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dimanche 4 mars 2018

Les gonflés sont gonflants

Ce n'est pas la première fois que ça arrive mais là, je ne suis pas content. On a utilisé un de mes dessins, on l'a modifié, on a pris soin d'enlever ma signature, on l'a badigeonné et cela sans me contacter, sans chercher à le faire. Je suis, disons-le, mécontent. J'ai, pour ma part, contacté les organisateurs en leur disant bien ma colère. Nous verrons leur réaction mais s'il n'y en a pas, je pense que je n'en resterai pas là parce que, cette fois-ci, ça m'agace.

P.S. Le dessin original a été fait en septembre 2014, c'était une commande. Je vous mets le lien vers le dessin.

jeudi 1 mars 2018

Encore une belle saloperie

Figaro

mercredi 31 janvier 2018

Das Auto


jeudi 30 novembre 2017

Dictature en marche

Pour faire une belle dictature, d'abord il faut mettre en œuvre tout ce qui peut être nécessaire à provoquer la confusion des esprits. Il est bon que le peuple ne soit plus en état de se questionner ou, tout du moins, qu'il n'ait plus le temps de réfléchir pleinement et de trouver des réponses à ses questions légitimes. La profusion d'information peut aider à créer la confusion.
Dans la pratique, on s'appliquera à nourrir l'information d'une multitude de faits sans importance afin de noyer ceux qui sont décisifs. On prendra bien soin de faire beaucoup de bruit autour de ces informations de peu d'importance, de créer la polémique, de susciter les prises de position, de monter les uns contre les autres, d'user de jargon pompeux. Pendant que les esprits sont occupés, il sera simple de pratiquer à des restrictions du champ des libertés individuelles, à l'application de lois instituant des obligations et des devoirs supplémentaires. On justifiera le tout en assurant que ces décisions sont prises pour le bien de la population et en indiquant bien les dangers à laisser perpétuer une ou l'autre des situations actuelles. Le cas échéant, on pointera du doigt les dangers qui guettent, tapis dans l'ombre, peut-être au-delà de nos frontières.
On n'hésitera pas à faire un grand usage de "vérités" assénées au nom de l'autorité. On produira des rapports, des études, des expertises sans jamais permettre que l'on puisse les discuter ou les étudier. On annoncera que les mesures prises sont indispensables, nécessaires, impérieuses et urgentes.
La presse sera instrumentalisée pour qu'elle délivre d'une voix univoque ces idées et pour qu'elle explique combien elles sont bonnes et imparables. On ridiculisera les quelques personnes n'allant pas dans ce sens. On dira que toutes les mesures sont prises dans un souci de compétitivité, de rationalisation, de modernité. Du passé, on fera table rase et on expliquera combien les temps ont changé.
Le challenge sera de parvenir à mettre en place une dictature sous couvert de démocratie. Il faudra essayer dans la mesure du possible à faire entrer dans les têtes que les libertés grignotées ne sont rien par rapport à toutes celles qui restent à disposition. Si cela est réellement nécessaire, on pourra même ouvrir quelques nouvelles libertés. On maniera le langage de manière à brouiller les pistes et à alimenter encore la confusion des esprits. Par exemple, on jouera sur les similarité des termes pour faire admettre que le libéralisme est le synonyme de la liberté.

jeudi 23 novembre 2017

Fatwa bancaire

vendredi 17 novembre 2017

On s'éclate, on fait une boum

Un fort laid dessin aujourd'hui. C'est déjà une belle et bonne chose que je sois conscient de la nullité de ce dessin, que j'aie assez de discernement pour voir que ce n'est pas avec des trucs du genre que je passerai à la postérité. Avoir cette conscience, c'est déjà beaucoup, je vous l'assure ! Il y a tellement de personnes de par le vaste monde à penser être des génies méconnus ou maudits alors que ce ne sont que, au mieux, de gros nuls tout pourris.
Mais au moins, vous demanderez-vous, ai-je pris du plaisir à commettre pareille saillie ? Même pas. Pas du tout, même. Je vous l'assure, si j'étais capable de faire mieux, je ne m'en priverais pas. Mais voilà, on fait ce qu'on peut et, souvent, vaudrait encore mieux rien faire. Et alors, me demanderez-vous encore, pourquoi nous infliger pareille horreur ? Tout simplement parce que j'aime vous embêter, par pure méchanceté gratuite.

mardi 5 septembre 2017

Modernisation et sécurité

C'est par un courrier distribué aux habitants de la commune que nous apprenons que la modernité arrive à Azerat. On nous prévient de ce que, à compter du 1er septembre de cette année, nous devons mener nos déchets ménagers à des bornes enterrées disposées à cette intention en deux points de la commune.

Modernisation et sécuritéSi c'est par modernisme, on ne peut qu'applaudir l'initiative qui, enfin, permet à cette modeste commune qu'est Azerat de pouvoir jouer à arme égale avec les plus grandes métropoles de France. Nous sommes désormais à pied d'égalité avec Paris et Pézenas et avons les moyens de traiter nos ordures la tête haute, avec une fierté légitime et bien compréhensible.

Passons sur l'apparence du courrier distribué. Il y a de la couleur, on note l'effort fait pour le présenter bien, mais tout son intérêt réside dans son contenu. Ainsi, on nous avertit que ces bornes enterrées seront « le seul mode de collecte à compter du 1er septembre 2017 ». Or, il se trouve que nous y sommes et que la date est même dépassée de plusieurs jours. Demain matin, normalement, dès l'aube, le camion passera par Azerat pour collecter les ordures ménagères de tout un chacun. Et que va-t-il donc se passer ? Rien. A priori les agents et le camion repartiront gros jean comme devant, bredouilles, à vide. Ils se seront déplacés en pure perte et pourquoi ? Hein ? On se le demande bien.

Le souci est que si les bornes sont bien présentes elles ne semblent pas avoir été installées complètement. De fait, des barrières en interdisent l'accès et le citoyen soucieux de bien faire que je suis se trouve dans un embarras inconfortable. Que vais-je donc faire de mon petit sac poubelle de 30 litres, moi ? Prends-je le risque de le déposer en bord de route comme je le fais depuis une quinzaine d'années ? Le conserve-je par devers moi dans l'attente de jours meilleurs ? Dois-je espérer un prochain courrier de la mairie apportant un complément d'information ? Je ne sais.

Bac à ordures

jeudi 29 juin 2017

EPR de Flamanville

L'ASN a rendu son rapport et c'est tout bon ou presque. C'est cool parce que vu les milliards déjà engloutis par le projet de ce réacteur de nouvelle génération, ça aurait été dommage de devoir tout arrêter. Bon, il faudra que l'on pense à changer le couvercle d'ici six ou sept ans mais on a le temps de voir venir. Et puis, d'ici là, de l'eau aura coulé sous les ponts et on pourra dire qu'on avait oublié.
L'histoire, elle commence avec Areva, fleuron de notre industrie nationale, qui a la charge de fabriquer la cuve de cet EPR. Hélas, c'est pas de bol, l'acier utilisé n'est pas de la bonne qualité et une menace de devoir tout arrêter pour remplacer la cuve gronde en 2015. C'est que ça n'arrange un peu personne, cette affaire. Déjà, bon, le budget initial pour la construction de cet EPR de Flamanville a été multiplié par trois et dépasse les dix milliards d'euros. Pour remplacer cette cuve défectueuse, il faudrait tout casser et recommencer à zéro. C'est ennuyeux. Alors, EDF et ses partenaires commencent à tergiverser. D'accord, l'acier n'est pas vraiment aux normes mais pas de souci, ça ira très bien ainsi. On sait les difficultés du secteur depuis la catastrophe de Fukushima, les mauvaises affaires d'Areva avec UraMin, les retards pris dans la construction de l'EPR en Finlande et le coût démentiel qu'Areva doit supporter au titre des retards (neuf ans de retard, tout de même). Pour rigoler, il me semble avoir lu que le réacteur aurait été vendu dans les trois milliards d'euros et que Areva doit payer près de quatre milliards de dédommagement. LOL comme disent les jeunes.
L'ASN intervient et examine les documents fournis par EDF et Areva pour établir son rapport. Dans un premier temps, ça m'a un peu choqué que les experts se contentent de ces documents. Je me suis dit que, peut-être, existait-il un risque pour que EDF et Areva ne soient pas totalement honnêtes et osent maquiller un peu la vérité à leur avantage. J'ai l'esprit mal placé. Et puis, je me suis dit qu'il ne fallait pas être parano et qu'il est impossible que l'on joue sur un sujet si sensible. L'ASN a tout lu, ses experts ont tout calculé, et le rapport a été rendu. Tout est bon sauf le couvercle. Il faudra le changer dans quelques années. Alors tout va bien !

Notre sécurité est entre de bonnes mains
Par contre, ne nous voilons pas la face, ce n'est pas aussi simple que de remplacer le couvercle d'une cocotte-minute. Le couvercle, c'est là où se trouvent les tubes contenant les barres de combustible radioactif. Ce n'est pas si anodin que ça. C'est vrai que lorsque l'on entend "couvercle" on pense à sa cuisine, à cette brave casserole inoffensive qui, jour après jour, fait chauffer l'eau des pâtes.
Bien sûr, il serait rageant de se dire qu'après avoir dépensé tant de milliards d'euros on arrêtait tout ou on recommençait tout à zéro. Nous sommes tous comme ça, pas foutus de calculer comme il le faut. Si ça se trouve, il coûtera plus cher de terminer cet EPR de Flamanville que de le laisser tomber. L'argent perdu est perdu et il est illusoire de penser que l'on pourra se refaire d'une manière ou d'une autre.
La question qui agite les opposants au nucléaire est bien sûr celle de la sécurité. On sait que la cuve n'est pas parfaite, on sait que le couvercle est mauvais, peut-on au motif que l'on a investi des sommes considérables continuer sur sa lancée en croisant les doigts ? La preuve que oui !

dimanche 28 mai 2017

Nazis from outer space

Point Godwin

dimanche 7 mai 2017

Ni trop pour ni trop contre

Ce soir, dans quelques heures, nous saurons, nous autres citoyens de France, qui présidera notre République. Pour celles et ceux qui n'ont pas suivi le fil des événements, des onze prétendants présents pour le premier tour de ces élections il y a une quinzaine de jours, seuls deux restent en lice et il est aujourd'hui question de les départager... Ou pas.

Je ne vais pas aujourd'hui vous raconter ce que je compte faire, si je vais voter ou pas et, si le cas était, pour qui. De même, je ne vais pas faire de prosélytisme et ne vais donc aucunement vous enjoindre à aller voter ou à vous abstenir ou à glisser un bulletin blanc. Si vous êtes concerné par ces élections, c'est que vous devez être majeur et, je vous le souhaite, assez intelligent pour savoir ce que vous avez à faire en votre âme et conscience.
Toutefois, je me suis interrogé sur l'attitude de celles et ceux qui, parmi vous, m'ont fait part de leur intention de soit voter blanc soit de s'abstenir. Tout d'abord, assez curieusement, vous êtes assez peu à m'avoir informé que vous alliez exprimer un choix entre l'un ou l'autre des deux candidats. Si je fais le décompte de ce que j'ai pu entendre ou lire de vos intentions, seules trois personnes m'ont avoué avoir choisi, par défaut, le vote pour Macron. A ceci il convient de préciser que ma vie publique et sociale est pauvre et ne m'amène pas à cotoyer tant de gens que ça et que je me suis bien gardé de poser des questions. Ainsi, je n'ai pas cherché à connaître la décision de quelques personnes soupçonnées de pouvoir choisir le vote fasciste d'extrême-droite de merde.
Il convient donc de comprendre que cette réflexion ne démontre ou ne prouve rien. Il est juste question de comprendre les arguments de celles et ceux qui ont choisi de ne pas choisir.

Une équation ?

Il est difficile de choisir entre deux candidats que l'on considère comme équivalents en tout ou presque. Pour ces personnes, c'est très clair, la Peine c'est tout comme Macron et vice-versa. Choisir entre la peste et le choléra[1], c'est pas leur genre.
Je n'aimerais pas que l'on puisse me soupçonner de "macronisme" mais je reste assez perplexe face à cette équation. Certes, je suis bien ignorant de la chose mathématique mais, tout de même, de mes années d'école primaire j'ai retenu que l'on ne peut ajouter des pommes et des poires.
Je ne pense sincèrement pas que l'on puisse manquer de discernement au point de ne pas parvenir à discriminer une candidate fasciste, raciste et d'extrême-droite d'un candidat de centre-droite libéral. Je ne peux pas comprendre ce raisonnement et, pour le moment, le moins que je puisse dire c'est que les quelques personnes qui ont usé de cet argument pour s'expliquer n'ont pas réussi à me convaincre en quoi que ce soit. Pire, elles se sont souvent emmêlé les neurones et ont commencé à raconter un peu n'importe quoi n'importe comment.
Ce qui me semble inquiétant, c'est que de facto cela nourrit les efforts de banalisation du F-Haine. Mais bon, pourquoi pas après tout.

L'abstention par principe

Si l'on est intellectuellement et philosophiquement partisan de l'anarchisme, il est tout naturel de ne pas souhaiter participer au vote. Si j'étais honnête, ce devrait être la voie que je devrais choisir. Je ne suis pas honnête et dois vous avouer que, jusqu'à ce jour, je n'ai jamais manqué d'exprimer mon choix depuis que j'ai l'âge de voter. Jamais je n'ai voté blanc, jamais je ne me suis abstenu, du moins pour une élection présidentielle.
Mon idée, c'est que l'abstention ou le vote blanc est recevable s'il est constant et absolu. Je veux bien entendre celles et ceux qui me disent qu'à partir de désormais, plus jamais on ne les y prendra. La tentation de penser que plus jamais rien ne sortira de valable des urnes ne me semble pas illégitime. Je comprends parfaitement que l'on puisse refuser à partir de maintenant de jouer cette farce démocratique. D'accord. On ne peut pas reprocher à quelqu'un d'avoir pris son temps pour réfléchir. On ne naît pas anarchiste[2]. On peut très bien sentir se réveiller une réelle aversion pour la démocratie sur le tard et je ne trouve rien à y redire.
Sauf, tout de même, qu'en ce cas, il me semble pour le moins fondamental de ne plus s'intéresser aux problèmes de la démocratie. On peut s'en laver les mains, ne plus du tout se sentir concerné par la question, choisir un autre domaine de lutte, œuvrer pour que la Révolution survienne ou se retrancher dans une attitude distanciée. Il ne devrait plus être question de défendre quelque politique qui soit dans le registre du jeu démocratique. C'est de l'honnêteté intellectuelle.

Deuxième tour

La posture scientifique

Il apparaît, de ce que j'ai eu à entendre, que de nombreux abstentionnistes sont devenus de brillants analystes mathématiciens experts en expertise, des prévisionnistes hors pair qui sont persuadé d'avoir tout compris.
Parmi eux, on trouve celles et ceux qui affirment qu'il est absolument nécessaire que Macron batte la Peine mais juste du nombre de voix nécessaires. Dans l'idéal, il faudrait que Macron obtienne les 50% et une voix.
Dans leur schéma de pensée, cela amènerait Macron à comprendre qu'il a été "mal élu", qu'il n'est pas le bienvenu, qu'il est président par défaut et que l'on a été amené à l'élire par dépit, plus contre le fascisme que pour ses idées.
J'entends bien les arguments et je les trouve très ridicules. Disons que je ne parviens pas à comprendre ce que cela pourrait changer qu'il soit élu à 100% moins une voix ou à 50% plus une voix. Je suis peut-être trop con pour comprendre mais je ne comprends pas.
L'argument qui suit immédiatement, normalement, c'est le rappel à l'élection de Chirac et ses 82% de voix. Chirac n'avait pas constitué de gouvernement d'ouverture avec le "peuple de gauche". Je ne suis pas vraiment chiraquien et pas plus constitutionaliste mais je n'ai jamais entendu parler d'un texte dans la constitution ou ailleurs qui prétendent qu'un chef de gouvernement, un premier ministre nommé par le président de la République élu, ait une quelconque obligation à constituer son gouvernement en fonction du résultat du scrutin.

L'autre argument rigolo, c'est celui qui explique que, de toutes les façons, Macron sera élu. Celui-ci, que j'aime beaucoup tellement j'aime les histoires drôles, se base sur les sondages. Et là où je trouve une raison supplémentaire de me taper le cul par terre de rire, c'est que les partisans de l'idée lumineuse sont les premiers à dénoncer les sondages et à appeler à les interdire.
Encore une fois, je ne suis pas fort en calcul fût-il politique. Je comprends bien que l'on puisse aimer se faire une petite peur et avoir le désir de vivre quelques instants de folle excitation en contractant bien comme il faut ses sphincters. En mal d'émotions fortes, on peut jouer avec le feu et risquer le tout pour le tout avec ce petit jeu. Le risque, bien entendu, c'est qu'à trop gagner de partisans à la cause, la Peine passe, faisant la nique aux sondages, sondages auxquels, je le rappelle au passage, il convient de ne pas prêter crédit.
"Mais non ! Il n'y a aucun risque !" s'époumonnent-ils. Peut-être bien qu'ils ont raison, après tout. Allez, chiche !

Contre le monde de la finance phynance

Refuser de voter pour la Peine parce que, par principe, on ne vote pas pour une candidate fasciste d'extrême-droite et refuser de voter Macron pour ne pas voter pour le candidat des banques et de la finance, je comprends parfaitement. C'est sûr que, quelque part, c'est dur pour son fondement de se décider à donner sa voix au "moins pire" des deux.
C'est bien un peu douloureux de se faire enculer sans y prendre plaisir quoi que l'on fasse ou ne fasse pas. Parce que le problème est bien là, au fond. On ne choisit pas mais les autres le font pour vous. Perdu pour perdu, autant ne rien faire. A quoi bon ? Nous sommes à l'heure où nous pouvons beaucoup pleurer la funeste issue à laquelle nous sommes réduits. Ah ! Que n'avons-nous pas été plus actifs à l'heure où il aurait encore été possible de convaincre autour de soi à voter pour le bon candidat ! Ah que l'on peut en vouloir à machin et à truc de ne pas s'être entendus pour faire une union ! Ah oui, on pleure la gauche perdue, on geint, on se lamente, on laisse sa colère s'exprimer.
Ma vision de mon "engagement" politique passe presque en priorité par la lutte contre l'extrême-droite et le fascisme et, donc, contre le F-Haine pour la France. Ce qui me troue le cul, c'est bien la magistrale banalisation de l'extrême-droite. Arriver à penser qu'il n'est pas possible de choisir entre Macron et la Peine est significatif mais nous en sommes là. Il est effectivement hors de question de prétendre que l'élection de Macron nous apportera ce que nous pouvons attendre pour l'avenir et j'avoue que le choix me semble bien impossible à faire. Si je refuse de voter pour la Peine, je ne peux pas voter Macron en adhérant à ses idées et propositions.

Il n'est pas à gauche, elle est à l'extrême-droite

Si l'on est foncièrement de gauche, si l'on a choisit de ne jamais voter autrement que pour un candidat de gauche, si l'on est partisan, il n'est pas possible de se réduire à voter Macron même si celui-ci a été membre d'un gouvernement prétendument de gauche. On a bien vu que les actions des gouvernements successifs du quinquennat finissant n'ont pas été à la hauteur des attentes que l'on pouvait nourrir, même a minima.
Nous nous sommes faits bananer par Hollande mais, reconnaissons-le un peu, nous nous y attendions tout de même un peu. Le deal était pour beaucoup de battre Sarkozy. Il a été battu, nous avons eu ce que nous méritions : Hollande.
Ce jour, c'est une certitude avec laquelle il va bien nous falloir vivre[3], le prochain gouvernement, le prochain président, ne seront pas de gauche. C'est comme ça, c'est la vie. On n'a pas toujours ce que l'on appelle de nos vœux. C'est triste mais la perfection n'est pas de ce monde. Personnellement, je rêve d'un temps où les guerres n'existeront plus, où la paix sera la norme, où l'entr'aide[4] sera commune, où la propriété n'apparaîtra plus que dans les livres d'histoire, où la vie sera douce, les gens intelligents, le ciel bleu et les magasins pleins de douces pâtisseries en distribution libre et gratuite. L'utopie est le meilleur des programmes politiques. Ce monde qui saura se passer de l'intermédiaire des dirigeants, patrons, chefs et politiques, tournera bien rond comme il le faut et ce sera merveille et bonheur.

Prout

Ne pas voter Macron, ce n'est pas faire le jeu de la Peine. Absolument ! Mais dans le même temps, ne pas voter la Peine, ce n'est pas forcément ne pas faire le jeu de la Peine si l'on choisit l'abstention. Pour être plus clair dans mon propos, s'agissant d'un vote dont le résultat sera uniquement basé sur le pourcentage de voix obtenu par les candidats, on peut et même sans avoir fait de grandes études comprendre que c'est simplement celui des deux qui aura le plus de bulletins à son nom déposé dans les urnes qui gagnera le pompon.
Pour en revenir à mes amis prévisionnistes experts en expertises qui me font tant rire de ce rire gras et nerveux qui fait tout mon charme, je vais m'essayer à l'exercice pour rigoler. On peut prévoir sans trop craindre de se tromper que les gros cons qui ont voté la Peine au premier tour sont tout à fait disposés à confirmer leur choix en ce deuxième tour. On peut présager qu'une partie de ceux qui ont voté Fillon suivront le mouvement. Il paraît que chez les mélenchonistes, ils sont 19% à avoir le désir de voir la saloperie arriver au pouvoir[5]. On ajoute bien sûr les duponhaignantistes, peut-être aussi quelques asselineautistes et autres cheminadistes. En face, peut-être quelques socialistes proches de l'aile droite du PS auxquels viendront se joindre les démocrates qui à contre-cœur choisiront une mauvaise démocratie à une bonne dictature. Et de cela, on peut extrapoler que l'on trouve plus de convaincus pour la Peine que pour Macron. De celles et ceux qui m'ont avoué choisir de voter Macron pour ce deuxième tour, je note plus de personnes de "gauche" que de droite. Il faut bien sûr relativiser en notant que je fréquente plus de personnes de "gauche" dans toutes les acceptions du terme.
Toute voix non exprimée n'ira certainement pas contre la Peine et son parti fasciste d'extrême-droite et je pense que les votes d'adhésion en faveur de la saloperie sont plus certains que ceux en faveur du programme du candidat Macron. Mais je ne suis pas expert du tout et c'est de l'analyse au doigt mouillé. Ce que je veux exprimer de ma pensée, c'est juste que le succès de Macron n'est pas si gagné d'avance que ça.

Et alors ?

Quel que soit le résultat, je ne serai pas content. Bon, d'accord, je le reconnais, si la Peine de merde est battue ce sera déjà une petite satisfaction. Je le reconnais, je ne l'aime pas. On est encore en démocratie, on a encore le droit de le dire.
Tiens, d'ailleurs, existe-t-il un vrai risque pour que si, par grand malheur, la saloperie l'emporte la démocratie soit en danger ? Oui ? Non ? Ne se prononce pas ?
On a déjà vu, c'est déjà arrivé, qu'une personne élue démocratiquement parvienne à exercer son pouvoir en dehors de la démocratie. Si, si, je vous assure ! Mais tout de même, nous avons des institutions, des pare-feu, des boucliers bien solides pour empêcher pareille déconvenue, non ? Ça, j'en sais foutre rien ! Je ne sais pas, moi. Un coup d'état ? Avec qui derrière ? Traditionnellement, il est bon d'avoir les forces armées derrière soi pour réussir son coup. Les militaires, les flics, quelques milices constituées. Je ne sais pas trop comment pensent les militaires et les flics dans leur majorité. Ce sont des corps que je n'aime pas et ne fréquente pas.
C'est à dire qu'un argument court et qui dit qu'il sera toujours plus simple de combattre et de défendre les droits avec Macron et une démocratie molle qu'avec la Peine et une dictature forte. D'un autre côté, on peut aussi parier qu'une la Peine présidente serait une meilleure étincelle pour la Révolution, la lutte finale et le grand soir réunis.
Aussi, et c'est valable quel que soit le résultat, on peut imaginer qu'il sera quasiment impossible de définir une majorité parlementaire permettant à l'un ou l'autre de gouverner. Si l'on fait abstraction du risque de coup d'état évoqué un peu plus avant, il est en effet difficile de comprendre avec qui la Peine ou Macron gouvernera. Il y aura des législatives et, peut-être, un sursaut qui chamboulera tout ça. Par goût, j'aimerais assez un parlement bien à gauche mais ce peut être un parlement bien à droite qui a la fin l'emporte. On verra mais tout n'est pas perdu. L'espoir fait vivre.

On s'en branle

Ce soir, demain matin plus sûrement, nous saurons. Si je suis globalement assez confiant dans le fait que ce ne sera pas encore pour cette fois que le racisme, la haine, la bêtise et la peur arriveront au pouvoir en France, si je suis dans l'expectative la plus absolue pour ce qui se passera dans cinq ans, je peux penser par excès d'optimisme que rien ne changera vraiment dans ma vie pour les années à venir quelque soit le résultat. Si c'est elle qui à la fin gagne le jackpot, bah, je me couperai les cheveux bien courts, je fermerai ce blog, je collaborerai gentiment et poliment. Si c'est lui, franchement, il est à craindre que nous continuerons sur la lancée de ces dernières années. Au pire, ce sera encore un peu plus une politique d'inspiration libérale mais j'ai une bonne capacité de résignation qui devrait me permettre de continuer à faire ce que je veux quitte à restreindre un peu plus mon train de vie qui n'est pas si catastrophique que ça. Manger plus souvent des nouilles que du foie gras, c'est déjà mon quotidien. Pour mon cas très personnel, je ne vois pas ce que je peux redouter du gourvernement à la botte de Macron. Il ne peut pas vraiment me faire de mal sans à la marge. Peut-être devrais-je me chauffer encore moins en hiver et attendre la mort en courbant l'échine faute de pouvoir me soigner. Pire encore, peut-être m'obligera-t-il à trouver un emploi[6]. Avec une petite dose de fatalisme saupoudrée de nihilisme et de désespoir consenti, je pense que la suite sera parfaitement acceptable.

Mais surtout, il faut que je vous prévienne

Là, je m'adresse en premier à toutes celles et ceux qui vont s'abstenir pour n'importe quelle raison qui leur plaira. Si jamais grâce à vous, à nous, abstentionnistes intelligents, la Peine gagne, sachez bien que je vous déteste, que je vous conchie, que je vous exècre au plus haut point, que je vous méprise, vous réfute le droit même de m'adresser la parole. Amis abstentionnistes, allez vous faire foutre !

Notes

[1] formule qui ressort souvent

[2] ou royaliste ou je ne sais quoi encore

[3] sauf à choisir le suicide ou l'expatriement

[4] j'aime assez cette forme délicieusement désuète

[5] Oui, je sais, merci, les sondages et tout ça...

[6] quoi que sur ce point, je ne coûte pas grand chose à la collectivité. Je ne touche rien de rien de tous les organismes sociaux, n'ai même plus de carte Vitale...

lundi 24 avril 2017

Marine la Grouïk en marche

Marine la Grouïk

mercredi 29 mars 2017

Valls rejoint Macron et Fillon le néant

Voyez-vous, ce matin je me suis réveillé avec une idée stupide en tête. Pour la plupart d'entre vous qui n'avez pas la chance d'en avoir jamais la moindre, une stupide serait déjà comme un don de dieu. Or, il se trouve que dans le cadre de cette mienne démarche par moi entreprise visant à vous élever intellectuellement (et la tâche n'est pas aisée), je me dois de vous instruire sans plus attendre de comment fonctionne une idée.
L'idée naît de la rencontre d'une maman idée et d'un papa idée. Ils se plaisent, apprennent à se connaître, dansent la rumba et finissent par baiser comme des bêtes. La gestation est particulièrement brève et quelques secondes plus tard, dans d'atroces souffrances, la parturiente met au monde un bébé idée tout frais, tout neuf, tout rose. Seuls les bébés idée mâles sont à la source de bonnes idées. Les bébés idée femelles, elles, ne pensent qu'à rencontrer un futur époux idée et à danser la rumba avant de baiser. C'est ainsi.
L'enfant idée suit une scolarité rapide et tombe tout de suite après dans une adolescence ingrate et boutonneuse qui, heureusement ne dure pas. A peine deux minutes après sa naissance, le bébé idée est déjà un solide gaillard et il va consacrer sa vie à deux activités majeures. La première consistera à faire jaillir une seule et unique pensée dans le cerveau hôte où, à la manière d'un virus parasite, il s'est installé confortablement. La seconde sera tout entièrement consacrée à dénicher une madame idée afin de procréer. Une fois tout cela fait et bien fait, il chaussera ses pantoufles et fumera la pipe dans son fauteuil en goûtant les joies de la vie de retraité et d'un bon cognac tout en attendant la mort qui ne saurait tarder.

S'il y a des bonnes et des mauvaises idées, la plupart sont tout simplement "con comme un balai". Celle de ce matin m'enjoignait à m'engager à défendre une cause perdue, quasiment à rejoindre une mission humanitaire. Il me fallait défendre le faible, le persécuté, la victime, l'écouté et qui mieux que François Fillon pour incarner l'opprimé ? J'aurais pu me pencher et m'intéresser sur le cas de Manuel Valls mais en l'espèce on ne peut plus parler de cause perdue. Il s'agirait plutôt et au choix, de trahison, de lâcheté, de saloperie ou de connerie. Il m'aurait pourtant plu de défendre Manuel Valls. Mais hélas, à l'impossible nul n'est tenu. Donc, je me rabats (joie) sur Fillon. Fillon bafoué, Fillon volé, Fillon spolié, Fillon dénoncé mais Fillon en colère, prêt à en découdre, prêt à tout pour défendre son honneur et celui de sa Pénélope et de ses enfants, prêt à se battre avec ses petits poings serrés pour son argent et le droit de porter de beaux costumes offerts par ses amis. L'acharnement dont est victime François Fillon est contraire avec l'idée que l'on peut se faire de la démocratie et du droit aux gens de droite d'avoir leur président à eux par eux élu. Pensons à toutes ces personnes qui ont désigné leur poulain lors des primaires de la droite pour supprimer des centaines de milliers de fonctionnaires, pour obliger les chômeurs à travailler pour rien ou mourir pour pas cher. On (le cabinet noir) leur vole leur rêve de France forte et belle et catholique. C'est honteux et dégueulasse. C'est même contraire à la convention de Genève, si ça se trouve. Peut-être même que c'est anticonstitutionnel, allez savoir.
Et alors moi, avec mon idée instillée à l'insu de mon plein gré, je me suis essayé à l'exercice pour lequel je ne suis pourtant pas réputé, la caricature. C'est un exercice difficile pour moi. C'est peut-être que je ne sais pas observer les gens, peut-être aussi, plus simplement, que je ne suis pas doué pour cela. Mais bon, n'écoutant pas mon habituelle propension à trop vite baisser les bras je pose une feuille de papier devant moi et attrape un crayon. Cette première feuille part vite à la corbeille et est bientôt accompagnée de la deuxième. Mais à la troisième, il me semble "tenir" quelque chose. Finalement, je pense être parvenu à quelque chose de raisonnablement acceptable. Fasse que cela aidera M. Fillon à conquérir le pouvoir pour le plus grand bonheur de la France éternelle et de son rayonnement à travers l'univers.

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Vers la victoire

vendredi 24 mars 2017

Les vécés sombres du palais

Ainsi donc, il y aurait un cabinet noir à l'Elysée. C'est le très innocent[1] François Fillon lui-même en personne qui l'affirme. Ce très estimable (et bien habillé) candidat à la présidence de la République française pour le compte de Laids Républicains dévoile la sa vérité et il accuse[2] et on tremble au sommet de l'État. L'autre François, celui en poste actuellement, est nommément mis en cause. Il serait à la tête d'un sombre aréopage de barbouzes évoluant au sein d'un cabinet noir et distillant aux journalistes de la planète entière des rumeurs pestilentielles et des allégations mensongères à son propos. Et il est en colère, le François prétendant, le possible futur hypothétique impétrant Fillon. Et on le comprend et on le serait à moins.
Que l'on accuse son épouse de n'avoir rien foutu et d'avoir été payée pour cela, c'était gros. Que l'on l'accuse lui, comme s'il y était pour quelque chose, de recevoir des cadeaux de ses amis, c'est grotesque ! Que ses enfants soient rémunérés en contrepartie d'une lourde charge de travail, quoi de plus normal ? Que ces enfants se sentent redevables envers leurs parents et qu'ils remboursent les frais de mariage par eux avancés, c'est signe d'une bonne éducation. "Et alors ?" se questionne fort justement le François de l'histoire.

Et alors, et ce n'est pas pour défendre le marigot où se vautrent les journalistes, c'est manquer de respect à ces journalistes, justement, que penser un instant qu'ils sont incapables d'enquêter par eux-mêmes et de dévoiler ce qu'ils ont découvert. Ont-ils besoin d'un cabinet noir ? Je ne le sais pas. Il n'est pas totalement impossible, bien sûr, que des "gentils informateurs" se fassent un malin plaisir en informant la presse. Ce n'est pas impossible mais rien ne dit que ces informateurs soient tous à chercher du côté de l'Élysée, après tout. Il y a quelque temps, le directeur du Canard Enchaîné s'offusquait à l'idée que l'on puisse douter du travail des journalistes.
Très certainement présumé innocent, n'hésitant pas un instant à battre sa coulpe et à reconnaître les erreurs qu'il a pu commettre, François Fillon passe à l'attaque et dénonce les agissements assez moches du président de la République actuel. Que n'apporte-t-il pas les preuves claires qui montreront au peuple la véracité du travail de sa Pénélope d'épouse ? Des fiches de paie (pas des fausses éditées avec un logiciel de traitement de texte à la va-vite), des talons de chèque ou des preuves de virements bancaires, par exemple. Il lui serait alors facile de montrer à la face du monde que l'on cherche à lui nuire. Au lieu de cela, il reconnaît avoir commis une faute en employant son épouse, il s'en excuse... mais ne prouve rien de rien. Il dénonce l'existence d'un cabinet noir, il dévoile l'existence d'un complot mais ne prouve pas grand chose non plus. Par contre, il prétend avoir restitué ses costumes. C'est déjà ça. Pas sûr que ça suffise mais c'est un premier pas vers sa totale rédemption.

Cabinet noir

Notes

[1] jusqu'à nouvel ordre

[2] comme l'Émile avant lui

mercredi 15 mars 2017

Peut-on penser comme on veut ?

Ma maison est bâtie sur les fondations d'un ancien château et sur un nœud tellurique particulièrement fort qui ouvre sur la porte des enfers. D'ailleurs, cette porte est gardée par des esprits que l'on ne peut pas voir parce qu'ils sont en dehors du spectre lumineux visible par l'homme. Certains animaux comme le poulpe les verraient mais il n'y en a pas dans mon garage et cette absence est bien la preuve qu'ils ne sont pas présents parce qu'ils sont effrayés par ces esprits. En outre, dans les ruines des bases de ce château, si on creuse un peu, on trouve l'entrée d'un souterrain secret qui doit conduire, si j'en crois mes recherches, juste à l'endroit où se dressaient les tours jumelles de New-York. Et c'est assez logique si l'on considère qu'en numérologie, ma maison est strictement égal à "Twin Towers" ! C'est d'ailleurs assez fou, quand on y pense. Déjà, rien que le fait que j'habite exactement là, hein ? D'abord, j'ai pensé, naïvement, que c'était dû au hasard, que j'habitais à Azerat, juste dans cette petite maison, parce que, bon, cette maison était à vendre et qu'elle était dans mes prix. Mais pas du tout ! D'une longue discussion que j'ai pu avoir avec un ancien habitant des lieux, au tournant des XVIe et XVIIe siècle de notre ère, il appert qu'un célèbre alchimiste menait là des expériences assez incroyables et qu'il avait prévu mon arrivée. D'ailleurs, un parchemin que l'on m'a malheureusement dérobé (mais il n'y a pas hasard) annonçait ma venue à Azerat peu après le début du troisième millénaire ! Evidemment, je reçois des pressions du FBI et des états à la botte des puissances supérieures. L'autre jour, on m'a même coupé l'électricité pendant dix minutes. Et ils sont malins ! Pour que je ne puisse pas prétendre être particulièrement visé, ils ont tenté de me faire croire que l'électricité avait été coupée dans tout le village. Les autres habitants d'Azerat, tous de mèche, ont bien joué le jeu en affectant un air étonné. Je sais qu'ils sont tous payés pour me surveiller. L'autre jour, je sors de chez moi et, comme par hasard, la voisine arrivait en voiture. Alors que je ne l'avais pas vue partir !
On m'a enseigné l'art et la technique du voyage astral. Grâce à ce savoir ancestral, j'ai été en mesure de voyager dans le temps et l'espace et de connaître ma vie d'avant mon arrivée dans cette dimension. J'ai alors pu comprendre que l'on m'avait effacé la mémoire à la maternité comme on le fait à tous les nouveaux nés depuis que les Puissants ont pris le pouvoir sur la planète. Je sais de source sûre — parce que je l'ai vu de mes yeux — que nous autres, les vrais hommes, venons d'une autre galaxie d'un univers lointain et que nous sommes les enfants du Vrai Dieu (et pas de celui que l'on essaie de nous imposer). C'est dingue tout ce que l'on cherche à nous incruster dans notre tête pour masquer la vérité. Ces représentations de notre planète qui serait une sorte de boule flottant dans rien et tournant autour d'une autre boule ! Ridicule ! Et tout cela juste pour nous dissuader de reprendre notre voyage dans les univers multiples comme nous l'avons fait durant des milliards d'années auparavant. Nous sommes devenus les serviteurs des Maîtres qui nous ont asservis en nous implantant des fausses idées et en effaçant nos données à la naissance. Et ça, je le sais vrai parce que ça ne peut pas s'inventer.
J'ai réussi après un gros travail sur moi à rétablir la connexion avec mes cellules originelles. Les univers sont à notre image et nos cellules sont comme des galaxies. Et chacune de nos cellule à la taille de chacune des galaxies ! C'est juste une question de point de vue et c'est parce que, mais j'ai conscience que c'est contre-intuitif, les galaxies sont plus proches de nous que le sont nos cellules propres que l'on a l'impression qu'elles sont plus grande. Mais en fait, pas du tout ! C'est juste que nous nous voyons de l'extérieur et de plus loin. D'ailleurs, je ne suis pas le seul à le savoir. Nous sommes même des millions à avoir recouvré le savoir. Mais comme toujours, on nous dénigre et on veut nous faire taire. Cette illusion d'optique est maintenue pour que nous ne rendions pas compte que nous sommes beaucoup plus grands et forts que les Maîtres qui nous ont réduits à l'esclavage. Il y a un champ d'ondes gravitationnelles électro-magnétiques qui nous brouille la vision de qui nous sommes vraiment et sous couvert de techniques de communication on a mis des antennes relais partout. Avant, on utilisait les moulins à vent ou à eau pour perturber nos connexions neuronales mais quand ils se sont aperçus que l'on avait trouvé la parade, ils ont inventé la TSF et les avions à réaction et le téléphone portable en plus des sous-marins et des sonars. Du coup, on n'entend plus la voix de la mer quand on plonge la tête dans l'eau.

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Être trop crédule peut être un défaut qui confine à la bêtise. Certes. Nous nous sommes tous amusés à faire croire des énormités à une personne un peu bête ou à un jeune enfant. Il y a une malice un peu méchante à cela mais bon, on n'a pas une occasion de rire tous les jours. Et puis, ça peut avoir un rôle éducatif. En racontant des bêtises, on enseigne justement qu'il ne faut pas tout prendre pour argent comptant, qu'il faut recouper les informations, qu'il faut réfléchir un peu. Le problème, c'est que certaines personnes poussent cette idée jusqu'à des sommets. Je ne sais pas bien comment ça fonctionne mais il y a des personnes qui pensent qu'elles ne doivent rien croire du tout de tout ce qui peut être avancé par la "parole officielle" et qui préfèrent échafauder des histoires issues de leur imagination et souvent dans une direction qui mène vers la thèse complotiste. Et là, c'est grave. Croire en la présence sur Terre d'extra-terrestres cachés par l'armée, le FBI, une secte étrange ou des gourvenements unis dans un but pas très précis, après tout, bon, ce n'est pas si grave. Il y a des timbrés et il faut faire avec. Ce qui m'étonne, c'est que ces personnes parviennent à s'agréger en des groupes et à partager leurs délires. Comment peut-on en arriver à mettre en commun des délires ? Si je suis persuadé qu'il y a un être jaune à points roses posé sur mon épaule et qu'il me susurre des conseils à l'oreille, c'est peut-être pathologique à un niveau personnel mais je suppose que je vais avoir du mal à faire voir cet être aux autres.
Il y a beaucoup de choses que je ne suis pas en mesure de comprendre au sujet de ces délires de masse. Des histoires extraordinaires, ça doit exister depuis des temps très anciens. Depuis l'invention de l'imagination, si ça se trouve. La naissance de la science-fiction date peut-être de cette époque lointaine où quelqu'un a cherché à expliquer le tonnerre ou le feu ou la mort. Je ne sais pas si l'imagination existe ailleurs dans le monde animal ou végétal. Je ne sais pas si les autres animaux sont capables d'inventer des histoires. Mais le fait est que nous, nous sommes pourvus de ce don. Pas tous au même niveau, c'est sûr, mais dans l'ensemble, je pense que tout le monde est capable d'inventer des histoires et que tout le monde invente des histoires. A commencer par le rêve. Et donc, il y a très longtemps, l'Homme a commencé à raconter des histoires. Il a inventé des cosmogonies, la littérature, le cinéma et est arrivé l'Internet.
Je ne pense pas qu'il y ait eu des personnes pour croire les histoires de Jules Verne. Auparavant, on pouvait croire celles de l'Église mais alors, celle-ci avait une autorité et le peuple était sciemment gardé dans une ignorance des choses. Ceci dit, tous ne croyaient pas les gens d'église. Dans les fictions revendiquées, en littérature, en théâtre, au cinéma ou dans les contes, un marché est passé avec les personnes qui reçoivent l'histoire. Elles doivent être d'accord pour jouer le jeu, pour éteindre leur esprit critique, pour mettre de côté ce qu'elles savent, ce qu'elles ont appris. C'est une convention. Pareil pour la magie. On sait qu'il y a un truc, on sait que l'on est trompé, mais on l'accepte en connaissance de cause. Une fois le spectacle terminé, on reprend sa raison et l'on ne croira pas que l'on pourra être coupé en deux dans la boîte du prestidigitateur.
Avec Internet, il est devenu très aisé de raconter n'importe quoi, de colporter n'importe quelle idée, de prétendre, de partager. Avant Internet, il y a eu un journal qui s'appelait "Infos du Monde". J'ai connu des personnes qui pensaient que l'enfant chauve-souris existait. Elles n'étaient pas dupe de tout mais pensaient sincèrement qu'il y avait des faits avérés dans cette publication à caractère humoristique. Mais là, sur la toile, ce n'est pas de l'humour. On y trouve les "preuves" de tous les complots ourdis par d'obscures organisations aux buts pas très bien définis. Un coup, ce sont les extra-terrestres, un autre ce sont les francs-maçons ou les communistes ou les Juifs ou les riches ou le cartel des industries pharmaceutiques ou l'ordre des médecins ou encore la corporation des charcutiers-zingueurs. A chaque chose pouvant se passer ici ou ailleurs voire plus loin encore, il y a le complot qu'il faut. C'en est presque rassurant, finalement.
Mais voilà, ce que je ne peux pas concevoir, c'est bien que ces conneries complotistes soient virales. Qu'est-ce qui peut bien se passer dans l'esprit de toutes ces personnes pour les conduire à adhérer aux explications alambiquées des abrutis qui fourmillent sur Internet ? Il vient d'où, ce besoin de croire à l'improbable plus qu'à la banalité évidente ? C'est peut-être un besoin de merveilleux ? Possible. Voir un visage ou un animal dans les nuages ou dans les motifs d'un vieux mur, ça s'appelle la paréidolie. C'est normal, il ne faut pas s'en inquiéter. Il paraît même que c'est lié au darwinisme, que ce serait une aptitude conservée à travers les âges. En gros, c'est l'histoire que l'on aurait plus de chance de survivre en se méfiant des signes les plus anodins qu'en faisant une confiance aveugle à sa bonne étoile en toute situation. Penser voir un tigre aux dents de sabre dans un roncier et s'enfuir, c'est mieux pour sa survie que penser à une illusion d'optique sans importance lorsque l'on voit un troupeau de mammouths se diriger au pas de course vers soi.
Le besoin de merveilleux, d'explications magiques, c'est plus excitant que de s'arrêter au plus possible, au plus probable, au plus facilement explicable. Une soucoupe volante, ça a un peu plus de gueule qu'un vulgaire avion ou qu'un phénomène naturel. Penser que si l'on n'a rien vu à tel endroit, c'est juste que les traces ont été effacées, ça vous plonge dans le monde délicieux du merveilleux fantastique ! Cette imagination est un bienfait lorsqu'elle sert la création artistique du peintre, de l'écrivain, du conteur ou du cinéaste. Elle est un vrai problème lorsqu'elle tombe dans la tête d'un détraqué manipulateur paranoïaque. Je pense qu'une légère dose de paranoïa, comme pour la paréidolie, entraîne une certaine dose de méfiance souveraine mais là, c'est autre chose. Je ne suis même pas certain que toutes les affaires colportées sur Internet aient pour origine une personne souffrant d'une pathologie mentale. Je pense qu'il y a des manipulateurs qui agissent pour de troubles raisons. Et du coup, voilà que je suis atteint par l'idée du complot. Mince.
Je ne fréquente pas ces sites Internet. Parfois, je tombe dessus. Il y en a beaucoup. Souvent, pas toujours mais souvent, ces sites sont richement pourvus en annonces publicitaires. Certains de ces sites engrangent vraiment beaucoup de visites et, donc, génèrent pas mal de revenus grâce aux publicités. Le but serait alors de créer le buzz et d'attirer un maximum de gogos en recherche de merveilleux. Je ne fréquente pas ces sites Internet, donc, mais au hasard de mon butinage il m'arrive de tomber sur l'un ou l'autre d'entre eux. Ainsi, j'ai pu apprendre que les pyramides égyptiennes et la plupart des monuments anciens ont des extra-terrestres comme architectes, que l'on peut soigner toutes les maladies (créées en laboratoire d'ailleurs) par le jeûne ou par des thérapies simples à base d'imposition des mains ou de bains de pieds dans une solution à diluer dans dix litres d'eau (en vente sur le site), que notre planète abrite toute une population d'êtres mystérieux dans ses entrailles, que les attentats de Charlie Hebdo ou du Bataclan tout comme la prétendue guerre en Syrie n'ont jamais existé. Et encore, je ne dis rien de ce que j'ai appris à propos de l'histoire montée de toute pièce à propos de la Shoah ou des inepties concernant l'âge de l'Univers et de la falsification de son histoire avec l'invention des divers fossiles (soi-disant trouvés par des archéologues). D'ici à ce que j'apprenne que l'on nous a remplacé notre soleil dans la nuit ou que ce que l'on voit du ciel n'est rien d'autre qu'une grande toile tendue là...
J'ai rencontré diverses personnes gagnées à ces idées. J'ai même tenté de les raisonner un peu, de leur faire prendre conscience de l'absurdité de leurs croyances. Je ne suis pas assez doué pour ça, c'est peine perdue. Il arrive toujours un moment où c'est à moi d'apporter la preuve de la non-existence de l'être de Roswell ou que ce n'est pas le gouvernement qui a tué Cabu... C'est usant.

Heureusement, pour contrer ces idées il existe des personnes compétentes et motivées. La tâche est énorme et sans doute malheureusement vouée à l'échec. Depuis quelque temps par exemple, il y a une communauté de sceptiques et de zététiciens qui tentent de casser toutes ces croyances, de combattre le paranormal, de lutter contre les idées nauséabondes ou contraires à la vérité scientifique. Leur arme, justement, c'est la science. Elle n'est pas sans failles, elle ne peut pas tout expliquer (mais ce n'est pas son but), elle a le caractère de vérité... jusqu'à ce qu'elle soit réfutée. Et alors, bien sûr, c'est là la brèche où s'engagent ceux qui sont contre la science. Si la science peut être réfutée, c'est qu'elle n'est pas vraie. On ne peut pas réfuter l'existence de dieu, par exemple. Donc dieu est vrai. CQFD.
Il y a des gens qui pensent que la Lune a une influence sur les naissances ou sur la croissance des carottes ou sur la pousse des cheveux. La science s'est intéressé à cela, a démontré qu'il n'y avait aucun impact sur rien et pourtant, ces gens persistent dans leurs croyances. D'autres pensent que l'eau a une mémoire et se soignent avec des granules de sucre D'autres encore estiment que les astres influent sur leur destinée. Il en est aussi pour croire qu'une voiture rouge roule plus vite qu'une automobile grise ou jaune, que l'industrie motocyclettiste européenne a été tuée par un complot mené par les francs-maçons juifs et nazis du Japon. Finalement, tout cela n'est pas bien grave. Celui qui a besoin de croire croira. On n'y peut rien. Des fois, je me demande en quoi je crois. Il y a forcément des trucs qui traînent dans mon ciboulot et qui ne sont pas très rationnels. Je crois qu'un Macintosh est mieux qu'un PC-Windows, par exemple. En fait, c'est plus que j'ai une expérience plus grande de l'environnement de chez Apple. Je ne suis pas si con que ça non plus. Je ne crois pas que Canon soit meilleur que Nikon. Il se trouve juste que la vie a fait que j'aie eu des objectifs pour Canon au moment où j'ai eu l'idée d'acheter un appareil photo reflex numérique et que je suis reparti sur cette marque par économie et par confort. En quoi je crois, moi ? Je crois que le vin de Bergerac est assez bon pour moi mais je sais que des vins bien meilleurs sont produits ailleurs. Je crois que la vie ne dure qu'un temps. Je crois que la mort n'est rien d'autre que l'arrêt de la vie et qu'il n'y a rien après. Je crois que l'on est un peu dans la merde et que ce n'est rien par rapport à plus tard mais qu'il va nous rester de bons moments à vivre. Je crois que la vie s'arrêtera sur la Terre et que le soleil s'arrêtera de briller et que notre galaxie finira absorbée par un trou noir (enfin peut-être et sans doute pas tout de suite). Je crois qu'il y a tout un tas de mystères inexpliqués qui le resteront pour moi. Je crois qu'il y a une quantité de choses que je ne pourrai jamais comprendre parce que je ne suis pas assez intelligent ou compétent. Je crois qu'il y aura assez peu de personnes pour lire ce billet jusqu'au bout.

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