jeudi 29 novembre 2018

Faire voyager une Citroën 2cv par la Poste

On me dira que ce n'est pas chose possible. On dira qu'une 2cv ne rentre pas dans une boîte à lettres et que, quand bien même, elle dépasserait largement les limites de poids et de taille imposées par la Poste. Et ce "on" n'aurait pas tort de dire tout cela sauf que, moi, j'arrive à envoyer une 2cv par la Poste grâce à une petite astuce toute simple.

vendredi 23 novembre 2018

Palombes d'un doute

S'ils sont majoritaires, il n'y a pas que des salopards dans le genre humain. Quoi de mieux pour contrer les misanthropes et les fâcheux que de vous narrer un cas exemplaire ? Car oui, ne vous en déplaise, j'ai la chance de connaître de bonnes gens, des êtres humains pour qui les termes de gentillesse, de bonté, d'altruisme, ne sont pas galvaudés.
Récemment, je m'ouvrais à ces personnes des difficultés rencontrées pour se nourrir lorsque l'on a un maigre budget grandement amoindri par les nécessaires acquisitions de whiskies écossais hors de prix, de grands crus bordelais et de conséquents cigares de la Havane. Sans trop me plaindre, je disais ce quotidien constitué de pâtes et d'eau du robinet, je disais l'évitement des devantures trop alléchantes des pâtisseries, boucheries et charcuteries, des épiceries et marchands de fruits et légumes, sources de dépit et d'envies insatisfaites, je disais ce refus des livres de cuisine aux textes et illustrations insupportables pour qui s'en va au lit la queue basse et le ventre vide trop souvent. Les temps sont durs pour un pauvre hère tel que vous me voyez.
Ces personnes avaient par devant elles deux oiseaux chassés par une de leurs connaissances, des palombes. Les palombes, j'en avais entendu parler, comme les poulets ou le saucisson à l'ail, et je pensais que cela tenait de la légende, que cela ne pouvait exister ailleurs qu'au paradis qui accueillera les bons et les miséreux pour une vie meilleure faite de prière et de dévotion dans l'amour de dieu. Et ces personnes, bénies soient-elles, émues par mon malheur, touchées par ma triste condition, dans un geste gratuit (je n'aurais pas eu les moyens sinon) m'offrent deux palombes. Plumées et vidées. Charge à moi de les préparer.

Je me retrouve en mon étroit logis avec ces deux oiseaux et je me gratte le sommet de la tête. Que vais-je en faire ? Comment les préparer ? Quelle recette ? Je demande et me renseigne par-ci par-là et ça m'ennuie. On me conseille ceci, on me dit que c'est mieux comme ça. Non mais oh ! Après tout, j'ai le droit de donner mon point de vue sur la question, non ? Je vais faire à mon idée. Et voilà ce que cela donne.
J'ai d'abord coupé les oiseaux en deux dans le sens de la longueur avec un bon gros couteau bien solide. Ça a fait tchak ! et tchak ! et j'avais quatre morceaux. Dans une cocotte en fonte, j'ai fait fondre de la graisse de canard et j'ai fait revenir ces moitiés de palombe jusqu'à ce qu'elles soient bien colorés. J'ai fait flamber avec un peu d'alcool de prune. J'aurais voulu de l'armagnac mais je n'ai pas retrouvé la bouteille.
J'ai enlevé les palombes et j'ai mis à blondir deux échalotes et un oignon auxquels j'ai ajouté deux gousses d'ail écrasées et détaillées en éclats. J'ai coupé une belle tranche de jambon de cul noir du Périgord et en ai tiré des dés pas trop petits. Je les ai glissés dans la cocotte et ai remué. Un peu de sel, beaucoup de poivre et une légère pluie de farine de froment est venue recouvrir le contenu. J'ai mélangé l'ensemble d'une cuillère de bois bien vive. Les palombes sont revenues dans la cocotte et j'ai couvert à moitié de vin de Bergerac. J'ai attendu un instant que les vapeurs d'alcool s'échappent en remuant souvent et j'ai couvert, baissé le feu et laissé mijoter pour un peu plus d'une heure. Une demi-heure avant de déguster, j'ai ajouté des pommes de terre de belle qualité coupées en deux.
A l'heure de me mettre à table après le bénédicité, je peux vous assurer que je me suis bien régalé. J'ai bu un peu de ce même vin de Bergerac pour accompagner le plat.

Palombe à ma manière


PS J'avais oublié de préciser que j'ai aussi mis une belle carotte et du vert de poireau coupé très fin. Un délice, je vous dis !

samedi 10 novembre 2018

Sportive Traction

Traction avant Citroën de sport
Traction avant Citroën de course

dimanche 4 novembre 2018

Quarts de rouge quart de siècle

C'est un mystère. Une bouteille pleine chez moi ? Normalement, ça ne dure jamais très longtemps. Souvent, j'ai soif, j'ai le gosier avide. Comment cette bouteille a-t-elle pu rester intacte si longtemps ? Je ne me l'explique pas. Vingt cinq ans que le raisin a été cueilli, qu'il a été foulé et pressé, que son jus a commencé à fermenter. Vingt cinq ans ! Un quart de siècle. 1993 !
1993, c'est une année qui m'a marqué pour plusieurs raisons et pas que des bonnes. J'ai plein de souvenirs dans la tête de cette année là mais aucun de cette bouteille. Ce vin a vingt cinq ans et maintenant il est temps de se demander si c'est encore buvable. La meilleure méthode pour s'en assurer, c'est de trouver un tire-bouchon et d'ouvrir puis de goûter. Je vais pas le faire ce matin. Déjà, ça pourrait laisser penser que je suis un buveur invétéré. Et puis, honnêtement, j'ai plutôt envie de me refaire du café, pour tout dire.
C'est du Madiran. Il y a des vins qui vieillissent plus mal que ça. Peut-être il y a une chance pour que ce soit encore du domaine du buvable. Je connais un type, à Périgueux, qui se fait une spécialité de rachat de caves. Il achète des lots de bouteilles et après, avec des amis, il les boit. Il m'a raconté avoir bu un Graves de 1913 et qu'il était bon. Admettons. Connaissant le bonhomme et quelques uns de ses amis, je doute un peu qu'il soit en mesure de goûter les qualités d'un vin.
L'affaire, avec une bouteille de vin un peu vieille, c'est qu'il n'y a aucune certitude. Moi, je ne sais pas dire, comme ça, en regardant la bouteille, si ce qu'elle contient est bon ou mauvais. Bien sûr, si le vin est décomposé, je ne me fais pas d'illusion. Là, il y a quelques signes qui laissent penser que ça peut valoir le coup de tenter l'aventure. Le niveau n'a pas trop baissé, l'aspect semble "normal". Au pire, ça finira dans l'évier.
Pour voir, j'ai recherché ce que l'on dit de ce domaine Mouréou. Apparemment, ce n'est pas de la piquette. Ce que je pense faire, c'est de trouver du confit de canard. J'éplucherai quelques pommes de terre que je ferai cuire dans de la graisse de canard et que je parfumerai avec un peu de persil et d'ail. Alors, j'essaierai ce vin. Deux cas : ou il est buvable et ça ne gâchera rien ou il est mauvais et il restera le canard et les pommes de terre. Je vous raconterai sans doute dans les prochains jours.

madiran-moureon.jpg

mardi 30 octobre 2018

Pour le Québec

Hier, je n'ai pas franchement réussi à dessiner. C'est qu'il faisait un peu trop froid, je dois dire. Aujourd'hui, ça va mieux. J'utilise une bonne partie de la matinée à répondre à la demande d'un client qui voulait une nouvelle fonctionnalité sur son site Internet. Il espérait que ça allait être une intervention gratuite, je lui ai fait comprendre qu'il n'allait pas en être question. Après tout, faut bien aussi que je pense de temps à autres à me faire payer.
Avec Ha! Ha! Ha! Éditions, nous avons vendu deux des derniers exemplaires de la "Serpette", un petit livre formidable. Il nous a été demandé de les dédicacer. J'aime bien faire des petits dessins de dédicace. Il faut d'abord trouver un semblant d'idée et ce n'est pas toujours simple. Des deux livres commandés, l'un est pour un couple québécois. C'est facile de trouver des idées en lien avec le Québec. Surtout si, comme moi, on n'hésite pas un instant à tutoyer les poncifs et les idées reçues. Et donc, un bûcheron québécois, un !

dimanche 28 octobre 2018

La Motobécane du dimanche du changement d'heure

dimanche 14 octobre 2018

La charentaise foulée au pied

Les Charentaises ont attrapé le scorbut

jeudi 11 octobre 2018

Trouver chaussure à son pied

En 2008, l'ignoble Sarkozy a traversé la rue pour aller de la place Beauvau au Palais de l'Elysée. Pendant ce temps, à l'ouest de Périgueux, en Dordogne, une entreprise est en train de vivre ses derniers jours. Cette manufacture de chaussures date du 19e siècle. En 1939, elle entre dans le groupe Bata. Cette fabrique de chaussures s'appelle Marbot-Bata et elle va équiper l'armée, les pompiers, la police et quelques autres administrations durant plus d'un demi siècle. Alors que le gesticulant président affirme la nécessité de préserver l'industrie française, il va permettre la mort de Marbot-Bata pour des raisons économiques.
En ces premières années des années 2000, Marbot-Bata produit quelque chose comme 300000 paires de chaussures par an et donne du travail à une petite centaine d'ouvriers. Un nouvel appel d'offre de notre armée française va permettre au principal concurrent français de Marbot-Bata d'avancer un pion et de faire un coup bas. Cette entreprise délocalise depuis quelque temps une partie de sa production en Tunisie et cela lui permet, on l'aura compris, de répondre à l'appel d'offre en proposant des prix plus avantageux.
Chez Marbot-Bata, dans la vallée de l'Isle, on se prépare au dépôt de bilan[1]. Les politiques, le préfet de l'époque sont alertés mais ça n'y fera rien, le couperet tombe, l'entreprise fermera ses portes en 2010, laissant quelque 73 personnes sans emploi. Oh ! Bien sûr ! L'État est là pour s'occuper d'elles ! Il va y avoir des propositions de formation, de reformation, de déformation. Et puis, finalement, peu ont pu se reclasser, beaucoup ont découvert les joies immenses des discussions constructives avec un conseiller Pôle Emploi débordé.

Que je vous dise. Longtemps, j'ai été chaussé aux frais de l'armée française. J'avais une combine simple. Lorsque je rencontrais un appelé du contingent sympathique, je lui proposais de remplacer une vieille paire de "rangers" contre une neuve. Ça marchait bien, ça ne me coûtait pas beaucoup. Et puis, ça a été la fin de la conscription et mon plan tombait à l'eau.
Or, j'ai rencontré une personne qui travaillait en relation avec Marbot-Bata. Là, il n'était plus question d'être chaussé gratuitement mais, au moins, pouvais-je profiter d'un tarif préférentiel. C'est à cette époque que j'ai découvert qu'il existait deux gammes de brodequins de marche[2] au sein de l'armée française. Pour les appelés et sans doute quelques autres, de la croûte de cuir bien rude, pour les gradés, du cuir pleine fleur bien plus facile à assouplir.
Dans les années qui ont suivi, j'ai usé quelques paires de chaussures. Peu avant la fin de Marbot-Bata, alors que déjà des échos noirs se faisaient entendre, j'ai acheté une ultime paire de chaussures. Je les ai toujours, neuves, dans leur emballage.
Cette paire, je n'ai pas osé l'user. Je sais, c'est parfaitement stupide. J'ai cherché à faire ressemeler la paire précédente. Je n'ai pas trouvé de cordonnier très enthousiaste. Aussi, il faut dire que je l'avais usée en profondeur, cette paire de chaussures. Un jour, tout de même, il me faudra me remettre à chercher un moyen de faire placer une nouvelle semelle sur ces fidèles rangers.
A alors commencé une longue période de disette. J'ai dû me résoudre à me chausser avec n'importe quoi, allant jusqu'à porter des chaussures de sport[3]. Je n'y croyais plus, je n'avais plus la foi. J'avais chassé de mon esprit l'idée de reporter un jours ces chaussures fantastiques, confortables comme nulles autres, solides et élégantes mieux que les mocassins à gland. C'était la misère et la tristesse.
Et puis, voilà que je vois apparaître une annonce sur "leboncoin.fr". A deux pas[4], quelqu'un vend une paire de chaussures de chez Marbot ! Ah ! Ce n'est pas le modèle que j'affectionne, c'est un modèle plus évolué, avec un habillage en Gore-Tex©, le fleuron de la gamme ! Je n'ai pas remis la main sur le tarif de l'époque mais il me semble qu'il en coûtait quelque chose comme 200 euros. Celles-ci sont vendues 20 euros. Ça sent soit la bonne affaire soit la petite arnaque. J'entre en contact avec le vendeur, nous nous donnons rendez-vous. J'arrive avec mon billet de vingt euros en poche au domicile du vendeur. Celui-ci me présente les chaussures. Il me dit ne les avoir portées qu'une fois, ça ne lui convient pas. Pour le coup, hormis un cuir un peu râpé sur l'un des deux brodequins, ils semblent effectivement absolument neufs. Le cuir est encore bien rigide, il n'y a pas trace de plis. J'achète !

Il ne faut pas se mentir. Au départ, le port de ces chaussures est plutôt douloureux. Pour tout vous dire, j'ai eu l'idée idiote de les mettre pour une sortie à la Rochelle. J'ai eu très mal, j'ai eu les mollets en sang. J'ai serré les dents. Je suis resté quelques jours sans les porter, le temps que ça cicatrise. Et puis, je les ai remises pour quelques heures et pour quelques heures supplémentaires. A présent, ça commence à devenir vraiment confortable. Il va sans doute falloir encore quelque semaines de port régulier.

Notes

[1] Ce qui revient à dire que c'est le contribuable français qui paiera le coût de la délocalisation, en somme

[2] c'est le vrai nom

[3] la honte !

[4] ou plutôt quelques tours de roues

dimanche 7 octobre 2018

Beau comme une pomme de terre

Pomme de terre américaine

samedi 6 octobre 2018

Cublac donne de la voix contre le Ramassis NaZional

Samedi prochain, le 13 octobre, le Ramassis NaZional sera aux portes de la Dordogne, à Cublac, Corrèze. En 2017, cette petite commune amenait la Peine au premier rang avec 25,91% des voix au premier tour. C'est, paraît-il, l'une des raisons qui auraient conduit les cadres du Ramassis d'extrême droite à vouloir organiser leur "fête du drapeau", resucée de la fête "bleu blanc rouge" du papa fasciste. Six-cents personnes, cadres du parti raciste sont attendues pour la soterie, le pince-fesse naziforme et pestilentiel.

Pollution
Jean-Marc Brut, maire de cette commune d'un peu plus de 1700 habitants explique qu'il a accepté de louer la salle polyvalente par esprit démocratique. « La démocratie s’applique partout, y compris dans notre commune. Dans ces conditions, il est difficile de dire non », explique-t-il à France Bleu Limousin. C'est bien dommage de brandir l'étendard de la démocratie en l'occurrence. Ce que les membres du Comité de citoyens indignés reprochent au maire, c'est d'avoir accepté de louer la salle municipale en n'en référant pas à l'ensemble du conseil municipal. Seuls le maire et ses adjoints sont responsables de cela.
Ce samedi, plusieurs dizaines de personnes sont venues manifester leur désaccord et dire qu'elles ne tiennent pas à voir la Peine souiller leur commune. Plusieurs prises de paroles sont venues rappeler le caractère éminemment raciste et fasciste du Ramassis NaZional. Des témoignages aussi comme le fils de ce communiste arrêté lors de la rafle effectuée le 14 mars 1944 par les SS au village de la Rochette.

La parole de NPA
Le PCF, la France Insoumise et le NPA étaient venus avec leurs banderoles et leurs sympathisants et on pouvait aussi apercevoir Mme Régine Anglard, conseillère départementale du canton de Terrasson. Quelques figures de gauche voire d'extrême gauche étaient présentes elles aussi mais on pouvait aussi croiser des anciens combattants et leurs médailles venus dire leur refus du racisme, du fascisme et de la médiocrité crasse.

Régine Anglard
Des médaillés contre le Pen
Les organisateurs tiennent à préciser qu'elles n'appellent pas à manifester le 13 octobre. Les issues à Cublac seront certainement verrouillées et gardées par les forces de l'ordre et les nervis du parti crypto-nazi. Toutefois, si jamais des personnes pouvaient ou voulaient se réunir aux alentours de 13 heures le long de la route menant de Terrasson à Cublac, ils n'y voient pas non plus d'inconvénient majeur. Qu'on se le dise !

Anticapitaliste et antifasciste

lundi 1 octobre 2018

Périvroom #3

On ne va pas non plus y passer l'année. Pour peu que la question du véhicule de collection vous intéresse, cette édition de PériVROOM valait le déplacement. Beaucoup de Bugatti, de belles automobiles d'avant la première guerre mondiale, de rugissantes monoplaces, quelques motocyclettes. Vraiment, ce n'était pas mal du tout. Je n'ai pas regretté.
Tenez, par exemple, une SIMCA Coupé de VIlle. La base est une banale Aronde et, a priori, il n'y a pas à faire étalage d'un enthousiasme particulier. Sauf que, tout de même, l'auto est jolie et qu'elle est carrossée par Facel-Véga. Ce n'est pas si courant. On m'objectera que les VLR Delahaye étaient carrossés eux aussi par Facel-Véga et que ces véhicules tous terrains n'ont pas grand chose de luxueux.

Simca Coupé de Ville
Une Renault, une Corre. Ce qui est amusant, c'est qu'il y a presque autant d'années qui séparent ces deux autos qu'il y en a entre la plus récente des deux[1] et notre époque. On peut constater qu'il y aura eu plus de bouleversements dans la conception des automobiles dans les 50 premières années que dans les 50 suivantes. Enfin à la condition d'accepter de dire n'importe quoi et de ne pas tenir compte des incroyables progrès de ces vingt dernières années qui nous mènent vers la voiture autonome, bien sûr. Par contre, je pense que l'on peut plus aisément se mettre aux commandes de la petite Renault et s'insérer dans le trafic actuel qu'au volant de la Corre.

Match Corre-Renault
Puisque l'on en est à causer de Renault, nous voyons là l'imposante automobile de 1909 qui tente de faire la course avec une Bugatti. C'est la Bugatti qui va gagner. N'empêche, il y a moins de trente ans entre ces deux automobiles. Tout de même, on reconnaîtra qu'elles n'ont pas été tout à fait conçues pour le même usage, la même destination. Dans la Renault, vous amenez famille et bagages mais vous gagnez moins souvent les courses de vitesse.

Renault contre Bugatti
Une Peugeot 402 Darl'mat et une Bugatti. On pourrait se dire qu'il n'y a guère de rapport entre ces deux marques mais ce serait méconnaître l'histoire de l'une des premières Peugeot, la Bébé Peugeot a bien été conçue, dans les années 10, par Etorre Bugatti.

Peugeot et Bugatti
La 402 est vraiment très jolie. Ça, on ne peut pas le réfuter. Elle date de 1939. Il ne resterait que quelques rares exemplaires de ce beau cabriolet. Peut-être six. Ce qui est un peu dommage, c'est que cette belle carrosserie n'ait pas eu droit à un moteur digne d'elle. Elle doit se contenter d'un "vulgaire" quatre cylindres développant entre 50 et 60 chevaux. Pas de quoi impressionner les autos plus puissantes.

Peugeot 402 Darl'mat
On reste chez Peugeot et on perd une roue avec un side-car de course. Je ne me souviens plus du modèle de la moto. C'est, me semble-t-il, un 350cc à soupapes latérales. Sans doute des années 30. On le voit mal sur la photo mais le singe prend son rôle très au sérieux. Sans doute bien incapable d'atteindre des vitesses folles, cet attelage ne fait cependant pas qu'amuser la galerie !

Side-car Peugeot
Je parlais de la collaboration entre Bugatti et Peugeot.Eh bien figurez-vous que les premières motos Norton étaient équipées d'un moteur Peugeot ! Celle que je vous présente ci-après est, c'est marqué, une Manx. C'est le modèle emblématique de la marque, celui qui nourrit les rêves les plus fous, une machine de légende. Une Manx, quoi ! Ce qui est très regrettable, c'est qu'elle n'ait pas couru.

Norton Manx
Une qui a roulé et plutôt bien, la Magnat Debon pilotée par un solide gaillard équipé de pied en cap dans l'esprit qui sied à l'exercice.

Magnat Debon
Deux Bugatti, deux âges. La plus ancienne, celle qui porte le numéro 7, est une type 13 ou "Brescia". Elle date de 1913. L'autre est une type 35 des années 20. On remarque qu'entre les deux, Bugatti adopte le radiateur en forme de fer à cheval qui sera une marque de fabrique jusqu'aux modèles actuels.

Bugatti 13 et 35

Pour être certain que ce sera bien une Bugatti qui gagnera, le mieux est encore de faire courir une Bugatti contre une Bugatti. C'est la scène que l'on pouvait voir lors de ce PériVROOM à de multiples reprises.

Bugatti contre Bugatti

Mais la surprise venait de la lutte acharnée à laquelle nous avons pu être témoins entre deux ancêtres, une Brasier et une Despine, et une puissante Caterham. Peut-être les anciennes faisaient-elles obstruction et peut-être même la Caterham remporterait-elle la course si on l'avait laissée passer. Mais tous les coups semblaient être permis.

Les ancêtres mènent la course

Spécialement pour le Liaan

Dauphine qui veut se faire voiture de course

Note

[1] la Renault

vendredi 28 septembre 2018

Périvroom #2

Des motos, disais-je. Il y en avait quelques unes, des populaires et des prestigieuses, des plus ou moins anciennes. Après l'Ariel Square Four, une AJS de course que nous n'avons pas eu le plaisir de voir courir. C'est bien dommage.

AJS
Entre 1921 et 1939, Joseph Lamy et Émile Akar construisent des petites automobiles sportives, les Amilcar. Certes, elles ne concourent pas dans la même catégorie que les puissantes Bugatti mais elles ne déméritent pas pour autant. Ce sont de vraies petites automobiles sportives, puissantes et bien conçues et fabriquées.

Amilcar
La notion d'automobile sportive a évolué au fil des années et décennies. En ces débuts de l'automobile, dans les premières années du XXe siècle, à l'époque des pionniers et alors que l'on n'a pas encore une idée bien arrêtée sur ces drôles de machines pétaradantes et fumantes, on pense déjà que l'on pourrait les utiliser pour des courses de vitesse. On comprend rapidement que l'ennemi, c'est le poids. Alors, on enlève le dispensable et on conserve les roues, le moteur, le réservoir de carburant et les sièges en plus de quelques accessoires dont un volant et des commandes placées ci et là. On obtient quelque chose comme cette Richard Brasier qui marche bien plus fort que je le pouvais penser.

Brasier 1907
Tous les constructeurs ne sont pas sportifs dans l'âme. Chez Corre, en 1905, on propose cette type G forte d'une huitaine de chevaux. Si l'on ne brille pas particulièrement en course, au moins peut-on amener, avec le sourire, toute la famille.

Rouler en Corre et toujours
Je vous parlais hier de la marque Lotus avec la Caterham. On en reparle aujourd'hui avec le modèle Elise que l'on connaît aussi sous l'appellation Speedster chez Opel mais avec un moteur différent. Cette automobile de ce troisième millénaire dans lequel nous pataugeons prouve que l'on peut être une automobile intéressante et de collection sans encore multiplier les ans.

Lotus Elise
Avant d'être absorbée par Terrot, la marque Magnat Debon produisait de bien belles motocyclettes comme cette 250cc "coursifiée" qui savait montrer de quel bois elle se chauffe lors des tours de circuit.

Magnat Debon
Notons que les marques Terrot et Magnat Debon seront rachetées par Peugeot qui supprimera ces marques au détour des années 50. Et puisque l'on évoque Peugeot, arrêtons-nous un instant sur une belle réalisation de Darl'mat sur une base de 402. Celle-ci date de 1939 et l'on ne peut s'empêcher de se dire qu'à l'époque, on avait encore une haute idée de ce qu'était une belle carrosserie.

Peugeot 402 Darl'mat

jeudi 27 septembre 2018

Périvroom #1

Assis sur le marchepied d'une antique automobile Renault, l'un des organisateurs de ces PériVROOM initiées par l'Automobile Club du Périgord "Classic" en partenariat avec la mairie de Périgueux se lamente : « Le public n'est pas là, il n'est pas venu ». Ce n'est pas tout à fait exact. Je suis là, moi, avec mon appareil photo. D'autres personnes sont là aussi, certaines avec qui je prends plaisir à discuter auto ou moto ancienne comme celui-ci qui m'explique sa carrière de pilote de speedway et ses motos, toutes des anglaises, ou cet autre qui m'annonce un événement d'importance l'an prochain pour les cent ans de la marque Citroën à Marsac-sur-l'Isle.
Toutefois, ce n'est pas non plus tout à fait faux. Le public n'est pas très nombreux. Notez, je préfère. Ça me permet de faire mes photos dans de meilleures conditions. Il n'y aurait pas eu ce brouillard persistant et ce ciel plombé de nuages bas, ça aurait été encore mieux. Le public, pour qu'il vienne, il faudrait qu'il ait des raisons de le faire. Tout le monde n'est pas attiré par les automobiles anciennes, fussent-elles de marques prestigieuses, aient-elles un intérêt historique ou un palmarès sportif. L'automobile de collection et la motocyclette ancienne ne peuvent pas être une source de passion chez tout le monde. Il faut comprendre la diversité des gens.

Une quinzaine de jours après les remarquables Vintage Days qui, elles, attirent édition après édition un public toujours plus nombreux, peut-être est-il illusoire de faire venir les foules pour une manifestation qui peut sembler plus fade et moins festive.
Ce PériVROOM commençait le samedi matin par un départ des véhicules pour un rallye Périgueux-Bergerac. Du coup, on peut comprendre qu'il n'y aurait rien à voir à Périgueux jusqu'au retour annoncé pour 18 heures 30. Au programme du dimanche était annoncée une « Commémoration du Grand Prix de Périgueux 1950 » qui ne commençait que vers 14 heures. Le matin, les curieux pouvaient admirer les véhicules au fur et à mesure de leur arrivée. Alors quoi ? Un programme pas assez alléchant ? Un souci d'organisation ? De communication ?
Ce qui me paraît certain, c'est que le grand public préfère voir des motocyclettes et des automobiles qu'il sait identifier et qui, surtout, savent réveiller les souvenirs. Présentez-lui de la 403, de la 2cv et de la Dauphine et il viendra, le grand public. Par contre, le public un peu plus exigeant ne fera peut-être pas le déplacement. La bonne recette pourrait être un subtil équilibre entre le "commun" et "l'exceptionnel".
Parce que de l'exceptionnel, il y en avait ! Et pas qu'un peu ! Pour commencer, une Ariel Square Four attelée. Ce n'est pas de la moto commune, ça. Ça ne se croise pas à chaque carrefour. Même, je peux m'avancer un peu en affirmant que c'est raisonnablement rare. C'est la première que je voie de mes yeux et pourtant, des motos, j'en ai vues.

Ariel Square Four
Celle qui suit est quasi neuve. C'est une Caterham 420S, descendante "officielle" des Lotus Seven que Colin Chapman a fait naître en 1967. En soixante ans, la "Seven" a gagné en puissance tout en conservant plus ou moins l'esprit des origines. Cette Caterham arrivait de Grande-Bretagne et on voit au sourire de ses propriétaires que le voyage a été une partie de plaisir.

Caterham 420S
On peut aussi faire un grand bond dans le passé et aller à la rencontre d'une marque aujourd'hui bien méconnue qui n'a sans doute pas été très populaire en son temps, Despine. On ne sait pas grand chose de ces automobiles. On sait que le constructeur était installé à Paris et qu'il y a donc eu au moins ce modèle équipé d'un gros moteur à quatre cylindres de quatre litres de cylindrée. Sa restauration ou refabrication a demandé 900 heures de travail. Mais pour quel résultat ! C'est une voiture de course de son époque, 1908, avec juste l'essentiel, pas de superflu. J'ai eu grand plaisir à discuter à son propos avec son pilote.

Despine 1908 4 litres
Plus récente d'une année (mais le modèle de 1905 ne diffère guère de celui-ci), une Renault A1 de 1909 bien connue des habitués de ce blog. Oui, c'est celle de M. Brou de Laurière et je l'ai déjà photographiée à plusieurs reprises. Il faut dire que je ne me lasse pas de ce monstre automobile, de sa taille colossale, de sa patine, de ses roues arrières jumelées et de son allure de vaisseau fantôme. C'est la première fois que je la voyais rouler et cela m'a plu.

Renault 1909 type A1 35cv
Presque banale tant on pouvait en voir, deux Bugatti pour terminer. Pour la première, je ne suis absolument pas certain de l'identification. Je propose que c'est une type 35 parce que je n'ai rien de mieux dans les manches mais j'ai un doute tellement énorme que j'ai le sentiment d'avoir mieux à faire que d'avancer n'importe quoi. Par exemple, je m'étonne de la position de l'allumeur qui n'est clairement pas dans le prolongement de la culasse. Un jour, il me faudra trouver un ouvrage de référence sur ces automobiles.

Bugatti type 35 - sous réserve
Par contre, celle-ci me semble bien être une type 35B à compresseur. Nous la voyons là lors de la "course" sur les allées Tourny, le dimanche après-midi. Mais d'autres images viendront, j'en ai d'autres en réserve !

Bugatti type 35B

lundi 24 septembre 2018

Aux héros de la voltige

A Rouffignac, il n'y avait pas que des montgolfières, l'aéromodélisme était aussi à l'honneur. Je ne cultive pas d'intérêt particulier pour les engins volants mais cela ne m'empêche toutefois pas de reconnaître que certains d'entre eux sont beaux, amusants, curieux, étonnants. Dans le cas de l'aéromodélisme, ce n'est pas tant les machines que leurs pilotes qui m'intéressent un peu. Je regrette un peu le manque d'imagination des constructeurs. Il serait bien amusant de concevoir des machines volantes qui ne copient pas obligatoirement des avions existants. J'ai remarqué, par exemple, que sur plusieurs modèles présents on pouvait voir un pilote dans le cockpit. D'un côté, je comprends le jeu du modèle réduit fonctionnel. On joue à vouloir faire croire, on crée l'illusion. Mais au fond, pourquoi faire ?
Par contre, donc, l'art du pilotage. Là, ça force un peu l'admiration et le respect. Ce ne doit pas être simple de faire faire des loopings, des piqués, des vols stationnaires et des tas d'autres figures à distance depuis une télécommande.
Hier, j'étais à la manifestation "Périvroom" organisée par l'Automobile Club du Périgord "Classic" en partenariat avec la mairie de Périgueux. J'ai fait le plein de photos qu'il va me falloir à présent trier et traiter. En attendant, quelques acrobaties aériennes.








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