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jeudi 8 mars 2018

Ouvrons l'œil

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samedi 20 janvier 2018

A son train de sénateur, en marche et sans auto

L'affaire a fait son petit bruit dans le Landerneau périgordin. Bernard Cazeau, ci-devant sénateur de la République, ancien conseiller général de la Dordogne et président du conseil général du même département, socialiste qui a soutenu le candidat LREM lors des dernières élections présidentielles, a eu un accident de la circulation au volant de sa flambant neuve automobile de luxe. Que ce sera-t-il passé, on ne le sait pas. Le journal Sud Ouest qui nous informe de l'infortune nous explique que le sénateur âgé de 78 ans aurait déjà dû repasser son permis de conduire après avoir perdu ses derniers points. Il repasse et obtient donc un nouveau permis tout beau tout neuf et fête l'affaire en achetant une belle automobile digne de son rang. Il porte son choix sur une marque allemande réputée pour la qualité de finition et le prestige qui en découle. C'est son choix, c'est son projet.
Or, voilà qu'il songe à rejoindre son fief ribéracois au volant de sa petite auto et que, paf, pas de bol, il s'y prend tellement mal qu'il "ratiboise" un terre-plein central tant et si bien que le véhicule est tout cassé. C'est un accident bien bête et bien regrettable. Un accident, c'est toujours bête. On peut même ajouter sans trop craindre de se tromper qu'un accident survient toujours d'une manière accidentelle en cela qu'il est rarement désiré ou voulu. D'un point de vue très factuel, ce fait divers n'est rien d'autre qu'un accident de la circulation qui n'a pas fait de victime. Le sénateur s'en sort bien, l'automobile moins, les aménagements de la voie publique devront être réparés. Je le répète, on ne sait rien des circonstances et conditions de cet accident. Je ne vais même pas m'avancer à supputer.
Mais alors, pourquoi parle-je de cela ? Par pure méchanceté ? Je ne peux pas le nier, il est toujours réjouissant d'apprendre que des personnalités publiques peuvent, elles aussi, avoir à subir les aléa de la vie de tous les jours. Ça nous les rend un peu plus proches, un peu plus humains, un peu plus comme nous. Le traitement de l'information est intéressant. Ici, il n'est question ni de "chauffard" ni de "vitesse excessive". Si l'articulet use bien d'une légère ironie, il ne fait que relater les faits sans rien suggérer. S'il pouvait en être ainsi dans tous les cas !
Ah oui, un dernier point. Cette affaire est survenue samedi dernier, il y a une semaine. J'en ai entendu parler mercredi pour la première fois. Ce n'est pas très important mais c'est juste histoire de dire que ce n'est pas à proprement parler une informations récente, quoi.

08A

samedi 23 décembre 2017

Le courage en politique

En politique, le courage c'est prendre des décisions que l'on sait ne pas être populaires. Un bon exemple nous est donné avec ce possible projet de limiter la vitesse sur les routes à deux voies à 80km/h au lieu de 90 km/h. Certains usagers de la route hurlent et se lamentent de cette agression qui leur est faite, à cette atteinte intolérable à leur liberté de rouler à 90 km/h.
L'argument principal mis en avant par les partisans de cette baisse de la vitesse autorisée est qu'elle permettrait d'épargner quelques morts. A mon sens, l'argument est recevable. En effet, il me semble que, du point de vue de la sécurité routière, une vitesse moindre limite la gravité des accidents de la route. Pas tous, c'est certain, mais quelques uns, c'est sûr. Par exemple, la physique nous l'enseigne, la distance de freinage est moindre si l'on roule à une allure réduite. Plus on roule vite et plus on devrait mettre une plus grande distance avec le véhicule qui nous précède. Or, le respect de ces distances de sécurité sont mises à mal par bon nombre de conducteur·e·s. En cas de brouillard, il peut être difficile de respecter cette distance de sécurité pour la simple raison que l'on aperçoit tard le véhicule devant nous. Il en va de même par temps de pluie. Il est à noter que dans ces deux cas, la vitesse est déjà limitée par le code de la route à 80 km/h.
En adoptant une vitesse plus réduite, on écarte aussi le risque d'être emporté vers l'extérieur de la route lorsque l'on a à tourner. Là aussi, la physique peut nous éclairer sur les forces mises en jeu et particulièrement sur l'importance de la force centripète qui, lorsqu'elle cesse, envoie un corps en dehors de son mouvement de rotation tout droit dans le décor. Conduire plus lentement est un gage de sécurité.
On sait aussi que plus on roule vite et plus le champ de vision se rétrécit. Ainsi, plus la vitesse est haute et plus on se concentre sur ce qu'il y a juste devant. Respecter une allure réduite garantit donc d'être plus à même de percevoir un véhicule arrivant transversalement, un piéton s'apprêtant à traverser, un animal ou tout autre événement inattendu.


Mais cette baisse de la vitesse autorisée permettrait aussi une baisse de la pollution liée aux moteurs à combustion interne par le simple fait qu'un moteur consomme moins à régime réduit. Moins de pollution atmosphérique mais aussi moins de pollution sonore et moins d'impact sur le revêtement de la chaussée. Rouler moins vite, c'est donc aussi faire moins de mal à notre environnement.
Rouler moins vite, c'est moins de fatigue. Sur un trajet quotidien, cela n'aurait pas beaucoup d'effet mais sur un parcours de plusieurs centaines de kilomètres, il en va autrement. Si, pour faire simple, on peut parcourir 500 km en cinq heures en roulant à la vitesse constante de 100 km/h, on en parcourra que 400 en roulant à 80 km/h. Pour les cent kilomètres restant à couvrir, il faudra encore une heure et quinze minutes. Vu ainsi, on peut penser que l'on sera plus fatigué après six heures et quart de route qu'après seulement cinq. Mais est-ce si sûr ? Rouler moins vite, c'est être plus détendu et accumuler moins de fatigue nerveuse. Et puis, peut-être est-ce aussi une bonne occasion de revoir ses habitudes. Partir un peu plus tôt, arriver un peu plus tard, s'arrêter pour boire un café et en profiter pour découvrir un marché local, accepter de voyager et de faire un crochet pour visiter ou du moins voir un château ou un beau paysage ? Rouler moins vite et s'arrêter pour un repas pris en prenant son temps dans un sympathique restaurant en dehors de toute autoroute ? On mettra peut-être dix heures au lieu de cinq mais on profitera de ces heures d'une autre manière !
Il n'y a pas si longtemps, les autoroutes n'étaient pas si nombreuses et les véhicules pas si puissants. Je me souviens d'un temps où l'on n'imaginait même pas pouvoir rouler à 80 km/h bien longtemps. Une côte et la vitesse chutait. Les poids-lourds peinaient à grimper les raidillons et plafonnaient à 70 ou 80 km/h sur le plat. Chaque voyage était alors une petite aventure émaillée de pauses plus ou moins longues dans des petits villages que l'on ne traverse même plus aujourd'hui.
Et puis, pour les gens vraiment pressés, la route n'est certainement pas la meilleure des solutions. Il y a le train, par exemple. D'accord, il ne va pas partout et, trop souvent, on met plus de temps pour aller d'un point à un autre avec le train qu'en cyclomoteur. Mais bon, il y a aussi des cas où le train est une solution.

Pour moi qui ne respecte pas les limitations de vitesse avec constance, cette baisse de la vitesse autorisée sur les routes à double sens et à deux voies ne me perturbe pas trop. Dans mes trajets les plus courants, il m'arrive de préférer aux "grands axes" les petites routes où je sais ne pas trouver de radar. Alors, je peux m'amuser à avoir l'impression de rouler vite en ayant parfois du mal à atteindre ces 80 km/h. Sur la route départementale 6089 (ancienne RN89) qui passe en bas de chez moi, il m'arrive bien trop souvent de ne jamais réussir longtemps à rouler à 90 km/h tant il existe d'autres usagers qui se traînent sans raison apparente. Il m'arrive aussi de dépasser allègrement la vitesse limitée pour dépasser un véhicule trop lent à mon goût. Alors, oui, je ne pense pas à la planète et à la pollution, je ne pense pas à la sécurité routière ou à je ne sais pas quoi. Par contre, je pense au radar qui pourrait être caché quelque part et aux points de mon permis.
Il n'est pas impossible qu'il soit plus intelligent de rouler lentement. Ce n'est pas facile de s'efforcer à être intelligent 24H/24 ! Sur un trajet Azerat-Périgueux, je peux espérer quoi ? Gagner quelques minutes ? La belle affaire !

jeudi 21 décembre 2017

Sauver des vies mais pas trop vite

chi va piano

samedi 16 décembre 2017

Contre les criminels de la route

La chasse au délinquant est ouverte

vendredi 4 août 2017

Trop de morts sur les routes de Dordogne

21 morts sur les routes de Dordogne depuis le 1er janvier

Le journal Sud-Ouest est prompt à colporter la mauvaise nouvelle chaque fois qu'elle survient et particulièrement lorsqu'il est question d'accident routier. Cela peut s'expliquer pour partie par l'accident de Jean-François Lemoine, président du directoire du groupe de presse, qui le laissa tétraplégique en 1991. Dès lors, le quotidien œuvre en faveur de la sécurité routière et d'éveiller les esprits à elle.

Peut-être aussi ce titre aime à relater chaque accident de la route, qu'il y ait blessé ou pas, parce que ça permet de pondre du titre qui fait vendre. Mais c'est un procès d'intention et j'en suis bien conscient.

Lutter contre la délinquance routière, tenter de tout mettre en action pour que nos routes soient plus sûres et moins meurtrières, c'est certainement très bien. Honnêtement, on ne peut pas souhaiter toujours plus d'accidents, de blessés, de morts, de handicapés. Et dans le même temps, nous savons bien que pour atteindre le Graal du zéro mort, il faudra commencer par supprimer les conducteurs, interdire le traffic routier. Le vocabulaire est important. Pour frapper l'opinion et aussi pour justifier les mesures prises au nom de la sécurité routière, on parle de "criminalité" de "délinquance", de "violence" et j'en passe. Certes, des comportements sont à dénoncer. Evidemment, on ne peut pas jouer au jeu de la situation particulière dont se servent certains. Il n'y avait personne sur l'autoroute, je ne mettais la vie de personne en danger ou Je suis un excellent conducteur, je n'ai pas eu le moindre accident depuis plus de vingt ans. Mais bon, l'usager de la route a trop souvent le sentiment que l'on cherche avant tout à le verbaliser pour remplir les caisses de l'État. Le radar qui flashe alors que, franchement, l'endroit où il est placé est remarquable avant tout par sa capacité à faire du chiffre, nous en connaissons tous. Les limitations de vitesse sont parfois décidées d'une façon tout à fait arbitraire et sans que l'on comprenne ce qui peut justifier que l'on doive ici rouler moins vite que là.

Enfin tout ça juste parce que j'ai eu l'idée de faire un dessin à propos de ce champignon sur lequel on a parfois tendance à appuyer un peu fort.

Sécurité routière et champignon

dimanche 28 mai 2017

Nazis from outer space

Point Godwin

jeudi 19 janvier 2017

Et les gants c'est élégant

Prenons des gants

lundi 11 juillet 2016

L'usage du deux roues mécanisé et la sécurité bien maîtrisée

Deux roues et sécurité

mercredi 30 mars 2016

Scoot' terre

On m'a récemment raconté cette anecdote.

La personne concernée par cette sale affaire réside dans une grande ville française. Pour préserver son anonymat, je ne dirai pas laquelle. Pour ses déplacements quotidiens, elle a choisi d'utiliser un scooter dont je ne vous révèlerai pas la marque par discrétion. Il se trouve qu'un jour, je ne vous dévoilerai pas lequel, pour une raison qui ne regarde qu'elle (la personne, pas la raison), cette personne avait consommé de l'alcool. Je garde sous silence quel alcool et quelle quantité non pas par souci de protéger la vie privée de cette personne anonyme qui vit en un lieu tu mais tout simplement parce que l'on ne m'en a rien dit. Dûment casqué, la personne dont il est question part s'aventurer à l'assaut des rues de cette cité et, voyez comment les objets peuvent se révéler fourbes, à la faveur d'une chaussée glissante, d'une flaque d'huile ou de gas-oil, d'une plaque d'égout traître, peut-être, voilà que la roue avant se dérobe sournoisement entraînant la chute de la machine (n'insistez pas, j'ignore la marque) et de son/sa conducteur/trice (en fait, pour cela j'ai l'information). Par malheur, mais c'est ce qui donne du piquant à l'histoire, un fourgon de police plein de fonctionnaires vient à rouler en sens inverse juste à ce moment et juste à cet endroit. Notez qu'il aurait aussi bien pu circuler ailleurs en un autre temps et qu'alors l'affaire aurait eu un tout autre intérêt. Le scooter dérape, tombe, glisse et s'en va percuter le fourgon policier. C'est un manque de chance certain.

Et alors, je me suis dit que je pourrais sans nul doute tirer un dessin sans prétention de cette petite aventure du quotidien. J'en ai même fait deux.

Le Neg'ita donne des ailes, Angèle

Rencontre scooteriste - police

lundi 1 février 2016

Le nez sur la ligne

C'est aujourd'hui que l'on expérimente le remontage de files par les motards. C'est dans quelques régions dont l'Aquitaine qui nous est si chère, à nous autres, personnes qui avons la chance d'être là plutôt que d'être à l'étranger. Et donc, les motards peuvent en toute impunité se faufiler entre les files de véhicules, sous certaines dispositions toutefois. Je doute que la mesure concerne les environs de Azerat. Les files y sont rares.
Il m'est arrivé de parler de cette pratique avec des confrères automobilistes et ils ont été nombreux à se prononcer contre elle, souvent parce qu'ils affirmaient avoir été effrayés par ces motos les doublant à vive vitesse et en actionnant leur avertisseur sonore à l'occasion. J'ai tenté de leur faire reconnaître que l'impression de vitesse était relative, relative à leur vitesse à eux, bien sûr. C'est le différentiel qui est en cause. Bon, rien à faire, ils n'aiment pas cela. De mon côté, et bien que je ne sois pas très concerné (en qualité d'automobiliste, hein !), je ne vois rien à redire à ce qu'un véhicule qui peut le faire se faufile pour remonter ces files de véhicules à l'arrêt ou évoluant à faible vitesse. Sauf lorsque l'on embarque mon rétroviseur au passage, bien sûr !

Les files remontées par les motards

jeudi 10 septembre 2015

On meurt toujours sur nos routes

Les chiffres sont tombés et ils sont mauvais. Pour les 31 jours de ce mois d'août dernier, ce sont 335 personnes qui sont mortes dans un accident de la route. Les chiffres du mois de juillet étaient déjà catastrophiques.
Naturellement invitée pour le journal de la mi-journée de France Inter, la célébrissime présidente que vous savez a accusé une fois de plus les vitesses excessives et réclamé la baisse de la vitesse autorisée sur les routes à double sens de circulation à 80 km/h ainsi qu'une hausse des contrôles. Bon. Selon les lois de la physique, il est bien possible que l'on meure moins en roulant à une allure plus modérée. Une collision à plus faible vitesse doit en effet avoir moins de conséquences funestes. De là à prétendre que l'on sort indemne d'un accident à 80 km/h, c'est comme croire au père Noël. Du reste et pour être honnête, notre championne du monde de lutte contre la délinquance routière ne le prétend pas. Mais alors, pourquoi 80 km/h plutôt que 70 ou 50 ? Je n'ai pas la réponse mais je présume qu'il serait question de descendre la vitesse autorisée par paliers.
En cherchant un peu rapidement sur Internet, je n'ai pas trouvé d'informations quant à circulation sur nos routes pour ces mois de juillet et août. Par contre, j'ai entendu que, en raison du beau temps, on avait beaucoup plus circulé que sur la même période de l'année dernière. Alors, sans que cela n'excuse rien, j'aimerais assez que l'on me donne des chiffres mis en relation avec le nombre de véhicules en circulation. Et tant que l'on en est aux statistiques parlantes, j'aimerais aussi assez avoir celles qui concernent la vitesse estimée lors de ces accidents mortels.
Que la vitesse soit un facteur aggravant dans le cas d'un accident, je pense que c'est indéniable. Sans rien y connaître, mon bon sens me dit que c'est probable. Mais dans quelle proportion la vitesse peut-elle être jugée seule responsable d'un accident ? En jouant la carte de la logique par l'absurde, on peut avancer qu'un véhicule à l'arrêt est moins susceptible de s'écraser contre un obstacle qu'un même véhicule en mouvement. Outre le fait qu'un véhicule qui n'est pas en mouvement ne peut raisonnablement pas être considéré comme un véhicule, bien entendu.
Serait-il possible d'imaginer, dans l'avenir, le "zéro mort" ? Apparemment, oui. Si l'on tient compte des travaux sur l'automobile sans chauffeur, peut-être ne mourrons-nous plus sur les routes dans les décennies à venir. Bien sûr, ce sera au prix de concessions (pas à perpétuité, celles-là). Par exemple, l'automobile refusera sans doute de s'aventurer sur une route verglacée. Et que se passera-t-il, alors ? Que se passera-t-il si vous vous retrouvez coincé loin de chez vous dans une automobile qui refuse de rouler parce que la route est jugée dangereuse ? Imaginons qu'il n'y ait absolument plus aucun moyen pour l'automobiliste de prendre les commandes du véhicule. On fait quoi ? On descend et on prend son mal en patience ? La voiture pilotée par un ordinateur, c'est envisageable, c'est déjà fait. Ça me semble assez inconcevable pour les deux roues. Faut-il les interdire ?
Et puis, il existe tellement de facteurs qui peuvent entrer en jeu dans ces histoires que non, on ne peut pas espérer qu'il n'y ait plus de morts du tout sur les routes. Une défaillance mécanique ou un rocher qui se détache d'une paroi et ça peut en être fini. Je ne parle même pas du bug informatique.
Pour améliorer la sécurité routière et diminuer le nombre d'accidents, il y aurait aussi, bien sûr, l'amélioration du réseau routier. D'accord, ça demanderait un budget colossal. On peut aussi envisager d'interdire de rouler dans des véhicules trop anciens ou trop peu entretenus. Puisque l'on le fait déjà sur les autocars, on pourrait rendre obligatoire un système de contrôle de l'alcoolémie. Et aussi un système de brouillage des ondes pour les téléphones. Il ne serait sans doute pas très difficile de brider la vitesse, de mettre des radars pour empêcher de suivre un véhicule de trop près ou de franchir une ligne blanche. Après, on peut aussi multiplier les contrôles de vitesse, alourdir les sanctions, rendre obligatoire un contrôle médical et une formation continue. Les idées ne manquent pas !

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vendredi 31 juillet 2015

Permis de délit-rer

Les journalistes, faut pas leur en demander plus que ce qu'ils peuvent. Ils aiment le sensationnel, c'est leur fond de commerce. On ne peut pas leur en vouloir puisque nous sommes comme eux et que ce que l'on attend, c'est justement du sensationnel. Là où on peut trouver à y redire, toutefois, c'est quand le journaliste cherche à créer du sensationnel là où il n'y a pas matière à.
L'information est tombée dans ma meilleure oreille hier soir. J'écoutais France Inter et j'ai entendu que Christiane Taubira, ci-devant garde des Sceaux, prévoirait de sortir de la liste des délits le fait de rouler sans permis de conduire ou sans assurance, l'infraction ne serait plus passible que d'une contravention de 500 euros.
Comme de bien entendu, les journalistes n'ont gardé qu'un os à ronger. Le défaut d'assurance, c'est moins vendeur que l'absence de permis de conduire. Ils ne parleront donc que de ce second point. Et ce matin, Christiane Taubira était invitée par la rédaction de France Inter et interrogée par un Pierre Weill en pleine forme. Avant de poursuivre, je tiens à noter que je déteste Pierre Weill. Vraiment beaucoup. Par contre, j'aime plutôt bien Christiane Taubira. J'ai l'impression que cette femme est sincère et honnête et ce ne sont pas des qualités que l'on rencontre chez tous les politiques, même pas chez ceux de gauche. Christiane Taubira, je l'aime bien aussi pour une autre raison, c'est qu'elle ne cherche pas à plaire à tout le monde et qu'elle n'est pas adepte, semble-t-il, de la langue de bois. Et aussi, Mme Taubira ne semble pas porter Pierre Weill dans son cœur et ce n'est pas pour me déplaire.
De son inimitable ton de parfait faux-cul qui se veut malin et subtil, le Pierre Weill cherchait à faire tomber la garde des Sceaux dans un piège grossier. Il cherchait à placer la question du délit de défaut de permis de conduire sur le terrain de la sécurité routière. Pas à un moment il n'a abordé le fond de la question. Et pourtant, il y aurait eu à dire sur ce sujet !
Déjà, selon moi, il est nettement plus dangereux pour la société de rouler sans assurance que sans permis. A la limite, j'irais bien jusqu'à affirmer que la détention d'un permis de conduire n'implique pas le moins du monde que l'on sait conduire. J'ai connu des tas de personnes (des mâles pour la plupart) qui ont eu leur permis à l'armée durant le service national. C'est sciemment que je dis qu'elles ont "eu" leur permis parce que l'on ne peut pas prétendre qu'elles l'auraient passé. J'ai eu l'occasion d'expérimenter l'épreuve du permis de conduire à l'armée. J'étais trouffion de seconde classe (parce qu'il n'en existait pas de troisième, je suppose) et on m'a donné le permis de conduire les poids-lourds. Alors voilà comment cela s'est passé. Après une vérification des organes de sécurité et de signalisation du camion, un SIMCA cargo, après m'être assuré que les roues étaient toutes présentes et que les pneumatiques n'étaient pas à plat, après avoir purgé les bouteilles d'air et avoir démarré le camion, j'ai eu à me promener en deuxième vitesse sur un circuit agrémenté de carrefours, de panneaux routiers et de lignes médianes. L'inspecteur me regardait évoluer de loin. J'ai fait le parcours que l'on m'avait demandé d'effectuer et je suis revenu me garer. Là, on m'a demandé de faire une marche arrière en ligne droite sur à peu près la longueur du véhicule et j'ai eu le permis. Je ne suis pas sûr qu'il y ait eu un seul candidat qui ait échoué. Si je ne m'étais pas fait réformé, j'aurais sans doute pu faire valider mon permis poids-lourds dans le civil et, aujourd'hui, j'aurais peut-être un vrai métier. Je serais chauffeur-routier assermenté.
Conduire, ce n'est pas seulement manœuvrer un véhicule. J'ai conduit des tas de véhicules et parfois sans avoir le permis exigé pour la catégorie concernée. Je ne dis pas que je suis un "bon" conducteur mais je dis que le permis de conduire n'est pas la garantie d'en être un. Par contre, conduire sans assurance, ça pose plus de problème pour la société, il me semble. Personne n'est à l'abri d'un accident. S'il ne s'agit que d'un petit accrochage, ce n'est pas trop grave mais si les dégâts sont plus importants et qu'il y a un blessé, là ça devient une autre histoire. Bien sûr, rouler sans permis de conduire c'est aussi rouler sans assurance. L'inverse n'est pas vrai. On peut avoir son permis et être dans une situation où l'on est pas assuré. Tout simplement parce que l'on n'a pas les moyens financiers de l'être, souvent.
Aujourd'hui, je suppose que beaucoup des personnes qui roulent sans permis le font parce que le permis leur a été retiré. Du coup, on ne peut même plus prétendre que ces personnes ne savent pas conduire. Peut-être conduisent-elles mal, peut-être roulent-elles trop vite. Peut-être roulent-elles bourré ? Le fait est que pour retirer le permis à quelqu'un, il faut que ce quelqu'un l'ait. Et donc, une fois que le permis a été retiré, et même si c'est mal, on peut avoir la tentation de continuer à conduire pour, par exemple, aller au boulot. Conduire sans permis, c'est actuellement un délit passible de prison. La proposition de la ministre est de substituer une amende à la prison, pour la première fois. S'il y a récidive, on revient au principe du délit.
Evidemment, les diverses association de "sécurité routière" n'ont pas tardé à "monter au créneau" et sont "vent debout". A tel point que l'on apprend que Mme Taubira serait prête à revenir sur son projet. J'aime beaucoup les associations qui œuvrent pour que nos routes soient plus sûres. Aussi vrai qu'il est vrai qu'avec la peine de mort on était sûr que le raccourci ne recommencera pas, ces associations doivent penser que si l'on met en prison la personne qui a conduit sans permis, elle ne recommencera pas son ignoble forfait le temps qu'elle passera derrière les barreaux. Que cette personne ait perdu son permis parce qu'elle a cumulé la perte de points pour des "petites" infractions importe peu.
Ce matin, j'ai eu envie de faire un dessin sur ce sujet. Je n'ai pas trouvé l'idée et j'ai fait un truc qui ne veut rien dire. Ce qui est marrant, c'est que c'est maintenant que je pense avoir trouvé quelque chose. Je vais essayer de faire un autre dessin. En attendant et sans garantir qu'il y aura autre chose, voilà le dessin du moment.

permis délit
Un autre dessin, pas vraiment meilleur, finalement.

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lundi 13 juillet 2015

Café racé

Un sujet qui risque de ne pas plaire à tous. Hier, j'ai eu l'occasion de voir et entendre une machine "spéciale" que l'on ne risque pas de voir à tous les coins de rue. Dire qu'elle me plaît ou qu'elle m'intéresse serait très exagéré. Cependant, il me semble que l'on ne peut pas totalement être insensible à la chose, que ce soit pour l'admirer ou la rejeter.

Bon. Déjà, que les choses soient claires, cette moto ne s'adresse pas à tout le monde. Pour espérer l'avoir, il faut un compte en banque bien approvisionné. Le ticket d'entrée (comme on dit) est de l'ordre des 50000 euros. Ça n'en fait pas la moto la plus chère du monde mais ça sait tout de même éloigner la majorité des pauvres. Ensuite, quand bien même vous décidiez de casser votre cochon pour vous offrir ce jouet, vous ne pourriez pas l'utiliser pour vos déplacements quotidiens. Elle n'est en effet homologuée que pour une utilisation sur circuit.
C'est une Kawasaki Ninja H2R. C'est beau ou c'est moche et je me fous d'avoir votre avis sur la question. Dès lors que l'on cherche à concevoir un engin capable de plus de 350 km/h, il faut tenir compte d'autres contingences que celle dictées par la seule apparence. C'est qu'il ne faut pas que ça s'envole trop à la première accélération, ce truc ! Alors, il faut faire avec les nécessités imposées par la physique. Il doit y avoir un peu de calculs et de tests en soufflerie, j'imagine. Le moteur, un quatre cylindres en ligne de 998cc, développe quelque chose dans les 320 chevaux. Ce n'est pas rien. Pour arriver à cela, le moulin est aidé par un compresseur. Voilà. Je n'ai pas grand chose à ajouter à propos de ce truc.

Je l'ai entendue tourner et accélérer. Ça produit un son assez impressionnant. Grave et plein. On sent qu'il y a de la puissance. Ça accélère bien, c'est sûr. La question de savoir à qui s'adresse le machin ne se pose pas vraiment. Forcément, ça s'adresse à des personnes raisonnablement fortunées, amoureuses de belles mécaniques exceptionnelles et exclusives. Je n'ai aucune idée du nombre de machines qui seront vendues en France. Je suppose qu'une partie de ce lot se retrouvera dans des collections particulières. C'est une belle vitrine technologique. Ce n'est pas une moto de compétition, ce n'est pas simplement une moto, finalement. C'est plutôt une sorte d'œuvre d'art industrielle.
Ce qui est intéressant, c'est que l'on ne peut même pas déblatérer sur cette machine en disant qu'elle est laide ou qu'elle ne sert à rien ou que l'on ne voudrait pas ou je ne sais quoi encore. Il n'y a aucun argument recevable à entendre pour aller contre cette Kawasaki. Aucun.

Kawasaki Ninja H2R

Alors que je perds mon temps à m'user les yeux sur des photos de motos plus ou moins anciennes, je trouve cette nouvelle vue de la moto qui nous occupe sur laquelle l'on voit bien un rétroviseur. Si cette moto n'est pas homologuée pour la route, met avis que, chez Kawasaki-ki, on a déjà une machine largement inspirée par celle-ci à refourguer aux concessionnaires. Bien moins chère, bien moins puissante et bien plus accessible aussi. Les points n'ont pas fini de s'envoler !

Kawasaki Ninja H2R

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