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vendredi 11 septembre 2020

Motorisation

mercredi 9 septembre 2020

Chose industrielle

mercredi 6 mai 2020

Façon puzzle

mercredi 6 novembre 2019

La triste fin de la motocyclette à commandes vocales

Oscar Burant ne voulait pas rester à la traîne de la révolution numérique et, comme il était un brillant ingénieur sorti major d'une prestigieuse école, il s'était engagé à réaliser une machine propre à concilier ses deux passions, la motocyclette et la robotique. Il souhaitait ni plus ni moins concevoir la moto 2.0, la motocyclette connectée à commande vocale équipée des technologies Bluetooth 6.1ß et GPS à retour haptique kinesthésique. Le calculateur central à suprématie quantique de son invention avait la charge de piloter les éléments mécaniques de la machine d'une manière prédictive et aléatoire.
Soucieux du réchauffement climatique et de l'érosion des côtes continentales, il avait un temps envisagé une motorisation électrique triphasée à diode de Zener incorporée mais il devait faire avec son amour de la belle mécanique, de ses soupapes et piston, engrenages et ressorts. Alors, il plancha sur un système de traitement des gaz d'échappement révolutionnaire basé sur les propriétés remarquables de Pleurococcus vulgaris capables de verdir tous les polluants générés par le fonctionnement de la machine. Agissant à la manière d'un filtre bio-végétal recyclable à l'infini, ce dispositif qu'il convenait d'améliorer encore du point de vue de l'esthétique, Oscar en était conscient, donnait toute satisfaction si ce n'était la légère pestilence résiduelle qui pouvait agresser l'olfaction de certains.
Sur le papier, tout concourait à l'espoir d'une réussite totale et sans concession mais il fallut un jour passer à la mise en pratique. Un cadre fut réalisé en fibre de titane pour la beauté du geste et aussi pour contenir la masse de l'ensemble dans les limites du raisonnable. La fonte ductile fut privilégiée pour la réalisation du cylindre et un acier surchoix fut sélectionné pour le vilebrequin tournant sur des paliers en bronze coulé par derrière. La culasse en magnésium trempé à guides de soupapes humides fut imaginée pour offrir le maximum de satisfaction à tout un chacun et fit l'objet d'une étude de marché sévère et exigeante. Le réservoir, la fourche, les roues et le phare furent simplement prélevés sur des épaves trouvées dans l'arrière cour d'un motociste du coin, à l'angle des rues Albert 1eret Berthe Bérurier.
La presse fut convoquée pour la présentation publique sur le circuit du cru. Oscar présenta sa motocyclette quantique, expliqua quelques détails précis, répondit au déferlement de questions et s'installa aux commandes pour un premier tour de piste. Du pouce droit, il pressa l'interrupteur de l'ordinateur principal et dès que le voyant vert s'illumina, il aboya d'une voix claire et nette un ordre en direction du microphone cardioïde. Le moteur démarra immédiatement dans un ronflement étouffé. Si certains se bouchèrent le nez dès les premiers effluves parvenus à leurs narines trop sensibles, les autres se montrèrent aussitôt enthousiastes. Oscar donna l'ordre adéquat et la motocyclette commença à rouler. Le système de transmission intégrale à variateur commuté montra toute son efficacité en gommant tout à-coup intempestif.
La motocyclette roulait. Il aurait fallu être d'une mauvaise foi consommé pour affirmer le contraire. Cependant, elle ne roulait pas bien vite. Même, disons-le, elle se traînait lamentablement. A peine à l'allure d'un homme au pas flâneur d'un oisif progressant sous les frondaisons d'une allée linéaire sous le soleil d'un été accablant. Ça n'allait pas vite. Derrière son guidon, Oscar donnait ses ordres. "Plus vite !", "accélération !", "on y va maintenant !". Rien n'y fit, la machine refusa de presser le pas. L'enthousiasme connut un coup de mou dans les rangs serrés des journalistes. On commença à émettre des réserves, à proposer de prudentes critiques, à rigoler sous cape. A une vingtaine de mètres de là, Oscar s'époumonait encore à brailler des ordres qui ne paraissaient pas être entendus ou compris par l'ordinateur quantique. Oscar était rouge de s'époumoner et aussi, un peu, de honte. Et c'est là que l'affaire prit un tout autre tournant.
Justement, Oscar arrivait au premier virage. Un célèbre plumitif de la PQR réputé pour son amour immodéré du ballon de côtes du Rhône autant que pour son organe de stentor eut le malheur de, pour amuser l'assemblée, crier un retentissant "Gaz !" qui fut entendu jusque dans les tribunes où monsieur Alfred passait un coup de balai dans les travées afin de justifier son salaire d'employé aux tâches ingrates et répétitives. Son témoignage fut décisif à l'heure où les équipes de police scientifique arrivèrent avec la ferme intention de faire toute la lumière sur l'affaire. Au moment où Roger Tralut, le journaliste tonitruant, cria son ordre cocasse, l'ordinateur de la motocyclette sembla sortir de sa léthargie et comprendre une injonction à agir en conséquence. Alors, à la vitesse de la lumière ou presque, il procéda de telle sorte que le piston se mit à monter et descendre de plus en plus vite à mesure que le carburant était injecté à grands flots dans la chambre de combustion chauffée à blanc. La motocyclette partit réellement à la vitesse d'un boulet de canon hypersonique mais tout droit, survolant l'herbe et finissant sa course en s'écrasant contre le mur nord du bâtiment des commissaires de course. Oscar ne survécut pas à ses blessures.

Le célèbre inventeur peu avant son trépas

jeudi 10 octobre 2019

Ne jamais minimiser le rôle du hasard et de la chance dans la réussite

Cela fait trois longues semaines que je vous montre des photographies des Remparts d'Angoulême. Lors de ce samedi de septembre où j'étais présent à Angoulême, j'ai fait plus de 250 photographies. Il y en a eu quelques unes de bonnes, quelques unes d'acceptables, quelques unes très moyennes et beaucoup de ratées. Et il y en a une, une seule, de réussie.

Cela me fait penser qu'un bon photographe aurait sans doute obtenu un meilleur score mais aussi que la réussite d'une photographie reste conditionnée à la survenue de la chance et du hasard. Cette unique photo que je conserverai, cette seule image qui me semble intéressante, il s'en est fallu de peu pour qu'elle n'existe pas. Si nous n'avions pas eu l'idée et l'envie de s'arrêter sur cette terrasse pour boire une bière, nous n'aurions peut-être pas assisté au démarrage de cette automobile, son capot n'aurait pas été levé, je n'aurais pas eu le loisir de faire la photographie. Le hasard et la chance. La chance a poussé son coup de main en faisant en sorte que je ne me plante pas trop dans mes réglages, aussi.
Forcément, je sais aussi un peu ce que je fais avec mon appareil photo. Je ne veux pas dire que je ne suis pour rien dans cette réussite. Je suis à l'origine de ces réglages et de ce cadrage, ça c'est sûr. Mais il y a des fois où, vous avez beau faire, bien vous appliquer, vous répéter les règles de composition, vous remémorer les réglages à effectuer, la photographie sera foirée. Dans certaines conditions de prise de vue, je n'ai pas les compétences pour me tirer d'affaire. Je ne sais pas si un meilleur photographe s'en sortirait mieux que moi mais moi, je reconnais être arrivé à mes limites. Passées ces limites, je ne réponds plus de rien.
Pour réussir cette image, il a fallu du hasard et de la chance. Certaines autres auraient aussi pu être réussies mais il y avait un élément indésirable, un poteau, une personne, une ombre. Un truc qui fait que la photo ne sera pas aussi bonne qu'espéré. La force du bon photographe, c'est la patience. Il faut savoir ne pas déclencher et revenir. Il faut savoir chercher la bonne place, s'y poser et attendre. Par exemple, j'ai le défaut de photographier un peu n'importe quoi, juste pour conserver une trace de ce que j'ai pu voir. C'est inefficace si l'on cherche à faire une bonne image. C'est trop miser sur la chance et aussi parier sur le fait que ça réussira bien à donner une satisfaction suffisante. Sans doute faut-il être plus exigeant pour espérer devenir un bon photographe.
Sur toutes les photos que j'ai pu faire à Angoulême ce jour là, je savais que certaines seraient mauvaises avant de déclencher. Je voyais bien que la lumière était pourrie, qu'il était impossible de bien cadrer, que je n'allais pas m'en sortir. Il aurait fallu que je me consacre plus aux photos qui auraient pu être intéressantes plutôt que de les emmagasiner ainsi, juste comme on fait des photos souvenir inutiles. Peut-être aussi faut-il accepter de rentrer bredouille ? Peut-être faut-il apprendre à se consacrer à un sujet (ou à quelques uns) et s'y tenir. Repérer les bonnes images potentielles et s'armer de patience dans l'attente que les conditions soient réunies, que la chance survienne, que le hasard vous donne le petit coup de pouce attendu.
Cependant, le vrai bon photographe sait provoquer la chance et le hasard. Je ne pense pas que ça s'apprenne vraiment, ça. Un peu comme le poète qui sent la rime arriver, le musicien qui sait la note suivante, l'écrivain qui maîtrise le verbe à venir, le bon photographe doit sans doute prévoir l'image qu'il enregistra. Peut-être l'artiste est-il légèrement en avance sur ses contemporains, dans un monde qui avance de quelques secondes ou minutes.
Mais bon, avec cette image se termine cette série de photographies des Remparts d'Angoulême. C'est la meilleure selon moi, l'unique meilleure. Si ça se trouve, vous ne partagerez pas mon avis mais ça ne changera pas ma vision des choses. Cette photographie, je serais presque tenté de la faire tirer sur papier, en grand, et de l'afficher au mur. Je ne le ferai probablement pas parce que je n'ai pas envie d'afficher quoi que ce soit sur mes murs. Je vais me renseigner tout de même sur ce que ça coûterait.

Art mécanique

lundi 7 octobre 2019

Drame et joie dans le monde des Bugatti

Y a un truc qui marche pas. Dans le paddock, la Bugatti 35 de 1926 pose problème. On lève le capot, on tripote par-ci par-là, on donne quelques conseils, on échafaude quelques hypothèses, on sent une certaine crispation. Y a pas, la Bugatti 35 de 1926 pose problème. De loin, j'imagine que l'on effectue juste quelques ultimes réglages mais, une fois que je me rapproche, je perçois mieux la tension. On se relaie du côté du capot levé et on se perd en conjectures. Y a un souci.

On ouvre le capot
On finit par décider que le mieux est de faire un essai. On baisse le capot, on serre les sangles, on discute encore un peu et on lance le moteur. Jusque là, tout semble aller plutôt pas trop mal. Le moteur rugit de plaisir, il tourne rond. Problème réglé alors ? Pas si sûr.

On referme le capot
La première est engagée, la Bugatti 35 avance. De mon point de vue de béotien touriste, c'est réparé. Le pilote tente de passer la deuxième vitesse et là, ça craque méchamment. Les pignons rechignent à s'engrener. Point mort. On essaie alors de passer la marche arrière. Ça veut pas. On arrête le moteur et on relève le capot pour tenter un nouveau réglage. Pour s'assurer que le problème est résolu, il faut maintenant redémarrer. Pendant que l'un se charge du carburateur l'autre tourne la manivelle. Un tour, deux tours, trois tours. Quand ça veut pas… Un conseil fuse : « le pouce à l'intérieur ! ». La réponse arrive aussitôt : « Oui, oui… ». A force d'à force, le huit cylindres finit par accepter de démarrer. Hop ! On saute aux commandes. La marche arrière passe dans un craquement déchirant mais elle passe.

Aux commandes de la tourniquette
Là, je m'approche et je demande. C'est un problème d'embrayage. Butée usée ? Peut-être. L'heure est grave, on sort le téléphone et on appelle quelqu'un. Il me semble comprendre que l'on cherche une pièce pour réparer. Apparemment, elle est disponible. Bien !
Un peu plus loin, un peu plus tard, la Bugatti que je pense finalement être une 51 est presque négligemment arrêtée dans l'allée du paddock. Quelqu'un s'en approche et commence l'inspection par le poste de pilotage sous le regard dubitatif d'un autre quelqu'un. Est-ce que l'on est en train de se dire que l'on aimerait bien en faire un tour ? Est-ce que l'on se prend à rêver d'en avoir une semblable dans son garage ? Est-on en train de se dire que sa Twingo est mieux équipée ? Je ne le sais pas. Parce que je suis un photographe compulsif, je fais une photo et puisque j'ai cette photo, je la pose ici.

Qu'y a-t-il à l'intérieur d'une Bugatti ?
Après, je change d'objectif pour le vieux 80-200 que j'aime bien pour son rendu particulier et son piqué remarquable. Honnêtement, ce n'est pas la meilleure décision que j'aie pu prendre ce jour là. Il m'a souvent manqué de recul pour faire de bonnes images avec lui. Mais bon, maintenant qu'il était vissé sur le boîtier et que des voitures arrivaient, j'allais devoir faire avec. Tant pis.
Voilà une Type 13 qui déboule. Souriants et même carrément hilares, les passagers. On remarque qu'il ne faut pas refuser la promiscuité lorsque l'on voyage dans cette automobile. La place est comptée. Un bossage a même été prévu pour loger la hanche du passager. Cette image nous fait presque oublier le petit drame mécanique du début de ce billet.

Bugatti Type 13

dimanche 12 mai 2019

Un engin de malheur

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