dimanche 18 octobre 2015

Foire de Lanouaille

On m'avait dit qu'il y aurait de vieux tracteurs exposés. Les vieux tracteurs, moi j'aime ça. En fait de vieux tracteurs, il n'y avait pas grand chose à se mettre sous la dent mais j'y reviendrai ultérieurement. Par contre, voilà que je me trouvais à Lanouaille, commune du nord de la Dordogne à la limite du Limousin, de la Haute-Vienne et de la Corrèze, en plein Périgord Vert. Jusqu'à aujourd'hui, je ne m'étais arrêté à Lanouaille qu'à l'occasion d'un contrôle de gendarmerie. Autant dire que je n'avais aucune raison valable d'avoir de la sympathie pour l'endroit. Sinon, j'ai traversé le village un nombre assez incalculable de fois, celui-ci se trouvant juste sur la route que j'emprunte à chaque fois que je vais à Limoges ou à Paris.
Et donc, me voilà là, au cœur d'une grande foire qui laisse une large place aux stands de marchands de chaussettes par lot, aux baraques à frites, aux vendeurs d'ustensiles magiques "que si vous en achetez un vous en avez dix autres gratuits", aux revendeurs de charcuterie authentique, de fromages garantis, de couteaux "les meilleurs du monte" ou de CD de musique qui fait regretter de ne pas être sourdingue. La foire est aussi l'occasion d'organiser un vide-greniers et une petite fête foraine. Mais le clou de la chose, c'est le comice agricole !
Cela fait des années que je n'ai pas assisté à une réunion d'éleveurs et d'acheteurs. Je n'ai pas regretté d'y être cette fois-ci. Dans cette partie du Périgord, c'est la vache limousine qui est à l'honneur et il y avait un concours qui venait primer le plus beau taureau, la plus belle génisse ou le veau le plus mignon. Il y avait aussi de très beaux chevaux de traits, des percherons et des auxois. Si je n'aime pas les chevaux d'une façon générale, j'aime beaucoup ces gros chevaux à la puissante musculature. Je ne connaissais pas ces auxois. Ce sont de très beaux chevaux.

Chevaux auxois
Parmi les bêtes présentes, le préfet (ou peut-être bien un sous-préfet, allez savoir) avait fait le déplacement et était entouré d'une pléthore de pandores. Parmi les vaches, ces fiers cow-boys de la République veillaient à ce que l'on ne porte pas atteinte au représentant de l'Etat. J'avoue ne pas avoir compris la présence de ces militaires bleus en aussi grande quantité. Quoi qu'il en soit, c'est à ce préfet (ou sous) que revenait l'honneur de couper le ruban tricolore inaugural. J'étais là avec mon appareil, juste en face et j'ai pris la photo qui valait le coup d'être prise selon moi.

Marc Champeil éleveur corrézien et son taureau
Etaient présentes également les confréries de la pomme du Limousin et de la noix du Périgord ainsi que le Docte Collège de la Truffe et du Foie Gras. Tout ça en costume traditionnel avec les coiffes pour ces dames et le chapeau pour ces messieurs. Je vous montrerai ça plus tard. Il faut faire durer le plaisir.
Il n'empêche que le taureau de l'hilare éleveur corrézien de la photo précédente est un bien bel animal. Parce que j'avais toujours l'appareil en main et pas bien loin de l'œil, je lui ai fait un portrait serré. La petite déception de n'avoir pas eu ma ration de tracteurs anciens (mais nous y reviendrons) s'évanouissait après ce spectacle paysan qui valait bien la présentation de mécaniques agraires anciennes. Je ne regrette pas d'avoir pris la voiture pour aller découvrir cette foire de Lanouaille ! Elle est bien plus intéressante que celle de la Latière dont on me rebat les oreilles à longueur d'année et où je me suis rendu au printemps pour en revenir bien déçu et bien persuadé que je n'y remettrai jamais les pieds. Parce que Lanouaille est en plein dans le pays de la pomme du Limousin, il y avait un pressoir qui déversait des litres et des hectolitres de jus de pomme baptisé un peu vite cidre.

Taureau de Marc Champeil à Darazac

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