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mercredi 29 avril 2020

L'économie française prête à redémarrer

samedi 8 février 2020

Virus et tradition

vendredi 7 février 2020

Charlatans et escrocs au programme du Salon du bien-être et des médecines douces de Thenon

Je pourrais ou devrais m'en foutre. Sans doute devrais-je considérer que les abrutis ont bien le droit de croire à ce qu'ils veulent, qu'ils ont bien le droit de se laisser escroquer, qu'ils ont bien le droit de vivre leur vie d'abruti. Après tout, je laisse les croyants religieux libres d'aller à l'église, au temple, à la mosquée, à la synagogue ou là où ils pensent devoir aller. Je m'en fous. Tant qu'ils ne m'obligent pas de les suivre dans leurs délires, néanmoins. Je laisse libres celles et ceux qui pensent se soigner avec du sucre ou les autres qui font l'amour avec les arbres ou qui sucent des cailloux. Juste, je considère que la société n'a pas pour rôle de les aider à financer leurs pratiques ridicules. Ainsi, je soutiens la décision de ne plus rembourser l'homéopathie. Je considère que je suis relativement conciliant avec les tarés mais il y a des limites.
Ces limites sont atteintes avec la tenue du 7e Salon du bien-être et des médecines douces de Thenon ces 7, 8 et 9 février. Ce qui fait naître la colère, c'est que je découvre que ce salon de pseudo-sciences et de pseudo-médecines, cette réunion d'escrocs et de charlatans (il faut les appeler par leur nom), est organisé par l'Office du Tourisme Vézère Périgord Noir. Et là, non, je ne l'admets pas. Comment cet Office du Tourisme qui reçoit des financements publics peut organiser pareille manifestation ? Je ne comprends pas et n'admets pas que des élus puissent de facto cautionner la tenue d'un salon de la supercherie et de la connerie patente. Ça m'agace, ça me met en colère.


On peut le voir sur l'affiche, ce salon reçoit l'aide de la commune de Thenon et de la Communauté de Communes mais aussi de la presse avec Ewanews, Radio Cristal et France Bleu Périgord. J'imagine que l'apport de ces derniers se limite (et c'est déjà bien trop à mon goût) à communiquer sur le salon, à faire venir du monde, à rendre public… et, c'est plus grave, à donner une caution à l'événement.
Lors de ce salon qui sera riche d'une trentaine d'exposants, il y aura des conférences. Il sera question du shutaïdo. Qu'est-ce que c'est que cette merde, encore ? J'ai cherché, j'ai trouvé ça :

Philippe Apruzzese, penseur inspiré, vous invite à entrer dans le monde merveilleux du Shutaïdo. Une méthode d'approche du bien-être humain, qu'il a conçue, mis au point et qu'il perfectionne jour après jour.

Le Shutaïdo est une Gymnastique originale qui permet dès les premiers mouvements de se mettre en phase magnétique avec la Terre et... l’univers. De retrouver son Identité intérieure, sa propre dimension spirituelle ce qui apporte autonomie et... "liberté d’Être".

C’est un Art qui a la particularité d’être en évolution permanente où chacun expérimente librement les courants d’énergies qui l’animent aux travers de divers mouvements spécifiques. Les changements de paramètres actuels bouleversent notre biorythme, notre boussole intérieure est déréglée. L’homme, s'il n’est plus en phase magnétique, "peut perdre le nord".

Le premier mouvement, à lui seul, permet de se mettre en phase magnétique avec la Terre chaque jour, de s'ancrer, de s'aligner, de se centrer (cela prend trente secondes!). Les techniques sont simples, bénéfiques et accessibles à tous. Ils peuvent aussi être pratiqués assis.

« Le shutaido est une discipline spirituelle, cosmogonique, procédant d’une série de mouvements programmés selon une méthodologie précise, et qui s’adapte instantanément aux nouveaux courants perpétuels universels.

L’efficacité de cette méthode repose sur l’incorporation de nouveaux courants d’énergies que le mouvement engendre. »

Et en toutes circonstances, garder votre libre arbitre!

Je sens la colère grandir. Je m'énerve, je m'agace, je fulmine. Je ne suis pas au bout de mes peines. D'un autre intervenant, Benjamin Sahler, on apprend :

qu'il aime parler avec son âme… depuis l’enfance

Un autre nous apprend que :

Cet enseignement que j'ai canalisé au mois d'octobre 2019, permet de nettoyer, guérir, reconnecter et unifier les différents espaces qui constituent le coeur vibral ou coeur quantique, mais également de mieux maitriser nos émotions dans la vie de tous...

Le quantique ! Nous y voilà. On touche le fond du fond. Le cœur quantique. Merde alors ! Là, ça doit être du lourd, du sérieux. Le cœur vibral, je ne sais pas trop mais le cœur quantique, oui, certainement, ça doit être du savant, du scientifique ! Connard, connard, connard ! Et tout ça grâce aux Rayons sacrés. Je n'invente rien, c'est dit, c'est écrit. Les rayons sacrés, ces sacrés rayons, ont un rapport avec le quantique ! Mais quels cons ! Quels sales cons ! Je suis en colère.

Un autre encore. Pierre Foucher. On pensait avoir touché le fond et pourtant, on continue de creuser. La bêtise et l'escroquerie est un puits sans fond.

Musique du soi,entre corps et esprit,
la voix exprime notre présence au monde,
nos joies et nos peurs,nos tensions intérieures,
notre vie émotionnelle.
Quand la voix se donne,l'être tout entier s'ouvre.
La voix libérée est acceptation,
don de soi,
écoute de l'autre
joie retrouvée,
OUI à la Vie.
Oser sa Voix,c'est oser être soi.

C'est beau comme une chiasse d'angelot. Je ne serais pas bienveillant et non-violent, je lui écraserais bien la tête à coups de masse de 10kg. Putain. Les cons !
Et ce n'est pas fini. Marion Jamet est Messagère voyageuse. Quel est la teneur de son message ?

Je m’inspire des traditions ancestrales amer-indiennes et chamaniques mongoles afin de soutenir tout cursus thérapeutique pour aller plus loin dans sa propre histoire, afin de réveiller son inconscient.

C’est comme si nous nous connections à plus ancien que nous, à des civilisations pleines de sagesse pour nous guider sur notre chemin de découverte de nous même.

Je mêle donc des pratiques et rituels ancestraux, avec des thérapies actuelles comme la respiration sacrée intuitive(inspirée de la respiration holotropique), le psychodrame et l’approche psycho-émotionnelle.

"Holotropique" ? Cherchez pas, c'est du véritable bullshit. Ce que je me demande, c'est comment il faut être dans sa tête pour être en mesure de débiter un tel torrent de conneries. Ou alors, il faut user de drogues ? Ou bien, c'est une hypothèse, il faut comprendre comment impressionner les gogos à qui on s'adresse ? Et que je te donne de la civilisation ancienne pleine de sagesse, du rituel ancestral, de la tradition perdue et lointaine. Ça me fait gerber, tiens.

Si on continue les recherches, on tombe sur ce qu'il est dit à propos de Véronique Viala :

Ces nombreuses années de recherche dans le domaine des thérapies et de la connaissances de soi, plus de 20 ans d'accompagnement avec la terre l'ont amenée à conscientiser et mettre en forme les multiples facettes d'une pédagogie basée sur le senti, ayant pour objectif le développement de la personne et de ses potentialités créatrices , l'Art du Senti . Dans sa démarche personnelle et pédagogique, elle relie l'écoute corporelle au travail sur la matière.

Elle, c'est une potière-sculptrice. Il n'y a pas de mal à ça sauf que là où le potier ou le sculpteur lambda se contente de faire de l'art ou des pots, elle, elle prétend faire de la thérapie. Alors, d'accord, je veux bien que, dans certains cas, la pratique du modelage de la terre peut être bénéfique. OK.

Ecouter le coeur, la porte de l'âme,
développe la communication avec la Conscience
ainsi que l'accès à ce réservoir immense d'intelligence en vous

Ça, c'est ce que nous raconte Tina d'Incayas. Je fatigue, je n'ai pas le courage d'aller plus loin. Allez, tout de même, histoire de bien nourrir ma colère, je termine avec une astrologue, Claude Jary des Loges, qui nous promet que 2020 est d'ores et déjà une année "historique" ! Youpi !

vendredi 13 septembre 2019

Une bonne action est une action qui rapporte plus

samedi 24 août 2019

L'Amazonie flambe par la faute du colibri qui n'a pas fait sa part du boulot

J'ai déjà dit ici tout le mal que je pense des Colibris et de leur discours moralisateur. Je ne vais pas revenir là-dessus mais voilà que les incendies qui détruisent la forêt amazonienne viennent à point nommé apporter de l'eau à mon moulin.
J'avais dit mes doutes quant à la fable du gentil petit colibri qui, inlassablement, avec obstination, va d'un point d'eau aux flammes dévastatrices pour contribuer à leur extinction. Il fait sa part du boulot, prétend-il, le pédant volatile agaçant. Aux autres de faire la leur et, ensemble, la victoire triomphera. Voire ! Cette fable m'horripile en cela qu'elle donne toute la gloire aux plus petites actions et que, du coup, elle incite à n'en point trop faire. Et puis, je n'aime pas les discours de Pierre Rabhi, je le reconnais. Et puis aussi, je suis d'une extrême mauvaise foi et d'un mauvais esprit qui forcent l'admiration des foules. Il n'empêche que le feu fait rage et que l'on n'entend pas trop les colibris faire des allers-retours vibrionnant au-dessus de la forêt.
Enfin moi, ce que j'en dis…

samedi 22 juin 2019

La bougie ou l'atome

Avec les nouveaux déboires de l'EPR de Flamanville, la question d'arrêter les frais se pose. A l'origine, il y a une quinzaine d'années, le budget pour la réalisation de ce réacteur de nouvelle génération s'élevait aux alentours de trois milliards d'euro. Aujourd'hui, on ne sait pas quand l'EPR entrera en fonction mais on sait que le budget sera multiplié par quatre au minimum. Sans doute aurait-il fallu prendre la mesure du fiasco lorsqu'il en était encore temps. Entre le couvercle de la cuve réalisé en un acier ne répondant pas au cahier des charges et les imprévus, nous en arrivons à présent à des soudures qui risquent de ne pas tenir le coup.
Pour les cadres du chantier, on pourrait mettre l'EPR en activité et revenir sur les travaux plus tard. Que le bazar risque de nous péter à la gueule n'inquiète pas outre mesure les experts d'EDF. Bon. C'est vrai que l'on peut croiser les doigts, se munir d'une bonne patte de lapin et espérer que tout se passe bien. Et puis, ce serait ballot d'avoir investi autant d'argent pour tout démolir. Il y a eu de l'investissement. L'investissement, c'est un pari sur l'avenir. Le pari que l'EPR finira un jour par produire de l'électricité. Le pari aussi qu'il n'y aura pas de fuite de radiations. Le pari que l'on saura réparer l'EPR plus tard. C'est une partie de poker avec son lot de bluff.
Nous sommes tous pareils. Lorsque l'on a investi une somme dans quelque chose, on est prêt à continuer à investir parce qu'il serait bien dommage de perdre la mise de fond. De peur de perdre de l'argent, on est prêt à risquer d'en perdre plus encore. Vous jouez une certaine somme au casino. Vous perdez. Bon. Au moins, vous aimeriez récupérer la somme de départ alors vous rejouez et vous reperdez et vous avez encore plus à récupérer alors vous jouez encore plus. C'est idiot mais c'est commun. Combien ont acheté une automobile d'occasion et ont investi de plus en plus de fric dans un véhicule qui se dépréciait de plus en plus ?
Si ça se trouve, avec un peu de chance, l'EPR de Flamanville fonctionnera un jour. Il aura coûté cher, il demandera une surveillance poussée, il ne sera sans doute jamais rentable mais nous aurons prouvé à la face du monde comment on sait bien faire avec notre système D dont nous sommes si fiers. Pour minimiser les pertes, on augmentera le coût de l'électricité et on nous racontera combien nous devons être fiers d'avoir de l'électricité propre qui ne produit pratiquement pas de gaz à effet de serre.
Alors le retour à la bougie, ma foi, pourquoi pas ? Plus sérieusement, réduire la consommation, économiser l'électricité (et le reste), remplacer toutes ces petites merveilles technologiques qui fonctionnent grâce à l'électricité par des systèmes mécaniques utilisant la force mécanique de nos petits bras. Les stores électriques, les portails automatiques, les volets roulants, l'électro-ménager inutile, les climatiseurs et tant d'autres ingénieuses machineries.

samedi 9 mars 2019

Pour rester en bonne santé, gardons-nous bien de tomber malade

Alors que notre collaborateur fait les gros titres du journal Ouest-France, premier quotidien français en termes de diffusion, avec l'annonce de sa séance de dédicaces à la médiathèque de Changé (Mayenne), il me vient à l'idée de faire un dessin plaisant pour promouvoir l'homéopathie.
L'idée n'est pas venue d'elle même, il m'a fallu l'aller chercher avec les dents. Pour être honnête avec vous, ce n'est pas l'idée que j'espérais trouver. J'en souhaitais une meilleure, une géniale, je n'aurais pas eu l'heur de la dénicher et il vous faudra vous satisfaire de celle là sans trop vous lamenter tellement elle aurait pu être pire encore. Par exemple, alors que je me creusais la tête pour trouver une idée, j'ai eu un instant la tentation de vous expliquer les courses faites récemment dans un supermarché dont je ne donnerai pas le nom afin de ne pas lui faire de publicité.
Si j'avais cédé à cette tentation simpliste, cela aurait donné quelque chose de bien lamentable de ce genre :

Parce que je n'ai plus rien à manger ou presque, et pire encore, que je vais arriver à bout de mes réserves de café, je me résous à prendre l'automobile pour aller à la ville faire des courses au supermarché. Pour une fois, j'ai décidé de changer de ville et de supermarché. Ni les villes ni les supermarchés sont rares autour de chez moi dans un rayon de quarante kilomètres. Je peux aller dans l'agglomération de Périgueux, dans celle de Brive-la-Gaillarde, mais aussi à Saint-Yrieix-la-Perche ou Sarlat-la-Canéda, plus proche, j'ai le choix entre Thenon, Montignac et Terrasson-Lavilledieu. J'ai choisi une ville et un supermarché en fonction de l'enseigne que l'on y peut trouver. On ne trouve pas de Leclerc à Montignac, par exemple. C'eût été un mauvais choix de vouloir aller au Carrefour du Grand Périgueux, il n'y en a, à ma connaissance, pas. Par contre, j'y aurais trouvé un Hyper U que j'aurais eu du mal à trouver à Terrasson-Lavilledieu. Je vous dis tout ça pour vous expliquer que la vie n'est pas simple et qu'il faut bien réfléchir avant d'agir.
Bref, j'ai choisi une commune, un magasin et je suis parti dans la bonne direction au volant de l'automobile en écoutant la radio. Parce que la destination retenue n'est pas si éloignée, je ne mets pas beaucoup de temps pour arriver à bon port. Je trouve une place de stationnement, je descends de mon véhicule, ferme les portes et vais prendre un chariot. J'entre dans le commerce avec une liste de courses bien en tête. Je sais qu'il me faut du café et des filtres à café, c'est l'essentiel. Le reste, je verrai à l'improviste, à l'inspiration du moment. Tout de même, je sais que je veux des pâtes, du beurre, de la moutarde et des oignons.
Si je ne rencontre pas de problème notable pour trouver le café que je prends d'habitude parce que je lui trouve un rapport qualité/prix satisfaisant, je butte sur les filtres à café. Je m'attends, c'est logique, à les trouver dans les linéaires où se trouvent les différents cafés moulus ou en grains, en capsules ou en dosettes, lyophilisé ou décaféiné. Je ne les vois pas. Je vais voir du côté du sucre, ils ne s'y trouvent pas non plus. Peut-être avec les ustensiles ménagers ? Non. Avec les confitures ? Pas plus. Je sens que ça commence à m'agacer.
Dans le rayon de la charcuterie sous vide, j'avise une jeune personne occupée à garnir les étalages. Je m'approche subrepticement et lui adresse la parole. Elle sursaute malgré mon application à ne pas parler trop fort et à jouer de politesse empressée et, peut-être même, empesée. Je lui explique donc l'objet de ma quête et elle m'assure que les filtres se trouvent avec le café. Je lui réponds que c'était ma première idée mais que, à mon grand désarroi, je ne les y ai pas trouvés là. Elle semble étonnée, me dit son étonnement, et me propose de la suivre pour qu'elle me montre bien où sont ces filtres. Ils y sont. Je me sens bête et lui demande pardon. Elle m'assure que ce n'est pas grave mais je sens bien qu'elle doit penser que la vieillesse est un naufrage qui commence tôt pour certains.
Je prends donc les filtres au format qui sied le mieux à ma cafetière et continue mes courses. Je trouve les pâtes et la moutarde, le beurre et les œufs (je me suis rappelé que je n'en avais bientôt plus). Les oignons sont trouvés avec les fruits et légumes, je regarde les autres végétaux proposés à la vente. J'avise des endives et me dis que les endives, ce n'est pas mauvais, que ça peut se manger en salade comme cuit et accepte d'en prendre. Des pommes de terre me font de l'œil. Parce que j'aime bien les pommes de terre, j'en prends un filet. Ça peut toujours servir.
Je ne suis pas encore un très bon végan et je vais, la conscience alourdie, voir s'il n'y aurait pas de la chair animale à manger. Rien ne me tente particulièrement et je n'ai pas envie de faire la queue à la boucherie "traditionnelle". Je choisis quelques bouts de viande sous plastique. Je ne vous dis pas quoi parce que je sens la honte m'envahir. Je ne sais pas si vous pouvez avoir l'idée de combien ça me coûte de ne pas contribuer mieux au bien-être animal ! Je bats ma coulpe à chaque fois que je porte un morceau d'animal mort à la bouche. C'est horrible.
Avec ce que j'ai pris là, je considère qu'un peu de crème fraîche ne serait pas si mal. Et là, j'ai l'idée de prendre aussi du chocolat, du chocolat noir. Le chocolat, ça n'a rien à voir avec les morceaux d'animal mort, je vous rassure. Quoique l'on puisse ajouter un peu de chocolat à quelques recettes, à l'occasion. Je n'ai jamais été un chaud partisan de cette pratique mais je ne m'y oppose pas autant qu'à l'entrée des troupes américaines au Nicaragua en 1912 à l'occasion de la guerre des bananes. D'ailleurs, je n'ai pas acheté de bananes mais ceci n'a rien de rare. De manière générale, je n'achète jamais ces fruits là qui ne sont pas produits localement autour d'Azerat. D'ailleurs, la guerre des bananes n'a pas de grand rapport avec les bananes. Et là, en écrivant ça, il revient à ma mémoire une recette basée sur la banane et le chocolat noir. Comme quoi, mine de rien, je ne perds pas le fil de mon récit.
Arrivé à cet instant, alors que tout pouvait laisser à penser que j'allais me diriger vers les caisses pour payer mes achats, l'idée venue d'on ne sait où d'acheter une bouteille de vin rouge me traverse l'esprit. Allez donc ! On ne se refuse rien ! En plus, quand on sait combien l'alcool est délétère ! Mais une envie irrépressible est une envie dont on ne peut se défaire sans mal. Je pousse le chariot jusqu'à l'endroit où sont proposées ces bouteilles de poison et je reste plein de minutes à établir un choix parmi tout ce qui est à disposition. J'inspecte les étiquettes, écarte les bouteilles les plus chères et les plus modestes, ignore des appellations, hésite entre ceci et cela, me hisse sur la pointe des pieds et me mets à croupetons pour déchiffrer mieux et finis par porter mon dévolu sur une bouteille prometteuse mais pas prétentieuse.
Cette fois, je peux aller alléger mon compte en banque de quelques dizaines d'euros. Je n'ai pas de chance. Je tombe sur la caisse où un client a fait exprès de choisir une marchandise débarrassée de son code-barres. Appel au central pour lancer l'alerte, à l'autre bout du fil, on veut savoir comment se présente exactement ce produit, et la couleur de l'étiquette et le poids net. Pendant ce temps, il faut prendre son mal en patience. J'aurais dû aller à une autre caisse, c'est sûr. Le temps me semble bien long mais finalement je peux enfin glisser ma carte bancaire dans l'appareil mis à ma disposition à cette fin. Je retourne à mon automobile et glisse mes achats dans des sacs prévus à cet usage. Je peux rentrer chez moi après avoir remis le chariot à sa place et avoir récupéré le jeton indispensable à son emprunt. Après, je rentre chez moi.

Imaginez que je vous aie raconteré tout ça ! Quelle plaie cela aurait été, hein ? Heureusement pour vous, je voulais vous entretenir de tout autre chose. De l'homéopathie qui est un sujet que je trouve savoureux autant qu'inépuisable. C'est qu'il est plus simple de taper sur l'homéopathie que sur une molécule qui a des effets réels. Pour cela, il faudrait avoir des connaissances, du savoir. Pour médire sur l'homéopathie, il suffit d'avoir un peu de bon sens et l'envie de se foutre de la gueule des charlatans et de leurs clients.
L'autre jour, j'ai entendu que le groupe Südzucker allait fermer, en France, des sucreries Saint-Louis et supprimer pas mal d'emplois pour faire bonne mesure. La raison évoquée, c'est l'ouverture à la concurrence du marché du sucre. Alors, oui, il va y avoir des emplois perdus au sein même de ces sucreries mais il y a aussi les agriculteurs producteurs de betteraves sucrières. Ils sont 2500 paysans pour 36000 hectares de terres cultivées. Mine de rien, c'est 10% de la production française de betterave à sucre. Ce n'est pas rien.
Et là, je me suis dit que, heureusement pour ces agriculteurs, il reste les laboratoires qui produisent les granules homéopathiques ! J'espère juste que le patriotisme est en marche chez eux et qu'ils privilégient le bon sucre d'origine nationale qui est le plus souverain pour soigner les maux les plus rébarbatifs. Supportez la filière sucrière française ! Soignez-vous à l'homéopathie !

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