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samedi 10 novembre 2018

Sportive Traction

Traction avant Citroën de sport
Traction avant Citroën de course

dimanche 28 octobre 2018

La Motobécane du dimanche du changement d'heure

lundi 1 octobre 2018

Périvroom #3

On ne va pas non plus y passer l'année. Pour peu que la question du véhicule de collection vous intéresse, cette édition de PériVROOM valait le déplacement. Beaucoup de Bugatti, de belles automobiles d'avant la première guerre mondiale, de rugissantes monoplaces, quelques motocyclettes. Vraiment, ce n'était pas mal du tout. Je n'ai pas regretté.
Tenez, par exemple, une SIMCA Coupé de VIlle. La base est une banale Aronde et, a priori, il n'y a pas à faire étalage d'un enthousiasme particulier. Sauf que, tout de même, l'auto est jolie et qu'elle est carrossée par Facel-Véga. Ce n'est pas si courant. On m'objectera que les VLR Delahaye étaient carrossés eux aussi par Facel-Véga et que ces véhicules tous terrains n'ont pas grand chose de luxueux.

Simca Coupé de Ville
Une Renault, une Corre. Ce qui est amusant, c'est qu'il y a presque autant d'années qui séparent ces deux autos qu'il y en a entre la plus récente des deux[1] et notre époque. On peut constater qu'il y aura eu plus de bouleversements dans la conception des automobiles dans les 50 premières années que dans les 50 suivantes. Enfin à la condition d'accepter de dire n'importe quoi et de ne pas tenir compte des incroyables progrès de ces vingt dernières années qui nous mènent vers la voiture autonome, bien sûr. Par contre, je pense que l'on peut plus aisément se mettre aux commandes de la petite Renault et s'insérer dans le trafic actuel qu'au volant de la Corre.

Match Corre-Renault
Puisque l'on en est à causer de Renault, nous voyons là l'imposante automobile de 1909 qui tente de faire la course avec une Bugatti. C'est la Bugatti qui va gagner. N'empêche, il y a moins de trente ans entre ces deux automobiles. Tout de même, on reconnaîtra qu'elles n'ont pas été tout à fait conçues pour le même usage, la même destination. Dans la Renault, vous amenez famille et bagages mais vous gagnez moins souvent les courses de vitesse.

Renault contre Bugatti
Une Peugeot 402 Darl'mat et une Bugatti. On pourrait se dire qu'il n'y a guère de rapport entre ces deux marques mais ce serait méconnaître l'histoire de l'une des premières Peugeot, la Bébé Peugeot a bien été conçue, dans les années 10, par Etorre Bugatti.

Peugeot et Bugatti
La 402 est vraiment très jolie. Ça, on ne peut pas le réfuter. Elle date de 1939. Il ne resterait que quelques rares exemplaires de ce beau cabriolet. Peut-être six. Ce qui est un peu dommage, c'est que cette belle carrosserie n'ait pas eu droit à un moteur digne d'elle. Elle doit se contenter d'un "vulgaire" quatre cylindres développant entre 50 et 60 chevaux. Pas de quoi impressionner les autos plus puissantes.

Peugeot 402 Darl'mat
On reste chez Peugeot et on perd une roue avec un side-car de course. Je ne me souviens plus du modèle de la moto. C'est, me semble-t-il, un 350cc à soupapes latérales. Sans doute des années 30. On le voit mal sur la photo mais le singe prend son rôle très au sérieux. Sans doute bien incapable d'atteindre des vitesses folles, cet attelage ne fait cependant pas qu'amuser la galerie !

Side-car Peugeot
Je parlais de la collaboration entre Bugatti et Peugeot.Eh bien figurez-vous que les premières motos Norton étaient équipées d'un moteur Peugeot ! Celle que je vous présente ci-après est, c'est marqué, une Manx. C'est le modèle emblématique de la marque, celui qui nourrit les rêves les plus fous, une machine de légende. Une Manx, quoi ! Ce qui est très regrettable, c'est qu'elle n'ait pas couru.

Norton Manx
Une qui a roulé et plutôt bien, la Magnat Debon pilotée par un solide gaillard équipé de pied en cap dans l'esprit qui sied à l'exercice.

Magnat Debon
Deux Bugatti, deux âges. La plus ancienne, celle qui porte le numéro 7, est une type 13 ou "Brescia". Elle date de 1913. L'autre est une type 35 des années 20. On remarque qu'entre les deux, Bugatti adopte le radiateur en forme de fer à cheval qui sera une marque de fabrique jusqu'aux modèles actuels.

Bugatti 13 et 35

Pour être certain que ce sera bien une Bugatti qui gagnera, le mieux est encore de faire courir une Bugatti contre une Bugatti. C'est la scène que l'on pouvait voir lors de ce PériVROOM à de multiples reprises.

Bugatti contre Bugatti

Mais la surprise venait de la lutte acharnée à laquelle nous avons pu être témoins entre deux ancêtres, une Brasier et une Despine, et une puissante Caterham. Peut-être les anciennes faisaient-elles obstruction et peut-être même la Caterham remporterait-elle la course si on l'avait laissée passer. Mais tous les coups semblaient être permis.

Les ancêtres mènent la course

Spécialement pour le Liaan

Dauphine qui veut se faire voiture de course

Note

[1] la Renault

vendredi 28 septembre 2018

Périvroom #2

Des motos, disais-je. Il y en avait quelques unes, des populaires et des prestigieuses, des plus ou moins anciennes. Après l'Ariel Square Four, une AJS de course que nous n'avons pas eu le plaisir de voir courir. C'est bien dommage.

AJS
Entre 1921 et 1939, Joseph Lamy et Émile Akar construisent des petites automobiles sportives, les Amilcar. Certes, elles ne concourent pas dans la même catégorie que les puissantes Bugatti mais elles ne déméritent pas pour autant. Ce sont de vraies petites automobiles sportives, puissantes et bien conçues et fabriquées.

Amilcar
La notion d'automobile sportive a évolué au fil des années et décennies. En ces débuts de l'automobile, dans les premières années du XXe siècle, à l'époque des pionniers et alors que l'on n'a pas encore une idée bien arrêtée sur ces drôles de machines pétaradantes et fumantes, on pense déjà que l'on pourrait les utiliser pour des courses de vitesse. On comprend rapidement que l'ennemi, c'est le poids. Alors, on enlève le dispensable et on conserve les roues, le moteur, le réservoir de carburant et les sièges en plus de quelques accessoires dont un volant et des commandes placées ci et là. On obtient quelque chose comme cette Richard Brasier qui marche bien plus fort que je le pouvais penser.

Brasier 1907
Tous les constructeurs ne sont pas sportifs dans l'âme. Chez Corre, en 1905, on propose cette type G forte d'une huitaine de chevaux. Si l'on ne brille pas particulièrement en course, au moins peut-on amener, avec le sourire, toute la famille.

Rouler en Corre et toujours
Je vous parlais hier de la marque Lotus avec la Caterham. On en reparle aujourd'hui avec le modèle Elise que l'on connaît aussi sous l'appellation Speedster chez Opel mais avec un moteur différent. Cette automobile de ce troisième millénaire dans lequel nous pataugeons prouve que l'on peut être une automobile intéressante et de collection sans encore multiplier les ans.

Lotus Elise
Avant d'être absorbée par Terrot, la marque Magnat Debon produisait de bien belles motocyclettes comme cette 250cc "coursifiée" qui savait montrer de quel bois elle se chauffe lors des tours de circuit.

Magnat Debon
Notons que les marques Terrot et Magnat Debon seront rachetées par Peugeot qui supprimera ces marques au détour des années 50. Et puisque l'on évoque Peugeot, arrêtons-nous un instant sur une belle réalisation de Darl'mat sur une base de 402. Celle-ci date de 1939 et l'on ne peut s'empêcher de se dire qu'à l'époque, on avait encore une haute idée de ce qu'était une belle carrosserie.

Peugeot 402 Darl'mat

jeudi 27 septembre 2018

Périvroom #1

Assis sur le marchepied d'une antique automobile Renault, l'un des organisateurs de ces PériVROOM initiées par l'Automobile Club du Périgord "Classic" en partenariat avec la mairie de Périgueux se lamente : « Le public n'est pas là, il n'est pas venu ». Ce n'est pas tout à fait exact. Je suis là, moi, avec mon appareil photo. D'autres personnes sont là aussi, certaines avec qui je prends plaisir à discuter auto ou moto ancienne comme celui-ci qui m'explique sa carrière de pilote de speedway et ses motos, toutes des anglaises, ou cet autre qui m'annonce un événement d'importance l'an prochain pour les cent ans de la marque Citroën à Marsac-sur-l'Isle.
Toutefois, ce n'est pas non plus tout à fait faux. Le public n'est pas très nombreux. Notez, je préfère. Ça me permet de faire mes photos dans de meilleures conditions. Il n'y aurait pas eu ce brouillard persistant et ce ciel plombé de nuages bas, ça aurait été encore mieux. Le public, pour qu'il vienne, il faudrait qu'il ait des raisons de le faire. Tout le monde n'est pas attiré par les automobiles anciennes, fussent-elles de marques prestigieuses, aient-elles un intérêt historique ou un palmarès sportif. L'automobile de collection et la motocyclette ancienne ne peuvent pas être une source de passion chez tout le monde. Il faut comprendre la diversité des gens.

Une quinzaine de jours après les remarquables Vintage Days qui, elles, attirent édition après édition un public toujours plus nombreux, peut-être est-il illusoire de faire venir les foules pour une manifestation qui peut sembler plus fade et moins festive.
Ce PériVROOM commençait le samedi matin par un départ des véhicules pour un rallye Périgueux-Bergerac. Du coup, on peut comprendre qu'il n'y aurait rien à voir à Périgueux jusqu'au retour annoncé pour 18 heures 30. Au programme du dimanche était annoncée une « Commémoration du Grand Prix de Périgueux 1950 » qui ne commençait que vers 14 heures. Le matin, les curieux pouvaient admirer les véhicules au fur et à mesure de leur arrivée. Alors quoi ? Un programme pas assez alléchant ? Un souci d'organisation ? De communication ?
Ce qui me paraît certain, c'est que le grand public préfère voir des motocyclettes et des automobiles qu'il sait identifier et qui, surtout, savent réveiller les souvenirs. Présentez-lui de la 403, de la 2cv et de la Dauphine et il viendra, le grand public. Par contre, le public un peu plus exigeant ne fera peut-être pas le déplacement. La bonne recette pourrait être un subtil équilibre entre le "commun" et "l'exceptionnel".
Parce que de l'exceptionnel, il y en avait ! Et pas qu'un peu ! Pour commencer, une Ariel Square Four attelée. Ce n'est pas de la moto commune, ça. Ça ne se croise pas à chaque carrefour. Même, je peux m'avancer un peu en affirmant que c'est raisonnablement rare. C'est la première que je voie de mes yeux et pourtant, des motos, j'en ai vues.

Ariel Square Four
Celle qui suit est quasi neuve. C'est une Caterham 420S, descendante "officielle" des Lotus Seven que Colin Chapman a fait naître en 1967. En soixante ans, la "Seven" a gagné en puissance tout en conservant plus ou moins l'esprit des origines. Cette Caterham arrivait de Grande-Bretagne et on voit au sourire de ses propriétaires que le voyage a été une partie de plaisir.

Caterham 420S
On peut aussi faire un grand bond dans le passé et aller à la rencontre d'une marque aujourd'hui bien méconnue qui n'a sans doute pas été très populaire en son temps, Despine. On ne sait pas grand chose de ces automobiles. On sait que le constructeur était installé à Paris et qu'il y a donc eu au moins ce modèle équipé d'un gros moteur à quatre cylindres de quatre litres de cylindrée. Sa restauration ou refabrication a demandé 900 heures de travail. Mais pour quel résultat ! C'est une voiture de course de son époque, 1908, avec juste l'essentiel, pas de superflu. J'ai eu grand plaisir à discuter à son propos avec son pilote.

Despine 1908 4 litres
Plus récente d'une année (mais le modèle de 1905 ne diffère guère de celui-ci), une Renault A1 de 1909 bien connue des habitués de ce blog. Oui, c'est celle de M. Brou de Laurière et je l'ai déjà photographiée à plusieurs reprises. Il faut dire que je ne me lasse pas de ce monstre automobile, de sa taille colossale, de sa patine, de ses roues arrières jumelées et de son allure de vaisseau fantôme. C'est la première fois que je la voyais rouler et cela m'a plu.

Renault 1909 type A1 35cv
Presque banale tant on pouvait en voir, deux Bugatti pour terminer. Pour la première, je ne suis absolument pas certain de l'identification. Je propose que c'est une type 35 parce que je n'ai rien de mieux dans les manches mais j'ai un doute tellement énorme que j'ai le sentiment d'avoir mieux à faire que d'avancer n'importe quoi. Par exemple, je m'étonne de la position de l'allumeur qui n'est clairement pas dans le prolongement de la culasse. Un jour, il me faudra trouver un ouvrage de référence sur ces automobiles.

Bugatti type 35 - sous réserve
Par contre, celle-ci me semble bien être une type 35B à compresseur. Nous la voyons là lors de la "course" sur les allées Tourny, le dimanche après-midi. Mais d'autres images viendront, j'en ai d'autres en réserve !

Bugatti type 35B

mercredi 12 septembre 2018

Dernière salve des Vintage Days

Il reste encore pas mal de photographies mais je vais arrêter là. C'est un camion Berliet, un GBU. C'est un gros camion, un très gros camion. Dans l'après-guerre, mission est donnée à Berliet [1] de plancher sur un tracteur d'artillerie. Naîtront les impressionnant T6 et T12. Ces deux camions ne sont pour autant pas de vrais Berliet. A la vérité, ce sont des Rochet-Schneider, marque lyonnaise elle aussi, qui fusionnera avec Berliet. Les T6 et T12 sont des 6 et 8 roues motrices à (gros) moteurs essence (très) gourmands. L'idée est, pour l'armée française, de remplacer les Pacific "Dragon Wagon" autant monstrueux qu'américains. Et donc, les T6 et T12 sont présentés aux autorités militaires qui acceptent d'en essayer quelques modèles. Dans les faits, ces camions seront produits à peu d'exemplaires et ne donneront pas vraiment satisfaction.
Mais cette expérience permettra de travailler à un nouveau camion, ce sera le TBU dans la version "tracteur" et le GBU dans la version "porteur". C'est un gros camion aux éléments assez surdimensionnés. Lui aura une carrière assez longue au sein de l'armée française et servira souvent de camion lourd de dépannage. Celui présent aux Vintage Days tractait un canon de 105mm et faisait la fierté de son propriétaire.

Berliet GBU
Toujours dans cet après-guerre mais de l'autre côté du channel, chez Jaguar on conçoit un modèle qui va devenir légendaire et qui n'est absolument pas destiné à l'armée de la couronne d'Angleterre. En 1948 apparaît l'une des plus belles automobiles du monde, la Jaguar XK 120. Françoise Sagan ne s'y trompera pas et adoptera, un temps, ce beau roadster anglais. Il est à noter que cette année seront fêtés les 70 ans de la XK 120. J'ai entendu dire qu'une exposition de ces voitures sera organisée à Périgueux durant le mois d'octobre.

Jaguar XK 120
Après guerre aussi, mais celle d'avant, celle de 14-18, chez Renault on veut contrer l'insolent succès de Citroën. Alors, on sort le modèle NN de 6cv. Fidèle à une certaine tradition, on conserve le capot "crocodile" caractéristique de l'époque avec le radiateur renvoyé derrière le moteur. Celle présentée ici est, me semble-t-il un modèle d'après 1925. Je peux me tromper. Il s'agissait possiblement de la plus ancienne des automobiles présentes à ces Vintage Days.

Renault NN1 ou NN2
Dans les années 50, aux États-Unis d'Amérique, c'est la gloire de l'automobile. Les marques redoublent d'imagination pour proposer de nouvelles carrosseries et attirer l'automobiliste avide de dépenser ses dollars pour montrer qu'il a les moyens de rouler dans un nouveau modèle. Chez Chevrolet, on sort une nouvelle Deluxe Sedan comme celle qui était présente à Périgueux. Ces voitures américaines représenteront durant encore quelques années une certaine idée du luxe et de la modernité sur le vieux continent. Que ce soit chez Peugeot, Renault ou SIMCA, on tentera de copier ce style américain. Par exemple, je ne peux pas m'empêcher de voir les ailes arrières de cette Chevrolet sur une Frégate Renault.

Chevrolet Deluxe
En Grande-Bretagne, on a épuisé l'idée de la XK. Il y a eu la 120, la 140 et enfin la 150[2]. Place à un nouveau modèle qui va faire date et nourrira bien des rêves et phantasmes motorisés, la e-Type. Celle-ci date de 1969, c'est écrit dessus. Elle a un moteur à six cylindres de 4,2 litres. C'est une voiture sportive pleine de qualités et de défauts. Je me souviens avoir lu le long récit de la restauration d'une e-Type et les surprises et difficultés rencontrées, les frais imprévus, les périodes d'abattements et, finalement, la résignation. Posséder une e-Type n'est pas donné à tout le monde. D'abord, ce n'est pas donné mais question entretien, pardon ! Mieux vaut avoir les moyens. Il n'en reste pas moins que nous sommes là en présence d'une légende automobile.

Jaguar e-type

Notes

[1] alors que Marius Berliet a dans un premier temps été accusé de collaboration avec l'occupant

[2] sans doute la moins belle de la série

lundi 10 septembre 2018

Toujours des voitures des VIntage Days

Si vous en avez marre, si vous êtes lassé, il faut me le dire. On ne peut pas tout connaître mais l'ignorance n'est jamais une bonne excuse. Le dimanche matin, je vois cette petite auto. Je fais confiance à son propriétaire qui doit savoir ce qu'il a dans son garage et, de ce fait, j'accepte l'idée qu'il s'agit d'une Ford Y de 1932. Seulement, je n'ai jamais vu ce modèle et je suis étonné. J'ai attendu un peu avec l'espoir de voir le propriétaire qui aurait pu m'en dire plus. L'espoir fut déçu. Peut-être quelqu'un saura m'en dire plus ?

Ford Y
On ne peut pas tout connaître et il y a des cas où, si on le connaissait, on y perdrait son latin. J'avise une automobile qui ressemble fort à une Matford. Je m'approche, je vais la photographier. Elle me semble avoir été modifiée, ça ne me dérange pas. Ce qui m'étonne, c'est de trouver un écusson SIMCA sur la calandre. Je n'ai jamais entendu dire que SIMCA avait produit des Matford. Ça n'a rien d'impossible puisque SIMCA reprend l'usine Ford (qui produit les Matford) de Poissy et continue à produire des automobiles conçues par Ford mais…

Matford
On ne peut pas tout connaître mais on peut en savoir suffisamment pour avancer que les trois photos suivantes représentent des automobiles populaires dans trois pays différents, la France, l'Allemagne de l'ouest et l'Allemagne de l'est.

2cv type A pré 1953
Volkswagen
Trabant
Populaire et même laborieuse, voilà une pompière Peugeot 203 break photographiée lors de la parade du dimanche matin. Elle a une ligne plutôt réussie, la 203. D'accord, elle est très inspirée par certaines automobiles américaines des années 40 mais ça n'enlève rien au fait qu'elle est, à mon avis, plutôt agréable.

Peugeot 203
Petite et joyeuse, voilà une Autobianchi Eden Roc. Avec sa mécanique de FIAT 500, elle est idéale pour parader dans Rome, les cheveux au vent. C'est clairement une petite voiture "inutile", juste destinée au plaisir et à la bonne humeur. Donc, pas inutile du tout, finalement.

Autobianchi Eden Roc
Plus grande, plus ancienne et tout aussi inutile, une Citroën Traction Avant cabriolet. Là, nous sommes en présence d'une automobile luxueuse qui agit à la façon d'un marqueur social, comme on dit aujourd'hui. Et ça marche toujours ! C'est une très belle automobile.

Traction Avant cabriolet
Tenez, puisqu'il est question de luxe. Voilà une marque qui s'y connaît un peu dans le genre. Celle-ci est, il me semble, une Hotchkiss 411 des années 30. Ce n'est pas une sportive mais une auto de tourisme de luxe.

Hotchkiss
Pour avoir le sourire, rien de plus simple. Il suffit d'avoir une Triumph TR3 à conduire. L'image présentée ici le prouve. N'a-t-elle pas l'air rayonnant, sa propriétaire et conductrice attitrée ? Bien sûr que si ! Et il est quasi certain que je serais dans le même état d'âme si j'avais la chance d'avoir une automobile pareille pour me véhiculer de par les petites routes du Périgord.

Triumph TR3 et sa propriétaire

dimanche 9 septembre 2018

Question de genre aux Vintage Days

La polémique a failli exploser. Quel est le genre de ces Vintage Days, au juste ? Sont-ce des journées ou des jours ? Féminines ou masculins ? Je ne m'étais pas posé la question. Pour moi, les Vintage Days sont féminines et je n'expliquerai pas pourquoi, j'en suis bien incapable. C'est perturbant. Et cela me fait penser aux difficultés que l'on peut rencontrer dès lors que l'on cause des véhicules.
Par exemple, si je vous montre l'automobile suivante, vous serez d'accord avec moi pour dire qu'il s'agit d'une Renault 4cv. Féminine, donc, la 4cv. Et pourquoi donc ? Ce ne sont pas quatre juments. Parce qu'il est question d'une voiture, d'une automobile, d'une Renault ?

Renault 4cv découvrable
Donc, d'accord, si l'on parle d'une automobile, tout ce qui se rapprochera d'elle sera au féminin. Ces Peugeot sont donc des dames. La 201 et la 504. La 201, ça colle, c'est une berline. Mais la 504, c'est un coupé. Un coupé avec un V6. Ce n'est pas si simple qu'il y paraît.

Peugeot 201
Peugeot 504 coupé V6
Peugeot 504 coupé V6
Deux américaines. Américaines ou américains ? Admettons que l'on parle ici d'un "pick up" Chevrolet et d'un "hot rod" Ford. Masculins, donc, ces véhicules. Oui, peut-être. Ce n'est tout de même pas si certain. Déjà, cette question de genre pour des termes en langue anglaise… Ce sont une Chevrolet et une Ford. En français, on pourrait parler d'une Chevrolet "plateau" ou "utilitaire". Mélange de genre. Pour la Ford, c'est plus simple. C'est une automobile ou une voiture modifiée.

Chevrolet 1937 et Ford 1930
Pas modifié mais bien restauré, un utilitaire Citroën, un HY. Là, on sent que c'est couillu, que ça transpire la testostérone. Le HY, c'est un mâle (pour un bien ?). C'est un fourgon et non une fourgonnette. Pas de confusion possible à propos du genre. On dira que c'est un Citroën.

Citroën HY
Si je ne me trompe pas, nous sommes maintenant en présence d'une Chenard et Walcker à traction avant. Dame ! C'est qu'il ne faut pas croire que, avant guerre, la traction avant est une exclusivité Citroën ! Chenard et Walcker ne passera pas la guerre. Déjà, la marque était tombée dans l'escarcelle de Chausson en 1936. Après guerre, Peugeot reprend les petits utilitaires Chenard et Walcker à traction avant et lance les D3 et D4 avec ses moteurs en lieu et place du petit moteur bicylindre deux temps d'origine. Donc, nous sommes en présence d'un cas de marque transgenre passée des automobiles (féminin) aux utilitaires (masculin). Ah ! C'est pas simple !

Chenard et Walcker T24C
Pour en finir avec ce sujet qui me donne mal à la tête, un dernier cas encore plus étrange. Ici, le genre change en fonction du nombre de roues. Si ça a quatre roues, c'est une Morgan, si ça n'en a que trois, c'est un cyclecar. Quoi que l'on en puisse penser, le cyclecar est dans la tradition. Bien sûr, le moteur S&S est un peu trop gros, trop rutilant, pas assez anglais. Mais ça doit être sacrément amusant de jouer avec les radars aux commandes d'un semblable engin sur les routes du Périgord !

cyclecar Morgan

samedi 8 septembre 2018

Un peu de tout en différé des Vintage Days

En observant les photos faites lors de ces Vintage Days périgourdines, je ne peux pas m'empêcher de m'émerveiller face à la diversité de l'automobile. Elle peut être petite ou grande, sportive ou pépère, familiale ou exclusive, jaune ou rouge ou bleue ou verte, sérieuse ou amusante. Je suis bien incapable d'imaginer le nombre de modèles différents créés depuis les origines de l'automobile à travers le monde mais j'ai tout de même le sentiment qu'ils sont nombreux et diversifiés.
En fonction des époques et des modes, on peut noter des caractéristiques permettant de dater avec plus ou moins d'exactitude le véhicule présent. Par exemple, parmi les plus anciennes, nous avons cette automobile Unic que l'on peut supposer des années 20.

Unic
Sans doute un peu plus récente, cette De Soto est probablement des années 30. Dans le fond, peu de différences. Une ligne de caisse légèrement plus basse, plus d'arrondis, de galbes. Les éléments de carrosserie sont dessinés avec plus de souci dans l'harmonie des lignes. Sur l'Unic, le capot semble s'attacher à être au plus près du moteur quand, sur la De Soto, on cherche à créer une ligne. A mon avis, que ce soit dans l'automobile ou la motocyclette, c'est dans ces années 30 que les véhicules commencent à chercher à avoir un style, à être réellement dessinées.

De Soto
Dans ces années là, ces années d'entre deux guerres, malgré la crise économique, on produit des automobiles luxueuses ou sportives qui ne sont pas à destination du peuple. Il me semble que l'idée du roadster anglais naît dans ces années 30. On sait les Anglais friands de tradition. La Riley ici présente est un mélange de classicisme et d'une certaine modernité. La voiture est basse mais la calandre et les gros phares font anciens. Aussi, il est difficile de dire si elle date d'avant ou d'après ces années trente.

Riley
Des années trente, la ligne de la Traction Avant. Avec quelques modifications, elle sera présente dans les concessions Citroën jusqu'au milieu des années 50. Certes, elle fera figure d'antiquité à la sortie de la DS mais il faut reconnaître qu'elle devait être le comble du modernisme au début des années trente.

Traction Avant très décorée
Quasi contemporaines à la Traction, les Peugeot de l'époque de la ligne fuseau, d'abord avec la 402, étaient représentées par une 202. Celle-ci semble vouloir saluer la libération avec ses drapeaux français et américain.

Amitié franco-américaine en 202 Peugeot

Dans l'après-guerre, certains constructeurs poursuivent ou reprennent la production des modèles d'avant 1939 tout en réfléchissant à la suite. Chez Panhard, on ne fait plus les automobiles de grand luxe d'avant le conflit mondial. Le nouveau modèle sera plus petit, le moteur sera un bicylindre à plat, ce sera la Dyna X. On notera que le dessinateur de cette automobile ne sera pas allé vers la simplicité et la sobriété des lignes. Est-elle belle ? Est-elle laide ? Les avis sont partagés. Aujourd'hui, c'est assurément une curiosité.

Dyna Panhard
Jolie ou moche, on peut aussi se le demander en voyant cette petite Austin-Healey Sprite. Au moins, a-t-elle une allure comique avec ses gros phares qui lui valurent le surnom de "frogeye". C'est une petite automobile sportive, de construction assez rustique et légère. Dans l'absolu, elle ne bénéficie pas d'une puissance folle mais elle sait utiliser les chevaux en présence avec efficacité.

Austin-Healey Frogeye
Si l'on veut plus de puissance, dans la même marque on peut choisir une automobile qui respecte à peu près les mêmes codes mais avec un moteur et un niveau de finition bien supérieurs. Ça reste une automobile sportive "à l'anglaise" avec ce qu'il faut de conservatisme "à l'anglaise". Tout de même, ça s'embourgeoise bien.

Austin-Healey mkII
Et du côté des Français ? Ah ! Lorsqu'un constructeur important décide de s'intéresser à l'automobile "sportive", elle sort un cabriolet sur une base de berline. Enfin… au moins pour l'appellation commerciale. Parce que, disons-le, entre la 504 cabriolet ou coupé et les 504 berline, break ou plateau, il n'y a qu'une vague ressemblance. Née sous le crayon du carrossier italien Pininfarina, elle est plutôt agréable à l'œil.

Peugeot 504 cabriolet

vendredi 7 septembre 2018

Portraits des Vintage Days

Il n'y avait certainement pas que des véhicules plus ou moins improbables, aux Vintage Days ! Sur la place Saint-Silain, quelques copines se sont réunies sur la terrasse d'un établissement au nom bien en accord avec ces Vintage Days.

Les copines de la Belle Epoque
Une course de garçons de café avait été organisée. Il fallait choisir entre photographier les automobiles et les participants à la course. A moins que je ne parvienne à faire les deux ? Essayons. Et puis, après tout, les voitures repasseront. Les serveurs, non.

Course de garçons serveurs
Serveur
Pour l'occasion, on se déguise ou on s'habille élégamment. Sauf moi, bien sûr, mais je suis hors compétition. Lui, il a choisi la tenue de très grande classe avec moustache et chapeau assorti. Le chapeau semblait avoir été choisi aussi par la dame d'arrière plan mais, elle, ça ne semble pas lui donner le sourire. Cela montre que le couvre-chef n'est pas nécessairement synonyme de bonne humeur.

Chapeau !
On peut se protéger du soleil avec un chapeau mais on peut préférer l'ombrelle associée aux lunettes de soleil. Là, oui, ça semble générer un joli sourire !

Ombrelle et lunettes de soleil
Lorsque l'on est militaire, on ne se promène pas avec une ombrelle. Ce n'est pas dans le paquetage réglementaire. Alors, on se fatigue vite à devoir attendre sous le soleil et les mines montrent bien que la guerre, ce n'est pas qu'une partie de plaisir.

Les héros sont fatigués
Dans ma jeep
Quoi que ! On peut être sur le sentier de la guerre et rire à belles dents. La preuve en image.

Soldat·e

jeudi 6 septembre 2018

VéloSoleX, Indian, Harley Davidson, Moto Guzzi, Norton et ces sortes de choses aux Vintage Days

Les premiers VéloSoleX font leur apparition en 1946. Noir, discret, pratique, il saura se faire une place de choix dans la culture populaire française. Il a été tellement banal que l'on ne le remarquait même plus. Il était utilisé par toutes et tous, principalement en ville. Si ses performances étaient plus que modestes il permettait aux budgets les plus serrés d'accéder à la motorisation. Au guidon du VéloSoleX, on avait moins besoin de pédaler, on se fatiguait moins. Dans sa livrée classique, il a deux sacoches et, comble du raffinement, son pare-choc chromé. Il se doit d'être d'un noir uniforme juste souligné d'un liseré doré. Le modèle attelé à un side-car présenté ici n'est jamais sorti officiellement des usines Solex. C'est une réalisation artisanale et humoristique que j'avais déjà croisée dans Périgueux. Le panier en pur contreplaqué de récupération arbore une somptueuse décoration vantant un produit du Tennessee bien connu des mauvais garçons d'opérette. Mais à quoi peut bien servir un VéloSoleX attelé ? Sans doute à rien.

side-car Solex
Plus évolué que le VéloSoleX, plus récent aussi dans sa conception, le Rallye Peugeot était un cyclomoteur chargé d'attirer l'impétueuse jeunesse avide de vitesse et d'évasion. Il y en avait trois aux Vintage Days. Chez Peugeot, on a voulu faire une petite "moto" pour les jeunes. Comme sur une grande, on peut passer (avec quelques difficultés cependant) les vitesses et dépasser la vitesse autorisée pour les cyclomoteurs. Malgré son nom aguicheur et sa décoration suggestive, cette petite machine peine à donner de vraies sensations aux pilotes amateurs qui se voudraient champions de courses de vitesse. La tenue de route est une notion difficile à accoler au petit Peugeot tout comme celle de performance, pour tout dire. Mais pour autant, le Peugeot n'a-t-il que des défauts ? Certainement pas ! Sa principale qualité est bien de plaire à quelques inconditionnels. Ce n'est pas tout à fait rien.

Brochette de Peugeot Rallye
A propos de plumage et de ramage. Etait présente aussi une machine bricolée avec goût et détermination. Pour ce qui est de la marque, j'ai un doute. Disons, pour faire dans l'euphémisme de bon aloi, qu'il ne doit pas s'agir d'une marque bien prestigieuse et qu'il n'est pas impossible que ça ait été manufacturé dans quelque usine asiatique obscure avant que d'avoir été transporté à fond de cale jusqu'en nos contrées pour satisfaire l'appétit des bikers désargentés qui ne se sont pas encore remis de la disparition de leur idole, de leur quasi dieu chantant. Acheter de l'Harley, faut avoir les moyens en plus d'un permis de conduire officiel. Là, pas besoin. Un blouson en cuir pur skaï avec des franges et roulez jeunesse ! Si, en plus d'avoir les finances, le biker débutant démuni du permis de conduire les motocycles a une bonne dose de très mauvais goût, il peut se rabattre sur ces horribles trikes qui nous polluent l'environnement visuel avec leurs peintures "aigleuses" ou "loupeuses" représentant leur Amérique à eux. Ces personnes, j'estime que l'on est en droit de les mépriser copieusement. Mais pour ce petit 125cc, je reconnais le travail effectué et le souci du détail. Pour tout dire, j'aime bien.

Jolie petite moto
Si l'on souhaite se faire moins remarquer et baguenauder le nez au vent dans un sympathique sillage de "poum-poum" calme et enjôleur, pourquoi ne pas aller voir du côté de la production de chez Motoconfort ? Celle présentée ici est un peu l'archétype de la populaire française des années 50 du siècle dernier. Ne parlez pas performance ou confort ! C'est du calme utilitaire chargé de vous amener d'un point à l'autre sans trop de soucis, tout simplement. Rien de plus. Du coup, on n'a pas cherché la carte de l'esbroufe. Pas beaucoup de chromes mais un porte-bagages, pas de freins très efficaces mais un moteur avec ce qu'il faut de couple. C'est fait pour rouler à 60 km/h et ça le fait bien. Là encore, nous sommes en présence d'une modeste machine qui ne faisait pas tourner les têtes à son époque. C'était du banal, on en voyait partout, ça ne faisait pas rêver. Aujourd'hui, elle sait faire naître un sourire sur son passage et, même, un peu d'envie.

Moto avec confort
Elle, elle n'aura pas brillé au Tourist Trophy comme tant de ses sœurs. C'est bien une anglaise Norton mais elle est pour les bidasses. Les performances ne sont pas folles, l'équipement est sommaire, les solutions techniques utilisées éprouvées et rustiques. Avec ses presque 500cc et ses soupapes latérales, le moteur parvient à entraîner pilote et bagages à près de 100 km/h. Ce n'est pas si mal et même, c'est nettement suffisant pour se promener sur les petites routes. Par contre, on n'a pas jugé bon, les militaires n'aiment pas ça, agrémenter la Norton de pièces nickelées et de couleurs chatoyantes.

Norton 16H
En France, on n'a pas toujours eu à rougir des productions étrangères. On a même eu des marques vachement fameuses comme, parmi tant, les Terrot. Et justement, en voilà une, de Terrot ! La vie est bien faite. Comme on peut le constater sur l'image présentée, cette vénérable motocyclette est tout à fait appropriée pour convoyer deux passagers dont un muni de fort jolies gambettes. Voyez comme il a l'air fier, le fier pilote ! Ah ! Qu'il lève haut le menton ! Heureux homme.

Terrot fertile de nos rêves motocyclistes
Peut-être serait-il aussi fier au guidon d'une belle italienne comme cette Moto Guzzi California II. La Calif', c'est une énième itération du célèbre V-Twin de chez Guzzi né en 1967 avec la V7. Ce moteur était auparavant installé dans un assez improbable véhicule à trois roues comme seuls les Italiens savent les faire, le 3x3. Cette Calif' voulait s'attaquer au marché américain et concurrencer les Harley-Davidson. Plutôt confortable et relativement fiable, elle connut un certain succès. En France, elle concurrençait plutôt les BMW dans la gamme des motos de tourisme et représentait une alternative crédible aux productions japonaises dont certains ne voulaient pas.

Moto Guzzi California II
Des marques de motocyclettes américaines, on ne retient guère plus que quelques unes et, le plus souvent, Harley-Davidson et Indian. Ces deux marques aujourd'hui plus que centenaires étaient représentées à Périgueux durant ce week-end avec deux motos des années 30. Si j'ai du mal à identifier avec exactitude l'Indian, je n'ai aucun mal à reconnaître l'Harley-Davidson, une belle Knucklehead comme on aimerait en voir plus souvent. Alors, la question qui ne cesse de turlupiner le motard depuis des lustres : Indian ou Harley ? Il est bien difficile de trancher. Aujourd'hui, il est bien plus rare de voir une Indian "authentique" qu'une Harley Davidson un peu ancienne. Du coup, on peut être plus enthousiaste à la rencontre d'une moto de Springfield. D'un point de vue technique, on pourra reprocher à Indian d'être resté accroché à son idée et de refuser de troquer les soupapes latérales contre des tiges de culbuteurs quand Harley Davidson aura compris depuis longtemps l'avantage d'une distribution plus moderne. La seconde guerre mondiale sera certainement à l'origine de la fin de la marque Indian au début des années 50. L'armée voulait une moto robuste. Indian et Harley Davidson ont sorti leurs planches à dessin. A Milwaukee, on proposa un prototype de bicylindre à plat (comme les allemandes Zündapp ou BMW), la XA, et un modèle conçu sur une base existante, la WL à moteur bicylindre en V à soupapes latérales de 45ci (750 cc). Chez Indian, on se lança dans l'élaboration d'un V Twin face à la route, la 841, qui connut bien des misères de mise au point. L'armée choisit en grand nombre le modèle WL de chez Harley Davidson, Indian resta avec des stocks invendables de motos et de pièces détachées pour leur 841. La messe était dite.

Indian
Belle Harley-Davidson

lundi 3 septembre 2018

Vintage Days 2018

Il y a une dizaine d'années, avant que j'aie mon premier appareil photo reflex numérique, il m'aurait fallu dix-huit pellicules 36 poses — et de plusieurs sensibilités — pour ramener autant d'images. Il m'aurait fallu les faire développer et je les aurais peut-être eues d'ici quelques jours. Plus de six-cents photos à trier. J'en ai déjà écartées pas mal, certaines sont mal exposées, certaines mal cadrées ou floues, d'autres victimes d'un passant surgissant. Les deux tiers de ces photos ne méritent pas d'être conservées et sur le tiers restant, il y a encore du tri à faire. Les images complètement ratées sont simples à jeter. Pour les autres, il faut parfois choisir entre deux ou trois. A la fin, si j'obtiens un dixième de photos satisfaisantes, je m'estimerai content. Il y a du déchet.
La bonne pratique consisterait à ne conserver que les images dont je suis réellement content. Combien y en aurait-il ? Une dizaine ? Guère plus je pense. Seulement, dans le cas présent, il s'agit aussi, pour moi, de montrer ici des photos correctes et aussi de montrer le maximum des véhicules présents qui m'auront intéressés. Ça m'oblige à être un peu moins sévère. Des photos retenues, je choisis de ne pas les montrer toutes d'un seul coup. Mais dans quel ordre les présenter ? Je peux choisir la chronologie ou un thème. Pour aujourd'hui, je décide d'épuiser le thème de l'une de mes voitures préférées, la 2cv Citroën.

Samedi, je trouve assez facilement où stationner ma voiture. Il est encore tôt, tout n'est pas encore en place. Les véhicules arrivent d'un peu partout et les organisateurs dirigent les conducteurs vers les lieux de rassemblement. Les automobiles anciennes vers le parking de la place Tourny, les militaires vers la place Bugeaud, les motos plutôt vers l'esplanade Badinter ou un peu où elles veulent… Il y quelques couacs, des demi-tours, des hésitations mais ça se met en place. Je file vers la place Tourny.

Vintage Days
Vintage Days
Je déclenche pour quelques Porsche, Peugeot ou même Renault mais je traque les 2cv anciennes. J'en déniche deux. Elles sont dans la boîte. Une superbe Jaguar XK120 arrive, je ne peux pas faire l'impasse. Bon, il y a d'autres choses à voir, je redescend vers le centre-ville.
L'attribution des places a été changée par rapport aux éditions précédentes. Pour cause de travaux, la place Montaigne n'est pas disponible. Dans la rue Limogeanne, je ne trouve pas encore grand chose à donner à manger à mon appareil. Je bifurque et reviens sur la place Bugeaud. Des camions militaires pour une reconstitution d'un camp américain. A côté, les véhicules de pompiers et les tracteurs agricoles. J'engrange quelques images supplémentaires en discutant avec quelques propriétaires. L'ambiance est sympathique, les sourires sont partout et il fait beau. Tout va bien.
La parade va commencer. Je cherche un endroit où je ne serai pas trop gêné par les spectateurs et qui me donnera un bon point de vue. Les premiers véhicules arrivent. Parmi eux, des 2cv. J'essaie de n'en louper aucune.

Vintage Days
Vintage Days
Vintage Days
Ah ! Elle, je l'aime ! J'espérais bien la revoir. C'est la fourgonnette Salers, toujours aussi belle, toujours aussi désirable. Je la photographie, je la mitraille. J'aurai sans doute au moins une image convenable.

Vintage Days


Le lendemain, je suis de retour à Périgueux. Rue de la République, deux 2cv "custom" au look d'anciennes. On aime ou pas le style et les ailes grossies couvrant les jantes larges mais le travail est soigné. J'aurais aimé en savoir plus à leur propos.

Vintage Days
Vintage Days

jeudi 5 avril 2018

Le ridicule blesse encore

Lorsque j'étais petit, il me semblait qu'il était bien moins grave d'être blessé que mort. Dans les jeux d'enfant, dans les films, celui qui n'était que blessé se relevait et pouvait continuer la bataille épique, repartir à l'assaut du méchant. Il avait reçu une douzaine de balles dans le corps ou une flèche d'indien en plein cœur mais il rebondissait formidablement non sans afficher une fugace grimace due à la douleur qui, toutefois, était bien présente, la gueuse. N'écoutant que son courage, le héros revenait à la vie et poursuivait sa mission, faisant à la fin triompher le bien sur le mal. Le méchant périssait et c'était bien.
Aujourd'hui, j'ai conscience que la mort est parfois préférable à la blessure. Ainsi, j'ai récemment été témoin d'une grave blessure qui, semble-t-il était diablement douloureuse. Il s'agissait d'une blessure engendrée par le ridicule, le sentiment, l'impression, d'avoir été ridicule. On prétend que le ridicule ne tue plus depuis longtemps mais, sans doute plus grave, il continue à blesser. Il se trouve que le blessé, conscient de n'avoir pas été tué fatalement, a encore trouvé assez de force vitale pour regimber d'importance. Il exigea que l'on appelât Police Secours, que l'on hélât le SAMU, que l'on convoquât les hommes de médecine, que l'on lui réservât une place au bloc opératoire. Il fut écouté, on soigna sa blessure d'orgueil. Il s'en remit.
Hélas, la blessure laissait des cicatrices, des stigmates indélébiles. Notre homme avait été blessé jusqu'au plus profond de son âme et, aux yeux de ses quasi semblables, il n'avait plus cette aura si merveilleuse. Il avait montré sa faiblesse, ce n'était plus un dieu, juste un simple mortel. Il dû descendre de son piédestal pour s'abaisser à affronter le vulgaire à hauteur d'yeux. Ce n'était pas un piédestal bien haut mais pourtant la chute fut douloureuse. L'orgueil avait peut-être été pansé, l'image n'en était pas moins flétrie.
Le ridicule dont avait été lâchement frappé ce grand homme aurait pu être assumé. Il aurait dû l'être. Personne n'aurait douté du caractère parfaitement volontaire de ce petit ridicule qui serait passé pour une belle preuve de relativisme, de distanciation par rapport à son ego. La grande masse des petites gens aurait su saluer comme il le faut cette grandeur d'âme et cette capacité à savoir se moquer de soi. Il est amusant de constater combien, souvent, il suffit d'être le premier à rire de soi pour que l'on vous encense en retour, d'ailleurs. On sera bien plus enclin à prêter une foule de qualités diverses à celui qui saura manier l'auto-dérision qu'à celui qui se montrera bouffi de prétention, de sérieux, de vanité et d'amour de sa petite personne.

Et cela me fait penser à tout autre chose

En 2014, un homme connu des Périgourdins, bien implanté dans le tissu associatif de Périgueux, engagé dans diverses actions caritatives, humanitaires ou solidaires, s'apprête à s'en remettre au suffrage en annonçant sa candidature aux élections municipales de Périgueux. Homme de gauche, il se présente sous l'étiquette du Front de Gauche. Un jour de marché, menant campagne, cet homme laisse ses pas le conduire en un estaminet de la ville. Là se trouve un ancien premier édile du nom de Yves Guéna, homme de droite de surcroît. Les deux hommes se connaissent et il arrive ce qui devait arriver, ces deux hommes que tout devrait séparer se laissent aller à se causer et à se retrouver à l'occasion de la dégustation d'une boisson apéritive. Ô drame ! On crie à la trahison, l'affaire remonte jusqu'aux oreilles de Jean-Luc Mélenchon qui retire son investiture au candidat. La faute est impardonnable, colossale, irrévocable. On comprend sans peine le courroux de M. Mélenchon et on le trouve même bien conciliant de n'avoir pas exigé que l'on traîne le traitre impénitent au pilori en place publique pour qu'il puisse expier sous les lazzi de la foule des gens de gauche. Lorsque l'on est de gauche, la moindre des choses est de ne pas boire en compagnie d'un homme de droite. Tout le monde sait ça. C'est même l'un des fondamentaux de l'apprentissage de la vie politique. Staline a-t-il jamais bu avec Hitler ? Marchais a-t-il jamais bu avec Pompidou ? Non ! Bien sûr que non ! Et Mélenchon lui-même, a-t-il jamais eu la faiblesse de consommer un verre d'alcool avec un ennemi du peuple ? Non, parce que Jean-Luc Mélenchon est un homme de convictions qui ne transige pas avec l'idéologie et parce qu'il est des choses avec lesquelles il convient de ne pas rigoler. Non mais ! Gloire soit rendue à Jean-Luc Mélenchon et que la grâce divine dégouline sur ses épaules saintes.
Cet homme coupable, c'est Maurice Melliet. J'avoue ne pas le connaître bien mais ceci depuis longtemps, depuis les années 80 quand il avait son agence de publicité Persona Grata. Je soupçonne en lui un de ces dangereux anarchistes puisqu'en plus de boire des coups avec l'ennemi il se pique de poésie au sein du club des Hydropathes de Périgueux. C'est dire le caractère néfaste du personnage !
Maurice Melliet n'entra pas dans une colère remontée face au dieu vivant du Front de Gauche de l'époque. Il se contenta, et c'est là que l'on comprend mieux la couardise de l'homme, d'envoyer un poème à M. Mélenchon. L'histoire ne dit pas si le Grand Homme a lu les vers et leur a répondu. L'histoire ne dit pas non plus de quel côté le ridicule a frappé, du reste.

Maurice Melliet

dimanche 18 février 2018

Le plein d'anciennes

L'agglomération périgourdine est-elle en passe de devenir la capitale du véhicule ancien et de collection ? A voir le nombre de manifestations organisées au long de l'année, on peut se le demander. Le gros événement que sont les Vintage Days et son indéniable succès populaire s'accompagne de rassemblements plus ou moins informels à Boulazac ou Trélissac et ce salon de Marsac-sur-l'Isle qui ferme ses portes ce soir.
Cette année, le salon de Marsac-sur-l'Isle fait honneur aux Alpine avec la présentation de la toute nouvelle A110. Elles étaient regroupées dans un pavillon et partageaient la place avec des stands d'accessoiristes et de vendeurs de vêtements "vintage". Je reviendrai probablement sur cette partie spécifique dans les jours à venir.

l'ancêtre de l'Alpine
On pouvait voir un bon nombre d'auto plus ou moins anciennes à l'extérieur mais les plus belles pièces étaient à l'abri dans l'autre pavillon. Plusieurs clubs des Périgords présentaient leurs machines. On notait la présence de clubs de marque comme Facel-Vega, SIMCA, Triumph, MG ou Volkswagen ainsi que des clubs plus généralistes et quelques clubs de motocyclettes.
Signe que l'on vieillit, on peut voir exposées des automobiles que l'on a connues neuves ou "d'occasion récente", des automobiles qui nous semblent parfois bien banales et que l'on s'étonne de les voir collectionnées. C'est par exemple le cas de ces Renault 14 et SIMCA 1100. La Renault 14 est le fruit d'un partenariat avec Peugeot est un cas d'école pour ce qui est de la campagne de communication particulièrement ratée et catastrophique. Que ce sera-t-il passé dans la tête des responsables pour penser un instant que l'on pouvait susciter l'envie d'acheter une voiture que l'on identifie à une poire ? Mystère. S'il est déjà fort peu probable qu'un automobiliste puisse avoir le désir secret de rouler à bord d'une poire, il est à parier qu'il n'a pas plus le souci d'être pris pour elle. Cela a conduit à un échec commercial de légende.

Renault 14 et SIMCA 1100
Par contre, quel plaisir de revoir une SIMCA 1000 Rallye 2 ! Ah ! S'il est bien une voiture de "kéké", c'est celle-là. Le petit bolide de Poissy marche sans vergogne sur les pieds de la R8 Gordini qui, alors, faisait figure de vieille gloire. L'appréciation des "Rallye" est une question de génération. Je préfère la SIMCA à la Renault, les plus anciens ne partagent pas mon avis.

Simca 1000 Rallye 2
Populaire et laborieuse, une 203 plateau "dans son jus" était exposée à l'extérieur. Son propriétaire n'hésitait pas à lever le capot afin que l'on puisse à notre aise admirer la motorisation de l'engin.

203 plateau
Nettement moins populaire, de diffusion bien plus confidentielle, réservée à quelques privilégiés désireux de rouler dans le luxe et l'exclusif, une Facel Vega FV3B (celle-là même qui fut funeste à Albert Camus) se laissait admirer par les connaisseurs. On ne reviendra pas sur la regrettable disparition de cette marque et sur les raisons qui ont conduit à celle-ci mais cela ne nous empêchera pas de noter que cette marque est aujourd'hui tombée dans l'oubli. C'est dommage. Heureusement, le club Facel Vega, propriétaire de la marque, perpétue la mémoire.

Facel Vega FV3B

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