samedi 27 avril 2019

Droit à l'erreur

vendredi 26 avril 2019

Macron d'émission

mercredi 24 avril 2019

D'un extrême à l'autre

On a donc appris que la tête de liste de LaREM, Nathalie Loiseau, avait été candidate d'une liste étudiante d'extrême droite dans sa jeunesse. Mme Loiseau a d'abord raconté qu'elle n'avait aucun souvenir de cet épisode et puis, parce que ça ne fait pas bien sérieux de ne pas avoir de mémoire à ce point, elle a prétendu qu'elle n'avait pas perçu l'orientation politique de cette liste, l'Union des étudiants de droite, émanation du Groupe Union Défense. Enfin, elle a plaidé l'erreur de jeunesse. Bien entendu, et on n'en attendait pas moins, les forces vives de LaREM apportent leur soutien à Mme Loiseau.
Le droit à l'erreur, le droit à la mémoire sélective, le droit à la bêtise dont se prévaut Mme Loiseau sont bien pratiques mais on ne peut raisonnablement pas lui dénier d'être dans l'erreur, de n'avoir pas de cervelle ou d'être bête. Après tout, ce ne doit pas être de sa faute, la pauvre. A mon avis, ça ne doit déjà pas être simple à vivre au quotidien. En plus, mais là non plus elle n'y peut rien, elle semble avoir autant de charisme qu'une huître échouée sur une feuille de papier hygiénique. Moi, je n'ai pas compétence à me prononcer sur le sujet mais aurais-je été en charge de trouver une tête de liste pour les élections européennes que j'aurais sans doute choisi autre chose, n'importe quoi sauf ça. Un parpaing, par exemple. On n'a jamais reproché à un parpaing ses pertes de mémoire ou ses engagements politiques passés.
Sur France Inter, une journaliste a tenté de prendre la défense de Mme Loiseau en rappelant Jospin et le Lambertisme ou Chirac et sa présence auprès du PCF. Et moi, je trouve que c'est plutôt bien que l'on rappelle ça, histoire de dire que, finalement, tous les politiques ont des casseroles qui leur collent au cul et que c'est tout boudin blanc et blanc boudin. Après, bien sûr, on peut être journaliste et avoir des idées, des opinions. Par exemple, ce matin même, un chroniqueur insupportable a parlé du cas du journaliste Gaspard Glanz qui aurait, selon lui, un peu trop d'idées politiques. C'est qu'il ne faut pas en avoir trop non plus. Il faut juste ce qu'il faut d'idées et plutôt des bonnes qui vont dans le bon sens. Ça n'a pas grand chose à voir avec le sujet mais toujours à propos de Gaspard Glanz, il a été dit que ce n'était peut-être pas tout à fait un journaliste vrai dans la mesure où il n'aurait pas de carte de presse. Un pas tout à fait journaliste avec des idées de gauche, ça mérite bien d'être mis au ban de la société.
Donc, le droit à l'erreur de jeunesse. On en a tous fait, des erreurs de jeunesse, on ne va pas le nier. Pour beaucoup, la première erreur a sans doute été de naître. Je trouve dommage que le fœtus n'ait pas le sens de la dignité nécessaire pour se suicider avant qu'il soit trop tard. J'en connais des tonnes qui m'auraient pas manqué s'ils n'étaient pas nés. Mais bon, les gens naissent et ils commencent à vieillir. La vie, c'est souvent faire des choix. On peut se tromper, faire des mauvais choix, faire des erreurs. Moi-même, je suis presque certain d'en avoir fait, des erreurs. Il faut vivre avec. Parfois, on fait des erreurs dont on n'est pas très fier. Alors, on ne va pas aller clamer en public qu'on a fait telle ou telle connerie, on tente de sauver ce qui peut encore l'être. Parfois, on commet des erreurs qui entraînent que l'on soit obligé de persister dans l'erreur. Il serait trop coûteux d'effacer l'ardoise et de repartir de zéro. Alors, on continue, on arrive à se persuader que ce n'était pas une erreur mais un plan de carrière ou un style de vie.
J'en sais certains qui se bouffent les doigts d'avoir commis des gosses cons comme c'est pas permis et qui, en société, prétendent qu'ils sont heureux d'avoir des rejetons pareils, par exemple. D'autres sont allés à l'école pour apprendre un métier à la con et ils ont fait carrière, sont montés dans la hiérarchie, ont vu leur pouvoir d'achat augmenter. Ils racontent qu'ils ont réussi leur vie et je n'en doute pas un instant. Réussir une vie de merde, oui !
Dans la vie, on est amené à faire des choix et donc à faire des erreurs. Le problème, c'est que l'on n'accepte pas de ne pas choisir. Vous savez, c'est le choix entre la peste et le choléra. On croit que la marche du monde tient au choix que l'on nous propose. On croit qu'il faut choisir entre le Pen et Macron, qu'il faut choisir entre Mme Loiseau et la pêche à la ligne. Je pense que la grande force, c'est de pouvoir suspendre son choix, de savoir dire que non, je ne choisis pas, que je ne comprends pas les termes de ce choix, les enjeux. Je pense qu'il est préférable de passer pour un gentil idiot que pour un méchant salopard.

dimanche 14 avril 2019

Par delà la mort reste la pomme de terre

Ce matin, tandis qu'un rhume scélérat m'accablait jusqu'au plus profond de mon être, je réfléchissais d'une humeur badine à la mort, à la maladie, à la souffrance et à la décrépitude. Je me disais que l'idée même de la mort, bien qu'attirante et séduisante, était tout de même un peu trop entourée de mystères divers pour une personne qui, comme moi, se pique de refuser, justement, le mystère et tout ce qu'il entraîne de charlatanisme et de croyances.
Malgré le nez qui coulait, je décidais donc d'essayer de ne pas mourir dans l'immédiat. Bien sûr, la mort aurait pu être la solution. A-t-on seulement jamais vu un mort éternuer ? Il ne me semble pas. Et quand je parle d'éternuements, je sais de quoi il en retourne. Ce matin, j'ai arrêté de compter après le huitième. J'avais la main pleine de morve, c'était dégueulasse, et je me suis traîné accompagné des explosions morveuses jusqu'au lavabo pour nettoyer les dégâts. J'avais perdu de ma superbe, je vous l'assure. M'auriez-vous vu à cet instant que vous eussiez sans doute considéré qu'il en était fini de l'insolent ascendant sur le reste du genre humain, que le phare de la pensée que je me targue d'être avait bien du plomb dans l'aile. Fort opportunément, je me cachais pour expulser des fosses nasales ces malheureuses sécrétions peu appétissantes. Cela me fait mal de devoir le reconnaître mais je n'étais pas très fier de moi et de mon corps défaillant.
Puisque j'avais écarté pour un temps l'idée de mourir, je continuais à vivre. Mais alors, il me fallait trouver une autre raison de penser. Je ne peux vivre sans penser. C'est un besoin vital, une condition sine qua non de mon existence. C'est que j'ai un cerveau bouillonnant qui est déjà réservé par la faculté qui tient à pouvoir le montrer aux jeunes étudiants pour les édifier. Ce cerveau est parfois pesant et, en ces rares moments d'effondrement que je peux connaître, je me prends à rêver d'en avoir un plus commun. Hélas, on ne commande pas à l'heure de la distribution de l'intelligence et ce n'est pas ma faute d'avoir eu droit à du rab lors de l'opération de dotation en neurones de qualité supérieure. Il est probable que d'autres aient pu s'en sentir spoliés mais qu'ils ne m'en veuillent pas, je ne suis en rien responsable de cet état de fait. Je suis désolé.
Penser à autre chose, c'était envisageable. Justement, un filet de pommes de terre était là. On ne réfléchit jamais assez au sujet de la pomme de terre, humble tubercule sans forme réelle, sans noblesse aucune. Et pourtant ! La pomme de terre est un miracle. J'illustre mon propos avec ce filet de pommes de terre photographié avec amour et déférence.


Si l'on considère trop souvent la pomme de terre comme l'aliment des masses laborieuses et populaires, si l'on ne lui prête ni qualité particulière ni intérêt notable, considérant bien à tort qu'elle est juste bonne à nourrir, à remplir la panse et à rassasier à bon compte, il ne faut pas oublier que tant de grands hommes on su l'accueillir à leur table. Nous ne citerons ici que le Général de Gaulle, Albert Einstein, Marie Curie, Pablo Picasso et Sylvie Vartan. Tous ont mangé de la pomme de terre, qui en purée, qui en frites, qui à l'eau.
La pomme de terre est frappée d'ostracisation. Les auto-proclamées élites que sont les thuriféraires de la culture biologique ne daignent pas s'abaisser à parler de la cause de la pomme de terre. Parle-t-on seulement, dans les salons, de la pomme de terre issue de la culture naturelle ? Non ! La carotte, la tomate, l'échalote ou la courgette ont droit de cité aux étals du maraîchage pour bobo écolo, pas la pomme de terre sinon à la marge, en tordant le nez et sans s'en vanter en société.
Connaissez-vous seulement une personne de ces CSP+ qui chante les louanges de la pomme de terre ? Je n'en connais pas. Ces personnes sont intarissables pour vous assommer de leurs propos débilitants à propos des "petites verrines affolantes" de Solange ou du "petit maraîcher bio" qui leur procure des fruizélégumes bios de toute beauté à la saveur incomparable ou du "petit vin" tiré d'une "petite vigne" sans intrants chimiques. Mais pour parler, en bien ou en mal, de la pomme de terre, il n'y a plus personne. C'est lamentable, c'est regrettable, c'est sot.
Est-ce que vous croyez que Macron et ses sbires s'intéressent à la pomme de terre ? Rien ne peut seulement le laisser penser et cela en dit long du mépris que ces nuisibles peuvent cultiver à l'encontre du bas peuple. La pomme de terre, ça ne fait pas assez "premier de cordée", ça ne fait que Gilet jaune, pue-la-sueur, chômeur. La start-up nation voulue par ce président de pacotille n'a que faire de la pomme de terre qu'elle ne croit pas assez moderne. Snober la pomme de terre, c'est snober le peuple de France.
Qui saura construire un programme politique autour de la question de la pomme de terre aura le soutien du peuple et c'est à cette condition que le peuple pourra prendre le pouvoir et prendre en mains son avenir.

samedi 13 avril 2019

Restitution du grand débat national

vendredi 5 avril 2019

Macron=Bouteflika

jeudi 28 mars 2019

La parole du gouvernement sera portée avec toujours plus de sincérité

mercredi 6 mars 2019

Le poing sur son grand débat

dimanche 24 février 2019

L'arme à l'œil

dimanche 13 janvier 2019

L'Emmanuel du chasseur en marche

vendredi 28 décembre 2018

Alexandre (le petit) Benalla, le retour !

lundi 10 décembre 2018

Il va parler !

dimanche 9 décembre 2018

Et si on laissait sa chance à l'utopie ?

Ça l'ennuyait beaucoup. Lui qui aimait vivre dans l'illusion, illusion entretenue par son entourage, qu'il pouvait tout contrôler, qu'il contrôlait tout, l'espace et le temps, les femmes et les hommes, les événements autant que les éléments, il affichait une mine grave et contrariée en regardant ce qui se passait dans le pays sur l'écran de son poste de télévision. Ses conseillers, ses ministres, la préfecture de police, les services de renseignement, tout le monde le tenait au courant de tout continuellement. On lui disait les cris entendus, les voitures incendiées, les devantures brisées, les attaques contre les forces de l'ordre. Tout. Il savait tout.
Il faisait carrément la gueule. Il n'avait même plus envie de fanfaronner, de prétendre que tout était sous contrôle et que tout serait jugulé dans les heures à venir, que les mouvements de contestation allaient s'éteindre comme ils s'étaient enflammés. Il n'y croyait plus. Il était assis dans son fauteuil, bien au fond, les mains crispés sur les accoudoirs, la tête légèrement baissée et il restait plongé dans son mutisme qui ne laissait rien présager de très bon. Il n'avait rien mangé à midi, il avait réclamé une bouteille de cognac et il se la sifflait consciencieusement, petit verre après petit verre, les yeux rivés sur l'écran qui déversait un flot ininterrompu de mauvaises nouvelles.
Il ne voulait plus voir personne, il tentait de réfléchir aux solutions qui se présentaient encore à lui. Tout accepter des revendications des manifestants impliquait qu'il se dédise sur tous les points, sur l'ensemble de la politique qu'il avait commencé à mettre en place. Il s'y refusait. Dans le fond, il ne voulait rien donner. Il se refusait à accorder quoi que ce soit. Il était le chef, il était au pouvoir, il avait gagné. Il se considérait comme un monarque républicain investi de tous les pouvoirs, du droit de vie et de mort sur son peuple. Il luttait encore contre l'idée bien tentante de faire charger l'armée, de réprimer la contestation par la force des armes, de faire couler le sang, de faire revenir le calme par tous les moyens à sa disposition. Le chef d'état-major avait tenté de le tempérer, d'expliquer qu'il y avait d'autres moyens que de lancer l'armée contre le peuple, que ça ne ferait qu'envenimer la situation. Il s'était resservi un cognac et s'était renfoncé un peu plus dans son fauteuil, les yeux injectés de sang mauvais.
On avait osé faire état d'une dissolution de l'Assemblée, d'une éventuelle démission. Il s'était mis dans une colère folle et avait envoyé promené tout le monde. Dans les rangs de son parti, on disait la peur. On disait aussi son soutien pour le président mais avant tout, on le pressait de prendre la parole, de trouver des mots d'apaisement, de faire des promesses, de faire des concessions. Or, il n'en était pas question. Il fallait tenir le cap, montrer sa détermination, prouver son courage et sa volonté.
Il se demandait à quel moment ça avait commencé à merder. Il avait réussi à revenir sur les acquis sociaux avec juste ce qu'il fallait de contestations, de grèves, de manifestations. Il était parvenu à plus ou moins convaincre le peuple avec les éléments de langage habituels qu'il maniait à la perfection, il arrivait parfaitement à manipuler, à rouler dans la farine, à mentir avec le parfum de la vérité, à affirmer le caractère inexorable et indispensable de ses décisions. Il y avait eu l'affaire Benalla mais il croyait qu'elle était enterrée, que l'on avait oublié ça. Il avait bien entendu la grogne lors de l'affaire de la piscine, du renouvellement de la vaisselle de l'Elysée. Il s'était contenté de hausser les épaules et de penser que les Français étaient décidément des Gaulois réfractaires. Ce bon mot l'avait amusé, il l'avait ressorti. Il n'aurait peut-être pas dû. Il restait que l'on l'avait choisi en raison de son intelligence, tout le monde lui reconnaissait une intelligence hors du commun, non ? Il avait plein d'énergie, il était jeune, il était beau. Qu'est-ce que l'on pouvait demander de plus ?
Il avait secrètement contacté les dirigeants des partis politiques du pays et des syndicats. Tous l'avaient mis en garde et assuré qu'ils ne contrôlaient rien de ces mouvements. C'était l'anarchie ! C'était ce qu'il détestait le plus. Sauf pour le monde des affaires, bien sûr. Là, il acceptait tout à fait que tout soit dérégulé à l'extrême. La richesse aux riches, la pauvreté aux pauvres et les vaches seraient bien gardées. Pour le président, l'évidence était que les puissants comme les miséreux n'ont que ce qu'ils méritent.
Dans le fond, ce n'est pas qu'il était bête ou méchant, le président, c'est juste qu'il s'était laissé endoctriné. Il avait été formaté comme ça par cette secte de penseurs, de sachants, acquis à la cause libérale. La chute du bloc soviétique avait amené de l'eau à leur moulin. Ils pouvaient enfin prétendre que le socialisme ne fonctionnait pas et qu'il ne restait donc qu'une possibilité : le libéralisme.

Et là…

J'avais commencé à écrire ce texte, je me suis aperçu qu'il n'allait pas me mener loin. Je préfère l'arrêter là.
Taper sur Macron, bon, c'est tentant, bien sûr. D'autant plus que je n'ai pas voté pour lui, que je n'ai pas souhaité qu'il arrive au pouvoir (même si, je dois le reconnaître, je suis soulagé que ce ne soit pas la candidate qui ait été élue). Taper sur Macron, donc, c'est tentant et c'est facile. D'accord, il n'a rien fait pour que ça n'arrive pas mais il n'est sans doute pas seul responsable de ce "ras le bol".
Nous sommes dimanche, au lendemain de ce que l'on appelle "l'acte 4" des manifestations parisiennes des Gilets jaunes. Je ne parviens toujours pas à me sentir complètement solidaire avec ce mouvement et à faire miens les revendications et propos de ces Gilets jaunes. La principale demande semble désormais être le départ de Macron. Ce serait comme un préalable à toute discussion pour un changement de société.
Plus que le départ de Macron, il me semble plus probable que l'on pourrait se diriger vers une dissolution de l'Assemblée nationale, un départ du premier ministre, de nouvelles élections et une cohabitation. Une grande consultation citoyenne ? Des états généraux populaires ? J'ai entendu que des maires ouvraient déjà des cahiers de doléances et se disaient prêts à les communiquer à la présidence de la République. Une nouvelle société ne peut pas, à mon avis, se construire sur une seule baisse des taxes sur les carburants. Une liste de revendications circule sur le web. Limitation du salaire des patrons, fin du CICE, contrôle plus strict du train de vie des élus, augmentation du salaire minimum, création d'emplois pour les demandeurs d'emploi… On pourra dire que certaines (la plupart ?) de ces idées sont fantaisistes mais celles imposées par l'idéologie libérale ne le sont-elles pas tout autant ?

vendredi 7 décembre 2018

La gendarmerie prête à sortir ses véhicules blindés d'intervention !

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