mardi 2 avril 2019

Sur la piste du génie

Les enquêteurs Dan Ball et Ali Soue étaient partis tôt ce matin là. Ils avaient reçu pour mission de remonter la piste qui devait mener jusqu'au génie des sales pages masqué repéré à Changé, en Mayenne, là-bas, loin, aux limites du monde civilisé, en des terres inhospitalières et désolées. Ils avaient maugréé, ils avaient tenté de transiger avec leurs supérieurs mais ces derniers avaient été fermes et décidés, c'étaient à ces deux enquêteurs d'élite que revenait la difficile affaire. Il dépendait d'eux de faire toute la lumière sur celle-ci. Ils avaient pris la route pour Angoulême en prenant les petites routes dans ce petit matin qui déjà les éloignait du Périgord glorieux.
Après une halte propice à la vidange de leur vessie, les deux fins limiers reprirent la route. Ali avait pris le volant et il conduisait vite en gardant un œil vigilant pour traquer les éventuels radars. On avait quitté la Charente, on était dans le département de la Vienne, on se dirigeait vers les Pays de la Loire et le département du Maine-et-Loire, Angers. Ils y prirent un repas. Dan Ball devait y rencontrer un informateur qui rejoignit les enquêteurs alors que les cafés étaient servis. Discrètement, ils se rendirent dans un pavillon servant de couverture et ils convinrent de la suite de l'affaire pour le lundi suivant au plus tard.
Ali Soue reprit le volant et la petite centaine de kilomètres les séparant de Changé fut avalée rapidement sans problème majeur. Un rendez-vous avait été donné pour 16 heures à la médiathèque municipale. Malgré quelques difficultés pour trouver le lieu et grâce à l'aide bienveillante des indigènes, l'automobile s'arrêtait devant le bâtiment de facture moderne à 15h59. Les deux enquêteurs se précipitaient dans la médiathèque et se dirigeaient d'un pas décidé jusqu'à l'accueil où on leur appris que le génie des sales pages masqué était déjà reparti. C'était un coup dur. Sous l'œil réprobateur de Dan Ball, l'agent spécial Ali affirma avoir pourtant envoyé un courrier électronique au génie des sales pages. Il partit à l'automobile pour y prendre le téléphone portable qu'il avait dans une poche de sa parka militaire pour le cas où il aurait quelqu'un à appeler ou, cela pouvait arriver, répondre à un appel. Il chercha le numéro de téléphone du génie des sales pages qu'il avait réussi à se procurer et attendit que l'on décrochât. L'attente parut longue mais enfin une voix se fit entendre. C'était lui ! Le temps grimper sur son vélo et il arrivait.

L'enquête était délicate et il était question de ramener des preuves photographiques. Chargé de son sac, Ali avait déjà l'appareil photo bien en main et il vérifiait ses réglages. Il n'était pas question de foirer la mission par un manque de préparation.
La bicyclette arriva chargée du corps puissant du génie des sales pages lui-même. Il ne fallait pas paraître impressionné, c'était une des bases du métier de l'enquêteur, ne rien laisser paraître, laisser penser que l'on en avait vu d'autres et pas des moindres. Pensez donc ! Les enquêteurs saluèrent le génie des sales pages et ils entrèrent à sa suite dans la médiathèque. Afin de déstabiliser le génie des sales pages, les enquêteurs décidèrent de le bombarder de questions abruptes dès tout de suite et sans plus attendre. Dan Ball menait l'interrogatoire tandis que Ali Soue faisait des images.

Les planches sont bien présentes, on ne nous avait pas menti

Il s'agissait de ramener un maximum d'éléments de preuve pour accréditer l'existence du génie des sales pages. Il convenait de réussir à ramener une photo de lui et il s'agissait de ne pas se rater sur ce coup. Usant d'un stratagème astucieux, maquillé en touriste japonais, Ali faisait mine de photographier un peu tout et n'importe quoi avec l'espoir que l'on finisse par ne plus faire attention à ses agissements et, surtout, que l'on ne comprenne pas ses buts réels.

le génie des sales pages est dans la boîte !

Roué, fin psychologue, l'enquêteur Ball avait pensé à se munir de documents capables d'attirer le génie des sales pages dans ses rets. Il les agita à bonne distance du génie des sales pages qui ne put rester insensible à l'appât et s'approcha pour mieux voir ce dont il s'agissait. Non loin de là, Soue mitraillait dans son costume nippon sans discontinuer.

Le piège se referme sur le génie des sales pages attiré par les colifichets remués sous son nez !

Le piège se refermait sur le génie des sales pages. Les photos se multipliaient, l'identification ne ferait désormais plus aucun doute. Il s'agissait à présent pour le miraculeux Dan Ball de convaincre le génie des sales pages d'accepter de réaliser un dessin de sa main sur un ouvrage précis en échange d'un imprimé illustré amené pour le piéger.

Dan Ball fait mine de remettre son cadeau dans sa besace sous l'œil on ne peut plus inquiet du génie des sales pages qui pense son cadeau déjà perdu.

Finalement, le génie des sales pages accepte le marché non sans déclarer qu'il faudra que les enquêteurs acceptent de le suivre dans son repaire. Dan Ball et Ali Soue sentent le piège mais ils se savent assez forts pour s'en sortir la tête haute quitte à user de violence si nécessaire. Avant de suivre le génie des sales pages, Dan Ball vérifie sur un album mis à disposition des visiteurs de la médiathèque que les plans de la bombe à neutrinos corvo-parallèle ne s'y trouvent pas. Rassuré sur ce point, il accepte d'abandonner sa lecture là où il en est.

Il y a tout de même bien trop de 2cv jaunes pour que ça ne cache pas autre chose.

Mais soudainement, le génie des sales pages s'en vient à se demander s'il ne serait pas en train de tomber dans un traquenard à son insu. Il décide de réfléchir en son for intérieur toute affaire cessante sans plus faire attention à cet imbécile de Japonais qui continue à photographier tout et n'importe quoi.

le génie des sales pages en pleine réflexion

D'un seul coup, sans que personne ne s'y attende, le génie des sales pages a un coup de génie des sales pages soudain. Il se précipite à l'extérieur de la médiathèque de Changé (Mayenne) et enfourche sa bicyclette. Les enquêteurs n'ont que le temps de rejoindre leur automobile et de se lancer dans une folle course-poursuite. Heureusement, le génie des sales pages est gêné dans sa progression par un véhicule agricole manœuvrant à faible allure. La filature, discrète, permet d'interpeller le génie des sales pages alors qu'il tente de cacher son vélo dans son garage pour le soustraire à la vision des enquêteurs. Il est pris la main dans le sac et il ne peut faire autrement, dès lors, que de se rendre sans condition.

le génie des sales pages accepte de montrer son laboratoire secret où il élabore ses dessins

Les enquêteurs s'en doutaient un peu mais à présent c'est une certitude solidement chevillée au corps qui les convainc totalement : le génie des sales pages est droitier et il dessine au Rotring© ! Sous la menace, le génie des sales pages accepte de dessiner gratuitement une 2cv sur une page de son album de bandes dessinées. A présent, il a compris que le Japonais était plutôt un Égyptien déguisé voire un Libanais travesti. Il n'est plus en mesure de lutter, il a baissé les bras, il se laisse photographier la mort dans l'âme. Les forces de l'ordre ont vaincu !

La mine est grave mais la main s'exécute. le génie des sales pages n'est plus de taille à lutter contre les enquêteurs qui ont gagné la bataille

le génie des sales pages essaie de justifier ses actes mais il n'est pas dans les missions de nos enquêteurs d'élite de juger du bien fondé de ses agissements. Se saisissant d'un dossier, le génie des sales pages montre à un Dan Ball et à un Ali Soue impavides ses secrets les plus intimes, la documentation qu'il utilise, les résultats de ses recherches.

le génie des sales pages prend les enquêteurs à témoin en dévoilant des planches originales encrées au noir. Suspectant que l'on tente de les amadouer, les enquêteurs ferment les yeux.

Dans une ultime tentative désespérée, le génie des sales pages essaie alors de mettre la main sur un jerrycan d'essence sans plomb qu'il garde toujours par-devers lui pour les cas les plus désespéré afin de s'immoler par le feu. Ainsi, ses plans secrets qui auraient pu lui permettre de conquérir le monde disparaîtraient avec lui dans un incendie spectaculaire et chaleureux. C'était sans compter sur le professionalisme des deux enquêteurs qui, subrepticement, avaient écarté allumettes et briquets. Alors, tout alla très vite. Le coupable était désormais débusqué, il n'y avait plus aucun doute, on le tenait. Le monde libre était sauvé ! Avec un rien de solennité, Dan Ball extirpa une paire de menottes du fond de la poche gauche de son pantalon de velours cotelé et les passa aux poignets du dangereux génie des sales pages du mal. Son sort allait désormais être du ressort de la justice. Les enquêteurs, une fois encore, avaient rempli leur mission avec célérité et ils pouvaient espérer une belle promotion.

le génie des sales pages juste avant de se faire passer les bracelets essayant une dernière fois d'endormir nos valeureux enquêteurs avec des crayonnés d'ambulance Citroën servant de travaux de recherche pour un feuilleton en bandes dessinées prétendument publié chaque mardi.

lundi 26 novembre 2018

Hipophraste Dressingstone

Tout jeune déjà, le petit Hipophraste Dressingstone forçait l'admiration de ses parents. Il n'avait pas encore six ans — puisqu'il n'en avait que quatre — lorsqu'il montra les premiers signes de son intérêt pour les techniques mécaniques en démontant le réveille-matin de ses parents. Bien sûr, un enfant si jeune n'était pas en mesure de le remonter convenablement et il se contenta de replacer l'horloge vide de ses éléments constitutifs sur la table de chevet. Cet épisode fut à l'origine du blâme que reçut M. Dressingstone pour "retard intolérable" dès le lendemain.
Bien plus tard, très exactement presque une semaine après, c'est aux pneumatiques de l'automobile familiale que le petit diable s'intéressait. Nouveau blâme pour raison similaire pour le parent, fessée pour le gamin. Cette brimade allait éloigner Hipophraste de la science à tout jamais au presque. En effet, alors qu'il allait fêter son dixième anniversaire dans les années suivantes, il n'avait alors que sept ans et demi, Hipophraste prouvait au monde qu'il n'avait pas perdu son âme de petit garnement et de génie de la mécanique. Il allait démonter le vélo du petit Thomas, camarade de classe, à l'aide d'une scie à métaux et d'un gros marteau. Le vélo ne roulera plus jamais mais la vocation était née, Hipophraste deviendra cadre ou rien !
Et de fait, il faut le reconnaître, il ne devint jamais cadre. Pourtant, il ne se découragea pas le moins du monde et, honoré par un diplôme tout neuf délivré le jour de son vingtième anniversaire par ses parents le reconnaissant désormais comme Grand Ingénieur en Chef de l'école Polie-comique (il ne s'agissait en fait que d'un diplôme humoristique, vous l'aurez compris, vous…), Hipophraste décida de consacrer le plus clair de son temps libre (et il en avait, le bougre !) à la réalisation de son grand projet, une motocyclette novatrice de grand luxe et de grande puissance. Il puisa tout l'enseignement nécessaire à la réussite de ce projet dantesque dans les exemplaires des revues "Système D" et "Science & Vie Junior" ainsi que dans le "Manuel des Castors Juniors" qui ne le quittait jamais. Avant de passer à l'établi et aux outils, il prit une feuille de papier et un stylo pour rédiger un cahier des charges.
La motocyclette de ses rêves devait avoir une roue devant et une autre derrière. Pour s'asseoir, une selle était prévue et celle-ci devait pouvoir se positionner légèrement sur l'arrière et devant un guidon chargé de diriger la machine en un mouvement oscillant vers la droite et la gauche selon la configuration du terrain. Un moteur d'une cylindrée comprise entre 350 et 500cc allait avoir la mission de fournir le mouvement et la puissance à l'une des deux roues. Entre roue et moteur, Hipophraste jugea intéressant de placer deux dispositifs, une boîte à vitesses (deux pour aller en avant et une pour aller en arrière) et un embrayage à deux disques dont l'un serait plutôt en forme de cercle. Pour s'assurer de ne jamais dépasser les limitations de vitesse, il fut décider de placer un tachymètre visible depuis le poste de pilotage. Plusieurs croquis furent exécutés et servirent à la constitution de plans cotés d'une précision remarquable.
Les roues, les pneumatiques, divers accessoires et organes furent récupérés sur des motocyclettes mises au rebut. Le moteur fut remonté à partir de quelques modèles disparates modifiés, améliorés et adaptés par ce constructeur de génie. S'il avait hésité un moment entre le moteur à deux et à quatre temps, il se décida pour un cycle à trois temps de son invention qu'il serait bien trop long de décrire ici et qui, de toutes façons, est protégé par tout un tas de brevets. On peut juste en dire que le système fait appel à une chambre de condensation-répulsion commandée par clapets automatiques à bi-révolution opposée.
Une fois le moteur mis au point et placé dans le morceau de cadre découpé juste là où il était le plus intéressant de le faire, Hipophraste nota que l'idéal était bien entendu d'opter pour une roue avant motrice. L'entraînement de la turbine hydraulique étant assuré par un engrenage pris sur un arbre à cames furtif placé en tête. L'entraînement de la pompe du liquide hydraulique serait, quant à lui, assuré par une autre turbine mue par la puissance des gaz d'échappement. Un système somme toute élémentaire auquel, cependant, il fallait penser.
Au terme de quinze années de travail laborieux, la motocyclette était fin prête pour parcourir ses premiers kilomètres. Au guidon de sa machine, Hipophraste réalisa un premier tour de France à une moyenne très constante qui le ramena juste à la porte du garage qu'il avait quitté douze jours auparavant. L'essai était des plus prometteurs. Aucune panne n'était venue ternir ce galop d'essai mais ceci n'empêchait pas de revenir avec un carnet empli de notes qui allaient bien servir pour encore améliorer ce prototype.
Après avoir gravi le Kilimandjaro, s'être rendu en Terre de Feu et au Cap Nord, à Kyoto et à Tokyo, à Mexico et à Anchorage, la preuve était faite que sa motocyclette était la meilleure, la plus fiable, la plus économique, la plus confortable et la plus pratique de toutes les motocyclettes jamais conçues par l'Homme. On peut, sur le document iconographique suivant, voir Hipophraste Dressingstone sur la route qui le mène au village proche où il va acheter son pain quotidien.

Photo d'époque

jeudi 9 août 2018

Le changement c'est maintenant

Hier, comme je n'arrivais pas à dessiner ce que je voulais[1], j'ai eu[2] une idée de génie. J'allais tout changer. Plutôt que de me faire du mal à ne pas parvenir à réaliser les dessins souhaités, pourquoi ne réussirais-je pas à faire ceux que je ne cherche pas à faire ? Comme souvent, les idées géniales sont les plus simples. Prenez l'histoire de l'œuf de Christophe Colomb[3]. Mais pour réussir dans mon entreprise, il fallait que je change mes petites habitudes, que j'en change radicalement. Pour ce faire, j'ai d'abord remisé mon porte-mine habituel[4] et ai sorti un brave Critérium 2mm en aluminium. J'ai conservé le papier mais ai abandonné l'idée de l'encrage. Adieu encre et pinceau ! On simplifie, on arrête de se prendre le chou avec ces techniques bourgeoises d'un autre temps ! Ouste !
Bon. J'ai le Critérium, j'ai le papier. Et après ? D'abord, avant tout, résister à la force de l'habitude. Plus jamais, j'en fais le serment, je ne dessinerai de motocyclette, farfelue ou pas. Plus colonellement[5], je ne dessinerai plus de véhicule. Fini. Dans le même ordre d'idée, je ne vais plus faire que des dessins libérés de toute idée fondatrice. Je vais dès à présent "faire" dans le dessin improvisé d'expression libre. On verra ce que cela donnera (ou pas). Si je me refuse d'avoir recours à l'idée même d'idée, je m'oblige désormais à ne faire appel qu'à des messages positifs. L'amour, la joie, le bonheur, la vie, les petites fleurs, le bon vin et l'optimisme.
Ainsi, vous l'aurez compris, ce blog cesse de nuire.

Paix, amour et félicité
Je réfléchis d'ailleurs à élargir le champ de ma réflexion à la photographie. J'hésite entre arrêter d'en faire et n'en faire plus que de la "spontanée". Dans l'idée, je me refuserais de m'en remettre à ces petits artifices que sont la mise au point, les réglages d'ouverture de diaphragme ou de temps d'exposition et toutes ces choses. J'imagine même que je pourrais (ou devrais ?) cesser de chercher à cadrer de telle ou telle manière. On me souffle dans l'oreille que je n'invente rien et que ce concept créatif a été utilisé et même épuisé avec la lomographie. C'est vrai mais ma démarche ne vise pas à inventer ou à innover. D'ailleurs, j'en arrive à me demander si je ne pourrais pas décliner ce champ d'abstraction créatif à l'écriture en m'affranchissant de l'orthographe[6], de la grammaire, de la syntaxe voire du sens même. Là, à mon avis, ça tendrait vraiment à l'art total.

Notes

[1] je dessinais très bien ce que je ne voulais pas, en revanche

[2] une fois de plus

[3] quoi que je n'aie jamais bien pigé où était le génie dans cette affaire

[4] un Pentel P205

[5] il y en a toujours pour les généraux, faut savoir voir plus petit

[6] c'est bien la moindre des choses

vendredi 8 juin 2018

Du bon usage de la brouette

J'ai déjà abordé ce sujet[1], et j'y reviens avec une nouvelle image faite, là aussi, à l'Abbaye Nouvelle, dans le Lot, lors de la Fête des Plantes qui s'y tient chaque année. Je m'étais amusé de railler Trump qui s'était auto proclamé "génie" en montrant qu'il y avait plus génial que lui.
Les jeunes que l'on peut voir installés dans les brouettes sont des bénévoles qui proposent aux visiteurs de conduire leurs achats, plants, arbres, fleurs et autres, jusqu'aux parking improvisés dans des prés à l'écart du petit village. Lorsque le client se fait rare, ils savent utiliser les brouettes à bon escient pour discuter de tout et de rien et profiter du temps qui passe et de la chaleur du soleil. Et moi, je trouve cela bien agréable de voir ces jeunes prendre du bon temps. Ça me fait plaisir de voir ces jeunes heureux, insouciants des petits ou grands tracas de notre monde. Ça me met de bonne humeur, ça me provoquerait presque un accès d'optimisme, je me mettrais presque à croire que l'humanité pourrait avoir un avenir heureux et pacifique.
Alors que certains vieux cons se plaisent à critiquer la jeunesse qui, selon eux, ne saurait pas, ne vaudrait pas grand chose, irait à vau-l'eau et serait la preuve vivante de la déliquescence du monde, je vois là tout au contraire une preuve d'intelligence. Après, je les comprends un peu, ces vieux là. Ils savent bien qu'ils ne sont plus jeunes et que, pire encore, ils l'ont été. Ça, ça doit être rude à supporter, c'est bien certain.

Bénévoles de la fête des plantes

Note

[1] En début d'année 2018 avec une photo en noir et blanc et à propos de génie

dimanche 7 janvier 2018

Bien plus génial que Trump

Franchement, si ce n'est pas du génie, c'est à n'y plus rien comprendre. Non pas que je sois un spécialiste question génie, non, je n'ai pas cette sotte prétention, mais je me targue de savoir le reconnaître lorsque je suis confronté à lui et là, moi je dis qu'il faut être génial pour penser à ça. Ça ne me serait pas venu à l'idée. Face à une brouette, je n'aurais vu que l'engin utilitaire, la fonction première. Ce jeune a, lui, compris le parti qu'il pouvait tirer de l'objet. Il l'a détourné au propre comme au figuré. Détourné pour lui mettre la roue en l'air; détourné pour changer sa fonction. D'objet utilitaire, il en a fait un objet de détente. Et ça, oui, c'est génial.

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