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jeudi 23 août 2018

Pas que des pétaroux à la Cassagne !


Où en étions-nous ? Ah oui. Les cyclomoteurs. Vous en avez pas un peu marre, vous, de ces indigents pétaroux ? Oui, moi aussi. Heureusement, il n'y avait pas que ça à la Cassagne. Il y avait aussi la présence de l'association "Passeurs de mémoire"[1] qui avait dressé deux tentes pour une exposition hétéroclite d'objets présents lors des deux derniers conflits mondiaux et quelques véhicules, plusieurs Jeep et un half-track M3 possiblement de marque White. La présence de ces véhicules et de l'association s'explique par la collaboration au film promotionnel de cette édition de la fête.
J'ai beaucoup de mal, en raison de mauvaises lectures de jeunesse sans doute, avec la chose militaire. Je n'aime pas les militaires, je les trouve cons et bêtes. C'est comme ça. J'ai beaucoup de mal aussi avec les amateurs de "militaria", ces nostalgiques probables des guerres d'antan. Que l'on ait le souhait d'honorer les victimes de ces conflits, admettons. Que l'on s'arrête aux victimes de quelques guerres passées sans soutenir les victimes présentes, ça me dérange un peu plus. Disons-le, je ne comprends pas la démarche ou je n'ose pas entendre la petite voix sournoise qui me chuchote quelque chose à l'oreille. Est-il besoin de se déguiser en militaire pour dénoncer la guerre ? Je m'interroge.
Restent les véhicules. C'est une autre question que celle des véhicules. Je n'ai pas de goût particulier pour les engins trop guerriers, les chars d'assaut ou les auto-mitrailleuses. Par contre, et je ne l'ai jamais nié, j'aime beaucoup les petits camions Dodge, les plus gros camions GMC ou Ward et les jeep de l'armée américaine de cette deuxième[2] guerre mondiale. D'abord, parce que ces véhicules ont été utilisés civilement après réforme. Une fois débarrassée de son étoile, de ses marquages et de sa laide couleur, une jeep redevient un engin tout à fait acceptable.
Notons que, dans le cadre d'un souci de conservation de cette mémoire dont il est question là, j'admets que l'on ait le souci de préserver quelques véhicules recouverts de leur couleur et marques distinctives "authentiques". Par contre, ce que je n'admets pas un instant, c'est de voir une Jeep Hotchkiss française bariolée avec une étoile ricaine. Faut pas pousser. Bref, une photo d'un half-track.

White M3 Half Track
Moins guerrier, le tracteur Société Française Vierzon HV2. Ça j'aime bien ! Que dire à propos de ce tracteur ? C'est, comme de bien entendu, un monocylindre semi-Diesel. Avec un peu plus de cinq litres de cylindrée, ça vibre pas mal, merci. Cette recette du tracteur monocylindre de forte cylindrée a été utilisée durant de nombreuses années avant de disparaître totalement. Si, aujourd'hui, on s'amuse à les voir démarrer et à les entendre pousser leurs explosions au rythme d'un marteau pilon, on comprend que le monde paysan ait pu choisir d'autres tracteurs moins contraignants et plus reposants à utiliser. Ce que l'on peut se demander, c'est comment et pourquoi ces gros monocylindres plein de défauts ont existé durant toutes ces années, en gros des années 20 à la fin des années 50. Les tracteurs multicylindres à essence ou à moteur Diesel existent alors que ces Lanz, SFV et autres ancêtres perdurent. On met en avant la solidité et l'entretien réduit. On a aussi, un temps, prétendu que ces tracteurs à boule chaude pouvaient brûler presque tout, de l'huile de vidange au pétrole lampant en passant par la graisse de canard ou l'huile de palme. A l'annonce des années 60, Lanz était racheté par l'américain John Deere et Société Française Vierzon par le toujours américain Case. C'en était fini de ces antiquités agricoles qui font aujourd'hui la joie des fêtes "à l'ancienne".

Société Française Vierzon HV2
Société Française Vierzon HV2
Français lui aussi, militaire jusqu'au bout du dernier boulon, le Berliet GBC8KT. Parce qu'il est militaire, il est laid. Pour plaire au commandement militaire, le constructeur se doit de faire dans le moche voire le hideux. Mission parfaitement remplie par M.Charbonneaux, styliste de son état. Toutefois, cette laideur se veut fonctionnelle. On se dit que de la tôle plate est plus facile à retaper que de la carrosserie toute en rondeur d'un Saoutchik ou d'un Figoni & Falaschi. Les militaires savent pondre du cahier des charges. On veut du camion de tel tonnage, transportable par train, capable de consommer toutes sortes de carburants. Berliet répond avec ce camion issu du GBC 8 6x6 bien plus beau. Il ne s'agit plus que de l'enlaidir pour qu'il soit à l'image du militaire de tradition française.
Avec ses surfaces planes mises bout à bout, ce Berliet ne concède rien à l'esthétique. Pour autant, on l'a tellement vu qu'il est devenu presque "normal" et que l'on ne fait plus trop attention à lui. Par contre, ce camion ne manque pas de qualités. Légèrement sous-motorisé, il a de vraies capacités de franchissement et est d'une solidité remarquable. Il a connu une très longue carrière dans l'armée française, a été remotorisé, a été même recarrossé sur la fin. Aujourd'hui, il continue à satisfaire aux exigences militaires.

Berliet, Peugeot et Motobécane
Avec sa gueule de voiture des années 30, le petit camion Citroën U23 a connu une longue carrière. Bien plus beau dans sa livrée "à ailes plates" qui affiche un avant rappelant les Rosalie de la marque que dans la nouvelle mouture du début des années 50, cet utilitaire n'est pas, c'est le moins que l'on puisse dire, un foudre de guerre. Peinardement, il navigue sans jamais trop dépasser les 70 km/h. L'aménagement intérieur est des plus rustiques. Disons-le tout net, il n'y a pratiquement rien d'autre qu'un volant, quelques pédales et leviers et un pitoyable compteur de vitesse. Le moteur qui entraîne tout ça est celui de la Traction Avant retourné pour pouvoir entraîner le pont arrière. Son sens de rotation est inversé. Au tout début des années 50, on lui préférait déjà le HY[3] ou la production de chez Renault. Les 1000kg ou 1400kg Renault n'étaient pas non plus des véhicules modernes, puissants et rapides mais, malgré tout, ils l'étaient un peu plus.

Citroën U23

Notes

[1] Objet de l'association : promouvoir le devoir de mémoire pour les victimes civiles et militaires de la première et deuxième guerre mondiale

[2] soyons prudents

[3] bien que ce dernier ne le remplace pas complètement

jeudi 5 juillet 2018

Fête des battages à l'ancienne au Change


Ce sera le 15 juillet prochain et j'y serai peut-être. Avec la récente limitation de vitesse sur les routes secondaires, je prends de plus en plus les routes tertiaires. Par exemple pour me rendre dans l'agglomération périgourdine ou en revenir. Cela m'a conduit récemment à passer par le Change et de voir ce tracteur déjà sur place dans l'attente de cette fête. Malheureusement, la batteuse était bâchée. Mais parce que j'aime beaucoup ces tracteurs anciens, je n'ai pas résisté et me suis arrêté pour faire une photo.

Société Française Vierzon

dimanche 2 octobre 2016

Machinisme agricole


C'est par un furieux hasard que je suis tombé sur ce Société Française Vierzon accompagné de la locomobile. Je n'avais aucune raison logique de passer par là. En roulant, j'aperçois, un peu à l'écart de la route, un bout de quelque chose qui me fait penser à un tracteur agricole ancien. Je vais faire demi-tour et reviens sur mes pas.
Je m'arrête. Il n'y a personne alentour. Je m'avance un peu dans ce que l'on peut considérer comme une cour de ferme et j'aperçois un chien et des voitures. J'avance encore, le chien me regarde d'un air bonace. Derrière une vitre, j'aperçois forme humaine. Je fais un signe. Une dame sort et vient à moi.
J'expose mon idée qui est de faire des photos des deux engins. Avec un gentil sourire, elle m'y autorise. Je vais chercher mon appareil. Je fais deux premières photos et j'entends une voix qui m'exhorte à retirer le broc en plastique qui protège le pot d'échappement du Société Française. Je le remercie, je comprends que c'est le propriétaire. Un homme de peut être quatre-vingt ans fier de son tracteur, de sa locomobile et du reste de sa petite collection. Une conversation s'engage. Il me teste, il veut connaître mes connaissances sur le sujet, s'assurer que je ne suis pas un "jeune" paltoquet qui ne connaît rien à rien. Il me piège un peu, aussi. Je sors de l'épreuve honorablement et me permets même de préciser deux ou trois points. Je fais quelques images et alors, il me conduit à l'intérieur d'une grange où je peux voir quelques moteurs fixes et tracteurs anciens.
Parce qu'il est fatigué et a du mal à marcher, il m'engage à aller voir à côté du hangar, plus loin, un tracteur que je ne connais vraisemblablement pas, un SIFT assez rare. Je le remercie encore et vais voir ça de plus près. Avant, je lui donne ma carte de visite et lui promets que je reviendrai peut-être l'embêter à l'occasion. Ça semble lui plaire et m'avoue aimer parler de ses machines avec des personnes qui partagent son intérêt pour elles.

Et donc, deux photos. La première représente le SFV 302 et la locomobile. C'est amusant de voir deux étapes de l'histoire du machinisme agricole, le passage de la vapeur au tracteur à pétrole. Ça a dû être un très net progrès que de passer de l'un à l'autre. Pour la locomobile, il fallait au bas mot trois heures avant qu'elle puisse commencer à travailler et autant pour pouvoir la bouger sans risque à la fin de la journée. Si le Société Française est loin des standards actuels, si sa mise en route nécessite un cérémonial particulier, il apparaissait tout de même comme plus simple à mettre en œuvre en plus de pouvoir offrir plus de services.

SFV 302 et locomobile
L'autre photo est celle d'un SIFT. Je l'avoue, j'ignorais jusqu'à l'existence de cette marque française. Le modèle que j'ai photographié là à une particularité amusante. Si vous regardez la photo, vous noterez sans doute qu'il y a un gros vide sous le capot, là où l'on s'attend à trouver le moteur. Alors où est-il, ce moteur ? Les tuyaux d'échappement vous permettront sans doute de vous en faire une idée.

tracteur SIFT - Société d'Installation de Force et de Traction

dimanche 20 septembre 2015

Musée Agricole et Automobile de Salviac


Chevrolet sedan 210 yellow cabEn ces Journées du Patrimoine on peut se demander ce qu'est ce patrimoine. En gros et pour faire simple, on peut dire que c'est l'ensemble des biens matériels et immatériels, artistiques et historiques, qui constituent une forme, une sorte, de mémoire commune. C'est un gros fourre-tout dans lequel on peut mettre ce que l'on veut selon ses goûts personnels ou culturels.

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