dimanche 14 avril 2019

Par delà la mort reste la pomme de terre

Ce matin, tandis qu'un rhume scélérat m'accablait jusqu'au plus profond de mon être, je réfléchissais d'une humeur badine à la mort, à la maladie, à la souffrance et à la décrépitude. Je me disais que l'idée même de la mort, bien qu'attirante et séduisante, était tout de même un peu trop entourée de mystères divers pour une personne qui, comme moi, se pique de refuser, justement, le mystère et tout ce qu'il entraîne de charlatanisme et de croyances.
Malgré le nez qui coulait, je décidais donc d'essayer de ne pas mourir dans l'immédiat. Bien sûr, la mort aurait pu être la solution. A-t-on seulement jamais vu un mort éternuer ? Il ne me semble pas. Et quand je parle d'éternuements, je sais de quoi il en retourne. Ce matin, j'ai arrêté de compter après le huitième. J'avais la main pleine de morve, c'était dégueulasse, et je me suis traîné accompagné des explosions morveuses jusqu'au lavabo pour nettoyer les dégâts. J'avais perdu de ma superbe, je vous l'assure. M'auriez-vous vu à cet instant que vous eussiez sans doute considéré qu'il en était fini de l'insolent ascendant sur le reste du genre humain, que le phare de la pensée que je me targue d'être avait bien du plomb dans l'aile. Fort opportunément, je me cachais pour expulser des fosses nasales ces malheureuses sécrétions peu appétissantes. Cela me fait mal de devoir le reconnaître mais je n'étais pas très fier de moi et de mon corps défaillant.
Puisque j'avais écarté pour un temps l'idée de mourir, je continuais à vivre. Mais alors, il me fallait trouver une autre raison de penser. Je ne peux vivre sans penser. C'est un besoin vital, une condition sine qua non de mon existence. C'est que j'ai un cerveau bouillonnant qui est déjà réservé par la faculté qui tient à pouvoir le montrer aux jeunes étudiants pour les édifier. Ce cerveau est parfois pesant et, en ces rares moments d'effondrement que je peux connaître, je me prends à rêver d'en avoir un plus commun. Hélas, on ne commande pas à l'heure de la distribution de l'intelligence et ce n'est pas ma faute d'avoir eu droit à du rab lors de l'opération de dotation en neurones de qualité supérieure. Il est probable que d'autres aient pu s'en sentir spoliés mais qu'ils ne m'en veuillent pas, je ne suis en rien responsable de cet état de fait. Je suis désolé.
Penser à autre chose, c'était envisageable. Justement, un filet de pommes de terre était là. On ne réfléchit jamais assez au sujet de la pomme de terre, humble tubercule sans forme réelle, sans noblesse aucune. Et pourtant ! La pomme de terre est un miracle. J'illustre mon propos avec ce filet de pommes de terre photographié avec amour et déférence.


Si l'on considère trop souvent la pomme de terre comme l'aliment des masses laborieuses et populaires, si l'on ne lui prête ni qualité particulière ni intérêt notable, considérant bien à tort qu'elle est juste bonne à nourrir, à remplir la panse et à rassasier à bon compte, il ne faut pas oublier que tant de grands hommes on su l'accueillir à leur table. Nous ne citerons ici que le Général de Gaulle, Albert Einstein, Marie Curie, Pablo Picasso et Sylvie Vartan. Tous ont mangé de la pomme de terre, qui en purée, qui en frites, qui à l'eau.
La pomme de terre est frappée d'ostracisation. Les auto-proclamées élites que sont les thuriféraires de la culture biologique ne daignent pas s'abaisser à parler de la cause de la pomme de terre. Parle-t-on seulement, dans les salons, de la pomme de terre issue de la culture naturelle ? Non ! La carotte, la tomate, l'échalote ou la courgette ont droit de cité aux étals du maraîchage pour bobo écolo, pas la pomme de terre sinon à la marge, en tordant le nez et sans s'en vanter en société.
Connaissez-vous seulement une personne de ces CSP+ qui chante les louanges de la pomme de terre ? Je n'en connais pas. Ces personnes sont intarissables pour vous assommer de leurs propos débilitants à propos des "petites verrines affolantes" de Solange ou du "petit maraîcher bio" qui leur procure des fruizélégumes bios de toute beauté à la saveur incomparable ou du "petit vin" tiré d'une "petite vigne" sans intrants chimiques. Mais pour parler, en bien ou en mal, de la pomme de terre, il n'y a plus personne. C'est lamentable, c'est regrettable, c'est sot.
Est-ce que vous croyez que Macron et ses sbires s'intéressent à la pomme de terre ? Rien ne peut seulement le laisser penser et cela en dit long du mépris que ces nuisibles peuvent cultiver à l'encontre du bas peuple. La pomme de terre, ça ne fait pas assez "premier de cordée", ça ne fait que Gilet jaune, pue-la-sueur, chômeur. La start-up nation voulue par ce président de pacotille n'a que faire de la pomme de terre qu'elle ne croit pas assez moderne. Snober la pomme de terre, c'est snober le peuple de France.
Qui saura construire un programme politique autour de la question de la pomme de terre aura le soutien du peuple et c'est à cette condition que le peuple pourra prendre le pouvoir et prendre en mains son avenir.

mercredi 10 avril 2019

Un mystère sans mystère

Liaan, gentil lecteur et auteur de ce blog qui nuit (très) grave ! nous envoie un petit mot par courrier électronique accompagné d'une image.

je te joins une photo prise il y a quelques années lors de la fête à Changé. Différents artistes s'étaient installés dans le parc, dont celui-là. Que faisait-il ? Je n'en sais absolument rien. Il devait travailler avec du feu, car un extincteur est bien en vue. J'aime bien la construction de la cabane. Peut-être pourrais-tu mettre cette image sur le blog, afin de poser la question aux fidèles du blog ?

Je suis aussitôt parti faire une recherche sur Internet.

Il ne m'aura pas fallu bien longtemps pour apprendre que cette animation, ce spectacle, était née de l'imagination de la compagnie Cirkatomik et qu'il s'agit là d'une forme de cabine de photographie où l'éclairage est produit par des flammes générées par la dispersion sous pression de produits en poudre tels que le cacao devant une flamme.

On peut voir une vidéo à l'adresse suivante : vidéo de Photoflamme

lundi 8 avril 2019

Du bois qui fume

jeudi 4 avril 2019

Un clou et une ficelle

mercredi 3 avril 2019

Iris de printemps

mardi 2 avril 2019

Sur la piste du génie

Les enquêteurs Dan Ball et Ali Soue étaient partis tôt ce matin là. Ils avaient reçu pour mission de remonter la piste qui devait mener jusqu'au génie des sales pages masqué repéré à Changé, en Mayenne, là-bas, loin, aux limites du monde civilisé, en des terres inhospitalières et désolées. Ils avaient maugréé, ils avaient tenté de transiger avec leurs supérieurs mais ces derniers avaient été fermes et décidés, c'étaient à ces deux enquêteurs d'élite que revenait la difficile affaire. Il dépendait d'eux de faire toute la lumière sur celle-ci. Ils avaient pris la route pour Angoulême en prenant les petites routes dans ce petit matin qui déjà les éloignait du Périgord glorieux.
Après une halte propice à la vidange de leur vessie, les deux fins limiers reprirent la route. Ali avait pris le volant et il conduisait vite en gardant un œil vigilant pour traquer les éventuels radars. On avait quitté la Charente, on était dans le département de la Vienne, on se dirigeait vers les Pays de la Loire et le département du Maine-et-Loire, Angers. Ils y prirent un repas. Dan Ball devait y rencontrer un informateur qui rejoignit les enquêteurs alors que les cafés étaient servis. Discrètement, ils se rendirent dans un pavillon servant de couverture et ils convinrent de la suite de l'affaire pour le lundi suivant au plus tard.
Ali Soue reprit le volant et la petite centaine de kilomètres les séparant de Changé fut avalée rapidement sans problème majeur. Un rendez-vous avait été donné pour 16 heures à la médiathèque municipale. Malgré quelques difficultés pour trouver le lieu et grâce à l'aide bienveillante des indigènes, l'automobile s'arrêtait devant le bâtiment de facture moderne à 15h59. Les deux enquêteurs se précipitaient dans la médiathèque et se dirigeaient d'un pas décidé jusqu'à l'accueil où on leur appris que le génie des sales pages masqué était déjà reparti. C'était un coup dur. Sous l'œil réprobateur de Dan Ball, l'agent spécial Ali affirma avoir pourtant envoyé un courrier électronique au génie des sales pages. Il partit à l'automobile pour y prendre le téléphone portable qu'il avait dans une poche de sa parka militaire pour le cas où il aurait quelqu'un à appeler ou, cela pouvait arriver, répondre à un appel. Il chercha le numéro de téléphone du génie des sales pages qu'il avait réussi à se procurer et attendit que l'on décrochât. L'attente parut longue mais enfin une voix se fit entendre. C'était lui ! Le temps grimper sur son vélo et il arrivait.

L'enquête était délicate et il était question de ramener des preuves photographiques. Chargé de son sac, Ali avait déjà l'appareil photo bien en main et il vérifiait ses réglages. Il n'était pas question de foirer la mission par un manque de préparation.
La bicyclette arriva chargée du corps puissant du génie des sales pages lui-même. Il ne fallait pas paraître impressionné, c'était une des bases du métier de l'enquêteur, ne rien laisser paraître, laisser penser que l'on en avait vu d'autres et pas des moindres. Pensez donc ! Les enquêteurs saluèrent le génie des sales pages et ils entrèrent à sa suite dans la médiathèque. Afin de déstabiliser le génie des sales pages, les enquêteurs décidèrent de le bombarder de questions abruptes dès tout de suite et sans plus attendre. Dan Ball menait l'interrogatoire tandis que Ali Soue faisait des images.

Les planches sont bien présentes, on ne nous avait pas menti

Il s'agissait de ramener un maximum d'éléments de preuve pour accréditer l'existence du génie des sales pages. Il convenait de réussir à ramener une photo de lui et il s'agissait de ne pas se rater sur ce coup. Usant d'un stratagème astucieux, maquillé en touriste japonais, Ali faisait mine de photographier un peu tout et n'importe quoi avec l'espoir que l'on finisse par ne plus faire attention à ses agissements et, surtout, que l'on ne comprenne pas ses buts réels.

le génie des sales pages est dans la boîte !

Roué, fin psychologue, l'enquêteur Ball avait pensé à se munir de documents capables d'attirer le génie des sales pages dans ses rets. Il les agita à bonne distance du génie des sales pages qui ne put rester insensible à l'appât et s'approcha pour mieux voir ce dont il s'agissait. Non loin de là, Soue mitraillait dans son costume nippon sans discontinuer.

Le piège se referme sur le génie des sales pages attiré par les colifichets remués sous son nez !

Le piège se refermait sur le génie des sales pages. Les photos se multipliaient, l'identification ne ferait désormais plus aucun doute. Il s'agissait à présent pour le miraculeux Dan Ball de convaincre le génie des sales pages d'accepter de réaliser un dessin de sa main sur un ouvrage précis en échange d'un imprimé illustré amené pour le piéger.

Dan Ball fait mine de remettre son cadeau dans sa besace sous l'œil on ne peut plus inquiet du génie des sales pages qui pense son cadeau déjà perdu.

Finalement, le génie des sales pages accepte le marché non sans déclarer qu'il faudra que les enquêteurs acceptent de le suivre dans son repaire. Dan Ball et Ali Soue sentent le piège mais ils se savent assez forts pour s'en sortir la tête haute quitte à user de violence si nécessaire. Avant de suivre le génie des sales pages, Dan Ball vérifie sur un album mis à disposition des visiteurs de la médiathèque que les plans de la bombe à neutrinos corvo-parallèle ne s'y trouvent pas. Rassuré sur ce point, il accepte d'abandonner sa lecture là où il en est.

Il y a tout de même bien trop de 2cv jaunes pour que ça ne cache pas autre chose.

Mais soudainement, le génie des sales pages s'en vient à se demander s'il ne serait pas en train de tomber dans un traquenard à son insu. Il décide de réfléchir en son for intérieur toute affaire cessante sans plus faire attention à cet imbécile de Japonais qui continue à photographier tout et n'importe quoi.

le génie des sales pages en pleine réflexion

D'un seul coup, sans que personne ne s'y attende, le génie des sales pages a un coup de génie des sales pages soudain. Il se précipite à l'extérieur de la médiathèque de Changé (Mayenne) et enfourche sa bicyclette. Les enquêteurs n'ont que le temps de rejoindre leur automobile et de se lancer dans une folle course-poursuite. Heureusement, le génie des sales pages est gêné dans sa progression par un véhicule agricole manœuvrant à faible allure. La filature, discrète, permet d'interpeller le génie des sales pages alors qu'il tente de cacher son vélo dans son garage pour le soustraire à la vision des enquêteurs. Il est pris la main dans le sac et il ne peut faire autrement, dès lors, que de se rendre sans condition.

le génie des sales pages accepte de montrer son laboratoire secret où il élabore ses dessins

Les enquêteurs s'en doutaient un peu mais à présent c'est une certitude solidement chevillée au corps qui les convainc totalement : le génie des sales pages est droitier et il dessine au Rotring© ! Sous la menace, le génie des sales pages accepte de dessiner gratuitement une 2cv sur une page de son album de bandes dessinées. A présent, il a compris que le Japonais était plutôt un Égyptien déguisé voire un Libanais travesti. Il n'est plus en mesure de lutter, il a baissé les bras, il se laisse photographier la mort dans l'âme. Les forces de l'ordre ont vaincu !

La mine est grave mais la main s'exécute. le génie des sales pages n'est plus de taille à lutter contre les enquêteurs qui ont gagné la bataille

le génie des sales pages essaie de justifier ses actes mais il n'est pas dans les missions de nos enquêteurs d'élite de juger du bien fondé de ses agissements. Se saisissant d'un dossier, le génie des sales pages montre à un Dan Ball et à un Ali Soue impavides ses secrets les plus intimes, la documentation qu'il utilise, les résultats de ses recherches.

le génie des sales pages prend les enquêteurs à témoin en dévoilant des planches originales encrées au noir. Suspectant que l'on tente de les amadouer, les enquêteurs ferment les yeux.

Dans une ultime tentative désespérée, le génie des sales pages essaie alors de mettre la main sur un jerrycan d'essence sans plomb qu'il garde toujours par-devers lui pour les cas les plus désespéré afin de s'immoler par le feu. Ainsi, ses plans secrets qui auraient pu lui permettre de conquérir le monde disparaîtraient avec lui dans un incendie spectaculaire et chaleureux. C'était sans compter sur le professionalisme des deux enquêteurs qui, subrepticement, avaient écarté allumettes et briquets. Alors, tout alla très vite. Le coupable était désormais débusqué, il n'y avait plus aucun doute, on le tenait. Le monde libre était sauvé ! Avec un rien de solennité, Dan Ball extirpa une paire de menottes du fond de la poche gauche de son pantalon de velours cotelé et les passa aux poignets du dangereux génie des sales pages du mal. Son sort allait désormais être du ressort de la justice. Les enquêteurs, une fois encore, avaient rempli leur mission avec célérité et ils pouvaient espérer une belle promotion.

le génie des sales pages juste avant de se faire passer les bracelets essayant une dernière fois d'endormir nos valeureux enquêteurs avec des crayonnés d'ambulance Citroën servant de travaux de recherche pour un feuilleton en bandes dessinées prétendument publié chaque mardi.

dimanche 31 mars 2019

Pissenlits de printemps

Pissenlits et viaduc

samedi 23 mars 2019

La Lune est là, mais le soleil ne la voit pas

lundi 18 mars 2019

Un arbre

dimanche 17 mars 2019

Route solaire en Normandie

jeudi 14 mars 2019

Salon Périgueux Classic Auto - blast septième

Une petite sélection d'anglaises automobiles pour apporter notre soutien au peuple d'outre-Manche en ces heures de Brexit quelque peu compliqué. Pour commencer, majestueuse et luxueuse, une Bentley Mark VI. A ses débuts, Jean Daninos se créa sa voiture personnelle sur une même base. Ce fut la "Cresta II" et cela indique qu'il y aurait eu une "Cresta I". Ce fut le cas mais Daninos ne l'a pas dessinée. La "Cresta II" est en quelque sorte le prémice de la lignée des Facel-Vega.

Bentley Mark VI
Automobile de luxe aussi, mais les Anglais ont su faire ça, une Bristol 403 motorisée par un six cylindres BMW. SI l'on souhaitait vraiment trouver un rapport entre Bristol et Facel-Vega, on userait de tout son capital disponible de mauvaise foi et l'on expliquerait doctement que Bristol comme Facel-Vega utilisèrent des moteurs à 8 cylindres en V d'origine Chrysler. On ne le fera pas.
Bristol
Beaucoup plus populaire quoiqu'équipée pour les beaux jours ensoleillés avec son toit couvrant, une petite Morris Minor dont je n'ai pas grand chose à dire si ce n'est qu'elle est assez jolie et agréable.

Morris Minor
Déjà vue à Marsac-sur-l'Isle, une Riley dont je ne parviens pas à me souvenir le type exact. Si vous avec le temps et le courage nécessaires, vous pourrez faire une recherche sur Internet pour nous renseigner.

Riley
Pour terminer, une belle Sunbeam-Talbot 90. Talbot qui a été une marque connue en France pour ses automobiles de grand luxe est tombée dans l'oubli quasi généralisé avant d'être ressortie par SIMCA qui a utilisé le nom pour désigner les 1100, 1510, Horizon, Solara et autres Tagora… Triste destin.

Sunbeam Talbot 90

lundi 11 mars 2019

C'est ça ou rien

dimanche 10 mars 2019

Salon Périgueux Classic Auto - sixième éclatement

On n'avait pas terminé de faire le tour des véhicules exposés. Il y avait un stand qui semblait s'intéresser aux Alpine. Il existe des centres d'intérêts plus sujets à caution. Ne parlons ni de la philatélie ni de la collection de coquilles d'huîtres — j'en connais parmi vous qui vous y adonnez avec gourmandise — mais parlons plutôt de l'intérêt que d'autres peuvent porter pour les émissions de télévision ou les représentations du Christ rédempteur dans l'art sumérien de la période d'Uruk. Ou plutôt, n'en parlons pas. D'une part, je ne suis pas compétent pour en parler et d'autre part, à n'en point douter, cela nous amènerait trop loin de notre préoccupation du jour.
Donc, les Alpine. Que peut-on en dire qui ne se sache pas déjà ? Qu'elles sont souvent de couleur bleue. Un peu à l'image des bagnoles de la gendarmerie nationale. Ça aurait pu être des véhicules intéressants si les concepteurs avaient pensé à les équiper de ce qui leur manque le plus, un moteur à six cylindres à plat voire, à la rigueur, d'un moteur à douze cylindres en V. Hélas ! Ils durent se contenter d'une mécanique Renault. Bien sûr, c'est moins pire que s'ils avaient dû faire avec un moteur Citroën ou Peugeot (passons sous silence le cas embarrassant des moteurs SIMCA). Nonobstant, ils firent ce qu'ils purent et c'est ainsi qu'ils tentèrent de trouver le salut dans cette couleur bleue qui mieux que nulle autre chante la gloire de notre belle nation française dont nous ne sommes pas qu'un peu fiers.
Il y avait une Alpine A110 L GT4 qui était bleue. Ce n'est pas le modèle le plus intéressant mais c'est l'un des plus rares. C'est pour ainsi dire une Alpine pour famille nombreuse. Ce n'est pas vraiment une sportive mais ce n'est pas non plus un break Diesel pour horde catholique s'en allant péleriner dans l'espoir d'un miracle qui viendrait guérir le pied-bot de la grande fille que l'on aura du mal à caser.

A110 L GT4
Plus commune mais plus enthousiasmante, une A110 de 1972 au volant de laquelle on aimerait aller friser le 80 km/h à proximité d'un radar qui veille à notre sécurité pour notre bien. Elle est bleue et ça prouve que je ne dis pas que des mensonges. C'est une jolie petite automobile qui a su se construire un palmarès en compétition et cela a grandement contribué à sa renommée et au fait que c'est aujourd'hui un véhicule très recherché et hors de portée pour la majorité des bourses.

A110
Chez Renault, après avoir tué la marque, on a cherché à la ressusciter. On l'avait quelque peu dénaturée en sortant des R5 Alpine, il faut bien le reconnaître. Bon. Là, on ressort une Alpine et on s'inspire beaucoup de la A110. D'ailleurs, on l'appelle A110. C'est dire que l'on a de l'imagination, chez Renault. Et alors, avouons-le, c'est plutôt réussi. Ça évoque bien le modèle de référence. C'est du véhicule de collection dès sa sortie des chaînes.
A110 deuxième génération

Les chefs, en matière d'automobile, ce sont les Américains. C'est connu et reconnu. Et de toutes les marques nées sur le continent américain, Ford tient une place qui n'est pas des moindres. Là, il y avait des Vedette avec leur V8 un poil poussif et pas qu'un peu gourmand. Les soupapes latérales, c'est rigolo mais c'est pas le summum en matière d'efficacité et de rendement.

Ford Vedette
Le moteur Ford est tombé dans l'escarcelle de SIMCA après que Ford a jeté l'éponge et cédé son usine à la marque française. SIMCA a voulu utiliser ce moteur en mettant au goût du jour et toujours à la sauce américaine les Vedette Ford. Le moteur est toujours aussi peu performant mais l'ensemble a une gueule pas dégueulasse. Enfin, c'est une question de goût.

Simca

jeudi 28 février 2019

La drogue, ça n'a pas que du bon

Autrefois, il fallait se contenter de molécules qui semblent aujourd'hui bien dépassées. Selon ses goûts ent envies, on avait les produits issus du cannabis, les opiacés, la cocaïne, le LSD, quelques alcaloïdes tirés de champignons et, pour les moins inventifs, l'alcool, bien sûr. La donne a changé et depuis une dizaine d'années, nous autres drogués du quotidien avons bien de quoi nous amuser avec ce que l'on appelle les NPS ou NDS. Chaque année, de nouveaux produits nous sont offerts pour satisfaire notre besoin légitime d'aller explorer des horizons nouveaux, franchir de nouvelles portes vers des mondes parallèles ou plus ou moins orthogonaux, élargir nos terrains de jeu et pousser toujours plus loin les limites de nos perception au-delà d'un "réel" bien trop fade.
La curiosité et l'ennui font que j'expérimente tout ce qui passe à portée de clic et je vois non seulement des éléphants roses (ce qui est bien trop commun) mais aussi des licornes multicolores, des univers mouvants, des kaléidoscopes envoûtants et bien d'autres merveilles insoupçonnées. On trouve tous ces produits à portée de clic sur le "Dark Web" (voire sur le "Deep web" mais je n'y vais pas, c'est pour les novices.) pour une poignée de bitcoins. C'est hyper simple, ça ne coûte pas grand chose, c'est cool.
Les pouvoirs publics et leurs complices instillent le doute dans les esprits et prétendent que ces drogues peuvent être dangereuses. Foutaises ! Moi qui vous parle, je me drogue depuis plus de trente ans et je ne m'en porte pas plus mal. Même, je pète le feu, j'ai une pêche d'enfer. Si ces politiques dénigrent les drogues non légales, c'est seulement parce qu'elles échappent à l'impôt. Pas de TVA, pas de taxe dispendieuse. C'est du marché parallèle, du commerce équitable.
C'était un matin et je venais d'avaler mon petit cocktail santé du matin. Une pilule pour éveiller les sens, un cachet pour avoir le sourire, une gélule pour me sentir invincible, une capsule pour développer l'imagination, un peu de poudre pour ne plus souffrir du froid ou du chaud, quelques gouttes pour n'avoir ni faim ni soif et c'était parti pour une journée intense et créative comme je les aime. J'avalais tout ça avec un bon bol de café et plein d'allant commençait bientôt à laisser s'exprimer ma folie créatrice. Je sentais le génie pointer en moi, j'étais brillant et percutant, l'un des meilleurs parmi les plus grands, le cerveau en ébullition, les sens aux aguets, l'intelligence à l'état brut, un concentré d'humour mordant. Je me sentais pleinement moi.
J'avais le porte-mine bien en main flottant à la surface d'une feuille de papier d'une blancheur virginale et d'une beauté infinie lorsque j'ai eu une vision. Et cela ne m'était pas arrivé avec autant de force depuis mes quinze ans, la première fois que je m'étais fait un shoot héroïne-cocaïne-caféine avant d'aller en cours. Je m'en souviens bien, j'avais eu la vision que la prof de science naturelle était une créature d'une beauté insolente avec des jambes d'une longueur inouïe[1], une chevelure d'un blond à faire chavirer un champ de blés, une poitrine comme jamais un adolescent nostalgique de ses enfantines tétées n'oserait rêver, des yeux parfaitement dessinés et au nombre de deux et des postures aguicheuses propres à faire dresser les sexes parmi les moins vigoureux.
Donc, j'étais, comme ce matin, bien chargé de drogues fabuleuses et je dessinais des trucs géniaux quand, d'un seul coup, un des volets de la fenêtre que je laisse habituellement presque clos pour me cacher la misère du monde extérieur s'est ouvert par je ne sais quel mauvais coup du sort. Parce que, absorbé par l'exercice illustratif que seul un génie[2] peut produire avec tant d'aisance et de volupté, je ne m'attendais pas à ce que ce volet s'ouvre dans un petit grincement caractéristique, je levais les yeux vers la fenêtre. Et là, incroyable ! Une hallucination comme rarement j'en ai eu de toute ma longue vie d'heureux toxicomane ! Magnifique ! Grandiose ! Fabuleuse ! Tellement hallucinante, l'hallucination, que je me hâtais avec célérité vers l'appareil photo pour l'immortaliser sous forme numérique. Il y avait une chance sur quelques milliards pour qu'une hallucination puisse s'inscrire sous la forme de bits ordonnés sur une carte mémoire mais je suis béni des dieux et riche d'une foi à toute épreuve. Ce que j'ai fait et réussi là mériterait une communication à l'académie des sciences de Plougastel-Daoulas sinon celle de Buford (Wyoming - États Unis d'Amérique). C'est quasi du même niveau que de fixer les images mouvantes et fluctuantes d'un rêves pour se les projeter au réveil sur un grand écran en technicolor avec du son Dolby Surround 5.1. Enfin vous voyez le genre, quoi.
Cette hallucination, c'était deux enfants énormes, gigantesques, qui regardaient par-dessus les toits. Deux enfants à faire baver des prêtres pédophiles, deux enfants très beaux, comme issus d'un casting sévère et rigoureux. Deux enfants rieurs aux yeux et cheveux clairs, deux enfants à qui on donnerait le bon dieu sans confession. Et ces deux enfants comme il n'en existe pas dans la vraie vie, ces deux enfants comme retouchés dans Photoshop étaient là à observer de leurs grands yeux fixes un point que je ne pouvais percevoir moi depuis chez moi.
J'ai eu le temps de faire deux photos et puis il y a eu un bruit, un grondement sourd, un sifflement d'air que l'on expulse avec vigueur et détermination. J'ai vu ces deux enfants se mouvoir légèrement, tressaillir imperceptiblement, glisser vers la gauche tout doucement. M'avaient-il aperçu, ces enfants si mignons ? J'ai cru un moment que nous allions entrer en communication eux et moi, qu'ils étaient les envoyés d'une puissance d'un autre monde venus en paix me désigner comme le messie qui allait avoir le devoir de colporter la bonne nouvelle. Je ne m'étonnais guère que l'on ait pu me choisir moi, être exceptionnel s'il en est. C'était somme toute assez logique. J'aurais plutôt mal pris que l'on vous choisît vous, êtres informes et d'une banalité affligeante. Non, bien sûr ! Il fallait que ce soit moi ou, à la rigueur, un autre être d'exception comme Emmanuel Macron qui aurait été un bon choix aussi mais qui ne prend pas les mêmes drogues.
Ils avaient bougé, les enfants. Et, à mon grand désespoir, ils ne s'arrêtaient pas pour discuter ou me confier une mission. Non. Il s'en allèrent, disparurent, tracèrent leur route. Et c'est à cet instant que j'ai arrêté de croire que l'on allait pouvoir sauver le monde et son humanité et ses insectes et ses oiseaux et la vie des plantes et des eucaryotes. C'en était fini de l'utopie, c'était bel et bien foutu et c'était désespérant et déprimant. C'est là aussi que j'ai compris que ces putains de drogues que j'achetais dans les tréfonds des Internet n'étaient que du glucose et de la farine de caroube. Je m'étais bien fait avoir. Que cela serve de leçons aux générations futures si jamais elles existent un jour. Et afin que mon message soit entendu et que vous ne soyez pas enclins à mettre en doute mes dires, je vous montre une photo de cet événement qui fera un peu date.

sales gosses

Notes

[1] quoi que je me demande à présent si l'on peut entendre une longueur

[2] rassurez-vous, ça ne vous arrivera jamais, sots que vous êtes

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