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jeudi 14 avril 2016

Bécane et confort

Vais-je parvenir un jour à épuiser la réserve de photographies faites lors du salon de la moto de la FFMC de Limoges ? Aujourd'hui, j'exploite le thème des Motobécane et Motoconfort. Au début des (deux) temps, en 1923, est créée la société Motobécane qui commercialisera dès l'année suivante un premier modèle, la MB1, une motocyclette à moteur deux temps de 175cc. Le succès est au rendez-vous et bientôt, en 1926, il est question de sortir un nouveau modèle. Or, on craint que celui-ci ne soit pas au point et vienne assombrir la renommée de la marque. Qu'à cela ne tienne, on lance une nouvelle société, une nouvelle marque, Motoconfort, qui servira à essuyer les plâtres. La 308, un monocylindre deux temps de 308cc est née et sera produite également sous la marque Motobécane à partir de 1928.
La cohabitation entre ces deux marques sœurs qui ne trompent personne persiste jusqu'au dépôt de bilan en 1981. En 1983, ce sera sous la férule du sauveur Yamaha que la marque renaîtra. Je n'ai jamais bien compris s'il y avait ou non des différences entre Motobécane et Motoconfort en terme de niveau de finition ou de qualité. Longtemps, j'ai pensé que la Motobécane était plus luxueuse que la Motoconfort mais ce n'est pas si simple. Si vous voulez mon avis, la co-existence de ces deux marques est une idiotie, d'autant plus que le public n'était pas dupe.

Motoconfort R4 à côté de ses pompes
De la moto et du confort
Comme on peut le vérifier sur les photos placées juste au-dessus de ces lignes, il a été une époque où l'on faisait de belles motocyclettes chez Motobécane/Motoconfort. Ce n'est pas qu'elles révolutionnaient quoi que ce soit, les solutions techniques étaient celles communément adoptées dans les années 30, mais elles étaient relativement bien finies et finalement assez jolies.
Après guerre, Motobécane savait encore faire de la moto comme le prouve la photo qui sera insérée après ce paragraphe. Que s'est-il donc passé pour que la marque se perde dans la production de cyclomoteurs assez laids dans les années 60 ? On accusera sans doute la désaffection du Français pour la moto provoquée par l'incitation à acheter de la voiture et par la mise à disposition d'automobiles d'occasion sur le marché. C'est sans doute une piste mais il ne me semble pas que ça puisse être la seule. Après une ambitieuse tentative de bicylindre dans les années 50 avec la L4C, la marque choisit de se concentrer sur du deux roues très utilitaire qui ruinera, à mon avis, l'image de la marque. Dans les années 70 et 80, Motobécane ou Motoconfort sera synonyme de petit vieux en bleu de travail et béret à la Gitane maïs collée à la lèvre. Pas de quoi faire rêver le jeune. Pour moi, l'industrie motocycliste française a été frileuse et radine, ne cherchant plus qu'à faire du chiffre d'affaires en proposant au plus cher le moins possible. Frilosité, radinerie, une bonne dose d'incompétence en prime et voilà une marque qui meurt.

Motobécane 350 1949
Il y aura bien quelques tentatives pour remettre la marque en piste mais le mal était fait. Les 125cc bicylindres deux temps n'étaient pas mauvaises en soi mais le moins que l'on puisse dire, c'est que, du moins dans un premier temps, elles avaient du mal à soutenir la comparaison avec ce qui était produit ailleurs que dans l'hexagone, sur le plan esthétique si ce n'est technique. Pour autant, ce 125cc a été utilisé en compétition comme le montre ces Motobécane-Deleuze bien préparées et apparemment très puissantes.

Deleuze-Motobécane 1971
Deleuze-Motobécane 1974
Le succès mitigé de la 125 allait pousser Motobécane à se relancer dans l'aventure de la "vraie" moto avec une 350cc deux temps trois cylindres. Ce ne fut pas une réussite commerciale. La toute dernière incursion de Motobécane (devenue MBK) dans le monde de la moto aura lieu avec la fabrication des dernières BFG. Parfois, je me demande si le problème n'a pas été de conserver la marque Motobécane lors du retour au vélomoteur. Pour celles et ceux de ma génération, une moto ne pouvait pas avoir Motobécane comme marque tant celle-ci était rattachée aux cyclos aux couleurs douteuses. Le problème a été semblable pour Peugeot. On réfléchira sur le fait qu'il est plus rapide de discréditer une marque que de la rendre prestigieuse.

Motobécane
350 Motoconfort

mardi 25 août 2015

Du noir et du blanc pour la Cassagne

Deux photos pour aujourd'hui. La première est celle d'un sympathique jeune rebelle participant à la randonné des Pétaroux. J'ai beaucoup aimé sa bécane qui a pour principale particularité de posséder un moteur Peugeot dans une partie cycle Motobécane. Beau travail d'adaptation ! J'aime beaucoup le pot de détente à ras du sol et, plus encore, l'attitude du jeune. Pour faire la photo, je me suis posé à bonne distance et je n'ai rien fait d'autre qu'attendre. Il a commencé à afficher un air un peu renfrogné. Alors, pour bien le déstabiliser, sans dire un mot, d'un signe de tête, je lui ai fait comprendre que le silencieux, une boîte de bière recyclée, méritait d'être un peu remis en ordre. Il s'est exécuté et a repris la pose, attendant que je daigne porter l'appareil à l'œil et déclencher. J'aime bien cette photo.

Motobécane Peugeot

La deuxième image est d'une réalisation plus simple. La personne de droite a voulu que je fasse la photo. Je n'en suis pas certain mais il est possible que celui de gauche soit authentiquement écossais. Je ne l'ai pas entendu parler.

Ecossais en kilt

lundi 24 août 2015

Les pétaroux sont revenus à La Cassagne

Cent-vingt cyclomoteurs l'an passé pour la première édition, plus de deux cents cette année. La Rando à la Noix de La Cassagne est en passe de réussir à se hisser haut dans le monde des manifestations dédiées aux cyclomoteurs et à la bonne humeur ! Et c'est mérité.
La bonne humeur, c'est bien ce qui va faire la différence avec les rassemblements de véhicules anciens parfois un peu trop pincés. C'est que, s'il y a des manifestations qui se prennent trop au sérieux, ce n'est certainement pas le cas dans ce magnifique village de La Cassagne, dans le beau Périgord Noir, niché dans un décor de rêve. On est ici pour se retrouver et pour bien s'amuser. Pour preuve, tous les cyclos sont acceptés. Bon, d'accord, il faut qu'il ne soient pas trop récents mais c'est assez laxiste pour que l'on puisse venir avec une machine des années 90 voire encore plus récente. Pas de scooter, par contre. Je ne sais pas si c'est une volonté des organisateurs ou si ce sont les candidats qui manquent.
Si la pluie a été bien vive pour la matinée, elle n'a pas réussi à dissuader les participants à se lancer dans la randonnée de 65 kilomètres qui passait par Saint-Geniès et Valojoulx pour revenir à La Cassagne. Les déguisements étaient vivement encouragés et, cette année, ils ont été encore plus nombreux à se prêter au jeu.

Motobécane water cooling ?
Mobylette à bois
Les Motobécane/Motoconfort étaient bien représentées. Je n'ai pas fait les comptes mais il m'a semblé qu'au petit jeu des marques présentes, elles auraient gagné. Qu'en déduire ? Soit elles ont été majoritairement vendues dans la région, soit elles sont plus solides que les Peugeot, l'autre grande marque française de cyclomoteurs. Dans les années 70 et 80, ce que l'on voyait le plus, me semble-t-il, était le 103 SP Peugeot. Elles paraissaient plus "modernes", plus à même de plaire au jeune, que la bleue de chez Tobek. La marque de Pantin mit un peu de temps pour réagir en sortant le 51 et il faut reconnaître que, à l'époque de sa sortie, il devenait difficile de lui préférer la 103 de chez Peugeot.

Peugeot ou Motobécane
Dans les mémoires, les Motobécane plus anciennes paraissent vieillottes. Mais c'est sans doute que les mémoires sont défaillantes. Si l'on a retenu les Peugeot les plus répandues, on a vite oublié les séries précédentes comme les BB. Ce n'est pas qu'elles déméritaient, ces braves BB mais il faut avouer que, niveau technologie, ça commençait à dater lorsque leur production a cessé au début des années 70.

BB Peugeot

Mais parce que le cyclomoteur n'est pas une affaire exclusivement franco-française, on pouvait revoir de bien belles machines venues d'ailleurs à La Cassagne. Et pour ce qui est de venir d'ailleurs, les cyclo japonais se posent un peu là. Alors, je sais déjà que des esprits chagrins vont pester ou bouder. D'abord, on s'en fout. Ensuite, objectivement, je ne vois pas ce que l'on peut reprocher à ces machines. Prenons le cas de ce 50 trial Yamaha pour commencer. C'est une "mobylette" qui m'a bien attiré à l'époque. Il faut dire que la ligne est plus que plaisante. Qu'avions-nous à proposer, en face ? Le SX5 Peugeot ?

Yamaha 50 trial
Avec son petit moteur quatre temps, la Honda PS50 n'était pas, à mes yeux, très jolie. Je pense même qu'à l'époque je devais la trouver parfaitement laide. Aujourd'hui, je la vois d'un autre œil, plus amusé et plus nostalgique. Le temps excuse beaucoup, dirait-on. On peut se demander ce qui a pu pousser l'acquéreur de l'époque à craquer pour elle. La réputation de solidité de la marque ? La consommation très contenue ? L'entretien facile ? Le moteur 4 temps qui permettait de s'affranchir des pompes à mélange 2 temps ? Peut-être aussi la présence d'un bon concessionnaire, tout simplement ? Quoi qu'il en soit, la Honda avait bien quelques arguments en sa faveur.

Honda PS50
Mi italienne mi française, la Gitane-Testi a fait rêver bien de jeunes apprentis motards. Moi, je ne les aimais pas trop. Je les trouvais trop tape-à-l'œil avec leur peinture pailletée, leur pot de détente et leurs guidons bracelets. Il y avait aussi que, pour cause de réglementation, elles étaient souvent tellement bridées qu'elles arrivaient à se faire pourrir par les 103 trafiqués. Et ça, ça m'amusait beaucoup. Suis-je devenu plus honnête avec le temps ? Je ne saurais le dire. Toujours est-il que, aujourd'hui, entre un 103 et un Gitane-Testi, je n'hésiterais pas longtemps ! Celle-ci était déjà présente l'an dernier et ce fut un vrai plaisir que de l'entendre craquer lors du démarrage à la poussette. Un bon petit bruit de 2 temps à pot de détente, bien pétaradant comme il faut !

Prêt à faire la course
Peu courant, plus rare, moins diffusé, voilà une Alphonse Sutter. Je ne sais pas trop quoi dire à propos de cette machine. J'ai cherché sur Internet et j'ai tout juste trouvé qu'elle serait peut-être propulsée par un moteur ABG/VAP. Bon. C'est peu. Il faut dire qu'à une époque, celle de cette machine possiblement, il est apparu tout un tas de constructeurs/assembleurs qui puisaient dans les catalogues des accessoiristes pour produire leurs machines. Parfois, ces constructeurs concevaient au moins le cadre mais ce n'était pas toujours le cas. Quoi qu'il en soit et bien que je ne puisse pas vous en dire beaucoup plus, une photo de l'A. Sutter avec son nounours et sa remorque !

Peu courant cyclomoteur Alfphonse Sutter.

mardi 2 septembre 2014

Les pistonnés de la Chapelle-Gonaguet

Une très rare Myriam de Calignac, Lot-et-Garonne

Terrot

Motobécane Superculasse

On ne va pas s'emmerder avec un filtre à air

Jolie BSA

BMW

125 Honda K3 ou K4

René Gillet Paris

lundi 1 septembre 2014

Vieilles bielles à la Chapelle-Gonaguet

Et donc, il s'est trouvé que je suis passé par la Chapelle-Gonaguet pour faire des photographies de motocyclettes anciennes. Les sympathiques collectionneurs étaient pressés de ranger leurs machines sur les remorques ou dans les fourgons pour pouvoir aller se restaurer après la balade. Aussi, j'ai raté plusieurs motos.

C'est un peu par hasard que j'ai eu vent de ce rassemblement de motocyclettes anciennes. J'ai été averti par un collectionneur alors que nous parlions de tout autre chose. Hier matin, je me suis levé tôt pour aller faire mes images avant le départ pour la promenade. Le problème, c'est qu'une fois arrivé à la Chapelle-Gonaguet, j'ai été infoutu de trouver l'endroit où se trouvaient les motos. J'ai alors pensé que je m'étais trompé de date ou de lieu ou bien, encore, pourquoi pas, que le rassemblement avait été annulé. La queue basse et les oreilles pendantes, je suis rentré chez moi sans m'empêcher de prendre les chemins détournés. Un peu avant midi, pourtant, je repartais pour la Chapelle-Gonaguet. J'ai fini par trouver le lieu de la manifestation mais bon, il n'y avait pas une seule moto. J'ai attendu, les motos sont arrivées. La lumière était mauvaise, les participants avaient plus à cœur de ranger leurs machines que de se prêter au jeu que je leur proposais. Je vous ai tout de même ramené quelques images.

René Gillet Paris

Dollar 350

Dresch 250 à moteur JAP

Rare 500 du début des années 30

Motobécane Moby Super 56

Motobécane

Motobécane

Zündapp DB255

New Map

Et demain, d'autres photos !

jeudi 28 août 2014

Pour en finir avec la Cassagne

Pour terminer avec cette série de photographies sur la randonnée de cyclomoteurs de la Cassagne, quelques uns des déguisements.

Pédalage et démarrage

Peugeot SX5 à la mode écossaise

L'habit ne fait pas pas...

Et comment on met le casque ?

C'est vache

Bénédicion joyeuse

mercredi 27 août 2014

La Cassagne, les vitesses

Au programme aujourd'hui, les plus belles machines présentes pour la randonnée de cyclomoteurs de la Cassagne.

Pour commencer calmement, quelques Gitane-Testi magnifiquement restaurées et une autre un peu "améliorée". Je comprends que les jeunes de l'époque aient pu être attirés et fascinés par ces "pisse-feu". Ils étaient beaux, tout de même. Il faut le reconnaître et il faudrait user d'une bonne dose de malhonnêteté et de mauvaise foi caractérisée pour dire le contraire. Une ligne quasi parfaite, tendue du petit phare au feu arrière, un moteur rageur qui fait entendre un chant énergique au bout de son pot de détente. Ah ! Ça donnerait l'envie de revenir quelques années en arrière, cette affaire ! Il aura fallu qu'un gouvernement scélérat et un parlement assassin œuvrent dans la sournoise intention à peine voilée de protéger les marques françaises de pétochons cacochymes qu'étaient Peugeot et Motobécane pour que l'on interdise la vente et l'utilisation des cyclos à vitesses sous couvert d'une fallacieuse excuse bidon. Soit disant que les jeunes se tueraient moins avec des cyclomoteurs français qu'avec des machines étrangères. Soit disant que les jeunes de France — étaient-ils sots et demeurés, les pôvres ! — auraient été incapables de devoir s'occuper de passer des vitesses sans se mettre au fossé ou au cimetière. Ainsi, pour préserver les petites 103 et les grosses 88, on a tué le marché du 50cc à vitesses. Combien sont-ils, ces cyclomoteurs hors-la-loi, à avoir fini à la ferraille lorsqu'ils sont devenus persona non grata sur nos routes ? Il est presque miraculeux que certains aient réussi à demeurer parmi nous jusqu'à aujourd'hui, cachés dans des fonds de garage, dans des coins de granges. Les Testi, les Malaguti, les Kreidler et Zündapp, mais aussi les Peugeot, Motobécane, Flandria ou autres Paloma avaient disparu, elles ressortent et c'est tant mieux.

Gitane Testi "Champion Super" et Motobécane D55

Gitane Testi "Champion Super"

Gitane Testi "Champion Super"

Gitane Testi "Champion Super" qui se lance au départ

Gitane Testi à refroidissement liquide

Gitane Testi hyper cooled

Pour terminer, sans doute la plus intéressante des machines présentes à la Cassagne, une splendide PS 50 Honda.

Honda PS 50

Demain, d'autres photos

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