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mercredi 16 décembre 2015

Charente-Poitou, tradition du goût

Bercloux, whisky de Charente-Maritime

samedi 1 août 2015

Une turbo à Agris

Ça ne plaira pas à tout le monde. J'espère même que ça ne plaira à personne. Mon avis sur cette moto, c'est que nous sommes en présence de l'une des plus laides produites par Honda. Tout est raté. Le moteur est moche, la décoration inepte, le style à chier. Comment décrire cette horreur à deux roues ? Du blanc, du bleu, du rouge, du doré pour les jantes, du plastique à tous les niveaux et, le pire de tout, ce "Turbo" répété jusqu'à la nausée. A l'avant ou sur les côtés et jusqu'au carter moteur, on veut que cela se sache. C'est une moto "turbo".
Nous sommes dans les années 80 et le turbo a le vent en poupe. Un peu comme une poule qui semblerait découvrir l'œuf, les constructeurs automobiles et poids-lourds redécouvrent le turbo compresseur. Ce n'est pourtant pas une nouveauté. L'intérêt est que, pour une cylindrée donnée, on a plus de puissance disponible. Le principe est relativement simple. Pour qu'un moteur à combustion interne fonctionne au mieux, il faut remplir le plus possible les chambres de combustion. Il y a eu le compresseur volumétrique, il y a eu le turbo compresseur. Si dans le premier cas, le compresseur est entraîné mécaniquement par le moteur, pour le second, le compresseur est entraîné par une turbine mise en rotation par les gaz d'échappement. L'intérêt est que ce système est indépendant pour partie du régime de rotation du moteur et fait tourner le compresseur plus rapidement.
Après les poids-lourds, le turbo est exploité en compétition avec bonheur, notamment par Renault. Que ce soit en Formule 1 ou en rallye, Renault montre ce que l'on peut tirer de cet accessoire. Nous rentrerons dans l'époque du turbo et des voitures rapides. L'industrie motocycliste se laisse avoir par cette mode et on connaîtra quelques essais plus ou moins heureux. Disons-le, le turbo et la moto, ce n'est pas ce que l'on a fait de mieux. D'ailleurs, si le turbo est aujourd'hui présent sur la majeure partie des Diesel en circulation ainsi que, depuis quelque temps, sur les petits moteurs essence, la moto l'a délaissé. Les constructeurs ont revu le fonctionnement du turbo pour en faire quelque chose de bien moins délicat à utiliser et, du coup, il n'est pas dit que la moto s'y intéresse de nouveau un jour.
La 650cc présentée ici est assez rare. Moins de 2000 exemplaires ont vu le jour. Elle vient remplacer la CX 500 Turbo qui développait déjà 82cv. La 650 dépasse les 100cv et permet de franchir la barre des 200 km/h. Hormis cela, cette moto ne présente pas vraiment d'intérêt. J'ai dit ce que je pense de son esthétique tape-à-l'œil. Il faut reconnaître que, à l'époque, cela pouvait sembler normal et respectueux des canons. Je me souviens que, en ces débuts d'années 80, on trouvait des autocollants "Turbo" à apposer sur son véhicule et qui, certainement, faisaient gagner quelques chevaux. Peu courante à l'époque, elle est d'une rareté certaine aujourd'hui. Et cela suffit-il à en faire un véhicule digne d'intérêt ? Non, certainement pas. Qu'elle soit une machine "collectionnable" ne fait pas de doute. Si elle n'est pas assez connue pour en faire une icône de la moto, elle rappellera au moins une époque à celles et ceux qui l'ont connue.

Honda CX 650 Turbo

Honda CX 650 Turbo

mercredi 29 juillet 2015

Les anglaises d'Agris

Je racle les fonds du disque dur. Lors de l'exposition de motos d'Agris, en Charente, quelques belles anglaises étaient présentes parmi toutes les superbes machines proposées aux regards curieux des visiteurs. La moto anglaise, dans l'imaginaire motard, c'est ce qu'il y a de mieux. Et il faut reconnaître que la production des constructeurs de chez les bouffeurs de viande bouillie couverte de sauce à la menthe n'est pas sans intérêt.
Le Royaume-Uni a été un important pourvoyeur de marques de légende. Dans le milieu de la motocyclette, dans celui de la moto ancienne aujourd'hui, personne ne peut ignorer les BSA, les Velocette, les Norton, les Triumph, les Vincent, les Royal Enfield, les Scott, les Matchless, les AJS, les Ariel, les Brough Superior ou les Sunbeam pour ne citer qu'elles. Si la moto anglaise a su se forger une notoriété méritée et enviable, c'est d'une part par sa présence remarquée en compétition mais aussi par son inscription profondément marquée dans la mémoire collective du petit monde motard. Si l'on met de côté l'allemande BMW qui a pu et su compter sur les marchés d'état pour perdurer, la moto anglaise a été, un temps, la seule représentante encore en vie de la moto européenne à une époque où cette industrie périclitait. Alors que la moto était morte en France, elle était en plein déclin en Italie, autre grand pays de la moto s'il en est. C'est le conservatisme si bien ancré dans l'esprit anglais qui a permis à son industrie de survivre encore bien des années et qui, finalement, a causé sa mort. A trop tirer sur de vieilles ficelles, elles finissent par rompre.
Ce conservatisme a conduit les marques anglaises à ne pas sortir d'un schéma qui, s'il avait fait ses preuves avant guerre, commençait à montrer des marques de faiblesse et ses limites dès le début des années 60. On a tenté des augmentations de cylindrée, souvent au détriment de la fiabilité, on a amélioré des détails sans jamais se remettre vraiment en question et les marques se sont effondrées, ne pouvant plus rivaliser avec la production nippone qui déferlait, s'inspirant parfois, sans vergogne, des productions anglaises mais en les améliorant au passage.
Aujourd'hui encore, une vingtaine d'années après la résurrection de Triumph, la moto anglaise vit beaucoup sur son illustre passé et sur un honneur d'un autre temps. Si l'on peut en dire et en redire sur la qualité des motos anglaises, sur leur réputation à perdre leur huile constamment, sur leur propension à se mettre en panne au moindre changement de temps, il faut reconnaître que certaines d'entre elles sont peut-être bien les plus belles motos du monde. C'est que ça peut être vachement beau, une moto de la perfide Albion ! Ah nom de dieu ! Oui alors ! Pas toujours, mais souvent tout de même, c'est un monocylindre ou un bicylindre vertical superbement bien dessiné, avec des carters qui épousent au plus près les organes qu'ils protègent, avec un splendide carburateur et tout ce qu'il faut là où il faut. C'est fin, c'est délicat, c'est de la belle ouvrage. Et visez-moi ces conduites de graissage ! Et matez-moi cette distribution parfaite, ces petits compteurs Smith ! Que c'est beau, une moto anglaise ! Et attendez un peu. Ecoutez ce son rageur, cette musique qui s'échappe de cette tuyauterie qui se termine par un pot saucisson. Ah que c'est beau ! J'en ai les larmes aux yeux. Vous prenez un mono BSA ou Norton, vous le mettez sous vitrine dans votre salon et vous comblerez vos amis amateurs d'art. Je vous le donne en mille.

Norton, AJS et Triton

Triton

Moteur Norton

réservoir Norton

réservoir Triton

Une belle petite Norton

Triton et Norton

AJS et Triton

mardi 28 juillet 2015

Rêve américain

Le chapeau, les franges, le trike et ses drapeaux. Ça n'explique pas la présence du casque anti bruit. La dame a fait poser son garçon à côté du trike pour immortaliser la rencontre avec ce véhicule venu d'ailleurs et le type est comme en extase, bouche bée, admiratif.

Mythe américain

lundi 27 juillet 2015

Un bon coup de trike

Alors entendons-nous bien. En bon anarchiste je reconnais à quiconque le droit de faire ce que bon lui semble et je milite pour toujours plus de liberté. Ceci ne m'empêche pas de pouvoir avoir mon avis sur les idées des autres et, le cas échéant, de prendre la liberté de ne pas les partager.

J'étais à Agris pour les motos qui y étaient exposées. Il y avait de belles motos anciennes et d'autres neuves. Il y avait des motos françaises, européennes, indiennes, américaines, allemandes, anglaises et japonaises. Il y avait aussi des espagnoles et des italiennes. C'était très ouvert et c'était très bien ainsi. A côté des motos et des side-cars, il y avait aussi des quads et des Can-Am, ces drôles de machines à trois roues qu'il me plairait d'essayer histoire de voir.
Si, par goût personnel, j'étais plus attiré par les plus anciennes des motos présentes, j'ai tout de même jeté un œil aux dernières productions mondiales exposées. J'avoue avoir été impressionné par la Kawasaki H2R dont je parlais récemment et moins par les dernières Royal Enfield qu'il me semblait trop connaître. Etait aussi présente une 650 CX Turbo Honda que je vous présenterai un jour prochain. De tout cela, rien ne m'a vraiment déplu jusqu'à ce que je tombe sur le véhicule dont il va être question aujourd'hui. Là, oui, j'ai failli faire un malaise. Pour que vous compreniez, je vous montre la photo tout de suite.

trike
Hein ? Tout de même, non ? Bon. J'en reviens à ce que je racontais en préambule. Il faut préserver tant que faire se peut la liberté de faire ce que l'on veut et, si l'on peut ne pas aimer, il faut reconnaître à chacun le droit inaliénable au manque de goût élémentaire voire le droit au mauvais goût assumé. Après tout, nous sommes tous à un moment ou à un autre une injure au bon goût. Je connais quelques personnes qui, si la laideur était punie, ne pourraient pas sortir à visage découvert. Tout le monde n'a pas la chance d'être beau.

Mais revenons à nos oignons. De ce que j'en sais, le trike est né aux Etats-Unis d'Amérique entre la fin de la seconde guerre mondiale et le mouvement hippie. J'ai lu quelque part qu'à l'origine, il y aurait eu d'anciens militaires blessés au combat qui ne pouvaient plus pratiquer la motocyclette soit parce qu'ils étaient paralysés des membres inférieurs soit parce qu'ils avaient perdu une jambe ou deux. Alors, dans un premier temps, ceux-ci se seraient intéressés aux véhicules du genre servicar de chez Harley-Davidson. Le servicar, c'est un cadre de moto avec son moteur pour la partie avant et une caisse, un pont, un essieu et deux roues pour la partie arrière. A l'origine, il s'agit d'un véhicule utilitaire pour les administrations. Entre la fin des années 40 et le début des années 60, certains motards ont commencé à transformer leur machine et sont nés les choppers et autres motos "custom". Du côté des trikes, c'est tout naturellement que l'idée est venue de prendre une partie arrière de VolksWagen avec son moteur et son essieu et de lui greffer une fourche de moto. Et à ce stade, honnêtement, je trouve tout cela plutôt sympathique. Il faut dire que j'ai une appétence particulière pour les véhicules étranges et peu communs. Et puis, à l'époque où j'ai vu les premières photos de ces engins, ça disait l'Amérique, les grands espaces, le flower power et la bonne musique. C'était un peu de Easy Rider et de cette idée de liberté et de jeunesse insouciante et ça me plaisait.
En France, on ne voyait pas ces machines. En matière de trois roues, hormis les side-cars, les triporteurs Vespa ou les tracteurs FAR, macache. Et ces engins n'avaient pas un caractère très folichon. Les side-cars que l'on pouvait voir étaient bien souvent sur une base de BMW noire et on n'en voyait pas tant que ça. Il y avait aussi quelques 250 MZ ou quelques Moto Guzzi. Le tout était fort laid.
Je ne saurais dire quand mais le fait est que l'on a commencé à voir rouler quelques trikes "modernes" en France. Au début, il y avait une astuce pour être en règle. Les véhicules n'étant pas homologués dans notre beau pays, il fallait rejoindre une association qui était propriétaire (du moins sur le papier) de la machine et qui la louait. Du coup, on pouvait rouler sur les routes de France en plaque allemande en toute légalité.
Et puis, pour des raisons d'uniformisation européenne, la France a dû accepter que ces véhicules soient vendus chez nous. On a commencé à voir des trikes avec des moteurs Renault ou d'autres trucs du genre. Du point de vue du style proprement dit, on n'a pas vraiment cherché loin. On en est resté à une fourche longue comme un jour sans pain, des pneumatiques très larges pour l'arrière et une profusion de chromes, le tout assemblé n'importe comment. Du coup, souvent, c'est moche. Pourtant, je suis certain qu'il y aurait quelque chose à faire de rigolo avec le concept.
Et donc, les véhicules du genre que j'ai pu croiser ne m'ont jamais intéressé. Mais jusqu'à peu, je n'avais jamais vu quoi que ce soit qui soit un pareil concentré d'horreurs et de laideur. Passons encore sur l'aspect de base. Le propriétaire n'y est pour rien. C'est l'industriel qu'il faudrait mettre au pilori. Admettons encore pour la peinture. Je ne l'aime pas du tout mais on va dire qu'il y a du travail. Arrêtons-nous plutôt aux accessoires que cette personne a ajouté pour obtenir un véhicule à son image. Je ne sais pas si cette perversion a un nom et si elle est connue et traitée mais je serais pour que l'on puisse punir ces personnes. Les punir ou les guérir, bien sûr ! Je ne suis pas un monstre. Je reste persuadé que si l'on enlevait la partie malade du cerveau qui conduit à de semblables comportements, le malade s'en porterait mieux. Et nous aussi !
Donc, que voyons-nous ? Dès l'avant, nous sommes frappés par l'écusson Ferrari placé judicieusement entre les flammes peintes sur le petit saute-vent. Ce n'est pas mon cas du tout mais l'on peut comprendre que l'on soit attiré par ces bagnoles ritales. C'est assez laid, c'est très tape-à-l'œil, mais ça a pour elles d'avoir un moteur assez noble. Le souci, c'est que, dans le cas présent, nous avons du mal à croire que l'engin soit un véritable produit de chez Ferrari. Enfin peut-être pour des personnes un peu crédules, je ne sais pas. Ça reviendrait un peu à mettre le logo Ducati sur une Sanglas ou celui de Norton sur une MZ.
Les drapeaux américains, à présent. Le rêve américain du fils d'agriculteur charentais qui n'est jamais allé beaucoup plus loin que les Deux Sévres ! Que les drapeaux soient fabriqués en Chine, qu'il n'y ait rien d'américain dans cet assemblage gerbant, que même les santiags en caoutchouc soient dramatiquement françaises, cela ne dérange pas notre amoureux de la Californie et du désert du Nevada. Il vit dans son monde fait de John Wayne, d'indiens et de Johnny Hallyday.
Un grand guidon, de jolis top-cases judicieusement placés de part et d'autre, des belles antennes et un extincteur récupéré pour faire croire à une installation du genre "nitrous oxyde" capable de propulser la machine à des vitesses interdites. On n'a aucun risque d'approcher le bon goût.
Il reste les publicités auto-collantes distribuées avec amour un peu partout. Tout de suite, ça vous donne un air de machine de course indéniable. Tout est là pour que l'on soit sûr que personne ne viendra vous voler votre véhicule !

Et alors, la question que je me suis posée, c'est de savoir si j'oserais rouler avec ça. Sincèrement, je préfèrerais encore une anonyme Dacia grise. Je n'ai pas vu le propriétaire et c'est tant mieux. J'aurais peut-être dû discuter un peu avec lui et j'aurais sans doute été obligé de lui mentir pour ne pas le blesser. Certainement que j'aurais gardé une prudente réserve et aurais évité de livrer le fond de ma pensée.
Je pense, et cela me fait de la peine, que certaines personnes méritent que je perde mon temps à les haïr pour ce qu'elles sont et représentent.

jeudi 23 juillet 2015

Des Sanglas à Agris

Je n'ai pas fini de traiter et classer les photos faites à Agris, en Charente. Cela signifie qu'il risque d'y en avoir encore quelques unes sur le blog. Le Clan Sanglas France tenait un stand et exposait quelques motocyclettes catalanes. Quelques curieux cherchaient à en savoir plus sur cette marque assez confidentielle par chez nous.

Sanglas 350 et 500

Sanglas 400E

350 Sanglas

vendredi 17 juillet 2015

Des gnomes à Agris

Une fois n'est pas coutume, je vous propose aujourd'hui des photographies de motocyclettes. Je demande par avance à celles et ceux que le sujet laisse froids de m'excuser. Ils peuvent aller voir ailleurs. Pour les autres, ce sont donc trois machines rares qui sont à l'honneur du blog qui nuit (très) grave ! Trois Gnome et Rhône d'un coup d'un seul. Oui ! Joie et bonheur !
Gnome et Rhône, dites-vous ? Une marque lyonnaise ? Pas du tout. En fait il s'agit de la réunion de deux entreprises de la région parisienne, deux motoristes, qui fusionnent, Gnome achetant Rhône, en 1915. A l'époque, les activités de la marque reposaient sur la création et la fabrication de moteurs en étoile pour l'aviation mais, après guerre, elle se diversifia et construisit des motocyclettes. La marque disparaît en 1959 après avoir été nationalisée en 1945 et avoir été absorbée par la SNECMA.
M. Simon avait accepté de présenter plusieurs de ses superbes et rares machines à Agris. Une personne d'une grande gentillesse, prête à répondre aux questions, à expliquer, à partager sa passion. Un grand merci à lui !

Gnome-Rhône 500 D 1924 et side-car P.E.U.P.L.E (Petits Engins U

Après ce beau side-car, une machine plus sportive avec une 750 X culbutée. Le flat twin a été largement utilisé et développé par Gnome et Rhône. Entre 1935 et 1939, la X remportera bien des victoires en compétition et tenait la dragée haute aux BMW allemandes. Il existera une XA pour l'armée.

Gnome-Rhône X 750cc

Celle-ci a été produite pour l'armée. Elle est propulsée par un gros 800cc latéral et la roue du side-car est motrice. Il n'y a pas de différentiel et la roue motrice du side-car ne peut donc pas être utilisée constamment. Il s'agit d'une AX 5. D'après ce que j'ai compris, il s'agit d'un modèle très rare, presque unique, qui devait équiper l'armée française et qui fut finalement remplacé par l'AX 2. La différence entre les deux tient principalement au volume du side-car, vraiment énorme sur cette moto.

Gnome-Rhône AX 5 800cc roue du side-car motrice

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