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lundi 1 octobre 2018

Périvroom #3


On ne va pas non plus y passer l'année. Pour peu que la question du véhicule de collection vous intéresse, cette édition de PériVROOM valait le déplacement. Beaucoup de Bugatti, de belles automobiles d'avant la première guerre mondiale, de rugissantes monoplaces, quelques motocyclettes. Vraiment, ce n'était pas mal du tout. Je n'ai pas regretté.
Tenez, par exemple, une SIMCA Coupé de VIlle. La base est une banale Aronde et, a priori, il n'y a pas à faire étalage d'un enthousiasme particulier. Sauf que, tout de même, l'auto est jolie et qu'elle est carrossée par Facel-Véga. Ce n'est pas si courant. On m'objectera que les VLR Delahaye étaient carrossés eux aussi par Facel-Véga et que ces véhicules tous terrains n'ont pas grand chose de luxueux.

Simca Coupé de Ville
Une Renault, une Corre. Ce qui est amusant, c'est qu'il y a presque autant d'années qui séparent ces deux autos qu'il y en a entre la plus récente des deux[1] et notre époque. On peut constater qu'il y aura eu plus de bouleversements dans la conception des automobiles dans les 50 premières années que dans les 50 suivantes. Enfin à la condition d'accepter de dire n'importe quoi et de ne pas tenir compte des incroyables progrès de ces vingt dernières années qui nous mènent vers la voiture autonome, bien sûr. Par contre, je pense que l'on peut plus aisément se mettre aux commandes de la petite Renault et s'insérer dans le trafic actuel qu'au volant de la Corre.

Match Corre-Renault
Puisque l'on en est à causer de Renault, nous voyons là l'imposante automobile de 1909 qui tente de faire la course avec une Bugatti. C'est la Bugatti qui va gagner. N'empêche, il y a moins de trente ans entre ces deux automobiles. Tout de même, on reconnaîtra qu'elles n'ont pas été tout à fait conçues pour le même usage, la même destination. Dans la Renault, vous amenez famille et bagages mais vous gagnez moins souvent les courses de vitesse.

Renault contre Bugatti
Une Peugeot 402 Darl'mat et une Bugatti. On pourrait se dire qu'il n'y a guère de rapport entre ces deux marques mais ce serait méconnaître l'histoire de l'une des premières Peugeot, la Bébé Peugeot a bien été conçue, dans les années 10, par Etorre Bugatti.

Peugeot et Bugatti
La 402 est vraiment très jolie. Ça, on ne peut pas le réfuter. Elle date de 1939. Il ne resterait que quelques rares exemplaires de ce beau cabriolet. Peut-être six. Ce qui est un peu dommage, c'est que cette belle carrosserie n'ait pas eu droit à un moteur digne d'elle. Elle doit se contenter d'un "vulgaire" quatre cylindres développant entre 50 et 60 chevaux. Pas de quoi impressionner les autos plus puissantes.

Peugeot 402 Darl'mat
On reste chez Peugeot et on perd une roue avec un side-car de course. Je ne me souviens plus du modèle de la moto. C'est, me semble-t-il, un 350cc à soupapes latérales. Sans doute des années 30. On le voit mal sur la photo mais le singe prend son rôle très au sérieux. Sans doute bien incapable d'atteindre des vitesses folles, cet attelage ne fait cependant pas qu'amuser la galerie !

Side-car Peugeot
Je parlais de la collaboration entre Bugatti et Peugeot.Eh bien figurez-vous que les premières motos Norton étaient équipées d'un moteur Peugeot ! Celle que je vous présente ci-après est, c'est marqué, une Manx. C'est le modèle emblématique de la marque, celui qui nourrit les rêves les plus fous, une machine de légende. Une Manx, quoi ! Ce qui est très regrettable, c'est qu'elle n'ait pas couru.

Norton Manx
Une qui a roulé et plutôt bien, la Magnat Debon pilotée par un solide gaillard équipé de pied en cap dans l'esprit qui sied à l'exercice.

Magnat Debon
Deux Bugatti, deux âges. La plus ancienne, celle qui porte le numéro 7, est une type 13 ou "Brescia". Elle date de 1913. L'autre est une type 35 des années 20. On remarque qu'entre les deux, Bugatti adopte le radiateur en forme de fer à cheval qui sera une marque de fabrique jusqu'aux modèles actuels.

Bugatti 13 et 35

Pour être certain que ce sera bien une Bugatti qui gagnera, le mieux est encore de faire courir une Bugatti contre une Bugatti. C'est la scène que l'on pouvait voir lors de ce PériVROOM à de multiples reprises.

Bugatti contre Bugatti

Mais la surprise venait de la lutte acharnée à laquelle nous avons pu être témoins entre deux ancêtres, une Brasier et une Despine, et une puissante Caterham. Peut-être les anciennes faisaient-elles obstruction et peut-être même la Caterham remporterait-elle la course si on l'avait laissée passer. Mais tous les coups semblaient être permis.

Les ancêtres mènent la course

Spécialement pour le Liaan

Dauphine qui veut se faire voiture de course

Note

[1] la Renault

vendredi 28 septembre 2018

Périvroom #2


Des motos, disais-je. Il y en avait quelques unes, des populaires et des prestigieuses, des plus ou moins anciennes. Après l'Ariel Square Four, une AJS de course que nous n'avons pas eu le plaisir de voir courir. C'est bien dommage.

AJS
Entre 1921 et 1939, Joseph Lamy et Émile Akar construisent des petites automobiles sportives, les Amilcar. Certes, elles ne concourent pas dans la même catégorie que les puissantes Bugatti mais elles ne déméritent pas pour autant. Ce sont de vraies petites automobiles sportives, puissantes et bien conçues et fabriquées.

Amilcar
La notion d'automobile sportive a évolué au fil des années et décennies. En ces débuts de l'automobile, dans les premières années du XXe siècle, à l'époque des pionniers et alors que l'on n'a pas encore une idée bien arrêtée sur ces drôles de machines pétaradantes et fumantes, on pense déjà que l'on pourrait les utiliser pour des courses de vitesse. On comprend rapidement que l'ennemi, c'est le poids. Alors, on enlève le dispensable et on conserve les roues, le moteur, le réservoir de carburant et les sièges en plus de quelques accessoires dont un volant et des commandes placées ci et là. On obtient quelque chose comme cette Richard Brasier qui marche bien plus fort que je le pouvais penser.

Brasier 1907
Tous les constructeurs ne sont pas sportifs dans l'âme. Chez Corre, en 1905, on propose cette type G forte d'une huitaine de chevaux. Si l'on ne brille pas particulièrement en course, au moins peut-on amener, avec le sourire, toute la famille.

Rouler en Corre et toujours
Je vous parlais hier de la marque Lotus avec la Caterham. On en reparle aujourd'hui avec le modèle Elise que l'on connaît aussi sous l'appellation Speedster chez Opel mais avec un moteur différent. Cette automobile de ce troisième millénaire dans lequel nous pataugeons prouve que l'on peut être une automobile intéressante et de collection sans encore multiplier les ans.

Lotus Elise
Avant d'être absorbée par Terrot, la marque Magnat Debon produisait de bien belles motocyclettes comme cette 250cc "coursifiée" qui savait montrer de quel bois elle se chauffe lors des tours de circuit.

Magnat Debon
Notons que les marques Terrot et Magnat Debon seront rachetées par Peugeot qui supprimera ces marques au détour des années 50. Et puisque l'on évoque Peugeot, arrêtons-nous un instant sur une belle réalisation de Darl'mat sur une base de 402. Celle-ci date de 1939 et l'on ne peut s'empêcher de se dire qu'à l'époque, on avait encore une haute idée de ce qu'était une belle carrosserie.

Peugeot 402 Darl'mat

samedi 21 octobre 2017

Les lecteurs ont du talent #2


Tournesol nous transmet cinq images qu'il apprécie. Parce que la manifestation était une évocation du Grand Prix de Périgueux de 1950, les machines sportives étaient mises à l'honneur. Pas si courants, souvent oubliés, les side-cars sportifs étaient représentés par une belle des années 30, une Peugeot latérale qui posait bien des tracas à son propriétaire avec un allumage capricieux et difficile à régler correctement. S'il est presque certain que cet engin ne permet pas d'atteindre des vitesses folles, les sensations doivent être, elles, tout à fait intéressantes.

Side-car de course Peugeot
Toujours pour les motocyclettes, une 250 Magnat Debon sympathiquement coursifiée qui a eu son petit succès auprès du public. Il faut reconnaître que cette petite moto est agréable à l'œil.

250 Magnat Debon

Quoi de mieux qu'une monoplace pour illustrer l'idée d'une course automobile ? En voilà une pleine remorque !

Monoplaces empilées
De course à n'en pas douter, une SIMCA 8 de sport qui savait faire parler la poudre lors de la parade autour de la place Tourny.

SIMCA 8 de course
Et parce qu'il y a bien longtemps que l'on n'a pas parlé de Bugatti sur ce blog, en voilà une, majestueuse, belle et fort convoitée, une Type 57 cabriolet Stelvio des années 30.

Bugatti Type 57

mardi 17 octobre 2017

Automobiles d'exception à Périgueux


De nouvelles images de cette manifestation qui regroupaient en un plateau d'exception des véhicules du même tonneau. Pour commencer, une automobile qui est par beaucoup considérée comme particulièrement belle, une Delahaye 135 carrossée par Figoni & Falaschi déjà vue et photographiée lors des Vintage Days 2016.

Delahaye 135
La Bugatti Type 55 déjà présentée hier était très probablement la plus jolie de toutes les Bugatti présentes lors de ces journée périgourdines. On ne s'en lasse pas.

Bugatti Type 55
Toujours chez Bugatti, l'intérieur très étudié d'une Type 51 avec la cartouchière pleine de bougies de secours. Ce qui est à mon avis plaisant dans cette mise en scène, c'est bien le fait que l'on ne sacralise pas l'automobile et que l'on cherche au contraire à la banaliser en tentant de faire croire que nous sommes là en présence d'une voiture comme une autre, juste un peu plus ancienne, un peu plus prestigieuse, un peu plus rare, un peu plus chère. D'ailleurs, un détail qui m'amuse beaucoup aussi est la présence sur plusieurs de ces petites Bugatti d'un sac à dos d'origine militaire sur le côté. Cela indique que ces automobiles n'étaient semble-t-il pas idéales pour transporter ses petites affaires et que le constructeur n'avait pas jugé opportun de prévoir une vide-poche ou un coffre digne de ce nom.

Bugatti Type 51 avec bougies de secours
Tant que nous sommes en compagnie des Bugatti, en voilà une saisie en pleine course en un essai de filé-figé. Si la consigne avait été donnée de ne pas chercher à rouler vite, si le cortège était bien mené par une Traction Avant 15 Six "pace car", on sentait l'envie de faire rugir les moteurs et les conducteurs ronger leur frein.

Une Bugatti à Périgueux

Et puisque l'on en est à prétendre que ces automobiles roulaient pour de vrai, voilà une MG photographiée sur les allées Tourny qui paraît réjouir ses occupants.

MG
Mais avec deux roues de moins les véhicules peuvent s'avérer bien intéressants aussi. Une Magnat-Debon des années 20 quelque peu revisitée était offerte à la vue des spectateurs et ça faisait bien du bonheur à voir.

Magnat-Debon
La suite prochainement.

lundi 4 mai 2015

À Limeyrat, les vieilles se dégourdissent les gambettes


Je suis sincèrement désolé de ce qu'il va se passer sur le blog pour aujourd'hui et les jours à venir. Désolé pour celles et ceux qui n'aiment pas les motos anciennes, qui s'en foutent, qui n'en ont rien à battre, que ça emmerde, que ça ennuie, que ça dérange. Désolé pour celles et ceux qui n'aiment pas les photos. Désolé mais, parce que c'est moi le chef, je fais bien ce que je veux et comme je l'entends.
Je comprends tout à fait que l'on ne comprenne pas l'intérêt suscité par ces vieilles mécaniques, ces gros jouets qui ne servent même plus à se véhiculer d'un endroit à un autre dans un but pratique et utilitaire. Toutes ces motos qui ont au minimum 86 ans ne doivent plus être considérées comme de vrais véhicules. Bien sûr, elles roulent et elles l'ont démontré lors de la promenade d'une cinquantaine de kilomètres qui les a menées vers Bars et Fanlac. Elles roulent mais il serait illusoire de prétendre les utiliser au quotidien comme on le fait d'une moto plus ou moins récente. Et de fait, on peut légitimement se demander à quoi ça peut bien servir de préserver ces vieilles pétoires. On peut même estimer qu'il serait plus productif d'utiliser son temps à autre chose. Mais bon, c'est comme ça. Il y a des personnes qui sont prêtes à laisser couler une larme d'émotion à la première rencontre avec une moto ou une auto ancienne à restaurer. Et ceci même si ça n'éveille pas de souvenir particulier, s'il n'y a pas derrière un grand-père voire un arrière grand-père qui aurait eu un véhicule semblable dans le temps. C'est une perversion bizarre et étrange et ça ne se discute pas.
Et comment ça fonctionne, tout ça ? C'est ma foi assez simple. La première étape, pour faire une moto de collection, c'est de trouver une personne qui l'achète neuve à sa sortie. Ça semble idiot mais c'est pourtant vrai. Bien vite, de neuve la moto entre dans le domaine de la moto d'occasion. A cette étape, normalement, elle n'intéresse pas grand monde. D'occasion récente, la moto entre alors dans une sorte de purgatoire. Il s'agit de cette période noire durant laquelle elle fait figure de vieillerie dépassée. On la regarde avec un sourire moqueur et on ne lui trouve aucune qualité. C'est après, une fois que nombre de ses semblables aura fini sous le pilon du casseur et qu'elle aura été recyclée, que l'on commencera à s'intéresser aux représentantes restantes. Elle sera alors auréolée du prestige plus ou moins marqué de l'appellation "véhicule de collection" ou, du moins et comme on le dit aujourd'hui, de "moto classique". Clairement, entrent aujourd'hui dans ces catégories des motos nées dans les années 80. Le temps passe !
Venue en voisine comme une petite fille viendrait rendre visite à ses grand-mères, une belle BSA était présente à Limeyrat, un peu à l'écart, toutefois.

Birmingham Petits Bras
Si cela fait bien plaisir de voir cette belle anglaise, le sujet était la moto bien plus ancienne. Parmi les plus âgées du jour, il y avait une belle Peugeot qui exposait un ingénieux système de suspension avant par lames de ressort disposées verticalement le long de sa fourche. On notera que le principe n'a pas fait école.

Visez-moi cet éclairage ! Visez-moi cette suspension !
Pour la sélection de photos d'aujourd'hui, je me suis concentré sur quelques détails amusants ou simplement intéressants. Par exemple, nous avons le cas de ce bicylindre en V (qui trouvera la marque ?). Bicylindre mais quatre bougies d'allumage !

Bicylindre en V mais quatre bougies
Je n'ai jamais eu la chance et l'occasion de conduire des motos vraiment anciennes, des années 30 ou antérieures. Ce devait tout de même être quelque chose de gérer les commandes au guidon, de ne pas oublier de donner un coup de pompe pour le graissage de temps en temps, de chercher à éviter les nids de poule sur ses routes qui n'étaient pas revêtues. La quantité de manettes et leviers à sa disposition est de nature à provoquer comme un certain désarroi chez les non initiés.

Essaie de te débrouiller avec toutes ces manettes !
Pour accélérer, c'est où qu'on freine ?
Ce qui me surprend toujours, c'est de trouver des dispositifs d'éclairage sur les motos les plus anciennes. Ici, pas d'ampoule électrique ! On éclaire la route avec du gaz enflammé ! J'ai comme une sorte de doute quant à l'efficacité de la chose. Il semble que l'éclairage n'était pas obligatoire en ces temps anciens. Bon nombre de motos ne propose aucun accessoire de ce genre si ce n'est, dans le meilleur des cas, un discret catadioptre à l'arrière. Mais franchement, est-ce que l'on avait réellement l'idée de filer dans la nuit au guidon de ces machines ?

C'est comme les pieds, bien nickelé !