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mercredi 6 novembre 2019

La triste fin de la motocyclette à commandes vocales

Oscar Burant ne voulait pas rester à la traîne de la révolution numérique et, comme il était un brillant ingénieur sorti major d'une prestigieuse école, il s'était engagé à réaliser une machine propre à concilier ses deux passions, la motocyclette et la robotique. Il souhaitait ni plus ni moins concevoir la moto 2.0, la motocyclette connectée à commande vocale équipée des technologies Bluetooth 6.1ß et GPS à retour haptique kinesthésique. Le calculateur central à suprématie quantique de son invention avait la charge de piloter les éléments mécaniques de la machine d'une manière prédictive et aléatoire.
Soucieux du réchauffement climatique et de l'érosion des côtes continentales, il avait un temps envisagé une motorisation électrique triphasée à diode de Zener incorporée mais il devait faire avec son amour de la belle mécanique, de ses soupapes et piston, engrenages et ressorts. Alors, il plancha sur un système de traitement des gaz d'échappement révolutionnaire basé sur les propriétés remarquables de Pleurococcus vulgaris capables de verdir tous les polluants générés par le fonctionnement de la machine. Agissant à la manière d'un filtre bio-végétal recyclable à l'infini, ce dispositif qu'il convenait d'améliorer encore du point de vue de l'esthétique, Oscar en était conscient, donnait toute satisfaction si ce n'était la légère pestilence résiduelle qui pouvait agresser l'olfaction de certains.
Sur le papier, tout concourait à l'espoir d'une réussite totale et sans concession mais il fallut un jour passer à la mise en pratique. Un cadre fut réalisé en fibre de titane pour la beauté du geste et aussi pour contenir la masse de l'ensemble dans les limites du raisonnable. La fonte ductile fut privilégiée pour la réalisation du cylindre et un acier surchoix fut sélectionné pour le vilebrequin tournant sur des paliers en bronze coulé par derrière. La culasse en magnésium trempé à guides de soupapes humides fut imaginée pour offrir le maximum de satisfaction à tout un chacun et fit l'objet d'une étude de marché sévère et exigeante. Le réservoir, la fourche, les roues et le phare furent simplement prélevés sur des épaves trouvées dans l'arrière cour d'un motociste du coin, à l'angle des rues Albert 1eret Berthe Bérurier.
La presse fut convoquée pour la présentation publique sur le circuit du cru. Oscar présenta sa motocyclette quantique, expliqua quelques détails précis, répondit au déferlement de questions et s'installa aux commandes pour un premier tour de piste. Du pouce droit, il pressa l'interrupteur de l'ordinateur principal et dès que le voyant vert s'illumina, il aboya d'une voix claire et nette un ordre en direction du microphone cardioïde. Le moteur démarra immédiatement dans un ronflement étouffé. Si certains se bouchèrent le nez dès les premiers effluves parvenus à leurs narines trop sensibles, les autres se montrèrent aussitôt enthousiastes. Oscar donna l'ordre adéquat et la motocyclette commença à rouler. Le système de transmission intégrale à variateur commuté montra toute son efficacité en gommant tout à-coup intempestif.
La motocyclette roulait. Il aurait fallu être d'une mauvaise foi consommé pour affirmer le contraire. Cependant, elle ne roulait pas bien vite. Même, disons-le, elle se traînait lamentablement. A peine à l'allure d'un homme au pas flâneur d'un oisif progressant sous les frondaisons d'une allée linéaire sous le soleil d'un été accablant. Ça n'allait pas vite. Derrière son guidon, Oscar donnait ses ordres. "Plus vite !", "accélération !", "on y va maintenant !". Rien n'y fit, la machine refusa de presser le pas. L'enthousiasme connut un coup de mou dans les rangs serrés des journalistes. On commença à émettre des réserves, à proposer de prudentes critiques, à rigoler sous cape. A une vingtaine de mètres de là, Oscar s'époumonait encore à brailler des ordres qui ne paraissaient pas être entendus ou compris par l'ordinateur quantique. Oscar était rouge de s'époumoner et aussi, un peu, de honte. Et c'est là que l'affaire prit un tout autre tournant.
Justement, Oscar arrivait au premier virage. Un célèbre plumitif de la PQR réputé pour son amour immodéré du ballon de côtes du Rhône autant que pour son organe de stentor eut le malheur de, pour amuser l'assemblée, crier un retentissant "Gaz !" qui fut entendu jusque dans les tribunes où monsieur Alfred passait un coup de balai dans les travées afin de justifier son salaire d'employé aux tâches ingrates et répétitives. Son témoignage fut décisif à l'heure où les équipes de police scientifique arrivèrent avec la ferme intention de faire toute la lumière sur l'affaire. Au moment où Roger Tralut, le journaliste tonitruant, cria son ordre cocasse, l'ordinateur de la motocyclette sembla sortir de sa léthargie et comprendre une injonction à agir en conséquence. Alors, à la vitesse de la lumière ou presque, il procéda de telle sorte que le piston se mit à monter et descendre de plus en plus vite à mesure que le carburant était injecté à grands flots dans la chambre de combustion chauffée à blanc. La motocyclette partit réellement à la vitesse d'un boulet de canon hypersonique mais tout droit, survolant l'herbe et finissant sa course en s'écrasant contre le mur nord du bâtiment des commissaires de course. Oscar ne survécut pas à ses blessures.

Le célèbre inventeur peu avant son trépas

lundi 13 août 2018

Mettre un peu d'imprévu dans nos vies pour rompre la monotonie responsable de ce sentiment d'ennui qui trop souvent nous accable d'un lourd voile noir

Il fonctionnait pourtant très bien, cet ordinateur. Huit ans qu'il me rendait de bons et loyaux services sans jamais faiblir, fidèle et toujours disponible. Au long de toutes ces années, il m'a accompagné pour bien des travaux et aussi pour des activités plus récréatives. C'est grâce à lui que je pouvais voir des films enregistrés sur des DVD, que j'allais dire des bêtises sur Internet. Il n'a jamais eu la moindre panne, son disque dur est celui d'origine et il en a vu passer, des dizaines de milliards d'octets ! Sans dire que je le pensais immortel ou infaillible, j'en étais pleinement satisfait et espérais bien qu'il allait me rendre service durant encore bien des années.
Samedi[1], en fin d'après-midi, il y a eu une première alerte que j'ai traitée par dessus la jambe, sans trop y faire attention. J'avais beaucoup de fichiers ouverts, j'étais en train de le faire travailler fort, il a planté. Ça m'a bien un peu agacé parce que j'ai rapidement compris que j'avais perdu mon travail non enregistré. Mais, confiant malgré tout, j'ai accusé le surcroît de ressources demandé à la machine. Je suis allé me faire du café et ai abandonné ce travail en cours. Il était temps de penser à réfléchir à me faire à manger, je reprendrai ça le lendemain.
Le soir venu, j'ai redémarré le iMac pour regarder la deuxième partie d'un DVD retraçant l'apparition et l'évolution d'Homo Sapiens. Je glisse le DVD dans la fente du lecteur et m'installe confortablement dans le lit. Automatiquement, le film reprend là où je l'avais arrêté la veille. Ce film ne parvient pas à me satisfaire totalement. Il cherche à montrer l'évolution de l'Homme depuis Habilis et Erectus pour arriver à Neanderthal et Sapiens. Tout cela est traité comme une gentille fiction qui prétend expliquer la vie de nos ancêtres, le chemin vers la découverte et la maîtrise du feu, la création des premiers outils, la naissance de l'art et de l'agriculture, la sédentarisation, la domestication du loup et l'élevage.
Ce récit fictionnel est entrecoupé d'interventions de scientifiques qui donnent des précisions, explicitent plusieurs points, donnent leur avis. Et finalement, c'est peut-être ce qui constitue les meilleures parties de ce film. Je pense que j'aurais préféré un long documentaire plutôt qu'une fiction. Je ne suis absolument pas sûr que le fait de voir des act·eurs·rices grimés en humains préhistoriques apporte quoi que ce soit à une bonne compréhension de cette longue histoire débutée il y a plus de deux millions d'années quelque part en Afrique. Par exemple, on voit à un moment ces acteurs affichant des maquillages, des scarifications, des ornements qui ne se sont pas conservés dans le temps et qui ne sont donc que des "visions d'artistes", des extrapolations sans doute bien cavalières des us et coutumes de nos ancêtres basées plus ou moins sur ce que l'on a pu voir chez des groupes humains bien moins anciens, beaucoup plus proches de nous et de notre époque.
Mais bon, j'en étais justement au moment où Sapiens commence à décorer les parois des grottes et à domestiquer le loup. Ça m'agaçait un tout petit peu parce que, peu avant, on essayait de nous faire croire que l'Homme a eu l'idée de semer du blé parce que l'un d'eux, parti voler des œufs pour sa belle qui en rafole, tombe d'une paroi rocheuse et meurt alors qu'il avait la besace pleine de graminées sauvages. Il est tombé de haut, il est mort, le groupe n'a pas que ça à faire que d'aller le chercher. On comprend bien, ces gens-là ne sont tout de même pas encore tout à fait comme nous. Ce sont encore des sauvages sur bien des aspects, disons-le clairement[2].
Les mois passent et il est de nouveau temps d'aller récolter le blé sauvage là où il pousse, au même endroit que l'été passé. Et là, mince ! Voilà ti pas que, par le plus grand des hasards, on tombe sur le squelette du voleur d'œuf de l'an dernier. C'est bien lui puisque l'on trouve son collier. Sauvages mais perspicaces ces populations d'antan. Et là, on s'aperçoit aussi d'un truc incroyable auquel on n'aurait pas pensé. Les épis de blé sauvage que le malheureux avait avec lui au moment de sa chute ont germé et crû. Là où, tout de même, faut pas avoir que du fromage blanc dans la boîte crânienne, c'est que l'on fait le rapport de cause à effet entre le grain apporté par le camarade et les épis nouveaux ! Excusez mais tout de même, quoi ! Personnellement, et bien que je sois vachement plus évolué, je ne suis pas sûr que je comprendrais aujourd'hui que le blé que Marcel (appelons-le Marcel) avait dans ses poches au moment de son trépas est à l'origine des gerbes de blé qui à présent l'entourent. Mais passons.

Où en étais-je, moi ? Ah oui, ça me revient. L'invention de l'agriculture et paf ! Le film s'arrête là et le iMac commence à émettre une série assez exaspérante de sons ressemblant un peu — mais il est difficile de retranscrire la chose à l'aide de mots — à des "plops"[3]. Une série de "plops" bien réguliers. Manquait plus que ça.
Je suppose un problème de lecture du DVD. Normalement, l'image se fige ou tressaute, toutefois. Là, non, pas d'image qui tremble ou boucle. Tout simplement plus d'image. Que ces "plops" qui vous tapent sur le système. Bon. Je me lève et appuie sur les touches "command" et "q" pour quitter l'application de lecture de DVD. L'ordinateur s'éteint.
Qui c'est qui lui a demandé de s'éteindre, lui ? Bon. Je presse d'un index décidé sur le bouton de démarrage. Le iMac laisse exploser un beau et réjouissant "boing" de démarrage. J'entends le lecteur de DVD qui entre en rotation, le disque optique qui prend de la vitesse et s'arrête. L'écran, lui, reste noir. Je me dis aussitôt que le problème doit venir de ce satané DVD qui doit foutre un gros bordel dans la machine. J'éteins et redémarre aussitôt en tenant appuyée le bouton de la souris. Le disque je s'éjecte pas. Mince. Ça aurait dû, pourtant. Nouvelle tentative. Cette fois, je redémarre en tenant la touche d'éjection du clavier. Ce n'est pas beaucoup plus probant. Diable ! Cette fois-ci, il faut sortir les grands moyens. Je m'équipe d'une fine carte en carton rigide et l'introduit dans la fente du lecteur de DVD pour bloquer le disque le temps du démarrage. Normalement, l'ordinateur doit comprendre que ce disque pose problème et va l'éjecter de son dedans sans attendre. Ça marche ! Youpi ! Joie ! Champagne !
Euh… Non. Pas Champagne. Le DVD est bien sorti mais le iMac ne se décide pas pour autant à démarrer. L'écran reste noir. Oh que je commence à m'énerver là ! Je le laisse faire et vais vérifier depuis un autre ordinateur si je trouve ce iMac horripilant sur le réseau. Oui parce que, à ce moment, je me dis qu'il est possible que ce soit l'écran qui soit en panne. Mais non, il n'apparaît pas sur le réseau. C'est au moins le signe qu'il ne démarre effectivement pas.
J'essaie de démarrer en mode "single user" sans trop y croire. Evidemment, ça ne donne rien de plus mais, néanmoins, ça me permet de remarquer quelque chose de bien étrange à mes yeux ébahis et assez incrédules. Si la souris est bien alimentée par le port USB — elle s'éclaire — le clavier, lui, ne semble pas alimenté. Ce pourrait-ce ? Je me mets en quête d'un autre clavier et le branche à la place de celui déjà en place. Et rien. Enfin, rien de mieux. Le clavier n'est pas alimenté. Un port USB défaillant ? Je les teste tous, rien à faire.


A ce moment très précisément, je décide qu'il est déjà fort tard et que, la nuit portant conseil, je verrai tout ça le lendemain matin[4]. Ce matin, je bois mes cafés et je repousse le moment de m'occuper de cet ordinateur récalcitrant. De cette nuit, nulle idée nouvelle est née. Par acquis de conscience, j'essaie de trouver une solution à un problème semblable sur Internet. Bien entendu, rien de bien réjouissant. Ou c'est la carte-mère ou c'est autre chose mais pas de solution miracle à me mettre sous la dent.
Il faudrait que je démonte, que j'essaie de trouver l'origine du mal. Seulement, je n'ai pas envie de m'atteler à ce démontage tout de suite. Je réfléchis à ce que je pourrais faire en attendant. Des ordinateurs, ce n'est pas vraiment ce qui manque. J'hésite entre deux possibilités. Soit j'utilise le portable soit j'installe le gros Mac Pro. Finalement, je privilégie cette deuxième solution. D'abord, il est dommage de ne pas l'utiliser plus, ensuite il a plein de mémoire et de disques durs. Il sera mieux tailler pour travailler. Mais d'abord, faire de la place !
Je débranche tout, le iMac, le scanner, l'imprimante, les disques durs externes, le clavier, la tablette graphique. Le bureau est vide. Bien. J'en profite pour nettoyer. Après, je choisis la meilleure place pour ce Mac Pro, je place l'écran Apple 20"[5], le clavier, la tablette, le scanner, le hub USB, les disques durs externes. Je branche tout ça et je démarre l'ordinateur. Bon, ça fonctionne. Il me faut encore récupérer le pilote pour le scanner et une sauvegarde de mon profil Firefox. Ça commence à prendre tournure. Pour tester, je fais un dessin rapide et je le numérise avant de le mettre en couleurs.
Pour ce qui est du iMac, je ne suis pas très optimiste. Je doute que ça ne puisse être "que" le disque dur qui soit à l'origine de ce blocage. Ce n'est pas impossible mais je ne suis pas très confiant. Je m'occuperai de ça plus tard. Mes finances ne me permettent pas vraiment d'envisager l'achat d'une machine de remplacement. Ceci dit, ce n'est pas comme si j'étais totalement dépourvu d'ordinateur. Ce qui m'ennuie, c'est que je vais sans doute avoir perdu quelques trucs, les derniers boulots qui n'ont pas été sauvegardés principalement. Bon. Il y a bien plus grave que ça.

Notes

[1] Ce billet est écrit dimanche

[2] On n'ose plus trop traiter des groupes humains de sauvages, de nos jours

[3] Ou peut-être des "pops"

[4] Donc, dimanche matin

[5] Acheté en 2005, je crois me souvenir

vendredi 27 juillet 2018

Quinze pouces pour un monologue

Le contexte est le suivant : un ordinateur portable Apple MacBook Pro 15" ne démarre plus. Il est amené à un Centre de Services Agréé Apple. Le diagnostic est posé, la machine est morte, la carte mère a lâché. Cela peut arriver, bien sûr, mais je m'étonne. La carte mère a été changée gratuitement il y a quelques années dans le cadre d'un programme de remplacement de ces cartes mères à problème. Je propose que l'on m'envoie l'ordinateur pour que j'y regarde de plus près.
La machine arrive à Azerat hier. J'essaie de la démarrer et constate qu'elle refuse d'aller au bout du démarrage. Pour autant, aucun signe, selon moi, d'une carte mère hors service. Je décide d'ouvrir.
Tout d'abord, une certitude : les services chargés d'établir le diagnostic n'ont pas ouvert la machine. C'est une certitude. Pour enlever le capot inférieur de ce MacBook Pro, il n'y a que quelques vis à enlever. On y parvient en moins de cinq minutes. S'ils l'avaient fait, ils se seraient aperçus de la quantité phénoménale de poussière.
Avant de démonter, je m'étais tout de même aperçu que la machine chauffait énormément. Cela ne m'étonne plus. Les ventilateurs sont plein de cette poussière. Cette même poussière qui recouvre toute la carte mère. Je dépose la batterie (trois autres vis) et je nettoie tout ça. Je remets la batterie en place, je pose le capot inférieur sans le fixer et j'essaie de démarrer. Il n'accepte pas du premier coup mais, finalement, voilà, la machine est démarrée.
Soyons honnête, si la machine a démarré, elle ne fonctionne tout de même pas très bien. Je soupçonne un problème logiciel et tente une mise à jour de Yosemite (Mac OS 10.10) vers El Capitan (Mac OS 10.11). Il y a tout de même un comportement bizarre. Par exemple, je n'ai pas accès aux utilitaires comme celui qui permet de vérifier le disque dur, de le formater, de le partitionner. Non, au lieu de cela la mise à jour commence directement. Je suis étonné.
Je demande s'il faut sauvegarder les données. On me dit qu'elles sont déjà enregistrées sur un disque dur externe et que je peux faire ce que je veux. Bien. J'insiste. J'essaie de procéder à l'installation de Sierra (Mac OS 10.12). C'est là que j'ai l'idée de filmer l'opération.
Alors, tout au long de cette opération, j'étais persuadé que ce MacBook Pro était un modèle 2012. Je n'avais pas pris la peine de vérifier. Contrairement à ce qui est dit dans la vidéo, c'est une version de début 2011. Ça ne change pas grand chose. Au moment où je "monte" le film, je me dis aussi que je vais masquer le nom de l'entreprise qui a déclaré l'ordinateur foutu. Après tout, je n'ai aucune raison de lui faire de la publicité.
Pour l'heure, j'ai donc un ordinateur qui fonctionne sous High Sierra (10.13). Je suis en train de le faire travailler à faire la mise à jour de quelques logiciels, ça fonctionne très bien. Hier, tout de même, l'ordinateur a planté. Aussi, je ne dis pas qu'il est complètement sorti d'affaire. Je le garde en observation. Bref, la vidéo doit être considérée comme un (long) monologue à visée humoristique. Je considère que la société qui a fait le diagnostic l'a fait un peu trop rapidement, c'est sûr. Pour une machine foutue, elle fonctionne tout de même très convenablement. Hier soir, j'ai fait passer les tests de diagnostic matériel de chez Apple. Aucun souci n'a été mis à jour. J'ai bon espoir.

mercredi 25 juillet 2018

Ce n'est pas que j'aie envie de râler…

C'est un "client" pénible, le plus pénible de tous. A ce niveau, c'est de l'art. Ce client, je l'ai rencontré à la fin des années 90. A l'époque, il était à la tête d'une société de presse. Il éditait plusieurs titres de périodiques et il était devenu mon patron. A l'époque, je bossais pour Sud-Ouest et je voyais là la possibilité de me diversifier un peu, d'écrire plus long. Notre collaboration n'a pas duré très longtemps. J'étais payé à la pige et je me suis rendu compte assez rapidement que l'on grappillait beaucoup sur cette pige. Je m'en étais ouvert à lui, il avait avancé l'excuse de période difficile, j'avais fini par arrêter de travailler pour lui. Nous nous étions quittés fâchés et c'était très bien ainsi.
Bien des années plus tard, une copine qui avait aussi pour copain ce type — le monde est petit en Périgord — m'explique qu'elle envisage d'organiser un repas qui pourrait permettre de nous rabibocher. J'étais passé à autre chose, c'était de l'histoire ancienne, j'accepte la proposition en indiquant tout de même que si l'on m'y pousse, je n'hésiterais pas un instant à remettre cette affaire de petite escroquerie sur la table. Le repas a lieu, agréable. Le bonhomme, charmant par ailleurs, reconnaît sa faute et s'excuse. Bon. Moi, j'ai arrêté toute activité "journalistique", je travaille à autre chose dans une maison d'édition, j'accepte les excuses et profite des excellents vins présents.
Peu de temps après, cette personne m'appelle pour un problème informatique. Je vais le dépanner. A cette occasion, il m'explique son intention de monter un site Internet traitant de l'actualité périgordine. Il a besoin de quelqu'un qui pourrait l'aider à construire ce site. Il a suivi une formation mais il n'arrive pas à faire ce qu'il souhaite. On se met plus ou moins d'accord sur mes tarifs et, ma foi, on se retrouve les mercredis après-midi durant presque une année entière pour travailler sur ce projet.
Enfin, le site est terminé et en ligne. Tout pourrait aller pour le mieux. L'utilisation du site est assez simple et il me semble que mon client devrait s'en sortir aisément. Je lui ai expliqué les bases du html, je lui ai appris à utiliser l'éditeur intégré au cms. Normalement, il ne devrait pas y avoir de problème. Sauf que ce client a une certaine tendance à réussir l'exploit de produire du code pourri jusqu'à l'os. Comment fait-il ? Mystère ! Il doit cliquer un peu partout au petit bonheur la chance en se demandant ce que cela pourrait faire si il faisait ceci ou cela. Parfois, ça fonctionne presque mais, le plus souvent, ça casse tout. Et ce n'est, malgré tout, pas le but recherché. On pourrait croire que si mais non.
Alors, le client m'envoie un mail ou m'appelle pour que je répare, que je corrige. Moi, patient, je m'exécute et explique une fois de plus comment éviter les erreurs. Contrit, le client bât sa coulpe et assure que cette fois il a bien compris. Ce qui est merveilleux, c'est que cette personne a une capacité hors du commun de tout oublier à une vitesse stupéfiante. Alors, c'est de nouveau un courrier électronique ou un coup de fil et une nouvelle séance de dépannage.

Ce site vit quelques années avant d'être plus ou moins abandonné. C'est qu'un site Internet d'information, il faut s'y tenir. Je comprends la déception de constater que les visites ne sont pas au rendez-vous, que le public ne vient pas sur le site. Les demandes d'intervention s'espacent, le site ne propose plus beaucoup de nouveaux articles. C'est un peu dommage, l'outil pouvait être intéressant.
Ce matin, je reçois un message. A l'occasion du passage du président Macron à Périgueux, mon client a voulu se fendre d'un article. Evidemment, il a foiré la rédaction de son article. Cette fois-ci, il a fait très fort. Je ne vais pas vous expliquer ici les erreurs commises mais, vous pouvez me croire, c'est du grand art. Je finis de boire ma ration de café et je m'y mets.
D'abord, retrouver les codes pour avoir accès à la partie administration du site. C'est que je n'y suis pas allé depuis déjà pas mal de temps. Bon, voilà, j'ai trouvé. Alors… Ah oui ! Tout de même ! OK. Je nettoie le code des balises inutiles, des règles idiotes, j'en profite pour corriger quelques fautes d'orthographe et je mets la nouvelle version en ligne. Ça fonctionne nettement mieux maintenant. Je préviens ce client que c'est réparé. Il m'appelle dans la foulée pour me remercier mais aussi pour me dire qu'il a un petit souci informatique. Il me demande si je peux passer le voir dans l'après-midi. Allez savoir pourquoi, je m'entends lui répondre que oui, que j'avais plus ou moins prévu d'aller faire des courses… Je me demande si je ne suis pas un peu con, moi.

Sinon, une photo récente d'une sculpture de Gérard Bouvier, artiste avec qui je travaille de temps à autres.

sculpture

mercredi 11 juillet 2018

HAL, là, là…

A l'aube de l'Humanité. Des pas encore tout à fait hommes. Encore des singes ? Une querelle entre deux groupes, la découverte de l'outil, de l'arme. Un monolithe noir.
L'espace. Une navette rejoint une station spatiale. La Lune et de nouveau ce monolithe noir.
L'espace toujours, un vaisseau spatial en route pour Jupiter. Cinq passagers dont trois sont plongés en léthargie profonde. Ah non, pardon. Six passagers. Cinq êtres humains et HAL 9000, l'ordinateur qui gère tout.


En 1968, "2001: A Space Odyssey" sort sur les écrans. C'est devenu ce que l'on appelle un film culte. C'est un film de Stanley Kubrick. Hier, le film était projeté dans sa version restaurée au cinéma VOX de Montignac. Comme je n'avais jamais vu ce film au cinéma, sur un grand écran, dans le noir, avec une belle qualité d'image et de son, j'y suis allé. Bien sûr, j'avais déjà vu le film. Plusieurs fois, même. Mais là, je ne regrette pas. C'est encore plus beau faute d'être beaucoup plus clair.
Parce que, oui, je l'avoue, je ne comprends toujours pas. C'est quoi ce monolithe ? Et puis, la scène finale, elle veut dire quoi donc ? Des questions, je n'en manque pas. Dommage que je n'aie pas les réponses qui vont avec. Quoi que ?

Normalement, je n'aime pas beaucoup les films de science-fiction. Je n'aime pas vraiment la science-fiction d'une manière générale, je peux même dire. Il y a quelques exceptions comme ce film (et quelques autres), quelques romans (Douglas Adams). En BD, je crains de ne rien aimer vraiment. Je ne suis pas certain que "2001: l'odyssée de l'espace" soit uniquement un film de science-fiction. Je n'y comprends rien ou pas grand chose sur le fond mais c'est peut-être très bien ainsi. J'aime à penser qu'il y a un message et que je ne suis pas (encore) assez intelligent pour le comprendre. Ça ne me dérange pas. D'abord parce que la photographie, la bande-son, la mise en scène, le jeu des acteurs, tout, me plaisent. Je me laisse envahir par les images et le son et je pars en voyage pour un peu plus de deux heures. Et je trouve ça merveilleux et ça me suffit.

lundi 25 juin 2018

Par l'attribut sub-nasal de Plekszy-Gladz

Ce qu'il y a de super chouette avec l'informatique, c'est que le problème n'est jamais très loin. Quand je dis que c'est chouette, c'est parce que, par exemple, ça permet d'occuper un dimanche qui s'annonçait ennuyeux. Hier, j'ai l'idée de procéder à la mise à niveau d'un site Internet. Il y a une nouvelle version du CMS utilisé qui apporte un lot de nouveautés enthousiasmantes.
Prudent, je fais une sauvegarde de la base de données et de l'ensemble des fichiers du site. Selon l'éditeur du CMS, la procédure est assez simple. Il suffit de suivre à la lettre le tutorial publié à l'intention des personnes désireuses de mettre leur site à niveau. Tout devrait bien se passer. Je lis le tutorial, le relis, pense tout comprendre bien comme il le faut et me lance.
Il est conseillé de sauvegarder la base de données et les fichiers. Ça tombe bien, je l'ai fait. On me dit que je dois créer un nouveau répertoire à la racine du site et y placer tous les fichiers de l'ancienne version du site. A cette même racine, on me dit de téléverser l'archive de la nouvelle version du site et de la décompresser en SSH. Ok. Pas de souci. Je lance le terminal de MacOS et tape les commandes utiles. Bien. Après, il faut récupérer quelques répertoires et fichiers de l'ancien site et les placer dans le nouveau site en écrasant ce qui existe. Aucun problème. Ensuite, il est question d'ajouter un nouveau préfixe aux entrées de la base de données. Je me rends sur l'interface de phpMyAdmin et fais ce qui est demandé. Enfin, on m'explique qu'il faut me rendre à une url permettant de lancer la mise à niveau. Je m'exécute.


Quelques champs à compléter, quelques cases à cocher et la mise à niveau se lance. Je passe les pages les unes après les autres, on me demande de bien vérifier que la base de données est bien celle définie, je réponds que oui. Un message m'avertit que la conversion des tables est en cours. Ça progresse à vive allure !
Un message de congratulation vient m'annoncer que tout s'est bien terminé et que je n'ai plus qu'à aller sur l'administration du site pour finaliser la mise à niveau. Je le fais. Ah mais c'est que non ! Ça ne va pas du tout en fait ! Pourquoi il n'y a plus rien de tout ce qu'il y avait sur le site ? Et pourquoi donc tout a été remplacé par des données d'exemple ? Ce n'est pas ce qui était prévu, me semble-t-il.
Je cherche à comprendre, je ne comprends pas. Je tente de trouver une solution à ce problème sur les forums, rien. Je me dis que j'ai dû salement merder à un moment donné. Bon. J'ai des heures à tuer, je vais tout effacer et repartir sur l'ancienne version. Je remets tous les répertoires et fichiers du site chargés sur mon ordinateur sur le serveur après avoir tout effacé sur celui-ci. Je vide complètement la base de données et importe la sauvegarde faite quelque temps avant. Normalement, ça devrait marcher. Non ?
Eh bien non, ça ne marche pas. Et alors là, je commence à m'agacer. J'ai une erreur 500 persistante. Un problème de droits sur les fichiers ? J'essaie de restaurer les droits par défaut. Rien à faire, ça ne marche pas. J'essaie des trucs et des machins avant de baisser les bras et de me préparer à devoir tout refaire. C'est ce que j'ai commencé à faire ce matin, sur une installation toute neuve. Ça va aller, il n'y a pas tant de trucs. C'est juste que je ne comprends rien à ce qui a pu se passer. D'autant moins que ce n'est pas la première fois que je m'amuse à ce genre d'exercice.
Vous pouvez aller vous recoucher.

lundi 5 février 2018

Fatal dessin

J'étais en train d'encrer le dessin du jour. Devant moi, l'ordinateur était allumé et j'ai eu l'idée d'aller sur un site Internet. Le navigateur s'est mis à patauger dans la semoule sans parvenir à ouvrir la page demandée. Je décide d'aller voir un autre site mais le navigateur donnait tous les signes d'un beau plantage. Je cherche à quitter l'application et celle-ci semble bien bloquée. Bon. Je retourne sur le Finder et le moins que l'on puisse dire c'est que ça ne marche pas très bien.
Je décide de redémarrer cet ordinateur qui tourne depuis plus de quinze jours. Hum… La barre de progression se bloque vers la fin du démarrage. Je vais chercher une clé USB sur laquelle se trouve l'installateur du système. Je pense à un disque dur en train de lâcher. L'ordinateur démarre depuis la clé. C'est bon signe. Je me dis que je vais devoir ouvrir la machine pour changer le disque dur. J'ai un SSD dont je ne fais rien, ça va être l'occasion de donner un petit coup de fouet à cet ordinateur âgé de plus de dix ans. Avant, pour m'assurer que le problème vient bien du disque dur, je lance l'utilitaire permettant de contrôler l'état de ce dernier. Ça prend son temps et ça me sort un message d'erreur un peu étrange. Je relance une vérification et cette fois on me dit que le disque est en bon état. Bizarre.
Toujours depuis cette clé USB, je tente de définir le disque de démarrage pour redémarrer depuis le disque dur. Le système se bloque. Je procède à un redémarrage forcé en appuyant longuement sur le bouton de démarrage et en relançant l'ordinateur. La barre de progression avance et se bloque de nouveau mais, en plus, l'ordinateur s'éteint de lui-même. Je n'aime pas ça du tout. Nouvelle tentative, même résultat. L'ordinateur amorce un démarrage et s'éteint. Bon. Il est en panne.
Il est trop tôt pour poser un diagnostic. Ce peut être le disque qui fout la merde mais j'ai le sentiment désagréable que c'est plus profond. Ça ne m'arrange pas parce que je vais avoir besoin d'un Mac portable rapidement. Je vais tenter d'en trouver un d'occasion à distance raisonnable. Je sens que la journée d'aujourd'hui va être consacrée à ça alors que j'ai du boulot en retard. C'est la vie hein…
Ce qui est amusant, c'est le rapprochement que je fais avec le dessin que j'étais en train d'encrer. Prémonition ? Simple hasard ? Coïncidence ? Peu importe. J'ai fini d'encrer le dessin et c'est déjà une bonne chose de faite.

Trois roues de pro

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