladais. Il est sympa, ce bon paysan. Il a une bonne bouille. Faudrait pas trop réfléchir à tous ces trucs, ça vous pourrit vite votre journée.
Question solidarité, on ne vaut pas beaucoup mieux que les canards heureux de l'Auvézère. Que l'on n'aide pas les populations lointaines, admettons. On ne les croise pas, on ne peut pas les regarder dans les yeux. Par contre, lorsque l'on voit des personnes qui n'ont visiblement pas d'autre possibilité que de tenter de ne pas crever de froid dehors dans les villes, là, la question de la solidarité se pose. Il y a des initiatives isolées d'aide, il y a aussi des machins institutionnels qui prétendent apporter de l'aide aux personnes perdues dans la rue. On ne m'enlèvera pas de la tête que l'on ne fait pas tout pour aider et sauver ces personnes. Hier, j'entendais un type expliquer les difficultés pour avoir quelqu'un au bout du fil au 115, le SAMU Social. Hier aussi, j'ai entendu Hollande dire aux armées qu'il fallait leur donner plus de budget "pour assurer la protection des Français". Il souhaite que la dotation aux armées atteigne 2% du budget de l'État. 2% ! Bordel de merde ! 2% ! C'est énorme. Si les armées ont vraiment pour vocation de protéger la population, qu'elles commencent par héberger et nourrir toutes celles et tous ceux qui crèvent de froid.
La politique, ça doit pas être un truc facile. Il doit certainement y avoir tout un tas de facteurs et de considérations à prendre en compte pour que le pays fonctionne à peu près. C'est une question d'équilibre et de compromis. Le truc, tout de même, c'est que, dans mon idée, l'intérêt d'un État devrait être de permettre un meilleur "vivre ensemble". Evidemment, celui qui a ne veut pas perdre un peu pour aider celui qui n'a pas. C'est humain. On peut avoir le sentiment de mériter ce que l'on a et se dire que, après tout, les autres n'ont qu'à s'inspirer de son parcours pour avoir ce que l'on a. "Si j'ai pu le faire, tout seul moi avec mes petits bras, ils ont qu'à se sortir les doigts du cul et faire comme moi". C'est un discours que l'on entend souvent. Et c'est un discours qui est assez généralement admis par beaucoup. Ça a tout du sophisme mais comme ça semble tenir la route, après tout... Et puis, ça évite d'avoir à réfléchir.
Le fait est que nous ne sommes pas tous pareils. Il y en a qui ont la chance de naître ici et comme ça et d'autres qui ont la malchance d'avoir fait autrement. Le mérite n'a pas toujours sa place dans nos vies. C'est rassurant et glorifiant de croire que l'on est pour quelque chose dans sa réussite. Pour être honnête, on peut aussi dire que c'est facile et déresponsabilisant de prétendre que si l'on est dans la panade, c'est la faute à pas de chance ou la faute aux autres. Bon. Il n'empêche que nous ne sommes pas tous pareils. On peut naître avec des tares, physiques ou mentales, on peut avoir des aptitudes à faire certaines choses, on peut être né intelligent et on ne sera finalement pas pour grand chose dans sa réussite ou son échec. Selon moi, la majeure partie des gens mènent leur vie comme ils le peuvent. Rares sont celles et ceux qui font vraiment ce qu'ils ont rêvé de faire comme ils ont choisi de le faire.
Ce que je veux dire, c'est que si votre rêve de gosse a été de faire du bon pain et que vous avez réussi à créer votre boulangerie et à faire du bon pain, vous devez déjà être heureux de faire ce que vous avez rêvé de faire. Que vous puissiez gagner de l'argent et vivre confortablement, d'accord, mais à la condition que vous acceptiez de payer des impôts pour aider les moins chanceux. L'autre gros con de Macron prétend qu'il faut rêver de devenir milliardaire. Non mais quel con. C'est vraiment un rêve au ras des pâquerettes, ce rêve de merde. Rêver d'être riche ? Putain. C'est d'une tristesse.
Moi, mon rêve, ce serait de dessiner comme Franquin et de photographier comme Doisneau. Je ne rêve pas d'un tas de fric. Et en plus, je suis sûr qu'il est bien plus difficile de dessiner comme Franquin que de faire fortune. A la limite, je peux jouer au Loto et compter sur la chance. Le jour où le génie pourra être gagné lors d'un tirage au sort, on en reparlera.
Il y a quelques années, peu après l'élection de François Hollande, Gérard Depardieu a dit combien il en avait plein le cul de payer des impôts et qu'à la fin il n'avait plus rien. Il est parti en Belgique et puis en Russie. Je suis sûr qu'il pense avoir travaillé beaucoup pour devenir un acteur célèbre et que son talent doit tout au mérite. Parce que nos sociétés font une belle place à la méritocratie et à son pendant, le "c'est bien fait pour ta gueule". A quelqu'un qui est en train de crever d'un cancer du poumon, n'hésitez pas à dire : "c'est bien fait pour ta gueule, t'avais qu'à pas fumer". Ayons le courage de nos opinions. A quelqu'un qui a perdu une jambe dans un accident de la route, dites donc : "bien fait pour ta gueule, t'avais qu'à pas rouler si vite !". Oui, notre modèle de société invite à haïr l'autre voire, pire peut-être, à le mépriser. Il m'est arrivé de voir des personnes se moquer d'autres personnes handicapées mentales. Mouais.
Remarquez que la haine, il n'y a que ça de vrai. J'en sais quelque chose, moi qui suis un vrai et parfait misanthrope. Je hais l'Homme, le genre humain, cette merde grouillante et dégoulinante. J'ai de la haine pour ces systèmes humains basés sur la manipulation, la croyance, la recherche de son confort personnel et le mépris de l'autre. Je préfère l'indifférence et l'acceptation des différences. L'indifférence et les différences. C'est rigolo ça. Si j'avais le courage, je creuserais le sujet. Bref. L'indifférence, c'est pour moi accepter que les gens fassent ce qu'elles souhaitent faire. C'est la liberté. L'acceptation des différences, c'est plutôt la fraternité. J'ai conscience de ne pas être comme vous et que vous n'êtes pas comme moi. Nous sommes des individus, pas des clones. Je ne sais pas tout faire, je ne peux pas tout faire. L'intérêt de la société, c'est de pouvoir s'appuyer sur les autres pour atteindre des buts. C'est de pouvoir se regrouper, de s'aider, de construire ensemble, d'élaborer des idées en commun. De réfléchir à plusieurs, aussi. Je ne sais pas si l'on peut réfléchir loin tout seul. Pour finir sur le thème des devises républicaines françaises, il reste l'égalité. C'est difficile d'être égaux lorsque nous ne sommes pas tous équivalents ou permutables. Bien entendu, il est question d'égalité de traitement. Là, il y a du boulot. La même semaine, on apprend qu'un type est envoyé au trou pour avoir piqué je ne sais plus quelle pécadille dans un commerce et que Lagarde s'en tire avec les félicitations du jury. C'est populiste ? Pas si sûr. C'est surtout scandaleux à mon avis.

Mais alors voilà, on est en 2017 depuis à peine quelques jours et je sens déjà que cette année n'a pas fini de me mettre en colère. Loin de moi l'idée de jouer la Madame Irma mais j'ai comme dans l'idée que ça va être une sacrée année de merde à l'échelle mondiale et nationale.
Revenons à nos canards. Des tonnes de canards bousillés mais juste ce qu'il faut pour qu'ils puissent encore servir de combustible ou de farines animales pour nourrir d'autres animaux d'élevage. Bizarre ça, il y a comme un truc que je trouve choquant dans cette information lâchée comme ça, comme une évidence, sans même le moindre soupçon de cynisme ou d'ironie. C'est l'expression du bon sens libéral. Le libéralisme décomplexé va nous annoncer un jour qu'il est malheureux qu'un séïsme ait engendré tant de morts dans tel coin de la planète et, du coup, supprimé tant de consommateurs dont notre économie avait pourtant tant besoin. Les libéraux sont les plus cons des plus cons. Eux, je les hais encore plus que les autres. Pire que les racistes ou les tueurs d'enfants. On nous explique depuis quelques décennies que les marchés ont raison et qu'il nous faut nous plier aux volontés du marché. Jusqu'aux écolos qui, mine de rien, font le jeu des libéraux. Bah ouais hein ! Rien qu'en voulant interdire les vieilles bagnoles de rouler ils obligent les gens à acheter du récent sur lequel on ne peut plus rien réparer tout seul. Les écolos qui d'un côté disent favoriser les économies parallèles (AMAP[1] contre grandes surfaces par exemple) livrent des consommateurs pieds et mains liés aux industriels de l'automobile. L'économie (forcément libérale) a pris le pouvoir et a relégué le politique à la gestion à la marge de tout ce qui n'est pas intéressant pour l'économie. A mon avis, ce devrait être le contraire. Le politique devrait dicter ses droits à l'économie. Le politique devrait, par exemple, empêcher des industriels de l'agro-alimentaire de maintenir sous leur joug des paysans qui sont obligés d'élever toujours plus et dans des conditions toujours plus mauvaises des tonnes de canards. J'ai connu l'époque où, ici en Dordogne, il existait encore des paysans qui n'avaient pas des tonnes de canards. Ils vendaient un peu au noir du foie gras, des confits, des cous farcis, des pâtés. Ils ont pratiquement disparu. Enfin il en reste mais c'est bien parce que nous sommes en Dordogne et ni dans le Gers ni dans les Landes ni dans le Lot-et-Garonne.
Et pour nous rassurer un peu, pour finir, je dirai que si nous ne brillons pas par notre esprit de solidarité il faut reconnaître que les canards ne font guère mieux en la matière.

Note

[1] association pour le maintien d'une agriculture paysanne

mardi 1 novembre 2016

La source de vie en question

Cela ne fait pas de doute pour nombre d'entre-nous, l'eau a été l'élément fondamental de l'apparition de la vie sur notre planète Terre. L'eau est donc désormais considérée comme bénéfique. On en boit et c'est conseillé par la faculté de le faire, on prend les eaux, on s'y baigne, on se lave avec elle. On ne lui trouve des défauts qu'à la condition qu'elle soit polluée. Aujourd'hui, l'eau coule librement au robinet chez tout le monde et il arrive que pour se sentir mieux on aille en acheter des bouteilles. On choisit alors les eaux selon les bénéfices qu'elles sont sensées apporter. Bien.
Et pourtant ? Ne reculant devant rien et acceptant le pire sans rechigner, le Blog qui nuit (très) grave ! a décidé voilà plusieurs années de mettre en place une expérience scientifique au protocole clairement défini afin de comparer d'une manière à la fois honnête et indépendante l'eau et le vin de raisin. À cela une raison simple. Il nous est apparu suspect cet engouement pour la flotte que nos sociétés ont développé au cours des dernières décennies. Ce n'est pas si loin que l'on déconseillait de boire de l'eau. Bien sûr, l'eau était celle du puits, elle n'était pas ou peu contrôlée et elle pouvait le cas échéant provoquer maladies ou désagréments intestinaux divers. Mais tout de même, tout le monde buvait qui du vin qui du cidre ou de la bière et ne s'en portait globalement pas beaucoup plus mal.
Si je ne veux pas faire la promotion de la consommation alcoolique (quoique), je veux mettre en garde les hydropotes de ce que leur déplaisante manie leur peut être délétère. Et parce que je répugne à affirmer quoi que ce soit sans expérimenter et étudier le sujet, j'ai fait appel à la rigueur scientifique et me suis retroussé les manches. Je vous explique tout cela.

D'abord, je suis parti du principe communément admis selon lequel on peut faire vieillir le vin. Récemment, un homme connu affirmait avec sérieux qu'il convenait de laisser vieillir le bon vin de Pécharmant durant cinq longues années avant de le goûter. Si cela me semble sujet à caution, cela va aussi dans le sens de mes propos. Nous avons tous entendu parler de ces divins flacons que l'on laisse se bonifier pendant des dizaines d'années dans le Bordelais ou de ces vins oubliés par des générations d'abstinents qui se sont révélés être de délicieux nectars.
Donc, si le vin peut gagner à vieillir et si le vin est si néfaste à la santé, qu'en est-il donc de l'eau ? Pour cette étude scientifique, j'aurais pu me contenter d'eau du réseau communal mais alors, je le sens bien, on ne se serait pas privé de dénoncer la méthode et de refuser mes conclusions. Ainsi, j'ai choisi deux bouteilles achetées en deux commerces différents d'une eau de prestige, d'une véritable eau minérale de qualité française, d'une eau d'une source parmi les plus réputées des sources, l'eau de Vittel.
Vittel, pour les idiots qui lisent et ne savent rien, est une source coulant à Vittel, commune des Vosges et cité thermale depuis l'époque gallo-romaine. Ce n'est donc pas d'aujourd'hui que l'on empoisonne les gens avec ça. Mais n'anticipons pas sur les conclusions. Bref. Brrmmm... Donc, deux bouteilles d'eau de Vittel que j'ai précieusement conservées sans jamais les toucher afin qu'elles puissent prendre de l'âge sans interaction de quelque sorte avec l'être humain. Aujourd'hui est arrivée l'heure du constat. D'un côté, deux bouteilles de vin. Une de vin de Bordeaux, une de vin de Bergerac. Je débouche la première et la bois.
Glou, glou, glou... Ah ! Pas mal. Je m'attendais à moins pire mais ça reste buvable. Passons à la bonne bouteille. Tire-bouchon vissé, je tire. Plop ! Le bouchon est parfait, comme neuf. C'est bon signe. Je verse le bon vin de Bergerac dans un verre de cristal finement ciselé. Le nez est déjà plein de promesses. Je bois. Magnifique ! Je finis la bouteille et me sens au mieux de ma forme. Mieux même que je n'ai jamais été ! A n'en pas douter, le vin de Bergerac contribue à se constituer une santé de fer ! C'est scientifique, c'est prouvé.

Et maintenant, les bouteilles d'eau. Je ne vais pas vous mentir, je ne me suis pas senti le courage de les goûter. Je vous laisse seuls juges. Seriez-vous assez fous pour boire l'eau contenue dans ces bouteilles présentes sur la photographie suivante :

Bonne eau par la bande
Voyez ces bouteilles déformées par le poison qu'elles contiennent ! Voyez cette poussière qui s'est développée anarchiquement quant elle sait se déposer avec bonheur sur des bouteilles de vin. Nul besoin d'être d'une intelligence particulièrement développée pour comprendre que l'eau n'est peut-être pas si bonne que ça pour notre santé. Alors la question se pose d'elle-même. Quel puissant lobby occulte est derrière toute cette mascarade et à qui profite le crime ? Qui ou quoi ? L'invasion aurait-elle déjà commencé ? Un complot serait-il ourdi dans l'ombre ? Et dans quel but, au juste ? J'ai ma petite idée sur tout cela mais vous comprendrez que je ne puisse rien dévoiler tant que je ne suis pas certain de pouvoir assurer mes arrières. J'ai contacté la presse (celle qui n'est pas aux ordres) et lorsque le scandale éclatera à la face incrédule du monde, on comprendra.

mardi 20 septembre 2016

Son ancêtre les Gaulois

Ce qu'il y a de pénible avec les crétins, c'est qu'ils ne peuvent pas s'empêcher d'ouvrir leur gueule. Nous avons un ex-président de la République qui s'est trouvé de quoi fournir son arbre généalogique jusqu'à très loin. Peut-être pas encore jusqu'au pithécanthrope mais pas si loin. Alors, il est d'origine gauloise, le crétin de la République. Grand bien lui fasse. Je me demande dans quels ouvrages il plonge pour parfaire sa culture, le crétin. Je peux me tromper mais tout porte à croire qu'il ne va pas beaucoup plus loin que les albums d'Astérix. Il y a pire mais reconnaissons que du seul point de vue historique, ça laisse à désirer. Il faut souhaiter qu'il ne découvre jamais Rahan ! On le verra alos affublé d'un collier de dents de tigre et on saura d'où ça viendra.
Sérieusement, cette allusion aux origines gauloises n'est pas sortie de nulle part. C'est dans les "cités" que l'on s'est mis à appeler les supposés Français de souche "les Gaulois". Référence aux manuels d'Histoire et au "Nos ancêtres les Gaulois" qui fait bien rire aujourd'hui. C'était pas mal trouvé mais voilà que certains bas du plafond se sont emparés de la chose pour se réclamer d'origines gauloises, étant entendu que la France (éternelle, la France) s'appelait Gaule et avait pile-poil les frontières que nous connaissons là maintenant. Ces abrutis pensent sérieusement que du bon sang de Gaulois coule encore dans leurs veines et qu'il est bien meilleur que celui des étrangers. J'avais vu une étude cherchant à retracer les origines de volontaires par l'analyse de leur ADN (ou quelque chose du genre) il y a quelques années. C'était amusant de voir les réactions de celles et ceux se pensant officiellement rattachés à tel ou tel territoire et apprenant que, en fait, pas du tout.
Si je suis content de vivre en France à l'époque où j'y vis plutôt qu'ailleurs en période de guerre ou de famine ou de gros malheur, je ne suis pas fier d'être né Français ou de vivre en France. Je ne vois pas de raison pour l'être, en fait. Aucune. Le fait que je ne connaisse pas grand chose de la "culture" des autres régions du monde ne fait certainement pas que je puisse considérer ce que je connais comme meilleur.
Apprendre l'Histoire de France en partant des peuplements gaulois, c'est prendre le risque de patauger allègrement dans le grand n'importe quoi en dirigeant l'Histoire dans un sens politique pestilentiel. Dire que Vercingétorix, Clovis ou Charlemagne sont Français, c'est du révisionnisme. C'est aussi donner une justification au racisme et à la xénophobie, c'est tenter d'attirer les voix du F-Haine pour le crétin des "laids républicains". Mais si j'ai un conseil à donner à ce crétin, si vraiment il veut respecter la France, il pourrait commencer à en parler la langue correctement. Jusque là, il faudrait qu'il se taise.

Histerix, ancêtre de Sarkozix

- page 1 de 7

Haut de page